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12/03/2016

Thomas Hardy : Une Femme d'imagination et autres contes

hardy_une femme d'imagination.jpgSuite à la lecture de Winter de Christopher Nicholson, j'ai eu envie de retrouver l'univers de Thomas Hardy, que je connais jusqu'ici à travers trois recueils de nouvelles (dont Métamorphoses, chroniqué sur ce blog). J'ai donc sorti de ma PAL Une Femme d'imagination et Autres contes - à la couverture si bien choisie.

Ce recueil comprend quatre nouvelles.

Le Hussard mélancolique de la Légion germanique : Promise à un mariage avantageux avec le terne Humphrey Gould, la jeune Phyllis s'éprend d'un hussard allemand dont le camp a été installé près de chez elle. Le jeune homme finit par lui proposer de s'enfuir avec lui. Un récit dans lequel les personnages sont soumis aux lois implacables du destin, qui, on le sent très rapidement, les promet à un sort funeste.

Le veto du fils : une jeune servante s'est élevée au rang de dame en épousant son employeur, le pasteur du village. Tous deux sont partis à Londres, loin des gens qui ont été témoins de cette union scandaleuse. Malgré les efforts de son mari pour l'éduquer, Sophy fait toujours des fautes de grammaire et ne fait guère illusion... ce dont se rend bien compte son fils Randolph, envoyé dans des écoles privées et visant à s'élever socialement. Lorsque sa mère veuve envisage de se marier avec un ancien admirateur du village, le coup est trop dur pour Randolph, qui s'opposera dès lors à cette union.

Le violoneux des contredanses : Prétendant attitré de Caroline, Ned se voit évincé par un violoneux qui, malgré un physique quelconque et des cheveux gras, parvient à séduire toutes les filles grâce à une musique aux accents presque diaboliques (il est d'ailleurs fait référence à Paganini). Quelques années plus tard, alors que Ned est installé à Londres et participe à la construction d'un bâtiment pour la Première Exposition Universelle, Caroline refait surface dans sa vie avec une petite fille. Après la première surprise, le brave homme accepte cette nouvelle famille qui lui est donnée. Jusqu'au jour où leur chemin croise de nouveau celui du violoneux...

Une femme d'imagination : poétesse, femme romanesque à l'imagination fertile, Ella s'installe avec son mari et leurs trois enfants dans une maison de vacances en bord de mer. Ils occupent notamment l'appartement habituel d'un poète, Robert Trewe, qu'Ella admire et cherche à égaler, sans succès. Sans le connaître, elle se prend d'une véritable passion pour lui. Un amour là encore mis à mal par le destin, qui semble toujours éloigner la possibilité d'une rencontre entre ces deux âmes qui, semble-t-il, pourraient être destinées l'une à l'autre.

Comme toujours, Thomas Hardy n'épargne pas ses personnages dont le bonheur est toujours entravé, le plus souvent par une série de coïncidences, hasards et malchances. Il émane de certains de ces textes une mélancolie évidente. La première et la dernière nouvelle se détachent des autres selon moi, notamment à travers une chute très bien maîtrisée, qui ne peut laisser indifférent. J'ai été un peu moins convaincue par Le Violoneux des contredanses, sans doute parce que j'ai eu de la peine à imaginer la capacité de séduction de ce violoneux plutôt repoussant, tandis que Caroline m'a déplu de bout en bout : fade, bête, dotée d'un culot monstrueux et pour ajouter la touche finale, assez peu attachée à son enfant. J'ai eu bien du mal à compatir à ses malheurs.

Une nouvelle lecture de Thomas Hardy qui m'a de nouveau donné envie de poursuivre la découverte de son oeuvre.

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155 p

Thomas Hardy, Une Femme d'Imagination et autres contes, 1888 ? (Année de publication des Wessex Tales dont la première nouvelle fait partie)

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06/03/2016

Christopher Nicholson, Winter

nicholson_winter.jpgSi Thomas Hardy est peu présent sur mon blog, c'est un auteur que j'ai découvert et beaucoup apprécié à travers trois recueils de nouvelles (seules les Métamorphoses ont été chroniquées ici) et dont les romans m'attirent même si je n'ai pas encore aujourd'hui franchi le pas (sauf avec Les Forestiers, dont je n'ai lu qu'une partie faute de temps lorsque je l'avais commencé). Aussi, lorsque je suis tombée par hasard sur le roman Winter de Christopher Nicholson mettant en scène Thomas Hardy, j'ai inévitablement eu envie de me le procurer.

L'action se déroule dans les années 1920, dans le Wessex, où vit l'écrivain âgé de 84 ans. Nous le découvrons chez lui, dans une assez grande propriété, isolée et cachée par d'immenses arbres qui cependant obscurcissent complètement la maison. Thomas Hardy passe ses journées à écrire, est très attaché à son chien Wessex mais communique peu avec sa femme Florence, qui a à peine plus de la moitié de son âge mais ne lui inspire plus qu'une certaine affection, lorsqu'elle ne l'agace pas. Florence souffre de sa solitude, a une santé fragile et accepte difficilement la tournure qu'a pris sa vie, consacrée entièrement à son époux ; elle est ainsi devenue amère et irritable.

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 Photo Thomas & Florence Hardy : Rex Features

A cette époque, une troupe locale d'acteurs amateurs met en scène Tess, l'adaptation de son grand roman. Cette pièce va rompre le quotidien monotone du couple Hardy, mais aussi devenir sujet de discorde. Le personnage principal est joué par la jeune Gertrude Bugler. Elle incarne un idéal féminin aux yeux de Hardy, qui, malgré son grand âge, se sent attiré par elle. Dans une sorte de huis clos, Nicholson met en scène ces trois personnages dont les aspirations et les sentiments ne peuvent qu'entrer en conflit.

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Photo Gertrude Bugler : National Trust /Simon Harris

Le roman alterne les points de vue, entre les chapitres consacrés à l'auteur rédigés à la 3e personne et les chapitres narrés directement par Florence ou Gertie. Se déroulant au coeur de l'hiver (et portant si bien son titre), ce livre exprime avec subtilité le ressenti des trois personnages, tout en s'interrogeant sur l'amour (ses formes, sa pérennité), la brièveté de la vie humaine, sa poursuite après la mort ou encore, sa place aux côtés de la nature. Même si je suis toujours un peu gênée par les récits inspirés de personnes ayant réellement existé, j'ai beaucoup apprécié ce roman profond, mélancolique et porté par une plume élégante. J'aurais juste aimé que l'auteur ajoute une note pour raconter la genèse de ce livre et indiquer ce qui est en partie inspiré de la réalité et ce qui est totalement inventé – simple curiosité.

Je m'apprête à lire Une Femme d'Imagination et Autres nouvelles et, après avoir lu le roman de Christopher Nicholson, je commence à sérieusement envisager de découvrir enfin Tess. Un mois de mars qui sera pour moi sous le signe des lectures anglaises, car je m'apprête à fêter Pâques dans le Kent et compte bien me plonger d'ores et déjà dans l'ambiance !

Quelques avis (en anglais et en français) : Heavenali, Titine, The Bookbinder's daughter. Et sur Books and other things, un article sur Thomas Hardy et sa première femme Emma.

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247 p

Christopher Nicholson, Winter (Hiver pour la traduction française), 2014

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05/06/2013

Thomas Hardy, Métamorphoses

hardy_metamorphoses.jpgJe devais lire Les Forestiers pour aujourd'hui en compagnie de Cléanthe et Virgule mais, trouvant trop peu de temps pour mes lectures ces derniers temps (et ayant l'esprit un peu ailleurs), j'ai choisi une option plus raisonnable qui m'éviterait un abandon de Thomas Hardy en cours de route (que je voyais se profiler avec de plus en plus de netteté au fur et à mesure que le temps passait).

De Hardy je ne connais pour l'instant que des nouvelles, ceci est le troisième recueil que je découvre. N'ayant jamais chroniqué ici les deux premiers (Les Petites ironies de la vie et L'Homme Démasqué) et en gardant un excellent souvenir j'envisage sérieusement de les relire pour vous en parler prochainement.

Cette fois-ci j'ai jeté mon dévolu sur Métamorphoses, qui figurait également dans ma PAL depuis un certain temps. Ce recueil comprend quatre nouvelles extraites d'un recueil en anglais plus fourni, A changed man and other stories.

[Quelques spoilers dans les quatre paragraphes suivants]

Sous le Regard du berger : un jeune berger assiste bien malgré lui à la rencontre d'une duchesse et de son ancien admirateur au clair de lune, également observée par le duc, dont les désirs de vengeance sont rapidement mis à exécution et ne sont pas sans conséquence pour le berger.

Métamorphose : une jeune femme amoureuse de l'uniforme unit son sort à celui d'un joyeux soldat qui, un beau jour, décide de quitter l'armée pour Dieu et de se consacrer à son prochain en oeuvrant dans les quartiers pauvres et en prêchant de monotones sermons. Avant que n'éclate une épidémie...

La tombe solitaire : un soldat revient dans son village natal pour apprendre que son père s'est suicidé après avoir reçu une lettre accusatrice de sa part ; selon une coutûme barbare, le corps du père est porté en terre la nuit à un carrefour, sans cérémonie ni sépulture. Dès lors son fils est tourmenté par l'infamie qui, par sa faute, frappe son père ; il tente ainsi de lui donner une dernière demeure plus respectable.

Un dragon entre en scène : une femme ayant perdu son fiancé à la guerre est sur le point d'épouser un brave homme prêt à accepter de bon coeur son fils illégitime. Mais alors que les préparatifs touchent à leur terme revient le soldat tant regretté... pourtant rentré en Angleterre depuis un certain temps sans être venu de suite retrouver son ancienne promise.

Ces quatre récits qui se situent dans les environs de Casterbridge sont un pur régal et me confortent dans l'idée que Thomas Hardy excellait dans l'art d'écrire des nouvelles. De même que les textes dont je gardais le souvenir, voici quatre histoires sombres et pleines d'ironie qui toutes finissent tristement, voire tragiquement. La mort est toujours présente, parfois les conditions sont réunies pour évoquer le folklore mystérieux et provoquer quelques frissons chez le lecteur, qui imagine les fossoyeurs repartant sur leur lugubre charrette après avoir abandonné une âme errante, ou bien un trilithe druidique qui, la nuit, ne manque pas de rappeler les forces mystérieuses et inquiétantes qu'il servait autrefois.

Il est dommage que l'ensemble du recueil n'ait pas été traduit, malgré tout on peut saluer le sérieux des éditions de l'Arbre Vengeur, aussi bien pour la traduction fluide que pour les efforts d'illustration. Cela donne envie de mieux découvrir leur catalogue !

Lu dans le cadre du Mois anglais, une aventure lancée chez Titine et ici-même... mais aussi pour le Challenge victorien d'Arieste.

Les avis de Cécile's blog et Cryssilda.

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147 p

Thomas Hardy, Métamorphoses, 1881-1900

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08/12/2010

Le tag des 15

Ma copine victorienne Cryssilda m'a taguée pour répondre au tag des 15, qui circule en ce moment sur la blogosphère et consiste à citer les 15 auteurs vous venant spontanément à l'esprit. J'avoue avoir du mal à me limiter à 15 auteurs : doit-on citer les auteurs qui nous ont marqués à moment donné mais que nous ne lisons plus ? Les auteurs que nous avons beaucoup lus seulement ? Ceux que nous avons moins lus mais qui pour une raison ou une autre, nous ont marqués et auxquels nous pensons presque chaque jour, ne serait-ce qu'une seule fraction de seconde ? Ou ceux qui nous viennent tout de suite en tête (mais là ils ne sont pas seulement 15 !) ?

Les premiers s'imposent sans aucun doute possible :

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Jane Austen, à qui je voue une admiration inconditionnelle. Pride and Prejudice est mon roman favori dans l'absolu et j'ai savouré ses 4 romans et 2 textes plus mineurs que j'ai lus pour l'instant (je prends mon temps pour déguster les quelques textes qu'il me reste encore à découvrir). Ses récits me touchent tout particulièrement et je savoure leur délicieuse ironie et le style enlevé et précis. Un auteur dont l'oeuvre est bien trop souvent assimilée à un amas de romances et de bluettes, en dépit de leur complexité.

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Les soeurs Brontë et en particulier, Charlotte et Emily. Des trois soeurs c'est Charlotte qui m'a le plus marquée mais si je cite surtout Charlotte et Emily, c'est pour une raison particulière. Le monde des soeurs Brontë me fascine depuis l'adolescence et de toutes mes visites de maisons d'auteurs, c'est la découverte de Haworth qui m'a le plus émue et qui m'a davantage permis de me projeter à l'époque concernée. Lorsque j'étais adolescente, à une période où je ne lisais plus beaucoup de classiques et jetais surtout mon dévolu sur les policiers et les histoires d'horreur, et alors que je n'avais aucune idée de ce que pouvait bien être un auteur victorien, deux romans m'ont profondément marquée : à l'âge de quartoze ans, Les Hauts de Hurlevent, lu dans un vieux livre en cuir illustré trouvé chez ma grand-mère, puis l'année suivante, Jane Eyre, découvert un peu par hasard à la bibliothèque. Deux lectures auxquelles je ne pouvais plus m'arracher et qui m'ont pour la première fois fait découvrir la littérature du XIXe qui m'est si chère aujourd'hui. Je me revois encore assise par terre dans ma chambre avec Jane Eyre sur les genoux, incapable de le quitter tant que je n'aurais pas lu les 100 dernières pages. J'espère aimer ce livre longtemps encore - ma grand-mère qui l'avait adoré jeune femme m'avait donné son exemplaire anglais après avoir essayé de le relire à plus de 80 ans, n'y trouvant plus qu'un tas d'inepties !

Maintenant que j'ai cité Jane Austen et les soeurs Brontë, les choix suivants sont moins évidents pour moi (et nettement plus arbitraires) !

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Oscar Wilde me semble encore être un choix assez facile. C'est un des premiers classiques britanniques que j'ai découverts, lorsque j'ai lu Le Fantôme de Canterville en 5e pour mon cours d'anglais renforcé. Nous avions vu à la même époque une adaptation dont je me souviens très peu mais que j'aimerais retrouver. Plus tard, le personnage lui-même a commencé à me fasciner. Sa pièce The Importance of Being Earnest m'a quelque peu réconciliée avec le théâtre, car je n'avais plus trop envie de lire de pièces à ce moment et je me suis régalée en lisant ce texte extrêmement drôle et enlevé. Et puis j'ai quand même serré la main de quelqu'un qui a serré à la main de quelqu'un qui a serré la main d'Oscar Wilde, ce qui m'a permis, comme me l'a expliqué Gyles Brandreth dans un français impeccable, de serrer la main d'Oscar Wilde par procuration (séquence émotion). Quoi qu'il en soit, ce n'est pas sans raison que je lance un challenge Oscar Wilde !

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Edith Wharton. Je n'ai lu qu'un de ses romans cette année mais elle fait partie des auteurs dont j'ai prévu de lire toute l'oeuvre et lorsque je l'ai découverte il y a quelques années à travers plusieurs recueils de nouvelles, j'ai immédiatement été conquise par son style et sa maîtrise du format en question. Une lecture marquante à l'époque, et même si j'ai été un peu moins séduite par Chez Les Heureux de ce Monde, je me vois difficilement ne pas la citer.

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Au passage, j'ai hésité à citer Henry James, auquel je pense toujours lorsque j'évoque Edith Wharton (ce sont d'ailleurs les deux seuls Américains qui ont  leur place dans ma bibliothèque consacrée aux Britanniques classiques). Mais je n'ai pas lu James récemment et à faire un choix entre les deux, c'est peut-être Wharton qui m'a le plus marquée. Malgré tout The Turn of the Screw en particulier a été une lecture "révélation" pour moi. Et il me reste encore un certain nombre de nouvelles à lire dans la Pléiade.

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Curieusement, ces deux-là m'évoquent Virginia Woolf; même si je ne saurais pas dire pourquoi je les associe même vaguement. Je n'ai lu que quelques textes de Woolf : deux romans, deux essais et quelques livres inachevés qui attendent au pied de mon lit. Malgré tout c'est un auteur vraiment à part à mes yeux : d'une finesse et d'une complexité sans égales !

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Thomas Hardy. Un Victorien qui me faisait un peu peur, jusqu'à ce que récemment je lise L'Homme Démasqué et Les Petites Ironies de la Vie. J'ai pris tant de plaisir à les lire que je suis désormais décidée à lire les romans réputés les plus sombres de Hardy. Une découverte récente en quelque sorte, et très enthousiaste !

De plus en plus arbitraire, car pourquoi ne pas citer Vita Sackville West ? Barbara Pym (plus léger mais que je retrouve régulièrement avec plaisir) ? Flora Mayor qui a peu écrit mais que je relis en ce moment et dont j'ai énormément apprécié La Troisième Miss Symons ?

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Mary Elizabeth Braddon, parce que j'ai lancé un challenge pour la découvrir cette année, parce que j'ai adoré les quatre textes d'elle découverts à l'occasion, parce que je vais continuer à la lire et qu'elle faisait partie des auteurs que je souhaitais lire depuis une éternité !

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Elizabeth Gaskell, dont j'ai découvert North and South cette année. Cet été en me rendant avec mon cher et tendre dans le Yorkshire, j'ai souvent pensé à elle sur l'autoroute devant les pancartes qui indiquaient "North / South" sans plus d'explications. J'ai enfin lu son roman phare au mois d'août (après m'être régalée de l'adaptation BBC que je meurs d'envie de revoir) et même si je m'attendais peut-être davantage à un coup de coeur, c'est un des auteurs dont je projette de lire tous les titres. Et puis bon, difficile de ne pas citer celle à qui l'on doit le personnage de Thornton !

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Charles Dickens, qui me vient presque toujours en premier à l'esprit quand je pense aux Victoriens. Dickens dont le personnage m'a toujours plu (et je le rends sans doute bien plus sympathique qu'il ne l'était en réalité lorsque j'y pense), Dickens que j'ai adoré suivre grâce à la jolie plume de Marie-Aude Murail, Dickens dont le Conte de Noël a marqué mon enfance et dont la maison est le premier musée que je me souviens avoir visité seule en Angleterre. Je me souviens de mon arrivée dans la rue, de cette chambre en hommage à sa chère disparue et du temps passé à la fenêtre, à contempler la rue et à me dire que peu de choses avaient sans doute changé depuis qu'il s'était tenu au même endroit. Sans parler de ce petit jardin londonien si minuscule. Et de l'épisode de Doctor Who que j'avais regardé au tout début uniquement pour Dickens. Bref, un auteur qui peuple à sa façon mon imaginaire...

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Charles Baudelaire, une de mes premières révélations littéraires. Baudelaire reste un poète à part pour moi. Outre l'admiration que j'éprouve pour ses écrits, il m'évoque de nombreux souvenirs. Je l'ai découvert dans la Pléiade écornée que mon père tenait de mon grand-père inconnu, fantasmé. J'ai ensuite eu le plaisir d'entendre parler du poète par un professeur de littérature merveilleux. Depuis c'est un auteur pour lequel j'éprouve un attachement mystérieux. J'entretiens avec les Fleurs du Mal un rapport très personnel. Ce poète maudit, dandy, alcoolique, cet enfant terrible de la littérature m'a toujours fait rêver !

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Je cherchais un contemporain à citer et c'est Jean-Pierre Ohl à qui j'ai pensé. Parce que j'ai dévoré Les Maîtres de Glenmarkie, parce que j'attends avec impatience son prochain roman (en espérant sincèrement que celui-ci ne sera pas le dernier), parce que j'entends bien lire son premier roman lorsque j'aurai découvert le roman de Dickens l'ayant inspiré. Parce que la littérature française  actuelle manque cruellement de souffle, de romanesque, parce que j'ai aimé le projet ambitieux de Jean-Pierre Ohl et la délicieuse aventure vécue en compagnie de ses personnages. Parce que j'ai tout simplement aimé son livre autant que j'aime mes chers Britanniques.

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Jonathan Coe... Encore un Anglais ! Décidément, la perfide Albion continue à envahir ce billet, oh my Lord ! J'aime les classiques anglais, vous avez pu le remarquer, mais j'aime aussi les auteurs plus jeunes ou morts depuis moins longtemps (as you like). A des degrés divers, des auteurs tels que Nick Hornby, Tom Sharpe, Kate Atkinson, Roald Dahl (qui a joué un rôle très important pour moi lorsque j'étais enfant). Je voulais lire Coe depuis quelques années et je me suis décidée au printemps, après l'avoir rencontré lors d'une conférence avec d'autres blogueuses. J'étais curieuse parce que j'avais échangé quelques mots avec lui mais surtout j'avais pris énormément de plaisir à l'écouter parler de B.S. Johnson et de la façon dont il avait abordé sa biographie. Depuis j'ai lu trois de ses romans, participe à un challenge Coe et compte bien poursuivre ! La pluie, avant qu'elle tombe a été une de mes plus belles lectures de ces dernières années.

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Sheridan Le Fanu, un Victorien un peu oublié mais que j'aime de temps en temps déterrer de ma bibliothèque. Pour éprouver quelques frissons avec ses histoires de jeunes filles séquestrées, d'oncle ou de père terribles et de lieux abandonnés. J'aurais pu citer Wilkie Collins aussi... là où le Victorien passe, le mystère trépasse !

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J'ai bien envie de citer Fabrice Bourland pour finir. Un auteur très sympathique et plein d'humour que je croise régulièrement au Salon du Livre et qui connaît mon faible pour sa paire de justiciers loufoques, en hommage à un certain Doyle... Doyle que je viens justement de relire !

Je tague à mon tour Maggie, Emjy, Lilly et tous ceux qui n'ont pas encore participé à ce tag et se sentiraient inspirés... (et j'aimerais bien taguer Marine si elle avait un blog...)