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05/04/2017

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga)

manga_black butler.jpgCeux qui suivent un peu les chroniques de votre fidèle et dévouée se souviendront peut-être de mes avis très mitigés à la découverte de la série Black Butler. Pourtant, de par son cadre d'inspiration victorienne, elle avait tout pour me plaire et me réconcilier avec les mangas, que je lis très peu. Malheureusement, les énormes aberrations historiques avaient eu raison de moi. De même, je n'avais pas du tout adhéré à l'humour, assez caricatural à mon avis. Pourtant, cette série de manque pas d'admirateurs.

Il aura fallu attendre le troisième tome pour que le déclic opère. Si je ne m'étais pas procuré les trois tomes d'emblée, je n'aurais sans doute pas renouvelé l'expérience, mais je suis désormais tentée de poursuivre l'aventure.

Black Butler, c'est l'histoire de ce majordome lié par un pacte diabolique à son maître Ciel, héritier de la maison Phantomhive. Ciel fait partie des chiens de garde de la reine, il doit ainsi veiller aux intérêts du royaume. Son majordome l'assiste dans cette tâche, résistant à l'épreuve des armes - qui ne font qu'abîmer ses vêtements impeccables. Dans le tome 3, Ciel a résolu l'affaire Jack l'Eventreur.

[Spoilers] Il découvre que sa tante est à l'origine des meurtres, assistée de Grell, un ange de la mort.

Sebastian et Grell vont se livrer un combat graphiquement très esthétique (bien que sanglant) tandis que la tante revient sur ses souvenirs. Cette intervention apporte une autre dimension au récit, lui donnant enfin la profondeur qui lui manquait. Peu de scènes à l'humour raté selon moi (malgré une qui m'a fait chercher mes sels en urgence), c'est un titre plus sombre que voilà.

Si je ne fais pas partie des inconditionnels de la série, me voilà prête à tenter le tome 4 !

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga), 2010

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17/12/2016

Anne Perry, Un Noël à New York

perry_un noel a new york.jpgParmi mes traditions de Noël, il y a celle qui consiste à lire le récit de Noël d'Anne Perry, parfois dans le train qui m'emmène en vacances, ou au pied du sapin. C'est avec un peu d'avance que je me suis plongée dans son dernier opus, afin de participer à une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries.

Voilà ma première lecture d'Anne Perry hors période victorienne. Nous sommes ici en 1904. Jemima Pitt, la fille du célèbre couple d'enquêteurs, a plus de vingt ans - ce qui m'a causé un petit choc car ce personnage était resté une petite fille dans mon souvenir. Miss Pitt accompagne la jeune héritière Delphinia lors de son voyage transatlantique, alors que la jeune femme s'apprête à épouser le fils du partenaire en affaires de son père. Mariage d'amour qui a tout pour satisfaire les familles des deux promis, puisque cette union consacrera le partenariat des aînés, avec la naissance d'une nouvelle dynastie.

Jemima est à mille lieues de l'état d'esprit de Delphinia, qui est un peu bécasse et condescendante par dessus le marché. La fille du célèbre enquêteur a hérité de l'esprit indépendant de sa mère et a soif d'aventure. A leur arrivée, Jemima s'aperçoit du malaise entourant le nom de la mère de Delphinia, qui a abandonné sa famille des années plus tôt. Puis c'est au tour du frère aîné du futur marié de la mettre dans la confidence et de lui demander de rechercher avec lui la mère disparue, qui selon lui se trouve à New York.

Récit une fois de plus très court et vite avalé, plaisant mais sans plus. Pourtant, même si j'en arrive à la même conclusion au moins une fois sur deux dès lors que je lis un récit de Noël d'Anne Perry, j'ai toujours plaisir à retrouver cette ambiance spéciale. Pour être honnête, lorsque le crime s'est produit, j'ai pensé "espérons que la solution ne soit pas celle que j'ai en tête juste après avoir appris le meurtre", car je n'ai pas été bien loin dans mes réflexions. Et ça n'a pas manqué, j'ai résolu l'enquête au moment même où elle allait débuter - et je suis certaine que tout le monde en ferait de même. Pour le mobile, c'est un peu plus compliqué, c'est certain.

Il y a donc de vraies faiblesses au niveau du récit, mais j'ai tout de même passé un bon moment car j'ai aimé me balader dans New York et découvrir une Jemima Pitt adulte. Son histoire d'amour naissante avec un policier américain d'origine irlandaise ne passe pas inaperçue pour les lecteurs de la série Pitt : en entendra-t-on parler dans les autres volumes de la série ?

L'avis d'Anne (Des Mots et des Notes)

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

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Anne Perry, Un Noël à New York, 2016

British mysteries 2016_2.jpg Logo_il etait quatre fois noel_Chicky Poo_2016.jpg

15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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03/10/2015

Penny Dreadful (série)

serie_penny dreadful 02.pngAujourd'hui, le challenge Halloween proposait de nous retrouver autour d'une série. J'ai choisi de vous parler de Penny Dreadful, qui compte deux saisons à l'heure actuelle (la prochaine étant prévue en 2016) ; j'ai vu pour ma part la première et commencé à regarder la seconde.

Amateurs de monstres victoriens, cette série est pour vous ! Ne serait-ce que le titre devrait vous mettre la puce à l'oreille puisqu'il fait référence aux journaux à sensation de l'époque, qui avaient l'habitude de se répandre sur les crimes contemporains avec moult détails et illustrations racoleuses à souhait.

Penny Dreadful mélange joyeusement les grands classiques de l'épouvante dans un cadre londonien, mais aussi victorien. On y croise donc une medium; le Diable, qui essaie de prendre possession de l'âme d'une des protagonistes, assisté en la matière par de cruelles sorcières ; des vampires, avec des références à Dracula, et des chasseurs de vampires, dont Van Helsing, qui malheureusement pour lui ne fait pas long feu dans la série car il est assassiné brutalement par la créature de Frankenstein. Le célèbre monstre rejeté dès la "naissance" vit dans l'ombre et cherche une partenaire, poussant son créateur à lui faire une âme soeur, sous la contrainte. Un tel univers serait incomplet sans la présence d'un chasseur de vampires lui-même loup-garou, d'une prostituée des bas fonds (Billie Piper), d'un ancien explorateur (Timothy Dalton) tourmenté par le rapt de sa fille par un vampire et surtout, de Dorian Gray, à l'âme si corrompue. Dorian Gray qui cherche à se divertir dans la luxure et le vice sans succès, jusqu'au jour où il croise le chemin de la principale héroïne, Vanessa Ives (Eva Green). On attend le Dr Jekyll qui devrait rejoindre ses camarades lors de la saison 3.serie_penny dreadful 05.jpg

La reconstitution des décors, les scènes extérieures et les costumes sont un vrai atout et confèrent à la série un cadre très fidèle à l'image que l'on a de Londres au XIXe, avec de nombreuses scènes nocturnes sombres et inquiétantes à souhait. Les références littéraires séduiront bien évidemment les habitués du genre, même si le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux ; j'ai eu pour ma part l'impression que toutes ces influences se mêlaient sans une grande cohérence à certains moments. Autour du fil conducteur, quelques pistes sont lancées mais ne sont pas exploitées à fond ; on suppose que les saisons suivantes se feront plaisir d'exploiter les vides laissés jusque-là. C'est une série qui s'adresse à un public averti, en raison de quelques scènes violentes ou d'une certaine noirceur (par exemple la lutte de Vanessa contre le Diable qui veut la posséder), mais aussi de scènes en tenue légère qui interviennent très régulièrement (et n'apportent souvent pas grand-chose en termes de narration, mais ça, c'est un autre débat). 

Dans la mesure où la première quête des héros est en partie terminée, beaucoup de possibilités s'offrent aux scénaristes et ceux qui ont goûté aux premiers épisodes auront bien du mal à ne pas se laisser tenter par la suite !

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Série Penny Dreadful, 2014

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16/08/2014

Philippa Boston, Deadly Jobs

boston-deadly-jobs.jpgJe continue à explorer avec plaisir la collection Paper Planes Teens qui a pour objectif de faciliter l'apprentissage de la langue anglaise en proposant des textes stimulants et originaux pour transformer ce qui pourrait être une corvée en un vrai plaisir de lecture.

Je me suis récemment régalée avec Blitz Britain de Philippa Boston, petit ouvrage qui m'a permis de mieux connaître une période de l'Histoire anglaise sur laquelle j'avais des notions assez floues. Je réitère cette fois-ci l'expérience avec Deadly Jobs du même auteur, pour un plongeon au coeur de la révolution industrielle anglaise. Comment ça, encore l'Epoque victorienne ? Je vous assure amis lecteurs, je ne fais aucune fixation sur le XIXe anglais, vous devez être victimes d'une hallucination collective.

De nouveau servi par les judicieuses illustrations à la Quentin Blake de Mark Beech (illustrateur de Blitz Britain), Deadly Jobs est composé de deux parties, l'une historique, l'autre narrative (ce qui était également le schéma de Blitz Britain).

La première partie explique que la révolution industrielle a créé de très nombreux emplois auxquels pouvaient accéder les enfants, dont la petite taille constituait parfois un avantage et dont le salaire était systématiquement plus faible que celui qu'aurait reçu un adulte. Compte tenu des conditions de travail, le taux de mortalité était élevé, avec une chute de la moyenne d'âge à 29 ans dans certaines régions. Sont ensuite présentés différents emplois réservés aux enfants : mineur, ramoneur, ouvrier à l'usine. Il restait également la possibilité de vivre dans une « workhouse » où, pour un abris pour la nuit et une nourriture chiche, il fallait travailler comme une bête de somme, à moins d'être placé en apprentissage – un esclavage déguisé. Pour lutter contre le travail des enfants, plusieurs lois se succèdent pendant des dizaines d'années sans être appliquées au départ. Charles Dickens choisit quant à lui de sensibiliser le public à travers ses romans. Même si je m'intéresse depuis un moment au XIXe anglais, j'ai notamment relevé quelques aspects ou anecdotes que je ne connaissais pas. Par exemple la couleur des vêtements au sein des workhouses, jaune pour différencier les prostituées des autres femmes. Ou encore le fait que la taille moyenne ait baissé en raison des conditions de travail à l'usine, qui entraînaient des déformations physiques.

La deuxième partie s'intitule « The Workhouse boy » et raconte l'histoire d'un garçon placé en apprentissage chez un type alcoolique et monstrueux. J'ai été étonnée par la fin (que je vous laisse le soin de découvrir). Bien entendu, je supposais que l'apprenti tiendrait sa revanche mais je n'aurais jamais pensé qu'elle prendrait cette forme-là.

A ceux qui s'intéressent à l'histoire britannique et à ceux qui veulent apprendre ou enseigner l'anglais en lisant des textes vraiment intéressants, je recommande encore une fois chaudement cette collection !

La suite au prochain numéro puisque j'irai bientôt me promener dans une Angleterre ravagée par la peste !

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44 p

Philippa Boston, Deadly Jobs, 2013

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25/06/2014

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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04/06/2014

Clues, Tome 1, Sur les Traces du Passé

bd_clues_t1_cover.jpgEncore une série ayant pour cadre Londres à l'époque victorienne ! On peut dire que les amateurs du genre sont gâtés ! Cette fois-ci nous accompagnons Emily, de retour à Londres pour venger sa mère, assassinée quelques années auparavant. La jeune femme avait découvert peu avant son décès que sa mère se livrait désormais à des activités criminelles au sein d'un gang, qu'elle tient pour responsable de sa mort. Emily intègre Scotland Yard et devient l'assistante de l'inspecteur Hawkins, brillant mais redoutable avec ses collaborateurs. D'abord réticent à l'idée d'engager une femme malgré ses bonnes références, Hawkins lui confie des tâches ingrates telles que le nettoyage du bureau ou la préparation du thé. Mais un jour, n'ayant personne pour l'accompagner lors d'une explosion dans une morgue, Hawkins demande à Emily de se joindre à lui. Tout en restant brusque, il va être amené à réaliser que sa nouvelle assistante est bien plus dégourdie et futée qu'il ne l'aurait pensé, Emily réussissant à débloquer l'enquête et à lui sauver la vie.

bd_clues_t1_2.jpgDans ce premier tome, l'héroïne s'affirme grâce à un caractère bien trempé, de l'audace et beaucoup d'abnégation. Elle gagne en légitimité et pourra recevoir une formation d'officier. Son personnage ainsi que celui de l'inspecteur Hawkins sont complémentaires et ne versent pas dans la caricature malgré des tempéraments forts. L'intrigue m'a de suite plu, même si je trouve qu'elle verse dans la facilité au départ : la toute première affaire sur laquelle Emily intervient est liée au gang auquel appartenait sa mère. J'imaginais plutôt qu'elle allait se livrer à sa propre enquête en parallèle de son travail. Quoi qu'il en soit c'est un premier tome très dynamique et servi par des illustrations modernes d'inspiration victorienne, qui prennent toutefois certaines libertés : une Londres assez éloignée des représentations habituelles et qui m'évoquait plus des quartiers d'habitation en périphérie de la ville par exemple, avec des maisons individuelles larges, moins tassées, un pub de Whitechapel dans une grande bâtisse qui ressemble vaguement à un manoir ; quelques coiffures décalées, sans parler de la tenue de nuit d'Emily, plutôt légère et sexy pour l'époque !

Si la suite est aussi réussie, je m'offrirais volontiers l'intégrale si la série venait à être publiée sous cette forme.

(A noter une grosse coquille en p 29 "je n'en croit pas mes oreilles")

Une interview de Mara ici.

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55 p

Clues, T1, Sur les Traces du Passé, Mara, 2008

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29/04/2014

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères

waddell_Depuis-le-temps-de-vos-peres_3570.jpegAprès le très prometteur Code 1879 de Dan Waddell, j'avais hâte de poursuivre la lecture des Enquêtes du généalogiste. Celles-ci conjuguent polar contemporain et recherches généalogiques, les crimes d'aujourd'hui trouvant leur origine dans ceux d'hier.

Depuis le Temps de nos Pères suit un schéma proche du premier opus de la série. Katie Drake, actrice sur le déclin portée sur la boisson est retrouvée morte dans son jardin, tandis que sa fille Naomi a disparu. Tout juste de retour à son poste après une longue convalescence, l'inspecteur Foster fait partie des policiers chargés de l'enquête, aux côtés d'Heather notamment, autre personnage du tome 1. Lorsqu'une trace d'ADN de l'agresseur révèle que celui-ci appartiendrait peut-être à la même famille que Katie Drake, Foster et Heather font de nouveau appel à Nigel Barnes, généalogiste ayant été consulté dans le tome précédent. En cherchant à déterminer le degré de parenté de la victime et de son meurtrier ainsi qu'à dresser les membres de la famille de Drake toujours vivants, le trio découvre que l'actrice et sa fille ne sont pas les seules à avoir subi un sort tragique. Une autre adolescente a disparu, sa mère est morte d'overdose... quelqu'un s'en prendrait-il à toute la lignée?

Certes, le lecteur ne trouvera plus ici l'attrait de la nouveauté qui faisait de Code 1879 un polar qui sort vraiment de l'ordinaire. Malgré tout on se régale. Le suspense est au rendez-vous, l'aspect historique toujours très présent et tout aussi passionnant, tandis que les recherches de Barnes font appel à d'autres outils, tels que l'introduction de la génétique ou une incursion dans les bases de données et archives de l'Eglise mormone. Moi qui aime tant arpenter les rues anglaises dans mes lectures, j'ai beaucoup apprécié la partie américaine de ce roman qui nous conduit au fin fond de l'Amérique profonde, dans un village quelque peu inquiétant regroupant les membres d'une secte dissidente de l'Eglise. Notons aussi dans les aspects positifs la relation sentimentale entre Barnes et Heather qui reste discrète et ne vient pas polluer une trame de roman efficace. Je déplore en revanche les coquilles qui ne manquent pas !

 Une lecture partagée avec Soie et Titine. L'avis de Shelbylee. Marie-Malyss a lu Code 1879.

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392 p

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères (The Blood Atonement), 2009

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09/04/2014

Elinor Jones, Tomes 1 à 3

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyJ'avais repéré la série Elinor Jones sur les blogs avant de l'oublier pendant un moment. Il s'agit de trois albums en couleur aux dessins évoquant l'univers des mangas (je ne suis pas une spécialiste du genre mais il me semble qu'on ne parle pas de manga pour une BD de facture classique). Dans le premier tome, l'excellente couturière Elinor Jones rejoint la maison Tiffany. A sa tête, Madame Tiffany, secondée par son fils Abel et sa fille Bianca, une jeune adolescente dont les créations sont très réputées. A chaque saison, la famille organise chez elle un bal auquel participe tout le gratin de la société anglaise et quelques respectables dignitaires étrangers. Les invités revêtent alors les tenues Tiffany, chaque collection suivant un thème toujours plus audacieux.

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyLes apparences sont pourtant trompeuses : Abel est-il aussi impitoyable qu'il le laisse paraître ? L'enfant gâtée Bianca est-elle la charmante adolescente que l'on croit ? Quant à Elinor, pourquoi refuse-t-elle de se nourrir et néglige-t-elle autant sa santé ? Enfin, pourquoi le marjodome semble-t-il avoir une certaine emprise sur la maîtresse de maison ?

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyJ'ai d'abord craint une série trop girly, avec des aspects du manga que je n'aime pas : les expressions du visage exagérées, les réactions trop vives, les points d'interrogation et d'exclamation pour accompagner certaines attitudes. Néanmoins, on n'abuse finalement pas trop de ces petits artifices et peu à peu, on se laisse prendre au jeu, les trois tomes s'enchaînant facilement. L'intrigue reste assez basique néanmoins, et la fin manque franchement de crédibilité selon moi. J'ai aussi trouvé que le personnage d'Elinor Jones manquait cruellement d'intérêt. Cela n'empêche pas de lire ces albums avec curiosité, ne serait-ce que pour admirer les superbes robes imaginées pour l'occasion - elles valent à elles seules le détour. Ce n'est pas un coup de coeur mais cela reste une découverte très sympathique. C'est parfait pour se changer les idées !

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48 p par tome

Algésiras & Aurore, Elinor Jones, T1, Le Bal d'Hiver, 2010 / Elinor Jones, T2, Le Bal de Printemps, 2011 / Elinor Jones T3, Le Bal d'Eté, 2012

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19/03/2014

Miss Endicott, T2

bd_Miss-Endicott-Tome-2.jpg Londres, époque victorienne. Miss Endicott est récemment arrivée pour remplacer sa mère décédée au poste officieux de conciliatrice. Gouvernante, elle mène une double vie et doit satisfaire les réclamations des uns et des autres dans les querelles de voisinage.

[Spoilers dans ce paragraphe] Dans ce deuxième tome, la mère de Miss Endicott refait surface : son enterrement n'était qu'une mise en scène destinée à lui permettre de prendre sa retraite et à s'assurer secrètement que sa fille était à la hauteur... or elle se juge pour le moment irremplaçable. Les péripéties ne manquent pas : Kevin, l'enfant dont Miss Endicott a la garde, a disparu ; un mystérieux personnage fait son apparition et semble nourrir de sombres projets pour la capitale ; et la menace d'un événement extraordinaire plane toujours puisqu'une étonnante machine doit se mettre en marche le lendemain à minuit. L'enquête se poursuit!

On retrouve dans ce deuxième tome de superbes illustrations et une ville à la fois très victorienne et délicieusement fantastique. Si les deux tomes s'enchaînent parfaitement et constituent ensemble une série très réussie, j'ai personnellement trouvé ce deuxième opus un peu moins convaincant que le premier. Ce deuxième album n'est plus porté par l'attrait de l'originalité, celle de la représentation d'un monde un brin grotesque mais fascinant. A mon sens le rythme soutenu et les scènes d'action ne suffisent pas à former un ensemble satisfaisant et cohérent. L'issue est presque sans surprise. Je ne peux que vous conseiller de lire les deux tomes à la suite : vous serez conquis par l'univers dépeint et les maladresses que je trouve à ce scénario n'auront sans doute plus une grande importance.

Une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries. Virgule a lu les tomes 1 et 2 de Miss Endicott, Soie a lu l'intégrale de Green Manor, Fanny a lu Le Tome 1 des Quatre de Baker Street, Syl a lu la série London (tomes 1 et 2).

Mon billet sur le tome 1 qui a été un véritable coup de coeur.

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80 p

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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07/03/2014

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre

fitzpatrick_neuvieme pierre.jpgAprès avoir lu Code 1879 de Dan Waddell, mon premier roman policier aux accents victoriens de la collection Babel Noir, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai abordé La Neuvième Pierre de Kylie Fitzpatrick.

Issue d'une famille pauvre, orpheline, la jeune Irlandaise Sarah O' Reilly travaille pour Le London Mercury. Vêtue en garçon pour accéder à un travail qui lui serait normalement refusé, elle espère se voir confier un jour des travaux plus intéressants. Elle rencontre par le biais du journal la jeune veuve Lily Korechnya, auteur d'articles sur des femmes illustres. Toutes deux vont devenir amies et Lily va ainsi tenter d'aider Sarah et sa petite soeur Ellen, qui toutes deux vivent dans une cave à Devil's Acre. Le destin de Lily croise celui d'une collectionneuse de diamants, Lady Cynthia Herbert. Dès lors, nous suivrons la réalisation d'un talisman en diamants, superbe commande refusée par tous les bijoutiers consultés en Inde en raison du danger inhérent au bijou. Et, en effet, ceux qui croisent les diamants indiens trouvent la mort dans des circonstances étranges...

Dans l'ensemble, La Neuvième Pierre est un roman néo-victorien intéressant mais un peu inégal. Première surprise, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt du parcours de la jeune Sarah O' Reilly. Certes, son destin finit par se mêler plus ou moins à une histoire de meurtres et de talisman en diamants volé, mais ce n'est finalement qu'une toile de fond. L'affaire est résolue rapidement à la toute fin du roman ; la solution à l'énigme est sans surprise et, au fond, on finit par s'en moquer un peu.

La première partie du roman est de loin la plus réussie pour moi. Nous avons là une toile de fond réussie à travers une Londres victorienne bouillonnante de vie et très diverse. Outre la jeune Sarah O' Reilly, deux figures féminines indépendantes d'esprit se démarquent, Lady Cynthia et Lily Korechnya. Malheureusement, j'ai été nettement moins séduite par la suite, qui se déroule principalement en Inde. Après avoir découvert le palais du Maharadjah et rêvassé quelques instants à ses splendeurs, à la lumière particulière précédent la mousson et aux senteurs délicates, je me suis vite ennuyée de la vie monotone qu'on mène dans ce lieu splendide, de ce prince bien fade et de ses concubines assommées par l'opium. J'avais espéré mieux explorer Bénarès sous l'empire britannique mais l'aspect colonial est très peu exploité, si bien qu'on a l'impression de retrouver l'ambiance des Mille et une Nuits, sans aucune petite touche d'originalité. Enfin, je me demande pourquoi Kylie Fitzpatrick a choisi d'assassiner aussi rapidement plusieurs personnages hauts en couleur, car malheureusement l'histoire s'en ressent et perd de son intérêt. Dans l'ensemble ce roman est agréable à lire mais je regrette que le récit n'ait pas été un peu plus dynamique et que l'Inde britannique n'ait pas été mieux dépeinte.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Titine et Soie.

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500 p

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre (The Ninth Stone), 2007

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10/02/2014

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight

challenge british mysteries,challenge i love london,challenge myself,christopher edge,penelope tredwell,montgomery flinch,époque victorienne,londres,londres xixe,angleterre,angleterre victorienne,roman jeunesse,bedlam,penny dreadfulLorsque je lis des mots tels qu'Angleterre, victorien, Londres, Bedlam ou encore mystère, un déclic doit se produire inconsciemment dans mon petit monde de lectrice et j'éprouve de suite une envie irrépressible de me procurer sur-le-champ le livre incriminé. Alors lorsque plusieurs lectrices ont présenté Twelve Minutes to Midnight (Douze minutes avant Minuit en VF) de Christopher Edge, je n'ai pas su résister !

Roman jeunesse néo-victorien, Twelve Minutes to Midnight met en scène la jeune Penelope Tredwell. Orpheline, elle a pris la succession de son père à la tête d'un magazine, The Penny Dreadful. Depuis qu'elle en est devenue l'éditrice et rédige sous le nom de plume de Montgomery Flinch des histoires à sensations, le magazine connaît un succès sans précédent. Lorsque débute le récit, Penelope a engagé un acteur pour incarner Flinch et assurer la promotion de chaque nouvelle histoire publiée dans le Penny Dreadful. Ensemble, ils vont être amenés à se rendre à Bedlam : une lettre a été adressée à Flinch afin de résoudre une curieuse affaire. En effet, chaque nuit, à minuit moins douze, les patients de l'asile se lèvent brutalement et se mettent à écrire frénétiquement (sur du papier ou à défaut, tout ce qui est à portée de main), laissant d'étranges messages a priori sans aucun sens.

Twelve to Midnight est un agréable roman jeunesse qui se laisse lire tout seul (bon il m'a fallu un peu de temps mais c'est dû à l'exigeante Baby Lou, moi je n'y suis pour rien). Il faut tout de même accepter de grosses ficelles et un postulat peu crédible à la base. Une adolescente victorienne de treize ans éditrice d'un magazine ? auteur de best-sellers ? qui sait quoi faire quels que soient la situation ou les dangers (capable par exemple d'extraire du venin d'une araignée comme si elle faisait ça tous les jours) ? D'accord, on n'y croit pas un seul instant. Mais il faut bien avouer que lorsqu'on lit un roman traitant des patients "ensorcelés" du célèbre asile londonien, on peut bien accepter quelques petites invraisemblances ! Alors je me suis plongée une fois de plus dans une Londres victorienne pleine de mystères pour côtoyer les patients de Bedlam mais aussi une troublante femme-araignée vivant dans les beaux quartiers. Voilà un roman plein de rebondissements, de facture assez classique certes, mais cela ne nous empêche pas de passer un très bon moment ! J'ai hâte de lire le second tome !

Elles m'ont donné envie de le lire : BiancaCoccinelle, GeorgeSharon et je viens de tomber sur l'avis d'un blog anglo-saxon, The overflowing Library.

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / Myself de Romanza - lire en VO / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

254 p

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight, 2012

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31/01/2014

Dan Waddell, Code 1879

waddell-code-1879.gifVoilà un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps et que je me suis décidée à lire en décembre, alors que je cherchais un bon page-turner pour m'aider à patienter en attendant l'arrivée de Baby Lou.

Code 1879 est le 1er tome de la série Les Enquêtes du Généalogiste de Dan Waddell. A Londres, un clochard est retrouvé pendu à une balançoire ; le corps sans vie d'un autre homme est découvert dans un cimetière, les mains coupées. Rien ne semble relier les deux affaires jusqu'à ce que l'inspecteur Grant Foster remarque un code gravé sur les deux victimes. Grâce à sa jeune collègue Heather, il apprend que ces codes feraient référence à un acte de naissance, de mariage ou de décès. La police contacte donc Nigel Barnes, généalogiste. Celui-ci va finalement suivre le déroulement de l'enquête dans son ensemble et aider à établir un lien entre une sordide histoire victorienne et les meurtres récents qui ont eu lieu dans les quartiers de South Kensington et Notting Hill.

Difficile de davantage révéler l'histoire sans en dire trop, aussi je vous laisserai découvrir la suite par vous-mêmes. Mais est-ce réussi ? Est-ce qu'une série de crimes pourrait trouver son mobile dans une histoire vieille d'une centaine d'années et rester crédible? J'étais dubitative mais il faut avouer que l'intrigue et son développement sont parvenus à me convaincre.

Pourquoi lire ce roman alors ?

Pour la promenade dans les rues de Londres aujourd'hui et en 1879. On suit les pas des enquêteurs et de Nigel Barnes dans des rues disparues, un vieux plan de la ville à la main. On parcourt les lieux au XIXe pour les retrouver ensuite métamorphosés. On écume les bars branchés des quartiers "bobos"... mais on découvre aussi des lieux emplis d'histoire (par exemple, archives des journaux nationaux et locaux...).

Pour l'intrigue bien ficelée, qui me réconcilie avec les polars modernes. Autant je me régale avec les polars historiques (en particulier anglo-saxons évidemment pour ceux qui me connaissent), autant je ne lis pratiquement plus de polars ou thrillers contemporains, qui ne m'attirent plus autant qu'avant. Ce roman a le mérite de jongler entre passé et présent ; l'enquête contemporaine se nourrit d'un fait divers ancien qui nous vaut de parcourir des archives diverses et variées. On suit avec beaucoup d'intérêt les cheminements de Barnes pour qui une découverte va en amener une autre, le lecteur pouvant s'amuser à deviner quelle information il faudra ensuite chercher pour apporter de nouveaux éléments à l'enquête actuelle.

Code 1879 est un roman policier très original, un vrai page-turner très bien documenté. Chaudement recommandé aux lecteurs de thrillers et aux amateurs de littérature neo-victorienne.

J'ai bien failli ne pas rendre ma copie à temps pour cette LC alors que j'avais achevé ma lecture depuis plusieurs semaines ! Nous sommes plusieurs à avoir fait la connaissance du généalogiste : Miss Leo, SoieTitine, Val ... et Shelbylee a lu le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères.

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362 p

Dan Waddell, Code 1879, 2008

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