01/09/2009

Périple d'un bibliobus

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J'ai récemment découvert le nom de Jacques Poulin avec la sortie de L'Anglais n'est pas une langue magique (dans ma PAL), livre qui m'attirait par sa belle couverture et son titre mystérieux contenant le mot clef « anglais » - il provoque visiblement chez moi une sorte d'effet placebo. C'est donc avec plaisir que j'ai ouvert La Tournée d'Automne. Je m'imaginais ce livre plein de charme, bien écrit et surtout, j'attendais de nombreuses références littéraires et un certain art dans l'intertextualité ou la transmission de l'amour des livres. Ma lecture a été globalement agréable mais ce n'est certainement pas un coup de cœur, car ce roman ne répondait pas vraiment à mes attentes.

Dans ce livre, « le Chauffeur » d'un bibliobus s'apprête à faire sa dernière tournée au Québec. Peu avant son départ, il rencontre une troupe de musiciens et de saltimbanques et s'éprend de Marie, la maman poule du groupe. Tous deux se découvrent de nombreux points communs mais leur histoire reste très pudique et avance pas à pas, avec beaucoup de délicatesse et un certain charme suranné. Au cours de la tournée, le Chauffeur et la troupe qui s'est décidée à le suivre découvrent de nouvelles régions et de beaux paysages, où la nature est à l'honneur. A chaque arrêt, fidèles et nouveaux lecteurs font leur choix dans le bibliobus. Leur attitude et leurs choix toujours différents sont un hymne à la lecture, au partage des livres et à l'échange entre amoureux des livres. Ces passages m'ont d'ailleurs beaucoup plu.

feuille.jpgJe lirai au moins le livre de Jacques Poulin qui dort dans ma bibliothèque car j'ai trouvé ma lecture agréable et sans heurt; elle me délassait. J'aime les sujets abordés par l'auteur, en l'occurrence ici ce bibliobus qui revient régulièrement au même endroit et qui me fait penser que j'aurais adoré me lier d'amitié avec un chauffeur amoureux des livres qui serait venu dans ma petite ville à la bibliothèque minable quand j'étais enfant. C'est un roman plaisir que l'on peut savourer comme ces fameuses « lectures doudou » dont le terme bloguesque me semble ici assez approprié. Cependant, ce n'est pas un grand roman à mes yeux et je lui trouve de nombreux défauts : le ton parfois un peu naïf et des expressions plates comme « elle avait un mari très gentil » (p35), qui m'ont fait trouver le style un peu scolaire ; les références littéraires, citées à plusieurs reprises « par paquets », peu de livres émergeant finalement du lot (j'ai trouvé que La Reine des Lectrices, même s'il est assez léger, donne plus envie de lire les auteurs cités) ; enfin la trame du récit n'avait pas beaucoup d'importance en soi pour un hommage à la lecture mais, vu la place un peu superficielle qu'occupent les autres livres dans ce récit, elle aurait pu donner un regain d'intérêt au texte si elle avait été un peu plus dense. Au final ce roman m'a paru un brin ordinaire, même s'il me donne envie de chercher des photos des paysages québécois et peut-être de m'y rendre un jour (c'est déjà ça).

feuilles2.JPGBref, ce n'est pas une révélation pour moi, c'est même une lecture un peu mitigée, mais comme je le disais, j'ai pris suffisamment de plaisir à lire ce roman pour avoir encore envie de lire L'Anglais n'est pas une langue magique.

Un grand merci à Malice pour le prêt (et celui du livre de Gabrielle Roy que j'ai très envie de découvrir). Le lien pointe vers ses 7 billets sur Jacques Poulin.

D'autres avis : Lilly (dont l'avis est très proche du mien); Charlie Bobine (déçue), Laure (mitigée) ; et plus enthousiastes : Allie, Lily, Florinette, Cathe... et beaucoup d'autres à venir aujourd'hui avec la lecture du blogoclub.

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191 p

Jacques Poulin, La Tournée d'automne, 1993

 

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