10/06/2009

Mariage pluvieux, mariage heureux

easy virtue 05 affiche VF.jpgLes conditions climatiques foncièrement impertinentes de cette exquise journée de juin me laissent penser qu'il est grand temps de vous parler du film Easy Virtue, vu le mois dernier. A part le titre de la VF qui aurait fait fuir toute madeleine de Proust ou d'hyper qui se respecte (Un Mariage de Rêve), ce film avait quelques atouts de poids pour prendre dans ses filets votre fidèle chroniqueuse :

  • Un manoir en Angleterre, dans les années folles, quand les Victoriens étaient à peine dépoussiérés par quelques autos ma foi tout à fait charmantes.

  • Un casting prometteur.

  • Des costumes de rêves sur l'affiche, à faire pâlir d'envie toute Miranda Priestly qui se respecte, malgré les quelques décennies d'écart.

  • Ah oui, j'allais oublier. Colin Firth. Vous savez, ce type qui a joué dans une série méconnue de la BBC il y a quelques années. Un petit détail tout à fait insignifiant, je vous l'accorde. Mais bon...

Tiré d'une pièce de Noël Coward (à l'origine d'un autre film de Hitchcock en 1928), ce film traite du retour au easy virtue 01.jpgbercail de John Whittaker pendant les années folles. John est l'héritier de propriétaires terriens anglais sur le déclin, une famille visiblement portée sur les traditions aristocratiques anglaises et le respect des conventions sociales. La surprise est donc de taille lorsque John revient de Monaco marié à une certaine Larita. Une épouse idéale, vous pensez bien : américaine, très directe, blonde platine, déjà mariée, Larita est une héroïne moderne qui aime participer à des courses automobiles, passe son temps à fumer et n'a de cesse de mettre un terme à la visite familiale. Vous vous en doutez déjà, Mrs Whittaker mère n'entend pas les choses de cette façon.

easy virtue 02.jpgC'est donc cette guerre impitoyable que se livrent la nouvelle épouse et sa belle-mère qui est au cœur de l'histoire et donne lieu à des scènes très drôles, à des répliques excellentes et des moments cultes – à commencer par le chien involontairement écrasé, les fleurs offertes en masse à une allergique au pollen, ou les conseils de lecture (Sodome et Gomorrhe et Lawrence) judicieusement prodigués à une belle-soeur un peu trop innocente.

Ce film offre un excellent moment de dépaysement au spectateur. Outre l'humour, j'ai easy virtue 03.jpgparticulièrement apprécié les décors et les costumes soignés, la musique entraînante et toujours à propos, sans parler des scènes rythmées qui s'enchaînent pour notre plus grand plaisir.

easy virtue 04.jpgLe casting est sans aucun doute le point fort de Easy Virtue. Kristin Scott Thomas est parfaite dans le rôle de la mère et de l'épouse incomprise qui doit gérer seule son domaine et lutter bec et ongles pour sauvegarder le peu qui lui reste. Colin Firth est franchement sympathique en mari méprisé par son épouse, en sauvageon barbu affable cachant une blessure secrète – comme c'est romanesque! On est loin de Darcy ou des multiples comédies romantiques dans lesquelles on est habitués à le retrouver. Et si je trouve que les photos de Firth mal rasé ne le flattent pas, il m'a totalement charmée dans ce film où il est de toute manière parfaitement convaincant dans son rôle délicieusement décalé.

easy virtue 06.jpgDu majordome aux enfants, en passant par tous les membres de la famille, tous les acteurs ont été particulièrement bien choisis – même si le jeune mari est un peu inconsistant, il me semble que cela correspond parfaitement à son tempérament et rend le duo père (Colin Firth) / fils plus intéressant. Mais la surprise vient pour moi de Larita, incarnée par Jessica Biel. Gardant le souvenir d'un personnage franchement soporifique dans Sept à la maison (7th Heaven), je n'aurais pas été voir le film pour les beaux yeux de Jessica Biel envers qui j'avais quelques a priori. Et pourtant, sa seule performance vaut le déplacement : Biel incarne une Larita flamboyante, easy virtue 07.jpgrendant aussi bien justice à la provocatrice qu'à la facette plus fragile du personnage. Superbe, drôle, très expressive, cette Larita entraîne ses partenaires (et le spectateur!) dans son sillage, avec brio.

Attention : produit très addictif !

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Easy Virtue, Stephen Elliott, 2008

 

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