04/02/2012
Holmes ? Such nonsense !
Je voulais parler ici de meurtres entre soeurs anglaises, lire enfin le roman de Tash Aw, passer des heures à me prélasser sur mon canapé, mon pc sur les genoux et une delicious cup of tea à portée de main, mais le manque de temps me fait privilégier les sorties cinéma de week-end et parler de films hautement intellectuels.
Pour lutter contre le froid, j'ai opté cet après-midi pour une petite escapade en compagnie de Guy Ritchie et de son nouveau Sherlock Holmes, A Game of Shadows. La semaine dernière j'avais déjà passé un moment assez improbable en compagnie de William Shakespeare, mais je vous raconterai ça d'ici quelques jours. Cette fois-ci, comme le titre le journal Marianne (article croisé sur le Net), j'ai vu Sherlock Holmes version grosse baston ou, ajouterais-je, version tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi). J'avais été très bon public lors de la sortie du premier Sherlock, ne connaissant de Ritchie que son video clip publicitaire avec Madonna. J'espérais une suite un peu originale mais j'ai l'impression d'avoir vu une version infiniment plus caricaturale, définitivement moins subtile et positivement grotesque du premier opus (pour ceux qui ont déjà frémi la première fois, je conçois le caractère quelque peu inquiétant de mes propos). Pour résumer, c'est la même chose, sans beaucoup d'inventivité, le tout assaisonné d'un humour bien lourd.
On retrouve les ressorts de tout bon “navet d'action”. Sherlock sauve son ami, évite une guerre mondiale, saute dans des chutes d'eau mais ne meurt pas, suivant un scénario servi par la grâce exquise du réalisateur. Réalisateur qui ne peut s'empêcher de ressortir de son placard les ralentis avant vraie castagne. Mais si je me suis un peu ennuyée pendant ces passages (oui encore une fois je trouve ce type de scène follement soporifique), je n'ai pas été déçue du voyage...
J'ai ainsi découvert : que Sherlock avait un penchant pour les vêtements féminins et le maquillage (la question de la nature de sa relation avec Watson étant évoquée avec beaucoup de finesse) ; que lorsqu'il ne pouvait pas s'habiller en femme il adorait les déguisements ridicules (notamment longue barbiche et grosses barbes – Shakespeare et son faux nez à moustache est en comparaison la discrétion même dans Anonymous) ; qu'il buvait du formol (rien de plus naturel) et mettait des combinaisons de camouflage entre sous-vêtements victoriens et pyjama moulant. Quant à Stephen Fry, vous ne le verrez plus du même oeil après l'avoir découvert (tout nu) en Mycroft Holmes. On ne mentionnera pas la liste complète des aberrations et scènes peu crédibles, il faudrait pour ça copier presque intégralement le scénario ici. Les décors (Paris, Londres, Strasbourg...) et les acteurs sont exquis, mais ce film montre bien l'importance du réalisateur, sans qui les meilleurs ingrédients peuvent se transformer en plat bien fade.

(Voilà qui peut compter pour la prochaine séance des Victorian frogs, au cas où j'aurais besoin d'un plan B)
Sur ce blog : le premier Sherlock Holmes de Ritchie. Une autre version hallucinée de Holmes dans L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Et de Doyle : Le Pacte des Quatre.
Vu dans le cadre du challenge Back to the Past organisé avec Maggie.

Sherlock Holmes A game of Shadows, un film de Guy Ritchie (2011)

21:07 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : sherlock holmes, guy ritchie, robert downey jr, jude law, stephen fry, a game of shadows, xixe, londres, londres xixe, londres victorienne, époque victorienne, angleterre, angleterre victorienne, arthur conan doyle
06/02/2010
Not us, just you !
Attention, ladies and gentlemen, gros coup de coeur en vue ! J'ai craqué à l'improviste pour une soirée Sherlock Holmes au cinéma et mamma !, je ne pouvais pas trouver de meilleur moyen d'amorcer le week-end !
Je m'attendais à être dépaysée, je l'ai été. Exit le vieux limier à l'imperméable immonde, les quinquagénaires et l'embonpoint du bon vieil "associé".

Côté intrigue, le scénariste n'y est pas allé par quatre chemins : une secte adepte de magie noire, un complot au niveau national, un retour d'entre les morts, une fiancée pour Watson et le retour de l'ex-maîtresse de Holmes, voleuse de son état. Alors pas le temps de s'ennuyer (même dans une salle de cinéma gelée, blottie derrière une étole). Je dirais même que le scénario est parfois un brin chargé, qu'on loupe éventuellement quelques détails techniques et que les scènes d'action (bagarres, courses et explosion diverses et variées) encombrent peut-être un peu trop l'ensemble - malgré une réalisation impeccable.
A part ces quelques réserves qui n'en sont pas vraiment tant j'ai apprécié ce film, rien que du bon, du très bon et même du succulent ! Tout d'abord l'esthétique en général : musique absolument parfaite et décalée, plans et éclairages soignés, costumes et décors bluffants, le tout arrosé du plus beau générique de fin que j'aie jamais vu. Et s'il n'y avait que ça... mais il y a également le casting parfait, l'humour et l'ironie et, plus que tout, cette réinterprétation moderne des deux personnages légendaires. Holmes est un parfait compromis entre le beau tombeur et l'excentrique bougon un poil névrosé. Watson n'est plus son ombre, mais bien un égal fort, intelligent et presque aussi caustique que son illustre compère.


Et si vous aimez Londres et le XIXe, les vues de la capitale sont magnifiques (peut-être les plus belles scènes dans une Londres victorienne pour moi).
C'est Guy Ritchie qui doit se frotter les mains, maintenant on saura ce qu'il a fait en dehors de son mariage avec Madonna !

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