20/02/2010
Je veux le miel et le vin...
Voilà un livre devant lequel j'ai beaucoup tourné, avancé, reculé et hésité en librairie, malgré les avis plutôt favorables de la blogosphère. Au mois de janvier, prise d'une subite envie de romanesque, je me suis enfin jetée à l'eau et bien m'en a pris - je suis certaine que parmi ses lecteurs, beaucoup seront de mon avis !
Durant toute la période de la Révolution, Miel et Vin suit le parcours de Judith et de Charles, voués à se rencontrer, se perdre pour se retrouver à nouveau. Tous deux ont été élevés par des nobles de province, bien qu'elle ne soit qu'une enfant retrouvée et lui un bâtard seulement devenu héritier suite à l'accident de cheval de son demi-frère. L'une a eu une enfance dorée, l'autre a fait l'objet de superstitions idiotes et a été maltraité en conséquence.
Si tous deux sont attirés dès le premier regard, ce n'est pas ensemble qu'ils construisent leur vie. Plein de rancoeur, Charles fera partie des fanatiques de la Révolution, tandis que Judith épousera un noble bordelais libéral partisan d'une monarchie constitutionnelle. Du Périgord, les amants maudits montent par des chemins détournés à Paris où, après l'effervescence joyeuse des premiers jours de la Révolution, la Terreur s'impose progressivement.
Si ce roman m'a conquise, c'est avant tout pour ses qualités romanesques. Voilà un vrai roman, fourni, dense, construit autour d'une histoire aux multiples rebonds et aux personnages bouillonnants. En ce sens, il va à contre-courant de cette tendance française aux romans épurés qui ne rassasient pas toujours la lectrice que je suis (d'où mon goût pour les romans du XIXe et les auteurs anglo-saxons).
L'histoire elle-même m'a plu pour son cadre historique, les inventions de l'oncle loufoque, la librairie incroyable du village, les brèves rencontres avec Camille Desmoulin et Olympe de Gouges, les descriptions pleines de fièvre et la légère aura de fantastique qui plane autour de l'introduction.
Curieusement, l'histoire de Charles et de Judith n'est pas ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman. Malgré l'intérêt et le parcours de ces deux personnages, leur histoire empreinte de fatalisme est un peu trop romantique à mon goût (les événements les séparent, mais peu importe, ils sont faits pour être ensemble et ne peuvent lutter contre l'autre dès qu'ils se retrouvent). J'aurais aimé que certains personnages soient davantage présents, comme le mari de Judith ou sa soeur, qui disparait brutalement du récit (heureusement, on découvre à la fin ce qu'elle est devenue, ce qui m'a évité quelques nuits blanches). Enfin, ce roman aurait à mon avis pu être élagué d'une centaine de pages, car je lui ai trouvé quelques longueurs. Cependant ces réserves ne sont que de petits bémols par rapport au grand plaisir que m'a procuré cette lecture, qui s'est avérée une très belle surprise. La preuve : j'ai terminé la lecture de ce roman il y a un mois et il est encore très présent à mon esprit, bien plus que d'autres lectures faites en même temps.
J'attends de pied ferme le prochain roman !
Quelques avis (mais ils sont nombreux, n'hésitez pas à me laisser votre lien dans les commentaires) : Malice, Fashion, Kathel, Keisha

542 p
Myriam Chirousse, Miel et Vin, 2009
13:21 Publié dans Littérature française et francophone | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : myriam chirousse, miel et vin, révolution française, roman français






































