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10/09/2014

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda

macdonald_double mort de linda.jpgCet été, j'ai profité d'un passage dans mon ancienne chambre d'adolescente pour farfouiller dans ma vieille bibliothèque à la recherche de titres que j'aimerais relire. J'ai jeté mon dévolu sur La Double Mort de Linda de Patricia MacDonald, lu et adoré au collège quand j'étais en plein dans ma période polars. J'enchaînais à l'époque les Mary Higgins Clarke, quelques Agatha Christie et Patricia MacDonald (je ne me souviens pas des quelques autres lectures qui ne m'ont pas trop marquée).

La Double Mort de Linda commence par la découverte d'un corps d'adolescente abandonné depuis longtemps dans une réserve naturelle. On ne trouve pas son identité et le cas est momentanément abandonné. Puis revient en ville Linda, la trentaine. Disparue depuis son adolescence, Linda est venue après avoir appris la mort de son père. Elle semble décidée à régler des comptes et à faire des révélations scandaleuses qui, on le comprend bien, affecteront la petite communauté. Linda vient aussi retrouver la fille qu'elle a fait adopter il y a des années de cela, bouleversant ainsi la vie des parents adoptifs, les Newhall, qui voient débarquer une mère prodigue alors que leur fille est en pleine crise d'adolescence. Mais Linda va se faire assassiner à peine revenue.

Cette relecture est une bonne surprise. Thriller à l'américaine de facture classique, il offre un bon moment de lecture et suffisamment de suspense pour en faire un page turner. De façon générale j'ai trouvé les personnages assez intéressants et globalement crédibles, malgré quelques dialogues un peu moins réussis que d'autres et une Linda qui, tout de même, est allée toute seule se jeter dans la gueule du loup. L'écriture est tout à fait correcte également. Bref, un polar honnête vraiment parfait pour se détendre ou se changer les idées dans les transports (où j'ai pour ma part du mal à me concentrer entre tous les arrêts, les bousculades, les gens qui racontent leur vie à leur portable). A noter un point qui m'a amusée : ce roman est très marqué par des notions de rôles hommes-femmes un peu datées (l'homme protecteur, le chef de famille...). C'est curieux de voir combien la perception du foyer et des rapports entre les genres peut évoluer en vingt ans. Toujours est-il que je suis tentée par l'idée de relire un des Mary Higgins Clarke que j'avais adorés adolescente (ceux des années 80, voire début des années 90).

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320 p

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda, 1994

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02/01/2012

Mystère victorien à Cloisterham

 dickens mystere drood.gifSi Le Mystère d'Edwin Drood ne compte pas parmi les romans de Dickens qui me tentaient le plus, j'ai souvent hésité à le lire afin de pouvoir enfin profiter des “drooderies”, variations diverses et variées sur le thème d'Edwin Drood, à commencer par le premier roman de Jean-Pierre Ohl (dont j'ai savouré avec un bonheur immense Les Maîtres de Glenmarkie à sa sortie), mais aussi L'Affaire D, repéré il y a quelques années et, plus récemment, Drood de Dan Simmons. J'espérais lire une ou plusieurs de ces suites au roman inachevé de Dickens pendant le mois anglais mais j'ai sans doute péché par excès d'optimisme à ce sujet. En revanche, j'ai enfin lu le fameux Mystère d'Edwin Drood qui a tant fait couler d'encre !

L'histoire débute à Cloisterham, petite ville tranquille en Angleterre : Edwin Drood, neveu bien-aimé de Jasper, vient rendre visite à son oncle et à la jolie Rosa Budd, orpheline. Tous deux sont fiancés depuis la naissance en raison des liens d'amitié qui unissaient leurs parents ; leur mariage s'approche et les deux jeunes promis ne cessent de se chamailler... cette union qui leur a toujours été présentée comme une évidence laisse peu de place aux sentiments et c'est le coeur plein de doutes que Rosa et Edwin semblent se résigner. A la même époque, le chanoine Crisparkle accueille chez lui le jeune Neville Landless (dont la soeur deviendra l'amie intime de Rosa au pensionnat). Ce jeune homme venu d'Inde, cet orphelin au tempérament violent s'éprend de Rosa et conçoit immédiatement des sentiments peu charitables envers Edwin, indigne de Rosa selon lui. Et il faut bien avouer qu'Edwin n'est guère attachant. Ce jeune citadin sûr de lui est assez agaçant et c'est avec un certain soulagement que j'ai appris sa disparition. Dès lors, la question est posée : Edwin Drood s'est-il absenté sans prévenir quiconque ? A-t-il été tué ? Et si oui, doit-on accuser le jeune Neville, comme semble le penser Jasper, oncle effondré ? Ou faut-il écouter l'instinct de Rosa qui, la première, commence à soupçonner Jasper, qui est amoureux d'elle et lui a toujours inspiré du dégoût ?

dickens_mystere drood2.jpgDickens étant décédé au milieu des livraisons prévues, nul ne saura jamais le fin mot de l'histoire ; pourtant les thèses ne manquent pas. Dans sa très intéressante biographie de Dickens, Jean-Pierre Ohl met notamment en avant une hypothèse intéressante : le coupable serait Jasper mais il serait atteint d'un dédoublement de la personnalité, d'où son comportement étrange, ses tirades inquiétantes et son addiction à l'opium. J'aime cette thèse faisant de Jasper un personnage plus inquiétant mais aussi plus humain, et ce plusieurs années avant la publication Dr Jekyll & Mr Hyde. Les arguments avancés par Ohl pour soutenir cette thèse me semblent intéressants ; il évoque notamment le fait que Dickens se soit vanté d'avoir trouvé une idée nouvelle (on écarterait alors par exemple le retour du héros, vivant finalement), son intérêt grandissant pour les personnages ambigus et doubles. J'ai repensé à divers passages qui m'avaient troublée à la lecture et avec cette thèse, les différents éléments du puzzle semblent se rassembler de manière plutôt satisfaisante. Ce serait en effet une issue originale, inédite à l'époque, alors que Dickens avait déjà largement usé des différents ressors du roman à sensation.

Je ne peux pas vraiment dire que cette lecture m'ait totalement enchantée en soi mais les questions qu'elle soulève et les pistes de lecture qu'elle m'apporte lui donnent un nouvel intérêt. Certains passages sont par ailleurs savoureux, de même que des personnages plus ou moins secondaires tels Durdles, tailleur de pierre qui passe des heures entières dans la crypte de la cathédrale, Mr Sapsea, imbécile se délectant de sa son génie ou encore Mr Grewgious, homme de loi au bon fond mais peu doué pour les relations humaines. On sent que Dickens s'est amusé à les créer et c'est pour le lecteur un vrai délice que de découvrir leurs petits travers décrits par la main du grand écrivain.

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Lecture commune autour de Dickens, partagée avec : CryssildaTitineKarineEliza, Perséphone.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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Charles Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood, 1870

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16/03/2011

Beware : highly addictive

jackson-jardin-derniers-plaisirs.jpgJe ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment exhumé des livres jusque-là cachés chez moi, mais j'ai subitement éprouvé une folle envie de lire un polar historique... et tant qu'à faire, un polar victorien (sans surprise pour ceux qui commencent à me connaître).

Mon choix s'est porté sur l'un des deux romans de Lee Jackson qui attendaient sagement leur tour sur mon étagère. Pour ceux qui n'étaient pas passés par ici à l'époque, j'avais été complètement transportée par cette série qui avaient su me faire passer d'excellents moments à Londres, au XIXe of course.

JACKSON-CHELSEA 01.jpgTroisième volet des enquêtes de Decimus Webb, Le Jardin des Derniers Plaisirs commence avec un banal fait divers : un homme s'amuse à couper les mèches de femmes dans les jardins de Cremorne, dont la réputation légère n'est pas pour plaire au quartier plutôt huppé de Chelsea. Tandis que Rose, fille de bonne famille, prépare son entrée dans le monde, que son père se rend à la City, que sa mère reçoit ses voisines au thé et que le révérend Featherstone milite pour l'éradication du vice, de nombreux fêtards londoniens se rendent chaque soir aux jardins afin de danser et d'assister aux diverses attractions. Mais bientôt a lieu un premier meurtre, lorsqu'une servante est retrouvée morte, brûlée vive dans la cuisine du révérend. George Nelson, tout juste sorti de prison, est bien évidemment soupçonné... si ce n'est que ses alibis semblent tenir la route.

JACKSON-CHELSEA 03.jpgJe ne sais pas si cette impression est due au fait que je n'ai pas lu de roman de Lee Jackson depuis deux ou trois ans, mais je me suis particulièrement régalée avec ce récit très bien mené : les différentes histoires s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir, les personnages ont tous quelque chose à se reprocher et le cadre est passionnant pour quelqu'un qui comme moi s'intéresse de près à l'époque victorienne. Certes, les enquêteurs ne sont pas particulièrement attachants, ni mis en avant, mais c'est un parti pris qui me sied tout à fait. Bref, je me régale avec Lee Jackson, et maintenant que j'ai lu celui-ci, je n'ai qu'une envie : boire une tasse de thé (et surveiller mes arrières) en ouvrant un autre livre de son cru !

Encore bravo aux éditions 10/18 pour les couvertures très réussies de cette série (je ne m'en lasse pas).

D'autres idées de lecture ? Régalez-vous avec : Les Secrets de Londres, et les deux premiers tomes de la série de l'inspecteur Decimus Webb, Le Cadavre du Métropolitain et Les Bienfaits de la Mort.

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314 p

Lee Jackson, Le Jardin des Derniers Plaisirs, 2006

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21/05/2010

Bienvenue dans mon humble demeure

christie_biscornue.jpgCette semaine, j’ai risqué ma peau. Tout ça pour vous, amis lecteurs, tout ça pour vous présenter La Maison biscornue de la bonne vieille tante Agatha. Pourquoi tante Agatha ? Parce que je ne regarderai plus jamais les livres d’Agatha Christie du même œil depuis que Mr Lou et moi nous sommes amusés à nous entretuer avec conviction pour un jeu appelé « l’héritage de tante Agathe », dont le but est de trucider les autres héritiers afin d’augmenter sa part du gâteau.

 

Revenons donc à notre braves petites vieilles prêtes à nous servir une tasse de thé au goût d’amande, même si, en l’occurrence, la jeunesse n’était cette fois-ci pas en reste si l’on considère l’originalité des mobiles éventuels, voire de la mise en pratique.

 

Exit Hercule Poirot, goodbye Miss Marple, l’inspecteur de ce roman est un certain Taverner, secondé par Charles, le narrateur fiancé à l’un des suspects, Sophia Leonides. Le grand-père de celle-ci vient d’être empoisonné dans la « maison biscornue » qu’il occupait avec toute sa famille : enfants, petits-enfants, deuxième femme bien plus jeune et belle-sœur, sans compter quelques domestiques dont un précepteur que l’on soupçonne d’avoir une liaison avec la nouvelle Madame Léonides.

 

Pour vous donc, je me suis infiltrée dans cette maison où, bien sûr, tout le monde semble avoir quelque chose à cacher. Pour vous j’ai failli boire un chocolat empoisonné et me faire assommer par un lion en pierre, et ce uniquement pour démasquer le coupable et vous laisser le champ libre et une lecture sereine (si ce n’est pas une belle preuve de solidarité entre livrophiles ça !).

 

Je n’avais pas remis les pieds dans l’univers vieillot d’Agatha Christie depuis le début du collège, époque où je m’étais prise de passion pour ses enquêtes pendant un été, le temps de lire quatre ou cinq de ses romans. C’est moins enthousiaste que je ressors de ce nouveau voyage, même si j’ai passé un moment agréable et qu’Agatha Christie me semble l’auteur parfait pour combler le vide des soirées d’hiver ou m’accompagner avec ma serviette de plage en été.

 

Je soupçonnais principalement le coupable dont j’ai commencé à me méfier assez rapidement, ce qui est assez nouveau pour moi qui me trompe systématiquement, malgré tous mes efforts (j’ai tendance à songer au plus innocent et aux plus désagréables, mais je me laisse souvent berner par les personnalités intermédiaires qui sont pourtant le plus souvent coupables). J’avais oublié que ces romans s’en tiennent uniquement à l’enquête et ne s’attardent pas au cadre ou aux personnages en dehors des moments où ils croisent le détective, ce qui m’a un peu manqué. Malgré tout, c’est un Cluedo sympathique : on passe un bon moment et je ressortirai plus vite que prévu de ma bibliothèque l’autre Christie qui m’attend depuis un ou deux ans.

 

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188 p


Agatha Christie, La Maison Biscornue, 1949

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