23/07/2009

Et l'homme dans tout ça ?

ferrari_dieu animal.jpgJe profite de mon rythme d'été pour programmer en priorité des notes sur les romans reçus dans le cadre du Prix Landerneau et d'autres reçus eux aussi fort gracieusement, dont il serait grand temps de parler. Dans la suite de mes lectures des livres finalistes du Prix Landerneau*, je viens de découvrir Un dieu un animal, lauréat 2009. Curieusement, l'an dernier comme cette année je m'attendais à ce que les deux lauréats remportent effectivement ce prix en recevant la sélection, sans doute en raison des thématiques choisies. Je ne me suis pas trompée mais, comme l'an dernier, je n'ai pas vraiment été conquise par le choix du jury. En revanche, autant l'an dernier je n'adhérais pas à de nombreux aspects du livre de Yasmine Char, qui m'avait profondément ennuyée, autant cette année je reconnais volontiers que je suis passée à côté d'un bon roman.

Un dieu un animal est l'histoire de ce « tu », mercenaire dans une région où les attentats et les exécutions publiques barbares ne manquent pas. Voilà un homme en quête d'aventure, de sang et de liberté qui semble ne pas attacher beaucoup d'importance à la vie humaine. Il reprend pourtant contact après de longues années avec Magali, sa première amourette, dont le souvenir a pris avec le temps une dimension sacrée, presque divine. De son côté, l'adolescente est devenue une jeune cadre dynamique consacrée corps et âme à son entreprise.

D'autres lecteurs plus enthousiastes que moi ont très certainement déjà rendu justice à la structure ambitieuse et au rythme particulier de ce roman. J'ai surtout apprécié le superbe travail sur la langue qui donne au texte une sonorité presque sensuelle. Jérôme Ferrari signe là un récit dense et exigeant, comme le sont d'ailleurs souvent les ouvrages proposés par Actes Sud. Malgré tout, j'ai failli abandonner ce livre à plusieurs reprises car il ne me correspond absolument pas et m'a laissée insensible sur le fond, malgré de jolis moments très poétiques. Les martyrs, les terroristes, les mercenaires et autres nouveaux guerriers des Moyen et Proche Orients sont un sujet très à la mode depuis le 11 septembre, de même que les visions très critiques du monde de l'entreprise et de son mode de fonctionnement (en particulier dans le marketing et la publicité). Ce sont des thèmes qui ne m'attirent que très modérément ; plus encore, je ne suis pas toujours d'accord avec les clichés véhiculés et, lorsque certaines questions soulevées sont pertinentes, j'ai toujours l'impression d'avoir lu ou vu les mêmes images au préalable. Je n'ai donc pas du tout été convaincue par le décor planté par le narrateur, même si, avec des thèmes pour moi un peu éculés et revisités cent fois, Jérôme Ferrari arrive à innover par la forme et à soulever des questions plus fondamentales sur Dieu, l'être humain, son fonctionnement et sa place dans le monde. Un récit très sombre qui ne m'a pas vraiment conquise mais qui me donne envie de découvrir les précédents écrits du même auteur.

Les avis des autres blogueurs participant à l'opération de communication autour du Prix Landerneau (j'ai essayé de retrouver tous les billets) : Anne «Et incontestablement, indéniablement ce livre n'est pas fait pour moi » , Caro[line] «Ce roman n’est donc pas une lecture coup de cœur ou coup de poing mais cela reste une belle lecture » ; Cathulu « 110 pages puissante et cruelles », Fashion « la description sans concession et terrifiante d'une humanité qui court à sa perte », Le Bibliomane « Un roman essentiel, peut-être l'un des plus marquants qu'il m'ait été donné de lire ces derniers temps », Lily « Un vrai grand coup de coeur ! », Michel "Son roman est extrêmement bien écrit, les phrases sont très belles, mais je n’ai pas accroché pour autant », Papillon « un texte magnifique et dur » mais « j'ai du mal à adhérer à une telle désespérance », Sylire « Un "presque" coup de coeur. Il manque peut-être à mes yeux, dans ce texte désespéré, une petite note d'espoir, même infime... ».

J'arrive à mi-chemin dans ces lectures des finalistes du Prix Landerneau. Ce livre a été celui que j'ai eu le plus de mal à lire pour les raisons citées plus haut, mais il est à mon avis plus abouti que les deux romans lus précédemment, Les Mains nues et A l'angle du renard. Trois lectures en demi-teinte donc ; je viens à peine de commencer L'Origine de la violence dont les premières pages me laissent espérer un réel coup de coeur ; j'avais aussi lu une centaine de pages de L'Homme barbelé mais je l'ai laissé de côté depuis plus d'un mois, un peu effrayée par les critiques lues çà et là et moyennement captivée par l'histoire (il en allait de même des trois autres lectures achevées, cela dit).

* Ami lecteur qui passes par ici, ne connais pas bien la blogosphère et encore moins le Prix Landerneau, il s'agit d'un prix mis en place avec les Espaces culturels Leclerc. Le lauréat est déterminé par un jury extérieur à la blogosphère mais les livres finalistes sont proposés à quelques blogueurs dont j'ai fait la liste . Plus d'infos sur le prix chez Bibliza.

2,5coeurs.jpg

 

110 p

Jérome Ferrari, Un dieu un animal, 2009

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sense and senibility and sea monsters[7].jpgEt pour les amateurs, signalons un nouveau livre à la couverture et au titre pour le moins improbables, dans la veine des Zombies qui pour l'instant n'ont pas vraiment convaincu les janéites (cf description Amazon UK) :
Sense and Sensibility and Sea Monsters is expanded edition of the beloved regency romance--with thrilling all-new scenes of giant lobsters, rampaging octopi, two-headed sea serpents, and other biological monstrosities. As our story opens, the Dashwood sisters are evicted from their childhood home and sent to live on a mysterious island full of savage creatures and dark secrets. While sensible Elinor falls in love with Edward Ferrars, her romantic sister Marianne is courted by both the handsome Willoughby and the hideous man-monster Colonel Brandon. Can the Dashwood sisters triumph over meddlesome matriarchs and unscrupulous rogues to find true love? Or will they fall prey to the tentacles which are forever snapping at their heels? With many strange and wonderful illustrations throughout, Sense and Sensibility and Sea Monsters invades the prim and proper world of Jane Austen with the outrageous mythology of Jules Verne, H.P. Lovecraft, Lost, Spongebob Squarepants, Red Lobster, and Popeye the Sailor. Let the monster mash-up begin.