10/08/2011

Fantômes victoriens, ou pas

colin_comme des fantomes.jpgComme des Fantômes constitue un recueil pour le moins atypique : présenté comme une anthologie faisant suite à la mort de Fabrice Colin (en réalité tout à fait en forme), ce livre est composé d'une série de textes très divers. Nouvelles, entretien, introductions à l'oeuvre fictive du fictif Fabrice Colin, les variantes ne manquent pas.

J'ai découvert une facette de l'auteur que je ne connaissais pas du tout et qui a éveillé ma curiosité : l'influence des auteurs anglo-saxons sur son oeuvre, son attirance pour des auteurs tels que Lovecraft et Tolkien mais aussi James Matthew Barrie, Lewis Carroll, Virginia Woolf, Kenneth Grahame, sans oublier l'illustrateur Arthur Rackham. Barrie et Carroll occupent une place particulière et reviennent à plusieurs reprises dans le cadre de récits imagés. La plupart de ces textes m'ont beaucoup intéressé, en revanche je reste dubitative quant au passage où Peter Pan se présente en fornicateur d'adolescents suicidaires.

Beaucoup de nouvelles ont le charme mystérieux des contes fantastiques, mêlant des éléments classiques à un univers plus moderne. La présentation générale ne manque pas d'originalité, ni d'humour !

Un livre étonnant, plein de surprises et de passages joliment tournés. Certains textes m'ont davantage marqué : les plus ancrés dans la fantasy me touchent moins que les allusions aux maîtres victoriens. A noter quelques nouvelles dont je garde un souvenir particulier : "Arnarstapi "(autour de l'Alice de Lewis Carroll, dont le chat laisse ses sourires partout) et "Retour aux affaires", sur un homme chargé de débarrasser les vivants des morts encombrants. Si tout ne m'a pas plu, Comme des Fantômes m'a donné envie de découvrir un peu plus l'oeuvre de Fabrice Colin, dont je ne connais pour l'instant que Les Etranges Soeurs Wilcox. Si vous souhaitez me conseiller des livres d'inspiration victorienne ou anglaise, je suis preneuse !

D'autres avis :

Le Vallon Fantastique, Cafard Cosmique, Titine, Adalana, Cachou, Les Riches Heures de Fantasia, Lire ou Mourir, True Blood Addict, Leiloone, Efelle, De l'autre côté du miroir, Thabanne, Lulu Off the Bridge, Bulle de Livre, Elbakin, Ryuuchan, Les Chroniques de l'Imaginaire, Bederom, Falaise Lynnaenne, Sherryn

Merci à Constance de Folio pour cette lecture.

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474 p

Fabrice Colin, Comme des Fantômes, 2008

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04/08/2011

Peter Pan dans les jardins de Kensington

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Souvenirs de promenades dans un jardin anglais...

Copyright My Lou Book (photos Juillet 2011)

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11/07/2011

Finding Neverland

findingnerverland01.jpgL'univers de Peter Pan exerce depuis longtemps une certaine fascination sur moi. J'avoue avoir découvert le personnage à travers l'adaptation très libre de Disney et, si j'ai pu depuis mesurer à quel point cette version était simpliciste et hollywoodienne par rapport à l'oeuvre de Barrie (que j'ai à peine commencé à explorer), je garde un souvenir attendri de cette première rencontre, Peter Pan ayant à l'époque peut-être été mon personnage favori. J'ai depuis lu (il y a quelques années) le récit Peter Pan, mais pas encore la pièce. Je suis également en train de lire un ouvrage sur Peter Pan publié aux éditions Autrement, j'ai lu récemment Le Portrait de Margaret Ogilvy par son fils (dans sa traduction chez Actes Sud) et j'ai commencé à parcourir James Matthew Barrie and the Lost Boys d'Andrew Birkin, qui promet d'être une lecture inoubliable.

Finding Neverland est une version très "romancée" de la rencontre entre James Matthew Barrie et la famille Llewelyn Davies, ainsi que de la genèse de Peter Pan.

Auteur célèbre qui vient toutefois d'essuyer un échec avec sa dernière pièce, James Matthew Barrie est un génie qui a gardé l'âme d'un enfant. Contrairement à sa femme, bien plus soucieuse des convenances, Barrie aime s'échapper avec son chien Porthos et travailler dans les jardins de Kensington. C'est là qu'il fait la connaissance des enfants Llewelyn Davies et de leur mère Sylvia, veuve depuis quelque temps. Entre eux naît une amitié qui comptera rapidement de plus en plus dans la vie de l'auteur, qui s'attache aux enfants et tombe amoureux de la mère. Cette relation devient sans surprise la cible des ragots : Madame Barrie, lasse de vivre seule, trompe son époux puis finit par le quitter, tandis que la mère de Sylvia tente d'intervenir pour sauver la réputation menacée de sa fille.

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Ce film assez éloigné de la vérité sur de nombreux points est pour moi un très joli coup de coeur. A vrai dire je l'avais déjà vu il y a quelques années et bizarrement, je m'en souvenais assez peu, hormis les grandes lignes. C'est un film à la structure assez classique ("académique" ai-je pu lire), ce qui peut surprendre compte tenu du sujet. C'est aussi un film grand public, qui saura vous faire rire et vous émouvoir (la fin a de quoi faire fondre en larmes les plus tendres, et peut-être les autres aussi).

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Malgré tout, outre le jeu de Johnny Depp (très éloigné physiquement de Barrie mais tout à fait crédible dans ce rôle, tel qu'il a été défini par le réalisateur) et de Kate Winslet, j'ai été très sensible au caractère rêveur de Barrie dans ce film. Je m'émerveillais de voir ce personnage transformer une situation réelle souvent banale en une véritable aventure, sous la forme d'hallucinations. Je pense en particulier au passage où il imagine que la grand-mère des enfants Llewelyn Davies est une sorcière, sur le point de les séquestrer. Un film qui brosse le portrait d'un James Matthew Barrie très humain qui, à la fin du film, ne peut que révéler son impuissance face à la mort lorsqu'il est interrogé par le petit Peter ; pour une fois, Barrie ne peut habiller la réalité pour en faire un monde bien plus exaltant que ce qu'il n'est.

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Un film esthétique, touchant, invitant à découvrir davantage l'univers de James Matthew Barrie, et dont je vais garder un souvenir empreint de féérie.

Voici sur Chasing the Frog un article assez concis faisant un parallèle entre le film Finding Neverland et les circonstances de la création de la pièce Peter Pan, ainsi qu'un autre plus détaillé sur le site Awesome Stories.

Avis sur le film : Gatomon, Critikat, Film de culte

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Finding Neverland, un film de Marc Forster (2004)

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