03/05/2009

Il était une fois, dans un petit village perdu sous la neige...

atalla_escale.jpgA Kingsey Falls (Québec), plusieurs destins se croisent dans une série de très courts chapitres qui façonnent peu à peu l’histoire du village. Chaque chapitre est comme une nouvelle dont le héros momentané est un habitant que l’on retrouvera parfois en découvrant l’histoire d’un de ses voisins.

 

Ce court roman serait presque une série de nouvelles liées les unes aux autres par l’intervention récurrente de certains personnages. L’idée est ingénieuse, d’autant plus que les personnalités qui se dégagent de ce texte sont souvent attachantes, entières, très humaines. On pense aussi à l'univers des contes, le ton n'est pas loin.

 

C’est un livre touchant qu’on prend beaucoup de plaisir à lire, d’autant plus que la plume de Nora Atalla est souvent charmante.  Malheureusement, malgré le concept séduisant, le récit assez simple perd en dynamisme après les premiers chapitres symboliques et pleins de grâce. Après quelques jours, je ne garde que de vagues souvenirs de la trame de l’histoire (en particulier pour les derniers chapitres), même si je suis séduite par les beaux personnages mis en scène avec beaucoup de sensibilité. Comme la petite Emma, qui écrit des cartes de Saint-Valentin à tous les villageois pour conjurer la mort de son frère ou encore Amélie, tirée de la solitude par l’arrivée inopinée d’un nourrisson sur le pas de sa porte. Un livre un peu trop vite oublié peut-être, mais un bien joli voyage !

 

Extrait tiré du premier texte – « Un cadeau dans la Neige » :

 

Des guirlandes de lumières multicolores brillantaient les façades des bâtisses, s’enroulaient autour des sapins, se suspendaient aux soffites des maisons. Nimbés d’une clarté féérique, des bonshommes de neige, des papas Noël, des rennes tirant des traîneaux trônaient sur les porches gelés. L’hiver avait recouvert de son blanc manteau la nature, les rues et les trottoires ; il avait givré les carreaux des fenêtres et s’étaient formés des glaçons le long des gouttières et des toitures. Les arbres ressemblaient à des yétis tibétains, des géants blêmes aux bras défeuillés et aux doigts crochus qui paraissaient vouloir se saisir de la vieille femme… vielle seulement dans son esprit. Elle se demanda si, du même coup, l’hivert n’avait pas givré le cœur des hommes. S’il n’avait pas semé des glaçons dans l’âme de… de sa… A quoi bon y penser ? (p11)

 

Première lecture pour la présélection du Prix des Cinq Continents.

 

115 p

 

Nora Atalla, Une escale à Kingsey Falls, 2008