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11/06/2013

J. M. Barrie, Peter Pan in Kensington Gardens

rackham_peter pan in kensington gardens.jpgSi je n'ai jamais parlé de James Matthew Barrie par ici, Peter Pan occupe une place de choix parmi mes mythes favoris. Petite j'étais éprise du Peter de Walt Disney, mais c'est quelques années plus tard que je me suis décidée à aller vers le texte de Barrie, découverte merveilleuse et si personnelle après une année de lectures encadrées. Les années se sont écoulées depuis et je compte bien relire prochainement Peter Pan, mais j'ai choisi de découvrir d'abord Peter Pan in Kensington Gardens, qui m'attendait dans une superbe édition illustrée par Rackham. C'est une lecture très complémentaire, qui offre un éclairage intéressant sur Peter Pan, que je préfère cependant.

 Ce livre se découpe en plusieurs chapitres qui sont en quelque sorte autant de contes ou petites histoires reliées entre elle par un fil conducteur. Dans le premier chapitre, le narrateur présente les jardins de Kensington et leur géographie, des jardins qui sont un véritable paradis pour les petits Anglais, qui s'y rendent avec leur nourrice et y vivent de fabuleuses aventures.

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Lorsque Peter Pan s'envole de sa fenêtre et se rend dans les Jardins, c'est un tout petit garçon heureux de son sort et ravi de vivre une nouvelle expérience dans ce lieu qui s'anime à la nuit tombée. Mais une conversation le perturbe : il apprend qu'il n'est plus un oiseau mais un humain. "You will be a Betwixt-and-Between" (p 43) Il perd ainsi confiance en lui et ne peut plus voler : il est donc obligé de rester dans les Jardins.

Ainsi il vit de son côté, fait des rencontres extraordinaires. Mais un jour, les fées qui vivent dans le Jardin lui proposent de réaliser son voeu le plus cher. Il décide de rentrer chez lui et trouve sa mère assoupie et très triste dans la chambre d'enfant mais, au dernier moment, Peter préfère différer son retour. pour dire au revoir à ses amis Malheureusement pour lui, lorsqu'il a définitivement pris sa décision et veut retrouver sa mère, il trouve des barreaux à sa fenêtre, et dans le berceau, un autre bébé : sa mère l'a remplacé et l'a (pense-t-il) oublié. De là l'opinion de Peter sur les mères.

"He went in a hurry in the end (...), this time he flew straight to the window, which was always to be open for him.

But the window was closed, and there were iron bars on it, and peering inside he saw his mother sleeping peacefully with her arm round another little boy.

Peter called, "Mother ! Mother !" but she heard him not; in vain he beat his little limbs against the iron bars. He had to fly back, sobbing, to the Gardens, and he never saw his dear again." (p 111)

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Rackham_Peter_Pan_in_Kensington_Gardens_illustration_.jpgLe petit Peter n'appartient à aucun monde ; il a  par exemple une vision erronée des autres enfants et de leurs jeux. Il essaie de deviner à quoi peuvent servir leurs jouets mais se trompe et les utilise de façon peu appropriée. Un jour, il rencontre une petite Maimie qui devient son amie et qui l'aidera à découvrir un peu mieux ce monde de l'enfance qui le fascine mais auquel il n'a pas vraiment accès. Peter propose à Maimie de l'épouser mais elle décide finalement de retourner auprès de sa mère (!), qui serait trop triste de ne plus la voir. Elle laissera en cadeau à Peter, une chèvre imaginaire. Bien évidemment Maimie évoque Wendy, qui lui succèdera plus tard.

Si, comme je l'ai dit plus haut, je préfère Peter Pan à cet ouvrage-ci, Peter Pan in Kensington Gardens apporte un éclairage très intéressant sur la personnalité de Peter et ses origines. Par ailleurs, les amoureux des Jardins ne pourront qu'être comblés par les descriptions qui en sont faites ainsi que les habitants imaginaires dont J.M. Barrie peuple ces lieux - des êtres qui nous accompagneront forcément lorsque nous nous y rendrons de nouveau. C'est un monde fascinant (bien que parfois cruel) qui nous est présenté là. Les illustrations de Rackham sont fabuleuses - il serait vraiment dommage de découvrir ce texte sans elles, car elles enrichissent beaucoup l'oeuvre.

rackham1.jpgSur les fées : " It is frightfully difficult to know much about the fairies, and almost the only thing known for certain is that there are fairies wherever there are children. Long ago children were forbidden the Gardens, and at that time there was not a fairy in the place; then the children were admitted, and the fairies came trooping in that very evening. They can't resist following the children, but you seldom see them, partly because they live in the daytime behind the railings, where you are not allowed to go, and also partly because they are so cunning. They are not a bit cunning after Lock-out, but until Lock-out, my word !" (p 79)

Les bébés, à force d'être à proximité des fées, reproduisent leur comportement. "She is talking fairy" (p 88)

shelley.jpgOn rencontre aussi au Jardin Shelley : "Shelley was a young gentleman and as grown-up as he need ever expect to be. He was a poet; and they are never exactly grown-up. They are people who despise money except what you need for to-day, and he had all that and five pounds over. So, when he was walking in the Kensington Gardens, he made a paper boat of his bank-note, and sent it sailing on the Serpentine." (p55)

James Matthew Barrie était à l'honneur de la rencontre des Victorian Frogs and Ladies de février : Cryssilda, Céline, Delphine et Titine ont découvert Peter Pan ; Isil a lu Le Petit Oiseau Blanc, qui inclut le présent ouvrage.

Je vous invite aussi à lire les articles de Malice sur Peter Pan mais aussi J.M. Barrie en géneral, qui témoignent d'un véritable attachement à cet auteur et vous donneront des idées de lecture si vous découvrez l'univers de Barrie. Et bien évidemment, le site consacré à James Matthew Barrie (sur l'auteur, ses oeuvres, ses éditions..).

178 p

James Matthew Barrie, Peter Pan in Kensington Gardens, 1906

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Et pour poursuivre notre promenade dans les Jardins de Kensington, quelques photos prises lors d'un de mes nombreux moments passés à les arpenter...

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© Photos Myloubook

10/08/2011

Fantômes victoriens, ou pas

colin_comme des fantomes.jpgComme des Fantômes constitue un recueil pour le moins atypique : présenté comme une anthologie faisant suite à la mort de Fabrice Colin (en réalité tout à fait en forme), ce livre est composé d'une série de textes très divers. Nouvelles, entretien, introductions à l'oeuvre fictive du fictif Fabrice Colin, les variantes ne manquent pas.

J'ai découvert une facette de l'auteur que je ne connaissais pas du tout et qui a éveillé ma curiosité : l'influence des auteurs anglo-saxons sur son oeuvre, son attirance pour des auteurs tels que Lovecraft et Tolkien mais aussi James Matthew Barrie, Lewis Carroll, Virginia Woolf, Kenneth Grahame, sans oublier l'illustrateur Arthur Rackham. Barrie et Carroll occupent une place particulière et reviennent à plusieurs reprises dans le cadre de récits imagés. La plupart de ces textes m'ont beaucoup intéressé, en revanche je reste dubitative quant au passage où Peter Pan se présente en fornicateur d'adolescents suicidaires.

Beaucoup de nouvelles ont le charme mystérieux des contes fantastiques, mêlant des éléments classiques à un univers plus moderne. La présentation générale ne manque pas d'originalité, ni d'humour !

Un livre étonnant, plein de surprises et de passages joliment tournés. Certains textes m'ont davantage marqué : les plus ancrés dans la fantasy me touchent moins que les allusions aux maîtres victoriens. A noter quelques nouvelles dont je garde un souvenir particulier : "Arnarstapi "(autour de l'Alice de Lewis Carroll, dont le chat laisse ses sourires partout) et "Retour aux affaires", sur un homme chargé de débarrasser les vivants des morts encombrants. Si tout ne m'a pas plu, Comme des Fantômes m'a donné envie de découvrir un peu plus l'oeuvre de Fabrice Colin, dont je ne connais pour l'instant que Les Etranges Soeurs Wilcox. Si vous souhaitez me conseiller des livres d'inspiration victorienne ou anglaise, je suis preneuse !

D'autres avis :

Le Vallon Fantastique, Cafard Cosmique, Titine, Adalana, Cachou, Les Riches Heures de Fantasia, Lire ou Mourir, True Blood Addict, Leiloone, Efelle, De l'autre côté du miroir, Thabanne, Lulu Off the Bridge, Bulle de Livre, Elbakin, Ryuuchan, Les Chroniques de l'Imaginaire, Bederom, Falaise Lynnaenne, Sherryn

Merci à Constance de Folio pour cette lecture.

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474 p

Fabrice Colin, Comme des Fantômes, 2008

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04/08/2011

Peter Pan dans les jardins de Kensington

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Souvenirs de promenades dans un jardin anglais...

Copyright My Lou Book (photos Juillet 2011)

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11/07/2011

Finding Neverland

findingnerverland01.jpgL'univers de Peter Pan exerce depuis longtemps une certaine fascination sur moi. J'avoue avoir découvert le personnage à travers l'adaptation très libre de Disney et, si j'ai pu depuis mesurer à quel point cette version était simpliciste et hollywoodienne par rapport à l'oeuvre de Barrie (que j'ai à peine commencé à explorer), je garde un souvenir attendri de cette première rencontre, Peter Pan ayant à l'époque peut-être été mon personnage favori. J'ai depuis lu (il y a quelques années) le récit Peter Pan, mais pas encore la pièce. Je suis également en train de lire un ouvrage sur Peter Pan publié aux éditions Autrement, j'ai lu récemment Le Portrait de Margaret Ogilvy par son fils (dans sa traduction chez Actes Sud) et j'ai commencé à parcourir James Matthew Barrie and the Lost Boys d'Andrew Birkin, qui promet d'être une lecture inoubliable.

Finding Neverland est une version très "romancée" de la rencontre entre James Matthew Barrie et la famille Llewelyn Davies, ainsi que de la genèse de Peter Pan.

Auteur célèbre qui vient toutefois d'essuyer un échec avec sa dernière pièce, James Matthew Barrie est un génie qui a gardé l'âme d'un enfant. Contrairement à sa femme, bien plus soucieuse des convenances, Barrie aime s'échapper avec son chien Porthos et travailler dans les jardins de Kensington. C'est là qu'il fait la connaissance des enfants Llewelyn Davies et de leur mère Sylvia, veuve depuis quelque temps. Entre eux naît une amitié qui comptera rapidement de plus en plus dans la vie de l'auteur, qui s'attache aux enfants et tombe amoureux de la mère. Cette relation devient sans surprise la cible des ragots : Madame Barrie, lasse de vivre seule, trompe son époux puis finit par le quitter, tandis que la mère de Sylvia tente d'intervenir pour sauver la réputation menacée de sa fille.

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Ce film assez éloigné de la vérité sur de nombreux points est pour moi un très joli coup de coeur. A vrai dire je l'avais déjà vu il y a quelques années et bizarrement, je m'en souvenais assez peu, hormis les grandes lignes. C'est un film à la structure assez classique ("académique" ai-je pu lire), ce qui peut surprendre compte tenu du sujet. C'est aussi un film grand public, qui saura vous faire rire et vous émouvoir (la fin a de quoi faire fondre en larmes les plus tendres, et peut-être les autres aussi).

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Malgré tout, outre le jeu de Johnny Depp (très éloigné physiquement de Barrie mais tout à fait crédible dans ce rôle, tel qu'il a été défini par le réalisateur) et de Kate Winslet, j'ai été très sensible au caractère rêveur de Barrie dans ce film. Je m'émerveillais de voir ce personnage transformer une situation réelle souvent banale en une véritable aventure, sous la forme d'hallucinations. Je pense en particulier au passage où il imagine que la grand-mère des enfants Llewelyn Davies est une sorcière, sur le point de les séquestrer. Un film qui brosse le portrait d'un James Matthew Barrie très humain qui, à la fin du film, ne peut que révéler son impuissance face à la mort lorsqu'il est interrogé par le petit Peter ; pour une fois, Barrie ne peut habiller la réalité pour en faire un monde bien plus exaltant que ce qu'il n'est.

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Un film esthétique, touchant, invitant à découvrir davantage l'univers de James Matthew Barrie, et dont je vais garder un souvenir empreint de féérie.

Voici sur Chasing the Frog un article assez concis faisant un parallèle entre le film Finding Neverland et les circonstances de la création de la pièce Peter Pan, ainsi qu'un autre plus détaillé sur le site Awesome Stories.

Avis sur le film : Gatomon, Critikat, Film de culte

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Finding Neverland, un film de Marc Forster (2004)

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