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17/04/2018

Keigo Higashino, Les doigts rouges

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Après La Maison où je suis mort autrefois, à l'atmosphère inquiétante, presque surnaturelle, cette deuxième lecture d'un roman de Keigo Higashino a de nouveau produit sur moi une forte impression. Noirceur et habileté sont les deux mots qui me viennent en premier à l'esprit pour qualifier ce récit où l'on sait d'entrée de jeu qui est le tueur. L'intérêt de l'intrigue consiste à suivre en parallèle coupables et police, pour voir comment les premiers comptent s'en sortir et comment les seconds pourront éventuellement résoudre l'affaire.

Maehara Akio est un employé de bureau de la classe moyenne, dont la vie se résume à des journées en entreprise, une éventuelle bière entre collègues, de longs moments passés dans des transports en commun bondés et une vie familiale peu réjouissante. Sa femme Yaeko et lui ne s'entendent pas particulièrement bien, son fils Naomi est un adolescent abruti de jeux vidéos et colérique, et sa vieille mère qui vit avec eux souffre de démence sénile. Lorsque s'ouvre le roman, Yaeko appelle son mari au bureau pour qu'il rentre rapidement : leur fils a étranglé une petite fille, provisoirement cachée sous un sac-poubelle dans le jardin. Au lieu d'appeler la police, la famille décide de couvrir l'adolescent.

Voilà un roman glaçant. Par le sujet bien entendu, mais aussi par la façon dont tout la famille Maehara décide de réagir. La petite est abandonnée dans un endroit sordide. La mère ne cesse de protéger son infâme rejeton ; il ne faudrait pas perturber le pauvre petit chaton, déjà tout tourneboulé par ce qui est arrivé. Tellement perturbé qu'il continue à réclamer des hamburgers, joue à la console et dort paisiblement quand ses parents ne vivent plus. Un adolescent qui d'emblée leur dit ne pas être responsable de par son âge; pour lui, il est tout à fait normal que ses parents gèrent le problème. Et il compte bien ne plus être importuné à ce sujet. Vient ensuite la stratégie mise au point par Akio, tellement sordide et cruelle. Et le retournement de situation final qui nous fait porter sur le déroulement des évènements un tout autre regard. Curieusement, le cynisme de cette famille sera contrebalancé par les réactions de deux cousins policiers, qui par leur approche professionnelle et leurs choix personnels, vont apporter une touche d'humanité, qu'on ne réalisera pleinement que dans les dernières pages. L'auteur décortique des relations familiales complexes avec beaucoup de talent. Un texte dont je n'attendais rien en particulier et que j'ai trouvé original et intelligent.

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237 p

Keigo Higashino, Les doigts rouges, 2009 (2018 pour la version française)

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11/04/2017

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

higashino-la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-623808-264-432.jpgVoilà ma première expérience de polar japonais, avec ce roman encensé par la critique et récompensé par le Prix du Polar international de Cognac en 2010.

Sayaka sollicite son ex-petit ami (narrateur de cette histoire) afin de l'aider dans une quête personnelle. La jeune femme ne conserve aucun souvenir de ses années précédant l'entrée au primaire. Suite au décès de son père, elle a retrouvé une clef et un plan. Se souvenant que son père disparaissait parfois pendant plusieurs jours d'affilée autrefois, elle décide de retrouver la maison et espère que cela lui permettra de recouvrer la mémoire par la même occasion. 

Près d'un lac, ils découvrent ainsi une construction de style occidental, cachée entre les arbres. Le temps semble s'y être arrêté. Tous les réveils, horloges et montres indiquent la même heure. La poussière s'est déposée en couches épaisses. Une chambre d'écolier semble figée depuis des années. Le journal du petit garçon qui l'occupait s'est arrêté brutalement. La porte d'entrée est condamnée, il faut ainsi passer par une cave obscure pour accéder à la maison.

Qu'est-il arrivé aux occupants, qui semblent avoir disparu brutalement ? Quel lien avec Sayaka ou son père ?

Un roman policier qui sort des sentiers battus. On se prend même à frissonner à moment donné lorsque le soir tombe - a-t-on vraiment envie de passer la nuit là avec les protagonistes ? Difficile d'en dire davantage sans dévoiler l'intrigue mais voilà avant tout un roman à l'ambiance glaçante très réussie.

Lu dans le cadre de la LC : Un roman policier / thriller.

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256 p

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois, 2010 (pour la publication française)

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