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13/09/2017

Richard Brautigan, L'Avortement

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L'été dernier (2016), j'ai lu pour la première fois un roman de David Foenkinos avec grand plaisir, Le Mystère Henri Pick. Le choix du titre évocateur et le sujet m'avaient interpelée et, à une période où je passais mes journées et mes nuits à calmer un bébé aux capacités vocales insoupçonnées, ce livre est devenu un compagnon de route hautement apprécié. Dans ce roman, il est fait allusion à L'Avortement de Richard Brautigan, dans lequel figure une bibliothèque des manuscrits étonnante. Alors, lorsque ma route a croisé celle du roman de Brautigan, je me suis réjouie à l'idée de passer de nouveau un excellent moment.
Malheureusement, si je ne veux pas m'avancer en disant que l'élève a dépassé le maître, l'élève a certainement réussi à m'emporter bien plus facilement.

Dans L'Avortement, le narrateur est bibliothécaire dans un lieu bien spécial : les auteurs qui viennent déposent directement leur manuscrit, qui n'a jamais été publié. Tout est accepté, quels que soient la forme et le sujet, sans limite d'âge pour les auteurs non plus. Le bibliothécaire doit mettre les nouveaux arrivants à l'aise, enregistrer le titre et le nom de chaque livre et inviter l'auteur à placer le nouveau manuscrit où il le souhaite.

Puis entre en scène une jeune femme superbe mais bien gauche, car elle ne sait que faire de toute cette beauté. Elle devient la compagne du bibliothécaire et ne part plus, jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est enceinte. Alors le couple fait appel au seul collègue du narrateur, chargé de l'approvisionner régulièrement et de récupérer son lot de manuscrits de temps en temps pour les stocker ailleurs. Grâce à lui, le couple part au Mexique pour un avortement clandestin.

Malheureusement, je suis passée complètement à côté de ce roman. Je ne doute pas de ses qualités mais nous évoluons tous deux dans des dimensions parallèles (peut-être pas si parallèles que ça d'ailleurs). La première partie centrée sur la bibliothèque m'a plutôt amusée. Le narrateur est lui aussi un personnage décalé, peut-être un peu bizarre - sans aucun doute un critère indispensable pour le poste. En revanche, j'ai trouvé la deuxième partie consacrée au personnage féminin et à l'avortement d'une lourdeur indescriptible. Oui, on a bien compris que Vita est magnifique et que les hommes tombent, ont des accidents à cause d'elle, mais une fois le sujet abordé j'ai trouvé assez pénible de voir le procédé se répéter presque à chaque fois qu'un personnage masculin passe dans les parages. On oublie la bibliothèque dans cette deuxième partie, or c'est pour moi ce qui faisait tout l'intérêt du roman. J'ai bien compris la volonté de l'auteur de produire un texte décalé, avec des commentaires pour le moins inattendus. Néanmoins, la magie n'a pas opéré et j'ai eu du mal à terminer ce livre pourtant devenu un incontournable pour beaucoup.

208 p

Richard Brautigan, L'Avortement, 1973

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21/09/2016

Anita Diamant, The Boston Girl

diamant_boston girl.jpgC'est avec ce roman offert par Mr Lou (qui se doutait bien que je n'aurais rien contre un souvenir de la librairie des presses de Harvard) que je poursuis mes lectures américaines du moment.

Née au début du XXe à Boston, la narratrice est issue d'une famille d'immigrés juifs pauvres, dont les débuts aux Etats-Unis ont été marqués par la perte de leurs deux garçons. Des trois filles restantes, Betty, l'aînée, a quitté la maison et s'en tient à distance à cause de Mameh, une mère pour le moins acariâtre ; Celia est plus fragile, elle s'efface devant ses parents et ne parvient pas à s'épanouir ; Addie est la troisième de la fratrie et la narratrice du récit. Dans ce "coming of age novel", nous accompagnons Addie de la fin de l'adolescence à l'âge adulte et voyons comment elle parvient à s'émanciper de son environnement sinistre. C'est aussi pour le lecteur une traversée de l'Histoire, puisque l'on suit Addie à des périodes marquées par les guerres ou encore le krach boursier.

Ce livre aurait pu être un coup de coeur et je l'ai lu avec grand plaisir, avalant les courts chapitres rapidement - dès que je le refermais à la fin d'un chapitre, j'étais tentée de le rouvrir pour parcourir quelques pages de plus. Ce roman a cependant ses failles, ce qui n'en fait au final qu'une lecture très agréable ; il lui aurait fallu un peu plus de consistance pour en faire le coup de coeur espéré.

- L'ambiance est agréablement rendue : l'institution / foyer de jeunes femmes qui permet à Addie de faire des rencontres marquantes et de s'élever dans la société ; les vacances à Rockport Lodge, accueillant certaines d'entre elles ; Boston, ses rues, ses lieux de sortie, son dynamisme contrastant avec la crasse et la misère sociale des quartiers immigrés... Néanmoins on passe à côté des évènements majeurs de l'Histoire, et lorsqu'ils affectent certains personnages, leur évocation reste assez superficielle. A ce titre, la comparaison n'a pas été flatteuse entre le cas de "shell shock" (traumatisme des vétérans) de ce roman et celui évoqué par Anna Hope dans le superbe roman Wake dont je ne vous ai pas encore parlé.

- On suit le parcours d'Addie, ses efforts pour s'instruire, son expérience dans la presse... puis elle rencontre l'homme de sa vie et dès lors, c'est le néant. On ne s'intéresse plus qu'à sa famille pendant les derniers chapitres. Addie devient une femme au foyer (ce qui peut être étonnant malgré l'époque, car Addie fait preuve de beaucoup d'audace pour faire ses propres choix lorsqu'elle est plus jeune). Elle finit par écrire un livre, mais à vrai dire, cette partie de l'histoire ne semble plus trop intéresser Anita Diamant.

- Certains personnages sont caricaturaux ou insuffisamment exploités. Je pense en particulier à la mère d'Addie, qui passe sa vie à critiquer, faire des récriminations et à manifester beaucoup d'aigreur et d'hostilité envers le pays qui l'a accueillie et envers sa famille. J'ai trouvé le personnage insupportable et soupiré de soulagement quand elle s'est décidée à faire un malaise lors d'une fête familiale. Pourtant, traité avec plus de subtilité, le personnage aurait pu être intéressant : Mameh refuse de parler anglais, elle est venue à contrecoeur aux Etats-Unis, a perdu un enfant lors de la traversée et le suivant à Boston. Elle est complètement dépassée dans ce nouveau monde trop moderne et éloigné de ses origines. Il y avait là matière à étoffer un peu ce personnage et à le rendre plus ambigu et moins antipathique. 

- La structure un peu maladroite : le prologue indique qu'Addie s'adresse à sa petite fille, qui s'apprête à l'enregistrer. On a du mal à vraiment y croire, l'histoire est trop bien organisée pour que la vieille femme ait pu spontanément raconter sa vie. Le style simple évoquant le caractère oral du récit ne suffit pas à masquer la superficialité du procédé. On aurait pu largement se passer du prologue et des quelques références à l'auditrice supposée.

Malgré ces bémols qui peuvent paraître nombreux, je réitère : j'ai lu ce roman avec avidité et passé un très bon moment. Le fond historique était intéressant, malheureusement pas autant qu'il aurait pu l'être mais suffisamment pour donner un peu de matière à l'histoire somme toute classique d'une jeune immigrée pauvre qui fait son petit bout de chemin dans la société. Si comme moi vous aimez les romans où les personnages féminins prennent leur envol, dans un cadre historique de préférence, ne boudez pas votre plaisir !

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320 p

Anita Diamant, The Boston Girl, 2014

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08/09/2016

Willa Cather, Le pont d'Alexander

Cather-pont Alexander.jpgC'est ici une relecture d'un roman que j'avais lu pour un précédent Mois américain sans réussir à le chroniquer. En le feuilletant, je me suis aperçue que j'en gardais un souvenir trop vague pour partager avec vous cette jolie découverte. Je l'ai donc ouvert une deuxième fois.

Publié en 1912, Le Pont d'Alexander est le premier roman de Willa Cather, lauréate du Pulitzer en 1923. 

Bartley Alexander est un ingénieur à l'apogée de sa carrière. Ayant conçu des ponts défiant toujours plus les lois de la physique, il a rapidement gravi les échelons de la société. Heureux en mariage, confortablement installé dans une belle maison à Boston, Bartley est le symbole même de la réussite à l'américaine. Néanmoins, dès les premières pages, on pressent sa chute à venir. De fait, son ancien professeur et ami Wilson lui dit: Bartley, je vous l'assure, je n'ai jamais douté de vos capacités. Et cependant, j'avais autrefois le sentiment qu'il y avait en vous une faiblesse qui se révérait dans un moment de crise (p17).

Rapidement, lors d'un voyage d'affaires à Londres, Bartley va retrouver par hasard son amour de jeunesse, Hilda Burgoyne, rencontrée à Paris. Hilda a réussi sa carrière d'actrice, elle est désormais promise à un bel avenir mais n'a pas oublié Bartley, malgré les nombreux prétendants qui l'entourent. Dès lors, Bartley sera divisé entre Boston et Londres, entre la stabilité et le soutien que lui apporte son épouse et l'ardeur de la jeunesse que lui rappelle sa maîtresse. En parallèle, il rencontre des soucis sur un chantier, celui du plus grand pont jamais construit, exécuté avec des moyens insuffisants selon Bartley, qui est bien conscient d'être ici un pionnier en testant certaines limites techniques.

Roman court alternant les chapitres américains et anglais, fait d'ellipses et de sauts dans le temps, Le Pont d'Alexander repose une narration efficace qui conduit inexorablement le personnage principal à sa perte. Ses faiblesses, ses tourments sont décrits de telle sorte qu'il est loin d'être antipathique au lecteur, pas plus que Hilda, alors même que Mrs Alexander est touchante elle aussi. Un récit également poétique, qui porte l'empreinte des soirées brumeuses et des couchers de soleil sur la ville (objets de descriptions courtes mais élégantes).

C'était l'une de ces rares après-midi durant lesquelles toute l'épaisseur, toute la pénombre de Londres se transmutent en une atmosphère particulière, lumineuse, palpitante. Alors les fumées se font nuées d'or, voiles nacrés de rose et d'ambre; la pierre grise et lugubre, la brique sale et terne frémissent dans un halo vermeil et tous les toits, tous les clochers et la coupole immense de Saint-Paul émergent d'une brume cuivrée. En ces moments si rares, la plus laide des villes se pare de la plus grande poésie , les mois d'humidité s'oublient en un instant miraculeux (p 97).

Un classique qui mériterait d'être davantage connu.

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141 p

Willa Cather, Le Pont d'Alexander, 1912

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27/09/2015

Challenges en cours et à venir

Ces derniers temps, je n'ai pas été particulièrement assidue sur ce blog... j'aimerais être beaucoup plus présente mais cela m'a malheureusement été impossible récemment. J'espère que les mois à venir me permettront de revenir de nouveau fréquemment ici et chez vous.

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Je comptais ainsi participer au Mois Américain de Titine en Septembre mais n'ai pas réussi à rédiger le moindre billet, malgré plusieurs lectures intéressantes. Voici le billet récapitulatif de ce beau challenge ; n'hésitez pas à y aller pour piocher des idées de lecture et découvrir les articles des participants et de Titine, dont le blog arbore en ce mois-ci des couleurs très américaines. Il vous reste encore quelques jours pour participer !

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En octobre, l'inénarrable Challenge Halloween revient... encore ! Voilà six ans que ma complice Hilde et moi-même vous retrouvons chaque année en cette saison pour cuisiner des citrouilles, se faire peur, lire de bons romans, s'organiser des soirées ciné à thème, des read-a-thon, des défis et des petits concours... Nous avons hâte que le challenge recommence mais nous sommes déjà un peu dans l'ambiance car le groupe facebook est déjà très actif grâce à vous! Nous avons déjà évoqué plusieurs propositions de lectures communes, par auteur, par thème (Classique, Stephen King, livre sur Halloween, sur différentes créatures de la nuit...). Cette année, nous prévoyons également plusieurs billets en commun avec le Challenge Je Lis Aussi des Albums organisé par Sophie Hérisson. Vous pouvez encore vous inscrire sur nos blogs ou sur la page facebook du challenge. Bienvenue cette année pour une randonnée hantée !

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Cette année, Eimelle du blog Lecture Spectacle vous propose également un voyage en Italie en octobre. Je serai déjà bien occupée pour ma part avec la co-organisation du challenge Halloween et toutes les LC prévues, mais j'espère bien me rattraper avec le challenge Il Viaggio qui a lieu tout au long de l'année, et ainsi partager quelques photos prises ce mois-ci et lors de précédents séjours dans ce magnifique pays. 

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En décembre, après une première édition en 2010, Cryssilda ressort son kilt pour fêter l'Ecosse avec le Mois Kiltissime. Plusieurs lectures communes sont déjà envisagées : John Burnside, Robert Louis Stevenson, Walter Scott, Ian Rankin, Peter May. Evidemment, ce n'est qu'un début et le programme risque de sérieusement s'allonger ! Vous pouvez vous inscrire chez Cryssilda et vous rendre sur la page facebook de ce challenge qu'on est très contents de voir revenir cinq ans après ! Parmi les récents billets de Cryssilda, quelques Ecossais, histoire de vous mettre déjà dans l'ambiance...

Je vous souhaite à toutes et à tous un très bel automne ainsi que de nombreux petits moments en tête-à-tête avec un bon roman, dans un salon cosy, idéal en cette saison !

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17/09/2014

Christopher Morley, The Haunted Bookshop

morley_The-Haunted-Bookshop-300dpi.jpgThe Haunted Bookshop fait partie de ces livres qui, dans ma bibliothèque, sont ornés d'innombrables rubans multicolores, placés au fil de la lecture pour marquer un extrait intéressant, une belle phrase ou des références (littéraires, historiques, artistiques...). C'est un livre que je ne manquerai pas de feuilleter à la recherche de passages particuliers, même si je ressors un peu déçue de ma lecture.

The Haunted Bookshop a attiré mon attention dans une belle librairie de Cambridge, alors que je cherchais un refuge contre le froid et me réjouissais d'avoir trouvé un excellent prétexte pour revenir dans cet endroit. Ce roman a tout pour émoustiller les amoureux des livres. Imaginez donc à New York, dans un vieux bâtiment, une librairie d'occasion hantée par les fantômes de la grande littérature et un libraire persuadé de pouvoir soigner les troubles de l'âme en prescrivant les lectures adéquates - tout en ne proposant que des bons livres ("we sell no fakes or trashes" (p 14).

Je me suis régalée avec les cent premières pages, partageant le quotidien du libraire et de ses employés, m'amusant des discours sur les mérites de la lecture, notant divers titres (dont certains m'étaient tout à fait inconnus) et parcourant avec bonheur les rayons de ce lieu merveilleux, presque improbable. Même si je ne fume pas j'ai trouvé terriblement exotique cette invitation à fumer à condition de ne pas faire tomber de cendres, sachant que pour trouver le libraire il convient simplement de chercher l'endroit où la fumée est la plus dense.

Malheureusement, j'ai trouvé que la deuxième partie du livre n'était pas du tout à la hauteur de la première. Un jeune homme ambitieux, courageux (mais un peu lisse) tombe amoureux de la stagiaire tout juste embauchée par le libraire et patatra, le roman bascule dans la romance, en y ajoutant une bonne dose d'espionnage, de mystère et d'action, dans un contexte d'après-guerre (14-18). On perd complètement l'aspect littéraire pour frôler le roman à suspense tout juste divertissant. J'ai bien noté que les aventures de notre valeureux chevalier se voulaient pleines d'humour mais je me suis fermement ennuyée, désespérant de retrouver l'atmosphère cosy de la librairie et des appartements attenants... sans succès.

Je ne regrette pas ma lecture pour les 100 premières pages que je ne manquerai pas de parcourir de nouveau à la recherche de références mais j'en attendais tellement plus... ! Un livre qui ne tient pas vraiment ses promesses.

233 p

Christopher Morley, The Haunted Bookshop, 1919

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06/09/2014

Joyce Carol Oates, Le Mystérieux Mr Kidder

oates_mysterieux mr kidder.jpgEncore un roman de Joyce Carol Oates pour le moins dérangeant ! Sur les traces de Lolita, Le Mystérieux Mr Kidder met en scène Katya, jeune babysitter qui se laisse embarquer dans une relation dangereuse avec un homme âgé. Elégant, riche, influent, artiste, Mr Kidder aborde l'adolescente alors qu'elle promène les enfants dont elle s'occupe et observe des dessous dans une boutique chic. Ses bonnes manières et son origine sociale rassurent Katya qui accepte de se rendre chez Mr Kidder pour prendre le thé.

Les remarques du vieil homme si poli sont parfois déplacées et créent une ambiance malsaine, amorcée par son premier cadeau : des dessous très affriolants. Leur relation se construit autour d'un équilibre fragile et complexe. Malgré le dégoût qu'il peut légitimement inspirer au lecteur, le vieux Mr Kidder intrigue et campe un séducteur crédible. Quant à Katya, avide d'attentions et de respect, attirée par l'odeur de l'argent, innocente et naïve à d'autres égards, elle pense pouvoir tirer profit de son vieil admirateur. Elle est tour à tour fascinée et écoeurée par ce personnage étrange, répugnant sous des dehors raffinés.

Difficile d'abandonner ce court roman qui se construit autour d'un conte et dont la fin m'a surprise. Curieusement, une partie de mon plaisir de lecture est venu du cadre du récit, Bayhead Harbour, station balnéaire de luxe où les quartiers modernes des parvenus près des canaux peinent à rivaliser avec les demeures prestigieuses des vieux quartiers.

Les avis de Kathel et Mango.

D'autres idées de lecture autour de Joyce Carol Oates :

Merci aux Editions Points pour cette lecture.

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210 p

Joyce Carol Oates, Le Mystérieux Mr Kidder, 2009

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03/09/2014

Harold et Maude, film et roman

higgins_harold et maude.jpgJe n'avais jamais entendu parler de Harold et Maude jusqu'à ce que mon oncle me recommande le film, très drôle et plein d'humour noir (en revanche la pièce sortie peu après à Paris ne m'a pas spécialement tentée). J'ai donc noté le titre dans un coin de ma tête, jusqu'à ce que je tombe par hasard sur un roman du même intitulé à la médiathèque. Ni une, ni deux, j'ai donc emprunté roman et film pour enfin me faire ma propre idée sur ce qui est apparemment un classique américain des années 1970.

Colin Higgins ouvre son roman Harold et Maude avec une citation de Lewis Carroll qui tout de suite donne le ton (décalé) de ce qui va suivre : Je trouve extrêmement vexant, déclara Humpty Dumpty, après un long silence, et sans regarder Alice, oui, extrêmement vexant de s'entendre traiter d'oeuf.

Autant le dire tout de suite à ceux qui connaissent un peu mes goûts et qui eux aussi apprécient l'humour noir absurde, ce roman est en la matière un vrai régal.

higgins_harold maude.jpegHarold est un jeune homme de bonne famille qui vit avec sa mère dans une grande propriété. Alors que sa mère enchaîne sorties mondaines, les rendez-vous chez le coiffeur et autres, Harold soigne son oisiveté en organisant son suicide. Car il en est maintenant à son quinzième suicide approximativement : pendaison, balle dans le crâne, noyade dans la piscine, immolation, toutes les méthodes y passent... devant la plus profonde indifférence de sa mère qui, après les premiers épisodes, a compris que son fils orchestrait soigneusement ses mises en scène sans jamais avoir la moindre intention de mettre fin à ses jours. Ainsi, devant son fils qui se balance mollement au bout de sa corde, la langue pendante, elle se contente de lui demander de faire quelques efforts dans la mesure où des invités sont attendus le soir même. Mais les journées de Harold vont être bousculées par plusieurs événements : lui qui aimait se suicider, assister à des enterrements d'inconnus, voir des démolitions d'immeubles ou des voitures broyées, va être sommé par sa mère de mettre un terme à ses enfantillages et de se marier. Il rencontrera ainsi trois candidates après que sa mère ait rempli pour lui le formulaire de l'agence matrimoniale. C'est sans compter sur Maude, bientôt octogénaire, autre adepte des enterrements. Cette vieille dame va se lier d'amitié avec lui et lui faire partager son quotidien rocambolesque, entre vols de voiture, excès de vitesse, infusions de paille et autres découvertes. Maude, pour qui la vie est en soi une philosophie à part entière, va-t-elle tirer Harold de sa léthargie ?

Une histoire d'amour pour le moins inhabituelle, qui par certains côtés m'a rappelé Le Cher Disparu d'Evelyn Waugh. Beaucoup d'humour, des personnages tous plus étonnants les uns que les autres, mais aussi touchants... et une jolie leçon de vie. Un roman qui se lit tout seul, à savourer lorsque vous avez envie de vous changer un peu les idées.

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155 p

Colin Higgins, Harold et Maude, 1971

*****

film_harold_and_maude.gifLe film est très proche du roman... et pour cause, Higgins a écrit le scénario du film, rédigé le roman ainsi que la pièce de théâtre du même titre !

Dans un sens, il est préférable de ne pas forcément lire le roman et voir le film juste après (comme je l'ai fait) pour pouvoir profiter de l'effet de surprise car je m'attendais à la plupart des scènes. Et pour ceux qui hésiteraient à lire le roman, il me paraît judicieux de commencer par le film qui donne une excellente idée de l'esprit du récit.

Le choix des acteurs est réussi même si je pensais au début que Bud Cort est un peu jeune pour le rôle. En réalité, il incarne à la perfection Harold en retraduisant bien son côté déphasé, amorphe mais aussi malicieux et cynique ! Maude est pétillante, comme il se doit.

La mère est aussi très convaincante et certaines scènes sont excellentes, comme celle où elle décide de se détendre dans leur piscine, met sa petite musique, commence à nager la brasse puis voit à ses côtés le corps de son fils flotter dans l'eau... avant de le dépasser et de faire une nouvelle longueur en passant près de lui sans lui prêter attention. J'ai trouvé malgré tout que le roman retraduisait encore mieux son côté un brin hystérique. Par exemple lorsqu'elle fait les questions et les réponses pour l'agence matrimoniale, je la voyais plus caricaturale. A l'inverse, une autre excellente scène n'apparaît pas dans le roman : Harold a fait un pantin lui ressemblant et, alors qu'il est dans une anti-chambre, il voit sa mère entrer dans sa chambre, s'asseoir devant le pantin et monologuer comme d'habitude sans remarquer la supercherie, pour conclure en lui disant qu'il est tout de même un peu pâle, puis s'en aller.

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Le film est servi par une BO de Cat Stevens très sympathique, qui prend le contrepied des scènes d'enterrement ou de suicide avec des chansons très joyeuses.

Il faisait gris, il faisait froid quand j'ai rencontré ces drôles de personnages... c'était le moment idéal pour découvrir Harold et Maude !

Je vous invite également à consulter l'article wikipedia, qui développe plus longuement les thèmes évoquées, l'accueil du film et de la pièce à l'époque, son influence ensuite.

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Harold et Maude, un film de Hal Ashby, 1971

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01/09/2014

Le Mois américain commence !

Après une petite semaine de vacances je compte continuer à voyager littérairement grâce au Mois Américain organisé pour la 2e fois par Titine. J'ai lu assez peu d'auteurs américains ces dernières années et c'est avec plaisir que je les retrouve pour fêter la nouvelle édition du Festival América !

Quelques billets sont déjà prévus !

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Bonnes lectures à tous !