18/05/2012

L'Observatoire, ex domaine de Tearsham

carey_observatoire.jpgIl suffisait d'un auteur anglais inconnu et d'une allusion à Mervyn Peake pour que je me retrouve embarquée dans une visite pour le moins ubuesque, celle de L'Observatoire d'Edward Carey. 429 pages lues avec avidité, un roman que j'ai trouvé tout à la fois passionnant, intelligent, drôle, cruel, et qui occupera désormais une place de choix dans ma bibliothèque. Pas la peine de lire la suite, n'attendez plus, tentez vous aussi l'aventure !

Le narrateur, Francis Orme, est issu d'une longue lignée de Francis Orme, propriétaires du domaine de Tearsham, peu à peu rattrapé par la modernité et une mauvaise gestion qui lui a valu d'être grignoté par une ville tentaculaire, bien déterminée à ne faire qu'une bouchée de ce bastion d'un autre temps qui lui résiste encore. Le domaine s'appelle désormais l'Observatoire : un manoir amputé de ses dépendances, encerclé d'un ridicule mur d'enceinte, sans jardin, un manoir découpé en appartements.

victor newman.jpgA remonter le fil du temps aux côtés de Francis Orme, on comprend que la transformation du manoir en résidence a été souhaitée par sa mère et incarnait pour elle une nouvelle vie et la modernité. Pourtant, lorsque le récit débute, les appartements ont perdu la fraîcheur des premiers jours ; la plupart des habitants sont morts ou ont quitté les lieux, l'endroit est sale, le rez-de-chaussée envahi par les déchets urbains. Quant aux habitants restants, avec lequel tenterez-vous une collocation ? Claire Higgs, vieille femme scotchée devant sa télé toute la journée, idolâtrant un personnage qui de par sa description, me fait fortement penser à Victor Newman des Feux de l'Amour (remarquez l'étendue surprenante de mes connaissances, je peux ainsi saisir la subtilité de telles influences) ? Peter Bugg, ancien précepteur adepte des coups de règle, suant, transpirant pour expier on ne sait quelle faute ? Numéro 20, la Femme-chien ? Le Portier, qui chuinte au lieu de parler ? Ou bien les Orme ? Le père et la mère, enfermés dans leur silence depuis des années ; le fils, cleptomane, incapable de vivre sans gants blancs et maniaque à leur égard, auteur d'une étonnante et sordide collection (dont vous ne connaîtrez l'Objet, le clou de la collection, qu'à la fin du récit) et vivant de son métier de statue humaine ? Comme tous ceux-là sont assez dérangés, il serait préférable de renoncer à tout emménagement intempestif. Mais voilà qu'une certaine Anna Tapp décide de s'installer dans l'appartement 18. Elle n'est certainement pas la bienvenue, et c'est par sa présence que les souvenirs vont remonter à la surface, troublant puis détruisant le petit équilibre monotone de ces résidents qui avaient renoncé à vivre...

Sur le déclin de l'aristocratie, un passage exquis, sur Lord Pearson, contraint de se séparer de son château pour venir habiter à L'Observatoire : "Lord Pearson aimait inviter chez lui les autres résidants pour leur faire visiter son modeste appartement comme s'il s'agissait d'un château. Il disait : Voici le salon où Lord Pearson regardait la télévision. Voici la salle-de-bains, c'est dans cete baignoire en plastique que Lord Pearson se lavait avec un savon parfumé au citron. Voici la cuisine, c'est à cette table que Lord Pearson buvait son potage. Et ainsi de suite. Lord Pearson s'éteignit après avoir absorbé une dose massive de somnifères. Il n'avait plus un sou. Il ne voyait pas comment il pourrait s'en sortir. Sur son corps élégamment vêtu d'un costume de tweed était épinglée une note : Voici Lord Pearson, Noble vestige du début du siècle. Enterrez-le dans son caveau de famille." (p249-250)

Merci aux éditions Phébus pour cette belle découverte.

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429 p

Edward Carey, L'Observatoire, 2000

09/04/2012

Ah, ce major Pettigrew !

simonson_major pettigrew2.jpgCe week-end, je pensais vous laisser en bonne compagnie, en organisant un petit thé dansant avec le major Pettigrew mais le temps m'a manqué et je suis partie en week-end sans avoir rédigé la moindre chronique. Je me suis échappée dans une région où les collines vertes, les nuages bas et les petits villages plein de charme ne m'ont pas trop dépaysée après cette ambiance si cup of tea dans laquelle j'ai baigné le temps de lire avec grand plaisir La Dernière Conquête du Major Pettigrew d'Helen Simonson.

Un peu dans l'esprit cosy et doudou du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patatesmais à mon avis plus intéressant, ce roman a pour personnage le major Pettigrew, retraité vivant dans une charmante maison à Edgecombe St Mary. Lorsque le récit débute, le major vient de perdre son frère ; à la suite de ce décès, une première contrariété vient perturber le pauvre major, qui apprend que contrairement à ce qu'il avait imaginé, son frère ne lui a pas légué dans des termes explicites le fusil qu'il avait reçu à la mort de leur père, fusil jumeau de celui que possède le major. Fils aîné, le major n'a jamais complètement accepté cette séparation des fusils paternels qui dépare son étui, et voilà que les commentaires hargneux de sa nièce lui font voir que ses relations avec son frère était finalement bien plus compliquées qu'il ne l'imaginait. A côté de ça, on voit débarquer son fils, stéréotype du loup de la City, arriviste, matérialiste, imbu de soi-même, obsédé par le choix de ses relations sociales, à l'antipode des valeurs du major Pettrigrew, un brin conservateur mais intègre, très humain et surtout délicieusement pince-sans-rire. Heureusement pour lui, le major est amené à faire plus ample connaissance avec Mme Ali, qui tient la petite boutique du village. Veuve, d'origine pakistanaise, Mme Ali fait partie de ces invisibles auxquels personne ne prête trop attention. Et pourtant, tout comme le major, Mme Ali apprécie la littérature, en particulier Kipling, une première raison de sympathiser. Mais les âmes charitables du coin ne voient pas d'un bon oeil cette nouvelle relation : entre le major, membre du club local, et Mme Ali, épicière d'origine pakistanaise, il existe un fossé infranchissable à leurs yeux généreux.


bisDSC07520.jpgCe roman est un vrai régal, certes léger mais dense malgré tout ; un page-turner plein de rebondissements, parfois triste, souvent amusant, qui traite aussi de mixité sociale, pour reprendre un terme en vogue. Entre les origines de Mme Ali (née en Angleterre pourtant) ou son métier d'épicière, les bonnes gens du village ont du mal à déterminer quelle est la pire des tares. Lorsqu'un médecin d'origine pakistanaise cherche à faire partie du club local, on lui explique que malheureusement la profession est trop représentée et que le club prône une plus grande mixité...

simonson_major pettigrew1.jpgBref, si vous aimez la littérature britannique, ne passez pas à côté du major Pettigrew... une fois que vous l'aurez invité à partager une tasse de thé chez vous, vous aurez bien du mal à le laisser repartir, à moins d'avoir reçu une invitation à passer vos prochaines vacances à Edgecombe St Mary.

Un grand merci à Christelle et aux éditions du Nil pour la découverte en avant-première de ce roman et le thé à déguster !

D'autres avis : JainaXF, Fée Bourbonnaise, Cosy Corner, Lili Galipette, Dominique, Titine...

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492 p

Helen Simonson, La Dernière Conquête du Major Pettigrew, 2010 (édition française avril 2012)

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31/03/2012

Sorcellerie et douceurs anglaises

marsh_meurtres manoir.jpgAprès Meurtres entre soeurs, je n'ai pas pu résister au plaisir de lire un deuxième roman de Willa Marsh, petite variation autour du même thème puisque le titre n'est autre que Meurtres au manoir (le genre d'intitulé qui m'interpelle toujours lorsqu'il s'agit d'un manoir anglais). Et que Willa Marsh a l'esprit tordu pour inventer de pareilles situations !

Cette fois-ci, j'ai fait la rencontre de Clarissa, qui travaille et vit seule à Londres dans une petite chambre sans intérêt et se morfond, ennuyant ses amis avec une histoire inventée à propos d'un premier amour tragique. C'est alors qu'un couple d'amis a l'idée de lui présenter Thomas (et non pas Robert comme je voulais l'appeler quand j'ai écrit mon billet), qui vient tout juste de perdre son épouse. Bien malheureux, le veuf se laisse séduire très vite par la vive citadine qui sait se montrer fraîche, innocente et sexy à la fois, un cocktail dévastateur pour cet homme à la morale sévère s'ennuyant quelque peu à vrai dire. Lorsqu'il invite Clarissa pour la première fois chez lui, la jeune femme tombe éperdument amoureuse du manoir de style Tudor et du domaine (vous l'aurez compris, Thomas n'est pas la motivation principale, nous sommes bien loin de Jane Austen ici) ; elle fond aussi pour les tantes, deux adorables vieilles qui gèrent l'intendance. Son choix est fait : elle sera la nouvelle châtelaine. Et il ne lui faut pas longtemps pour précipiter le mariage (le fait d'appeler en urgence sa proie pour lui annoncer que son propriétaire – une petite fille vieille adorable – lui a fait des avances inconvenantes est une action qui s'avère très utile).

Mais Clarissa ne sait vraiment pas où elle met les pieds (la prochaine fois que vous rêverez de séduire un Lord anglais, pensez-y). La famille est issue d'une longue lignée de sorcières qui, depuis l'époque reculée des cultes druidiques, perpétue des traditions oubliées à coup de sacrifices de bestioles en tout genre (bizarrement les chiens du domaine disparaissent fréquemment, mais cela ne semble pas inquiéter le maître des lieux) ; à l'occasion, un auto-stoppeur égaré s'est avéré lui aussi très utile. Les femmes de la lignée se font enterrer dans les bois qui jouxtent le jardin, alors qu'un cercueil rempli de pierres sert de leurre à l'église. Désormais, ce sont les tantes qui respectent la tradition mais elles doivent faire face à un défi de taille : qui va hériter de leur lourde tâche et les enterrer dans le bois ? Car il est évident que la seule fille du châtelain envisage de rentrer dans les ordres et s'oppose aux forces obscures qui hantent la forêt. L'arrivée de Clarissa est donc une bonne chose (d'ailleurs, les tantes n'auraient-elles pas aidé la première femme à mourir après une série de fausses couches désespérante ?). Mais la Londonienne est-elle prête à supporter la présence des nombreux fantômes qui errent dans la maison et la lourde responsabilité qui lui incombe ? Rien n'est moins sûr. Et sa meilleure amie qui s'installe au château quelques mois plus tard pourrait peut-être faciliter leurs plans. Encore que...

the piege.jpgSi Meurtres entre soeurs était déjà assez sordide, ce roman est d'une noirceur impressionnante. Les adorables tantes sont des meurtrières sadiques, le seul prince charmant est un loup sans morale, la meilleure amie de Clarissa prend celle-ci pour une vraie dinde et fait tout pour lui voler son titre de châtelaine. Quant à cet accident de tracteur qui cloue le châtelain sur un fauteuil roulant, le doit-on vraiment au hasard ?

Un roman complètement déjanté et monstrueux, ironique et d'une bassesse infinie, drôle et absolument épouvantable. Vous ne regarderez plus jamais vos proches de la même façon (surtout s'ils aiment les balades nocturnes dans la forêt, dans ce cas fuyez !).

L'avis de Moustafette (chez qui j'ai découvert cette photo de porcelaines tout à fait appropriée que je me suis permis de reproduire ici) et de Cathulu.

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Willa Marsh, Meurtres au manoir, 1999

11/03/2012

La Maison du Marais

warden_maison du marais.gifIl y a quelques mois j'ai lu La Maison du Marais de Florence Warden, dans le cadre du mois anglais. Je n'ai pas pris le temps de faire mon billet et pourtant, voilà encore une lecture avec laquelle je me suis régalée et que je recommande vivement à tout lecteur un tant soit peu épris de littérature victorienne. Ce roman d'amour, de mystère et de mort est fait pour vous (l'effet terriblement mélodramatique est voulu, pour un roman de type populaire aujourd'hui oublié). Le plus terrible avec ce roman, ce qui est vraiment scandaleux, c'est que Warden (un pseudonyme) a complètement disparu des rayons des librairies (y compris anglaises... mes recherches sur le Net ne m'ont d'ailleurs pas appris grand-chose). Comme pour Flora Mayor découverte grâce au même éditeur, voilà un auteur bien sympathique que plus personne ne lisait avant l'intervention des éditions Joëlle Losfeld qui ont souvent la bonne idée de déterrer des textes inconnus pour notre plus grand bonheur (j'aimerais simplement que cette célèbre maison édite plusieurs romans des auteurs en question pour ne pas créer chez moi autant de frustration ; voilà qui n'est pas humain !).

Dans La Maison du Marais, il est question de Miss Violet Christie qui, issue d'une famille anglaise modeste, cherche une place de gouvernante. Ce n'est pas chose aisée au vu de son manque d'expérience et de son jeune âge. C'est alors qu'une annonce attire son attention : on cherche une jeune personne pour un poste de gouvernante, photo exigée. Quelque temps plus tard, ayant été recrutée, Violet se rend dans une région reculée pour occuper son nouveau poste. A la gare, elle fait la connaissance du jeune Laurence qui produit rapidement sur elle une forte impression, mais semble peu apprécier son nouvel employeur, Mr Rayner. Rapidement, Violet verra qu'il n'est pas le seul dans ce cas dans la région. Et son nouveau poste est assez remarquable. Dans la famille je demande la mère, être hagard et fantomatique souvent caché dans sa chambre et dont la moindre apparition vous cause la chair de poule. Les enfants, entre l'aînée, agressive envers son père, et la plus jeune, qui passe ses journées à vagabonder dans le jardin en vraie sauvageonne, à se rouler dans l'herbe ou dans la boue et à se tordre de fureur lorsque le soir une domestique se charge de la faire rentrer, personne ne se préoccupant d'elle le reste du temps. Enfin le père, homme charmant et charmeur, violoniste de talent, qui semble avoir tout sacrifié pour une femme bien égoïste. La maison en elle-même est humide, malsaine. Le jardin un véritable marécage, même s'il revêt un certain charme aux yeux de la jeune citadine lorsqu'elle le découvre pour la première fois. Quant aux voisins, beaucoup semblent lui être hostiles.

Petit à petit, des questions surgissent : où dort son employeur qui, paraît-il, ne reste pas le soir dans cette maison rongée par le salpêtre ? Quels sont les mystérieux visiteurs qui viennent de temps à autre ? Pourquoi la plus ancienne domestique déteste-t-elle à ce point la nouvelle venue, au point de lui faire craindre pour sa vie ? Et que penser de l'humeur lunatique de la maîtresse de maison, écrivain de renom ayant désormais tout abandonné ?

La Maison du Marais ne fait peut-être pas partie de ce que l'on appelle la « belle » ou « vraie » littérature, mais c'est un de ces exquis romans à mystère tels que les écrivains du XIXe savaient les faire, avec une bonne dose de suspense, de délicieux frissons, de lieux inquiétants et toujours, une fraîche héroïne pour laquelle nous devrions trembler. Et contrairement à d'autres oies blanches, notre héroïne est plutôt attachante, en particulier lorsqu'elle oublie la sacro-sainte morale victorienne pour protéger un criminel auquel elle s'est attachée. Un plaisir de lecture dont il serait dommage de se priver !

C'est ma première participation au challenge victorien d'Arieste, que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte !

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Florence Warden, La Maison du Marais, 1882

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28/01/2012

Recherche stage à la Hogarth Press

kennedy peur virginia woolf1.jpegJ'avais envie de poursuivre mon séjour dans le quartier bien agréable de Bloomsbury, et j'ai choisi comme compagnon de route Richard Kennedy, né dans une bibliothèque à Cambridge en 1911 (on ne se refait pas). Outre cette anecdote sympathique, Richard Kennedy possède encore un atout de taille : il a fait son apprentissage à la Hogarth Press et nous livre dans J'avais peur de Virginia Woolf son expérience au sein du groupe Bloomsbury.

L'intérêt de ce témoignage est d'apporter une note de fraîcheur dans les nombreuses biographies concernant le couple et plus particulièrement, Mrs Woolf. Jeune apprenti, Richard n'est qu'un petit maillon de la chaîne parmi les célébrités qui côtoient le groupe, un garçon devant lequel les Woolf n'ont pas besoin d'incarner un personnage ou de se mettre en quatre pour le séduire par des remarques spirituelles. C'est donc une vision de Leonard et Virginia Woolf au quotidien que nous livre Richard Kennedy, qui par ailleurs partage avec nous de nombreux petits détails apparemment sans importance qui de suite permettent de se faire une bien meilleure idée de ce qu'est cette maison d'édition, vue de l'intérieur. Les détails croustillants ne manquent pas, telle la radinerie de Leonard Woolf qui exige qu'on utilise les vieilles feuilles de papier aux toilettes pour éviter toute dépense superflue, ou son caractère autoritaire, qui le pousse à exiger de ses employés qu'ils ne déjeunent pas ensemble à midi.

kennedy peur virginia woolf4.jpegDes Woolf, Richard écrit : “ Lui, c'est le magicien qui nous maintient tous en activité par la force de sa volonté – comme celui des contes d'Hoffmann – et Mrs W est une ravissante poupée magique, fort précieuse, mais par moments tout à fait incontrôlable. Peut-être qu'elle n'a pas d'âme, comme la poupée. Mais quand elle en a envie, elle peut créer un monde imaginaire et nous sommes tous subjugués, ou bien réprobateurs.” (p57) D'ailleurs, Richard dit n'avoir lu qu'Orlando, Mrs Dalloway et The Common Reader, ayant eu tellement de mal à lire les autres récits de Virginia qu'il les a simplement feuilletés.

Et lorsqu'il est invité chez le couple : “LW et moi sommes allés nous promener dans le jardin, pendant que Mrs W préparait le dîner. Il m'a donné un livre sur la comptabilité (...). Il me dit que la comptabilité est une très belle chose et que le gaspillage est affreux. Il était tout fier de me montrer son tas de compost.” (p62)

kennedy peur virginia woolf2.jpegCe texte court ne se réduit cependant pas à une biographie du couple “par le petit bout de la lorgnette”. Certes Kennedy nous livre ses impressions sur une période très courte, mais curieusement, ce narrateur complice ne s'efface pas au profit de ses illustres employeurs. Très jeune lorsqu'il entre chez les Woolf, il y vit sa première expérience professionnelle et c'est aussi le parcours d'un garçon un peu fougueux, voulant réussir et devant beaucoup apprendre que nous avons devant nous. On sent aussi derrière l'anecdote un brin d'impertinence (ainsi il ne cache pas son aversion pour Clive Bell, qui “pérore” devant une assemblée) et, en dépit de son admiration pour les Woolf, c'est avec une honnête fraîcheur qu'il remarque leurs petits travers et s'interroge, notamment sur le plan littéraire. Dans un club intellectuel très fermé il s'avoue son manque d'enthousiasme pour certains écrits de Virginia Woolf, se construit en lisant tous ces classiques qu'il ne connaît pas encore et raconte ses divergences de points de vue avec Leonard Woolf lorsqu'il s'agit de publier ou non Ivy Compton-Burnett. Et tout au long du récit apparaìt pour le guider son oncle, figure paternelle bienveillante.

virginia woolf,hogarth press,j'avais peur de virginia woolf,richard kennedy,littérature anglaise,angleterre,bloomsbury,londres,londres xxe,angleterre xxeUn dernier petit clin d'oeil pour la route, qui amusera sans doute ceux qui comme mois aiment se promener dans Bloomsbury en espérant croiser le fantôme de Virginia : “ On étouffe au sous-sol et, à en juger par l'odeur nauséabonde qui règne dans le fond, j'imagine que tous les égouts du Russell Hotel passent juste en dessous.” (p99) (J'adore passer devant cet hôtel à chaque fois que je me rends à Londres)

A tous ceux qui s'intéressent à Virginia Woolf je recommande vivement ce texte réédité en France par l'excellente maison d'édition Anatolia, qui a reproduit les dessins de Richard Kennedy voués à illustrer son passage à la Hogarth Press.

D'autres billets à ce sujet : Pandemonium littéraire, Keisha, DovegreyReader Scribbles

Lu dans le cadre du challenge Virginia Woolf que j'ai finalement décidé de poursuivre car je suis dans une phase woolfienne ascendante. Vous pouvez bien sûr toujours vous joindre à moi si votre coeur bat aussi pour Bloomsbury...

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111 p

Richard Kennedy, J'avais peur de Virginia Woolf, 1972

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29/12/2011

La maîtresse de Manderley

du maurier_rebecca.jpgJ'adore ce mois anglais, car je n'arrête pas de piocher dans ma PAL grâce à lui (il faut savoir que ma PAL anglaise est tout simplement sans fin, et il est délicieux de pouvoir y retrouver à peu près tous les auteurs que j'ai envie de découvrir dans le cadre de ce petit challenge). Bien entendu, ma bibliothèque contient Rebecca de Daphné du Maurier (dans l'édition hideuse du Livre de Poche, c'est pour ça que j'ai remis leur ancienne couverture, même si elle correspondait à leur collection fleur bleue)... et curieusement, moi qui aime tant l'Angleterre et ses auteurs, je n'avais encore jamais lu un seul Daphné du Maurier, alors que Rebecca me tente depuis l'adolescence (hum, j'ai dû repérer ce roman en choisissant un Danielle Steel car il fut un temps où je lisais Danielle Steel - l'adolescence est parfois une période difficile). Donc j'adore ce mois anglais qui m'a permis de découvrir enfin ce grand classique de la littérature.

J'avais beaucoup d'idées fausses concernant Rebecca. J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une histoire de fantômes, un roman dans lequel l'héroïne était poussée à bout par les souvenirs voire le fantôme même de Rebecca, ou peut-être quelque chose de romantique à la Brontë, avec une Rebecca encore vivante et cachée dans une partie de Manderley. J'imaginais une fin heureuse après moult frayeurs.

Rebecca est en réalité un roman davantage psychologique que mystérieux, même si peu à peu l'histoire sombre de Manderley est dévoilée. Mais de quoi parlons-nous en fait ? La jeune narratrice est employée comme dame de compagnie et fait avec sa riche patronne un séjour à Monte Carlo. C'est là qu'elle rencontre Mr de Winter, veuf séduisant propriétaire d'une somptueuse demeure anglaise, Manderley. Celui-ci la demande rapidement en mariage et les voilà partis pour l'Italie, puis Manderley. Malheureusement pour la jeune et heureuse mariée, l'ombre de l'ancienne femme de Mr de Winter, plane toujours. La lugubre Mrs Danvers semble n'éprouver que mépris pour la nouvelle Mrs de Winter qui se sent peu à l'aise en tant que nouvelle maîtresse de Manderley, et sans cesse des commentaires glanés ici et là lui font penser que Maxim ne l'a l'a épousée que pour avoir un peu de compagnie, alors que Rebecca était un être bien plus séduisant, intelligent et remarquable qu'elle, si insignifiante. Rapidement des tensions se créent entre elle et Mrs Danvers, tandis que Maxim de Winter redevient morose. Son mariage semble être déjà un échec. C'est alors qu'on retrouve le petit bateau avec lequel Rebecca de Winter avait fait naufrage...

Comme je l'ai dit, Rebecca est assez différent du roman plein de mystères auquel je m'attendais (soit un roman hanté par des fantômes, soit des personnages inquiétants faisant sombrer l'héroïne dans la folie). Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un vrai page-turner qui m'a donné envie de découvrir l'adaptation mais aussi de lire d'autres Du Maurier (ce que je m'interdisais jusqu'ici car je voulais commencer par Rebecca). On peut parler d'un roman à suspense dans lequel les personnages sont soigneusement dépeints. L'intrigue repose essentiellement sur Rebecca, dont la narratrice sait bien peu au début mais qui finalement semble s'insinuer dans toutes ses relations et la tourmenter au quotidien, mais l'intérêt du récit repose aussi sur l'évolution de la narratrice, à travers ses relations avec son mari et les domestiques (elle-même passe de dame de compagnie à maîtresse de maison, dans une demeure plus habituée à voir des grandes dames que des oiseaux tombés du nid). Le personnage de Rebecca est lui-même plus complexe que ce à quoi je m'attendais : je pensais qu'il s'agissait de la femme idéale qui ainsi ne peut être oubliée ni remplacée, mais Rebecca est finalement bien différente de cela.

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune Daphné du Maurier). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

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378 p

Daphné du Maurier, Rebecca, 1938

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07/05/2011

Le 500e billet sera britannique...

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What a surprise ! Avec en prime un petit coup de coeur pour Paola de Vita Sackville-West !

vita sackville-west,paola,littérature,littérature anglaise,roman anglais,roman anglais xxe,bloomsbury,angleterre,angleterre xxeEn matière de littérature anglaise, j'affectionne tout particulièrement les écrivains de la première moitié du XXe siècle qui pour certains incarnent la modernité après la longue période victorienne. J'aime les récits mettant en scène cette époque et l'esprit souvent plus léger qui caractérise ces écrits. Vita Sackville-West est un bon exemple en la matière... mais c'est une nouvelle fois avec un décès qu'elle choisit d'ouvrir ce roman (c'était également le cas dans Toute Passion abolie).

Suite au décès de son oncle, le chef de famille Noble Godavary, Gervase se rend pour quelques jours dans le Nord afin d'assister à l'enterrement. C'est une région qu'il exècre : c'est ainsi au bout de 35 ans qu'il revient chez lui.

Il rencontre pour la première fois la seconde épouse de son oncle et leur fille, Paola, qui tient davantage de sa mère italienne et détonne dans la famille extrêmement britannique et flegmatique de Gervase. La réunion de famille s'annonce effroyable à souhait : le fils aîné de l'oncle (futur héritier du domaine) attend l'arrivée de leur cousine Rachel, avec qui il entretient une liaison honteuse ; Michael, le frère de Gervase, suit Paola partout et la dévore des yeux dans la plus totale indifférence ; Gervase, quant à lui, attire sans le vouloir les confidences de Paola et de sa mère tout en étant toléré par les Godavary : passif, c'est un témoin occupant une place centrale.

vita sackville-west,paola,littérature,littérature anglaise,roman anglais,roman anglais xxe,bloomsbury,angleterre,angleterre xxeLes liens de famille sont l'un des principaux sujets abordés dans ce récit : les Godavary ne s'apprécient guère mais sont tous semblables et se comprennent, tandis que Paola reste une étrangère qui fascine mais détonne dans cette demeure anglaise isolée. Séduisante, vive, lucide, directe, elle est aussi entourée d'une sorte d'aura maléfique : à l'écart du reste de la famille (de fait, mais aussi par choix), elle représente une menace confuse qui se concrétisera au cours du récit.

Voilà un court roman plutôt sombre que je vous invite à lire pour découvrir une nouvelle facette de l'oeuvre de Vita Sackville-West : loin des salons mondains, au sein d'une vallée sauvage et lugubre, ce huis clos  saura vous séduire (et n'est pas sans évoquer les tensions familiales exploitées par une certaine Agatha Christie...).

Et puisque la pluie tombe sans discontinuer et qu'il n'y a pas un seul voisin à la ronde pour vous secourir, pourquoi ne pas tout simplement pousser la porte de la demeure des Godavary ?

Sur ce blog également : Toute Passion abolie

D'autres avis sur PaolaClarabelSmithereens (en anglais)

 

Et si cette époque vous plaît, vous aimerez peut-être également :

Brennan Maeve, La visiteuseGoudge Elizabeth, Le Secret de MoonacreJames Henry, Les Dépouilles de Poynton,  Mayor Flora M., La troisième Miss SymonsMitford Nancy, La poursuite de l'amourMitford Nancy, L'amour dans un climat froidPym Barbara, Crampton HodnetPym Barbara, Adam et CassandraRice Eva, L'Amour comme par hasardStrachey Julia, Drôle de temps pour un mariage (d'autres textes que j'ai aimés et serais ravie de faire découvrir à ceux qui, peut-être, ne les connaissent pas déjà).

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123 p

Vita Sackville-West, Paola, 1932

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Challente God Save the Livre : 5 livres lus (Prince Charles' category)

Dont 2 en anglais (Queen Mum's category)

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2e lecture dans le cadre du challenge Vintage Novels

01/03/2011

The Picture of Dorian Gray

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"How sad it is ! I shall grow old, and horrible, and dreadful. But this picture will remain always young. It will never be older than this particular day of June... If it were only the other way !" (p29)

J'avais prévu de lire The Picture of Dorian Gray d'ici aujourd'hui et c'est chose faite, mais suite à une journée bien chargée je sens que je suis davantage en état de végéter devant un plat de nouilles que de dire pourquoi ce livre constitue une de mes plus belles renontres littéraires depuis que je suis en âge de lire.

Par conséquent je vous laisse en compagnie d'une citation et, ci-dessous, de nombreux lecteurs qui ont eux aussi croisé le chemin de Dorian Gray (et qui auront sans doute déjà dit tout ce qui peut être dit sur  ce chef d'oeuvre absolu).

Des avis (merci BOB) :100choses, Alice, Anne Sophie, AustengirlBouhBouquins, CachouCalepin, Caro[line] , EloraEmilie, Enna, Fleur du soleil, Gwen, Jemlyre, Karine, Karine, Keisha, L’Emile, Lepetitmouton, LhisbeiLilly, Livrovore, Lucile, Majanissa, MaliceMelisende, Mélusine, MilkimoonNannePapillon, Pauline, Petite FleurThalia, Violaine.

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23/01/2011

Evil dwarves

coe_nains_mort.jpgJ'ai d'abord croisé Jonathan Coe en plongeant dans les années 70 sur les traces d'une bande d'adolescents. Puis j'ai rencontré une femme qui n'aimait pas grand-chose et dont la vie n'avait a priori rien de très intéressant. Le tout avant de croiser plusieurs femmes au destin poignant à travers le récit d'une personne morte depuis peu. Je continue cette année à découvrir son univers romanesque avec Les Nains de la Mort, récit qui, il faut bien le dire, commence très mal pour le héros.

Le narrateur, William, débute son récit en revenant sur le week-end au cours duquel sa vie a basculé. Devant rencontrer un nouveau groupe dans lequel il pourrait jouer, William se retrouve seul avec Paisley, le chanteur, dans la maison où habite toute la bande. Au lieu de rejoindre les autres au studio, le chanteur lui demande de rester avec lui pour attendre deux dealers qu'il espère rouler en les délestant de leur cargaison et en s'enfuyant, après s'être fait passer pour le propriétaire des lieux afin de fixer le rendez-vous. Caché dans la pièce, William assiste finalement au meurtre de Paisley par deux nains cagoulés qui le frappent à mort. S'enfuyant des lieux sans avoir été vu, William croise des policiers et, tout en réussissant à s'échapper, se sait soupçonné de meurtre.

Les chapitres suivants lui permettent d'effectuer un retour en arrière et de revenir sur les différents éléments qui l'ont peu à peu conduit à vivre cette scène. Entre son boulot chez un discaire, sa vie médiocre à Londres, son groupe de rock assez lamentable, son appartement minable dans un quartier sans intérêt, sa colocataire maltraitée par son copain et son histoire platonique avec une certaine Madeline, gouvernante de luxe dans les beaux quartiers, la vie de William n'est pas des plus heureuses.

On découvre enfin ce qui s'est passé suite à sa fuite (eh bien oui, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !). Et là j'avoue avoir été un peu déçue. Le renversement assez inattendu m'a prise au dépourvu, en revanche j'ai trouvé le dernier chapitre un peu facile et moyennement concluant.

Malgré tout j'ai encore pris énormément de plaisir à lire un roman de Jonathan Coe qui, m'a une fois de plus captivée, hormis le dernier chapitre qui m'a laissée un peu sur ma faim. Quatrième lecture de Coe, et une fois de plus je savoure son inventivité et sa capacité à nous embarquer dans des histoires toutes différentes les unes des autres, et parfois très farfelues.

D'autres avis : Allie, Ombre des Mots...

Merci à Lise des éditions Folio pour ce très bon moment passé en compagnie de Coe.

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233 p

Jonathan Coe, Les Nains de la Mort, 1990

challenge-coe3-2.jpg2e titre lu dans le cadre du challenge Jonathan Coe de June et Myrddin

05/04/2010

What's the play about ?

woolf_scene_londonienne.jpgHabituée à courir tout le temps ces derniers mois, j'ai savouré ce week-end relativement calme au cours duquel, miracle, j'ai eu le temps de finir deux livres, de me prélasser dans un bon bain et de faire une grasse matinée (mais un tel relâchement en trois jours, est-ce bien raisonnable ?). Toujours est-il que je n'ai pas quitté Londres le temps de mes lectures, en parcourant notamment ses rues grâce à La Scène Londonienne de Virginia Woolf.

Composé de six textes courts pour la première fois réunis tous ensemble, ce petit livre est l'occasion pour nous de redécouvrir l'Angleterre sous le regard parfois amusé, parfois féroce de l'écrivain. Sous des dehors poétiques, la chronique s'avère souvent romanesque, drôle et impertinente, à l'exception d'un texte sur la Chambre des Communes qui laisse transparaître l'inquiétude qu'inspire à Woolf la politique étrangère et, plus particulièrement, le pacte AntiKommintern.

Le premier texte sur "Les Docks de Londres" fait partie de mes favoris, avec cette description par le menu d'une Tamise aux rivages enlaidis par la révolution industrielle de l'ère victorienne, rigueur et poésie se faisant écho à chaque instant. "Quand une fenêtre est brisée, elle reste brisée. Un incendie qui a dernièrement noirci et boursouflé l'un d'eux ne semble pas l'avoir rendu plus lugubre et misérable que ses voisins. Derrière les mâts et les cheminées s'étend une ville naine et sinistre de maisons ouvrières. Au premier plan grues et entrepôts, échaffaudages et gazomètres alignent le long des rives leur architecture squelettique" (p9).

Une fois notre navire débarqué à Londres, nous voilà en route pour Oxford Street où les marchandises déballées sur les quais se retrouvent transformées et soigneusement présentées pour faire découvrir aux badauds les joies des plaisirs mercantiles.

Vient ensuite le moment de faire une courte pause et d'aller retrouver quelques grands hommes en visitant leurs maisons désormais transformées en musée. Celle de Carlyle, privée des conforts modernes, ou encore celle de Keats, vide à l'exception de quelques chaises. "Aucune scène animée ne nous vient à l'esprit. On n'imagine pas qu'on ait pu ici manger et boire, entrer et sortir, que des gens ont dû poser des sacs, laisser des paquets, qu'ils ont dû récurer et nettoyer et se battre avec la saleté et le désordre et porter des seaux d'eau du sous-sol aux chambres à coucher. Tout le remue-ménage de la vie est réduit au silence. La voix de la maison est celle des feuilles caressées par le vent, celle des branches qui frémissent dans le jardin. Une seule présence - celle de Keats - reste encore ici. Et même lui, bien que son portrait soit sur tous les murs, semble passer en silence, mêlé aux flots de lumière, incorporel, sans bruit de pas." (p39-40)

Après les écrivains morts, un petit détour par les abbayes et cathédrales semble tout indiqué (d'une maison à une autre...). La propreté et le calme absolu s'imposent à St Paul, tandis que Westminster, plus "étroite et anguleuse" semble abriter des grands hommes sur le point de se relever. Paix à leur âme, quelques défunts trouvent réellement le calme... dans les cimetières transformés en jardins publics.

Enfin, après un tableau peu flatteur de la Chambre des Communes ("Cette machine gigantesque imprime sa marque sur ce matériau d'humanité quelconque" p63), nous pouvons achever notre tournée chez une Anglaise experte en potins, sans qui Londres ne serait point !

Une virée saisissante et pleine de charme, qui me met en appétît pour la suite...

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77 p

Virginia Woolf, La Scène Londonienne, 1931-1932

 

Lecture dans le cadre du challenge Virginia Woolf qui aura lieu jusqu'à fin 2010.

La Maison de Carlyle et autres esquisses : Pascale,

Les Vagues : Tif,

Le Vieux Bloomsbury : Mea,

Mrs Dalloway : Keisha, L'Or des Chambres, Mango, Mea,

Orlando : DeL (à venir), Titine,

Promenade au phare : Keisha,

Virginia Woolf par Alexandra Lemasson : Maggie,

 

Et pour nous accompagner pendant le Lady Swap, voici la bibliographie non exhaustive ici.

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