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09/01/2013

Joseph Conrad, One Day More

victorian frogs and ladies,  joseph conrad, one day more, époque victorienne, auteurs victoriens, angleterre, angleterre victorienne, angleterre édouardienneEn novembre, Titine et Isil ont réussi à mettre Conrad au programme des lectures des Victorian Frogs and Ladies, après de longs mois de tentatives acharnées et d'échecs retentissants (tout comme moi pendant des années avec Braddon). Il faut dire que nous étions deux à faire de la résistance, parce que les bateaux, les tempêtes et les aventuriers des mers, ce n'est pas notre tasse de thé. Toujours est-il que lorsqu'il a fallu chercher une idée de lecture, j'ai longuement hésité car les romans de marins de Conrad ne me tentaient pas, j'hésitais à lire The Secret Agent, bref, je cherchais plutôt un texte court, histoire de me familiariser avec Conrad en douceur (voire me réconcilier, car j'avais un peu souffert à la lecture de Typhon lorsque j'étais adolescente, malgré toutes ses qualités). Et j'ai trouvé, avec One Day More, une pièce de théâtre en un acte très divertissante (sans doute pas non plus l'oeuvre du siècle, ne nous emballons pas).

Même si nous sommes sur la terre ferme, il y est question d'un ancien capitaine (qui n'avait pas le pied marin !), Captain Hagberd ; de son fils Harry, disparu ; de Josiah Carvil, ancien constructeur de bateau, désormais aveugle ; de Bessie Carvil, sa fille.

Bessie s'occupe de son père, vieillard infirme (et non "informe" comme je l'avais tout d'abord écrit) et acariâtre qui passe son temps à la houspiller et à lui demander d'être à ses petits soins. Au grand dam de son père, elle a sympathisé avec le capitaine Hagberd, leur voisin, qui passe pour un original, voire un illuminé en ville. Il ne laisse entrer personne chez lui, où il a accumulé de nombreux objets en vue du retour improbable de son fils Harry. Celui-ci s'est enfui de nombreuses années auparavant mais depuis longtemps, le capitaine parle de son retour et est persuadé d'en connaître la date. Les mois, les années ont passé et Harry est censé revenir le lendemain. A noter que le capitaine est également persuadé du fait que Harry et Bessie se marieront. 

[Spoilers à partir de là]

Étonnamment, Harry revient, mais un soir trop tôt. Son père ne le reconnaît pas et s'enferme chez lui en lui demandant de partir, jusqu'à lui jeter une pelle depuis la fenêtre pour le chasser (mes copines victoriennes vous diront que cette scène m'a marquée). Tout en attendant de voir Harry le lendemain. Quant à Bessie, elle fait bien la connaissance de Harry et découvre le pot aux roses. Elle apprend que Harry s'est enfui car son père voulait régenter sa vie et l'empêcher de devenir marin, lui qui rêvait de découvrir le monde, dont il est tombé amoureux. Il finit par embrasser Bessie puis se retirer. La pièce, par moments drôle et cocasse, s'achève tristement, car Harry, venu pour soutirer un peu d'argent à son père, ne reviendra plus, tandis que ce père l'attend toujours et que Bessie prend conscience du fait qu'elle aussi veut quitter sa vie étriquée. Mais alors qu'elle lui demande de l'emmener avec lui, il disparaît.

Une introduction en douceur à l'univers de Conrad, qui m'a donné envie de lire sa pièce de théâtre Laughing Anne.

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28 p

Joseph Conrad, Laughing Anne, 1904

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06/01/2013

Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison

gaskell_confessions mr harrison2.jpgAmis victoriens, si vous cherchez une lecture drôle, vive et délicieuse pour vous détendre, voici le roman* qu'il vous faut ! (* il s'agit plutôt d'une longue nouvelle en 31 chapitres)

Je débute donc l'année en compagnie des Confessions de Mr Harrison de la très victorienne Elizabeth Gaskell et si mes lectures de 2013 continuent sur la même lancée, je vais me régaler !

Publié sous forme de feuilleton, ce court roman revient sur les exploits amoureux involontaires du docteur Harrison – Will au chapitre 1, devenu Frank un peu plus tard mais ne nous arrêtons pas à ce genre de détail.

Pour raconter à son frère la façon dont il a rencontré sa charmante épouse, le docteur revient sur son arrivée à Duncombe, paisible petite bourgade. Venu assister puis succéder au médecin actuel, Harrison va (comme le dit si bien la quatrième de couverture) mettre en émoi les dames des environs. Appliquant à la lettre les conseils de son mentor, qui préconise une amabilité extrême qui frise l'obséquiosité, Harrison va sans le vouloir laisser penser à bien des femmes qu'il est tombé sous leurs charmes (inexistants). D'abord naïf, le jeune homme finit par se trouver au coeur d'une vive polémique et de nombreux racontars, pour notre plus grand plaisir. Ce qui risque bien de compliquer ses relations avec le pasteur, dont il souhaiterait épouser la fille aînée.

gaskell_confessions mr harrison.jpgMadame Gaskell dresse un portrait malicieux de ces villageois pour qui une nuit au poste de police (pour avoir frappé un homme qui s'en prenait à un infirme) devient trois mois, puis un an de détention à Newgate pour un horrible crime méconnu. Des villageois qui - une lettre anonyme, une langue de vipère et un cornet acoustique impuissant aidant, vivent au gré des rumeurs et ont tôt fait de marier ou d'enterrer de braves gens qui n'avaient rien demandé.

Un vrai plaisir que cette lecture vivifiante et à mon avis une clef d'entrée très plaisante pour qui voudrait découvrir Gaskell.

Petit extrait, tirade sur le mariage de mademoiselle Caroline, éprise du docteur Harrison : « Pour ma part si j'étais... je l'adorerais, je le vénèrerais. » Je me dis qu'elle avait bien tort d'imaginer des situations aussi improbables (se dit le narrateur, pas tout à fait lucide puisqu'il n'a toujours pas compris qu'il était l'objet des attentions de ladite dame).

Encore merci à Jérôme des Editions Points pour ce moment exquis passé en compagnie du sémillant docteur !

Le billet de Titine

Mon billet sur North and South

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157 p

Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison, 1851

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05/03/2011

Warning : Victorian masterpiece

wilde_picture dorian gray.jpegIl y a parfois des lectures que l'on redoute, que l'on repousse, et The Picture of Dorian Gray faisait partie de celles-là pour moi. Oeuvre incontournable de la littérature victorienne, avec un personnage principal converti depuis en mythe monstrueux au même titre que la créature de Frankenstein ou Dracula, ce roman m'intriguait depuis des années mais je n'osais pas le lire : envie de mettre ce grand roman de côté pour pouvoir le savourer plus tard ; curiosité assortie d'inquiétude depuis que j'avais lu un autre classique bien connu de R.L. Stevenson autour du même thème et qui m'avait plutôt ennuyée (une lecture que je retenterai malgré tout car je suis frustrée de rester sur cet échec auquel je ne m'attendais pas du tout).

Mais lorsque j'ai commencé à lire quelques pages de The Picture of Dorian Gray, toutes mes craintes se sont envolées : dès la première scène, le cadre, les dialogues (qui me rappelaient déjà The Importance of being Earnest dont je raffole) mais aussi le style fluide et élégant m'ont de suite emportée. Pour une traversée plutôt mouvementée, c'est certain.

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Voici un petit extrait au tout début qui m'a beaucoup amusée : "But beauty, real beauty, ends where an intellectual expression begins. Intellect is in itself a mode of exageration, and destroys the harmony of any face. The moment one sits down to think, one becomes all nose, or all forehead, or something horrid. Look at the successful men in  any of the learned professions. How perfectly hideous they are ! Except, of course, in the Church. But then in the Church they don't think. A bishop keeps saying at the age of eighty what he was told to say when he was a boy at the age of eighteen, and as a natural consequence he always looks absolutely delightful." (p3)

[Chronique riche en spoilers]

Lorsque l'histoire débute, Dorian Gray est un jeune homme innocent dont la beauté fascine Basil Hallward, artiste peintre prometteur de l'ère victorienne. Inspiré par la pureté de Dorian, Basil achève sa meilleure toile, répugnant cependant à l'exposer car il estime avoir trop laissé transparaître dans ce portrait des sentiments très personnels. Très proche de Dorian, Basil se voit forcé de le présenter à un ami de longue date, Lord Henry Wotton, par un concours de circonstances dont il se serait passé. Connaissant la personnalité corrosive de Lord Henry, Basil Hallward le prie instamment de ne pas le priver de Dorian Gray ni de le corrompre en lui soumettant ses théories cyniques sur la vie et les hommes en général. Bien entendu, Lord Henry s'empresse de faire le contraire et, devenant lui-même un objet de fascination pour le jeune homme, il crée rapidement une distance entre ses deux amis.

Lors de leur première rencontre, Lord Henry fait l'apologie de la jeunesse et de la beauté de Dorian. Ce premier poison sera à l'origine de la longue déchéance morale du jeune homme, qui émet un souhait impossible en contemplant son portrait : "How sad it is ! I shall grow old, and horrible, and dreadful. But this picture will remain always young. It will never be older than this particular day of June... If it were only the other way !" (p29) Mais comme tout le monde le sait, c'est un souhait qui sera exaucé.

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Dès lors, sous l'influence néfaste de Lord Henry, Dorian Gray décide de vivre pleinement sa vie et finit par assimiler plaisir et débauche sordide : après avoir séduit puis abandonné une jeune actrice qui met fin à ses jours, Dorian Gray devient un personnage de plus en plus trouble. Très recherché parmi les mondains, il finit par avoir une réputation sulfureuse : on l'aurait vu dans les quartiers mal fâmés de Londres, il aurait poussé un jeune héritier à s'endetter, aurait perdu la réputation de plusieurs femmes. Egoïste, désabusé et devenu lui aussi profondément cynique, Dorian Gray repousse l'aide de son ami Basil Hallward, épouvanté par cette radicale transformation.

Alors que Dorian Gray devient indifférent au sort d'autrui, son portrait s'enlaidit : le vice, la cruauté ainsi que la vieillesse viennent altérer les traits du chef-d'oeuvre de Basil. Jusqu'à ce que Dorian commette un meurtre, point culminant de sa déchéance ; enfin, Dorian prend conscience de son geste abominable et se retrouve dès lors torturé par les démons de son passé. Il alterne entre fausse mauvaise conscience et inquiétude : peur d'être arrêté, peur d'être retrouvé par le frère de l'actrice dont il avait causé la mort. Son comportement fait écho à une phrase tirée du début du roman : "Conscience and cowardice are really the same thing, Basil. Conscience is the trade-name of the firm. That is all." (p7) A noter que sa transformation se fait sous les yeux d'un Lord Henry finalement peu averti, puisqu'il est incapable de voir à quel point Dorian a appliqué ses préceptes à la lettre, devenant au final un personnage abject, tandis que Lord Henry reste en quelque sorte un philosophe de salon et un beau parleur.

Un roman passionant, troublant, parfois angoissant qui se dévore plus qu'il ne se lit (hormis le chapitre descriptif faisant état des nouveaux centres d'intérêt et collections de Dorian Gray que j'ai trouvé passablement ennuyeux). Un chef d'oeuvre absolu qui marquera ma vie de lectrice. J'ai désormais hâte de voir les deux adaptations, dont je vous parlerai très prochainement.

Et je vous propose de parler pour le 1er Mai de la pièce Un Mari Idéal (la pièce ou une de ses adaptations).

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254 p

Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray, 1890

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Challenge Oscar Wilde : 1 billet

God Save the Livre : 1 roman (catégories Dirty Harry et Queen Mum)

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