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12/10/2017

Antonio Moresco, La Petite Lumière

antonio moresco_petite lumiere.jpgVoilà quelque temps déjà que mon père me parlait d'Antonio Moresco après avoir lu deux de ses romans et eu un coup de coeur pour La Petite lumière. Coup de coeur que je partage !

Le narrateur s'est installé dans une zone montagneuse, dans un village abandonné. Il vit dans la plus profonde solitude, fait de longues marches, explore les maisons abandonnées et, de temps en à temps, il se rend dans un petit village encore habité pour faire quelques courses. Des raisons de son isolement, le lecteur ne sait que peu de choses. Une expiation, mais nous n'en saurons pas plus. Pas plus que nous ne saurons pourquoi le village est abandonné. A nous de nous faire notre propre idée.

[Spoilers à venir]

Chaque soir, alors que l'homme s'installe dans le jardin pour contempler l'obscurité, une petite lumière s'allume au loin. Là où, semble-t-il, il n'y a que la forêt. Il finit par trouver un chemin y menant, envahi par la végétation et bloqué par un arbre tombé lors d'une tempête. Il y découvre un enfant solitaire, très autonome, vêtu de culottes courtes démodées et qui accomplit en silence tâches domestiques et devoirs scolaires. Mais à force de l'interroger et de soulever quelques contradictions, le narrateur apprend que l'enfant vit de cette façon depuis qu'il s'est tué.

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Le cadre est en soi un enchantement pour qui aime les vieilles pierres, les ruines et voit en chaque lieu abandonné un terrain d'exploration propice aux errances de l'imagination. Les deux personnages principaux sont, eux aussi, inattendus. On ne sait pas bien d'où ils viennent, qui ils sont, pourquoi chacun d'eux vit un éternel recommencement dans un tel isolement. Le narrateur semble pragmatique, raisonné (même si le doute est sans doute permis). Et pourtant, il ne manifeste aucune surprise quand un habitant d'un village voisin lui soumet une théorie sur les aliens fréquentant la région. Il ne prend pas non plus ses distances lorsqu'il comprend que l'enfant est mort. Ce comportement si rationnel dans un contexte surnaturel nous interpelle et fait de cette lecture un moment unique.

Un roman étrange, déconcertant, envoûtant.

Lu en français (dans une traduction très élégante des éditions Verdier) mais la couverture italienne est superbe.

Lu dans le cadre du challenge Halloween et du challenge Il Viaggio de Martine.

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124 p

Antonio Moresco, La Petite Lumière, 2009

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01/05/2017

Participation au Mois italien 2017

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Je suis ravie de pouvoir participer cette année au Mois italien, qui se tient en mai pour la première fois. Cela me rappellera mes premiers voyages dans ce beau pays, à la même époque. Je n'ai pas eu le temps de prendre de l'avance dans mes billets et ne sais donc pas encore quelles seront mes participations (que j'alternerai avec des albums et quelques SP).

Quelques idées pour l'instant : "A Journey to Rome" (album d'aquarelles et de citations), quelques romans à (re)lire et chroniquer (Milena Agus, Venise est un Poisson, un ou deux classiques, un polar français se passant à Venise...), un album d'autocollants sur Venise et des photos de voyage.

Et voici le programme officiel du mois italien :

Lundi 1er mai : Billet de présentation/lancement du mois italien
Mercredi 3 mai : Zoom sur Erri de Luca
Vendredi 5 mai : film/cinéma/DVD
Samedi 6 mai : un roman écrit par une Italienne
Lundi 8 mai : En lien avec la commémoration de l'Armistice du 8 mai 1945, billet lecture d'un roman sur la Seconde Guerre mondiale, côté italien.
Jeudi 11 mai : Billet cuisine : recette à partager ou lecture d'un roman où la cuisine occupe une belle place. En lien avec le challenge « Des livres en cuisine » de Bidib Ma petite médiathèque
Samedi 13 mai : Luigi Natoli « Le bâtard de Palerme »
Dimanche 14 mai : Place au théâtre et/ou à l'Opéra
Mardi 16 mai : Elena Ferrante (saga « L'Amie prodigieuse » ou autre)
Mercredi 17 mai : sur les îles : Sardaigne, Sicile
Samedi 20 et dimanche 21 mai : en lien avec le Festival du Premier roman de Chambéry : lecture d'un premier roman (soit d'un premier roman d'un auteur italien traduit et publié en France en 2017, soit lecture du premier roman d'un auteur italien déjà connu)
Jeudi 25 mai : Place à la littérature jeunesse
Dimanche 28 mai : en lien avec le challenge de « Leggere in italiano » Florence Le livre d'après : une lecture en VO (titre retenu « Il Nuovo Venuto » roman policier de Marco Vichi) ou un roman policier italien
Mardi 30 mai : Zoom sur Umberto Eco
Mercredi 31 mai : On termine ce mois italien en chansons, musique, gastronomie... en toute convivialité et l'esprit festif !
 
 Bon voyage à tous !

05/08/2013

Les Macchiaioli, Des impressionnistes en Toscane

Récemment s'est tenue une exposition consacrée aux Macchiaioli au Musée de l'Orangerie à Paris. Si je n'y suis finalement pas allée, j'ai eu le plaisir de consulter le livre édité par le musée et Gallimard grâce à l'opération Masse Critique de Babelio.

A partir des années 1850, Florence est marquée par de nombreuses rencontres et débats entre jeunes artistes, qui se tiennent dans des cafés ou salons littéraires tel que le Caffè Michelangiolo. La ville prend également son essor en devenant la capitale du royaume d'Italie.

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Adriano Cecioni, Au Caffè Michelangiolo, vers 1867

Les peintres choisissent de se démarquer de leurs illustres prédécesseurs en renouvelant leur approche. Le groupe « Les Macchiaioli », « les tachistes », est désigné ainsi par un critique en raison de leur technique, qui consiste à juxtaposer sur des panneaux de bois « des tâches de couleurs violemment contrastées ». 

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Telemaco Signorini, Santa Maria dei Bardi à Florence, 1870

Les Macchiaioli privilégient les paysages ensoleillés et le plein air qui leur permettent d'accentuer les contrastes. 

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Giovanni Fattori, Silvestro Lega peignant sur les rochers, 1866

Au-delà des paysages, le mouvement dépeint la vie rurale qui caractérise la Toscane dans les années 1850, de manière poétique. Le réalisme social apparaît dans les années 1870 seulement mais déjà, un tableau comme celui ci-dessous pose un regard plus critique sur les conditions de vie des paysans (le bourgeois étant indifférent à la scène qui se tient derrière lui).

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Telemaco Signorini, Scène de halage, 1864

Les Macchiaioli portent également leur regard au sein du foyer et notamment, sur l'intimité de la bourgeoisie.

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Silvestro Lega, Le Chant d'un stornello, 1867

Enfin, la politique est au coeur de ce mouvement. Les peintres sont engagés, à la fois en vue de l'indépendance italienne et de l'unité du pays. Ainsi Fattori va se consacrer à la peinture de bataille, tandis que d'autres mettent en avant l'engagement de la bourgeoisie en faveur de l'unité italienne : les femmes cousent les chemises rouges des partisans de Garibaldi ou le drapeau italien.

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Odoardo Borrani, Les Couseuses de chemises rouges, 1863

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Odoardo Borrani, Le 26 avril 1859, 1861

Je me suis intéressée l'an dernier aux peintres impressionnistes américains à Florence, lors d'un séjour sur place, et ce petit « guide » m'a permis de mieux connaître le mouvement toscan, dont l'approche est tout à fait différente. Ce livre permet de façon synthétique d'aborder les différents thèmes de prédilection du mouvement et de mettre à l'honneur quelques toiles emblématiques. Le format est agréable, à travers ses pages se dépliant pour mettre en avant en plus grand format certaines des oeuvres. Malgré tout, c'est un ouvrage très succinct, qui constitue une introduction générale pour qui ne connaîtrait pas le mouvement mais qui, pour des lecteurs un peu plus avertis, ou plus curieux, n'approfondit pas le sujet et reste assez superficiel.

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard qui m'ont permis de découvrir les Macchiaioli. 

Dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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Béatrice Avanzi et Marie-Paule Vial, Les Macchiaioli, Des impressionnistes en Toscane, 2013

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23/02/2013

Giambattista Basile, Le Conte des Contes

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Il était une fois le roi d'un royaume appelé Apreroche qui avait pour femme rien moins que la beauté des beautés elle-même. Mais, par malheur, au plus fort de la course des ans, elle tomba du cheval de la santé et se rompit la vie. Avant que l'éteignoir de la destinée ne chût sur la chandelle de son existence, elle fit appeler son mari. (L'Ourse, p 59)

Encore une fois, les éditions Libretto ont donné une nouvelle vie à un texte méconnu du grand public et pourtant passionnant ! L'auteur a été quelque peu oublié par la postérité car il est bien moins connu que ses successeurs Perrault ou encore Grimm. Giambattista Basile était napolitain, il a fallu traduire ses contes en italien (en 1925, soit des siècles plus tard) pour les rendre accessibles au grand public, ce serait une des principales raisons de cet oubli.

Le recueil de Giambattista Basile intitulé Le Conte des Contes (sélection de douze textes tirés d'une oeuvre bien plus conséquente) est venu perturber mes petites habitudes de lecture: d'abord parce que ce texte s'éloigne de mon domaine de prédilection (je découvre totalement l'univers des contes au début du XVIIe en Italie), mais aussi parce que ces textes jubilatoires n'ont rien de conventionnel et n'ont cessé de m'étonner, de m'amuser et finalement de me conquérir !

basile giambattista.jpgLe sujet de prédilection : l'amour et le sexe, souvent associés au mariage, car c'est l'élément déclencheur qui va pousser un tel à fuir son royaume, un autre à faire essayer une chaussure égarée à toutes les jeunes femmes du royaume (tiens tiens, il Signore Basile n'aurait-il pas inspiré quelqu'un ?), à faire appel à des sorciers, tandis que les femmes ne sont pas en reste et n'hésitent pas à suivre leur promis, à manigancer, à corrompre... même si le critère premier pour être épousable est d'être plus belle que toutes les autres femmes, ce qui leur vaut alors des déclarations enflammées pour le moins incongrues : "ô adorable petit bec de pigeon, (...) ô carrosse triomphant, si tu n'as pas les oreilles bouchées par de la bouillie de roseau, si tu n'es pas aveuglée par de la fiente d'hirondelle, je suis sûr que tu entendras et que tu verras les tourments provoqués par ta beauté dans ma poitrine et si mon visage, qui n'est plus que cendre, n'est pas pour toi le signe de la lessive qui bout dans mon coeur (...), comment peux-tu comprendre qu'une corde naît de tes cheveux pour m'enchaîner (...) ?". (p48) Quant à l'ogre et sa dulcinée, un couple qui semble très bien fonctionner, ils se nomment tendrement "mon beau poilu", "ma belle baveuse", "mon carnassier adoré". (p55-56).

naples.jpgComplètement loufoques, portés par un style imagé poussé à l'exaggération, ces contes passent souvent du coq à l'âne et ne sont pas vraisemblables pour un sou, pour notre plus grand plaisir. Un veuf éploré va songer à se remarier sa femme à peine trépassée (mais il aura versé des torrents de larmes au préalable);  une princesse se voit "abandonnée comme une courge" (p70) , une vieille femme voulant faire croire à un roi qu'elle est jeune et séduisante exige de le retrouver la nuit et se noue les rides dans le dos ; une jeune promise habillée en garçon sera repoussée par sa moitié incapable de la reconnaître; alors qu'il a vanté la beauté de sa soeur, un jeune homme voit arriver à sa place sa belle-soeur, fort laide, mais lorsque cette dernière prétend être celle qu'il attendait il ne met pas sa parole en doute ; lorsqu'un sage déclare qu'une femme sera rendue fertile si elle consomme un coeur de monstre marin, ni une ni deux, son mari envoie quelques hommes trouver et tuer la bestiole en question, grâce à laquelle même les meubles du palais deviendront fertiles et enfanteront; de façon tout à fait propice des fées passent au bon moment... le merveilleux est un élément essentiel et apporte une nouvelle dynamique au récit, et surtout, des solutions inespérées aux problèmes les plus insolubles !

Un vrai bonheur que cette lecture étonnante que je ne peux que chaudement vous recommander ! Je ne regrette pas d'avoir succombé à la belle illustration de Rackham en couverture, ni d'avoir de nouveau fait confiance aux éditions Phébus Libretto, auxquelles je sais que je peux me fier les yeux fermés (j'en profite pour remercier à nouveau Bénédicte sans qui je ne me serais dans doute pas aventurée dans ce monde fabuleux !).

Les avis de Nebalia, Les Festins de Pierre.

Nouvelle participation au challenge Il Viaggio, que je poursuis à mon petit rythme (ci-dessous mes précédents billets, n'hésitez pas à aller y piocher quelques idées de voyage...). Je compte bien faire d'autres lectures en vue de mon prochain séjour dans la Sérénissime, que j'ai hâte de voir pour la première fois !

Susan Hill, The Man in the Picture (une histoire effrayante ayant Venise pour cadre)
Accabadora de Michela Murgia (magnifique roman)
Alessandro Baricco, Novecento, pianiste

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119 p

Giambattista Basile, Le Conte des Contes, début XVIIe

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12/01/2013

Wilkie Collins, Monkton le Fou

collins_monkton le fou.pngCela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas lu Wilkie (hormis un roman écrit à quatre auteurs, dont je prévois de vous parler depuis un petit bout de temps), mais voilà encore une longue nouvelle qui me donne envie de retrouver ce cher barbu.

Après L'Hôtel Hanté (que j'adore) dont l'action se déroule en Angleterre et à Venise, c'est à Monkton le Fou de nous entraîner dans un voyage assez similaire, avec un arrêt à Naples cette fois-ci, de nouveau avec un cadre surnaturel.

Le narrateur nous raconte cette époque où, son diplôme en poche, il s'est décidé à voir le monde et à flâner en Europe, jusqu'à Naples. Là-bas il retrouve un voisin, un certain Monkton, héritier de Wincot Abbey. Le comportement de celui-ci est la cible de tous les ragots, car il semble décidé à retrouver coûte que coûte les restes d'un oncle mort en duel afin de l'enterrer décemment dans le caveau familial. Sa recherche tourne à l'obsession et, lorsqu'il en vient à se confier au narrateur et à la persuader de l'aider, les Anglais en villégiature à Naples s'empressent de déconseiller au nouvel arrivant de s'immiscer dans cette sordide affaire, en vain.

En réalité, l'attitude excentrique, voire désagréable de Monkton est bien excusable lorsque l'on sait que partout où il se rend, il est suivi par le spectre de son oncle, tandis qu'une sinistre prophétie annonce la disparition des Monkton et l'associe au jour où l'une des places du caveau restera vide.

J'ai retrouvé dans ce court texte Wilkie dans toute sa splendeur, délicieux, drôle, romanesque, un peu fou, avec ses personnages hauts en couleur et ses péripéties incroyables. La scène en partie italienne et l'apparition d'un vilain fantôme n'ont fait qu'ajouter à mon bonheur. Je vous recommande vivement Monkton le Fou, idéal également pour découvrir l'auteur si vous ne le connaissez pas. C'est un récit offert par les libraires pour l'achat de deux Libretto... n'hésitez pas à vous faire plaisir, je suis sûre que vous ne le regretterez pas !

Encore un très grand merci aux éditions Phébus pour cette délicieuse lecture !

De Wilkie sur ce blog :

Lu dans le cadre du challenge Il Viaggio et du challenge Victorien d'Arieste.

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114 p

Wilkie Collins, Monkton le Fou, 1855

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15/12/2012

Alessandro Baricco, Novecento pianiste : concours

baricco_novecento pianiste.jpgIl y a quelques années mon chemin a croisé celui des Châteaux de la Colère d'Alessandro Baricco et si je me souviens peu de l'intrigue j'avais pris assez de plaisir à la lecture pour avoir envie de me procurer quelques-uns de ses textes. Malheureusement j'avais poursuivi avec City qui m'avait vraiment déçue (peut-être attendais-je un univers différent) et notre histoire en était restée là. Hier j'ai enfin relu Baricco, avec Novecento : pianiste.

Novecento naît sur un paquebot. Il a vraisemblablement été abandonné par une passagère de troisième classe décidée à tenter sa chance au Nouveau Monde et peu encline à s'encombrer d'un nouveau marmot. Novecento est ainsi recueilli par un des membres de l'équipage et grandit à bord du bateau, dont il ne descend jamais. Un jour on découvre qu'il a appris à jouer du piano et il s'avère être un merveilleux musicien.

novecento-pianiste-alessandro-baricco-L-1.jpgTexte très court, théâtral, Novecento : pianiste me laisse un peu partagée. J'ai été vraiment sous le charme de cette histoire, en soi poétique, qui rappelle l'univers des contes. Beaucoup de scènes sont très belles et imagées lorsqu'on se les représente, comme Novecento jouant du piano et valsant pendant une tempête ou la fin, lorsque le bateau est voué à être détruit. J'ai trouvé le récit très plaisant,  la lecture agréable.  Le texte est riche, très symbolique ; on ne peut qu'être émus par Novecento qui ne se sent pas prêt à affronter la terre ferme et qui, plutôt que de concrétiser ses rêves, préfère revenir à son bateau et vivre à travers sa musique, au côté de passagers toujours nouveaux, aux vies si différentes de la sienne. En revanche, si j'ai bien apprécié le caractère musical et très théâtral de ce texte, l'écriture ne m'a pas complètement comblée. Cette lecture m'a tout de même  vraiment donné envie de relire mes autres romans de Baricco et de poursuivre Il Viaggio , un voyage en Italie organisé par Nathalie.

Un texte également lu dans le cadre du Challenge du Prix Campus, organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même, en partenariat avec les éditions Folio. Chroniqué il y a deux bonnes semaines, comme quoi je suis à jour de mes publications (hum !) !

NatGarAndBlue.jpgprix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman, de Sur la Plage de Chesil de Ian McEwan et fait un clin d'oeil à La Reine des Lectrices d'Alan Bennett, à Bienvenue au Club de Jonathan Coe,

88 p

Alessandro Baricco, Novecento : pianiste, 1994

*****

christmas.jpgEt comme Noël approche...


Prix Campus.jpgAprès l'Allemagne et l'Angleterre, je vous propose un nouveau jeu pour tenter de gagner un exemplaire  de Novecento : pianiste et ainsi découvrir une plume italienne et voguer à votre tour sur l'Atlantique. Pour participer, cette fois-ci j'ai décidé d'oublier un peu la littérature mais de parler culture gastronomique puisque le pays s'y prête bien ! Il vous suffit donc de répondre à la question suivante : quel est votre plat italien préféré (évidemment si vous choisissez une pizza ou des pâtes je vous demanderai de préciser les ingrédients qui les accompagnent – curiosité oblige !) ?

Vous avez jusqu'au 25 décembre pour participer.


Buona fortuna !

[Et les résultats du concours pour gagner un roman anglais seront annoncés par ici dans quelques jours]

18/11/2012

Michela Murgia, Accabadora : concours

michela murgia, accabadora, éditions points, prix des libraires, sardaigne, roman italien, littérature italienne, italie, challenge il viaggioAprès le Challenge Halloween, changement d'air avec une virée en Sardaigne (et une scène clef à la Toussaint, je n'ai donc pas trouvé le dépaysement trop brutal). Depuis quelque temps je suis sous le charme de l'Italie après deux voyages. C'est donc avec enthousiasme que je me suis inscrite au Challenge Il Viaggio de Nathalie, puis que j'ai ouvert Accabadora, roman de Michela Murgia. Le récit se déroule dans un petit village sarde. Orpheline de père, quatrième fille de la famille Listru, la petite Maria n'était guère attendue par sa mère, qui la présente toujours comme « la dernière », « la quatrième » et ne cache pas le fait qu'elle se serait bien passée de ce fardeau ; Maria a ainsi l'habitude de vivre dans une totale transparence, jusqu'à ce que la vieille Tzia Bonaria demande à la recueillir. Maria deviendra ainsi sa « fill'e anima ». C'est une nouvelle vie qui s'offre à Maria chez celle qu'elle prend pendant longtemps pour une simple couturière, sans s'expliquer ses absences de nuit, notamment avant le décès d'un des villageois : Tzia Bonaria est en effet appelée de temps en temps pour faciliter le passage de ses voisins mourants vers une « vie meilleure », une activité que le lecteur devine rapidement mais que Maria met des années à découvrir.

Texte court servi par un style travaillé et poétique (je dirais presque chantant), Accabadora m'a séduite d'emblée ; je l'ai d'ailleurs lu d'une traite ou presque, en proie à une étrange fascination. Un récit concis et dense, des personnages qui vivent intensément sous nos yeux, bref, une jolie pépite littéraire qui a reçu le Prix des Libraires en 2011 et fait partie de la sélection 2013 du Prix du Meilleur Roman des lecteurs Points.

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Petite parenthèse : curieusement, cette histoire qui se déroule il y a quelques décennies renvoie à un passé plus lointain et plus mystérieux, et cette campagne profonde, superstitieuse est si éloignée de mon quotidien que j'imaginais toujours Maria habillée comme une jeune fille du XIXe, alors que de temps en temps une scène nous rappelle qu'elle porte des jeans, ce que j'avais bien du mal à imaginer.

Merci beaucoup Jérôme pour ce coup de cœur partagé !

D'autres avis : Clara, Cositas, Sylvie

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182 p

Michela Murgia, Accabadora, 2009

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Et pour ceux qui ne craignent pas l'oeuvre de l'accabadora (qui j'imagine vient du verbe signifiant comme en espagnol « terminer, achever »), j'ai le plaisir de vous proposer de tenter de gagner ce roman grâce aux Editions Points. Deux exemplaires sont mis en jeu. Pour participer ? Rien de plus simple, il suffit de laisser un commentaire suite à ce message en répondant à la petite question qui suit :

Dans ce village sarde, on laisse les portes des maisons ouvertes à la Toussaint pour permettre aux défunts de la famille d'entrer et de profiter d'un repas laissé à leur attention par les vivants. En entrebaillant la porte de sa chambre, on peut voir ces âmes entrer et honorer les mets qui leur sont proposés. Si vous passiez vos prochaines vacances de la Toussaint en Sardaigne et voyiez arriver ces étranges revenants, que feriez-vous ?

Les gagnants seront déterminés par tirage au sort.

Vous avez jusqu'au 23 novembre pour participer et tenter de gagner l'un des deux exemplaires d'Accabadora de Michela Murgia. Buona fortuna !

24/10/2012

Susan Hill, The Man in the Picture

hill_man in the picture.jpgIl y a quelques mois, je découvrais The Woman in Black de Susan Hill et frissonnais pendant un trajet en train en imaginant facilement un marais inquiétant dans la campagne anglaise. En plein challenge Halloween j'ai rassemblé mon courage à deux mains et, non sans me munir d'une lampe torche et d'une poëlle pour assommer tout spectre approchant à moins de deux mètres de mon canapé, je me suis replongée en mauvaise compagnie en lisant un autre récit de la même plume, The Man in the Picture.

Magdalene_College_Cambridge_night.JPGOliver se rend à Cambridge où il a étudié et en profite pour passer une soirée en compagnie d'un ancien professeur qu'il tient en haute estime, Theo Parmitter. Habituellement joyeux et prêt à raconter les anecdotes les plus intéressantes, Parmitter semble cette fois-ci plus soucieux et profite de l'occasion pour se confier à Oliver. Il souhaite en effet se défaire d'un fardeau qui lui pèse depuis des années sur les épaules. Il revient ainsi sur l'achat d'une peinture vieille de deux siècles représentant le carnaval de Venise. Cette peinture semble n'apporter que malheur autour d'elle ; dès qu'il l'a eue en sa possession, Theo a ressenti un certain malaise, bien qu'indéfinissable. Ce n'est qu'en deuxième partie du récit qu'on en saura un peu plus sur l'histoire du tableau : une toile qui, curieusement, semble à même d'emprisonner les personnes qui la croisent.

hill.jpgLe récit nous conduit dans une Venise effrayante (une lecture que je déconseillerais ainsi à ceux qui s'apprêtent à s'y rendre, à moins de vouloir vous prévenir contre une certaine femme masquée et vêtue de blanc) : « I was taken aback from how much I disliked it from the moment we arrived. I marvelled at the buildings, the canals, and the lagoon astonished me. And yet I hated it. I feared it. It seemed to be a city of corruption and excess, an artificial place, full of darkness and foul odours. » (p89)

venezia.jpgCe court roman reprend comme The Woman in Black les codes de l'histoire gothique, à travers une trame classique mais efficace. Le style est sobre et assez élégant et, une fois encore, Susan Hill parvient à rendre de façon fidèle une atmosphère oppressante. J'ai été plus courageuse cette fois-ci car point de spectre effrayant à l'horizon (ma tasse de thé mais également mon point faible) mais j'ai refermé ce livre en éprouvant le léger malaise qui nous vient parfois après avoir lu une bonne histoire d'épouvante, lorsqu'on a l'impression d'avoir laissé une part de soi quelque part et de sentir encore flotter l'atmosphère particulière de la scène que l'on vient de quitter. Comme dans The Woman in Black, Susan Hill choisit d'écrire une histoire sans fin : le Mal frappe toujours, et l'on sait en fermant la dernière page que les personnages seront abandonnés à un bien triste sort...

Un voyage angoissant en Angleterre et en Italie que je dois à mes amies victoriennes Cryssilda, Isil, Lamousmé et Titine... merci beaucoup à vous toutes pour ces nouveaux frissons !

Sur ce blog : une autre histoire de fantômes à Venise avec Wilkie Collins et l'Hôtel Hanté ; et de Susan Hill, The Woman in Black et son adaptation au cinéma.

Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2012 co-organisé avec la très mystérieuse Hilde et dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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145 p

Susan Hill, The Man in the Picture, 2007

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