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27/10/2015

Stephen King, Le Singe

king_le-singe-suivi-de-le-chenal-stephen-king-9782290313978.gifJ'avais ce livre dans ma PAL depuis la fin des années 1990, c'est dire s'il m'a fallu du temps avant de le découvrir enfin !

 Il est composé de deux nouvelles.

Dans Le Singe, il est question d'un vieux jouet, un singe qui tient des cymbales. A chaque fois que celles-ci s'entrechoquent se produit une catastrophe, avec le décès brutal d'un proche la plupart du temps. Alors que le narrateur avait tenté de s'en défaire des années auparavant, il découvre avec horreur un de ses enfants tout fier d'avoir déniché cette vieillerie. Diabolique, avec une fin plutôt sombre (s'il s'agit vraiment d'une fin).

Le Chenal : une femme très âgée commence à voir des personnes décédées depuis des années. Elle explique n'avoir jamais quitté la toute petite île sur laquelle elle vit, à proximité d'une grande ville visible depuis le rivage. Se décidera-t-elle à traverser le Chenal avant de partir à son tour ? Un texte plus abstrait, non dénué d'un certain charme désuet et bien loin de l'univers quelque peu malsain de la première nouvelle.

Si vous aimez les nouvelles, je vous recommande chaudement ce recueil, y compris pour découvrir Stephen King !

Une LC autour de Stephen King partagée dans le cadre du Challenge Halloween avec :

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96 p

Stephen King, Le Singe suivi de Le Chenal, 1985

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02/11/2013

Dolores Claiborne, le film de 1995

film_dolores claiborne.jpgAujourd'hui, nous avons eu envie de profiter du challenge Halloween pour parler un peu de Stephen King, maître contemporain de l'horreur s'il en est.

A cette occasion j'ai découvert le film Dolores Claiborne, adapté de l'un de ses romans. Je connaissais le titre depuis bien longtemps mais absolument pas l'histoire. 

Dolores Claiborne est suspectée d'avoir tué Vera, son employeuse millionnaire. La vieille femme a fait une chute mortelle dans les escaliers et Dolores a été retrouvée avec un rouleau à pâtisserie, visiblement sur le point d'achever la victime. L'inspecteur chargé de mener l'enquête tient absolument à prouver la culpabilité de Dolores : il n'a toujours pas digéré une affaire vieille de près de vingt ans, à savoir la mort accidentelle fort suspecte du mari de Dolores.

Journaliste à succès dans une grande ville, sa fille Selina reçoit un fax lui apprenant la situation. Elle se rend sur l'île de son enfance, où elle n'avait pas mis les pieds depuis quinze ans. Elle boit, fume, souffre de dépression et entretient des relations plus que compliquées avec sa mère.

Le film alterne entre la situation présente et des flash-backs. Une employeuse dominatrice, un mari alcoolique, violent qu'elle soupçonne d'agresser leur fille... Dolores a eu une vie particulièrement sordide. Mais est-elle une double meurtrière ?

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Film à suspense (sans surnaturel), Dolores Claiborne est servi par un bon casting et ne manque pas d'intérêt. Le principe des flash-backs fonctionne assez bien malgré la récurrence du procédé. La scène de l'éclipse est plutôt réussie sur le plan esthétique, le reste du film souffrant un peu de l'époque du tournage (couleurs un peu fades...). Si je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce film, par ailleurs un peu long, j'ai trouvé le scénario intéressant et il m'a surtout donné envie de lire le roman et de retrouver l'ambiance spéciale que sait créer Stephen King.

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Dolores Claiborne, un film de Taylor Hackford, 1995

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07/10/2013

Ça / Il est revenu de Tommy Lee Wallace

film-ca.jpegJ'ai longtemps détesté les clowns et dois avouer qu'encore aujourd'hui, ils ne me sont guère sympathiques. Je trouve leurs pitreries rarement drôles et leur aspect grotesque plus effrayant qu'autre chose - au point d'en avoir vraiment peur quand j'étais petite (je les mettais dans la catégorie des épouvantails et des automates qui me fascinaient mais me fichaient la frousse eux aussi). Alors quand j'ai eu ma période Stephen King à l'adolescence et que j'ai découvert le film Ça, j'ai forcément éprouvé quelques frissons en me confrontant à l'horrible clown Grippe-Sous. 

Précisons au passage que je n'ai toujours pas lu le roman (qui me tente vraiment) pour une raison triviale : j'avais l'édition de poche en trois tomes mais j'ai été assez folle pour prêter le 1er tome avant lecture à une fille de ma classe pendant tout un été. Elle me l'a rendu en n'ayant lu que les premiers chapitres, mais les cinquante premières pages se décollaient, elle avait abîmé la couverture avec du feutre, corné des pages, bref, un véritable cauchemar pour moi qui ai toujours tellement pris soin de mes livres. Le pauvre tome 1 pestiféré a eu raison de mes tentatives de lecture. Plus de quinze ans plus tard j'ai maintenant l'édition américaine mais je n'ai pas encore pris le temps d'ouvrir cet énorme pavé.

Cessons les digressions et revenons à ce film de 1990. J'étais curieuse de le revoir, j'en gardais le souvenir d'une mini-série un peu datée mais tout de même caractérisée par une ambiance assez effrayante. Un classique du film d'horreur des années 1980/90 en somme. J'ai beaucoup de souvenirs personnels en raison de moments partagés notamment avec Hilde lorsque nous avons découvert Ça pour la première fois.

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Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire, nous sommes dans la petite ville de Derry où tous les trente ans survient une catastrophe. L'année qui nous intéresse est marquée par une série de meurtres d'enfants. Un groupe de 7 enfants, le club des Paumés, va découvrir que le massacre est dû à une créature maléfique, Ça, qui, sous la forme d'un clown, attire les enfants pour les tuer. Le groupe va réussir à mettre un terme à la série de meurtres qui frappe la ville. Mais, trente ans plus tard, les morts violentes d'enfants reprennent. Le groupe éparpillé aux quatre coins du monde va se reformer pour tenter d'anéantir définitivement Ça. A leur retour en ville, les vieux souvenirs ressurgissent, les bons mais surtout les mauvais : traumatismes d'enfance et rencontres effrayantes avec l'épouvantable clown.

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Bon. Il y a toujours un certain risque à revoir ce genre de film un peu plus de dix ans après, et pourtant je suis bon public avec les films qui m'avaient marquée aux collège et lycée. D'une certaine façon, maintenant qu'il m'a bien fait rire, j'ai définitivement surmonté mon aversion pour le clown Grippe-Sou dont je n'aimais pas spécialement croiser les photos sur le Net.

Le téléfilm se divise en deux parties. La première, plutôt réussie, est surtout centrée autour de la période où les enfants se sont rencontrés, la naissance de leur amitié, les brimades dont ils étaient les victimes, leurs premiers moments de terreur avec le clown. Le scénario tient assez bien la route, les personnalités très différentes des enfants jouent pour beaucoup dans l'intérêt de cette partie. On retrouve aussi le côté "Amérique profonde" du téléfilm, avec cette petite ville tranquille reposant sur des apparences trompeuses, ces ringards qui molestent le club des paumés, ces enfants qui sont mis à l'écart parce qu'ils sont un peu différents : le gros, le binoclard, l'asthmatique, la fille, le Noir, le bègue, le Juif...

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En revanche j'ai trouvé la deuxième partie mortellement ennuyeuse (quant à Mr Lou il l'a jugée affligeante et mon choix de DVD m'a valu bien des sarcasmes). Une fois adultes, les protagonistes présentent moins d'aspérités. Certes, on découvre ce qu'ils sont devenus, certains ont bien réussi, d'autres ont une vie plus tranquille, tous sont profondément marqués par leur origine (par exemple Beverly qui était battue par son père vit avec un homme violent). Mais cette partie se résume à peu de choses. Les adultes se retrouvent, ils ne se sont pas oubliés, tous les garçons sont encore un peu amoureux de Beverly, qui est très démonstrative avec eux et tombe dans les bras de l'un d'entre eux presque de suite. Leurs retrouvailles avec Ça ont un petit côté "bouh fais-moi peur", par exemple lorsque le clown Grippe-Sou se transforme en Beverly et embrasse fougueusement l'un des garçons. On a presque envie de rire pendant cette scène... Les flash-backs qui entrecoupent cette deuxième partie (procédé inverse à celui de la 1ère partie) ralentissent l'histoire sans y apporter grand-chose. Les effets spéciaux sont ridicules et leur côté maladroit n'est pas compensé par l'ambiance glauque qui caractérisait davantage la première partie, en particulier dans la scène finale où l'on se dit "Tout ça pour ça ?". Au final, on rit davantage que l'on ne tremble en voyant la fin du téléfilm.

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Un classique qui a beaucoup vieilli et dont le côté très kitsch n'est pas compensé par un scénario solide ni une ambiance très réussie. Beaucoup de longueurs, beaucoup d'ennui heureusement entrecoupés de quelques fous rires lors des scènes les plus ridicules. Bref, pour moi le mythe s'est effondré.

Un autre avis très critique sur For Blood's Sake.

A noter qu'en ce moment un clown librement inspiré de Ça se promène dans les rues de Northampton et fait beaucoup parler de lui.

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Ça, un film de Tommy Lee Wallace, 1990

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22/10/2011

Once bitten, twice damned

king-salem's lot.jpgAdolescente, j'ai découvert avec horreur et délectation la littérature d'épouvante. Avec Hilde et une autre amie, nous lisions avec avidité les romans de Stephen King ou d'Anne Rice, plus ou moins en même temps, inventions des personnages inspirés de ces récits et savourions ensemble ces lectures d'un genre nouveau. J'ai assez rapidement cessé de lire Stephen King et l'ai abandonné pendant des années... à vrai dire je ne l'avais jamais relu depuis le lycée. Je ne suis pas attirée par ses derniers livres, en revanche depuis quelques années j'envisage de lire ou relire ses "classiques", qui me paraissent plus sérieux, moins commerciaux.

J'ai donc choisi pour cette lecture commune Salem's Lot, qui traîne depuis un certain temps dans ma bibliothèque. Ce roman me tentait dans la mesure où il traitait du mythe du vampire, qui m'intéresse beaucoup... et curieusement, je n'arrivais jamais à me mettre à le lire : il me tombait des mains au bout de quelques pages et j'étais persuadée (je ne sais pas pourquoi) que le vampire n'était évoqué que de façon métaphorique. Je me suis donc fait violence, car l'introduction me déplaît toujours autant. Un homme et un petit garçon se sont réfugiés dans un coin perdu... une ombre plane sur leurs vies, car ils ont vécu ou connaissent quelque chose de terrible, mamma mia !... et l'on revient sur ce qui leur est arrivé. Et là, le récit devient très intéressant. Cette introduction est vraiment courte, pourtant elle a bien failli me faire déclarer forfait : j'ai lu trente pages avant de partir en Grèce, ai abandonné King pour Virginia Woolf et c'est uniquement parce que j'anticipais mon retour à Paris et le manque de temps que j'ai repris ma lecture pendant mes derniers jours libres. C'est donc sur une plage catalane que je me suis plongée dans les premiers chapitres d'un roman que je qualifierais finalement de très intéressant.

Salem's Lot (Jerusalem's Lot à l'origine) est une paisible petite ville américaine sans intérêt, où il ne se passe jamais rien. L'une des premières scènes marque la rencontre entre Ben Mears, écrivain de retour dans cette ville après de nombreuses années (et une tragédie personnelle), et Susan Norton, jeune femme un brin artiste désabusée par la vie à Salem's Lot.

Au début du roman, le lecteur apprend l'existence de Marsten House : située un peu hauteur, cette maison qui domine la ville est abandonnée depuis des années, depuis que son propriétaire s'est pendu après avoir abattu sa femme. Ben se souvient d'être entré dans la maison par défi lorsqu'il était enfant et pense avoir vu le cadavre grotesque de Hubbie Marsten le regarder, toujours suspendu à sa corde. C'est en partie pour exorciser ce mauvais souvenir que Mears est revenu écrire un roman inspiré de la maison en question. Bizarrement, alors qu'il envisageait de la louer, il apprend qu'elle vient d'être achetée par deux antiquaires souhaitant monter leur affaire à Salem.

Rapidement après l'arrivée de Mears, deux enfants se font attaquer dans la forêt alors qu'ils empruntaient à la nuit tombée un raccourci pour se rendre chez un camarade. Le plus petit a disparu tandis que le deuxième, choqué, décède peu de temps après.

Le roman emprunte ensuite les principaux codes du récit de vampire : un à un, puis de plus en plus rapidement, les victimes semblent souffrir d'anémie et décèdent, avant de se réveiller après le crépuscule. Ces vampires dépendent de leur maître, leur "père originel", dont je ne vous parlerai pas plus car il faut bien que vous découvriez vous-mêmes ce roman. Les armes sont on ne peut plus traditionnelles : aïl, croix, eau bénite, prières et bénédictions, "stake through the heart" et j'en passe !

Je ne voudrais pas dévoiler tous les ressorts d'un tel classique fantastique (au passage, c'est le deuxième roman publié par Stephen King après l'excellent Carrie). Le récit est dense, les personnages multiples et leurs histoires croisées tissent petit à petit une trame cohérente, assez classique. A vrai dire, le roman est assez long : on pourrait résumer très rapidement les principaux événements, mais il faut compter avec de nombreuses scènes intermédiaires qui permettent au lecteur de suivre le quotidien inintéressant puis de plus en plus étrange des habitants. Or c'est justement cela qui permet à King de mettre en place une atmosphère très particulière, assez lourde, dérangeante qui, lorsque la tension monte à son comble, finit par devenir assez effrayante. La première scène de vampire dans un cimetière est très angoissante d'ailleurs ! Salem's Lot est pour moi un roman réussi, très bien mené, qui tient le lecteur en haleine de bout en bout... ou presque, car les toutes dernières pages me paraissent à peu près aussi fascinantes que les premières. Si l'écriture n'est pas "esthétique", le style parvient à parfaitement retraduire l'état d'esprit des personnages et la menace qui plane sur eux (un style à mon avis parfaitement approprié au but que s'est fixé l'auteur, et en aucun cas maladroit). Un roman qui par ailleurs n'est pas inintéressant sur le plan sociologique, car King excelle lorsqu'il s'agit de décrire la classe moyenne américaine lambda.

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483 p

Stephen King, Salem's Lot, 1975

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