Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/04/2017

Yoko Ogawa, L'Annulaire

ogawa_annulaire.jpgYoko Ogawa est un auteur que j'affectionne particulièrement. Je l'ai d'abord découverte avec trois textes, un lumineux - La Formule préférée du Professeur, les deux autres plus dérangeants, Le Musée du Silence et L'Annulaire. Les ayant lus avant la naissance de blog, j'ai pensé que cette journée en hommage à Ogawa serait l'occasion de relire un de ces textes qui m'avaient marquée à l'époque.

Mon choix s'est finalement porté sur L'Annulaire, en partie parce que j'en avais un souvenir plus confus, mais aussi, avouons-le, parce que c'est un texte court et que je ne suis pas en avance dans mes chroniques japonaises de ce mois d'avril !

La narratrice, jeune femme d'environ 20 ans, trouve un travail chez M. Deshimaru, dans une impressionnante bâtisse où l'on fait des "spécimens". Les clients trouvent l'endroit sans publicité, lorsqu'ils ont vraiment besoin de faire un enfermer un objet associé à un souvenir particulier. Les spécimens une fois préparés sont stockés sur place et les propriétaires peuvent venir les voir, mais cela n'arrive pratiquement jamais. Tout peut être conservé : objets les plus insolites mais aussi musique ou encore un jour, une cicatrice. Le procédé reste mystérieux car M. Deshimaru n'ouvre pas la porte de son laboratoire à la narratrice, qui ne saura donc pas ce qu'il est advenu de la jeune fille ayant fait cette demande si particulière.

La jeune employée a elle même perdu une partie d'un doigt lors d'un précédent travail à l'usine et cette particularité semble fasciner son employeur, plus âgé, avec qui elle ne tarde pas à avoir une liaison. Entre eux, le rapport des forces est peu équilibré et l'ambiance est paradoxalement calme, apaisée mais aussi parfois malsaine, en raison de l'étrangeté des lieux et du personnage de M. Deshimaru.

Je crois que j'apprécie particulièrement cette facette d'Ogawa car j'avais également beaucoup aimé Le Musée du Silence, un peu dans la même veine. Un texte court qu'on peut volontiers recommander pour découvrir une partie de l'univers d'Ogawa ; rien qu'une partie cependant, car elle s'attache à des thèmes variés et ses textes ne sont pas tous aussi étranges.

Si vous voulez découvrir d'autres sources d'inspiration de cet auteur, voici quelques pistes avec mes précédents articles sur certains de ses romans ou nouvelles : 

4coeurs.jpg

 

 

95 p

Yoko Ogawa, L'Annulaire, 1994

logo mois au japon 01.jpg

26/04/2015

Lynda Rutlege, Le Dernier Vide-Grenier de Faith Bass Darling

rutledge faith bass darling.jpgAprès avoir croisé deux/trois fois Le Dernier Vide-Grenier de Faith Bass Darling lors de mes visites en librairie, j'ai cédé à la tentation. Difficile de résister à la belle couverture. Le titre aussi faisait travailler mon imagination: quels objets anciens, quels secrets de famille allait-on découvrir avec ce vide-grenier ? Et quel nom musical que Faith Bass Darling !

Je confirme ici mes retrouvailles heureuses avec la littérature américaine, que j'avais un peu négligée ces dernières années. Si vous cherchez un bon roman dans lequel vous plonger pour tout oublier autour de vous, pas la peine d'aller plus loin, vous pouvez vous procurer ce livre ! Vous voulez en savoir un peu plus tout de même ? Bon, allez, suivez-moi ! En route pour le Texas !

Un matin, Faith Ann Bass Darling entend Dieu lui ordonner d'organiser un vide-grenier. Pour mettre de l'ordre pendant son dernier jour sur terre. Ni une ni deux, cette femme âgée d'un peu plus de 70 ans sort sur sa pelouse les trésors accumulés depuis des générations par sa famille. Car ce n'est pas n'importe quelle maison qui se vide. C'est la plus imposante de la ville de Bass, nommée d'après l'arrière grand-père de Faith Ann. Les Bass ont été pendant plusieurs générations propriétaires de la banque de la ville. Ils ont toujours vécu dans la même maison, la remplissant d'objets de grande valeur, comme cette superbe collection de lampes Tiffany achetées pour la mère de Faith Ann ou une pendule éléphant dont un autre exemplaire est exposé au Louvres. Pourtant, voilà que tout est bradé et que des meubles de grande valeur partent pour une bouchée de pain aux quatre coins de cette petite ville du Texas.

J'ai été complètement séduite par ce roman dense, qui se lit d'une traite. Les troubles de la mémoire de l'héroïne permettent à l'auteur de rendre plausible l'impossible : les apparitions de proches décédés, la sensation d'être sur le point de vivre son dernier jour sur terre. Des éléments qui occupent une place centrale dans l'histoire et auraient paru tout à fait farfelus sans la maladie qui les explique mais laisse le lecteur libre de croire au destin ou à l'intervention d'une part de surnaturel. Si elle se déroule le 31 décembre 1999, l'histoire fait la part belle au passé, puisque l'on croise certains membres de la famille Bass au fur et à mesure que se vendent les objets splendides qui se sont accumulés dans la maison au fil des générations. Je vous invite à aller faire la rencontre de Faith Ann Bass Darling, qui cache des secrets bien sombres en dépit du somptueux manoir que beaucoup lui envient.

4coeurs.jpg

 

 

350 p

Lynda Rutlege, Le Dernier Vide-Grenier de Faith Bass Darling, 2012