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16/08/2014

Philippa Boston, Deadly Jobs

boston-deadly-jobs.jpgJe continue à explorer avec plaisir la collection Paper Planes Teens qui a pour objectif de faciliter l'apprentissage de la langue anglaise en proposant des textes stimulants et originaux pour transformer ce qui pourrait être une corvée en un vrai plaisir de lecture.

Je me suis récemment régalée avec Blitz Britain de Philippa Boston, petit ouvrage qui m'a permis de mieux connaître une période de l'Histoire anglaise sur laquelle j'avais des notions assez floues. Je réitère cette fois-ci l'expérience avec Deadly Jobs du même auteur, pour un plongeon au coeur de la révolution industrielle anglaise. Comment ça, encore l'Epoque victorienne ? Je vous assure amis lecteurs, je ne fais aucune fixation sur le XIXe anglais, vous devez être victimes d'une hallucination collective.

De nouveau servi par les judicieuses illustrations à la Quentin Blake de Mark Beech (illustrateur de Blitz Britain), Deadly Jobs est composé de deux parties, l'une historique, l'autre narrative (ce qui était également le schéma de Blitz Britain).

La première partie explique que la révolution industrielle a créé de très nombreux emplois auxquels pouvaient accéder les enfants, dont la petite taille constituait parfois un avantage et dont le salaire était systématiquement plus faible que celui qu'aurait reçu un adulte. Compte tenu des conditions de travail, le taux de mortalité était élevé, avec une chute de la moyenne d'âge à 29 ans dans certaines régions. Sont ensuite présentés différents emplois réservés aux enfants : mineur, ramoneur, ouvrier à l'usine. Il restait également la possibilité de vivre dans une « workhouse » où, pour un abris pour la nuit et une nourriture chiche, il fallait travailler comme une bête de somme, à moins d'être placé en apprentissage – un esclavage déguisé. Pour lutter contre le travail des enfants, plusieurs lois se succèdent pendant des dizaines d'années sans être appliquées au départ. Charles Dickens choisit quant à lui de sensibiliser le public à travers ses romans. Même si je m'intéresse depuis un moment au XIXe anglais, j'ai notamment relevé quelques aspects ou anecdotes que je ne connaissais pas. Par exemple la couleur des vêtements au sein des workhouses, jaune pour différencier les prostituées des autres femmes. Ou encore le fait que la taille moyenne ait baissé en raison des conditions de travail à l'usine, qui entraînaient des déformations physiques.

La deuxième partie s'intitule « The Workhouse boy » et raconte l'histoire d'un garçon placé en apprentissage chez un type alcoolique et monstrueux. J'ai été étonnée par la fin (que je vous laisse le soin de découvrir). Bien entendu, je supposais que l'apprenti tiendrait sa revanche mais je n'aurais jamais pensé qu'elle prendrait cette forme-là.

A ceux qui s'intéressent à l'histoire britannique et à ceux qui veulent apprendre ou enseigner l'anglais en lisant des textes vraiment intéressants, je recommande encore une fois chaudement cette collection !

La suite au prochain numéro puisque j'irai bientôt me promener dans une Angleterre ravagée par la peste !

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44 p

Philippa Boston, Deadly Jobs, 2013

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30/06/2014

Little Miss Bronte, Wuthering Heights

little miss bronte_wuthering heights.jpgPendant ce Mois Anglais j'ai eu envie de partager avec vous une fabuleuse découverte en matière d'albums pour les petits, avec la collectiom Babylit. Petit rappel du principe : des livres éducatifs détournant de grands classiques, principalement anglo-saxons. Ces petits livres cartonnés s'inspirent du roman d'origine pour initier les petits à différents sujets : apprendre à compter, découvrir le temps qu'il fait, les contraires...

En ce dernier jour de Mois Anglais consacré à Emily Brontë j'ai donc choisi de mettre à l'honneur Little Miss Brontë, Wuthering Heights. Cet album est consacré au temps qu'il fait. Et quel classique aurait pu davantage se prêter à un tel sujet ?

Ce livre est une vraie petite merveille avec ses illustrations délicates mettant en scène le même lieu, avec chaque fois une météo différente... ensoleillée, venteuse, pluvieuse... Je pensais a priori qu'il était difficile de présenter ce livre à un enfant puisque le lieu est toujours inchangé. Pourtant de nombreux détails varient, à commencer par les personnages présents et ce qu'ils font, ce qui fournit un bon support pour commenter les scènes.

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Photos Copyright My Lou Book

Il ne faut pas s'attendre à retrouver le roman original sous une forme abrégée : il sert seulement de toile de fond ; l'album a une vocation éducative, qui guide le choix des situations mises en scène. On peut néanmoins en profiter pour résumer l'histoire d'origine... ou s'amuser à inventer de nouvelles aventures ! Avec leur trame simple, ces albums ouvrent le champ des possibles aux parents lecteurs. Chaudement recommandé, même pour les non-Anglophones !

Mes billets sur Little Miss Austen, Sense and Sensibility etLittle Miss Bronte, Jane Eyre.

Un avis du BrontëBlog sur cet album.

Jennifer Adams, Alison Oliver, Little Miss Bronte, Wuthering Heights, 2013

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25/06/2014

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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08/06/2014

Jo Baker, Une Saison à Longbourn

baker_longbourn.jpgCeux qui suivent mon blog depuis quelques années connaissent mon engouement pour Jane Austen et, notamment, son roman Pride and Prejudice. J'ai savouré l'adaptation de la BBC et renoncé à apprécier celle de Joe Wright, me suis risquée à lire (ou à commencer à lire) quelques « sequels »*... pour conclure in fine que les austeneries n'étaient pas vraiment ma tasse de thé, même si certaines suites se laissent volontiers lire l'été à la plage lorsqu'on ne veut pas réquisitionner beaucoup de neurones. Pourtant, lorsque j'ai vu que les éditions Stock (dont j'apprécie beaucoup la collection La Cosmopolite et notamment, ses titres de Virginia Woolf) publiaient un roman inspiré de Pride and Prejudice qui avait reçu de belles critiques dans la presse anglo-saxonne, j'ai eu de suite envie de partir à la découverte de cette Saison à Longbourn.

Dans ce roman de Jo Baker, nous nous éloignons des salons des soeurs Bennet pour accompagner les domestiques de Longbourn. Ces personnages sont fantomatiques dans le roman d'Austen. Ils n'ont qu'une fonction utilitaire, on ne connaît pas leur nom hormis celui de Hill, scandé par Mrs Bennet à chaque fois que ses nerfs lui jouent des tours. Et il faut bien avouer que lorsqu'il est plongé dans Pride and Prejudice, le lecteur partage entièrement l'indifférence de Miss Austen à l'égard des domestiques, puisqu'ils sont presque absents du roman. Et pourtant, sans eux pour amener de l'eau aux filles Bennet, jeter les pots de chambre, retoucher leurs vêtements, les coiffer, cuisiner, le foyer des Bennet ne saurait exister. Ou du moins, il serait bien différent et l'histoire des soeurs en serait vraisemblablement affectée.

Jo Baker décide ainsi de s'intéresser à Mr et Mrs Hill, Sarah, la très jeune Polly (nommée ainsi car elle s'appelle en réalité Mary mais ne saurait usurper le prénom de l'un des membres de la famille) ainsi que James, le nouveau valet au passé suspect, curieusement engagé par Mr Bennet. Le lecteur mesure alors la difficulté de leurs tâches, les mains gercées, gelées, pleines d'ampoules selon qu'elles ont fait la lessive de la semaine, cherché un seau d'eau par temps froid ou utilisé trop longtemps le fer à friser des jeunes demoiselles. Quant aux Bennet auxquels nous nous sommes déjà attachés, nous ne pouvons nous empêcher de regretter leur manque d'intérêt pour leurs domestiques, malgré l'époque. Ainsi Lydia fait un commentaire peu flatteur sur Mr Hill en présence de Mrs Hill, comme si celle-ci n'avait pas d'oreilles, tandis qu'Elizabeth oublie complètement de se renseigner sur James lorsqu'il s'absente brusquement (elle s'étonne même d'entendre Sarah l'appeler « Mr Smith », comme s'il était un gentleman et non le valet).

Bien que le roman compte assez peu de dialogues entre maîtres et domestiques, Jo Baker prend beaucoup de libertés avec les personnages que l'on croit si bien connaître. Elle apporte ainsi un nouvel éclairage au roman d'origine, auquel on peut adhérer le temps de cette lecture. Mr Bennet a un passé plus compromettant que ne le laisseraient penser ses heures d'étude solitaire dans sa bibliothèque. Le portrait de Wickham est encore moins flatteur (on s'éloigne d'ailleurs de la vision aseptisée et plutôt flatteuse de l'armée dans les textes d'Austen). Elizabeth s'inquiète de partir seule à Pemberley, puis du déroulement de sa première grossesse.

Une Saison à Longbourn n'est pas seulement (comme je le croyais) le miroir de Pride and Prejudice, Jo Baker s'affranchissant de ce cadre. Darcy n'y a presque aucune importance et apparaît très tardivement. La dernière partie se déroule essentiellement loin de Longbourn. S'il me semble compliqué d'aborder Une Saison à Longbourn sans avoir lu Austen, c'est un roman « à part entière » que je me réjouis d'avoir lu.

Merci aux éditions Stock pour cette lecture !

Coralie l'a également lu dans le cadre du Mois Anglais.

Autour de Pride and Prejudice sur ce blog :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films et séries: Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004) ; Lost in Austen (2008).

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394 p

Jo Baker, Une Saison à Longbourn (Longbourn), 2013

* Je me suis bien amusée avec les très légers The Darcys and The Bingleys et Les Filles de Mr Darcy (ce dernier m'a plutôt fait ricaner doucement mais il a alimenté plusieurs conversations bien amusantes, j'en garde ainsi un bon souvenir que la relecture de mon billet a ravivé).

 mois anglais 2014_1.jpgBBC 2014small.jpgXIXe siecle 01.jpg

06/06/2014

Little Miss Brontë, Jane Eyre

little-miss-bronte-jane-eyre-300x300.jpgJ'ai décidé de profiter du mois anglais pour vous faire découvrir plusieurs livres de la collection Babylit. Je rêvais de trouver des classiques à partager avec les tout petits et je me régale !

Petit rappel du principe : des livres éducatifs détournant de grands classiques, principalement anglo-saxons. Ces petits livres cartonnés s'inspirent du roman d'origine pour initier les petits à différents sujets : apprendre à compter, découvrir le temps qu'il fait, les contraires...

Jane Eyre de Little Miss Brontë apprend à compter de 1 à 10 : une gouvernante, 2 malles... jusqu'aux 10 livres de la dernière double-page. Côté couleurs, on privilégie ici plutôt les tons sombres et pastels, en accord avec l'imaginaire qui entoure le roman d'origine... des nuances sans doute un peu moins adaptées aux goûts des enfants même si pour l'instant cela ne semble pas déranger Baby Lou qui regarde avec curiosité cet album. Les dessins restent suffisamment simples et faciles à commenter pour les parents.

On peut ainsi uiliser les dix planches pour apprendre à compter à son enfant mais cet ouvrage offre surtout la possibilité de raconter l'histoire de Jane Eyre à sa façon. Les illustrations font référence à des scènes du roman et constituent un point de départ intéressant pour faire découvrir la jeune gouvernante et son histoire. Certaines planches sont plus abouties et délicates que d'autres mais dans l'ensemble je suis conquise ! J'ai déjà parcouru cette version de Jane Eyre plusieurs fois avec Baby Lou et ne m'en lasse pas. Il faut dire que pour varier les plaisirs j'ai acheté plusieurs ouvrages de ces auteurs et alterne les lectures sans modération !

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Photos Copyright My Lou Book

L'avis de Giraffe Days. Mon billet sur Little Miss Austen, Sense and Sensibility.

Jennifer Adams, Alison Oliver, Little Miss Brontë, Jane Eyre, 2013

mois anglais 2014_1.jpgXIXe siecle 01.jpgmyself 2014.jpgalbums2014.jpg

04/06/2014

Clues, Tome 1, Sur les Traces du Passé

bd_clues_t1_cover.jpgEncore une série ayant pour cadre Londres à l'époque victorienne ! On peut dire que les amateurs du genre sont gâtés ! Cette fois-ci nous accompagnons Emily, de retour à Londres pour venger sa mère, assassinée quelques années auparavant. La jeune femme avait découvert peu avant son décès que sa mère se livrait désormais à des activités criminelles au sein d'un gang, qu'elle tient pour responsable de sa mort. Emily intègre Scotland Yard et devient l'assistante de l'inspecteur Hawkins, brillant mais redoutable avec ses collaborateurs. D'abord réticent à l'idée d'engager une femme malgré ses bonnes références, Hawkins lui confie des tâches ingrates telles que le nettoyage du bureau ou la préparation du thé. Mais un jour, n'ayant personne pour l'accompagner lors d'une explosion dans une morgue, Hawkins demande à Emily de se joindre à lui. Tout en restant brusque, il va être amené à réaliser que sa nouvelle assistante est bien plus dégourdie et futée qu'il ne l'aurait pensé, Emily réussissant à débloquer l'enquête et à lui sauver la vie.

bd_clues_t1_2.jpgDans ce premier tome, l'héroïne s'affirme grâce à un caractère bien trempé, de l'audace et beaucoup d'abnégation. Elle gagne en légitimité et pourra recevoir une formation d'officier. Son personnage ainsi que celui de l'inspecteur Hawkins sont complémentaires et ne versent pas dans la caricature malgré des tempéraments forts. L'intrigue m'a de suite plu, même si je trouve qu'elle verse dans la facilité au départ : la toute première affaire sur laquelle Emily intervient est liée au gang auquel appartenait sa mère. J'imaginais plutôt qu'elle allait se livrer à sa propre enquête en parallèle de son travail. Quoi qu'il en soit c'est un premier tome très dynamique et servi par des illustrations modernes d'inspiration victorienne, qui prennent toutefois certaines libertés : une Londres assez éloignée des représentations habituelles et qui m'évoquait plus des quartiers d'habitation en périphérie de la ville par exemple, avec des maisons individuelles larges, moins tassées, un pub de Whitechapel dans une grande bâtisse qui ressemble vaguement à un manoir ; quelques coiffures décalées, sans parler de la tenue de nuit d'Emily, plutôt légère et sexy pour l'époque !

Si la suite est aussi réussie, je m'offrirais volontiers l'intégrale si la série venait à être publiée sous cette forme.

(A noter une grosse coquille en p 29 "je n'en croit pas mes oreilles")

Une interview de Mara ici.

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55 p

Clues, T1, Sur les Traces du Passé, Mara, 2008

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02/06/2014

Little Miss Austen, Sense and Sensibility

little miss austen_sense and sensibility.jpgLors de mon séjour à Cambridge en septembre dernier je suis tombée sur une boutique adorable proposant des articles faits main... ainsi qu'une petite merveille pour une maman lectrice amoureuse de l'Angleterre telle que moi : des livres éducatifs détournant de grands classiques, principalement anglo-saxons (collection Babylit).

Ces petits livres cartonnés s'inspirent du roman d'origine pour initier les petits à différents sujets : apprendre à compter, découvrir le temps qu'il fait, les contraires...

Sense & Sensibility de Little Miss Austen présente des notions contraires à partir de situations du roman d'origine telles que les différences entre les Dashwood et leur frère ou l'état d'esprit du colonel Brandon et de Willoughby. On peut simplement présenter les notions introduites sur chaque nouvelle planche ou utiliser ce support pour raconter l'histoire originale.

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Photos Copyright My Lou Book

Cet album jeunesse est vraiment un très bel objet, à la fois original et intelligent, qui permettra aux parents de se régaler autant que leurs enfants !

L'avis du blog My Little Bookcase sur la collection et celui de The Jane Austen society of Ireland sur cet album. Mon billet sur le roman de Jane Austen Sense & Sensibility.

22 p

Jennifer Adams, Alison Oliver, Little Miss Austen, Sense & Sensibility, 2013

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04/04/2014

Elizabeth Jenkins, Harriet

jenkins_harriet.jpg1875. Harriet est une fille de bonne famille, vivant avec sa mère et son beau-père alors qu'elle a déjà atteint la trentaine. La jeune femme (plus toute fraîche si l'on adopte un point de vue victorien) est simple d'esprit. Si elle sait soigner sa personne et accorde une attention particulière à sa garde-robe, Harriet trahit son état par un rictus curieux, des paupières tombantes et des réactions parfois déroutantes. Afin de se soulager un peu, sa mère l'envoie régulièrement chez des proches à qui elle verse une pension pour l'accueillir. C'est lors d'une de ces "escapades" qu'Harriet fait la connaissance d'un certain Lewis. Venu courtiser Alice, la jeune fille de la maison, Lewis apprend qu'Harriet dispose de 3000 livres auxquelles s'ajouteront 2000 livres à la mort de sa tante. Dès lors, Lewis décide de la séduire pour mettre la main sur cette coquette somme. Il décide de faire l'impasse sur l'âge assez "avancé" de sa promise et sur ses défauts d'élocution et de compréhension, persuadé de pouvoir s'en accommoder d'une façon ou d'une autre. Pour parvenir à ses fins il écarte la mère d'Harriet (qui bien entendu juge leur histoire avec lucidicité et s'inquiète pour sa fille). La jeune femme devient entièrement dépendante de Lewis et de son entourage. Une fois le mariage passé, Harriet est progressivement isolée. Lewis reprend son aventure avec Alice là où il l'avait laissée. Aidé de son frère Patrick et de sa belle-soeur Elizabeth, il entreprend d'écarter la pauvre Harriet.

Un roman sur un fait divers victorien ! Mais quelle sinistre affaire ! Elizabeth Jenkins s'est intéressée à un procès retentissant de la deuxième moitié du XIXe siècle. Celui-ci a fait couler beaucoup d'encre, d'une part en raison des faits reprochés aux quatre coupables, mais aussi parce que le jugement initial (leur condamnation à mort) fut remis en cause car jugé un peu expéditif (un juge partial, une argumentation de la défense rapidement écartée). Cette affaire aurait donc eu un impact important sur l'évolution de la justice anglaise et la possibilité de faire appel. Les faits n'en restent pas moins épouvantables.

En s'appuyant sur le compte-rendu du procès, Elizabeth Jenkins s'est employée à imaginer comment les faits avaient pu s'enchaîner. Là où le fait divers sert de matière à la trame de l'histoire, le roman comble le vide et imagine les réactions et les motivations des différents protagonistes, ainsi que la façon dont, de fil en aiguille, la vie d'Harriet a basculé.

[Spoilers dans ce paragraphe] Femme riche et un brin suffisante, Harriet n'a pas les capacités intellectuelles qui lui permettraient de voir clair dans le jeu de Lewis. Elle s'en remet ainsi entièrement à lui et lui confie toute sa fortune, perdant de même tout son attrait. Petit à petit, les marques d'attention font place à l'agacement. On l'écarte, on l'isole, on ne lui adresse plus la parole.  On la prive de ses vêtements et bijoux pour les offrir à la maîtresse du mari. On ne la nourrit plus correctement. Et, inexorablement, l'équilibre se rompt. Les "proches" d'Harriet deviennent ses gardiens et la négligence prend une nouvelle dimension. S'il y a débat sur les causes de la mort, il n'y en a pas sur l'état d'Harriet : apparemment maltraitée, la jeune femme était exsangue, recouverte d'une telle couche de crasse que l'infirmière ne parvenait pas à la laver, ses pieds recouverts d'une corne épaisse, sa tête grouillant de poux.

Ce texte est très subtil. L'évolution de la relation entre Harriet et ses tortionnaires est habilement décrite. L'histoire est présentée du point de vue des coupables, pour qui la jeune femme n'est qu'une quelconque nuisance négligeable, à la marge de leur existence. Ce n'est donc qu'indirectement que l'on devine le sort qui lui est réservé. La vérité éclate à la fin, avec beaucoup plus de force en raison des nombreux non-dits. Par ailleurs Jenkins sait ménager son effet. Alors qu'on imagine que le mariage n'est pas consommé, on apprend au détour d'une phrase qu'il y a eu un enfant. Une autre fois, Harriet dérange par son attitude ; Patrick s'approche et l'on devine la scène aux mots de sa femme, qui craint qu'il ne tue leur prisonnière. Ou encore, quand Harriet doit signer un acte pour que son mari dispose des 2000 euros de sa tante, on lui met une voilette car elle a un bleu au visage.

Un roman cruel mais très maîtrisé et d'une grande force.

Une lecture commune avec Fanny. D'autres avis chez Titine ainsi que Clara, dont le billet m'avait initialement donné envie de lire ce roman.

Un article de Rachel Cooke (également auteur de la postface) sur ce qu'on a appelé The Penge Mystery. L'article de Wikipedia.

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288 p

Elizabeth Jenkins, Harriet, 1934

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19/03/2014

Miss Endicott, T2

bd_Miss-Endicott-Tome-2.jpg Londres, époque victorienne. Miss Endicott est récemment arrivée pour remplacer sa mère décédée au poste officieux de conciliatrice. Gouvernante, elle mène une double vie et doit satisfaire les réclamations des uns et des autres dans les querelles de voisinage.

[Spoilers dans ce paragraphe] Dans ce deuxième tome, la mère de Miss Endicott refait surface : son enterrement n'était qu'une mise en scène destinée à lui permettre de prendre sa retraite et à s'assurer secrètement que sa fille était à la hauteur... or elle se juge pour le moment irremplaçable. Les péripéties ne manquent pas : Kevin, l'enfant dont Miss Endicott a la garde, a disparu ; un mystérieux personnage fait son apparition et semble nourrir de sombres projets pour la capitale ; et la menace d'un événement extraordinaire plane toujours puisqu'une étonnante machine doit se mettre en marche le lendemain à minuit. L'enquête se poursuit!

On retrouve dans ce deuxième tome de superbes illustrations et une ville à la fois très victorienne et délicieusement fantastique. Si les deux tomes s'enchaînent parfaitement et constituent ensemble une série très réussie, j'ai personnellement trouvé ce deuxième opus un peu moins convaincant que le premier. Ce deuxième album n'est plus porté par l'attrait de l'originalité, celle de la représentation d'un monde un brin grotesque mais fascinant. A mon sens le rythme soutenu et les scènes d'action ne suffisent pas à former un ensemble satisfaisant et cohérent. L'issue est presque sans surprise. Je ne peux que vous conseiller de lire les deux tomes à la suite : vous serez conquis par l'univers dépeint et les maladresses que je trouve à ce scénario n'auront sans doute plus une grande importance.

Une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries. Virgule a lu les tomes 1 et 2 de Miss Endicott, Soie a lu l'intégrale de Green Manor, Fanny a lu Le Tome 1 des Quatre de Baker Street, Syl a lu la série London (tomes 1 et 2).

Mon billet sur le tome 1 qui a été un véritable coup de coeur.

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80 p

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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07/03/2014

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre

fitzpatrick_neuvieme pierre.jpgAprès avoir lu Code 1879 de Dan Waddell, mon premier roman policier aux accents victoriens de la collection Babel Noir, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai abordé La Neuvième Pierre de Kylie Fitzpatrick.

Issue d'une famille pauvre, orpheline, la jeune Irlandaise Sarah O' Reilly travaille pour Le London Mercury. Vêtue en garçon pour accéder à un travail qui lui serait normalement refusé, elle espère se voir confier un jour des travaux plus intéressants. Elle rencontre par le biais du journal la jeune veuve Lily Korechnya, auteur d'articles sur des femmes illustres. Toutes deux vont devenir amies et Lily va ainsi tenter d'aider Sarah et sa petite soeur Ellen, qui toutes deux vivent dans une cave à Devil's Acre. Le destin de Lily croise celui d'une collectionneuse de diamants, Lady Cynthia Herbert. Dès lors, nous suivrons la réalisation d'un talisman en diamants, superbe commande refusée par tous les bijoutiers consultés en Inde en raison du danger inhérent au bijou. Et, en effet, ceux qui croisent les diamants indiens trouvent la mort dans des circonstances étranges...

Dans l'ensemble, La Neuvième Pierre est un roman néo-victorien intéressant mais un peu inégal. Première surprise, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt du parcours de la jeune Sarah O' Reilly. Certes, son destin finit par se mêler plus ou moins à une histoire de meurtres et de talisman en diamants volé, mais ce n'est finalement qu'une toile de fond. L'affaire est résolue rapidement à la toute fin du roman ; la solution à l'énigme est sans surprise et, au fond, on finit par s'en moquer un peu.

La première partie du roman est de loin la plus réussie pour moi. Nous avons là une toile de fond réussie à travers une Londres victorienne bouillonnante de vie et très diverse. Outre la jeune Sarah O' Reilly, deux figures féminines indépendantes d'esprit se démarquent, Lady Cynthia et Lily Korechnya. Malheureusement, j'ai été nettement moins séduite par la suite, qui se déroule principalement en Inde. Après avoir découvert le palais du Maharadjah et rêvassé quelques instants à ses splendeurs, à la lumière particulière précédent la mousson et aux senteurs délicates, je me suis vite ennuyée de la vie monotone qu'on mène dans ce lieu splendide, de ce prince bien fade et de ses concubines assommées par l'opium. J'avais espéré mieux explorer Bénarès sous l'empire britannique mais l'aspect colonial est très peu exploité, si bien qu'on a l'impression de retrouver l'ambiance des Mille et une Nuits, sans aucune petite touche d'originalité. Enfin, je me demande pourquoi Kylie Fitzpatrick a choisi d'assassiner aussi rapidement plusieurs personnages hauts en couleur, car malheureusement l'histoire s'en ressent et perd de son intérêt. Dans l'ensemble ce roman est agréable à lire mais je regrette que le récit n'ait pas été un peu plus dynamique et que l'Inde britannique n'ait pas été mieux dépeinte.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Titine et Soie.

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500 p

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre (The Ninth Stone), 2007

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20/02/2014

Peter Carey, La Chimie des Larmes

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Rentrée littéraire de septembre 2013 (romans étrangers)

Londres, de nos jours. Une conservatrice de musée apprend la mort soudaine de son amant. Pour l'aider à faire son deuil, son supérieur hiérarchique lui confie la restauration d'un automate fascinant, basé sur une mécanique subtile... un véritable chef-d'oeuvre.

Allemagne, 1854, dans un village perdu de la Forêt Noire : l'Anglais Henry Brandling cherche le meilleur horloger qui soit pour réaliser pour son fils malade le canard de Vaucanson (première moitié du XVIIIe), un jouet mécanique très fidèle à la réalité... une quête qui s'apparente à première vue à une chimère, aucun horloger ne semblant être au niveau du célèbre Vaucanson. Brandling tombe alors sur un curieux trio – un homme, une femme et son fils - qui lui vole les plans du canard et lui force la main pour pouvoir réaliser le jouet.

J'avais traversé l'Allemagne avec l'assurance catégorique reçue de ma famille que tout le monde, hormis les paysans, y parlait parfaitement l'anglais. Après avoir subi l'assaut de l'agent des douanes, je compris que les paysans étaient largement répandus et me procurai donc une grammaire allemande à la gare du chemin de fer (p 35). 

On voyage d'un chapitre à l'autre, quittant Londres pour l'Allemagne, le temps présent pour le XIXe, à travers deux destins que le hasard a fait se croiser. J'ai cherché Henry, Henry vivant, Henry au bon coeur. Quelle compagnie indispensable en cette nuit sans fin... Je lisais. Il écrivait (p 180). 

J'ai ouvert ce roman avec beaucoup de curiosité. L'idée de voir s'entremêler deux destinées à 150 ans d'écart me séduisait, sans compter le cadre londonien, le XIXe et les automates qui me fascinaient (et m'effrayaient) quand j'étais petite. C'est un roman original, bien écrit, dont l'un des protagonistes (Henry) est très attachant.

Père d'un petit garçon très malade, il a déjà perdu une fille (morte de consomption) et sa femme lui a retiré son affection depuis. C'est un père fou de son petit qui part en quête du jouet qui pourra faire son bonheur, le distraire de sa maladie : faire réaliser cette perle rare n'est pas une simple lubie ou excentricité de gentleman oisif, c'est peut-être ce qui va sauver son enfant. La dimension dramatique du roman se retrouve aussi aujourd'hui avec Catherine, qui part totalement à la dérive dans les jours qui suivent l'annonce de la disparition de son amant. 

Les débuts du roman sont prometteurs, à travers le voyage de Henry qui s'annonce intéressant sur le plan historique et qu'on imagine plein de rebondissements ou enrichi par les souvenirs de sa vie anglaise, tandis qu'à Londres la découverte de l'automate et du journal de Henry par Catherine éveille notre curiosité... Mais mon intérêt s'est quelque peu émoussé ensuite. L'histoire de Henry stagne rapidement ; il est entouré d'une bande d'escrocs mais si lui se demande si son canard sera un jour réalisé, nous savons que ce sera bien le cas puisque nous savons que Catherine doit le restaurer (et, pour ceux qui l'ont lu, pour moi la petite variante finale n'a rien d'un renversement). En ce qui le concerne, on finit par se dire que le seul mystère qui reste entier concerne son fils : le reverra-t-il vivant ? Peter Carey fait le choix de nous laisser deviner, la fin n'en étant donc pas vraiment une... ce qui m'aurait peu gênée s'il s'était vraiment passé quelque chose dans les chapitres précédents, parfois un peu obscurs. Il en va de même pour les jours présents, à ceci près que Catherine est beaucoup moins sympathique que Henry. Elle semble prendre un certain plaisir à surjouer la douleur, empilant les bouteilles vides, manquant de respect à ses collègues, profitant de la sollicitude de son patron pour faire n'importe quoi dans le cadre de son travail. J'ai trouvé difficile d'adhérer à ce personnage nombriliste, malgré sa douleur.

J'ai pris plaisir à lire ce roman sur la résilience, mais en partie en raison de ma curiosité concernant le dénouement. C'est un peu déçue que j'ai tourné la dernière page car il m'a semblé que Peter Carey n'était pas allé tout à fait au bout de son idée (le dialogue entre les deux protagonistes à travers les siècles), au demeurant excellente... dommage, car j'ai passé de bons moments !

(…) il avait pu, à la suite de ce triomphe, commander les plans qui permettraient de mettre en oeuvre l'extraordinaire spectacle des trains rapides circulant en douceur dans des tunnels de verre au beau milieu de Fortnum & Mason's (p 42).

Les avis de Nadael, Ly lit

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326 p

Peter Carey, La Chimie des Larmes, 2012

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10/12/2013

Patricia Reznikov, La Transcendante

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Rentrée littéraire automne 2013

Que dire de La Transcendante de Patricia Reznikov, un roman qui me tentait tellement et qui me laisse dubitative ? Comment ne pas succomber devant un tel sujet: une jeune femme victime d'un incendie retrouve dans son appartement détruit un seul livre, La Lettre Ecarlate de Nathaniel Hawthorne. Bouleversée par ce qui lui est arrivé, elle décide de partir à Boston sur les traces du grand écrivain en voyant un signe dans la présence de ce rescapé. Peut-être pourra-t-elle ainsi se reconstruire... Une fois arrivée à Boston, elle rencontre une certaine Georgia, ex prof de littérature, francophile, qui s'impose et se fait un plaisir de lui faire visiter tous les lieux historiques importants ayant un lien avec Hawthorne. En parallèle elle découvre une librairie tenue par un type extravagant qu'elle nomme le "cyclope" ; elle y rencontre un certain Blake, philosophe passionné par Nietzsche et tombe sous son charme.

Sachez tout d'abord que, dans l'ensemble, ce roman a été plutôt bien accueilli : certains sont enthousiastes, beaucoup ont apprécié de nombreux aspects du texte tout en relevant ses faiblesses. Je me situerais plutôt dans cette deuxième catégorie : je suis très heureuse d'avoir pu satisfaire ma curiosité, d'avoir retrouvé Hawthorne, Emerson, Thoreau, Melville ou encore Louisa May Alcott, mon livre est bourré de post-its pour retrouver les passages qui m'ont intéressée... même si j'ai trouvé le roman en tant que tel franchement en deçà de mes attentes.

Les premières phrases m'ont captivée et auguraient bien de la suite :

Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.

Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d'holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d'une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux (p 9).

Malheureusement, j'ai trouvé l'héroïne peu cohérente avec cette magnifique introduction. Puisque les pour et les contre s'opposent clairement dans ma lecture je peux facilement retrouver les joies des dissertations de mes 18 ans et leurs fameux plans en deux parties pour cette modeste chronique.

L'intérêt du livre : sans nul doute, l'exploration de Boston et de ses environs en compagnie de Georgia. Ce livre est un précieux atout pour qui voudrait se rendre sur place et suivre la trace de Hawthorne et d'autres auteurs contemporains qu'il a côtoyés. Ainsi nous allons à Salem, au cimetière de Sleepy Hollow, savourons les anecdotes sur l'écrivain ou redécouvrons  les évènements majeurs qui se sont déroulés dans la baie et ont eu une si grande importance dans l'histoire des Etats-Unis. Je regrette que les sources de l'auteur ne soient pas citées à la fin pour nous permettre de creuser un peu plus le sujet mais ce livre a le mérite de pointer du doigt des lieux qui ne doivent pas se retrouver dans beaucoup de guides touristiques et ne présentent d'intérêt que pour les grands nostalgiques qui aimeraient fermer les yeux et s'imaginer quelques siècles en arrière. En lisant ce roman, j'ai été prise d'une folle envie de découvrir cette région des Etats-Unis qui a priori ne m'intéressait pas spécialement et, lorsque j'y irai, ce sera sans doute accompagnée de ce livre ! On imagine également sans peine certains quartiers historiques, avec leurs jolies maisons bien conservées. Cela m'a également fait penser à Henry James et à son roman Les Européens (il me reste encore à découvrir Les Bostoniennes).

Ses écueils : si les extraits traitant de l'histoire des lieux m'ont passionnée, ils restent très factuels et ne se mêlent pas vraiment au récit principal. J'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'informations jetées de-ci de-là sur une trame romanesque sans intérêt, qui tente bien maladroitement de lier le tout. Les conversations sont insipides, parfois même horripilantes car Pauline s'essaie à traduire en français un texte qui vient d'être prononcé en anglais, selon un procédé récurrent qui à la fin me faisait pousser des soupirs d'exaspération et enrager toute seule. Certaines expressions du type "little French woman" reviennent souvent également et n'ont en rien amélioré mon humeur. Et puis cette Pauline est un personnage agaçant, creux, alors que j'imaginais une amoureuse des livres avec un peu de plomb dans la cervelle. Elle rencontre cette Georgia qui décide de lui faire partager ses connaissances de la région mais au lieu de refuser carrément son aide ou de jouer le jeu, elle va la voir, puis regrette, s'énerve devant les excentricités de la vieille femme, se montre carrément odieuse (par exemple en reprenant sans cesse ses quelques erreurs en français), sans compter le fait que quand on lui propose de visiter une maison d'écrivain madame fait la fine bouche et se plaint de toute cette activité (et moi de crier intérieurement : comment ? tu vas nous priver de la visite de cet endroit parce que tu as mal aux pieds ou envie d'un thé glacé ?!). Il ne suffit pas d'avoir vécu un événement tragique pour devenir un personnage attachant à qui l'on va tout pardonner (surtout pas le fait de nous priver d'une visite comme celle-ci...). Et puis, alors qu'elle semble avoir un minimum de culture, elle ne connaît pas la légende de Sleepy Hollow par exemple ou parle du Père Goriot comme d'une souffrance ; elle ne me paraissait avoir aucune curiosité intellectuelle par rapport à ce que l'on aurait pu imaginer en lisant les premières lignes du roman. On peut également s'étonner du voyage qu'elle entreprend lorsqu'on découvre qu'à part sa fichue Lettre Ecarlate qu'elle lit et relit elle n'a fait aucune recherche sur Hawthorne. Elle dit venir sans but précis et on veut bien la croire ! Mais quelle personne aux revenus moyens irait payer un aller retour Paris-Boston avec un seul livre de poche sous le bras sans avoir une petite idée de la façon dont elle va procéder sur place ou sans manifester de l'intérêt lorsqu'on lui offre sur un plateau des visites passionnantes ? Enfin, elle entre dans une librairie qui semble très sélective quant aux titres proposés mais le libraire est un fou qui dans la première scène l'insulte et menace de lui trancher la gorge, ce qui la fait presque s'évanouir. Non seulement j'ai trouvé la scène ridicule mais j'ai été terriblement déçue de pénétrer enfin dans cette librairie sans qu'elle songe à parcourir ses rayons et à en ressortir avec quelques pépites qu'elle m'aurait donné envie de lire. Elle découvre ainsi un seul autre titre au cours de son voyage littéraire pour le moins étonnant.

Au final j'ai adoré les parties consacrées aux auteurs du XIXe et à l'Histoire des Etats-Unis, qui m'ont permis de m'imaginer dans des lieux fascinants, en excellente compagnie, et en ce sens je ne regrette pas du tout ma lecture ; je relirai même sans aucun doute les passages que j'ai consignés dans mon exemplaire. Mais la structure générale de ce roman m'a paru maladroite et je n'ai absolument pas pu adhérer aux choix de Pauline ; même l'extravagante Georgia ou le mystérieux Blake ne m'ont pas complètement convaincue, bien que l'idée de rencontrer pareils guides à Boston soit assez séduisante. Je crois que j'ai été d'autant plus déçue que j'attendais énormément de ce roman au résumé si prometteur.

Ils ont apprécié leur lecture, même s'ils sont nombreux à pointer du doigt certaines faiblesses : Aifelle, A Propos de Livres, Cathulu, Culturez-vous, Joëlle, Jostein, Kazu Panda, Lettres et Littérature américaines, L'Irrégulière, Malice, Mes Petits Bonheurs, Nelfe, Stellade à la Page

Les déçues : Karine:), La Petite Marchande de Prose, Val

Un grand merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte, malgré mon avis si partagé.

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276 p

Patricia Reznikov, La Transcendante, 2013

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16/11/2013

Trois nouveaux challenges depuis la rentrée

Certes, mes lectures ont été très halloweenesques ces derniers temps ; je suis (ou essaie de suivre) un certain nombre de challenges en parallèle et continue à organiser avec ma complice Hilde le challenge British Mysteries qui me promet de chouettes lectures prochainement... mais évidemment j'ai encore craqué !

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Le Challenge XIXe organisé par Netherfield Park (Fanny et Kheira)

Ce challenge ayant commencé alors que je préparais avec Hilde notre périple halloweenesque annuel (et que j'étais pas mal débordée par ailleurs), je n'ai pas pris le temps de faire de petit billet de présentation... j'y remédie maintenant !

Un challenge XIXe, ceux qui me connaissent et qui ont suivi mon blog depuis ses débuts savent bien que je ne pouvais pas passer à côté ! Ce sera l'occasion de continuer à lire mes chers Victoriens et Néo-Victoriens mais aussi retrouver le XIXe dans d'autres contrées (et d'utiliser des logos qui me plaisent beaucoup). Merci aux organisatrices pour ce défi irrésistible ! Ce challenge durera 1 an jusqu’au dimanche 14 septembre 2014.

Voici mes quelques contributions depuis le début du challenge :

En novembre : 

Mary Shelley, L'Endeuillée et Autres Récits, 1829-1839

En octobre :

Nathaniel Hawthorne, L'Expérience du Docteur Heidegger, 1837

Pedro Roriguez, Macabre, 2010 (BD / adaptations de textes de Maupassant, Poe, Le Fanu...)

En septembre

Ann Granger, A Particular Eye for Villainy (Ben & Elizabeth Ross Mystery, T4), 2012 

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007 (BD)

*****

Le Challenge Il était une fois Noël

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Et suite à nos aventures d'Halloween dans la maison hantée, Petit SpeculoosChicky Poo et Samarian ont eu envie de se remettre de toutes ces émotions en choisissant une retraite plus paisible et en nous invitant dans leur chalet pour fêter Noël ensemble au mois de décembre... elles ont ainsi concocté le programme des festivités, très alléchant (que je suivrai autant que je le peux car Décembre sera mouvementé pour moi avec la gestion du lutin de Noël qui, comme vous le savez, est un être malicieux qui adore vous faire des surprises quand vous vous y attendez le moins...) : 

  • Dim. 1er décembre :début du challenge, on s’installe au chalet… : tea-time/boisson préférée
  • Lun. 2 décembre :Nos blogs se mettent aux couleurs de Noël
  • Mar. 3 décembre :partage des playlists de Noël pour se mettre dans l’ambiance et créer une atmosphère cosy dans le chalet
  • Mer. 4 décembre :lecture jeunesse, sur le thème de Noël/hiver
  • Sam. 7 & Dim. 8 décembre :RAT (aux thèmes de Noël et de l’hiver)
  • Mar. 10 décembre :publication de la wishlist de Noël
  • Mer. 11 décembre :photos des décorations en ville/ marché de Noël. Que ce soit le votre ou dans une autre contrée
  • Ven. 13 décembre :billet autour d’histoires de fantômes de Noël (dans la littérature, au cinéma, une anecdote à raconter,…)
  • Sam. 14 décembre :lecture commune (un vote aura lieu pour définir la lecture)
  • Dim. 15 décembre :création de décoration(s) de Noël
  • Lun. 16 décembre :envoi des cartes de vœux
  • Mar. 17 décembre : un mystère de Noël victorien (fantômes ou detective story)
  • Mer. 18 décembre :billet sur un film de Noël vu tous ensemble (un vote aura lieu pour définir le film)
  • Jeu. 19 décembre :partage des photos des sapins
  • Ven. 20 décembre :partage de recettes de Noël (réalisées ou non, pas d’obligation de cuisiner, même si c’est plus rigolo)
  • Dim. 22 décembre :lecture d’une BD
  • Mar. 24 décembre :partage de la table/du menu
  • Mer. 25 décembre :Joyeux Noël
  • Jeudi 26 au 31 décembre :derniers partages (cadeaux et autres posts)

Bref une année qui s'achève avec la perspective de bons moments sur la blogosphère et, pour ma part, de lectures extrêmement tentantes ! N'hésitez pas à nous rejoindre dans ces nouveaux challenges !

Sur ce, bon week-end à toutes et à tous !

*****

Edit du 21 novembre

challenge il etait une fois noel,challenge xixe

Je n'avais pas vu que MyaRosa nous proposait elle aussi un challenge "Christmas Time", mais comme ma complice Hilde j'ai donc décidé de suivre également cet autre challenge de Noël, au joli programme lui aussi. Il a débuté le 10 novembre et prendra fin le 2 janvier.

  • Dimanche 10 novembre: Billet de présentation du challenge
  • Mercredi 20 novembre: Présentation d'un album/livre pour enfants de Noël
  • Jeudi 28 novembre: Présentation d'un roman ou d'une nouvelle de Noël
  • 1er décembre: Votre wish list et/ou lettre au Père Noël
  • Jeudi 5 décembre: Votre playlist de Noël
  • Dimanche 8 décembre: Présentation d'un album/livre pour enfants de Noël
  • Mercredi 11 décembre: Bricolages/Activités/Décorations de Noël
  • Dimanche 15 décembre: Billet cinéma
  • Mercredi 18 décembre: Présentation d'un album/livre pour enfants de Noël
  • Vendredi 20 décembre: Aux fourneaux !
  • Lundi 23 décembre: Une romance de Noël de votre choix
  • Mardi 24 décembre : Un conte ou CD d'histoires de Noël
  • Vendredi 27 décembre : Billet photo(s) au choix sur le thème de Noël

MyaRosa propose également une liste de suggestions de lectures.

Il ne me reste plus qu'à attaquer les lectures de Noël !

15/11/2013

Mary Shelley, L'Endeuillée et autres récits

shelley_endeuillee-et-autres-recits.jpgNe connaissant que Frankenstein de Mary Shelley, j'ai été attirée par ce recueil de quatre nouvelles que j'ai lu pour le challenge Halloween – il entre dans ce cadre à travers les références au pacte avec le diable ou le Mal de façon plus générale.

C'est un livre fortement marqué par le courant romantique, aussi bien par le choix des thèmes que par le style lyrique faisant référence aux éléments, à la Nature. Voilà néanmoins des textes beaucoup moins audacieux que ne l'était Frankenstein et, en matière de Romantisme, j'ai par exemple été beaucoup plus captivée par les écrits d'un E.T.A . Hoffmann.

Une curiosité pour les amoureux de littérature anglo-saxonne.

"L'Endeuillée" : Rendant visite à une tombe sans nom devant sa bien-aimée, le narrateur lui explique les circonstances dans lesquelles il rencontra la femme qui y est enterrée. Ayant recueilli le narrateur dans la forêt alors qu'il fuyait la tyrannie de ses camarades d'Eton, la jeune Ellen était devenue son amie mais souffrait de mélancolie et projetait de mettre fin à ses jours, se sentant responsable de la mort de son père.

Je dois avouer que, hormis, l'évocation de certains lieux anglais, j'ai trouvé cette nouvelle sans surprise (la chute étant d'ailleurs grosse comme une maison, mais peut-être n'était-ce pas le cas à l'époque de la publication). Je suis sans doute sans coeur et ne me suis pas laissée émouvoir par les rouages de cette histoire un peu fade : la douce jeune femme si malheureuse, deux jeunes hommes valeureux et intègres dans son environnement immédiat, le tout arrosé de discours grandiloquents dans lesquels les éléments et la nature ajoutent au tragique de la chose...

Sortez les violons : Ils avaient quitté l'Angleterre comme pour un voyage d'agrément le long d'un cours d'eau ; mais le char impitoyable du destin les avait rattrapés dans leur course insouciante, les écrasant sous ses lourdes roues, faisant voler en éclats leur amour, leur espoir et leur joie, comme l'avalanche mugissante qui emporte le ruisseau dans la vallée et le réduit à quelques embruns. Ils étaient partis, mais où ? Le mystère pesait sur le destin de cette très malheureuse victime ; et le désir de mon ami était de percer les nuages qui cachaient la pauvre Clarice à sa vue. (p39, L'Endeuillée)

 

"Transformation" : un jeune homme est chassé de sa ville et dans l'impossibilité d'épouser sa chère et tendre pour avoir préféré l'insolence et une tentative d'enlèvement à un comportement honnête et repentant. Voilà notre héros qui se lamente sur les côtes anglaises, lorsqu'il assiste à un naufrage tragique. Le soir était proche lorsque, du côté de la mer, s'éleva, comme sous la baguette d'un magicien, un sombre réseau de nuages qui fit tâche sur l'azur du ciel vespéral, assombrissant et tourmentant l'océan jusqu'alors paisible. Les nuages prirent des formes étranges, fantastiques, se modifièrent, se mêlèrent comme sous l'action d'un charme puissant. Les vagues dressèrent leurs crêtes blanches ; le tonnerre d'abord gronda, puis éclata de l'autre côté de la surface des eaux qui prirent une vive teinte pourpre, parsemée d'écume (p72, Transformation).

Seul en réchappe un être difforme, qui aurait causé la tempête et lui propose un marché : échanger leurs deux corps quelques jours en échange d'une grande fortune. Mais lorsque le délai est passé, l'horrible étranger ne revient pas et c'est avec son corps maladroit et répugnant que le héros tente de se faire justice...

J'aime l'obéissance, même de la part de ces stupides éléments, dit le nain. Et combien plus encore de la part de l'esprit indompté de l'homme ! L'orage était bien déchaîné, il faut l'avouer... et je l'ai entièrement déclenché (p75, Transformation).

La voix du misérable était grinçante et abominable, et les contorsions qu'il faisait en parlant effroyables à voir. Pourtant il exerçait vraiment sur moi une sorte d'influence que je ne pouvais maîtriser et je lui racontai mon histoire. Quand j'eus fini, il se mit à rire très fort pendant un long moment ; les rochers renvoyaient l'écho ; il semblait que l'enfer hurlait autour de moi (p 76, Transformation).

Cette version du pacte avec le diable m'a davantage séduite, cette fois-ci la nature occupe encore une place de choix mais oublions le côté fleur bleue, car c'est un échange infernal qui va avoir lieu. J'aime ces éléments déchaînés, ces orages, ce chaos, cette noirceur ! Certes il y a une belle promise mais le surnaturel ajoute du piment au récit et le jeune premier n'est pas exempt de défauts.

 

"Le Rêve" : une jeune femme refuse de prendre un époux puis remet sa réponse au lendemain ; elle envisage de passer la nuit sur la couche de Ste Catherine, en équilibre précaire. Tout réveil brutal la ferait chuter et la tuerait sur le coup.

Un récit qui a un petit côté moyenâgeux et mystique mais qui, quelques semaines après la lecture, ne m'a laissé strictement aucun souvenir.

 

"Le Mortel Immortel" : un jeune homme joue les apprentis sorciers auprès d'un homme craint dans les environs. Il finit par boire une curieuse potion qu'il pense être un philtre d'amour, mais le breuvage lui accorde en réalité l'immortalité. En tout cas, il ne vieillit plus alors qu'auprès de lui, sa bien-aimée se fane et vit avec beaucoup d'amertume le décalage physique entre eux deux.

Un petit conte philosophique aux influences faustiennes.

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151 p

 

Mary Shelley, L'Endeuillée et Autres Récits, 1829-1839

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