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04/10/2017

Civiello, Humphrey Dumbar Le Croquemitaine

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Humphrey Dumbar est un croquemitaine qui, chaque nuit, quitte son pays peuplé d'êtres fantastiques pour hanter Londres et terroriser les enfants. En particulier ceux de l'orphelinat de Miss Doloby. Jusqu'au jour où un petit garçon décide de se venger et, se cachant dans le chaudron porté par Humphrey, accompagne secrètement ce dernier jusqu'à chez lui. Une aventure pour le moins risquée !

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Une BD jeunesse à l'histoire sympathique, plutôt simple et en ce sens plus adaptée à un public de (pré-)adolescents qu'à des lecteurs plus âgés qui pourraient trouver la trame un peu simpliste. Le schéma narratif rappelle celui de l'univers des contes.

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Cette bande-dessinée est surtout servie par de belles illustrations. Angleterre victorienne, vilain croquemitaine, autres légendes et petites citrouilles sont joliment affreusement croqués. 

Sans être un coup de coeur, c'est un album agréable et adapté à la saison que je vous recommande de découvrir s'il croise votre chemin. A moins que vous n'ayez peur de retrouver Humphrey à la nuit tombée...

Lu pour le Rendez-Vous BD du mercredi du Challenge Halloween 2017

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30 p

Civiello, Humphrey Dumbar Le Croquemitaine, 2008

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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

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01/06/2016

Mary Hooper, Velvet

hooper_velvet.jpgC'est avec un bon petit roman néo-victorien que je vais inaugurer mes chroniques de ce Mois anglais, cuvée 2016 ! J'avais prévu d'en parler plus tôt et de présenter un autre roman à la place mais finalement, quoi de mieux qu'un de mes genres favoris pour débuter notre traditionnel périple du mois de juin?

Londres, début du XXe (une association d'emblée prometteuse). Velvet a perdu sa mère et laissé son père détesté se noyer un soir où il la pourchassait. Elle travaille dans une blanchisserie, un métier très éprouvant physiquement, jusqu'au jour où une cliente lui propose une place chez elle. Elle va ainsi s'installer au domicile de Madame Savoya, medium très réputée intervenant dans des démonstrations publiques et recevant chez elle des personnes fortunées, en groupe ou lors de séances privées.

Velvet va ainsi découvrir le monde du spiritisme en devant la dame de compagnie de la jeune et belle Madame Savoya et, petit à petit, elle va intervenir auprès de la clientèle. La jeune fille est conquise par son nouvel environnement : par le charme de Madame Savoya, ses tenues raffinées et le sérieux avec lequel elle traite son don de spirite ; mais aussi en raison de l'autre assistant, le séduisant George, qu'elle ne semble pas non plus laisser indifférente.

Néanmoins, avec le temps qui passe, Velvet va commencer à remettre en question le sérieux des grands spirites de l'époque... jusqu'à douter de Madame Savoya elle-même.

Porté par des héros aux personnalités affirmées, ce roman jeunesse est un vrai régal pour qui s'intéresse à la thématique du spiritisme en Angleterre à l'époque où celui-ci était particulièrement en vogue. [Spoilers à la suite] Mary Hooper est partie de sa propre expérience des cercles spirites et, n'ayant jamais été convaincue du résultat, elle a choisi ici de mettre particulièrement en avant les anarques des mediums, les trucages employés et les moyens utilisés pour soutirer de grosses sommes à des clients en deuil. Mary Hooper s'est ainsi beaucoup documentée et conclut : l'information capitale fut sans doute que tous les médiums de l'époque ont été accusés d'escroquerie, à l'exception d'un seul (p317-318) [Fin des spoilers].

Si le spiritisme est le principal sujet, une autre thématique est abordée à travers le sort des enfants de filles mères, confiés à des nourrices coupables de négligences, voire de maltraitance ou de meurtres. Dans les notes à la fin de l'ouvrage, on signale une loi de 1864 stipulant que la responsabilité des enfants illégitimes incombait à la mère seule. Les réformes ont été lentes car les législateurs ne souhaitaient pas violer cette idéal victorien que représentait la sanctification de la famille (p 320).

Velvet est un roman passionnant que j'ai dévoré - impossible de me coucher avant d'avoir tourné la dernière page. Outre les personnages bien campés, les rebondissements de l'histoire de Velvet et l'ambiance générale très réussie, ce livre présente un vif intérêt sur le plan historique en retraduisant habilement l'époque. Mary Hooper s'est appuyée sur des recherches solides - dont elle nous fait part à la fin - et est parvenue à distiller avec à-propos tout au long du roman les informations obtenues. Un grand plaisir de lecture !

Merci encore Titine pour ce beau cadeau ! 

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienneLu dans le cadre de la Lecture commune du Mois anglais et du Blogoclub de Lecture ayant pour thème " Londres". Et c'est également une nouvelle participation au challenge British Mysteries.

325 p

Mary Hooper, Velvet, 2011

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victoriennemary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienne

25/06/2014

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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04/06/2014

Clues, Tome 1, Sur les Traces du Passé

bd_clues_t1_cover.jpgEncore une série ayant pour cadre Londres à l'époque victorienne ! On peut dire que les amateurs du genre sont gâtés ! Cette fois-ci nous accompagnons Emily, de retour à Londres pour venger sa mère, assassinée quelques années auparavant. La jeune femme avait découvert peu avant son décès que sa mère se livrait désormais à des activités criminelles au sein d'un gang, qu'elle tient pour responsable de sa mort. Emily intègre Scotland Yard et devient l'assistante de l'inspecteur Hawkins, brillant mais redoutable avec ses collaborateurs. D'abord réticent à l'idée d'engager une femme malgré ses bonnes références, Hawkins lui confie des tâches ingrates telles que le nettoyage du bureau ou la préparation du thé. Mais un jour, n'ayant personne pour l'accompagner lors d'une explosion dans une morgue, Hawkins demande à Emily de se joindre à lui. Tout en restant brusque, il va être amené à réaliser que sa nouvelle assistante est bien plus dégourdie et futée qu'il ne l'aurait pensé, Emily réussissant à débloquer l'enquête et à lui sauver la vie.

bd_clues_t1_2.jpgDans ce premier tome, l'héroïne s'affirme grâce à un caractère bien trempé, de l'audace et beaucoup d'abnégation. Elle gagne en légitimité et pourra recevoir une formation d'officier. Son personnage ainsi que celui de l'inspecteur Hawkins sont complémentaires et ne versent pas dans la caricature malgré des tempéraments forts. L'intrigue m'a de suite plu, même si je trouve qu'elle verse dans la facilité au départ : la toute première affaire sur laquelle Emily intervient est liée au gang auquel appartenait sa mère. J'imaginais plutôt qu'elle allait se livrer à sa propre enquête en parallèle de son travail. Quoi qu'il en soit c'est un premier tome très dynamique et servi par des illustrations modernes d'inspiration victorienne, qui prennent toutefois certaines libertés : une Londres assez éloignée des représentations habituelles et qui m'évoquait plus des quartiers d'habitation en périphérie de la ville par exemple, avec des maisons individuelles larges, moins tassées, un pub de Whitechapel dans une grande bâtisse qui ressemble vaguement à un manoir ; quelques coiffures décalées, sans parler de la tenue de nuit d'Emily, plutôt légère et sexy pour l'époque !

Si la suite est aussi réussie, je m'offrirais volontiers l'intégrale si la série venait à être publiée sous cette forme.

(A noter une grosse coquille en p 29 "je n'en croit pas mes oreilles")

Une interview de Mara ici.

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55 p

Clues, T1, Sur les Traces du Passé, Mara, 2008

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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07/03/2014

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre

fitzpatrick_neuvieme pierre.jpgAprès avoir lu Code 1879 de Dan Waddell, mon premier roman policier aux accents victoriens de la collection Babel Noir, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai abordé La Neuvième Pierre de Kylie Fitzpatrick.

Issue d'une famille pauvre, orpheline, la jeune Irlandaise Sarah O' Reilly travaille pour Le London Mercury. Vêtue en garçon pour accéder à un travail qui lui serait normalement refusé, elle espère se voir confier un jour des travaux plus intéressants. Elle rencontre par le biais du journal la jeune veuve Lily Korechnya, auteur d'articles sur des femmes illustres. Toutes deux vont devenir amies et Lily va ainsi tenter d'aider Sarah et sa petite soeur Ellen, qui toutes deux vivent dans une cave à Devil's Acre. Le destin de Lily croise celui d'une collectionneuse de diamants, Lady Cynthia Herbert. Dès lors, nous suivrons la réalisation d'un talisman en diamants, superbe commande refusée par tous les bijoutiers consultés en Inde en raison du danger inhérent au bijou. Et, en effet, ceux qui croisent les diamants indiens trouvent la mort dans des circonstances étranges...

Dans l'ensemble, La Neuvième Pierre est un roman néo-victorien intéressant mais un peu inégal. Première surprise, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt du parcours de la jeune Sarah O' Reilly. Certes, son destin finit par se mêler plus ou moins à une histoire de meurtres et de talisman en diamants volé, mais ce n'est finalement qu'une toile de fond. L'affaire est résolue rapidement à la toute fin du roman ; la solution à l'énigme est sans surprise et, au fond, on finit par s'en moquer un peu.

La première partie du roman est de loin la plus réussie pour moi. Nous avons là une toile de fond réussie à travers une Londres victorienne bouillonnante de vie et très diverse. Outre la jeune Sarah O' Reilly, deux figures féminines indépendantes d'esprit se démarquent, Lady Cynthia et Lily Korechnya. Malheureusement, j'ai été nettement moins séduite par la suite, qui se déroule principalement en Inde. Après avoir découvert le palais du Maharadjah et rêvassé quelques instants à ses splendeurs, à la lumière particulière précédent la mousson et aux senteurs délicates, je me suis vite ennuyée de la vie monotone qu'on mène dans ce lieu splendide, de ce prince bien fade et de ses concubines assommées par l'opium. J'avais espéré mieux explorer Bénarès sous l'empire britannique mais l'aspect colonial est très peu exploité, si bien qu'on a l'impression de retrouver l'ambiance des Mille et une Nuits, sans aucune petite touche d'originalité. Enfin, je me demande pourquoi Kylie Fitzpatrick a choisi d'assassiner aussi rapidement plusieurs personnages hauts en couleur, car malheureusement l'histoire s'en ressent et perd de son intérêt. Dans l'ensemble ce roman est agréable à lire mais je regrette que le récit n'ait pas été un peu plus dynamique et que l'Inde britannique n'ait pas été mieux dépeinte.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Titine et Soie.

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500 p

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre (The Ninth Stone), 2007

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08/01/2014

Sherlock Holmes, T1, L'Etoile Sanglante

bd_sherlockholmes1_etoile sanglante.jpgVous l'aurez compris, je traverse actuellement une période BD et ne cesse de découvrir de nouvelles séries ! Cette fois-ci je me suis lancée dans l'une des séries inspirées de l'oeuvre d'Arthur Conan Doyle, avec le premier tome de la série Sherlock Holmes, L'Etoile Sanglante.

Nous y retrouvons un tandem Holmes-Watson très classique, dont l'aspect et la tenue vestimentaire sont dans la plus pure tradition holmesienne.

Le pitch : une jeune bouquetière est retrouvée morte dans un parc, la main tranchée et le coeur arraché. Deux autres personnes ont été tuées récemment de la même façon. Sherlock s'intéresse de près à cette affaire, tandis que Scotland Yard patauge et que la presse fait des rapprochements hâtifs entre ces meurtres et l'affaire Jack l'Eventreur, encore fraîche dans les mémoires. Les aventures de Holmes le mèneront à travers les plus hautes sphères politiques mais aussi les groupes d'adeptes des sciences occultes... 


bd_sherlockholmes1_etoile sanglante1.jpgCeux qui viennent fréquemment par ici connaissent mon goût pour l'époque victorienne et les Victorian mysteries. J'ai donc retrouvé avec bonheur un de mes sujets de prédilection et passé un agréable moment en lisant cette BD. Ce n'est pas vraiment un coup de coeur : je trouve les illustrations très classiques, voire un peu datées. L'enquête manque un peu de fraîcheur également et la première déduction de Holmes m'a fait sourire (il dit à Watson qu'il sait que ce dernier est contrarié car on risque d'établir un lien entre les meurtres et la profession médicale, comme dans le cas de l'Eventreur, et attribue cette formidable déduction au fait que Watson prend un air de plus en plus renfrogné en lisant les nouvelles du jour et a jeté un oeil sur son stéthoscope, placé en évidence sur la table de leur salon !). Malgré tout, les amateurs du genre apprécieront ce séjour à Baker Street. L'intrigue est sympathique et se laisse lire facilement, l'arrière-plan politique évoque les débats sur le travail des enfants... on retrouve une ambiance et des personnages familiers. Certes, pas de dépaysement au programme, mais j'ai suffisamment apprécié pour être tentée par la suite de la série.

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46 p

Croquet et Bonte, Sherlock Holmes, Tome 1, L'Etoile Sanglante, 2000

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25/12/2013

Scrooge, un Chant de Noël

bd_scrooge-un-chant-de-noel-bd.jpgQuoi de mieux pour fêter Noël que de faire appel à Charles Dickens et à son inoubliable Mr Scrooge ? Récemment, Petit Speculoos m'a donné envie de découvrir l'adaptation du célèbre récit en BD, avec Scrooge, un Chant de Noël. Une autre façon de retrouver A Christmas Carol, lu plusieurs fois, sans parler de certaines adaptations en film et dessin animé vues et revues (j'avais découvert cette histoire à l'origine avec Le Noël de Mickey !).

[Spoilers dans ce paragraphe pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire] Londres, années 1840. Scrooge est un vieil usurier égoïste et désagréable, qui déteste les fêtes de Noël. Alors que s'annoncent les festivités dans la capitale, le vieux gripsou s'apprête à passer une nuit solitaire dans son appartement délabré. A partir de là, l'album simplifie quelque peu l'histoire. Dans le roman d'origine, son ancien associé décédé Marley lui rend visite et se fait simple messager, pour annoncer la venue de trois autres fantômes au cours de la même nuit (ceux du passé, du présent et du futur). Dans cette BD, Marley a lui-même demandé à intervenir auprès de son ancien partenaire pour lui donner une chance d'éviter la damnation éternelle. Ainsi c'est accompagné de Marley que Scrooge va entreprendre son périple à travers les années : il revoit son enfance solitaire et les moments perdus de sa jeunesse, lorsque le travail l'a par exemple éloigné d'une charmante jeune femme qui aurait été prête à l'épouser ; puis au présent, il découvre qu'il fait l'objet des moqueries de son neveu ou encore que son clerc vit dans une maison misérable et a un petit garçon très malade ; enfin dans le futur, il assiste au suicide de son neveu ruiné, découvre que le petit Tim, le fils de son clerc, est décédé, puis voit son propre enterrement, sans personne pour le pleurer. Il ne lui reste plus qu'à s'amender...

bd_scrooge2.jpgDans l'ensemble, j'ai trouvé cet album agréable à lire. Certaines des planches sont très réussies,  tout comme cette couverture qui a tout de suite attiré mon attention. J'ai beaucoup apprécié le sens du détail et les couleurs utilisées dans la représentation des rues ou des boutiques victoriennes en période de Noël. Au niveau du scénario, l'album simplifie quelque peu l'histoire, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Les péripéties sont restituées pour l'essentiel; en revanche, le fait de supprimer les trois fantômes d'origine nuit à la dimension fantastique, car il faut bien dire que, tout comme Scrooge d'ailleurs, le lecteur a un peu la chair de poule en lisant le conte d'origine et en imaginant ces épouvantables spectres, nettement moins sympathiques que le petit Marley avec sa silhouette rondouillarde dans la BD. De même, Scrooge est un peu trop rapidement réceptif au message qu'on cherche à lui faire passer. Autant sa prise de conscience est compréhensible et logique sous la plume de Dickens, autant dans l'adaptation on peut s'étonner de le voir converti si vite. Malgré tout on se laisse vite prendre au jeu et plus l'album avance, plus on passe un bon moment.

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47 p

Rodolphe & Estelle Meyrand, Scrooge : un chant de Noël, 2008

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il etait une fois noel2.jpgchristmastime.jpg

 

 

 

 

 

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J'en profite pour vous souhaiter un

JOYEUX NOËL !

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23/12/2013

Les Quatre de Baker Street (T3)

bd_quatre baker street_t3.jpgCet été je me suis régalée avec Les Quatre de Baker Street, malgré une grosse frustration : pas de tome 3 à la médiathèque, j'avais donc fait l'impasse dessus comme j'ai mis ma PAL BD au régime. Pourtant le tome 4 faisait directement allusion à l'aventure précédente et même si on reprenait le fil de l'histoire sans problème, il était assez désagréable de ne pas savoir pourquoi un certain Bloody Percy en voulait tant à nos quatre amis francs-tireurs de Baker Street. Il y a quelques jours j'ai re-vérifié au cas où l'étagère sur laquelle se trouvait la série... yes !! Le tome 3 y figurait, tout beau, tout neuf.

Dans cette nouvelle aventure, Le rossignol de Stepney, Sherlock Holmes est fort occupé par un jeu d'échecs grandeur nature auquel il se livre avec son ennemi Moriarty. Il a donc peu de temps pour s'occuper de suivre  pour le compte de sa mère un jeune Lord qui s'encanaille dans les bas-fonds de la ville. La mission est donc confiée aux quatre de Baker Street, mais va sérieusement se compliquer. Lord Neville Asprey, troisième du nom, est en fait amoureux d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci et son père vivent sous la menace de Bloody Percy qui leur extorque de l'argent au nom de Harry Sikes, qui, lui, tient le quartier d'une main de fer. Le cabaret est incendié alors que nos jeunes amis suivent le Lord : ils l'aident ainsi que sa belle à s'échapper. Dès lors, leur destin est mêlé à celui de Bloody Percy, qui se fait passer pour un gentleman et serait le bâtard d'un aristocrate mais est aussi un fou dangereux.

bd-quatre-de-baker-street,-tome-3---le-rossignol-de-stepney-2633972-250-400.jpgCe troisième tome est une réussite : l'intrigue est une des meilleures de la série, croisant différents milieux (bourgeoisie, aristocratie, artistes pauvres et pègre londonienne), mêlant une histoire de chantage à des considérations de haut rang et de respect de l'étiquette (avec beaucoup d'hypocrisie), en s'appuyant sur une grande variété de personnages. On traverse également différents quartiers de Londres, sans parler de l'asile de Bedlam où l'on voit pour la première fois la mère de Charlie, la tête enfermée dans une cage. Les dessins me plaisent énormément dans cette série et j'ai été particulièrement sensible à la façon dont on restitue ici les quartiers enneigés, les rues la nuit, sans parler du gentleman du crime Bloody Percy dont les tenues soignées, le charme et les éclairs de folie sont si bien retraduits qu'il semble prêt à bondir hors des pages de l'album à tout moment.

Encore un excellent moment passé à Londres è l'époque victorienne, cette fois-ci en plein hiver...

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56 p

Djian, Legrand, Etien, Les Quatre de Baker Street, T3, 2011

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11/09/2013

Les Quatre de Baker Street (T4)

les quatre de baker street,les orphelins de londres,arthur conan doyle,sherlock holmes,époque victorienne,londres,londres xixe,londres victorienne,angleterre victorienne,angleterre xixe,mois anglais,challenge british mysteriesLa médiathèque n'ayant pas le tome 3 des Quatre de Baker Street, me voilà déjà avec le tome 4... un peu dommage car dans le tome 3 on rencontre un nouveau personnage, Bloody Percy, arrêté grâce à Sherlock et aux Quatre de Baker Street. Lorsque débute le tome 4, Bloody Percy parvient à s'échapper de prison à la veille de son exécution et entend bien se venger rapidement de ceux qui ont conduit à son arrestation.

C'est un tome qui démarre sur les chapeaux de roues. Les journaux annoncent la mort de Sherlock Holmes en Suisse, il serait mort en tombant dans les chutes de Reichenbach lors d'une confrontation avec le terrible Moriarty. Désemparés, les francs-tireurs de Baker Street se disputent et tour à tour, s'éloignent chacun de leur côté, prêt à abandonner l'équipe et à vivre une nouvelle vie. C'est à ce moment que Bloody Percy s'échappe, bien décidé à leur faire la peau, à eux ainsi qu'au Docteur Watson... qui bénéficie d'une protection policière, contrairement aux trois enfants.

Black Tom retourne à Kilburn dans sa famille, il est accueilli à bras ouverts par son oncle, sa tante, ses trois abrutis de cousins et sa jolie cousine. On lui demande cependant de s'introduire dans les maisons des rupins pour voler l'argenterie en compagnie de ses cousins.

Billy erre dans Londres, mais ses pas croisant rapidement ceux de Bloody Percy, il décide de chercher ses camarades à l'aide du docteur Watson, lui aussi désireux d'aider les anciens alliés de Sherlock Holmes.

Quant à Charlie, après avoir volé un peu de nourriture, elle est envoyée dans une workhouse, habillée en fille contre son gré, et forcée de travailler à la blanchisserie, maltraitée, provoquée, heureusement toujours pleine de présence d'esprit.

J'ai trouvé ce tome 4 très réussi, c'est peut-être même mon préféré de la série - du moins, des trois tomes que je connais ! Le fait de séparer les franc-tireurs nous permet de côtoyer différents milieux, classiques de la fiction néo-victorienne, milieux dont l'atmosphère est très bien restituée. Loin de fractionner le récit et d'en faire des scenettes sans lien les unes avec les autres, ces histoires parallèles apportent beaucoup de dynamisme et permettent de mettre mieux en avant les personnages, notamment Charlie qui est plus en retrait habituellement et dont on découvre ici avec plaisir toutes les ressources. Davantage un récit d'aventures qu'une enquête policière, ce 4e tome est vraiment très vivant et toujours aussi bien servi par un graphisme irréprochable. Amateurs d'époque victorienne, cette série est faite pour vous !

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56 p

Djian, Etien, Legrand, Les Quatre de Baker Street, Tome 4, Les Orphelins de Londres, 2012

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19/08/2013

Les Quatre de Baker Street (T2)

les quatre de baker street,le dossier raboukine,arthur conan doyle,sherlock holmes,époque victorienne,londres,londres xixe,londres victorienne,angleterre victorienne,angleterre xixe,mois anglais,challenge british mysteriesJe poursuis mes enquêtes en compagnie des Quatre de Baker Street, cette fois-ci avec le 2e tome, Le dossier Raboukine. J'avais beaucoup apprécié le premier tome pour le contexte bien rendu, les allusions à Sherlock Holmes et le graphisme très réussi. Le tome 2 reprend tous ces ingrédients avec un scénario plus intéressant encore, pleinement ancré dans le contexte socio-politique de l'époque.

Deux ans après l'affaire Jack l'Eventreur, de nouveaux meurtres de prostituées dans l'East End s'enchaînent et rappellent par leur exécution ceux de 1888. L'Eventreur serait-il de retour ? En l'absence de Sherlock Holmes, parti enquêter sur la disparition d'un Stradivarius sur le continent, les quatre décident de mener l'enquête, car la dernière victime était connue de Billy, l'un des membres des attachants Francs-Tireurs de Baker Street. Presque de suite, leurs pas croisent ceux de révolutionnaires russes mêlés à l'affaire. L'un d'eux a en effet été accusé d'être le meurtrier, mais cela pourrait être un coup monté...

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Un très bon opus que celui-ci, mêlant l'hommage à Sherlock Holmes à la Grande Histoire, lorsque les anarchistes russes venaient s'exiler à Londres, poursuivis par la police secrète du tsar. Toujours beaucoup d'humour et des illustrations vivantes, soignées, témoignant d'un vrai souci du détail. Une série à consommer sans modération !

Lecture commune pour le challenge British Mysteries. Les billets des autres participants :

Les Quatre de Baker Street, T1 : Sharon

Les Quatre de Baker Street, T2 : Hilde

Les Quatre de Baker Street, T1 et T2 : Cryssilda,

Fog, T1 : Alexandra,

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56 p

Djian, Etien, Legrand, Les Quatre de Baker Street, Tome 2, Le Dossier Raboukine, 2010

 

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19/06/2013

Les Quatre de Baker Street (T1)

BD_baker street_T1.jpgAujourd'hui, je vais à mon tour vous parler d'un album dont j'avais entendu beaucoup de bien, Les Quatre de Baker Street (tome 1, L'Affaire du Rideau Bleu). Il avait tout pour me plaire : pour personnages principaux, les moineaux de Sherlock Holmes ; en toile de fond, Londres en 1889... en fait ces deux éléments suffisaient à eux seuls à aiguiser ma curiosité.

Dans le premier tome, l'un des trois moineaux, Tom, voit sa jeune petite amie se faire enlever en pleine rue par deux hommes dangereux et  violents. Il n'a de cesse de retrouver "sa Betty" et fonce tête baissée dans les pires ennuis. Heureusement, ses deux fidèles acolytes Billy et Charlie vont le suivre dans cette aventure et, avec un peu de jugeotte et une bonne dose de courage, ils vont lui épargner quelques ennuis...

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Je me suis régalée avec cette bande dessinée qui séduira les amateurs d'époque victorienne par le sens accordé aux détails (costumes, rues, boutiques...) et la thématique. Le sujet est assez sordide, puisqu'il est question de maisons closes et de mises aux enchères de jeunes vierges (ce n'est pas la première fois que je retrouve ce thème dans des oeuvres sur l'époque), mais à aucun moment la BD ne s'enfonce dans le misérabilisme ou une ambiance glauque qui fait souvent la joie des artistes cherchant à recréer l'époque victorienne (si bien qu'au bout d'un moment on a besoin d'un peu d'air ! dernier exemple en date sur ce blog, The Pleasures of Men de Kate Williams). Dans Whitechapel ou Baker Street, le trait est juste, précis, les dessins fourmillent de détails et offrent aux yeux une riche palette de couleurs. Le scénario est très sympathique et ne manque pas d'humour. Bref, on se régale !

Cet album me faisait de l'oeil depuis un petit moment, mais c'est grâce à l'adorable Hilde que j'ai finalement pu le découvrir.

Une LC dans le cadre du Challenge British Mysteries (RDV le 19 juillet pour parler de Jack the Ripper), du Mois anglais et du Challenge Victorien d'Arieste.

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56 p

Djian, Legrand, Etien, Les Quatre de Baker Street, T1, 2009

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29/03/2013

Anne Perry, L'Etrangleur de Cater Street

perry_etrangleur de cater street.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec les romans d'Anne Perry sur ce blog. Après une découverte délicieuse il y a près de dix ans, j'ai fini par me lasser un peu d'éléments récurrents (les passages un peu moralisateurs sur les différences de classe sociale qui me semblaient copiés d'un livre à l'autre, le rappel constant des origines de Charlotte et Thomas pour ne pas déstabiliser le lecteur qui viendrait à débarquer en plein milieu de la série), puis certaines intrigues m'ont paru franchement légères.

Pourtant ma première lecture, Le Mystère de Callander Square, avait été un petit coup de coeur. J'avais même acheté d'un coup près de dix tomes (!) pour pouvoir me délecter de la suite sans avoir peur de ne plus avoir de Charlotte ou de Thomas Pitt sous la main. L'Etrangleur de Cater Street, lu juste après, m'avait un peu moins conquise en raison de l'intrigue plus simple. Récemment, avec le lancement du challenge British Mysteries, l'envie m'a pris de relire certains des premiers Charlotte et Thomas Pitt et notamment le tout premier, qui est aussi celui de leur rencontre.

Ce roman nous fait pénétrer dans le foyer de la famille Ellison, un couple d'âge mûr, leurs trois filles, Sarah Corde, l'épouse Dominic, ainsi que Charlotte et Emily, en âge d'être mariées. Sans parler de la grand-mère, qui intervient par intermittence. Alors que le récit débute, la bonne des Ellison se fait assassiner ; il s'agit de la dernière victime d'un étrangleur qui commence à vraiment inquiéter ce quartier tranquille, dont les paisibles et respectables habitants ont bient du mal à réaliser que le tueur peut être l'un des leurs et non une personne issue des bas fonds de Londres.

L'intrigue policière n'est pas particulièrement développée, même si je trouve le mobile du meurtrier assez original - l'issue du roman m'avait suffisamment marquée pour que je m'en souvienne, ce qui ne m'arrive pas si souvent. Si j'ai donc apprécié cette lecture, c'est surtout parce qu'elle m'a permis de me remémorer la rencontre des Pitt et leur famille, qui intervient au fil des tomes de cette série. Je me suis trouvé un petit côté fleur bleue car j'ai réalisé que plus les pages défilaient, plus j'attendais le retour de Thomas Pitt dans le cadre de scènes avec sa future épouse !

Les personnages sont assez intéressants, entre une Charlotte au caractère bien trempée, très droite mais trop franche pour trouver un mari de son rang et une Emily extrêmement tactique et froide, mais pourtant sympathique. Sarah, la soeur aînée, manque cependant de relief, si ce n'est que sa vie conjugale compliquée lui fait se tourner vers la religion et l'influence nauséabonde du pasteur très puritain (et très préoccupé par les péchés d'ordre charnel) de Cater Street.

Une lecture vraiment très plaisante, qui m'a d'ailleurs beaucoup plus séduite cette fois-ci, sans doute parce que j'en attendais quelque chose de différent. Certes il ne faut pas espérer lire le thriller du siècle mais c'est un plongeon sympathique dans l'époque victorienne et un passage presque obligé avant de poursuivre avec la série, dans lequel la famille de Charlotte apparaît régulièrement. Mon seul bémol tient aux attitudes un peu caricaturales de certains personnages, telle la vieille Mrs Ellison qui est assez ridicule lorsqu'elle empoisonne la vie de ses proches, ou encore lorsque ses petites filles se mettent à l'insulter et à la traiter d'espèce d'idiote ou je ne sais quel autre nom d'oiseau, ce que j'ai du mal à concevoir lorsqu'on songe à l'époque (1881) et au milieu social décrit.

Les billets d'Emily, George, Asphodèle...

Une LC avec : (j'actualiserai les liens à mon retour de vacances)

Et mes précédents billets sur Anne Perry (beaucoup n'ont pas été chroniqués) :

Une nouvelle participation au challenge British Mysteries organisé avec Hilde et ici-même (je deviens ainsi résidente de Baker Street) et une toute première au challenge Anne Perry de Syl (ça y est j'ai succombé au beau logo !).

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381 p

Anne Perry, L'Etrangleur de Cater Street, 1979

british mysteries.jpganneperry2-copie-1.jpganne perry,l'etrangleur de cater street,charlotte et thomas pitt,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,époque victorienne,londres xixe,londres victorienne,challenge british mysteries

09/02/2013

Kate Williams, The Pleasures of Men

Kate Williams - Pleasure of Men.jpgOuf ! J'ai cru ne jamais sortir saine et sauve de mon dernier plongeon dans Londres à l'époque victorienne, mais enfin j'ai tourné  ce matin la dernière page de ce roman qui me laisse dubitative. J'imagine que The Pleasures of Men de Kate Williams sortira prochainement en France, après un succès certain au Royaume-Uni.

The Pleasures of Men fait partie de ces thrillers victoriens prometteurs qui ne manquent pas de me tenter lorsqu'ils me narguent depuis les présentoirs des librairies, avec leurs couvertures soignées, les innombrables louanges imprimées sur la quatrième de couverture et surtout, la promesse d'heures de détente savoureuses en cette saison où il est difficile de résister à la perspective d'une fin d'après-midi au chaud, entourée d'une bonne tasse de thé « and a decent book ».

Alors lorsque j'ai commencé à lire : « Spitalfields, 1840. Catherine is an orphan, living in her uncle's rambling house in London's East End. Put on the streets, a murder dubbed the Man of Crows is killing young women. As the city panics, Catherine grows more obsessed by the dead girls... », j'ai de suite eu envie de tenter ma chance. Dois-je souligner les mots qui m'ont attirée ? Spitalfields, 1840 ? Orphan ? Rambling house ? Vous me direz que tous les traits classiques du roman néo-victorien sautaient peut-être un peu trop aux yeux mais j'ai mis ça sur le compte des habitudes des éditeurs anglo-saxons qui ont toujours tendance à en faire des tonnes pour attirer l'innocent lecteur (jusqu'à voir du Jane Austen dans la moindre bluette sans intérêt mais passons). En réalité, vous n'avez pas tort. En lisant ce roman je pensais souvent : "That" is really too much ! Oui, pour moi, l'auteur en fait trop, ce roman étant au final l'assemblage curieux de bonnes idées, de scènes réussies (Catherine le soir dans la rue, l'intru dans la maison...) et d'un incroyable bric-à-brac qui alourdit terriblement le récit.

williams_pleasures of men.jpgCatherine est la principale narratrice du récit. Elle vit dans une maison de Princes Street, dans l'Est londonien. Le quartier a perdu depuis longtemps son caractère bourgeois et il ne fait pas bon s'y promener. Catherine est censée être riche et n'aurait donc rien à faire là mais l'oncle qui l'accueille dit s'intéresser à la maison pour son passé. Féru d'histoire, il collectionne de nombreux objets anciens, remplit sa maison de masques africains et se sent à son aise dans ce lieu si chargé de l'histoire de ses précédents occupants. A l'inverse, les Misses Belle-Smyths qui font partie de leur cercle restreint vivent dans une maison récente, entourées de nouveautés, bien que les temps soient difficiles et que même dans leur belle maison, la peinture commence à légèrement s'effriter. Les premières pages insistent sur la noirceur l'héroïne et l'atmosphère oppressante de l'époque. Catherine était dans une institution (un asile ?) avant d'être recueillie par son oncle, car elle serait mauvaise, dangereuse, et aurait quelque chose à voir dans la disparition de son jeune frère Louis. Catherine se décrit elle-même comme telle : une jeune femme quelconque mais cruelle, incapable de mettre un terme à ses pensées destructrices et obsédée par la disparition de sa femme de chambre, avec qui elle entretenait une liaison. Quant à Londres en 1840, c'est une ville marquée par une chaleur étouffante, où tout est sale, misérable, morose, où même les riches demeures n'ont plus le lustre d'avant.

C'est dans ce cadre qu'un meurtrier s'attaque à de jeunes femmes et défraie la chronique. Persuadée d'être protégée par sa propre cruauté, Catherine décide de partir la nuit sur les traces des victimes, pour comprendre ce qui pousse le meurtrier à agir et deviner ce qui s'est passé et qu'elle va consigner ensuite dans un journal. Et il semble que l'homme aux corbeaux la suive. Elle entend un soir son pas et se met à paniquer. Un autre soir, elle le laisse s'approcher d'elle jusqu'à voir trois doigts gantés apparaître contre le mur, à l'angle de la ruelle où elle se trouve.

C'est un roman très varié, dont il y aurait beaucoup à dire (citons tout de même au passage les couleurs qui jouent ici un rôle important, les pensées devenant rouge écarlate, la rue devenant bleue sous l'effet de la pluie...), mais c'est à la fois un atout et une faiblesse. Difficile de définir le genre de ce roman : thriller au début et à la fin, il fait l'objet de nombreuses digressions à moment donné, Catherine regardant son nombril et s'interdisant de penser encore au passé dans le cadre de scènes qui m'ont parfois paru fort monotones (et expliquent le temps qu'il m'a fallu pour terminer ce roman, dont j'ai pourtant lu les cent dernières pages rapidement).

J'ai aussi trouvé ce texte trop sombre. Outre le cadre sinistre, j'ai été frappée par le fait que presque tous les personnages sont foncièrement mauvais, se manipulent les uns les autres (ce qui explique aussi les nombreux et inextricables liens qui les unissent... et nous perdent un peu par la même occasion !). In fine, The Pleasures of Men constitue une lecture divertissante mais inégale selon moi, en raison sans doute de la profusion d'idées, de détails, de manipulations, de bassesses, d'interruptions... un roman comparé à La Rose Pourpre et le Lys de Michel Faber (en raison du contexte seulement ? J'avoue ne l'avoir dans ma PAL que depuis cet été et ne pas l'avoir encore ouvert) et à Sarah Waters (que je préfère), et que je verrais bien adapté sur grand écran.

Dadd_-_Fairy_Feller's.jpgPour les curieux : si l'élément romanesque l'emporte sur l'exactitude historique, Kate Williams explique s'être inspirée du peintre Richard Dadd, revenu fou d'un voyage en Egypte, persuadé d'être sous l'emprise d'Osiris (à gauche Fairy Feller's de Richard Dadd). 

Les avis mitigés (en anglais) de Madame Guillotine et de Savidge reads, et l'avis positif de Lizzi (qui détaille l'histoire dans son billet).

Troisième lecture dans le cadre du challenge British Mysteries, organisé avec Hilde et ici-même (je suis donc sur le point de devenir résidente de Baker Street après avoir été medium victorienne), mais aussi un billet pour le challenge I Love London de mes chères Titine et Maggie et du challenge victorien d'Arieste. C'est aussi une 2e lecture pour le mois de mars avec les Victorian Frogs ans Ladies. 

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404 p

Kate Williams, The Pleasures of Men, 2012

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