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22/09/2013

Nathalie Peyrebonne, Rêve Général

peyrebonne_reve general.jpgJ'ai eu la surprise de trouver ce roman dans ma boîte à lettres il y a quelque temps et c'est avec curiosité que je l'ai ouvert, n'en sachant rien ou presque à ce moment.

Lorsque débute ce court roman, un footballeur est sur le point de réaliser un tir décisif, celui qu'il a attendu toute sa vie, qui va changer le cours de son destin. Et puis, finalement, il décide de s'en aller et plante là ballon et coéquipiers.

Suite à cette introduction, nous suivons le parcours de plusieurs personnages, dont les voix se répondent au fil des différents chapitres : Céleste, conductrice de métro ; Louis, premier ministre ; Edmond, agent de sécurité dans un bar et cuisinier amateur ; Lucien, prof au collège.

Pour tous, la même journée commence et sans explication, un grain de sable vient se glisser dans la mécanique bien huilée du quotidien, les poussant à agir de façon irrationnelle, à se rebeller doucement contre la tyrannie des obligations, à commencer par leur travail.

Edmond aimerait savoir pourquoi aujourd'hui tout marche à l'envers. Après tout, les mécanismes infaillibles n'existent pas, ça tourne, ça tourne, et puis un beau jour, paf, la panne, un grain de sable quelque part, et tout file de travers, ou tout s'arrête. (p 88)

Ainsi Louis demande à sa femme de ménage de lui préparer des petits gâteaux à la cannelle et repense à cette femme qu'il a aimée ; Lucien abandonne sa classe, Céleste, son métro, et ainsi de suite. Curieusement il semble qu'une sorte de torpeur s'est emparée du pays et qu'une révolution pacifique, tranquille se met en marche.

Un idée assez originale, portée par des chapitres courts et incisifs. Malgré tout je ne ressens pas l'enthousiasme d'autres avis lus, en raison d'une difficulté à éprouver un réel intérêt pour les protagonistes et d'une certaine frustration au final. On se laisse facilement porter par les différentes histoires entremêlées, la lecture est plaisante... mais je n'ai pas bien saisi où tout cela nous menait finalement. Je crains d'oublier bien vite ma lecture. Une rencontre manquée en somme, mais je ne voudrais pas vous empêcher de donner sa chance à un livre qui a plu à tant de lecteurs. N'hésitez pas à faire un petit tour sur Babelio pour vous donner une meilleure idée de ses qualités !

Merci beaucoup aux éditions Phébus pour cette découverte, malgré ces quelques bémols !

nathalie peyrebonne,rêve général,littérature française,éditions phébus



153 p

Nathalie Peyrebonne, Rêve général, 2013

04/02/2010

Lire, c'est mortel !

flipo_commissaire.jpgAujourd'hui sort un roman policier du genre poilant et absurde, La Commissaire n'aime point les vers, dernier rejeton de Georges Flipo (dont j'ai déjà lu Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur).

Malgré un enthousiasme vacillant pour les polars (frôlant même la récession), j'ai été attirée par le sujet plutôt atypique, aux légers accents ffordiens. Un sonnet inédit de Baudelaire sème un vent de panique sur Paris, car tous ceux qui le tiennent entre leurs mains sont bientôt victimes de tentatives d'assassinat (ou d'assassinats réussis, le cas échéant). Plutôt sulfureux pour le XIXe, le poème divise les experts et suscite l'enthousiasme de la presse, par l'odeur du sang alléchée. Ni une ni deux, l'affaire sera résolue par la commissaire Viviane Lancier qui, pour faire court : a quelques kilos en trop et change de régime tous les jours ; porte un tailleur rose quand elle veut bien s'habiller ; s'inflige des CD de Bach, qu'elle n'apprécie pas spécialement mais dont elle possède un coffret ; lit des polars, et seulement des polars ; regarde des polars à la télé ; et, chose primordiale s'il en est une, sait que chaque gant en pécari a son propre ADN. Comme il se doit, Viviane est flanqué d'un lieutenant jeune, beau, intelligent et débrouillard (en bref, un héros en puissance, comme son nom ne l'indique pas).

Je ne suis pas spécialement friande de ce genre d'histoire mais il faut bien avouer que j'ai passé un bon moment en compagnie des tailleurs de Viviane et des airs de premier de la classe de Monot. L'intrigue m'a amusée, j'ai beaucoup aimé le contexte hugolien et baudelairien (rien que ça !). On retrouve l'humour de Flipo et, malgré le côté un peu franchouillard de la commissaire qui semble déteindre sur l'ensemble du roman, je ne peux que vous recommander ce livre pour vos moments de détente à venir. Pour ma part, je suis déjà partante pour la suite des aventures de la 3e DPJ !

J'en profite pour vous inviter à aller faire un tour chez Emma, qui vient de lancer un swap Sherlock Holmes avec Fashion. Attention, peu de places sont ouvertes : ne laissez pas Watson vous passer sous le nez (et avec un Jude Law-Watson, ce serait vraiment dommage !).

297 p

Georges Flipo, La commissaire n'aime point les vers, 2010

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20/01/2010

"Un esprit à l'envers dans un corps inversé"

marie_contretemps.gifPeu avant la rentrée littéraire, j'ai accepté de chroniquer Contretemps, premier roman publié aux Forges de Vulcain. Une lecture qui s'est faite en deux temps (deux périodes de lecture assidue entrecoupées d'une pause nécessaire), d'où mon billet tardif qui précède tout de même les autres livres dont j'ai promis de parler bientôt par ici.

Premier roman de Charles Marie, jeune avocat parisien, Contretemps suit pendant quelques mois un personnage au nom improbable, Melvin (oui je sais). Un nom d'ailleurs loin d'être le seul élément incongru lorsqu'il s'agit de cet énergumène qui nous entraîne dans un monde où le quotidien se retrouve jeté en pâture à l'absurde et à l'inconcevable.

Vous dire trop précisément de quoi il s'agit pourrait gâcher tout votre plaisir de lecture, aussi je vous dirais simplement que dans ce roman, deux sociétés secrètes se livrent la guerre, que l'une d'elle possède les cacatombes (pas seulement sur le territoire français), que Melvin est poursuivi par ces sociétés et voit soudain sa vie prendre un tour rocambolesque. Vous le verrez ainsi survivre à des armes à feu et au poison, séduire toutes les jolies filles qui passent par là (un mystère qui demeure entier pour moi à la fin de ma lecture), voyager à travers l'Europe tel un fugitif poursuivi par des agents secrets ou recevoir des liasses de billet pour effectuer une mission impossible.

Pourtant, ce héros malgré lui n'a pas grand-chose d'un James Bond, pas plus que ce roman ne ressemble aux hard-boiled novels dont il semble avoir tiré quelques notions en matière d'espionnage. En réalité, il s'agit avant tout d'un livre à l'écriture soignée où les scènes du quotidien se retrouvent brusquement propulsées dans un univers parallèle au sein duquel les faits les plus étonnants sont innocemment évoqués au détour d'une phrase. Le décalage tient en partie au peu d'importance accordée à des événements inattendus, alors que les petits détails de la vie quotidienne sont décortiqués avec minutie et délectation.

Ce roman me laisse une double impression : d'un côté, un roman au héros assez peu attachant (un type peu intéressant doublé d'un côté tombeur à la 007) et une histoire aux multiples ramifications qui, malheureusement, ne tient pas forcément le lecteur en haleine et semble parfois un peu creuse (d'où la lecture en deux temps pour ma part) ; de l'autre, une maison d'édition sérieuse (malgré quelques coquilles qui n'ont ceci dit rien à envier à d'autres maisons d'édition), un style recherché idéal pour les amateurs de phrases bien ciselées et un esprit décalé qui fait de Contretemps un roman plutôt original. Une curiosité qui mérite quoi qu'il en soit d'être découverte !

Les avis de Papillon (déçue) et de Levraoueg, qui a aimé.

Rentrée littéraire : 5/7

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163 p

Charles Marie, Contretemps, 2009

03/01/2010

Ode à une poétesse

bobin_dame_blanche.jpgJ'ai récemment repéré sur le blog de Maggie un article consacré à La Dame blanche de Christian Bobin, un auteur que Malice et Lilly m'avaient déjà donné envie de lire. La Dame blanche est un hommage rendu à la poétesse américaine Emily Dickinson, que je connais encore trop peu. Le petit livre de Bobin se présentait comme une parfaite introduction à son oeuvre, une porte d'entrée en quelque sorte. J'ai donc profité de quelques achats de Noël pour me procurer de suite un exemplaire, dégusté dans les jours qui ont suivi.

J'attendais beaucoup de Bobin et de son écriture très justement réputée lumineuse. Malgré tout, je dois reconnaître que la première partie du livre m'a laissée perplexe, en raison des constantes allusions à la religion qui ont fini par me détourner de Dickinson et me peser. Cette omniprésence du divin et des références bibliques intervient presque à chaque page et s'exprime à travers le vocabulaire employé dans les descriptions (on parle d'enluminures, de Bible, de sanctifier), les personnages à l'allure divine (ainsi sur le père : "Le Dieu de l'Ancien Testament, un dimanche matin, à l'heure où la famille mise au garde-à-vous s'apprête à royalement défiler sur le chemin de l'église, s'aperçoit de l'absence d'Emily" (p20); sur Emily : "la colère des saintes" (p27)...), ou de transitions faites par des références à un passage tel que celui-ci "La légende dit que saint Christophe a fait traverser un fleuve au Christ enfant, en le portant sur ses épaules." (p39) Cette autre biographie m'a permis de mesurer la pression qu'exerçaient les Calvinistes sur la côte est à l'époque, et de mieux saisir pourquoi la religion a joué un rôle important dans la vie de Dickinson : Amongst other reasons, Emily could never accept the doctrine of “original sin”. Despite remaining true to her own convictions, Emily was left with a sense of exclusion from the established religion, and these sentiments inform much of her poetry. There is frequent reference to “being shut out of heaven”. Je regrette ceci dit l'écrasante présence de ce thème dans le livre, au détriment d'autres aspects de la personnalité et de l'oeuvre d'Emily qui sont assez rapidement survolés.

Autre thème présent, la mort intervient dès les premières lignes avec la respiration hâchée d'Emily qui finit par s'éteindre. La maison est à deux pas du cimetière et les morts ne manquent pas tout au long de la vie d'Emily. La première scène, très visuelle, arrache le lecteur à son quotidien et permet une immersion immédiate dans ce livre à l'atmopshère particulière, très poétique. Le décès puis l'enterrement constituent deux scènes que l'on a aucune peine à se représenter. Des scènes au demeurant émouvantes qui paraissent curieusement réelles.

Peu avant six heures du matin, le 15 mai 1886, alors qu'éclatent au jardin les chants d'oiseaux rinçant le ciel rose et que les jasmins sanctifient l'air de leur parfum, le bruit qui depuis deux jours ruine toute pensée dans la maison Dickinson, un bruit de respiration besogneuse, entravée et vaillante - comme d'une scie sur une planche récalcitrante - ce bruit cesse : Emily vient de tourner brutalement son visage vers l'invisible soleil qui, depuis deux ans, consume son âme comme un papier d'Arménie. La mort remplit d'un coup toute la chambre. (p9)

De fait, il est impossible de demeurer insensible à l'écriture imagée et soignée de Christian Bobin, dont le récit s'apparente sans doute davantage à une ode à la poésie et à une forme de poésie romanesque qu'à une biographie, romancée ou non. On se délecte de certaines phrases d'une fraîcheur appaisante, aux sonorités parfaitement maîtrisées.

Cette naissance provoque un premier éloignement d'Emily, à peine perceptible -une buée sur un miroir. Ses lettres continuent de battre des ailes devant les fenêtres de Susan - des milliers de mots doués d'une vie impérieuse, suppliants et altiers. (p65)

Depuis l'enfance - jusqu'à son séjour chez Mary Lyon - Emily cueille les fleurs qui rêvent dans les bois et les collines autour d'Amherst. Elle les baptise de leur nom latin puis les couche sous une couverture de papier cristal, dans le dortoir de son herbier où dorment bientôt plus de quatre cents religieuses décolorées d'un autre monde : plusieurs fleurs sur chaque page encadrent la majesté d'une fleur centrale, leurs pétales à peine froissés et leurs tiges maintenues par de luisants papiers collés. En attente de l'époustouflant soleil de la résurrection, elles se souviennent des lumineux souffles de leur ancienne vie. (p76)

Ce travail de la langue, cette façon de jouer avec le sujet sont à mon sens un atout et une faiblesse : on savoure l'écriture de l'auteur, on aime sa prose finement ciselée mais on ressort de cette lecture avec une impression de flou et le sentiment d'avoir eu un aperçu très superficiel de la vie d'Emily Dickinson qui, on s'en rend compte finalement, est plus un prétexte qu'un objectif en soi pour le narrateur.

emily-dickinson.jpgLe portrait qui est fait de Dickinson reste proche de l'image que l'on a souvent d'une femme un peu étrange qui restait terrée dans sa maison, toute de blanc vêtue, adoptant un comportement jugé selon les uns et les autres excentrique, artistique ou théâtral. Quelques anecdotes ne manquent pas d'humour, comme ces retrouvailles avec une amie de longue date qui se font à distance, chacune restant à un étage différent et se contentant de bavarder un long moment sans jamais se revoir.

Dickinson s'inscrit dans la continuité, dans la lignée d'auteurs illustres. La petite Emily manque l'église pour lire Les Confessions d'un mangeur d'opium, se passionne pour Dickens et Emily Brontë. Lorsqu'elle écrit, un certain Rimbaud vient de partir en Orient. Tous deux disparaissent à leur façon. Emily dans sa chambre "interdite"... cette pièce où elle se sent si bien. Arthur "sous le soleil clouté d'Arabie". "Les deux ascétiques amants de la beauté travaillent à se faire oublier". (p107) J'ai évidemment beaucoup apprécié ce clin do'eil à la littérature, à ses filliations, aux liens qui se tissent entre les auteurs (parfois seulement dans notre imaginaire, comme ce rapprochement de Dickinson et de Rimbaud).

Le mieux reste toutefois d'écouter la musique d'Emily...

THE DAISY FOLLOWS SOFT THE SUN

  • HE daisy follows soft the sun,
    And when his golden walk is done,
    Sits shyly at his feet.
    He, waking, finds the flower near.
    "Wherefore, marauder, art thou here?"
    "Because, sir, love is sweet!"
    We are the flower, Thou the sun!
    Forgive us, if as days decline,
    We nearer steal to Thee,--
    Enamoured of the parting west,
    The peace, the flight, the amethyst,
    Night's possibility!

30/06/2009

Miss Lou, par les couleurs alléchée...

marienske_degre supreme tendresse.jpgA tous ceux qui comme moi, malgré leurs professions de foi et leurs bonnes intentions, succombent devant une couverture affriolante comme on se pâmerait devant un joli minois (ou un Colin Firth en Darcy), voici une petite piqûre de rappel :

Non !, il ne faut pas forcément donner sa chance à un livre en fondant de la sorte, car l'habit ne fait pas le moine, les titres sont parfois trompeurs, les couvertures encore plus.

Lisant les romans proposés par le Livre de Poche depuis environ un an et jusqu'ici plutôt contente de mon sort, j'ai fait aveuglément confiance au joli titre Le Degré suprême de la tendresse (charmante définition du cannibalisme par Dalí), à la cerise appétissante, à la bouche suggestive et au rose bonne humeur, bonbons et baisers. Mais ensuite, quelle galère !

Partant d'un fait divers sordide (une fellation imposée et une bouche avide qui croque hardiment le membre impertinent), Héléna Marienské propose ici plusieurs pastiches, réécrivant cette histoire avec des variantes, « à la »... et c'est là que ça ce gâte.

Car votre fidèle et dévouée est un esprit curieux, une exploratrice des territoires vierges ou pas, une aventurière de la phrase qui était prête à se laisser embarquer dans ces histoires coquines finissant sur un mode insalubre, quitte à laisser pour ce faire Pemberley où elle se la coulait douce depuis quelques mois. Mais... et là oui, il y a un mais, les références, que dis-je, les modèles de l'auteur sont à peu près tout ce que Damoiselle Lou abhorre dans la scène littéraire actuelle, pour ne pas dire la production verbeuse, narcissique, nombriliste, misogyne et auto-thérapeutique très en vogue dans les têtes de gondole des grands magasins.

Voilà donc une rencontre ratée, malgré l'originalité du procédé employé par Marienské (il y avait bien Fioretto mais en voilà un qui a largement humé le bon air des blogs avant de pondre son livre-conserve ou alors il y a des fois de ces coïncidences dans la vie......!), sans parler des qualités évidentes de son écriture, qui sait ma foi très bien s'adapter aux contraintes des différentes formes et références qu'elle s'impose. Un exercice de style réussi donc (peut-être un brin caricatural mais avec certains de ses modèles, ce n'est guère difficile), cependant pour moi, hormis la lecture de La Marquise Héloïse à la manière de Gédéon Tallemant des Réaux – son nom me rend ce monsieur tout à fait sympathique – une lecture ennuyeuse au possible. J'ai lutté contre Houellebecq (j'ai même ri une fois p39 mais j'ai le plus souvent pleuré), enragé contre Angot et, arrivée à la moitié, j'ai dû déclarer forfait. Dommage, d'autant plus cette exercice me donne finalement envie de relire Héléna Marienské. Avec un genre bien à elle. Et après m'être assurée du peu de rapport entre sa prose et celle de quelques autres que je ne nommerai pas.

Un livre à ne pas bouder, sauf s'il y a pour vous aussi contre-indication.

Et oui, je verse particulièrement dans les parenthèses aujourd'hui. So what ? (Lou, de bon poil)

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216 p de catastrophe absolue pour mon équilibre naturel.

Héléna Marienské, Le Degré suprême de la tendresse, 2008

03/02/2009

Musique du Diable

fermine_violon noir.jpgAu XVIIIe, un jeune prodige devient violoniste de renom avant de se retirer de la scène pour se consacrer à son art et composer. Mais Napoléon et ses désirs de conquête conduisent Johannes Karelsky devenu simple soldat en Italie puis à Venise. Hanté par une voix céleste qui l’aurait sauvé de la mort sur le champ de bataille, Karelsky découvre que le Vénitien chez qui il est logé a lui aussi été poursuivi par le souvenir d’une femme à la voix enchanteresse. Au point de concevoir un violon à l’image de la Vénitienne, un violon qui semble depuis porteur d’une malédiction. Chaque soir, au cours de parties d’échecs, les deux hommes communient à travers leur amour pour la musique.

 

Texte court et très poétique au style épuré, Le Violon Noir rappelle Faust ou encore Le Joueur d’Echecs et la folie inhérente à ce jeu. La construction du récit, avec une histoire au sein de l’histoire, est classique mais bien articulée, les péripéties vécues par les deux personnages ayant finalement une importance égale, le tout s’achevant à la manière d’un conte. Le fantastique est de mise, avec cette âme qui peut être emprisonnée dans un objet, tandis que les meilleures intentions ont finalement des conséquences très malsaines, la frontière entre le divin et l’infernal n’étant finalement pas évidente.

 

Un joli tour littéraire qui fait passer au lecteur et aux mélomanes un excellent moment.

 

Merci encore à mon amie de looooongue date Hilde, qui m’a offert ce livre à Noël.

 

127 p

Maxence Fermine, Le Violon Noir, 1999