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17/06/2013

Downton Abbey saison 2

downton-abbey2_01.jpgJ'ai profité du Mois anglais pour plonger de nouveau dans l'univers de Downton Abbey. Au mois de mai j'ai donc revu la saison 1 et découvert tous les autres épisodes. Aujourd'hui parlons un peu de la saison 2 !

[Tout plein de spoilers dans mon billet]

Après la saison 1 qui couvrait le nauffrage du Titanic en 1912 jusqu'à l'annonce de la 1ère guerre mondiale, la saison 2 traite de la période de la 1ère guerre mondiale, avec tous les bouleversements que l'on peut imaginer. Downton n'est évidemment pas à l'abri du conflit. Parmi les serviteurs, Thomas s'enrôle en espérant qu'un sort plus clément le récompensera du fait de s'être porté volontaire tôt. William ne reçoit jamais son affectation et vit mal le fait de passer pour un planqué. Lord Grantham espère pouvoir intervenir mais n'obtient qu'un poste honorifique. Bien évidemment, Matthew part à la guerre : que va-t-il advenir de l'héritier ? De façon générale, la vie du domaine se trouve bouleversée : effectifs réduits puis transformation de plusieurs pièces en hôpital de convalescence.

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J'ai dévoré cette saison comme toutes les autres, mais il y a du bon et du mauvais dans ces épisodes. Rien à dire du côté des costumes, de l'aspect historique, du casting. L'évolution de certains personnages m'a paru intéressante, comme Lady Edith qui apprend à conduire, donne un coup de main à la ferme puis s'investit pleinement auprès des soldats convalescents résidant à Downton. Son engagement est peut-être plus surprenant que celui de Lady Sybil, qui devient infirmière et reste conforme à son personnage : généreuse, sympathique, attachante, bien que moins complexe que sa soeur (malgré tout j'ai toujours adoré Lady Sybil et la saison 3 m'a traumatisée). Lady Violet est de plus en plus délicieuse au fil des saisons ; ce personnage garde sa langue acérée tout en paraissant plus humaine et moins distante, devenant même très attachante. Certains n'évoluent pas favorablement : je pense surtout à Cousin Isobel qui devient un peu moins sympathique qu'auparavant. Alors qu'elle incarnait une femme ouverte d'esprit et généreuse dans la saison 1, son comportement devient plus équivoque dans la saison 2. Elle oublie sa place en croyant pouvoir imposer des changements brutaux à ses cousins propriétaires de Downton. Elle se rengorge à l'idée de gérer seule la maison de convalescence, ce qui ne sera pas le cas, et se satisfait de ses mérites, au point d'être un peu décontenancée et déçue lorsque c'est Edith qui est félicitée pour son investissement désintéressé. Enfin elle se mêle de l'enrôlemement de certains hommes de son entourage que Violet avait essayé de protéger par égard pour leur famille (derniers fils de la fratrie).

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Une grande partie de la saison 2 tourne autour des relations de Matthew et de Mary. Evidemment, on sait bien qu'ils vont finir ensemble, mais dans cette saison nous avons droit à la jeune fiancée amoureuse  et innocente pour l'un et au promis arriviste et intraitable pour l'autre. En sachant pertinemment que d'une façon ou d'une autre ces personnages auront fait leur temps à la fin de la saison, on voit Matthew et Mary échanger des conversations privilégiées, taire leurs sentiments etc etc. L'issue est pleine de trémolos, mais le point final prévisible : les deux cousins se déclarent leur amour. Oh, quelle surprise.

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Dans les petites péripéties incongrues, notons l'arrivée d'une nouvelle servante qui va s'intéresser de trop près à Lord Grantham, à deux doigts de tromper sa femme. La servante en question n'apporte rien à la série, rien dans sa personnalité ne pourrait rendre crédible une histoire d'amour, quant à une simple infidélité c'est assez peu probable quand on considère les principes moraux stricts de Lord Grantham et sa réaction peu clémente à l'annonce de Lady Sybil, lorsque celle-ci lui annonce son intention d'épouser Tom, le chauffeur irlandais révolutionnaire. Lord Grantham méritait mieux que ces quelques scènes sans intérêt s'il devait avoir une aventure ! Au niveau des domestiques, l'histoire entre Bates et Anna s'enlise et tourne au mélodrame avec l'arrivée de la méchante Mrs Bates, si bien qu'entre la fin de la deuxième saison et le début de la troisième saison je n'éprouvais plus beaucoup d'intérêt pour cette partie de l'intrige. Enfin, un événement m'a paru trop rapidement traité : l'ancien héritier en titre, Patrick, qui était censé avoir péri dans le naufrage du Titanic, revient complètement défiguré. Lord Grantham refuse de croire à sa version des faits, seule Edith pense le reconnaître. Il partira en laissant planner le doute ; on peut supposer qu'il est parti car ce n'était qu'une tentative de fraude et que, s'il avait réellement été Patrick, il aurait tenté de rester un peu plus longtemps. Malgré tout la parenthèse est fermée bien rapidement sur cette péripétie.

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Malgré cela, cette série reste complètement addictive, ne serait-ce que pour certains personnages qui jamais ne nous déçoivent (à commencer par Violet). Et puis, on s'attache si facilement à cette famille qu'il est impossible de les quitter en route... et même si l'histoire d'amour de Sybil et de Tom reste dans l'ombre de celle de Mary et Matthew, j'ai pris un immense plaisir à suivre son évolution. De même que les personnalités des domestiques qui nous sont progressivement révélées nous donnent envie de descendre plus souvent à l'office pour assister à leurs échanges et fréquentes prises de bec.

Mon billet sur la saison 1.

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Downton Abbey, saison 2, 2011

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13/06/2013

From Time to Time

film_From_Time_to_Time.jpgCes derniers temps j'ai beaucoup croisé Julian Fellowes : avec toute la série Downton Abbey mais aussi ce film, From Time to Time, découvert un peu par hasard alors que je me livrais à quelques achats compulsifs de DVD anglais.

Ce film avait tout pour m'attirer : film d'époque, casting de rêve (retrouvons donc encore une fois Maggie Smith et Hugh Bonneville), histoire de fantômes et de maison mystérieuse, scénario de Julian Fellowes... je ne pouvais que pousser des glapissements ridicules tant ma joie était à son comble !

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The plot : Fin de la seconde guerre mondiale. Le jeune Tolly est envoyé chez sa grand-mère tandis que sa mère reste à attendre des nouvelles de son père soldat. Il connaît peu sa grand-mère, qui s'était fâchée avec la famille, et découvre la merveilleuse propriété qui avait servi de terrain de jeu à son père. La demeure est malgré tout en mauvaise posture : après le départ des soldats qui l'ont occupée, il apparaît que les frais d'entretien sont trop importants et qu'il faudra bientôt vendre, après des siècles passés entre ses murs. Le jeune Tolly s'intéresse immédiatement à ses ancêtres, dont les portraits figurent en bonne place dans toute la maison. Peu à peu, il va voir leurs fantômes et revivre ainsi une partie tragique de l'histoire de la maison, au début du XIXe siècle. Dès lors les deux périodes s'entremêlent, les fantômes servant de lien entre les deux époques et les passages entre les siècles se multipliant pour qui sait voir autrement.

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C'est un film très agréable, même s'il n'a pas été pour moi le coup de foudre absolu auquel je m'attendais. Le point fort tient à la co-existence et l'entrecroisement des deux périodes, très contrastées. D'une part la fin de la guerre avec les tickets de rationnement, les couleurs ternes, une vie assez simple et austère sur laquelle planne la menace de la mort du père ; de l'autre côté, l'époque napoléonienne avec le faste, les fêtes, les costumes, les bijoux. Le casting est bien choisi, avec l'intervention d'acteurs que Julian Fellowes semble apprécier, puisque, outre Lord Grantham et sa mère, nous retrouvons la cuisinière de Mrs Crawley, Tom Branson et le docteur Clarkson dans ce film (clins d'oeil très appréciés, d'autant plus que je sors d'une immersion prolongée dans le monde de Downton Abbey).

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Malgré tout, je reste plus dubitative quant à certains aspects. J'ai été étonnée par les couleurs : on aurait dit qu'une sorte de brume planait sur plusieurs scènes, j'ai eu l'impression que cela venait du DVD mais il était tout neuf et je vois sur Internet que les photos issues du film n'ont pas beaucoup plus d'intensité. Sur le plan du scénario, j'ai trouvé les personnages trop manichéens; hormis peut-être la mère au début du XIXe, tous sont d'une transparence à faire peur, qu'ils soient bons ou mauvais. Le scénario lui-même est un peu léger et même si les sauts dans le passé permettent de découvrir l'histoire du domaine, il ne se passe pas grand-chose de bien surprenant. Jusqu'à la fin, qui lie habilement le passé et le présent, les vivants et les morts, mais qui n'étonne pas non plus énormément. Malgré tout je le recommande aux amateurs de films d'époque, qui ne pourront manquer de tomber sous le charme des lieux.

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D'autres avis : Perséphone, plus enthousiaste (pendant le précédent Mois anglais) et en anglais Vicki, The Blurb...

Vu dans le cadre du Mois Anglais, co-organisé avec Titine, pour le challenge British Mysteries, une aventure partagée avec Hilde, et  pour le challenge Back to the Past, également organisé ici avec Maggie

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From Time to Time, un film de Julian Fellowes, 2009

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03/03/2013

Un week-end royal / Hyde Park on Hudson

WEEKEND ROYAL_1.jpgBillet mystérieux, tout un tas de modifications faites hier et vues hier  en ligne n'apparaissent plus. J'adore.

J'ai de nouveau beaucoup de billets en retard, très envie de partager avec vous mes dernières lectures, films et pièces vus, je commencerai aujourd'hui par une sortie récente au cinéma.

[Contient des spoilers]

Je voulais faire un billet mensuel sur mes sorties cinéma puisque depuis janvier j'y suis allée régulièrement, mais pour l'instant je me contenterai juste de vous parler d'Un Week-end royal, que j'attendais avec impatience. Comme d'habitude je m'étais contentée de la bande-annonce (parfois je me contente de moins) car j'aime bien me réserver des surprises ; il s'est avéré qu'il y avait cette fois-ci un grand décalage entre l'idée que je m'étais fait de ce film et ce qu'il est en réalité.

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Week-end Royal traite de la venue du couple royal George VI et Elizabeth aux Etats-Unis en 1939. Le roi se connaît peu d'alliés et s'attend à entrer en conflit avec Hitler. Il vient ainsi demander à Roosevelt son assistance en cas de conflit. Alors que beaucoup d'Américains sont hostiles à l'idée d'intervenir dans une nouvelle guerre et que la récession touche toujours sévèrement la population, Roosevelt décide de recevoir le couple dans un cadre moins formel et les invite chez sa mère, à Hyde Park on Hudson (un nom qui perturbe la reine, pour qui Hyde Park est évidemment à Londres). En parallèle de ce week-end politique, Roosevelt se rapproche de sa cousine Daisy, avec qui il entretient une relation très particulière. C'est ainsi Daisy qui sera la narratrice du film.

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Je pense que j'avais en tête Le Discours d'un Roi en allant voir ce film, dont j'attendais une ambiance en partie britannique et des scènes intéressantes entre Roosevelt et George VI, un film traitant essentiellement des subtilités diplomatiques d'un tel week-end. Je ressors de ce film très partagée, même si je ne regrette pas du tout d'être allée le voir.

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Ce film disposait de nombreux atouts grâce au casting brillant : Bill Muray très convaincant en homme politique ; Samuel West (Howards End) fait un excellent George VI et soutient tout à fait la comparaison avec Colin Firth auquel on ne pouvait pas ne pas penser après son interprétation récente du rôle (qui, certaines d'entre vous le savent, est un acteur que j'apprécie énormément) ; Olivia Colman, parfaite en Elisabeth (et pour le coup, bien plus crédible que Helena Bonham Carter qui pour moi constituait un choix discutable). Laura Linney et Olivia Williams incarnent très bien le rôle de la cousine-maîtresse pour l'une et de la femme pour l'autre. Toutes les scènes dans lesquelles interviennent George VI et son épouse sont une réussite et correspondent à ce que j'attendais, si ce n'est que tout est traité avec beaucoup de légèreté et que la diplomatie intervient ici bien peu ; en revanche, le choc des personnalités est intéressant, entre un Roosevelt exubérant, drôle, accessible et qui pourtant domine sans cesse la situation, et un George VI conscient de ne pas avoir été choisi par son peuple, complexé par son bégaiement, régulièrement comparé à son frère par son épouse, et pourtant plein de charme, drôle et très attachant. La reine est d'abord choquée à leur arrivée en découvrant que Madame Roosevelt veut l'appeler Elizabeth, que dans la chambre de son mari figurent des caricatures de soldats anglais et que le lendemain l'attend un pique-nique avec hot dogs et danse indienne. Elle voit dans tous ces signes de l'irrespect et une façon détournée de leur faire sentir qu'ils ne sont pas les bienvenus, quand en réalité leurs hôtes Américains bien moins subtils (mais plus sincères) n'ont vu nulle part la moindre insulte dans leur organisation, si ce n'est peut-être un brin de provocation humoristique.

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S'il n'y avait que ça, j'aurais été absolument conquise mais mon plaisir a été gâché par le fait que plus de la moitié du scénario repose sur les affaires personnelles de Roosevelt. On apprend donc que sa femme était lesbienne et vivait dans une autre maison, qu'il a trois maîtresses en même temps et n'est qu'un beau parleur. Si ce n'était que mentionné au passage cela ne m'aurait pas gênée mais une très grande partie du récit repose sur l'évolution de sa relation avec sa cousine, puis le fait qu'elle découvre qu'il a une autre maîtresse, ne veut plus le voir, etc. Le jour même du pique-nique est en partie consacré aux relations entre Roosevelt et Daisy alors que c'est l'apogée de la rencontre américano-britannique. Enfin la scène de la colline n'apporte rien, 1 mn pour nous faire comprendre que Roosevelt incite sa cousine à lui procurer certaines caresses sur fond de jazz, quel intérêt ? Citons enfin la scène dans laquelle Roosevelt demande à Daisy de mettre de la moutarde sur le hotdog du roi et qu'elle se met à consciencieusement enduire toute la saucisse de moutarde : un mauvais goût absolu !

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Sur Cliomuse, un article intéressant faisant la part entre la réalité et la fiction ; chez The History chef, l'anecdote du hot dog sur le plan historique.

Dans le cadre du challenge Back to the Past, organisé avec  Maggie.

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Week-end Royal / Hyde Park on Hudson, un film de Roger Mitchell, 2012

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25/04/2011

It happened in 1912

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C'est d'abord Lilly qui m'a fait noter le nom de cette série (suite à une mention dans son blog-it express je crois !). Puis vous avez été plusieurs à publier des billets sur Downton Abbey en peu de temps. Alors évidemment, lorsque je suis allée en Angleterre il y a quelques semaines, j'ai couru au HMV pour me procurer le précieux coffret de la saison 1. Et, ô surprise ! j'ai été complètement séduite à mon tour !

Tout commence en 1912... année qui, comme vous le savez certainement, a vu le Titanic sombrer. Lord Grantham apprend par télégramme le décès de l'héritier du titre et du domaine, qui devait épouser sa fille aînée Mary. Cette nouvelle vient bouleverser les arrangements pris par la famille, et Lord Grantham se voit obligé de chercher le nouvel héritier direct du domaine. Il s'agit de Matthew Crawley, juriste de Manchester et représentant par excellence de la "middle class".

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Invité ainsi que sa mère à résider dans une maison proche de Downton Abbey, Matthew fait ses premiers pas dans un monde tout à fait nouveau pour lui, celui de l'aristocratie et des propriétaires terriens. Il suscite des réactions hostiles de la part de Mary et de la grand-mère de celle-ci, qui le voient  d'abord comme un vulgaire profiteur et espèrent trouver une alternative. Mais les termes de la succession sont clairs : Matthew héritera du titre et du domaine.

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La première saison court sur deux années, du naufrage du Titanic à l'annonce de l'entrée en guerre contre l'Allemagne. Deux années pendant lesquelles ne manquent pas rivalités, calculs, amours et amitiés, aussi bien parmi les maîtres des lieux que leurs domestiques, qui se considèrent pour quelques-uns comme partie intégrante de la famille.

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Downton Abbey est une vraie réussite à bien des égards, à commencer par la restitution d'une époque et d'un lieu : costumes magnifiques (notamment les robes des filles de Lord Grantham, aux coupes déjà assez modernes), mobilier, voitures, maisons et domaine... des éléments auxquels la production a accordé une attention toute particulière. La série présente également un réel intérêt cinématographique de par ses plans soignés et son esthétisme très maîtrisé (ce qui à mon sens fait défaut dans des séries antérieures d'ITV ou de la BBC comme Emma d'ITV ou ma très chère série Pride and Prejudice de la BBC).

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Comme d'autres avant moi, j'ai beaucoup apprécié cette structure inspirée de Gosford Park (et pour cause, le réalisateur de l'un est aussi l'auteur du scénario de l'autre), où les vies des maîtres et de leurs domestiques sont suivies en parallèle et se croisent parfois. La série me rappelle également le très beau film Les Vestiges du Jour, notamment à travers  les attentions délicates et discrètes de Mr Bates et d'Anna.

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Lord Grantham est un aristocrate éclairé qui s'intèresse au bien-être de ses domestiques : il recrute Mr Bates, ancien compagnon de guerre, alors que celui-ci souffre d'un handicap ; il envoie Mrs Patmore à Londres pour la faire opérer des yeux ; de façon générale, il se fie au majordome quant à l'intendance et s'intéresse de près aux éventuels problèmes qui peuvent surgir entre domestiques, cherchant à se montrer juste en toute occasion.

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Un personnage auquel on s'attache facilement donc. Et d'une façon générale, il me semble que beaucoup de personnages sont relativement faciles à cerner, voire parfois un peu manichéens : par exemple parmi les domestiques, les deux antipathiques n'ont pas grand-chose pour tempérer leur conduite (si ce n'est peut-être, pour O'Brien, une once de remord après la fausse couche - mais je n'en dirai pas plus pour ceux qui n'ont pas vu la série).

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Quelques personnalités se révèlent plus troubles, telle la mère de Lord Grantham, qui incarne l'aristocratie victorienne, avec ses idées préconçues, son égoïsme et une certaine tendance à tyraniser son entourage. Peu à peu, sous l'influence des nouveaux arrivants notamment, on la voit évoluer et laisser tomber le masque à plusieurs reprises.

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Parmi les filles, Sybil est pour moi la plus attachante : jeune fille éprise de liberté, s'intéressant à la politique et au droit des femmes, elle aide activement l'une de leurs servantes à trouver un emploi de secrétaire. Elle cherche déjà à s'émanciper en transgressant les interdictions de son père, et son côté frais et moderne me plaît beaucoup.

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Ses deux aînées ont toutefois un caractère plus complexe. Mary, la plus âgée, doit faire face à une situation difficile : si elle n'était pas une femme, elle devrait hériter, or elle voit un illustre inconnu débarquer pour usurper ce qu'elle considère comme acquis. A cause de Matthew, sa situation est désormais précaire et elle n'a d'autre choix que de se marier : doit-elle écouter son coeur ou choisir un bon parti ? Quoi qu'il en soit il lui est recommandé de se dépêcher car des bruits déplaisants courent sur elle et pourraient bien ternir sa réputation. Son caractère est bien trempé et elle incarne elle aussi une certaine idée de la modernité. C'est aussi une enfant gâtée qui a toujours vécu avec l'idée qu'en tant qu'aînée, elle serait à même de continuer à profiter de la fortune familiale : elle est ainsi particulièrement amère à l'arrivée de Matthew (tandis que ses soeurs sont plus philosophes, n'ayant pas eu l'occasion d'entretenir d'espoirs particuliers à ce sujet). Personnellement je trouve le personnage très intéressant mais je ne l'apprécie pas vraiment : elle me serait bien plus sympathique si ses deux soeurs trouvaient à se marier avant elle et lui faisaient de fait perdre ses grands airs.

Car Mary est une vraie peste envers sa soeur Edith : une soeur qui plaît moins aux hommes, qui était amoureuse du fiancé naufragé de Mary et qui sent bien que ses parents eux-mêmes ne nourrissent pas de grands espoirs à son égard. Les relations entre Mary et Edith sont très tendues et l'aînée passe son temps à rabaisser la deuxième (qui traite la première de traînée), semblant prendre un malin plaisir à l'humilier et à lui ôter tous ses espoirs concernant les différents hommes qui les entourent. Plus dépassée, incarnant une image surannée de la femme anglaise, Edith est ainsi victime, mais elle finit par se rebeller en se vengeant de Mary, avec une certaine cruauté également (ce qui n'était pas pour me déplaire, je l'avoue - shame on me !).

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Quoi qu'il en soit, si vous ne l'avez pas déjà vue, allez donc de suite vous procurer cette série hautement addictive, à savourer sans modération !

Et comme je suis curieuse, voici quelques questions pour savoir ce que vous pensez de certains personnages de la série : c'est par ici !

D'autres avis en anglais sur "Downton Abbey" : Behind the Curtain, Enchanted Serenity, Fly High, Nicole Cohen for The Atlantic, The Cozy Page, The Flying Electra... and Grazing for girls, qui vous parle aussi de l'année 1912 (naissance du biscuit Oréo !).

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Downton Abbey, une série de Julian Fellowes, 2010

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23/04/2011

Well, that's a treat !

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M'absentant quelques jours, je vous laisse en compagnie des héros de Downton Abbey, en attendant mon billet sur cette excellente série britannique.

Et comme je suis curieuse, j'aimerais savoir ce que pensent ceux qui l'ont vue des personnages suivants :

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Des trois soeurs, laquelle préférez-vous (let me take a guess... Sybil ?). Et dans le match Edith-Mary, pour qui votre coeur balance ?

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Que va-t-il se passer entre ces deux-là ? (et qu'aimeriez-vous si vous étiez en charge d'écrire le scénario ?)

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Souhaitez-vous bonne chance à Mary avec Matthew ? N'avez-vous pas un instant envisagé un revirement de situation après l'accident de Sybil ?

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Dans les épisodes à venir, les voyez-vous se chamailler ou devenir au contraire des alliées (si ce n'est des amies) ?

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What about her prospects with Mr Bates ?

12/06/2009

Jane, Thomas, Mr Darcy and Wickham

becoming jane affiche.jpgJ'ai abordé Becoming Jane avec une petite appréhension, ayant lu plusieurs avis mitigés qui ne me faisaient pas attendre grand-chose de ce film. Et c'est finalement très positif puisque cette biopic romancée a été une bonne surprise.

Julian Jarrold a choisi de faire le portrait d'une Jane Austen encore jeune et non publiée, lors de sa rencontre avec son grand amour (présenté comme tel) Thomas Lefroy. Des débuts chaotiques où Lefroy provoque et taquine une Jane au sens de la répartie (ironique) développé, jusqu'à la fuite à deux pour un mariage qui n'aura finalement pas lieu, nous suivons l'histoire au final malheureuse de ce couple très épris. La scène finale est celle de leurs retrouvailles, des années plus tard : Jane Austen est alors un auteur réputé marqué par les années ; Thomas, que la vie semble aussi avoir fatigué, est accompagné de sa fille Jane et semble plus amoureux que jamais.

Symbolique, cette dernière partie est représentative du parti pris par le réalisateur. Ce film n'est pas BecomingJane 03.jpgtout à fait fidèle à la réalité (à ce sujet je vous invite à découvrir le passionnant article de Lori).

Il s'agit plutôt ici d'utiliser la biographie d'Austen comme un matériau brut pour la magnifier ensuite et en faire un vrai roman cinématographique, « à la manière de ». Et, en effet, le  scenario semble s'inspirer librement de Pride and Prejudice – que Jane Austen commence d'ailleurs à écrire pendant sa courte histoire avec Thomas Lefroy. Le héros est un mélange de Darcy (peu impressionné par Jane, blasé en compagnie de ces ruraux et assez brutal dans ses propos) et de Wickam (lâche, peu déterminé, d'une droiture douteuse). Il est aussi plus fougueux et cabotin, faisant penser aux soldats de BecomingJane 05.jpgMeryton et aux héros plus impétueux du XVIIIe. De même, on retrouve un peu Lizzie dans certaines répliques de Jane et dans la relation privilégiée qu'elle entretient avec sa soeur. Les parents font eux aussi penser aux Bennet (le père un peu moins décalé et la mère moins hystérique, restons crédibles) et Lucy Lefroy rappelle Mary : moyennement jolie, elle joue au piano et chante à peu près aussi mal que la 3e fille Bennet.

BecomingJane 07.jpgJ'ai vraiment beaucoup apprécié ce film, même s'il s'est un peu éloigné de la vérité historique – je crois même que le mélange entre la biographie et l'influence littéraire austenienne est un de ses points forts. Le casting est irréprochable. Anne Hathaway réussit à se couler dans ce rôle avec élégance, suffisamment pétillante pour rappeler l'esprit ironique des écrits de Jane Austen et assez sobre pour incarner une femme indépendante, intellectuelle, au physique assez quelconque – ce qui n'était pas forcément évident pour une actrice ravissante que j'ai toujours vue dans des rôles très légers de fille jolie, BecomingJane 09.jpgsouriante et bien habillée. James McAvoy, très beau mais un poil soporifique dans Atonement (Reviens-moi) de Joe Wright (mais j'en suis désormais persuadée, c'est ce réalisateur qui est très ennuyeux malgré son sens de l'esthétique développé)... bref je reprends, James McAvoy est tout simplement excellent. A la fois séducteur, malicieux puis malheureux, il parvient à exprimer beaucoup d'émotions, tout en finesse. Et n'oublions pas Julie Walters (Mrs Austen), James Cromwell (Mr Austen), Maggie Smith (Lady Gresham), tout aussi doués que d'habitude, ainsi que Laurence Fox (Mr Wisley) et Lucy Cohu (La Comtesse de Feuillide) dont j'ai maintenant très envie de voir la prestation dans Rebecca.

BecomingJane 01.jpgLes seuls reproches que je pourrais peut-être adresser à ce film tiennent à l'esthétique (les décors et les costumes sont soignés, mais peu de plans sont particulièrement mémorables de ce point de vue-là) et à l'aspect relativement traditionnel de la mise en scène. C'est un très joli film, une charmante comédie romantique – très entraînante et drôle au début, mais il lui manque un petit plus pour se démarquer tout à fait des classiques du genre (Emma de Douglas McGrath est pour moi un bon exemple de réalisation très réussie pour un film d'époque).

Un de mes 2 ou 3 films austeniens préférés pour l'instant (parmi 13 films).

Quelques liens : le Becoming Jane Fansite, une interview de l'équipe du film et les avis de Nameline, Emjy, Alwenn, Plaisirs à cultiver, Hydromielle.

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Becoming Jane, Julian Jarrold, 2007

 

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Austen et moi :

Mon questionnaire austenien

Textes de/sur Jane Austen :

Jane Austen, Northanger Abbey – LU, à relire.

Jane Austen, Pride and Prejudice (1813)

Jane Austen, The Watsons

Jane Austen, Emma

Dérivés :

Marsha Altman,The Darcys and the Bingleys (2009)

Adaptations :

Pride and Prejudice (BBC 1995) – REVU

Pride and Prejudice (2005)

Sense and Sensibility (1995, film de Ang Lee) - REVU

Emma (1996) - VU

Emma (ITV 1996) – VU

Northanger Abbey (ITV) – VU

Mansfield Park (ITV) – VU

Films dérivés :

Clueless – VU

Bridget Jones’s Diary (2001) / The Edge of Reason (2004)

Bride & Prejudice (2004)

Lost in Austen (ITV) - REVU

10/06/2009

Mariage pluvieux, mariage heureux

easy virtue 05 affiche VF.jpgLes conditions climatiques foncièrement impertinentes de cette exquise journée de juin me laissent penser qu'il est grand temps de vous parler du film Easy Virtue, vu le mois dernier. A part le titre de la VF qui aurait fait fuir toute madeleine de Proust ou d'hyper qui se respecte (Un Mariage de Rêve), ce film avait quelques atouts de poids pour prendre dans ses filets votre fidèle chroniqueuse :

  • Un manoir en Angleterre, dans les années folles, quand les Victoriens étaient à peine dépoussiérés par quelques autos ma foi tout à fait charmantes.

  • Un casting prometteur.

  • Des costumes de rêves sur l'affiche, à faire pâlir d'envie toute Miranda Priestly qui se respecte, malgré les quelques décennies d'écart.

  • Ah oui, j'allais oublier. Colin Firth. Vous savez, ce type qui a joué dans une série méconnue de la BBC il y a quelques années. Un petit détail tout à fait insignifiant, je vous l'accorde. Mais bon...

Tiré d'une pièce de Noël Coward (à l'origine d'un autre film de Hitchcock en 1928), ce film traite du retour au easy virtue 01.jpgbercail de John Whittaker pendant les années folles. John est l'héritier de propriétaires terriens anglais sur le déclin, une famille visiblement portée sur les traditions aristocratiques anglaises et le respect des conventions sociales. La surprise est donc de taille lorsque John revient de Monaco marié à une certaine Larita. Une épouse idéale, vous pensez bien : américaine, très directe, blonde platine, déjà mariée, Larita est une héroïne moderne qui aime participer à des courses automobiles, passe son temps à fumer et n'a de cesse de mettre un terme à la visite familiale. Vous vous en doutez déjà, Mrs Whittaker mère n'entend pas les choses de cette façon.

easy virtue 02.jpgC'est donc cette guerre impitoyable que se livrent la nouvelle épouse et sa belle-mère qui est au cœur de l'histoire et donne lieu à des scènes très drôles, à des répliques excellentes et des moments cultes – à commencer par le chien involontairement écrasé, les fleurs offertes en masse à une allergique au pollen, ou les conseils de lecture (Sodome et Gomorrhe et Lawrence) judicieusement prodigués à une belle-soeur un peu trop innocente.

Ce film offre un excellent moment de dépaysement au spectateur. Outre l'humour, j'ai easy virtue 03.jpgparticulièrement apprécié les décors et les costumes soignés, la musique entraînante et toujours à propos, sans parler des scènes rythmées qui s'enchaînent pour notre plus grand plaisir.

easy virtue 04.jpgLe casting est sans aucun doute le point fort de Easy Virtue. Kristin Scott Thomas est parfaite dans le rôle de la mère et de l'épouse incomprise qui doit gérer seule son domaine et lutter bec et ongles pour sauvegarder le peu qui lui reste. Colin Firth est franchement sympathique en mari méprisé par son épouse, en sauvageon barbu affable cachant une blessure secrète – comme c'est romanesque! On est loin de Darcy ou des multiples comédies romantiques dans lesquelles on est habitués à le retrouver. Et si je trouve que les photos de Firth mal rasé ne le flattent pas, il m'a totalement charmée dans ce film où il est de toute manière parfaitement convaincant dans son rôle délicieusement décalé.

easy virtue 06.jpgDu majordome aux enfants, en passant par tous les membres de la famille, tous les acteurs ont été particulièrement bien choisis – même si le jeune mari est un peu inconsistant, il me semble que cela correspond parfaitement à son tempérament et rend le duo père (Colin Firth) / fils plus intéressant. Mais la surprise vient pour moi de Larita, incarnée par Jessica Biel. Gardant le souvenir d'un personnage franchement soporifique dans Sept à la maison (7th Heaven), je n'aurais pas été voir le film pour les beaux yeux de Jessica Biel envers qui j'avais quelques a priori. Et pourtant, sa seule performance vaut le déplacement : Biel incarne une Larita flamboyante, easy virtue 07.jpgrendant aussi bien justice à la provocatrice qu'à la facette plus fragile du personnage. Superbe, drôle, très expressive, cette Larita entraîne ses partenaires (et le spectateur!) dans son sillage, avec brio.

Attention : produit très addictif !

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Easy Virtue, Stephen Elliott, 2008

 

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