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07/06/2016

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice retold

austen_stadtlander_pride and prejudice.jpgJe n'étais pas du tout partie pour présenter ce petit livre lors du rendez-vous du Mois anglais consacré à Jane Austen mais, faute d'organisation, j'ai finalement choisi de le relire et de vous en parler enfin - car je l'avais découvert à sa sortie sans faire de billet.

Classics Unfolded est une petite collection assez étonnante à destination de la jeunesse. Le but est de présenter une oeuvre classique en quelques pages illustrées.

Le format est déjà original en lui-même : un étui à l'intérieur duquel se trouve un fascicule cartonné replié en éventail.

austen_stadtlander_pride and prejudice01.jpg

Photo Copyright MyLouBook

Le fascicule comprend quant à lui 16 pages. La première introduit les personnages principaux. La dernière comprend un résumé de l'histoire et de ses thématiques à lire en 30 secondes environ. Enfin, les autres pages reprennent les temps forts du roman à travers des scènes illustrées. Chaque scène est accompagnée d'un extrait du roman et d'une petite phrase résumant très succinctement l'évènement clef concerné.

austen_stadtlander_pride and prejudice02.jpg

Photo Copyright MyLouBook

Voilà une bien jolie collection. Ce Pride and Prejudice retold séduira forcément les janéites car c'est un bel objet. J'ai trouvé le principe inventif et l'idée bien exécutée, même si évidemment, pour résumer Pride and Prejudice en quelques dessins, on oublie beaucoup de personnages et moult scènes qui font la richesse du roman. L'ouvrage a le mérite d'introduire l'oeuvre et, il faut l'espérer, doit normalement donner envie de découvrir le texte d'origine. Ma petite lectrice en herbe a été très intriguée par le format en me voyant déplier cette feuille cartonnée. Il a fallu que nous regardions ensemble toutes les images et elle me demandait qui étaient les personnages... malgré son très jeune âge qui ne lui permet pas de retenir grand-chose de ce type de récit (même si elle a adoré s'essayer à prononcer quelques mots anglais et a apparemment retenu le nom "Bennet") je trouve cela plutôt encourageant.

A l'origine, j'avais découvert cette collection alors que je cherchais des adaptations d'Alice in Wonderland, mais finalement j'ai opté pour ce titre-ci. J'étais tentée également par The Secret Garden que j'avais adoré petite mais que j'ai complètement oublié. Je me demande tout de même quelle impression on peut avoir d'une oeuvre en la découvrant de cette façon. Est-ce suffisant pour inciter à la lire ? Ou est-ce plutôt un objet à collectionner qui séduira surtout les lecteurs déjà convaincus ? Pour un jeune public, il me semble que ce livre peut plutôt servir de support lors d'une lecture avec un proche qui pourra enrichir cette base avec ses souvenirs de l'oeuvre présentée.

Une jolie découverte en tout cas !

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austen

 

 

16 p

Jane Austen, Pride and Prejudice Retold in pictures by Becca Standtlander, 2015 

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austenJane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austen

08/06/2014

Jo Baker, Une Saison à Longbourn

baker_longbourn.jpgCeux qui suivent mon blog depuis quelques années connaissent mon engouement pour Jane Austen et, notamment, son roman Pride and Prejudice. J'ai savouré l'adaptation de la BBC et renoncé à apprécier celle de Joe Wright, me suis risquée à lire (ou à commencer à lire) quelques « sequels »*... pour conclure in fine que les austeneries n'étaient pas vraiment ma tasse de thé, même si certaines suites se laissent volontiers lire l'été à la plage lorsqu'on ne veut pas réquisitionner beaucoup de neurones. Pourtant, lorsque j'ai vu que les éditions Stock (dont j'apprécie beaucoup la collection La Cosmopolite et notamment, ses titres de Virginia Woolf) publiaient un roman inspiré de Pride and Prejudice qui avait reçu de belles critiques dans la presse anglo-saxonne, j'ai eu de suite envie de partir à la découverte de cette Saison à Longbourn.

Dans ce roman de Jo Baker, nous nous éloignons des salons des soeurs Bennet pour accompagner les domestiques de Longbourn. Ces personnages sont fantomatiques dans le roman d'Austen. Ils n'ont qu'une fonction utilitaire, on ne connaît pas leur nom hormis celui de Hill, scandé par Mrs Bennet à chaque fois que ses nerfs lui jouent des tours. Et il faut bien avouer que lorsqu'il est plongé dans Pride and Prejudice, le lecteur partage entièrement l'indifférence de Miss Austen à l'égard des domestiques, puisqu'ils sont presque absents du roman. Et pourtant, sans eux pour amener de l'eau aux filles Bennet, jeter les pots de chambre, retoucher leurs vêtements, les coiffer, cuisiner, le foyer des Bennet ne saurait exister. Ou du moins, il serait bien différent et l'histoire des soeurs en serait vraisemblablement affectée.

Jo Baker décide ainsi de s'intéresser à Mr et Mrs Hill, Sarah, la très jeune Polly (nommée ainsi car elle s'appelle en réalité Mary mais ne saurait usurper le prénom de l'un des membres de la famille) ainsi que James, le nouveau valet au passé suspect, curieusement engagé par Mr Bennet. Le lecteur mesure alors la difficulté de leurs tâches, les mains gercées, gelées, pleines d'ampoules selon qu'elles ont fait la lessive de la semaine, cherché un seau d'eau par temps froid ou utilisé trop longtemps le fer à friser des jeunes demoiselles. Quant aux Bennet auxquels nous nous sommes déjà attachés, nous ne pouvons nous empêcher de regretter leur manque d'intérêt pour leurs domestiques, malgré l'époque. Ainsi Lydia fait un commentaire peu flatteur sur Mr Hill en présence de Mrs Hill, comme si celle-ci n'avait pas d'oreilles, tandis qu'Elizabeth oublie complètement de se renseigner sur James lorsqu'il s'absente brusquement (elle s'étonne même d'entendre Sarah l'appeler « Mr Smith », comme s'il était un gentleman et non le valet).

Bien que le roman compte assez peu de dialogues entre maîtres et domestiques, Jo Baker prend beaucoup de libertés avec les personnages que l'on croit si bien connaître. Elle apporte ainsi un nouvel éclairage au roman d'origine, auquel on peut adhérer le temps de cette lecture. Mr Bennet a un passé plus compromettant que ne le laisseraient penser ses heures d'étude solitaire dans sa bibliothèque. Le portrait de Wickham est encore moins flatteur (on s'éloigne d'ailleurs de la vision aseptisée et plutôt flatteuse de l'armée dans les textes d'Austen). Elizabeth s'inquiète de partir seule à Pemberley, puis du déroulement de sa première grossesse.

Une Saison à Longbourn n'est pas seulement (comme je le croyais) le miroir de Pride and Prejudice, Jo Baker s'affranchissant de ce cadre. Darcy n'y a presque aucune importance et apparaît très tardivement. La dernière partie se déroule essentiellement loin de Longbourn. S'il me semble compliqué d'aborder Une Saison à Longbourn sans avoir lu Austen, c'est un roman « à part entière » que je me réjouis d'avoir lu.

Merci aux éditions Stock pour cette lecture !

Coralie l'a également lu dans le cadre du Mois Anglais.

Autour de Pride and Prejudice sur ce blog :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films et séries: Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004) ; Lost in Austen (2008).

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394 p

Jo Baker, Une Saison à Longbourn (Longbourn), 2013

* Je me suis bien amusée avec les très légers The Darcys and The Bingleys et Les Filles de Mr Darcy (ce dernier m'a plutôt fait ricaner doucement mais il a alimenté plusieurs conversations bien amusantes, j'en garde ainsi un bon souvenir que la relecture de mon billet a ravivé).

 mois anglais 2014_1.jpgBBC 2014small.jpgXIXe siecle 01.jpg

Jo Baker, Une Saison à Longbourn

baker_longbourn.jpgCeux qui suivent mon blog depuis quelques années connaissent mon engouement pour Jane Austen et, notamment, son roman Pride and Prejudice. J'ai savouré l'adaptation de la BBC et renoncé à apprécier celle de Joe Wright, me suis risquée à lire (ou à commencer à lire) quelques « sequels »*... pour conclure in fine que les austeneries n'étaient pas vraiment ma tasse de thé, même si certaines suites se laissent volontiers lire l'été à la plage lorsqu'on ne veut pas réquisitionner beaucoup de neurones. Pourtant, lorsque j'ai vu que les éditions Stock (dont j'apprécie beaucoup la collection La Cosmopolite et notamment, ses titres de Virginia Woolf) publiaient un roman inspiré de Pride and Prejudice qui avait reçu de belles critiques dans la presse anglo-saxonne, j'ai eu de suite envie de partir à la découverte de cette Saison à Longbourn.

Dans ce roman de Jo Baker, nous nous éloignons des salons des soeurs Bennet pour accompagner les domestiques de Longbourn. Ces personnages sont fantomatiques dans le roman d'Austen. Ils n'ont qu'une fonction utilitaire, on ne connaît pas leur nom hormis celui de Hill, scandé par Mrs Bennet à chaque fois que ses nerfs lui jouent des tours. Et il faut bien avouer que lorsqu'il est plongé dans Pride and Prejudice, le lecteur partage entièrement l'indifférence de Miss Austen à l'égard des domestiques, puisqu'ils sont presque absents du roman. Et pourtant, sans eux pour amener de l'eau aux filles Bennet, jeter les pots de chambre, retoucher leurs vêtements, les coiffer, cuisiner, le foyer des Bennet ne saurait exister. Ou du moins, il serait bien différent et l'histoire des soeurs en serait vraisemblablement affectée.

Jo Baker décide ainsi de s'intéresser à Mr et Mrs Hill, Sarah, la très jeune Polly (nommée ainsi car elle s'appelle en réalité Mary mais ne saurait usurper le prénom de l'un des membres de la famille) ainsi que James, le nouveau valet au passé suspect, curieusement engagé par Mr Bennet. Le lecteur mesure alors la difficulté de leurs tâches, les mains gercées, gelées, pleines d'ampoules selon qu'elles ont fait la lessive de la semaine, cherché un seau d'eau par temps froid ou utilisé trop longtemps le fer à friser des jeunes demoiselles. Quant aux Bennet auxquels nous nous sommes déjà attachés, nous ne pouvons nous empêcher de regretter leur manque d'intérêt pour leurs domestiques, malgré l'époque. Ainsi Lydia fait un commentaire peu flatteur sur Mr Hill en présence de Mrs Hill, comme si celle-ci n'avait pas d'oreilles, tandis qu'Elizabeth oublie complètement de se renseigner sur James lorsqu'il s'absente brusquement (elle s'étonne même d'entendre Sarah l'appeler « Mr Smith », comme s'il était un gentleman et non le valet).

Bien que le roman compte assez peu de dialogues entre maîtres et domestiques, Jo Baker prend beaucoup de libertés avec les personnages que l'on croit si bien connaître. Elle apporte ainsi un nouvel éclairage au roman d'origine, auquel on peut adhérer le temps de cette lecture. Mr Bennet a un passé plus compromettant que ne le laisseraient penser ses heures d'étude solitaire dans sa bibliothèque. Le portrait de Wickham est encore moins flatteur (on s'éloigne d'ailleurs de la vision aseptisée et plutôt flatteuse de l'armée dans les textes d'Austen). Elizabeth s'inquiète de partir seule à Pemberley, puis du déroulement de sa première grossesse.

Une Saison à Longbourn n'est pas seulement (comme je le croyais) le miroir de Pride and Prejudice, Jo Baker s'affranchissant de ce cadre. Darcy n'y a presque aucune importance et apparaît très tardivement. La dernière partie se déroule essentiellement loin de Longbourn. S'il me semble compliqué d'aborder Une Saison à Longbourn sans avoir lu Austen, c'est un roman « à part entière » que je me réjouis d'avoir lu.

Merci aux éditions Stock pour cette lecture !

Coralie l'a également lu dans le cadre du Mois Anglais.

Autour de Pride and Prejudice sur ce blog :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films et séries: Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004) ; Lost in Austen (2008).

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394 p

Jo Baker, Une Saison à Longbourn (Longbourn), 2013

* Je me suis bien amusée avec les très légers The Darcys and The Bingleys et Les Filles de Mr Darcy (ce dernier m'a plutôt fait ricaner doucement mais il a alimenté plusieurs conversations bien amusantes, j'en garde ainsi un bon souvenir que la relecture de mon billet a ravivé).

 mois anglais 2014_1.jpgBBC 2014small.jpgXIXe siecle 01.jpg

03/06/2013

Lost in Austen (2008)

film-lost in austen01.jpegIl y a trop longtemps que je n'avais pas parlé aussi de Jane Austen ou de films d'époque inspirés de son oeuvre. J'ai donc décidé de revoir Lost in Austen, découvert à sa sortie mais jamais chroniqué par ici. Ce qui me fait réaliser que certains films se prêtent assez mal aux retrouvailles, car cette série qui avait fait mon bonheur il y a quelques années (et que j'avais vue deux fois en peu de temps) m'a cette fois-ci laissé une impression plus mitigée.

film-lost in austen02.jpeg

[Contient des spoilers]

L'idée de départ est plutôt sympathique et faite pour plaire à toute janéite : Amanda Price vit à Hammersmith aujourd'hui, une vie assez caractéristique de la classe moyenne anglaise, et peu satisfaisante aux yeux de la jeune femme. Celle-ci regrette le manque de romantisme de son petit ami (qui la demande en mariage en rotant) et aspire à une vie moins terne, s'échappant ainsi dès qu'elle le peut dans Pride and Prejudice de Jane Austen – qui semble être sa seule lecture au passage. Elle apprécie l'art de courtiser, les manières qui caractérisent la période et soupire en pensant à Mr Darcy (qui lui évoque Colin Firth). Un soir, elle entend du bruit dans sa salle de bain et y trouve Elizabeth Bennet, qui dit avoir découvert un passage entre le grenier de sa maison et l'appartement d'Amanda. Celle-ci pénètre ainsi dans la maison des Bennet mais, manque de chance, ne parvient plus à revenir sur ses pas une fois entrée dans le monde d'Austen. A partir de là, c'est tout l'univers de Pride and Prejudice qui est menacé. Mr Bingley vient de s'installer à Netherfield Park, lui et Mr Darcy vont bientôt rencontrer les filles Darcy... mais rien ne va se passer comme prévu. Elizabeth n'est pas là, quant à Amanda, elle se distingue tellement des autres par son comportement qu'elle concentre toute l'attention sur elle : Mr Bingley ne s'intéresse pas à Jane mais à elle, plus tard Mr Collins lui fera aussi une demande en mariage... et ainsi de suite. Amanda cherchera à rétablir les relations entre les personnages pour ne pas détruire le roman, malheureusement, ce sera d'autant plus difficile qu'Elizabeth ne tient pas à revenir et qu'Amanda tombe bien entendu amoureuse de Darcy.

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Je gardais le souvenir d'une série amusante, fraîche et agréablement divertissante grâce à ses traits d'humour et aux nombreuses allusions à l'univers d'Austen et à l'adaptation de la BBC avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Lost in Austen prend toutefois un certain nombre de libertés par rapport au roman, modifiant l'histoire de Wickam par exemple, ou faisant de Caroline Bennet une disciple de Sapho.

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J'ai ainsi passé de nouveau un bon moment, ceci dit je suis peut-être un peu moins bon public car j'ai été davantage gênée par certains aspects de la série, qui tiennent essentiellement au personnage d'Amanda. Je l'ai trouvée vulgaire, trop en décalage avec le monde de Jane Austen pour quelqu'un qui passe sa vie à lire et relire Pride and Prejudice. Les passages où on l'entend penser sont souvent bien mièvres dès que son histoire avec Mr Darcy commence à évoluer (de façon chaotique et assez peu crédible). Peut-être qu'une Elizabeth Bennet des temps modernes m'aurait davantage convaincue mais finalement, c'est essentiellement le décalage d'Amanda avec l'époque qui la rend unique et attire les personnages masculins ; Amanda n'a en soi pas beaucoup d'intérêt. La trame elle-même est également tirée par les cheveux, comme le mariage de Jane avec Mr Collins, qui pourra prendre fin car il n'a pas été consommé, tandis que Charlotte Lucas décide de partir en Afrique ou que Lydia s'enfuit avec un Bingley dépressif.

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A ceux qui n'auraient pas encore vu cette série je la recommanderais à condition de ne pas en attendre davantage qu'une romance légère faite pour vous rappeler un roman merveilleux.

Un billet austenien pour le Mois anglais ! Cette série est inspirée de Pride and Prejudice ; quelques chroniques autour de ce roman, qui fête cette année ses 200 ans :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films : Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004).

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Lost in Austen (2008)

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13/07/2012

P.D. James, La Mort s'invite à Pemberley

pd james,la mort s'invite à pemberley,austen,jane austen,angleterre,angleterre xixe,roman anglais,polar anglais,polar historique,darcy,elizabeth bennet,orgueil et préjugés,pride and prejudice,pemberleyCes derniers temps, je suis régulièrement invitée chez les Darcy et, cela ne vous étonnera pas, j'en suis absolument ravie. Si mes errances livresques me conduisent en ce moment à Londres où je fais la connaissance des filles de Mr Darcy, j'ai d'abord mis un point d'honneur à m'arrêter à Pemberley pour résoudre un crime infâme. Ma chère Titine était du voyage et nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer les Miss Marple pour rétablir la vérité.

Mais de quel crime suis-je donc en train de parler ? Amis lecteurs, si vous découvrez en ce moment Pride and Prejudice de Jane Austen, sachez que le capitaine Denny n'est plus. Eh oui, lors d'une promenade ma foi fort agréable sous la pluie et le vent en compagnie du colonel Fitzwilliam, nous avons découvert le fringant militaire à terre, le visage ensanglanté. Denny avait rendu l'âme (ceux qui espéraient le voir déclarer sa flamme à Mary Bennet en seront donc pour leur compte).

Comme Darcy n'a jamais eu de chance à ce sujet, il fallait que le coupable tout désigné fut Wickam, ce beau-frère également persona non grata à Pemberley. Et parce que Darcy est un chic type (un homme grand et très anglais – dixit sa fille dans Les Filles de Mr Darcy, vous l'aurez donc compris c'est quelqu'un de bien), le voilà obligé de contribuer financièrement au bien-être de Wickam en prison, tandis que, fort heureusement pour lui et sa chère Elizabeth, Lydia Wickam est invitée à séjourner chez les Bingley (déjà un problème en moins). C'est aussi une menace qui pèse sur la respectabilité de la famille et, querelles ou pas, il n'est jamais très agréable de savoir son beau-frère en mauvaise posture dans un procès pour meurtre (surtout en Angleterre au début du XIXe).

Heureusement, grâce à nos capacités de déductions hors du commun, Titine et moi avons deviné bien vite que Wickam n'était pour rien dans ce vil assassinat. Que le comportement de Fitzwilliam, soudain pris d'une envie d'aller faire un tour dehors un soir de tempête, n'avait rien de normal. Qu'il se passait quelque chose de fort suspect dans la maison du bois. Et que le fantôme aperçu par deux domestiques dans la forêt cachait lui aussi quelque chose de louche.

Je ne vous dirai point comment nous avons résolu cette palpitante affaire, sachez seulement que, si l'envie vous prenait d'ouvrir La Mort s'invite à Pemberley, vous passeriez un charmant moment en compagnie de gentlemen fort respectables, dont la culpabilité serait écartée de suite par le magistrat en charge de l'affaire. Entre quelques tasses de thé et conversations viriles au coin du feu, vous auriez certes peu l'impression de découvrir un polar classique et plein d'hypothèses, mais le charme de Pemberley et de l'Angleterre de ce début de XIXe risquerait fort de vous séduire une fois de plus. Bien sûr on ne retrouve ni l'humour ni l'ironie de Jane Austen, et l'intrigue policière n'est sans doute pas ce qui intéressait P.D. James mais, sans être éblouissant, ce livre se classe parmi les suites honnêtes de Pride and Prejudice : pour ma part j'ai passé un très agréable moment, une tasse de thé à la main (du moins lorsque je le pouvais). Une lecture qui correspondait tout à fait à mon état d'esprit du moment !

Une balade austenienne pour laquelle je remercie les éditions Fayard... et puisque je ne parvenais plus à quitter les Darcy, j'ai commencé à lire Les Filles de Mr Darcy, dont je vous parlerai donc bientôt.

PS : Et si Mr Darcy avait quelque chose à se reprocher ?

Et sur ce blog, de Jane Austen :

Autour d'Orgueil et Préjugés :

Marsha Altman,The Darcys and the Bingleys (2009) - une autre suite au roman !

Lu dans le cadre du challenge austenien d'Alice

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393 p

P.D. James, La Mort s'invite à Pemberley, 2011

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25/06/2009

Au secours Miss Bennet !

pride and prejudice film 2005 affiche.jpg

J'ai décidé d'ajouter quelques impressions à mon billet sur Pride and Prejudice 2005 (17/03/09), ayant depuis revu la série de 1995 et relu le roman. Un poil ironique, toujours second degré et volontairement enflammée dans ma précédente chronique, j'ai fait partie des nombreux détracteurs de ce film (et suscité un débat qui amuserait sans doute Lizzie si elle était aussi réelle que l'affection follement débordante des janéites). Je laisse ci-dessous l'arme du crime avant de vous retrouver plus bas.

Billet d'origine (âmes sensibles s'abstenir) :

J'avais éte mise en garde par Fashion mais, étant un peu comme Saint Thomas, il me fallait le voir pour le croire. Veni, Vedi, Vinci (enfin j'ai des doutes sur ce dernier point) mais je préfère vous mettre en garde à mon tour: sans être très fleur bleue, il faut être follement téméraire pour consacrer 129 mn au film de Joe Wright Pride and Prejudice.

A sa décharge, je nourrissais déjà des soupçons à l'égard de ce film, que j'ai abordé avec des préjugés dont je n'ai pas réussi à me défaire :

1) une inquiétude certaine devant le nom du réalisateur : Atonement (Reviens-moi) m'a récemment fait pousser des soupirs exaspérés et râler à deux ou trois reprises quand l'histoire n'avançait pas ou dégoulinait de bons sentiments, comportement inédit chez moi, même devant Angélique Marquise des Anges – peut-être parce que j'avais dans les dix ans quand je l'ai vu.

2) un agacement persistant à la vue de Keira Knightley. Sa performance dans Atonement m'avait fait périr d'ennui et me l'avait rendue assez antipathique.

J'ai lu Pride and Prejudice il y a assez longtemps pour avoir oublié de nombreux détails. Ce n'est donc pas tellement l'adaptation que je trouve ratée, mais plutôt le film dans son ensemble.

Première épreuve : la famille Bennet. A force de vouloir faire ressentir le fossé qui sépare les Bennet de Bingley ou Darcy, Joe Wright se lance dans une parodie semble-t-il involontaire (le contraste entre le premier bal, très villageois, et le second, très guindé, en est un bon exemple). Les plus jeunes soeurs d'Elizabeth et sa mère sont terriblement vulgaires et stupides, gloussant comme des poules sentant le coq approcher. Les scènes à la ferme rendent souvent la famille plus ridicule encore, en particulier lorsque la mère sourit en voyant passer un cochon et ses testicules bien en vue.

Deux scènes avec la famille Bennet et j'éprouvais déjà le besoin de sortir baillons et fusils à pompe afin d'éviter la crise de nerfs – à la place Mister Lou et moi avons sorti le chocolat. A ce sujet, peut-être qu'un spectateur n'ayant pas vu les films délicats de la BBC ou ne s'intéressant pas aux moeurs du XIXe trouverait la scène irrésistiblement drôle. J'admets donc que je partais d'un mauvais pied.

pride and prejudice film 2005 08.jpg

Les costumes et les coiffures m'ont déconcertée (Fashion en avait parlé aussi) : Elizabeth est particulièrement négligée. A l'exception de quelques scènes, son chignon est rapidement fait et des mèches s'en échappent en désordre ou pire encore, ses cheveux sont lâchés, sans chapeau. Sa tenue est elle aussi relâchée. Darcy avec sa chemise au col ouvert est charmant mais très débraillé et, à force de vouloir faire à tout prix une scène à la Darcy en chemise mouillée, le personnage perd de sa crédibilité.

Beaucoup de petits détails ne s'accordent pas du tout avec l'idée que je me fais de l'époque, à l'exemple de ces regards osés en public, des échanges presque familiers entre inconnus ou encore des soeurs pouffant grossièrement dans les pires situations.

Mais le pire reste le casting catastrophique – à quelques rares exceptions près. Malheureusement pour cette pauvre Keira Knightley, j'ai revu Love Actually quelques jours avant de subir ce Pride and Prejudice. Charmantes dans une comédie romantique où son nombre de répliques et son temps passé à l'écran sont limités, les trois expressions faciales pride and prejudice film 2005 02.jpgde cette actrice ont un effet désastreux lorsqu'elle joue Elizabeth. Concentration, petit sourire mignon, grand sourire (malencontreusement souvent accompagné d'un rire bête), regard à peu près inchangé du début à la fin : les sentiments sont communiqués selon un code répétitif qui ne laisse passer aucune émotion. Il en va de même pour ce cher Darcy qui, s'il est mignon, m'a fait à peu près le même effet qu'un tas de choux de Bruxelles refroidis. Soyons honnêtes : je n'attendais déjà plus rien de lui après la première scène, où, pour paraître austère et torturé, il affiche un air morne indiquant l'ennui profond qu'il éprouve – et qu'il communique rapidement au spectateur.

J'ai apprécié quelques scènes (Bingley répétant sa demande en mariage notamment) mais, dans l'ensemble, j'ai trouvé ce film ennuyeux à mourir. J'ai beaucoup baillé, à part deux crises de fou rire lors de scènes ridiculement mièvres (dont Elizabeth sur une colline, regardant le vide, une musique épouvantable nous rappelant que oui ceci est un film romantique et que oui, elle est amoureuse). Souvent exaspérée, j'ai trouvé que ce film est un parfait exemple de mauvais goût, ne le trouvant ni drôle ni romantique. L'histoire d'Elizabeth et de Darcy pâtit du jeu des deux acteurs, l'humour propre aux comédies romantiques n'a pas eu d'effet sur moi. J'ai trouvé ce film beaucoup trop mielleux. Quant au rapport avec Jane Austen, il est plus que vague.

Au passage, les Golden Globe Awards prennent un sacré coup dans mon estime puisque je viens de découvrir que Keira Knightley avait été nominée pour sa performance (au secours !).

Ce film n'est pas abominable et je comprends qu'il plaise, mais je ne pense pas du tout faire partie du public visé, étant trop attachée à certains codes propres aux films et romans ayant lieu au XIXe.

Malheureusement pour moi, un journaliste du Guardian a écrit après avoir succombé au charme de l'actrice : « Only a snob, a curmudgeon, or someone with necrophiliac loyalty to the 1995 BBC version with Colin Firth and Jennifer Ehle could fail to enjoy her performance. » J'assume.

Je vous recommande l'avis d'Allie, à l'opposé du mien, avec un billet très complet.

 

So what ?

 

prideandprejudice 04.jpgAouch ! Si Lou sort parfois ses griffes, il lui arrive aussi d'écouter les arguments adverses (si si) et de revenir parfois sur sa position. Quand en plus Lamousmé menace Colin Firth et se sent incomprise par ses fidèles groupies, il ne reste plus qu'à accorder le bénéfice du doute à un film qui a lui aussi ses adeptes. C'est donc diablement téméraire et prête à distribuer tous les bons points du loubook à Joe Wright que j'ai revu cette semaine ce sublime film qu'est Pride and Prejudice, version 2005.

 

Générique. Lou avec une tasse de thé et un grand sourire presque confiant.

Film + 10 mn. Premier bâillement étouffé.

Film + 15 mn. Cinquième bâillement et activation de l'opération "touillage de thé et résistance à l'appel du terrible pc-sudoku-téléphone-télé-finalement je sors".

30 mn plus tard. Appel au secours de SuperIsil, à la rescousse depuis sa base top cammouflage, en pleine phase de documentation (le Roundup est nocif pour l'homme, pas plus d'un verre par jour mes amis, soyez attentifs).

et ainsi de suite.

 

pride and prejudice film 2005 06.jpgAlors non, je n'ai définitivement pas été conquise par le film de Joe Wright, même si je lui trouve quelques qualités. Joe Wright a un goût certain pour les plans purement esthétiques ou vaguement symboliques : Lizzie sur sa colline, Lizzie sur sa balançoire – deux plans que je trouve longs et sans intérêt, mais aussi de jolies scènes marquant des moments charnière, comme celle  des draps et rideaux qui suggèrent un Netherfield abandonné par Bingley.

Contrairement à la minisérie, cette adaptation prend beaucoup de libertés avec le pride and prejudice film 2005 03.jpgroman. La plupart des personnages secondaires ont un rôle réduit à une peau de chagrin (l'affaire Wickam, les exquises répliques de Mr Bennet), tandis que l'histoire d'amour est traitée avec fougue, à la Brontë comme l'ont dit d'autres avant moi. Par ailleurs, je ne retrouve pas l'évolution très graduelle des sentiments que l'on ressent bien dans la série, les scènes entre Darcy et Lizzie ayant ici à peu près toujours la même intensité et conduisant souvent au même échange de regards entre les personnages.

prideandprejudice 2005 01.jpgMes plus gros reproches tiennent d'abord à la réalisation, qui fait de ce film un ensemble très artistique, assez beau mais avec quelques longueurs qui ne me paraissent pas justifiées alors que tant d'excellentes réparties et de passages importants du roman sont sacrifiés. Enfin, je ne reviens pas sur mon avis concernant les acteurs. Matthew MacFayden m'a seulement convaincue à partir de la deuxième moitié du film, tandis que Keira Knightley me déplaît presque de bout en bout, hormis quelques très rares exceptions. Je continue à trouver les gloussements et énormes sourires pénibles et ridicules, d'autant plus qu'ils n'embellissent pas franchement l'actrice à mon avis (que je trouve pourtant jolie dans d'autres films, mais tout ça est bien sûr terriblement subjectif). Par ailleurs je n'aime pas sa façon de débiter ses phrases à toute allure, sur un ton égal ou énervé. Dernier détail : pourquoi la filmer tout le temps, en particulier lors de la déclaration de Darcy, où l'on voit beaucoup moins ce pauvre garçon que sa future moitié ?

Ce film ne pouvait pas me plaire, parce qu'il est trop mélodramatique et que l'amour est trop immédiat, le tout manquant de l'humour ou des nuances que je recherche dans ce type d'histoire. Sans compter qu'il s'agit plus d'une oeuvre cinématographique originale que d'une adaptation, ce qui se défend mais me dérange un peu, surtout lorsque cela concerne une oeuvre à laquelle je suis attachée.

Ceci dit, je dois reconnaître que malgré mon ennui, j'ai beaucoup apprécié des éléments ponctuels, que je citerai ici en toute bonne foi prideandprejudice2005 02.jpg(histoire de relancer le débat ?!) :

  • Plusieurs personnages, en particulier ceux de : Charlotte Lucas (vraiment parfaite dans ce rôle, je la préfère à la Charlotte de 1995 que j'apprécie pourtant), Bingley, Caroline Bingley, Mary Bennet (moins caricaturale et plus touchante que dans la version 1995 – et toujours séduite par l'option Collins), Mr Collins (que j'aurais épousé si Jane avait déjà rencontré Bingley, car non seulement il n'est pas horrible mais il est plutôt timide et touchant avec ses fleurs, bien que toujours ridicule), Mrs Bennet (presque un contre-sens par rapport au roman, mais elle offre une autre version du personnage, plus humaine, plus agréable, un choix que j'ai trouvé intéressant).

  • L'arrivée de Jane à Netherfield, ponctuée par un éternuement.

  • Le désordre et l'anarchie qui règnent dans la bibliothèque de Mr Bennet ou lors des repas, donnant un peu plus d'animation aux scènes d'intérieur ; les jolis décors qui vont avec.

  • L'entrée des officiers dans le village.

  • Mr Collins se grattant la gorge dans le dos de Mr Darcy, au moment de se présenter.

  • Les fidèles endormis à l'église lors de l'intervention (dominicale ?) de Mr Collins.

  • Le passage où Darcy dépose la lettre dans la pièce où se trouve Lizzie. Oui, Joe Wright prend encore des libertés mais c'est une belle scène, qui à mon sens ne nuit pas au déroulement de l'histoire.

  • La préparation de la demande en mariage de Bingley et la demande elle-même, drôle, agréablement filmée et très touchante.

 

That's all folks ! Une chose est sûre : 1995 ou 2005, Jane Austen n'est pas prête d'être oubliée !

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Pride and Prejudice, Joe Wright, 2005

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22/06/2009

From this day you must be a stranger to one of your parents

P&P cover.jpgVoilà une chronique que je repousse depuis des mois (ce n'est pas une mince affaire !) mais, après avoir l'avoir vue trois fois cette année, je me suis enfin décidée à vous parler de l'adaptation de Pride and Prejudice par la BBC en 1995.

Cette mini-série a peut-être un peu vieilli, tout comme Emma filmé l'année suivante pour ITV ; mais, si les couleurs sont certainement plusP&p darcy 01.jpg ternes que celles du film de 2005, si les plans purement esthétiques sont absents et que cette série n'offrirait sans doute qu'un moment de divertissement aux cinéphiles non-janéites, c'est de loin mon adaptation austenienne favorite. Il s'agit d'une adaptation extrêmement fidèle à l'esprit du livre ; et même plus encore, hormis quelques détails, c'est pour moi une transcription parfaite à l'écran d'un roman riche auquel il est très difficile de rendre justice (comme le dit très bien Isil, c'est presque une « mise en images » du livre). Mais soyons fous, amis austeniens, et revenons sur l'excellent casting de cette série désormais culte.

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C'est un couple incontournable du petit écran et du monde austenien. Sans eux, impossible d'imaginer la série. Sans lui, difficile d'envisager Darcy. Et pour cause, Jennifer Ehle et Colin Firth incarnent à la perfection Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy, dont les échanges de regard pourraient faire à eux seuls l'intérêt de la série.
lizzy_bennet_pride_prejudice_bbc_400.jpgOn reproche parfois à Jennifer Ehle de ne pas être assez jolie pour le rôle. Mais si elle est selon les rumeurs rapportées par Miss Bingley une « local beauty », sa beauté ne frappe pas d'emblée Mr Darcy, qui ne prend conscience de ses attraits que graduellement. Pour moi, le charme de cette Elizabeth aux sourires en coin et aux yeux pétillants fait tout son intérêt. Pleine de fraîcheur, elle joue avec une large palette d'expressions qui lui permet de rendre avec beaucoup de subtilité les émotions éprouvées par le personnage.
Colin Firth est un bon acteur mais c'est pour moi ce rôle qui lui a permis de montrer toute l'ampleur de son talent.P&p darcy in london.jpg Peut-être plus encore qu'Ehle, parce qu'il incarne un personnage pour le moins réservé, Firth est impressionnant tant il parvient à exprimer des sentiments très divers tout en restant immobile et froid, avec une expression quasiment inchangée. Imperceptible mouvement de sourcil, regard ardent l'espace d'une seconde, naissance d'un sourire presque invisible sur un visage qui tente de rester impassible : ces infimes variations rendent ce Mr Darcy extrêmement convaincant. A côté, le couple choisi par Joe Wright me paraît fade ; il me semble en tout cas que le jeu des deux autres acteurs est peu nuancé et donc paradoxalement plus monotone (je dis paradoxalement car je les trouve beaucoup plus démonstratifs).

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Mr Bingley fait partie de mes personnages préférés, avec sa coiffure aussi amusante que son air perpétuellement ahuri. Dans le making of, l'acteur raconte que le réalisateur passait son temps à lui demander de sourire, tandis qu'il avait déjà l'impression de ne faire que ça. Ses quelques mouvements de sourcils en période de crise (impolitesses de Darcy ou de Mrs Bennet notamment, sans parler de l'excellente scène où Kitty demande à sa mère : «why do you keep winking at me ? ») me le rendent particulièrement sympathique. L'actrice de Jane Bennet est pour moi un choix assez surprenant. Je lui trouve un air un peu bovin, même si le but est sans doute d'exprimer la douceur et le caractère réservé de ce personnage généreux...

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P&p mrs bennet.jpgTrès mal assorti dans le livre, le couple Bennet est assez crédible à l'écran. Mrs Bennet est parfois irritante avec son goût immodéré pour les cris suraigus frisant l'ultrason mais elle est plutôt amusante la plupart du temps.

Quant à Mr Bennet, Benjamin Whitrow est pour moi son meilleur interprète si on le compare à celui du film deP&P mr bennet.jpg Joe Wright (pour moi un peu trop croulant tout de même, même si habituellement j'aime bien l'acteur) ou de Lost in Austen. Voilà un Mr Bennet plein d'humour qui donne à ses répliques ironiques beaucoup de naturel, les glissant avec un air bonhomme très approprié. Le ton choisi pour dire à Elizabeth « Read on » lorsqu'elle découvre la lettre de son oncle suite à la fuite de Lydia est un bon exemple de la performance de Whitrow dans ce rôle.

 

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Tout comme Jane, Caroline Bingley n'a pas été épargnée par le coiffeur de l'équipe, avec les immondes boucles très frisées qui encadrent son visage. Mis à part ce détail physique, l'actrice joue à merveille les langues de vipère. Les Hurst sont assez transparents, mais j'ajouterais, de même que dans le roman. J'avoue un petit faible pour les scènes d'ivrognerie en compagnie de Mr Hurst.

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mrcollins.JPGMr Collins est répugnant mais rend tout à fait le caractère fourbe, obséquieux et profondément stupide du personnage. Ceci dit, dans le making of, l'acteur s'exprime à peu près de la même manière. Et là, c'est vraiment flippant.

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Physiquement, les deux De Bourgh me semblent bien choisies. L'amusante, l'effrayante Lady Catherine est à mon avis infiniment supérieurecatherine de bourgh.jpg à l'actrice d'habitude excellente qui a été choisie pour la version de Joe Wright. Il me semble qu'elle parvient à créer un personnage à part, dans l'excès et la caricature, apportant une touche assez personnelle à ce rôle de femme de pouvoir nombriliste et désagréable. La musique qui accompagne les visites de cette grande dame est génialement appropriée : pompeuse, de mauvais augure, elle ajoute une dimension ironique à ces scènes. Delightful !

 

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Wickam est moins séduisant que dans Lost in Austen ou le film de 2005. Son jeu n'est pas passionnant mais il faut dire que je trouve le personnage un peu falot de manière générale (tout comme Willoughby, le jeune premier de Sense and Sensibility). Quant au colonel Fitzwilliam, je suis étonnée qu'aucune janéite ne le cite parmi les meilleurs partis austeniens.

 

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les darcy.jpgLe reste du casting est globalement aussi bien choisi, si on pardonne à Mr Gardiner le sourire figé qui ne le quitte presque jamais et si on oublie la légère tendance de Lydia à ouvrir la bouche trop longtemps, à rester les bras ballants ou à réagir trop vite dans certaines scènes. En général je lui trouve une spontanéité et une fraîcheur d'ailleurs vaguement copiées par la version de 2005. Il me semble aussigeorgiana 2.jpg que l'accent mis sur l'intérêt de Mary pour Mr Collins est un parti pris intéressant, servi par des regards et des échanges discrets, souvent au second plan de scènes importantes (comme la danse d'Elizabeth et de Mr Darcy). Petite question: ne trouvez-vous pas un petit air de ressemblance entre les portraits de Jane Austen et Mrs Gardiner ?

 

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Outre le casting, pourquoi cette P&P lake.jpgversion me plaît-elle autant ? Le scénario d'abord, suivant donc de près le roman, avec quelques scènes ajoutées qui ne me paraissent pas incohérentes (Lydia en tenue légère ou encore le fameux plongeon de Mr Darcy dans l'étang), à l'exception de deux regards à mon avis trop appuyés d'Elizabeth à Mr Darcy (lorsqu'elle est près de Georgiana au pianoforte et le moment où elle se retourne nettement dans la voiture qu'elle partage avec les Gardiner en quittant Pemberley ; ces deux scènes durent un peu trop longtemps).

P&p fin.jpgDe même, la façon de mettre en scène les différences sociales entre les Bennet, les Lucas, les Collins et leurs plus riches voisins sans pour autant trop exagérer.  Par exemple avec le choix de robes à imprimés pour les soeurs Bennet et de plumes et de soie pour les soeurs de Bingley. Les nuances entre les familles les plus proches sont  aussi assez bien vues (les De Bourgh ou les soeurs Bingley font étalage de leur fortune dans les vêtements ou la décoration, tandis que Bingley et peut-être plus encore Darcy sont beaucoup plus raffinés et discrets).

Les costumes sont pour certains moins chatoyants queP&P05.jpg dans d'autres adaptations, mais ils sont très soignés et changent souvent (dans le film de 2005, malgré les très beaux tissus, les superbes robes de Caroline et les habits colorés de la plupart des acteurs, la garde-robe vraiment terne de Keira Knightley me fait penser que la pauvre n'a vraiment pas été gâtée).

 

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Sans tourner au mélodrame, avec pudeur et une certaine dose d'humour, cette série est à mes yeux un exemple d'adaptation de roman très difficilement égalable. Il faut dire que le format long se prête parfaitement à la restitution fidèle du roman ; ce n'était certes pas suffisant pour exceller, mais cet aspect pratique joue certainement en faveur de la série. Sa découverte a été pour moi un coup de foudre. Je la connais maintenant sur le bout des doigts ou presque et j'ai un attachement tout particulier pour cet univers dans lequel j'éprouve un immense plaisir à me plonger. Peut-être cette adaptation a-t-elle quelques défauts... mais c'est  encore et toujours celle avec laquelle je préfère m'évader. Le coeur a ses raisons...

lake district england.jpgLe roman de Jane Austen ; l'adaptation par Joe Wright en 2005. A ce sujet, je vais revenir sur mon billet sur ce film car si je n'ai pas aimé, j'aimerais profiter de la relecture du roman et de la redécouverte de la version 1995 pour en reparler. J'avais vraiment détesté mais n'ayant parlé que des aspects négatifs la première fois, j'ai envie de revenir sur des qualités auxquelles j'ai repensé depuis, à force de débattre et de voir l'autre version.

La version Bollywood de 2004, les Bridget Jones inspirés librement de Pride and Prejudice et Becoming Jane, fausse biopic très influencée par Pride and Prejudice.

 

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Pride and Prejudice, Simon Langton, 1995 (minisérie en 6 épisodes de la BBC)