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29/06/2017

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford

granger_brouillard deptford.jpgJ’attendais avec impatience la sortie du tome 6 de la série Ben Ross et Elizabeth Martin d’Ann Granger, que je continue finalement à poursuivre en français  - ma sensibilité aux belles couvertures n’y est pas pour rien, et pour une fois, les couvertures françaises sont plus réussies. Force est de constater que je suis passée à côté de ce roman.

On retrouve l'inspecteur Ross et son épouse Lizzie, dont les points de vue s'entrecroisent et permettent d'enrichir le récit des aventures de chacun. Si j'apprécie beaucoup ce procédé, j'ai trouvé qu'il fonctionnait nettement moins cette fois-ci. Quelle histoire artificielle !

Une femme est retrouvée morte sur un terrain vague, avec une profonde blessure à la tête. On découvre rapidement qu'il s'agit d'une prêteuse sur gage, ce qui ne lui fait logiquement pas beaucoup d'amis. En parallèle, Lizzie apprend que le futur beau-frère de son cousin Frank Carterton est criblé de dettes contractées auprès d'une prêteuse sur gage. Quelle surprise ! Il s'agit de la femme assassinée. Les soupçons vont donc immédiatement se porter sur le jeune homme, mêlant ainsi indirectement Lizzie à l'enquête puisque sa famille sollicite son aide.

Moi qui adore cette série, je me suis un peu ennuyée cette fois-ci. Trop de coïncidences, à commencer par Lizzie, le jeune homme endetté et sa soeur qui tentent d'entrer chez la prêteuse alors que Ben y est déjà en raison de son assassinat. Une enquête qui tourne en rond et avance poussivement selon le fruit du hasard. On n'explore même pas sérieusement la piste des personnes endettées qui auraient pu chercher à se débarrasser de celle qui menaçait de les faire tomber : il suffit de dire que les reconnaissances de dettes ont disparu pour écarter toute cette piste. Quant aux coupables, je les soupçonnais depuis longtemps, avec une surprise finale qui n'en est pas vraiment une si on a lu quelques mystery novels (je savais bien que le mort n'était pas mort...). On croise moins Lizzie cette fois-ci, le rapport entre son récit et celui de Ben est moins équilibré et c'est bien dommage.

Au passage, dans les notes de bas de page on parle des cinq femmes d'Henri VIII, un peu surprenant à moins de considérer qu'Anne de Clèves est à exclure puisque le mariage fut remis en question une fois la promise découverte (et nettement moins séduisante que ne le laissait présager son portrait)? J'ai toujours entendu parler des six femmes d'Henri VIII...

Dans les points positifs : l'accent mis sur la condition injuste de la bonne de la meurtrière, dont la vie s'annonce sombre en raison d'une arthrite sévère ; un passage touchant où un pauvre bougre illettré est en admiration devant le policier venu noter sa déposition ; une remarque du superintendant qui regrette qu'on ne puisse pas engager Mrs Ross car c'est une femme, avant de dire que cela vaut peut-être mieux car on n'aurait alors plus besoin des services de ces messieurs.

Franchement pas le meilleur opus, tout juste passable même si on retrouve avec plaisir les personnages. J'espère que le prochain tome me séduira davantage !

Je ne suis pas dans une bonne période là, car je lutte aussi avec ma lecture en cours (un vrai ramassis d'idioties malgré un bon départ).

Mes précédentes lectures d'Ann Granger, en VF ou VO selon les tomes :

Lu dans le cadre de la Lecture commune autour d'Ann Granger.

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360 p

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford, 2016

mois anglais 05.jpgBritish mysteries 2016_2.jpg

11/09/2016

Ann Granger, Le Témoignage du Pendu

granger_temoignage pendu.jpegAh... qu'il fait bon retrouver un petit polar victorien à l'occasion - et même les consommer sans modération. C'est donc avec un plaisir anticipé que j'ai ouvert le cinquième tome des aventures de Ben & Elizabeth Ross d'Ann Granger.

Dans ce nouvel opus, Ben est appelé un soir au chevet d'un condamné à mort, qui doit être pendu lendemain. Celui-ci ne remet pas en cause le jugement le concernant mais dit souhaiter alléger sa conscience d'un poids avant d'être exécuté. Des années plus tôt, alors qu'il était un marchand prospère à la recherche d'un abri lors d'un orage près de Putney, il a été témoin du meurtre d'un vieillard par une jeune femme. Si les supérieurs de Ben ne souhaitent pas ouvrir d'enquête dans un premier temps, l'inspecteur accepte que son épouse mette à profit ses talents de détective amateur pour enquêter en toute discrétion. En parallèle, Ben doit retrouver la famille d'un bourgeois pour le moins odieux qui ne cesse de lui rappeler qu'il paye ses impôts et entend bénéficier des services d'une police efficace. Son histoire d'enlèvement semble cependant quelque peu tirée par les cheveux...

Une nouvelle fois, Ann Granger nous livre une enquête rythmée grâce aux récits croisés de Ben et Lizzie, un système toujours aussi efficace qui permet de varier les points de vue et de mêler deux enquêtes en parallèle. Une série qui doit aussi beaucoup à ce couple moderne et attachant, dont la complicité est particulièrement bien exploitée dans ce cinquième tome où ils travaillent de concert.

Cette fois-ci, Ann Granger varie également les lieux, ce qui donne plus d'intérêt encore au récit pour ceux qui comme moi sont sensibles au cadre historique. Comme toujours, elle porte un regard plutôt féministe sur la condition de la femme à l'époque victorienne.

On se régale, on en redemande... une lecture qui m'a donné envie de me plonger de nouveau tête baissée dans mes lectures victoriennes et néo-victoriennes.

Une LC partagée avec :

Mes précédentes lectures d'Ann Granger, en VF ou VO selon les tomes :

Il me reste à lire le tome 3 qui figure déjà dans ma PAL. Si une lecture commune vous tente, I'm in !

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335 p

Ann Granger, Le Témoignage du Pendu

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12/06/2015

Ann Granger, A Mortal Curiosity

granger_mortal curiosity.jpegJ'avais beaucoup apprécié les tomes 1 et 4 de la série Ben Ross et Lizzie Martin d'Ann Granger. C'est avec plaisir que j'ai retrouvé ce couple bien sympathique à travers ce 2e opus, qui me donne d'ailleurs envie de lire le tome suivant sans trop tarder.

Elizabeth Martin vit depuis le décès de son père chez une parente éloignée, qui l'a engagée comme dame de compagnie. Dans le tome 1, la jeune femme vient d'arriver à Londres et se retrouve mêlée à une enquête. Elle rencontre l'inspecteur Ben Ross, ancien enfant des mines, qu'elle avait croisé des années auparavant. Dans le tome 2, son employeuse attend avec impatience qu'Elizabeth trouve une autre situation. Elle lui propose de tenir compagnie à une jeune femme qui a récemment perdu son bébé. Elizabeth se rend ainsi sur une petite île anglaise, dans une maison cossue isolée, au sein d'une famille respectable. Bientôt, un chasseur de rat est assassiné dans le jardin. La police locale n'ayant jamais eu à traiter ce genre de cas, on envisage de faire appel à Scotland Yard et Elizabeth recommande de contacter Ben, qui arrive sur place. Comme c'est toujours le cas dans cette série, Elizabeth et Ben sont les deux narrateurs de ce roman, chacun faisant progresser l'enquête à sa manière d'un chapitre à l'autre.

ann granger,a mortal curiosityUne lecture vraiment agréable, portée par deux personnages principaux très attachants. Le lecteur est de suite embarqué dans le récit, qui se lit d'une traite pour qui a un peu de temps devant soi. J'ai cependant trouvé la solution de l'énigme un peu énorme et ai eu du mal à complètement adhérer aux motifs de l'assassin. On ne s'intéresse par ailleurs plus du tout à deux personnages importants à la toute fin du récit, ce qui m'a laissée un peu sur ma faim. Mais, en dépit de ces quelques réserves, j'ai beaucoup aimé me plonger dans cette ambiance mystérieuse mais bucolique et retrouver les deux héros. Sans être un roman social, A Mortal Curiosity évoque aussi les workhouses et le sort des orphelins victoriens, ce qui ajoute un peu de profondeur à l'intrigue.

C'est aussi un roman qui met à l'honneur une femme volontaire et indépendante assez en avance sur son époque, au point de jouer un rôle important dans les enquêtes du Yard. Elle fait un peu penser à Charlotte Pitt mais j'avoue que ma préférence va encore au futur couple imaginé par Ann Granger. Une série chaudement recommandée aux amateurs de polars historiques et plus encore, victoriens !

(Lu en anglais mais je n'ai pas résisté au plaisir de mettre également en avant la couverture française, qui me plait énormément !)

Lecture commune autour d'Ann Granger pour le Mois anglais.

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405 p

Ann Granger, A Mortal curiosity, 2008

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14/03/2010

La vieille philosophie de l'âme double

bourland_enquete_dupin.jpgIl peut vous arriver des choses terribles dans la vie, comme le fait d'être à Barcelone pendant le salon du livre 2009. Parfois, une personne soucieuse de votre équilibre mental  telle qu'Isil accepte de vous aider à surmonter ce moment difficile en se rendant pour vous au stand 10-18 afin de rencontrer Fabrice Bourland à l'occasion de la sortie de son dernier roman.

C'est ainsi qu'avec quelques mois de retard (j'ai déjà fait bien pire), j'ai lu le mois dernier La dernière Enquête du Chevalier Dupin.

Pour ceux qui connaissent la série, rappelez-vous Les Portes du Sommeil, avec ses morts suspectes survenant pendant les cauchemars d'individus fascinés par les mystères du sommeil. L'écrivain en profitait pour intriguer ses lecteurs en évoquant le suicide de Nerval, avant de les abandonner lâchement aux affres de l'angoisse : qu'en était-il de cette enquête laissée en suspens ?!

Court roman visant à apporter une réponse à cette question, La dernière enquête du chevalier Dupin s'inscrit en marge de la série des détectives de l'étrange (ne vous avisez d'ailleurs pas d'y chercher le tandem holmesien qui anime les deux premiers romans).

Difficile de ne pas en dire trop sur ce récit; je ne ferai donc que jouer les viles tentatrices en faisant miroiter les éléments suivants : vous croiserez au détour d'une rue ou d'un cimetière Edgar Allan Poe, Alexandre Dumas et Gérard de Nerval ; une fois de plus, vous serez confrontés à des énigmes invraisemblables (et à des solutions plus saugrenues encore);  enfin, vous pourrez vous promener dans un Paris oublié, fait de ruelles tortueuses et d'endroits parfois sordides sacrifiés par le baron Haussmann.

Une fois de plus, je suis sous le charme de cette série décalée qui sied davantage aux rêveurs qu'aux détectives amateurs. Voilà un roman ingénieux et plein de fraîcheur qui m'a offert une pause très divertissante. Le tout agrémenté d'une plume agréable... autant le dire de suite, je continuerai à lire les aventures pseudo policières de Fabrice Bourland.

Au passage, merci à l'auteur pour la dédicace par procuration très sympa !

Et par ici, les deux précédents romans : Le Fantôme de Baker Street et Les Portes du Sommeil.

Et l'avis de Maggie!

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116 p

Fabrice Bourland, La dernière Enquête du Chevalier Dupin, 2009