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29/11/2012

Ian Mc Ewan, Sur la plage de Chesil : concours

McEwan_Sur la Plage de Chesil.jpgIan McEwan faisait partie de ces (nombreux) auteurs dont je convoitais les romans alléchants depuis un moment sans jamais me décider à les lire. J'ai finalement profité d'un séjour londonien pour découvrir son univers avec Sur la Plage de Chesil.

Edward et Florence viennent de se marier et s'apprêtent à traverser ensemble leur nuit de noces. Dans un petit hôtel en bord de mer, le dîner traîne en longueur tandis que les mariés anticipent chacun à sa façon la nuit à venir. D'un côté Edward brûle d'impatience et ne rêve que du bonheur qui l'attend auprès de sa jeune épouse. A l'inverse, Florence est tétanisée : elle n'a jamais voulu en arriver là et elle rêverait d'un amour platonique car la perspective de ce qui l'attend la dégoûte profondément. Tous deux sont complètement inexpérimentés et le mariage est venu brutalement bousculer le statut quo qui existait entre eux, car il est évident pour tous les deux que le serment fait dans la journée a changé officiellement leur relation et ce qu'ils sont en droit d'en attendre.

Une très belle entrée en matière pour ma première rencontre avec Ian McEwan. Dans ce roman qui pour l'essentiel tient en une seule soirée, McEwan nous livre le portrait de deux personnages que tout oppose, deux âmes à la recherche l'une de l'autre mais profondément entravées par le poids de la tradition et des convenances. Toute leur relation se heurte à ce mariage dans lequel tous deux se sont réfugiés pour de mauvaises raisons et qui leur donne de nouveaux droits ou leur octroie de nouveaux devoirs, selon que l'on songe à Edward ou Florence. Ce changement de statut sonnera le glas de la relation romantique et romanesque qu'ils entretenaient avant.

Un roman tout en finesse, des personnages qui prennent vie sous nos yeux, une écriture très agréable... pour ma part un coup de coeur et une lecture qui me marquera !

Un extrait : « Elle vénérait les vieux mélomanes qui mettaient des heures à émerger de leur taxi, ces derniers Victoriens qui rejoignaient leur place en boitant et en s'appuyant sur leur canne, pour écouter un récital dans un silence religieux, leur sens critique en éveil, les genoux recouverts d'un plaid qu'ils avaient apporté avec eux. » (p30).

D'autres avis : InColdBlog, Levraoueg, Thom, Emjy, Lilly, Sybilline...

Une lecture qui entre dans le cadre du Challenge du Prix Campus, co-organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même en partenariat avec les éditions Folio.

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman,

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178 p

Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil, 2007

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Je profite de cette chronique britannique pour faire un clin d'oeil à deux autres romans qui figurent sur la liste du Prix Campus:

coe_bienvenue au club.jpgBienvenue au club de Jonathan Coe : Un extrait de mon billet datant de 2010 "Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années: (...) En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité.  (...)  Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 ! " N'hésitez pas à aller voir mon billet sur ce roman et mes autres billets sur Jonathan Coe pour vous laisser tenter par cet auteur fabuleux !

alan-bennett-la-reine-des-lectrices.jpeg.jpgLa Reine des Lectrices d'Alan Bennett : Je m'étais ruée sur ce livre à sa sortie, un petit plaisir de lecture comme on les aime ! Ce que j'en ai dit en 2009 : "Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête : lire !. (...) Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA !" Et pour lire mon billet sur ce récit, suivez le guide !

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Prix Campus.jpgEt comme Noël approche, j'ai le plaisir de vous proposer de gagner deux romans britanniques dans le cadre du Prix Campus. Voici donc un nouveau concours pour tenter de gagner un exemplaire de Bienvenue au Club de Jonathan Coe OU de Sur la Plage de Chesil Beach de Ian McEwan. Pour participer, c'est très simple, il suffit de répondre dans les commentaires à cette question : "Quel a été votre roman anglais préféré lu cette année ?" (il peut avoir été publié en 2012 ou bien avant). Pensez aussi à me dire si vous souhaitez participer pour remporter le roman de Jonathan Coe ou celui de Ian McEwan, ou l'un des deux sans préférence. Vous avez jusqu'au 8 décembre pour participer. Good luck !

23/01/2011

Evil dwarves

coe_nains_mort.jpgJ'ai d'abord croisé Jonathan Coe en plongeant dans les années 70 sur les traces d'une bande d'adolescents. Puis j'ai rencontré une femme qui n'aimait pas grand-chose et dont la vie n'avait a priori rien de très intéressant. Le tout avant de croiser plusieurs femmes au destin poignant à travers le récit d'une personne morte depuis peu. Je continue cette année à découvrir son univers romanesque avec Les Nains de la Mort, récit qui, il faut bien le dire, commence très mal pour le héros.

Le narrateur, William, débute son récit en revenant sur le week-end au cours duquel sa vie a basculé. Devant rencontrer un nouveau groupe dans lequel il pourrait jouer, William se retrouve seul avec Paisley, le chanteur, dans la maison où habite toute la bande. Au lieu de rejoindre les autres au studio, le chanteur lui demande de rester avec lui pour attendre deux dealers qu'il espère rouler en les délestant de leur cargaison et en s'enfuyant, après s'être fait passer pour le propriétaire des lieux afin de fixer le rendez-vous. Caché dans la pièce, William assiste finalement au meurtre de Paisley par deux nains cagoulés qui le frappent à mort. S'enfuyant des lieux sans avoir été vu, William croise des policiers et, tout en réussissant à s'échapper, se sait soupçonné de meurtre.

Les chapitres suivants lui permettent d'effectuer un retour en arrière et de revenir sur les différents éléments qui l'ont peu à peu conduit à vivre cette scène. Entre son boulot chez un discaire, sa vie médiocre à Londres, son groupe de rock assez lamentable, son appartement minable dans un quartier sans intérêt, sa colocataire maltraitée par son copain et son histoire platonique avec une certaine Madeline, gouvernante de luxe dans les beaux quartiers, la vie de William n'est pas des plus heureuses.

On découvre enfin ce qui s'est passé suite à sa fuite (eh bien oui, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !). Et là j'avoue avoir été un peu déçue. Le renversement assez inattendu m'a prise au dépourvu, en revanche j'ai trouvé le dernier chapitre un peu facile et moyennement concluant.

Malgré tout j'ai encore pris énormément de plaisir à lire un roman de Jonathan Coe qui, m'a une fois de plus captivée, hormis le dernier chapitre qui m'a laissée un peu sur ma faim. Quatrième lecture de Coe, et une fois de plus je savoure son inventivité et sa capacité à nous embarquer dans des histoires toutes différentes les unes des autres, et parfois très farfelues.

D'autres avis : Allie, Ombre des Mots...

Merci à Lise des éditions Folio pour ce très bon moment passé en compagnie de Coe.

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233 p

Jonathan Coe, Les Nains de la Mort, 1990

challenge-coe3-2.jpg2e titre lu dans le cadre du challenge Jonathan Coe de June et Myrddin

08/12/2010

Le tag des 15

Ma copine victorienne Cryssilda m'a taguée pour répondre au tag des 15, qui circule en ce moment sur la blogosphère et consiste à citer les 15 auteurs vous venant spontanément à l'esprit. J'avoue avoir du mal à me limiter à 15 auteurs : doit-on citer les auteurs qui nous ont marqués à moment donné mais que nous ne lisons plus ? Les auteurs que nous avons beaucoup lus seulement ? Ceux que nous avons moins lus mais qui pour une raison ou une autre, nous ont marqués et auxquels nous pensons presque chaque jour, ne serait-ce qu'une seule fraction de seconde ? Ou ceux qui nous viennent tout de suite en tête (mais là ils ne sont pas seulement 15 !) ?

Les premiers s'imposent sans aucun doute possible :

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Jane Austen, à qui je voue une admiration inconditionnelle. Pride and Prejudice est mon roman favori dans l'absolu et j'ai savouré ses 4 romans et 2 textes plus mineurs que j'ai lus pour l'instant (je prends mon temps pour déguster les quelques textes qu'il me reste encore à découvrir). Ses récits me touchent tout particulièrement et je savoure leur délicieuse ironie et le style enlevé et précis. Un auteur dont l'oeuvre est bien trop souvent assimilée à un amas de romances et de bluettes, en dépit de leur complexité.

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Les soeurs Brontë et en particulier, Charlotte et Emily. Des trois soeurs c'est Charlotte qui m'a le plus marquée mais si je cite surtout Charlotte et Emily, c'est pour une raison particulière. Le monde des soeurs Brontë me fascine depuis l'adolescence et de toutes mes visites de maisons d'auteurs, c'est la découverte de Haworth qui m'a le plus émue et qui m'a davantage permis de me projeter à l'époque concernée. Lorsque j'étais adolescente, à une période où je ne lisais plus beaucoup de classiques et jetais surtout mon dévolu sur les policiers et les histoires d'horreur, et alors que je n'avais aucune idée de ce que pouvait bien être un auteur victorien, deux romans m'ont profondément marquée : à l'âge de quartoze ans, Les Hauts de Hurlevent, lu dans un vieux livre en cuir illustré trouvé chez ma grand-mère, puis l'année suivante, Jane Eyre, découvert un peu par hasard à la bibliothèque. Deux lectures auxquelles je ne pouvais plus m'arracher et qui m'ont pour la première fois fait découvrir la littérature du XIXe qui m'est si chère aujourd'hui. Je me revois encore assise par terre dans ma chambre avec Jane Eyre sur les genoux, incapable de le quitter tant que je n'aurais pas lu les 100 dernières pages. J'espère aimer ce livre longtemps encore - ma grand-mère qui l'avait adoré jeune femme m'avait donné son exemplaire anglais après avoir essayé de le relire à plus de 80 ans, n'y trouvant plus qu'un tas d'inepties !

Maintenant que j'ai cité Jane Austen et les soeurs Brontë, les choix suivants sont moins évidents pour moi (et nettement plus arbitraires) !

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Oscar Wilde me semble encore être un choix assez facile. C'est un des premiers classiques britanniques que j'ai découverts, lorsque j'ai lu Le Fantôme de Canterville en 5e pour mon cours d'anglais renforcé. Nous avions vu à la même époque une adaptation dont je me souviens très peu mais que j'aimerais retrouver. Plus tard, le personnage lui-même a commencé à me fasciner. Sa pièce The Importance of Being Earnest m'a quelque peu réconciliée avec le théâtre, car je n'avais plus trop envie de lire de pièces à ce moment et je me suis régalée en lisant ce texte extrêmement drôle et enlevé. Et puis j'ai quand même serré la main de quelqu'un qui a serré à la main de quelqu'un qui a serré la main d'Oscar Wilde, ce qui m'a permis, comme me l'a expliqué Gyles Brandreth dans un français impeccable, de serrer la main d'Oscar Wilde par procuration (séquence émotion). Quoi qu'il en soit, ce n'est pas sans raison que je lance un challenge Oscar Wilde !

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Edith Wharton. Je n'ai lu qu'un de ses romans cette année mais elle fait partie des auteurs dont j'ai prévu de lire toute l'oeuvre et lorsque je l'ai découverte il y a quelques années à travers plusieurs recueils de nouvelles, j'ai immédiatement été conquise par son style et sa maîtrise du format en question. Une lecture marquante à l'époque, et même si j'ai été un peu moins séduite par Chez Les Heureux de ce Monde, je me vois difficilement ne pas la citer.

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Au passage, j'ai hésité à citer Henry James, auquel je pense toujours lorsque j'évoque Edith Wharton (ce sont d'ailleurs les deux seuls Américains qui ont  leur place dans ma bibliothèque consacrée aux Britanniques classiques). Mais je n'ai pas lu James récemment et à faire un choix entre les deux, c'est peut-être Wharton qui m'a le plus marquée. Malgré tout The Turn of the Screw en particulier a été une lecture "révélation" pour moi. Et il me reste encore un certain nombre de nouvelles à lire dans la Pléiade.

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Curieusement, ces deux-là m'évoquent Virginia Woolf; même si je ne saurais pas dire pourquoi je les associe même vaguement. Je n'ai lu que quelques textes de Woolf : deux romans, deux essais et quelques livres inachevés qui attendent au pied de mon lit. Malgré tout c'est un auteur vraiment à part à mes yeux : d'une finesse et d'une complexité sans égales !

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Thomas Hardy. Un Victorien qui me faisait un peu peur, jusqu'à ce que récemment je lise L'Homme Démasqué et Les Petites Ironies de la Vie. J'ai pris tant de plaisir à les lire que je suis désormais décidée à lire les romans réputés les plus sombres de Hardy. Une découverte récente en quelque sorte, et très enthousiaste !

De plus en plus arbitraire, car pourquoi ne pas citer Vita Sackville West ? Barbara Pym (plus léger mais que je retrouve régulièrement avec plaisir) ? Flora Mayor qui a peu écrit mais que je relis en ce moment et dont j'ai énormément apprécié La Troisième Miss Symons ?

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Mary Elizabeth Braddon, parce que j'ai lancé un challenge pour la découvrir cette année, parce que j'ai adoré les quatre textes d'elle découverts à l'occasion, parce que je vais continuer à la lire et qu'elle faisait partie des auteurs que je souhaitais lire depuis une éternité !

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Elizabeth Gaskell, dont j'ai découvert North and South cette année. Cet été en me rendant avec mon cher et tendre dans le Yorkshire, j'ai souvent pensé à elle sur l'autoroute devant les pancartes qui indiquaient "North / South" sans plus d'explications. J'ai enfin lu son roman phare au mois d'août (après m'être régalée de l'adaptation BBC que je meurs d'envie de revoir) et même si je m'attendais peut-être davantage à un coup de coeur, c'est un des auteurs dont je projette de lire tous les titres. Et puis bon, difficile de ne pas citer celle à qui l'on doit le personnage de Thornton !

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Charles Dickens, qui me vient presque toujours en premier à l'esprit quand je pense aux Victoriens. Dickens dont le personnage m'a toujours plu (et je le rends sans doute bien plus sympathique qu'il ne l'était en réalité lorsque j'y pense), Dickens que j'ai adoré suivre grâce à la jolie plume de Marie-Aude Murail, Dickens dont le Conte de Noël a marqué mon enfance et dont la maison est le premier musée que je me souviens avoir visité seule en Angleterre. Je me souviens de mon arrivée dans la rue, de cette chambre en hommage à sa chère disparue et du temps passé à la fenêtre, à contempler la rue et à me dire que peu de choses avaient sans doute changé depuis qu'il s'était tenu au même endroit. Sans parler de ce petit jardin londonien si minuscule. Et de l'épisode de Doctor Who que j'avais regardé au tout début uniquement pour Dickens. Bref, un auteur qui peuple à sa façon mon imaginaire...

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Charles Baudelaire, une de mes premières révélations littéraires. Baudelaire reste un poète à part pour moi. Outre l'admiration que j'éprouve pour ses écrits, il m'évoque de nombreux souvenirs. Je l'ai découvert dans la Pléiade écornée que mon père tenait de mon grand-père inconnu, fantasmé. J'ai ensuite eu le plaisir d'entendre parler du poète par un professeur de littérature merveilleux. Depuis c'est un auteur pour lequel j'éprouve un attachement mystérieux. J'entretiens avec les Fleurs du Mal un rapport très personnel. Ce poète maudit, dandy, alcoolique, cet enfant terrible de la littérature m'a toujours fait rêver !

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Je cherchais un contemporain à citer et c'est Jean-Pierre Ohl à qui j'ai pensé. Parce que j'ai dévoré Les Maîtres de Glenmarkie, parce que j'attends avec impatience son prochain roman (en espérant sincèrement que celui-ci ne sera pas le dernier), parce que j'entends bien lire son premier roman lorsque j'aurai découvert le roman de Dickens l'ayant inspiré. Parce que la littérature française  actuelle manque cruellement de souffle, de romanesque, parce que j'ai aimé le projet ambitieux de Jean-Pierre Ohl et la délicieuse aventure vécue en compagnie de ses personnages. Parce que j'ai tout simplement aimé son livre autant que j'aime mes chers Britanniques.

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Jonathan Coe... Encore un Anglais ! Décidément, la perfide Albion continue à envahir ce billet, oh my Lord ! J'aime les classiques anglais, vous avez pu le remarquer, mais j'aime aussi les auteurs plus jeunes ou morts depuis moins longtemps (as you like). A des degrés divers, des auteurs tels que Nick Hornby, Tom Sharpe, Kate Atkinson, Roald Dahl (qui a joué un rôle très important pour moi lorsque j'étais enfant). Je voulais lire Coe depuis quelques années et je me suis décidée au printemps, après l'avoir rencontré lors d'une conférence avec d'autres blogueuses. J'étais curieuse parce que j'avais échangé quelques mots avec lui mais surtout j'avais pris énormément de plaisir à l'écouter parler de B.S. Johnson et de la façon dont il avait abordé sa biographie. Depuis j'ai lu trois de ses romans, participe à un challenge Coe et compte bien poursuivre ! La pluie, avant qu'elle tombe a été une de mes plus belles lectures de ces dernières années.

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Sheridan Le Fanu, un Victorien un peu oublié mais que j'aime de temps en temps déterrer de ma bibliothèque. Pour éprouver quelques frissons avec ses histoires de jeunes filles séquestrées, d'oncle ou de père terribles et de lieux abandonnés. J'aurais pu citer Wilkie Collins aussi... là où le Victorien passe, le mystère trépasse !

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J'ai bien envie de citer Fabrice Bourland pour finir. Un auteur très sympathique et plein d'humour que je croise régulièrement au Salon du Livre et qui connaît mon faible pour sa paire de justiciers loufoques, en hommage à un certain Doyle... Doyle que je viens justement de relire !

Je tague à mon tour Maggie, Emjy, Lilly et tous ceux qui n'ont pas encore participé à ce tag et se sentiraient inspirés... (et j'aimerais bien taguer Marine si elle avait un blog...)

26/09/2010

Have you ever seen the rain ?

coe-La-pluie--avant-qu-elle-tombe.jpgJ'ai rencontré Jonathan Coe en début d'année lors d'une interview organisée pour la sortie de sa biographie de B.S. Johnson, écrivain oublié voire inconnu en France. Jusque là je projetais de lire les romans de Coe, sans me presser. L'auteur que j'ai vu ce soir-là m'a intriguée : sa façon de raconter le projet littéraire que constituait cette biographie rédigée de façon originale, ses commentaires sur ce qui l'avait amené à découvrir Johnson, sa façon de présenter cet écrivain et son influence sur ses propres romans, tout cela m'a captivée ce soir-là et c'est en entendant Coe parler d'un autre que j'ai eu envie de le découvrir lui-même en tant qu'écrivain.

J'ai ainsi lu Bienvenue au Club, bon roman agréable à lire, multipliant les histoires parallèles, avec pour toile de fond l'Angleterre des années 70. Puis La Femme de Hasard, sur une femme assez commune dont la vie fade sert de prétexte à une histoire encore une fois très bien racontée. Je viens de lire en quelques jours La Pluie avant qu'elle tombe, roman une fois de plus très différent de mes précédentes lectures et jusqu'ici, de loin mon favori. Je n'avais pas prévu d'en parler aujourd'hui et je crains de le faire bien maladroitement, d'autant plus qu'il m'a laissée dans un état de mélancolie certain, mais je me sens incapable de parler d'autre chose.

Comment résumer cette histoire ? Devrais-je dire qu'il s'agit d'Imogen, une jeune femme dont l'histoire familiale est peu à peu retracée par un membre de sa famille à travers des cassettes enregistrées ? De Gil et de ses filles, qui écoutent ces cassettes suite au décès d'une parente et découvrent l'histoire d'une des branches de leur famille ainsi que les liens qui les relient à elle ? De Rosamond, qui raconte cette histoire en commentant une série de photos avant de mourir, et dont la voix nous accompagne tout au long du récit ? Ou bien de Béatrix et de Théa, les chaînons manquants de l'histoire qui fait d'Imogen et de Gil, deux inconnues, les héritières de Rosamond ?

Le récit débute lorsque Gil, la cinquantaine, apprend le décès de sa tante Rosamond par téléphone. S'ensuit l'enterrement et quelques semaines plus tard, Gil se rend dans la maison de sa tante et découvre des cassettes enregistrées à l'attention d'une certaine Imogen. Ne retrouvant pas cette inconnue, Gil décide d'écouter les cassettes aves ses filles. L'histoire s'achève lorsqu'après avoir découvert leur contenu, Gil reçoit enfin une lettre lui faisant part de ce qu'est devenue Imogen. L'essentiel du roman correspond au récit de Rosamond, qui choisit une vingtaine de photos pour raconter petit à petit à Imogen leur histoire. D'abord l'amitié entre Rosamond et la grand-mère d'Imogen, puis ses relations avec sa mère et, enfin, la façon dont la destinaire des enregistrements a été éloignée d'elle et de sa famille.

La pluie, avant qu'elle tombe est un roman touchant et complexe. La relation entre mères et filles occupe une place importante, à travers les erreurs répétées de génération en génération dans la même famille. Les époques se succèdent et, avec habileté, Coe dresse le portrait d'une famille sur quatre générations, en choisissant un mode de narration original : ces photos espacées de quelques années et dont la description amène la narratrice à raconter une tranche de vie qui s'emboîte parfaitement à la suivante, sans laisser une impression d'inachevé au lecteur ni lasser par une approche un peu répétitive (puisque Rosamond décrit une vingtaine de photos et les scènes qu'elles évoquent pour elle). C'est une histoire poignante, nostalgique et souvent cruelle qui a touché en moi une corde sensible - la beauté désenchantée de ce récit sans doute appuyée par la pluie qui tombe dehors me laisse songeuse et un peu triste.

La Pluie avant qu'elle tombe est celle que préfère la petite Théa, car qu'elle n'existe pas vraiment. "Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heurex, pas vrai ?"

Petit à petit, Rosamond parvient à prendre conscience d'une réalité difficile à saisir : "deux idées absolument contradictoires peuvent être vraies en même temps. Tout ce qui a abouti à toi était injuste. Donc, tu n'aurais pas dû naître. Mais tout chez toi est absolument juste : il fallait que tu naisses. Tu étais inévitable".

Jonathan Coe m'apparaît de plus en plus comme un écrivain anglais essentiel aujourd'hui. Un bon écrivain, à la plume agréable, qui surtout me frappe par son art de la narration et la manière dont il parvient à entraîner le lecteur à sa suite, jusqu'à parfois le laisser un peu perdu sur la route une fois le livre achevé, comme c'est le cas pour moi ici. En tout cas ma découverte de l'univers de Jonathan Coe cette année s'apparente à une révélation et je n'envisage pas une seconde de ne pas lire l'ensemble de ses romans, une fois que cette dernière lecture aura cessé de me hanter.

D'autres avis : Abeille, Alex-Mot-à-Mots, Aproposdelivres, Bambi SlaughterBellesahi, Betty, Bookomaton, Brume, Cachou, Cathulu, Chaplum, Clara, Dasola, Dominique, Emilie, George Sand et moi, Hathaway, Karine:), Kathel, Keisha, Lapinoursinette, Lily, LN, Marie, Nickie, Plaisirsàcultiver, Restling, SD49, Sentinelle, Soie, Thracinée, Voyelle et Consonne...

Lu dans le cadre du challenge Jonathan Coe de June et Myrddin. Au fait, on parle même de Sheffield où je suis allée en juillet (ce qui m'a immédiatement rappelé de très bons souvenirs).

Merci aux éditions Folio pour ce très beau moment de lecture !

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268 p

Jonathan Coe, La pluie, avant qu'elle tombe, 2007

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28/04/2010

England, England across the Atlantic Sea

coe_bienvenue club.jpgVoilà quelques années déjà que je voulais découvrir Jonathan Coe. C'est désormais chose faite avec Bienvenue au club, qui sera certainement bientôt suivi d'autres lectures !

Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années caractérisées par les attentats de l'IRA, la montée de l'extrêmisme et les grèves en masse, peu avant l'arrivée de la dame de fer Mme Thatcher. Mais n'allez pas croire que ce livre va vous asséner des leçons d'histoire ou vous servir de somnifère avant de vous mettre au lit !

Si la toile de fond offre une belle perspective sur toute une époque, l'histoire est avant tout celle d'une bande de copains et de leurs proches. Benjamin et ses amis bons élèves, mélomanes ou écrivains en herbe. Leurs parents, amis ou pas, qui se croisent plus ou moins dans le cadre professionnel ou pendant les réunions parents-profs. Approchant parfois la grande Histoire, tous vivent une vie normale et touchante lorsqu'ils tentent de lui donner un nouveau départ, comme ce chauffeur de bus devenant un rat de bibliothèque pour reconquérir sa femme, séduite par le prof de dessin Plume-dans-le-cul.

En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité. La forme est également au rendez-vous, Coe s'amusant à multiplier les registres, entre les récits à la 1ère ou à la 3e personne, les lettres ou les articles de journaux. Les registres ne manquent pas, le livre alternant entre des sujets sérieux et des anecdotes pleines d'humour. Un livre fait pour ceux qui aiment les bons gros romans associant un contenu intéressant à une forme divertissante, et qui ravira particulièrement ceux que la Grande-Bretagne passionne. Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 !

L'avis d'Alice

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537 p

Jonathan Coe, Bienvenue au club, 2001