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11/05/2009

Made in Heaven

zola_paradis des chats.jpgVoilà bien longtemps que je n’avais pas lu de Zola. Pourtant, je fais partie de la génération qui a passé son bac de français en 2000, plongée dans les joies et (surtout) les malheurs du naturalisme. Alors que la conseillère d’éducation avait recommandé lors de son court passage en salle de classe de bien nous assommer avec L’Assommoir (si si), notre brillant professeur faisait naître en moi un début de fascination pour les Rougon-Macquart (s’il y a un enseignant qui a marqué mon parcours et dont j’ai attendu les cours avec impatience de septembre à juin, c’est bien lui).

 

Moi qui songeais à reprendre mes lectures cette année avec Nana ou L’Oeuvre, j’ai finalement découvert trois textes extraits des Nouveaux Contes à Ninon.

 

Dans « le Paradis des Chats » (c’est d’être enfermé et battu dans une pièce où il y a de la viande), un chat de salon fait l’expérience de la liberté des chats de gouttière. Vient ensuite « Le Grand Michu », où des pensionnaires décident de se rebeller contre la nourriture infecte qui leur est servie. Le livre s’achève sur « Mon Voisin Jacques », où le voisin du narrateur est trop honteux de son métier pour oser en parler, de crainte d’être traité en paria.

 

Dans ces quelques contes, j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’assurance d’un Zola à la plume décidée. Ces textes sont bien sûr beaucoup plus abordables que les romans de l’auteur, étant destinés à un public plus jeune. On retrouve pourtant certains thèmes très présents dans son œuvre (mais Zola ce n’est pas que ça !) : la misère, l’injustice et les différences sociales. L’intégrité républicaine et les valeurs morales défendues par certains protagonistes rappellent aussi l’aspect plus engagé de la personnalité de Zola. J’ai presque trouvé amusant de retrouver dans la chute de ces contes au ton plus léger une portée morale aux accents très zoliens.

 

L’intérêt de cette nouvelle édition est le format agréable (environ 22 cm/15cm, couverture souple, papier glacé). Chaque conte est illustré par Anne Brouillard. Les différentes scènes accompagnent judicieusement le récit et font de ce livre court un petit bijou, peut-être plus pour un public adulte ou adolescent (je me souviens que lorsque j’étais petite, les livres illustrés qui m’attiraient étaient moins artistiques, tandis que les aquarelles ou les dessins précis et trop travaillés de type gravure ne me faisaient pas trop envie, même si je pouvais les trouver jolis… je sais, c’est passionnant, amis lecteurs !).

 

Il ne me reste plus qu’à retrouver la famille de Gervaise…

 

Offert par l'éditeur via Obiwi.

 

61 p

 

Emile Zola, Le Paradis des Chats et autres nouveaux contes à Ninon, (1864 ?)