14/04/2009

Papy fait de la résistance

Lavantderniere.jpgVous l'avez peut-être remarqué mais mon obsession pour Pride and Prejudice a pris de nouvelles proportions ces derniers jours. Ayant tout un tas de lectures assez urgentes devant moi, j'ai eu le malheur de commencer The Darcys and The Bingleys, et si je le pouvais, je passerais ma journée plongée dans les préparatifs du double mariage. Ajoutons à cela l'usage compulsif de DVDs (Lost in Austen revu cette semaine, de même que Pride and Prejudice BBC 1995 vu deux fois en deux semaines, sans parler des deux Bridget Jones), et me voilà totalement perdue entre Netherfield et Pemberley, avec quelques passages à Longbourne, mais pas trop – je préserve mes pauvres nerfs.

 

J'ai pourtant eu l'idée de glisser L'avant-dernière chance de Caroline Vermalle dans mon sac avant de prendre l'avion mercredi dernier. Bien m'en a pris !

 

Profitant de l'absence de sa fille, Georges, 83 ans, décide de faire en voiture le Tour de France avec son voisin Charles. Ce voyage de deux mois ne reste pas secret longtemps : la petite fille de Georges Adèle a décidé de refaire surface et l'appelle depuis Londres où elle travaille sur le tournage d'une adaptation d'Agatha Christie. Son coup de fil provoque un petit accident, obligeant Georges à mettre Adèle dans la confidence. Si la jeune femme accepte de ne rien divulguer à sa mère, c'est parce que son grand-père s'engage à lui envoyer chaque jour un sms pour lui dire où il se trouve et la rassurer. De cet accord tacite va naître une nouvelle relation entre Adèle, stagiaire non payée corvéable à souhait dans une maison lugubre de Brick Lane et Georges, qui malgré sa santé fragile revit en découvrant la Bretagne, en tombant amoureux et en enfilant excès gastronomiques et tournées de cidre.

 

Amis lecteurs, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ces deux adorables grands-pères, d'Adèle et de la vieille maison de Brick Lane qui a éveillé ma curiosité (est-elle inspirée d'un bâtiment se trouvant réellement dans le quartier ?). Ce roman assez court se lit d'une traite et pour cause : le voyage est simple et très agréable, les personnages attachants, tandis que l'histoire crédible alterne de drôles de situations et des scènes très touchantes – au point de me faire verser une petite larme à la fin, ce qui n'arrive pas souvent lorsque je lis ! Si les seniors vous font peur, si vous craignez l'invasion de maisons de retraite et de déambulateurs (eh oui le senior est un animal inquiétant avec lequel les auteurs ne sont pas toujours tendres), rassurez-vous : L'avant-dernière chance est un livre plein de vie, de rebondissements et d'énergie, tant et si bien que la fin du périple est douloureuse pour le lecteur – qui peut cela dit se reposer de toutes ces émotions et souffler après tant de palpitations littéraires. Une jolie leçon de vie, où l'on voit bien que la solitude et le désir de vivre pleinement n'ont pas d'âge.

 

Quant aux sms, ils égayent le voyage comme autant de cartes postales mais restent toujours en marge du récit, ayant leur utilité propre sans alourdir le roman ou prédominer sur l'histoire. A noter qu'ils sont systématiquement écrits en langage sms puis traduits en « bon français de France » (et d'ailleurs) pour les néophytes – je ne voyais pas l'intérêt en lisant mais je me dis que si je prête ce livre à mes parents par exemple, la traduction ne sera pas inutile.

 

Bref, un page-turner à l'écriture très fluide, aux interrogations humaines et pleines de tendresse ; en somme amis lecteurs, un livre que je vous recommande chaudement – parfait d'ailleurs pour accompagner vos valises à Pâques ou cet été, avec un texte rafraîchissant ET intéressant (ce qui n'est pas toujours facile à trouver).

 

 

 

Prix Nouvent Talent de la Fondation Bouygues Telecom – Metro 2009.

 

Merci à Caroline Vermalle, chez qui on trouve également un extrait du livre.

 

Autres avis, tous positifs : Lo, Saxaoul, Praline, Lune de Pluie, Chris89.

 

Et un lien vers mon billet sur 1-TOX, lauréat 2008.

 

246 p

 

Caroline Vermalle, L'avant-dernière chance, 2009