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07/06/2017

Susan Hill, Dolly

hill susan_dolly.jpgPour cette journée du Mois anglais consacrée à Susan Hill, j'ai choisi Dolly parmi les quelques titres en attente dans ma PAL (il doit en rester encore trois!). De cet auteur j'ai lu plusieurs histoires de fantômes (The Woman in Black et The Man in the Mirror) et des extraits de l'essai autobiographique consacré à ses lectures (Howards End is on the landing). Tentée par une petite histoire de fantômes, j'ai eu envie de découvrir une poupée sans doute effrayante à souhait. Susan Hill est douée pour recréer des atmosphères angoissantes, dans des récits gothiques de facture classique (aux influences victoriennes notamment). Tout à fait ce qu'il me fallait.

Le récit s'ouvre avec le retour du narrateur dans la vieille maison de sa tante décédée. Enfant, orphelin, il y avait passé un été en compagnie d'une cousine qu'il ne connaissait pas. Le lecteur découvre les évènements qui se sont produits à l'occasion de ces vacances, évènements qui influencent la destinée des personnages des années plus tard. Sans vouloir trop en dire, imaginez des bruits suspects, le crissement du papier en bruit de fond, des pleurs de poupée. Le tout dans une bicoque lugubre à proximité d'un cimetière.

Si j'ai pris plaisir à lire ce texte, avec le recul, je trouve qu'il manque un peu de consistance.

Dolly est un court roman qui frise avec la nouvelle et, à vrai dire, j'ai eu l'impression que Susan Hill avait un peu de mal à trouver le bon format pour ce récit. Un peu trop de développements pour être une nouvelle avec la chute que l'on pourrait attendre, mais un texte qui reste assez aride et un peu décousu, avec assez peu de matière.

Par ailleurs, Susan Hill utilise des ressorts classiques du récit gothique, mais on a l'impression qu'elle ponctue son histoire de micro évènements sans être capable de tout à fait les relier entre eux. Par exemple, quand le jeune narrateur ouvre pour la première fois l'armoire de sa chambre, il sent quelque chose lui souffler au visage sans la moindre explication. Par la suite, c'est une poupée qui hantera l'armoire mais elle n'est pas encore arrivée lorsque se produit ce premier incident. Sa cousine Leonora est horrifiée par son reflet dans l'eau et dans un plat en argent à l'église, sans qu'on sache ce qu'elle a vraiment vu. Leonora est rousse, elle a un caractère épouvantable et la gouvernante la suspecte d'apporter le Mal avec elle, mais ce point n'est pas vraiment confirmé ni clarifié à la fin. Et finalement, ce sont deux poupées - et non une - qui semblent porteuses ou victimes d'une étrange malédiction (chacun se fera son opinion), sans que le lien entre elles soit clairement établi. Je vous épargnerai mes multiples hypothèses mais, au final, aucune ne me semble tout à fait convaincante.

In fine, un roman d'atmosphère, sympathique mais soutenu par une structure légère. A réserver aux inconditionnels d'histoires de fantômes, aux amateurs de poupées inquiétantes et aux lecteurs de Susan Hill.

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153 p

Susan Hill, Dolly, 2012

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24/10/2012

Susan Hill, The Man in the Picture

hill_man in the picture.jpgIl y a quelques mois, je découvrais The Woman in Black de Susan Hill et frissonnais pendant un trajet en train en imaginant facilement un marais inquiétant dans la campagne anglaise. En plein challenge Halloween j'ai rassemblé mon courage à deux mains et, non sans me munir d'une lampe torche et d'une poëlle pour assommer tout spectre approchant à moins de deux mètres de mon canapé, je me suis replongée en mauvaise compagnie en lisant un autre récit de la même plume, The Man in the Picture.

Magdalene_College_Cambridge_night.JPGOliver se rend à Cambridge où il a étudié et en profite pour passer une soirée en compagnie d'un ancien professeur qu'il tient en haute estime, Theo Parmitter. Habituellement joyeux et prêt à raconter les anecdotes les plus intéressantes, Parmitter semble cette fois-ci plus soucieux et profite de l'occasion pour se confier à Oliver. Il souhaite en effet se défaire d'un fardeau qui lui pèse depuis des années sur les épaules. Il revient ainsi sur l'achat d'une peinture vieille de deux siècles représentant le carnaval de Venise. Cette peinture semble n'apporter que malheur autour d'elle ; dès qu'il l'a eue en sa possession, Theo a ressenti un certain malaise, bien qu'indéfinissable. Ce n'est qu'en deuxième partie du récit qu'on en saura un peu plus sur l'histoire du tableau : une toile qui, curieusement, semble à même d'emprisonner les personnes qui la croisent.

hill.jpgLe récit nous conduit dans une Venise effrayante (une lecture que je déconseillerais ainsi à ceux qui s'apprêtent à s'y rendre, à moins de vouloir vous prévenir contre une certaine femme masquée et vêtue de blanc) : « I was taken aback from how much I disliked it from the moment we arrived. I marvelled at the buildings, the canals, and the lagoon astonished me. And yet I hated it. I feared it. It seemed to be a city of corruption and excess, an artificial place, full of darkness and foul odours. » (p89)

venezia.jpgCe court roman reprend comme The Woman in Black les codes de l'histoire gothique, à travers une trame classique mais efficace. Le style est sobre et assez élégant et, une fois encore, Susan Hill parvient à rendre de façon fidèle une atmosphère oppressante. J'ai été plus courageuse cette fois-ci car point de spectre effrayant à l'horizon (ma tasse de thé mais également mon point faible) mais j'ai refermé ce livre en éprouvant le léger malaise qui nous vient parfois après avoir lu une bonne histoire d'épouvante, lorsqu'on a l'impression d'avoir laissé une part de soi quelque part et de sentir encore flotter l'atmosphère particulière de la scène que l'on vient de quitter. Comme dans The Woman in Black, Susan Hill choisit d'écrire une histoire sans fin : le Mal frappe toujours, et l'on sait en fermant la dernière page que les personnages seront abandonnés à un bien triste sort...

Un voyage angoissant en Angleterre et en Italie que je dois à mes amies victoriennes Cryssilda, Isil, Lamousmé et Titine... merci beaucoup à vous toutes pour ces nouveaux frissons !

Sur ce blog : une autre histoire de fantômes à Venise avec Wilkie Collins et l'Hôtel Hanté ; et de Susan Hill, The Woman in Black et son adaptation au cinéma.

Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2012 co-organisé avec la très mystérieuse Hilde et dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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145 p

Susan Hill, The Man in the Picture, 2007

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29/04/2012

Harry Potter ne peut rien contre les fantômes anglais

james watkins,la dame en noir,daniel radcliffe,susan hill,fantômes,fantômes anglais,angleterre,angleterre xxeAprès avoir lu le roman de Susan Hill, j'avais très envie de découvrir l'adaptation cinématographique et voir ce que pouvait donner Harry Potter lorsqu'il ne s'agissait pas de sorcellerie. En compagnie de Titine, bien plus résistante que moi à l'épreuve des maisons hantées, j'ai fait la connaissance d'un Arthur Kipps dépressif, dont l'histoire est assez différente de celle que je connaissais déjà.

Contrairement au roman qui fait de Kipps un homme plus âgé et respectable, brusquement rappelé à d'effroyables souvenirs lorsque les enfants du foyer réclament une histoire de fantômes, e film ne nous présente pas Kipps une fois plus âgé... et pour cause.

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Dans le roman, Kipps est un jeune notaire ambitieux et apprécié de ses supérieurs, fiancé à une charmante jeune femme. C'est alors que la vie lui sourit qu'il part régler la succession d'une vieille femme excentrique au fin fond des marais. Dans la plus pure tradition du roman du XIXe, c'est un homme éclairé, qui fait peu de cas des superstitions qui l'accueillent, et qui sera contraint bien malgré lui de reconnaître l'existence des fantômes et du surnaturel. Dans le film, Kipps a perdu sa femme à la naissance de leur fils. Kipps est donc dépressif, prend une flasque d'alcool en prévision du voyage et au lieu de partir en conquérant, c'est menacé d'être renvoyé par ses supérieurs si son travail laisse encore à désirer que Kipps doit régler la succession. Autre version de l'histoire, qui ceci dit ne gêne pas vraiment et tient la route.

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Les petites variantes par rapport au roman continuent ensuite, certaines scènes sont supprimées au profit d'autres, plus spectaculaires, dont l'une des toutes premières : des soeurs, enfants, jouent à l'étage lorsque leur attention est attirée par quelqu'un que nous ne voyons pas. Main dans la main, elles se dirigent vers la fenêtre et se suicident. Et en effet, les cas de morts brutales d'enfants se sont multipliés : elles surviennent lorsque l'on a vu La Dame en Noir, qui rôde autour de la maison dans laquelle Kipps doit se rendre.

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Comme le héros du roman, le Kipps du film est intrépide. Lorsqu'il entend des bruits inquiétants dans la maison, lorsqu'alors que la maison est isolée par la marée des coups brutaux retentissent à la porte d'entrée, le voilà qui sort dehors. Il cherche sous les lits, ouvre les portes de pièces condamnées et n'hésite pas à entrer dans une pièce dans laquelle il entend un bruit retentissant (un fauteuil à bascule se balançant violemment tout seul).

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Le réalisateur a misé sur une ambiance de film d'horreur et est certainement bien parvenu à créer une atmosphère angoissante déjà présente dans le livre, en y ajoutant nombreuses scènes visant à nous faire sursauter (j'étais crispée toutes les deux minutes dans la salle de cinéma). Le fait d'avoir choisi la chambre de l'enfant et ses horribles jouets était tout indiqué pour moi qui, petite, avais une peur bleue des automates.

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Dans l'ensemble ce film est plutôt réussi à mon avis, en raison de cette angoisse permanente que l'on ressent (j'avoue être particulièrement sensible aux histoires de fantômes) mais aussi des décors et costumes très travaillés, un régal pour ceux qui est aiment les films d'époque (période comparable à celle de Downton Abbey).

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Malheureusement, James Watkins s'enflamme un peu et finit son film dans une ambiance hollywoodienne assez grotesque : le fantôme est largement mis en scène au lieu de rester présent et invisible ; un cadavre retrouvé dans la boue après cinquante ans est parfaitement conservé et à la fin, nous avons droit à la suite de Ring ; même si Kipps enterre le fils mort dans les sables mouvants avec sa mère (le fantôme), la terrible Dame en Noir n'est toujours pas satisfaite et ne pardonnera jamais. C'est ainsi que, comme on le voyait arriver depuis le début (et plus encore en ayant lu le roman qui annonce la triste fin de la première famille de Kipps), c'est au fils du notaire que la Dame en Noir décide de s'en prendre. Heureusement pour la famille Kipps, passer sous un train leur permettra de retrouver épouse et mère. Finalement, tout va pour le mieux.

Autres avis : Titine, Le passeur critique, Legolegitislegimus, Kecha...

Le roman de Susan Hill dont est tiré le film.

Un film Back to the Past, challenge lancé avec ma chère Maggie.

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The Woman in Black, un film de James Watkins, 2011

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05/01/2012

Une histoire de fantôme à l'anglaise

hill_WOMAN_IN_BLACK.jpgAyant récemment entendu parler d'un film britannique plus que tentant (how surprising!) et découvert qu'il s'agissait d'une adaptation d'un roman de Susan Hill, j'ai eu envie de lire celui-ci, The Woman in Black. Bien m'en a pris car je viens de découvrir un auteur contemporain comme je les aime, entre inspirations victoriennes et histoires de fantômes. Curieusement j'ai ouvert ce roman juste après avoir lu Rebecca de Daphné du Maurier et vu à ce moment que Susan Hill avait justement écrit une suite à Rebecca, intitulée Mrs de Winter. Le hasard fait bien les choses !

A l'heure où les premières automobiles font leur apparition, le jeune Londonien Arthur Kipps est envoyé par le cabinet de notaires pour lequel il travaille dans un village isolé du Nord, à l'orée des marais. Il doit s'y rendre pour l'enterrement d'une cliente, Mrs Alice Drablow, avant de chercher dans sa maison tout papier pouvant aider le cabinet à mettre en ordre ses affaires d'ordre financier ou juridique. Ambitieux et optimiste, Arthur ne prête pas attention aux réactions des habitants des environs lorsqu'ils apprennent le motif de sa venue ; il semblerait qu'Eel Marsh House ait fort mauvaise réputation dans les environs et soit l'objet de nombreuses superstitions. A l'enterrement de Mrs Drablow, dans le cimetière du village, Arthur voit une femme en noir au visage amaigri et ravagé par la maladie, vêtue de vêtements de deuil quelque peu insolites, courants soixante ans auparavant. Il reverra plus tard dans la journée cette femme auprès d'une tombe du cimetière abandonné attenant à la maison de Mrs Drablow, dans laquelle il décide de s'installer pour consulter les papiers de la vieille femme. Mais dès le premier jour, des événements troublants se succèdent : c'est ainsi le début de l'étrange expérience que souhaite relater Arthur Kipps de nombreuses années plus tard afin d'exorciser enfin le souvenir de ces pénibles moments.

C'est en tremblant que j'ai poussé la porte d'Eel Marsh House, isolée, battue par les vents et coupée du monde plusieurs fois par jour au gré des marées. Une expérience que je ne regrette pas et que je suis volontiers prête à renouveler en compagnie de Susan Hill. Ecrit par un personnage posé et prosaïque, ce récit se présente comme un témoignage crédible et réaliste et permet peu à peu de convaincre le lecteur, qui se laisse lui aussi gagner par l'angoisse du narrateur. Ce texte m'a évoqué des récits plus classiques (notamment du XIXe) et, bien que le lecteur devine un certain nombre de faits, Susan Hill maîtrise suffisamment son texte pour créer la surprise ou du moins le suspense ; et si le drame final était attendu, j'ai trouvé judicieux le fait de mettre un point final à l'histoire avec ce terrible dénouement au lieu de revenir au temps présent qui sert d'introduction au récit. L'intérêt du roman repose avant tout sur son ambiance, habilement mise en place ; un excellent potentiel pour l'adaptation cinématographique, que j'espère à la hauteur du roman, car avec un tel texte, difficile de ne pas imaginer un film particulièrement effrayant.

A noter que Susan Hill a notamment reçu les Prix Whitbread et Somerset Maugham au cours de sa carrière... c'est dire si son oeuvre est prometteuse ! En ce qui me concerne, je louche déjà sur certains titres...

L'avis de The Dark Scrybe : "Susan Hill has created one of the most elegant, subtle and unsettling ghost stories of all time"

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les mes acolytes Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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 160 p

Susan Hill, The Woman in Black, 1983

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