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22/07/2013

Challenge British Mysteries : propositions de LC août/septembre

Amis blogueurs, participants au challenge British Mysteries et vous qui passez par hasard par là, la détective émérite Hilde et moi vous proposons désormais le 19 du mois de nous retrouver pour un billet commun autour d'une thématique inspirée de notre challenge. Ces LC sont aussi ouvertes à celles et ceux qui ne se seraient pas inscrits au challenge et souhaiteraient seulement y participer ponctuellement (à partir d'un billet).

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le challenge British Mysteries vise à échanger autour de romans policiers, thrillers et mystères non résolus (fantômes anglais, légendes écossaisses étonnantes etc) dans un cadre historique, des origines de la Grande-Bretagne jusqu'à l'entre-deux-guerres. 

Les prochains billets communs

Le 19 août

Une BD de votre choix

Quelques idées ci-dessous (liste non exhaustive)

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bd_holmes.jpgbd_madone de pellini.jpgbd_quatre des baker street T2.jpg

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Le 19 septembre

Une série policière historique à déterminer ensemble

Nous vous proposons de voter jusqu'au 28 juillet pour choisir la série policière que vous avez envie de lire pour le 19 septembre. Nous vous indiquerons rapidement le titre de la série qui aura été retenue.

Vous pouvez voter pour une série parmi les options suivantes (pour Lee Jackson ou Anne Perry, les deux séries ne sont pas dissociées. Par exemple si nous lisons Lee Jackson pour le 19 septembre vous pourrez lire un roman de la série Decimus Webb OU de la série Sarah Tanner).

- Série Ben et Elizabeth Ross d'Ann Granger

- Série Oscar Wilde de Gyles Brandreth

- Série Decimus Webb OU Sarah Tanner de Lee Jackson

- Série Charlotte et Thomas Pitt OU Monk d'Anne Perry

- Série Flavia de Luce d'Alan Bradley

- Série Josephine Tey de Nicola Upson

- Série Miss Silver de Patricia Wentowrth

- Série John Rawling de Deryn Lake

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Nous avons également proposé ce vote sur le groupe facebook du challenge British Mysteries sur lequel vous pouvez bien entendu nous rejoindre.

Voici également nos deux billets recap pour ceux qui aimeraient y chercher des idées de lecture : chez Hilde et ici-même.

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29/03/2013

Anne Perry, L'Etrangleur de Cater Street

perry_etrangleur de cater street.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec les romans d'Anne Perry sur ce blog. Après une découverte délicieuse il y a près de dix ans, j'ai fini par me lasser un peu d'éléments récurrents (les passages un peu moralisateurs sur les différences de classe sociale qui me semblaient copiés d'un livre à l'autre, le rappel constant des origines de Charlotte et Thomas pour ne pas déstabiliser le lecteur qui viendrait à débarquer en plein milieu de la série), puis certaines intrigues m'ont paru franchement légères.

Pourtant ma première lecture, Le Mystère de Callander Square, avait été un petit coup de coeur. J'avais même acheté d'un coup près de dix tomes (!) pour pouvoir me délecter de la suite sans avoir peur de ne plus avoir de Charlotte ou de Thomas Pitt sous la main. L'Etrangleur de Cater Street, lu juste après, m'avait un peu moins conquise en raison de l'intrigue plus simple. Récemment, avec le lancement du challenge British Mysteries, l'envie m'a pris de relire certains des premiers Charlotte et Thomas Pitt et notamment le tout premier, qui est aussi celui de leur rencontre.

Ce roman nous fait pénétrer dans le foyer de la famille Ellison, un couple d'âge mûr, leurs trois filles, Sarah Corde, l'épouse Dominic, ainsi que Charlotte et Emily, en âge d'être mariées. Sans parler de la grand-mère, qui intervient par intermittence. Alors que le récit débute, la bonne des Ellison se fait assassiner ; il s'agit de la dernière victime d'un étrangleur qui commence à vraiment inquiéter ce quartier tranquille, dont les paisibles et respectables habitants ont bient du mal à réaliser que le tueur peut être l'un des leurs et non une personne issue des bas fonds de Londres.

L'intrigue policière n'est pas particulièrement développée, même si je trouve le mobile du meurtrier assez original - l'issue du roman m'avait suffisamment marquée pour que je m'en souvienne, ce qui ne m'arrive pas si souvent. Si j'ai donc apprécié cette lecture, c'est surtout parce qu'elle m'a permis de me remémorer la rencontre des Pitt et leur famille, qui intervient au fil des tomes de cette série. Je me suis trouvé un petit côté fleur bleue car j'ai réalisé que plus les pages défilaient, plus j'attendais le retour de Thomas Pitt dans le cadre de scènes avec sa future épouse !

Les personnages sont assez intéressants, entre une Charlotte au caractère bien trempée, très droite mais trop franche pour trouver un mari de son rang et une Emily extrêmement tactique et froide, mais pourtant sympathique. Sarah, la soeur aînée, manque cependant de relief, si ce n'est que sa vie conjugale compliquée lui fait se tourner vers la religion et l'influence nauséabonde du pasteur très puritain (et très préoccupé par les péchés d'ordre charnel) de Cater Street.

Une lecture vraiment très plaisante, qui m'a d'ailleurs beaucoup plus séduite cette fois-ci, sans doute parce que j'en attendais quelque chose de différent. Certes il ne faut pas espérer lire le thriller du siècle mais c'est un plongeon sympathique dans l'époque victorienne et un passage presque obligé avant de poursuivre avec la série, dans lequel la famille de Charlotte apparaît régulièrement. Mon seul bémol tient aux attitudes un peu caricaturales de certains personnages, telle la vieille Mrs Ellison qui est assez ridicule lorsqu'elle empoisonne la vie de ses proches, ou encore lorsque ses petites filles se mettent à l'insulter et à la traiter d'espèce d'idiote ou je ne sais quel autre nom d'oiseau, ce que j'ai du mal à concevoir lorsqu'on songe à l'époque (1881) et au milieu social décrit.

Les billets d'Emily, George, Asphodèle...

Une LC avec : (j'actualiserai les liens à mon retour de vacances)

Et mes précédents billets sur Anne Perry (beaucoup n'ont pas été chroniqués) :

Une nouvelle participation au challenge British Mysteries organisé avec Hilde et ici-même (je deviens ainsi résidente de Baker Street) et une toute première au challenge Anne Perry de Syl (ça y est j'ai succombé au beau logo !).

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381 p

Anne Perry, L'Etrangleur de Cater Street, 1979

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01/01/2009

Meurtre en rase campagne

anne perry,noel anne perry,noel,angleterre,polar historique,charlotte et thomas pitt,époque victorienneL'an dernier, j'avais découvert pour la première fois une cuvée Noël d'Anne Perry avec La Détective de Noël, court roman sans surprise, pas crédible pour un sou mais parfaitement approprié aux heures de repos imposées par la digestion de la traditionnelle dinde aux marrons.

J'ai récidivé cette année avec Le Secret de Noël : tout en s'abstenant de solliciter de manière excessive mes neurones, ce Christmas pudding un peu sombre (mais pas trop) est fort agréable. Anne Perry semble, quant à elle, presque au top de sa forme.

On retrouve Dominic Corde, l'ancien mari de Sarah, la soeur de Charlotte Pitt assassinée dans le premier tome d'une longue série... N'ayant pas lu l'ensemble des quelques vingt tomes en question, j'ai découvert que notre charmant Dominic était devenu pasteur – j'adore les revirements de situation chez Anne Perry, chez qui les pires grands-mères peuvent se transformer en mamies adorables et les séduisants maris volages en hommes d'église repentis. Bref, Dominic, remarié, s'installe pour quelques semaines dans un village pour remplacer le pasteur parti en vacances. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : l'ancien financier rentre du bois pour les vieilles gens, tient la main aux uns, réconforte les autres et angoisse à l'idée du sermon de Noël qu'il doit préparer. De son côté, sa tendre épouse issue d'une famille aisée coud, repasse, frotte, polit, cuisine... jusqu'au jour où, le charbon manquant, elle descend à la cave armée d'un sceau et découvre le cadavre du pasteur que son mari remplace. Mort accidentelle ? Meurtre ? Les Corde sont les seuls à défendre la deuxième théorie. Les voilà donc prêts à s'improviser détectives amateurs, au sein d'un village où bien évidemment, chacun a ses secrets.

Ce récit est servi par des personnages assez sympathiques, une histoire à peu près crédible et un tableau champêtre qui ravira les amateurs du genre et amusera les lecteurs prêts à se laisser prendre au jeu, malgré la tranquillité désarmante des polars à la Anne Perry. De la neige en ce paysage hivernal, du changement dans les personnages, un brin d'Angleterre et quelques repas britanniques... cela suffisait pour me faire passer un bon moment, en ce 25 décembre 2008 trop frais pour mettre un chat dehors !

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Ce billet, qui remplace La Dame en Blanc (en cours de lecture), correspond au thème du roman policier choisi par les organisatrices émérites du blogoclub de lecture. Le prochain thème (1er mars 2009) portera sur le Nobel de Littérature (en particulier Le Clézio).

 

Bilan de lecture à venir la semaine prochaine. Et en attendant, je vous souhaite à tous du fond du coeur une EXCELLENTE ANNEE 2009 !!

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187 p

Anne Perry, Le Secret de Noël, 2008

06/06/2008

Petits meurtres entre amis

perry_meurtres à cardington crescent.jpgChère Madame Perry,

My Goodness !

Mais que vous arrive-t-il ? Voilà bien longtemps que vous n’aviez pas été aussi inspirée ! Me voilà tout émoustillée !

Après un récit de Noël gentillet et quelques récits s’essoufflant rapidement (celui-ci et puis encore celui-là), j’avais fini par me dire que depuis quelque temps, décidément, vous n’étiez pas en forme ! Pour les coups durs, je gardais malgré tout en réserve quelques-uns de vos livres n’exigeant pas de moi une activité neuronale trop intense. Je croyais avoir épuisé mon capital Anne Perry, hormis un livre perdu chez mes parents, lorsque je suis tombée par le plus grand des hasards sur ce roman qui m’a redonné goût à votre production policière en grand péril :

Huitième tome de la série "Charlotte et Thomas Pitt", Meurtres à Cardington Crescent réserve une très bonne surprise aux lecteurs qui, comme moi, commençaient à trouver aux enquêtes d'Anne Perry un petit goût de réchauffé.

L'histoire est on ne peut plus palpitante pour les amateurs de la série, car voilà la famille de Charlotte touchée de plein fouet par un nouveau meurtre. Suspectée et promise à la pendaison, Emily ne peut s'en remettre qu'à son beau-frère détective et à sa soeur, venue la soutenir dans cette épreuve et enquêter afin de l'innocenter.

Si les meurtres se font plus rares dans ce roman plus posé, l'action, elle, ne souffre d'aucun temps mort. Les talents de Charlotte prennent une nouvelle dimension, dans ce roman où elle paraît plus intrépide et décidée que jamais. L'intrigue est bien menée, les pistes nombreuses et, comme souvent avec Anne Perry, il est difficile de découvrir par soi-même le mobile du meurtre, même si l'on pressent généralement qui est l'assassin.

La société victorienne est une fois de plus représentée sous un angle peu flatteur ; cependant, si je reproche habituellement à Anne Perry quelques phrases redondantes et larmoyantes, les descriptions sont ici plus nuancées et saisissantes.

On passe un excellent moment et il est difficile de refermer ce livre en cours de route. En somme, un bon polar historique !

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382 p

Anne Perry, Meurtres à Cardington Crescent, 1987

05/01/2008

Une détective hors pair

perry_detective de noel.jpgJ’avais récemment  promis de récidiver et de vous parler bientôt du dernier Anne Perry, après avoir écrit une note qui aurait pu faire pâlir notre chère Choupynette, meneuse de file du groupe de Défense de Thomas et Charlotte Pitt… c’était sans compter sur la clémence de la demoiselle qui a su pardonner mes moqueries de mauvaise langue.

J’avais donc prévu de lire La Détective de Noël dans le TGV Paris-Tarbes du 23 décembre et, sans une rage de dents fort incommodante, les 6h30 de trajet m’auraient très certainement permis d’arriver à mes fins. Quoi qu’il en soit, ce roman est une lecture rapide et plutôt sympathique pour un petit après-midi de Décembre passé au coin du feu (bien évidemment une tasse de Thé de Noël à portée de main, élémentaire mon cher Thomas !).

D’après ce que j’ai pu comprendre, les romans de Noël d’Anne Perry mettent en scène des personnages importants mais souvent un peu en retrait des séries habituelles. C’est le cas cette fois-ci où (je n’en croyais pas mes yeux !) notre fameux détective du dimanche n’était autre que Mariah, la grand-mère acariâtre de la famille Ellison.

Imaginez l’horreur de la situation : Mariah vit depuis le remariage de sa belle-fille chez Emily, sa petite-fille fraîchement remariée (l’heureux élu étant Jack si je me souviens bien). Noël arrive et Mariah est priée de passer les fêtes chez son ancienne belle-fille Caroline, remariée à un acteur bien plus jeune qu’elle. Outrée de se voir congédiée de la sorte,  Mariah arrive de bien méchante humeur sur son nouveau lieu de vacances. Furieuse d’avoir passé la journée à voyager, dégoûtée par les marais et l’air marin qui l’accueillent, Mariah, on s’en doutera bien, fait tout son possible pour être absolument insupportable envers ses hôtes. C’est à cela que l’on reconnaît les grands personnages d’Anne Perry… immuables, ils répètent les mêmes gestes et les mêmes commentaires à l’infini.

Oui mais voilà. Un mélange de Lady Vespasia et de Charlotte Pitt fait son entrée dans la maisonnée en la personne de Maude, parente éloignée du nouvel époux de Caroline, apparemment trop encombrante pour sa famille proche. De retour d’Afrique et du Moyen-Orient, Maude a le caractère bien trempé des gens qui ont vécu et la peau basanée de ceux qui ont longuement baroudé dans des régions éloignées de la douce Angleterre. C’en est trop pour Mariah qui fait de son mieux pour exprimer sa désapprobation et parvient à se persuader que les questions qui pleuvent sur la nouvelle arrivée ne sont que la marque de la pitié que l’on peut ressentir pour quelqu’un qui a été banni par sa famille. Sans s’avouer une seule fois que personne non plus ne souhaitait sa présence à Noël.

Tout oppose les deux femmes, donc, et Mariah voit son séjour s’annoncer sous de bien mauvais auspices. Mais le deuxième jour, Maude est retrouvée morte dans son lit. Comment ? Une femme en si bonne santé et si dynamique ? C’en est trop pour Mariah qui décide de suite de mener l’enquête. Elle s’en va donc porter la mauvaise nouvelle à la famille de Maude, qu’elle soupçonne de l’avoir empoisonnée. En quelques jours, elle découvre des petits secrets de famille et se prend d’affection pour la disparue, changeant radicalement de caractère par la même occasion. Et voilà Mariah transformée en intrépide Lady Vespasia, pleine de compréhension et de gentillesse. Hautement improbable, bien sûr, mais que voulez-vous ? On peut supposer que la magie de Noël a une fois de plus opéré. (Je ne peux m’empêcher de me demander si Mariah sera donc plus sympathique dans les prochains épisodes de la série Thomas et Charlotte Pitt, passant d’une abominable Tatie Danielle à la Mamie parfaite !)

Pardonnons à Anne Perry l’histoire qui rame et tourne en rond, les personnages manichéens et les aberrations. C’est agréable, gentillet et le texte est suffisamment court pour que les longueurs ne gênent pas la berceuse.

Et n’oubliez pas l’avis de Clarabel:)

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167 p 

Anne Perry, La Détective de Noël, 2007

10/11/2007

Une tasse de thé ?

perry_egorgeur westminster bridge.jpgActe 1 – Moteur !

Drumond – (Il se tient debout devant le feu, les mains croisées dans le dos. Bientôt il s’écarte pour laisser son employé se réchauffer) Alors, du neuf ?

Pitt – Malheureusement pas grand-chose de plus, monsieur.

Drumond – (Avec une lueur d’espoir dans les yeux) Avez-vous interrogé les députés ayant vu Lockwood juste avant son assassinat ? (témoins principaux dans l’horrible affaire qui nous occupe – il va sans dire que Pitt aurait pu omettre ce précieux élément)

Pitt – Oui, monsieur. Nous avons aussi interrogé les boutiquiers, les prostituées qui vendaient leurs services sur et sous le pont (pas dans la Tamise il fait froid en ce moment). Et aussi la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui traînait sur le pont au moment du meurtre. Aucun n’a vu quoi que ce soit de suspect.

Drumond – (Les sourcils froncés) Bon. Bon. Eh bien, comme vous le savez, la presse est après nous. Il faut impérativement résoudre cette affaire. (Mais pas les autres)

Pitt – Oui monsieur, je mets tous mes hommes dessus. (Enfin comme apparemment c’est sa seule affaire…)

Pitt s’éloigne en gouttant sur le plancher.

Pitt - Drumond a raison. On ne peut pas laisser cet égorgeur en liberté plus longtemps, ou bientôt ce sera l’émeute !

Coupé !

Acte 2 – Moteur !

Charlotte Pitt – Tante Vespasia, vous m’avez fait venir de toute urgence.

Vespasia – Oui Charlotte. Ma vieille amie Zenobia Gunne s’inquiète pour sa nièce. On semble vouloir l’accuser de meurtre ! Elle abrite une femme à qui on a enlevé la garde de sa fille et qui aurait commis ces horribles meurtres sur Westminster Bridge (Bizarrement, c’est ce que Charlotte a entendu le soir précédent en dînant avec Pitt, l’inspecteur chargé de l’affaire ! Quel ha-sard- euh !!)

Charlotte – Oh c’est affreux !

Vespasia – Sa nièce s’appelle Africa Dowell.

Charlotte – Oh ? (et de rosir joliment. Mon Dieu ! il s’agit « donc » du meurtre sur lequel Pitt était en train de travailler ?!!)

Vespasia – Qu’allons-nous faire ? Je connais l’épouse de Lockwood, Lady Hamilton. C’est une femme très gentille.

Charlotte – Dans ce cas je propose que nous allions voir Amethyst Hamilton (vous remarquerez que Charlotte est si intelligente qu’elle a deviné elle-même le prénom d’Hamilton, que personne n’avait avant cela mentionné devant elle).

Vespasia – (souriant à son amie Zenobia également présente) Je vous avais bien dit que Charlotte saurait nous conseiller !

Coupé !

Acte 3 – Moteur !

(Après le 3e meurtre)

Drumond – Ah, c’est vous Pitt !

Pitt – Bonjour Monsieur. Nous piétinons. Nous avons interrogé une 5e fois les députés, les boutiquiers, les prostituées, la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui était toujours là.

Drumond – (une nouvelle lueur d’espoir dans les yeux) ça a donné quelque chose ?

Pitt – Hélas non monsieur, nous n’avons pas du tout avancé (Avouez que c’est étrange, puisque depuis 5 mois on interroge toujours les mêmes personnes sans rien leur demander de nouveau)

Coupé !

Bilan

J’ai donc lu L’Egorgeur de Westminster Bridge d’Anne Perry. C’était détendant, un peu trop longuet, très répétitif et vieille dame à souhait. On piétine pendant 300 pages. Aucune crédibilité, Charlotte et Thomas au pire de leur forme (qui n’est d’ailleurs pas souvent olympique). La fin tombe comme un cheveu sur la soupe. Oh ! Comme c’est étrange ! Le seul à avoir un comportement bizarre est directement lié à l’affaire (mais on ne s’y intéresse pas avant les 50 dernières pages). Oh ! Déception, tous les députés ont été tués par erreur. Remarquez c’est plus facile de donner l’explication finale quand il n’y en a pas. Ah oui, n’oublions pas les clichés (et nos rires à étouffer en gloussant derrière nos mouchoirs en dentelle). Bref, du grand Anne Perry ! Mais c’est (presque) pour ça qu’on l’aime !

Extraits

Zenobia (partie affronter le Nil et l’Afrique seule au XIXe) passa devant elle, la tête haute, traversa le vestibule et sortit dans la rue. Une fois dehors, elle se mit à jurer entre ses dents dans un dialecte que lui avait appris son piroguier congolais. 

L’élégante et raffinée Tante Vespasia – Bon ! Cherchons (de ce côté). Nom d’une pipe, Somerset, on l’a assassiné, tout de même ! 

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380 p

Anne Perry, L'Egorgeur de Westminster Bridge, 1990

21/11/2006

Le dilemme du lecteur compulsif

perry_cadavre bluegate fields.gifQue faire lorsque vos obligations personnelles et professionnelles vous accordent un temps de lecture relatif, voire, limité, voire, inexistant ? Bien entendu, il serait déplacé de remettre à plus tard votre rendez-vous avec le Président de la Planète Bulle, les pourparlers avec les souris qui hantent et dévastent votre grenier, sans parler de vos batailles incessantes contre le massacre des marshmallows dans la plaine Sud-Ouest du Trucmuchistan. Force est de constater que vous devrez bien vous contenter du temps libre qui vous reste.

Malgré vos envies effrénées de lire Dostoïevski, Proust, Dickens ou l’intégralité des Rougon-Macquart, vous savez bien qu’il faudra attendre un peu, à moins d’accepter d’abandonner David Copperfield à ses aventures sordides toutes les cinq pages. Même une nouvelle un tant soit peu sérieuse est à éviter, compte tenu de votre humeur sombre et distraite du moment. Consciente de l’ampleur du problème, votre chroniqueuse vous propose quelques solutions :

1°) La collection complète des Harlequin : lecture d’un volume en 20 minutes compte tenu des pages sautées ; chaque livre est une victime toute trouvée lorsque vous rentrez le soir après avoir appris le meurtre perpétré sur cinquante marshmallows par une bande de scouts au Trucmuchistan ; le papier des Harlequin est également un excellent combustible qui alimentera avec joie votre feu de cheminée à Noël.

2°) Les romans à suspense / « d’auteur » en vogue : Danny Brouane avec au choix son célèbre Minchi Mode ou La Forteresse animale ; Marcus Levinus et son dernier succès Pourquoi moi ? (on se le demande bien d’ailleurs) ; Cristina Tango et le best-seller incontesté Hier, je suis allée aux toilettes. Là encore, vous avez le choix entre d’excellents combustibles, à un prix cependant légèrement supérieur à la collection citée précédemment (publicité oblige).

3°) Les romans historiques, aux degrés de crédibilité différents.

4°) Ou tout simplement un bon vieux policier, coincé au fond de votre bibliothèque et qui attend sagement de vous livrer ses morbides secrets.

Confrontée cette semaine à un problème de la même ampleur, votre chroniqueuse a opté pour la dernière solution. Son choix s’est porté sur une référence sure, classique, en principe sans surprise : Anne Perry.

Le cadavre de Bluegate Fields est le sixième roman de la série « Charlotte et Thomas Pitt ». A Londres, dans les années 1880-1890, l’inspecteur Thomas Pitt enquête sur les meurtres les plus sordides, aussi bien dans les quartiers pauvres que dans la haute société. Il est secondé par son épouse, Charlotte, issue de la haute bourgeoisie et mariée « en dessous de sa condition ». D’autres personnages apparaissent régulièrement, en particulier Lady Ashworth, la sœur de Charlotte, ainsi que Tante Vespasia, une vieille aristocrate au caractère bien trempé. La série compte une vingtaine de volumes, mais je dois avouer que je les trouve bien inégaux !

L’histoire : lorsqu’un jeune homme est retrouvé nu dans les égouts, Thomas Pitt trouve immédiatement cette noyade suspecte. Après une rapide enquête, on découvre que le corps est celui d’un garçon de 16 ans issu de la haute bourgeoisie. Noyé dans un bain, violé et souffrant de syphilis, Arthur Waybourne semble la victime toute trouvée de son précepteur, Maurice Jérome, un érudit consciencieux et fort antipathique. Jérome est donc arrêté malgré les hurlements indignés du lecteur qui s’insurge de voir l’inspecteur Pitt commettre ce que l’on sait immédiatement être une erreur.

De là découle une petite nouveauté chez Anne Perry : Thomas Pitt ne traque pas simplement un criminel, il va devoir s’interroger sur le bien fondé de l’arrestation et de la condamnation à mort qui s’ensuit ; puis, enfin (!) convaincu de l’innocence de Jérome, Pitt cherchera à établir la vérité afin de sauver le précepteur de la potence.

En résumé, Le cadavre de Bluegate Fields constitue une petite lecture sympathique et rapide, comme tout Anne Perry qui se respecte. Cependant, malgré la condamnation qui devrait permettre au livre de gagner en intensité, il faut bien avouer que cette lecture est un long fleuve tranquille, sans surprise, sans heurt et sans frissons. Peu de suspects, un coupable relativement prévisible… et la traduction en français n’arrange rien.

Petit conseil : ne lisez pas le tome 1, il suffit de savoir que la sœur aînée de Charlotte est assassinée et que Charlotte tombe amoureuse de l’inspecteur qui vient enquêter chez elle. Essayez plutôt le Mystère de Callander Square, mon premier Anne Perry et, à l’époque, un petit coup de cœur. De nombreux suspects, une histoire très noire, une intrigue assez bien ficelée. En somme, un bon moment de détente !

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381 p

Anne Perry, Le Cadavre de Bluegate Fields, 1984