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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

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01/06/2016

Mary Hooper, Velvet

hooper_velvet.jpgC'est avec un bon petit roman néo-victorien que je vais inaugurer mes chroniques de ce Mois anglais, cuvée 2016 ! J'avais prévu d'en parler plus tôt et de présenter un autre roman à la place mais finalement, quoi de mieux qu'un de mes genres favoris pour débuter notre traditionnel périple du mois de juin?

Londres, début du XXe (une association d'emblée prometteuse). Velvet a perdu sa mère et laissé son père détesté se noyer un soir où il la pourchassait. Elle travaille dans une blanchisserie, un métier très éprouvant physiquement, jusqu'au jour où une cliente lui propose une place chez elle. Elle va ainsi s'installer au domicile de Madame Savoya, medium très réputée intervenant dans des démonstrations publiques et recevant chez elle des personnes fortunées, en groupe ou lors de séances privées.

Velvet va ainsi découvrir le monde du spiritisme en devant la dame de compagnie de la jeune et belle Madame Savoya et, petit à petit, elle va intervenir auprès de la clientèle. La jeune fille est conquise par son nouvel environnement : par le charme de Madame Savoya, ses tenues raffinées et le sérieux avec lequel elle traite son don de spirite ; mais aussi en raison de l'autre assistant, le séduisant George, qu'elle ne semble pas non plus laisser indifférente.

Néanmoins, avec le temps qui passe, Velvet va commencer à remettre en question le sérieux des grands spirites de l'époque... jusqu'à douter de Madame Savoya elle-même.

Porté par des héros aux personnalités affirmées, ce roman jeunesse est un vrai régal pour qui s'intéresse à la thématique du spiritisme en Angleterre à l'époque où celui-ci était particulièrement en vogue. [Spoilers à la suite] Mary Hooper est partie de sa propre expérience des cercles spirites et, n'ayant jamais été convaincue du résultat, elle a choisi ici de mettre particulièrement en avant les anarques des mediums, les trucages employés et les moyens utilisés pour soutirer de grosses sommes à des clients en deuil. Mary Hooper s'est ainsi beaucoup documentée et conclut : l'information capitale fut sans doute que tous les médiums de l'époque ont été accusés d'escroquerie, à l'exception d'un seul (p317-318) [Fin des spoilers].

Si le spiritisme est le principal sujet, une autre thématique est abordée à travers le sort des enfants de filles mères, confiés à des nourrices coupables de négligences, voire de maltraitance ou de meurtres. Dans les notes à la fin de l'ouvrage, on signale une loi de 1864 stipulant que la responsabilité des enfants illégitimes incombait à la mère seule. Les réformes ont été lentes car les législateurs ne souhaitaient pas violer cette idéal victorien que représentait la sanctification de la famille (p 320).

Velvet est un roman passionnant que j'ai dévoré - impossible de me coucher avant d'avoir tourné la dernière page. Outre les personnages bien campés, les rebondissements de l'histoire de Velvet et l'ambiance générale très réussie, ce livre présente un vif intérêt sur le plan historique en retraduisant habilement l'époque. Mary Hooper s'est appuyée sur des recherches solides - dont elle nous fait part à la fin - et est parvenue à distiller avec à-propos tout au long du roman les informations obtenues. Un grand plaisir de lecture !

Merci encore Titine pour ce beau cadeau ! 

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienneLu dans le cadre de la Lecture commune du Mois anglais et du Blogoclub de Lecture ayant pour thème " Londres". Et c'est également une nouvelle participation au challenge British Mysteries.

325 p

Mary Hooper, Velvet, 2011

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victoriennemary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienne

13/04/2016

RAT A Week Spring Edition #1 - du 8 au 24 avril

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Chroniques Littéraires nous a contacté un nouveau Read-a-thon pour le printemps. Jusqu'ici ses marathons de lecture me faisaient bien envie mais faute de temps j'avais renoncé à y participer, même si l'envie ne m'en manquait pas ! Ce mois d'avril me laisse un peu plus de temps que d'habitude, ne serait-ce qu'avec des week-ends cocooning en vue. J'ai donc décidé de me lancer pour cette Spring Edition et me réjouis de rejoindre les blogueurs déjà embarqués dans ce challenge littéraire.

Les règles du marathon sont assez flexibles pour permettre à chacun de participer selon ses propres contraintes, en se rajoutant des défis personnels sur mesure. Tout est expliqué là.

J'ai décidé de participer aux 4 semaines du challenge, qui court du 3 avril au 1er mai minuit, mais comme je ne sais pas quelle partie de mon avant-dernière lecture j'ai lu avant ou après le 3, je compte mes participations à partir du 8 avril seulement.

Mes objectifs, dans la catégorie "Gazouillis" (fidèle à la thématique du printemps) :

- lire au moins 1000 pages (normalement l'objectif est à la semaine mais comme je travaille ça me semblait ambitieux ; je vais tout de même essayer de revoir à la hausse le nombre de pages de la dernière semaine et contribuer plus "activement" au read-a-thon à ce moment)

. lire au moins deux livres dans ma PAL depuis plus de 6 mois

Pour le reste, en ce moment je pioche allègrement dans ma PAL ou mes acquisitions plus récentes avec grand plaisir. Une lecture en entraîne une autre, parfois une logique relie deux lectures, à d'autres moments je me soumets à mes sautes d'humeur. Je ne souhaite donc pas me donner plus de contraintes et préfère plutôt poursuivre mon challenge au gré de mes envies.

Voici donc mon bilan du RAT A Week Spring Edition :

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Offert par mon amie Titine, Velvet aura été dévoré en deux jours, soit 325 p.

Bilan au Samedi 16 avril

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Pour cette 2e semaine de marathon, j'avance à petits pas, avec la lecture de Chambre Noire d'Anna-Marie Garat fini hier soir, soit 265 p. Une semaine où je n'ai pas souvent profité de mes soirées pour avancer mes lectures, m'étant consacrée à un autre projet autour de photos. J'ai ainsi lu 110 pages hier mais passé plusieurs journées sans lire grand-chose. Cette lecture me permet de découvrir un roman dans ma PAL depuis plus de 6 mois, et de remplir ainsi à moitié mon défi annexe.

En photo, les lectures que j'envisage, parmi lesquelles Sortie parc, Gare d'Ueno tout juste commencé, et quatre livres qui viennent de rejoindre ma PAL ! A force de lire des avis positifs sur Annie Ernaux je suis assez tentée par son dernier titre, même si je penche aussi dangereusement du côté de Virginia et Vita, un livre qui me tente depuis sa sortie en grand format et qui fait écho à ma récente visite de Sissinghurst.

Cet après-midi, je devrais profiter d'un peu de temps libre pour rédiger un billet sur une de mes dernières lectures mais je vais d'abord me plonger dans l'un de ces titres...

Bon week-end à tous !

Dimanche 17 avril 

Bilan de samedi : 79 p de Mémoire de fille

Je reprends ma lecture ce soir ! 

... Au final, 108 p lues ce week-end.

Semaine du 18 avril au 24 avril

Lundi 18 avril

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J'ai terminé Mémoire de Fille, soit au total 151 p. Une incursion intéressante dans l'univers d'Annie Ernaux. Je vais certainement lire Les Années d'ici peu.

Je m'apprête à enchaîner sur une autre lecture française (que m'arrive-t-il ces derniers jours ?) avec Virginia et Vita.

Et grâce à ma dernière lecture, j'arrive enfin à rattraper mon retard sur le challenge Goodreads (j'avais toujours 1 ou 2 titres de retard).

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Bonnes lectures à vous tous en ce début de semaine !

Mardi 19 avril

J'avance doucement sur Virginia et Vita. 61 p lues en tout pour l'instant, mais un petit regain d'intérêt dans la soirée. J'espère être enfin emportée demain !

Mercredi 20 avril

Entre le petit déjeuner, le déjeuner et en soirée avant de sombrer et de m'endormir sur le canapé (ma lecture n'y était pour rien je vous rassure), j'ai lu 91 p supplémentaires de Virginia et Vita. J'avais lu des commentaires critiques par rapport à ce roman et surtout son développement mais finalement, pour moi, c'est un peu l'impression inverse qui ressort pour l'instant. Sans doute parce que j'ai eu beaucoup de mal à adhérer aux premiers chapitres. Voyons si j'avance aussi bien demain !

Jeudi 21 avril

Petite journée avec seulement 34 pages lues (toujours le même livre) mais j'ai bon espoir de terminer ce livre demain et de finir le RAT en beauté car j'aurai beaucoup plus de temps la semaine prochaine.

Vendredi 22 avril

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J'ai lu les 44 dernières pages de Virginia et Vita, soit en tout 230 p. J'envisage maintenant de commencer la biographie de Virginia par Alexandra Lemasson (depuis longtemps dans ma PAL) et de piocher dans l'un des romans ou recueils de nouvelles de cet écrivain. Je n'ai pas lu Virginia Woolf depuis un petit moment et le livre de Christine Orban m'a donné envie de la retrouver.

Bilan du week-end

Samedi 23 avril

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Finalement, j'ai commencé trois livres en parallèle samedi. La biographie de Virginia Woolf par Alexandra Lemasson (25 p), un petit livre léger sur Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II (35 p) et un nouveau roman sorti de ma PAL de prêts, Le Séducteur de Richard Mason (20 p). Soit au total 80 p lues samedi.

Des lectures accompagnées de nombreuses tasses de thé, de mugs de choix, avec ici celui de Virginia Woolf, qui malheureusement commence à s'abîmer après plusieurs années et moult utilisations.

Dimanche 24 avril

Journée tranquille en famille, qui m'a laissé assez peu de temps pour le RAT. J'ai finalement lu 25 p supplémentaires du livre Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II ainsi que 31 p du Séducteur de Richard Mason.

Au total cette semaine, si je m'y retrouve bien : 

- Mémoire de Jeune Fille d'Annie Ernaux : 43 p

- Virginia et Vita de Christine Orban : 230 p

- Virginia Woolf par Alexandra Lemasson : 25 p

- Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II : 60 p

- Le Séducteur de Richard Mason : 51 p

Soit 409 pages, ce qui n'est pas si mal dans la mesure où je n'étais pas en vacances et n'ai pu lire qu'à certains moments de la journée.

Je poursuis le RAT la semaine prochaine avec un nouveau billet ! 

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Les billets de suivi des participantes : Chroniques LittérairesMargotteL'or rouge, Elora, Même les sorcières lisent, Hilde (n'hésitez pas à me faire signe s'il y a des oublis - je pense que oui...)

Merci à Chroniques Littéraires pour l'organisation de ce Read-a-thon de saison !