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16/08/2014

Philippa Boston, Deadly Jobs

boston-deadly-jobs.jpgJe continue à explorer avec plaisir la collection Paper Planes Teens qui a pour objectif de faciliter l'apprentissage de la langue anglaise en proposant des textes stimulants et originaux pour transformer ce qui pourrait être une corvée en un vrai plaisir de lecture.

Je me suis récemment régalée avec Blitz Britain de Philippa Boston, petit ouvrage qui m'a permis de mieux connaître une période de l'Histoire anglaise sur laquelle j'avais des notions assez floues. Je réitère cette fois-ci l'expérience avec Deadly Jobs du même auteur, pour un plongeon au coeur de la révolution industrielle anglaise. Comment ça, encore l'Epoque victorienne ? Je vous assure amis lecteurs, je ne fais aucune fixation sur le XIXe anglais, vous devez être victimes d'une hallucination collective.

De nouveau servi par les judicieuses illustrations à la Quentin Blake de Mark Beech (illustrateur de Blitz Britain), Deadly Jobs est composé de deux parties, l'une historique, l'autre narrative (ce qui était également le schéma de Blitz Britain).

La première partie explique que la révolution industrielle a créé de très nombreux emplois auxquels pouvaient accéder les enfants, dont la petite taille constituait parfois un avantage et dont le salaire était systématiquement plus faible que celui qu'aurait reçu un adulte. Compte tenu des conditions de travail, le taux de mortalité était élevé, avec une chute de la moyenne d'âge à 29 ans dans certaines régions. Sont ensuite présentés différents emplois réservés aux enfants : mineur, ramoneur, ouvrier à l'usine. Il restait également la possibilité de vivre dans une « workhouse » où, pour un abris pour la nuit et une nourriture chiche, il fallait travailler comme une bête de somme, à moins d'être placé en apprentissage – un esclavage déguisé. Pour lutter contre le travail des enfants, plusieurs lois se succèdent pendant des dizaines d'années sans être appliquées au départ. Charles Dickens choisit quant à lui de sensibiliser le public à travers ses romans. Même si je m'intéresse depuis un moment au XIXe anglais, j'ai notamment relevé quelques aspects ou anecdotes que je ne connaissais pas. Par exemple la couleur des vêtements au sein des workhouses, jaune pour différencier les prostituées des autres femmes. Ou encore le fait que la taille moyenne ait baissé en raison des conditions de travail à l'usine, qui entraînaient des déformations physiques.

La deuxième partie s'intitule « The Workhouse boy » et raconte l'histoire d'un garçon placé en apprentissage chez un type alcoolique et monstrueux. J'ai été étonnée par la fin (que je vous laisse le soin de découvrir). Bien entendu, je supposais que l'apprenti tiendrait sa revanche mais je n'aurais jamais pensé qu'elle prendrait cette forme-là.

A ceux qui s'intéressent à l'histoire britannique et à ceux qui veulent apprendre ou enseigner l'anglais en lisant des textes vraiment intéressants, je recommande encore une fois chaudement cette collection !

La suite au prochain numéro puisque j'irai bientôt me promener dans une Angleterre ravagée par la peste !

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44 p

Philippa Boston, Deadly Jobs, 2013

myself 2014.jpgBBC 2014small.jpgpaper planes teens, deadly jobs, philippa boston, collection terrible times, angleterre, angleterre xixe, angleterre victorienne, travail enfants époque victorienne, apprentissage anglais ludique, challenge myself, challenge i love london, challenge bbc 2014paper planes teens,deadly jobs,philippa boston,collection terrible times,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,travail enfants époque victorienne,apprentissage anglais ludique,challenge myself,challenge i love london,challenge bbc 2014

29/06/2014

Julian Barnes, Une Fille, qui danse

julian barnes,une fille qui danse,challenge bbc 2014,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,angleterre,angleterre xxe,roman anglaisA 22h passées je vais tenter de me joindre à la LC autour de Julian Barnes en cette fin de Mois anglais ! Voici donc quelques impressions de lecture au sujet d'Une Fille, qui danse, roman qui me laisse plutôt songeuse...

Tony, le narrateur, revient sur ses années de lycéen et d'étudiant, époque où il fréquentait Adrian, étudiant brillant qui s'est donné la mort. Tony et Adrian font partie du même petit cercle, puis tomberont amoureux de la même fille. Des années plus tard, Tony s'interroge sur les raisons qui ont poussé Adrian à se suicider.

S'ensuit une longue réflexion sur le rapport au temps, à la mémoire et sur la perception des événements passés. L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus (p 86). Le cheminement intellectuel de Tony est intéressant, son analyse pertinente et extrêmement lucide même si j'ai trouvé ses remarques sur la jeunesse et le temps qui file à toute allure démoralisantes.

Tony fait souvent référence à un évènement naturel étonnant, un fleuve qui inverserait sa trajectoire subitement. Et ce temps personnel, qui est le vrai temps, se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée - quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus -, ç'a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé. Comme si, pendant ce moment-là, le fleuve avait coulé vers l'amont (p 174).

J'ai été moins convaincue par l'aspect narratif. Les interrogations concernant Adrian poussent Tony à renouer avec leur petite amie commune, qui m'a paru être une fille hystérique, dérangée et insupportable. Les échanges entre les anciens amants m'ont paru assez artificiels en raison du personnage féminin, si survolté qu'il en devient caricatural et peu crédible. Enfin je reste dubitative quant aux raisons qui ont poussé Adrian à mettre fin à ses jours et surtout, pourquoi Tony s'en veut tellement et pourquoi son ex petite amie le hait. J'ai d'abord pensé que Tony se reprochait l'envoi d'une lettre horrible à son ami et s'en voulait d'autant plus que ses menaces ont finalement correspondu à la réalité ; son ancienne petite amie lui en aurait voulu pour les mêmes raisons. Néanmoins ce n'est pas franchement vraisembable, et la raison de la mort d'Adrian pourrait être celle-ci : Il n'avait pas noblement refusé un don existentiel : il avait peur du landau dans le vestibule (p 201), auquel cas ma première théorie ne tient pas debout. Pour l'instant aucune hypothèse ne m'a vraiment convaincue. Bref, je ressors un peu perplexe des dernières pages de ce roman.

Un Fille, qui danse est indéniablement écrit par un bel auteur et ne manque pas de qualités mais malgré tout l'intérêt que je lui ai porté mon plaisir de lecture a été variable, sans doute également car je ne me suis attachée à aucun personnage. C'est peut-être un beau texte mais il en émane une certaine froideur.

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212 p

Julian Barnes, Une Fille, qui danse, 2011

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28/06/2014

Philippa Boston, Blitz Britain

boston_BlitzBritain.jpgPendant ce Mois Anglais je vous ai parlé de la collection Paper Planes Teens* destinée aux personnes apprenant la langue de Shakespeare et cherchant des lectures à leur portée... et fun ! J'ai d'abord lu What is Brian ?, histoire de zombies pour les débutants en anglais, livre qui m'a vraiment amusée malgré la syntaxe simple et le vocabulaire réduit inhérents au niveau.

Aujourd'hui je vous présente Blitz Britain de Philippa Boston, autre livre de la collection, cette fois-ci de niveau intermédiaire. Avis aux amateurs de Terry Deary (auteur de Vile Victorians, Terrible Tudors, Slimy Stuarts...), ce livre est fait pour vous !

Blitz Britain est composé de deux parties, la première informative, la seconde mettant un scène un jeune garçon à qui il arrive une folle aventure alors qu'il tente de rentrer chez lui à vélo sous les bombes. La nouvelle se lit avec plaisir et m'a fait penser à mes lectures d'enfance favorites en raison des illustrations de Mark Beech qui rappellent le travail de Quentin Blake (pour les livres de Roald Dahl).

J'avoue un faible pour la première partie décrivant le Blitz et ses incidences en abordant différents thèmes : l'évacuation des enfants, le début et la fin du Blitz, les différents types de bombes, les abris plus ou moins sophistiqués (du kit de survie pour jardin au métro), la façon dont on cachait les cibles potentielles de nuit, le Zoo de Londres (eh oui ? que faire des fauves et autres bestioles ?), Buckingham Palace ou encore les différentes options pour participer à l'effort de guerre pendant le Blitz. Cette partie est à la fois bien documentée, pleine d'anecdotes concrètes permettant de mieux comprendre ce que vivaient les Anglais au quotidien, le tout accompagné de dessins humoristiques très réussis.

Une nouvelle fois j'ai trouvé ce livre de la collection Paper Planes Teens très malin : s'il a des visées pédagogiques, il est avant tout intéressant et drôle. Le lecteur s'amuse, passe un excellent moment et travaille son anglais sans s'en rendre compte. Et même lorsqu'on ne lit pas Blitz Britain pour apprendre l'anglais on se régale tout simplement ! J'ai tellement adoré la façon dont l'Histoire était abordée dans cet ouvrage que j'ai eu très envie de découvrir les autres titres de Philippa Boston... rendez-vous bientôt pour d'autres horribles histoires (car m'attendent Deadly Jobs et Bubonic Britain !).

Vous pouvez lire ou écouter un extrait par là.

* Collection lancée il y a un peu plus d'un an.

De nouveau merci à Héloïse des Editions Didier !

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48 p

Philippa Boston, Blitz Britain, 2014

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22/06/2014

Ian Mc Ewan, Opération Sweet Tooth

ian mc ewan, operation sweet tooth, littérature anglaise, angleterre, angleterre annés 1970, londres, londres années 1970, littérature espionnage, littérature guerre froide, mois anglais, mois anglais 2014, challenge i love londonAnnées 1970. Fille d'un évêque anglican, séduisante, intelligente, diplômée d'une licence de maths à Cambdrige pour faire plaisir à sa mère, Serena Frome intègre sur les conseils de son amant plus âgé le MI5, l'agence de renseignements anglaise.

 De la jeunesse de Serena se dégagent deux grands axes : son goût pour les hommes et son amour des livres. Le lecteur la suit ainsi à travers les quelques relations qui l'ont fortement marquée, voire construite, mais aussi de livre en livre. La jeune femme est une grande lectrice et surtout une lectrice rapide, ce qui lui permet d'engloutir roman sur roman, appréciant Jane Austen tout autant que des romans de gare, jusqu'à l'intervention de son amant Tony qui lui apprend à être plus exigeante en la matière. Vous l'avez compris, je me suis régalée (et n'ai pas manqué de relever un certain nombre de titres).

Mais revenons-en au MI5. Cantonnée à des tâches ingrates, peu rétribuée, Serena souffre du manque total de perspectives pour les recrues féminines de l'agence. Jusqu'à ce qu'on lui propose une mission dans ses cordes : offrir à un jeune auteur prometteur une bourse lui permettant de se consacrer à son art, un certain Tom Haley ayant été retenu pour la qualité de ses rares nouvelles et ses articles plutôt anti-communistes. Et voilà que l'agent infiltré devient la maîtresse de l'écrivain travaillant sans le savoir pour le MI5. Une fois l'histoire amorcée, deux interrogations vont guider la lecture : quelle sera l'issue de la rencontre entre Tom et Serena (quid de leur relation ? L'opération Sweet Tooth sera-t-elle un succès ?) ? Mais aussi : pourquoi Serena a-t-elle été recrutée sans mention quand ses collègues sont toutes diplômées de lettres avec les félicitations du jury ? Vous verrez que l'agent infiltré est lui aussi source d'intérêt pour le MI5, sans que l'on comprenne tout à fait pourquoi au départ.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman suivant de multiples pistes. J'aurais pu craindre un roman d'espionnage classique (ce qui n'est absolument pas ma tasse de thé) or il n'en est rien.

ian mc ewan,operation sweet tooth,littérature anglaise,angleterre,angleterre annés 1970,londres,londres années 1970,littérature espionnage,littérature guerre froide,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,challenge bbc 2014C'est un roman d'initiation, en compagnie d'une jeune femme qui, ayant à peine plus de vingt ans, a déjà beaucoup vécu à la fin du roman. Elle a fait des rencontres marquantes, s'est émancipée de sa condition de fille d'évêque anglican en fréquentant les bars rock underground, les hommes et les soirées arrosées, mais elle a également souffert de grandes désillusions. C'est aussi un roman sur l'écriture : Tom Haley s'interroge sur sa capacité à écrire plus qu'une longue nouvelle, à réitérer après un premier succès. Ses nouvelles (dont plusieurs m'ont séduite par leur trame audacieuse) sont lues par Serena, qui nous en fait le résumé : j'ai appris depuis que Ian McEwan s'était servi de ses premiers écrits pour les attribuer à Tom.

Le décor historique passionnant est clairement planté : les années 1970 avec leurs désillusions et une jeunesse en déclin, loin de l'effervescence optimiste des années 1960 ; la question irlandaise ; la crise (qui donne lieu à une semaine de trois jours) ; la guerre froide et l'influence des diverses agences de type CIA ou KGB ; l'actualité littéraire.

Le seul bémol - s'il faut en trouver un - tient au fait que je ne me suis vraiment attachée à aucun personnage, même si leur histoire était très intéressante à suivre.

Un roman dense, haletant qui me donne très envie de relire rapidement l'auteur. Ce roman me conforte une fois de plus dans l'idée que la littérature anglo-saxonne a conservé un véritable attachement à l'art de la narration et offre une meilleure continuité avec les grands romans du XIXe que notre littérature, souvent plus introspective (lorsqu'elle n'est pas nombriliste) et parfois aride.

Un grand merci à ma chère Titine grâce à qui Ian McEwan m'a souhaité mon anniversaire !

Egalement sur ce blog : Sur La Plage de Chesil.

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440 p

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth (Sweet Tooth), 2012

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21/06/2014

Wilkie Collins, The Ghost's Touch

collins_i say no.jpgPlus je lis Wilkie Collins, plus je réalise qu'il fait partie de mes auteurs favoris. Je raffole de son humour, de ses personnages extravagants, bien souvent ridicules et je trouve son oeuvre très variée. Pour l'instant, les quelques textes que j'ai lus couvrent divers genres et se ressemblent peu pour la plupart.

Récemment j'ai ouvert un livre ancien de Wilkie offert par ma belle-famille et Mr Lou. J'adore parcourir cet ouvrage et m'imaginer son histoire à travers plus d'un siècle. J'ai commencé par lire "The Ghost's Touch", également connu sous le titre de "Mrs Zant and the Ghost".

Dans un parc, une petite fille prend peur d'une femme à l'attitude étrange, qui semble ne pas voir ce qui l'entoure. Le père de l'enfant s'intéresse à la femme (que je prenais au départ pour un fantôme). Il finit par se lier d'amitié avec elle et apprend qu'elle pense sentir la présence de son époux récemment décédé. Assez isolée, Mrs Zant a malgré tout gardé contact avec le frère de son mari, qui semble décidé à prendre soin d'elle... mais n'inspire aucune confiance au nouvel ami de Mrs Zant.

Cette nouvelle n'est pas aussi percutante que Neuf Heures !, lue dans l'intéressant recueil Les Fantômes des Victoriens que je vous recommande. Néanmoins, j'ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de Wilkie. J'ai apprécié le fait que le fantôme soit abordé de façon assez détournée : on le croise peu même s'il a un rôle essentiel dans le récit. On retrouve également un thème de Pauvre Miss Finch : la rivalité entre deux frères pour une même femme, bien que l'issue soit tout à fait différente. La première scène dans le parc m'a fait penser à James Matthew Barrie et les jardins de Kensington tels qu'il les décrit.

On a fine morning, early in the month of April, a gentleman of middle age (named Rayburn) took his little daughter Lucy out for a walk in the woodland pleasure-ground of Western London, called Kensington Gardens.

The few friends whom he possessed reported of Mr. Rayburn (not unkindly) that he was a reserved and solitary man. He might have been more accurately described as a widower devoted to his only surviving child. Although he was not more than forty years of age, the one pleasure which made life enjoyable to Lucy's father was offered by Lucy herself.

Playing with her ball, the child ran on to the southern limit of the Gardens, at that part of it which still remains nearest to the old Palace of Kensington. Observing close at hand one of those spacious covered seats, called in England "alcoves," Mr. Rayburn was reminded that he had the morning's newspaper in his pocket, and that he might do well to rest and read. At that early hour the place was a solitude.

Je m'apprête à lire le recueil de nouvelles de Wilkie Collins récemment publié chez Phébus Libretto. Je compte bien me régaler !

De Wilkie Collins sur ce blog :

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29 p

Wilkie Collins, The Ghost's Touch, extrait de "I say no" and other stories, 1893

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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04/06/2014

Clues, Tome 1, Sur les Traces du Passé

bd_clues_t1_cover.jpgEncore une série ayant pour cadre Londres à l'époque victorienne ! On peut dire que les amateurs du genre sont gâtés ! Cette fois-ci nous accompagnons Emily, de retour à Londres pour venger sa mère, assassinée quelques années auparavant. La jeune femme avait découvert peu avant son décès que sa mère se livrait désormais à des activités criminelles au sein d'un gang, qu'elle tient pour responsable de sa mort. Emily intègre Scotland Yard et devient l'assistante de l'inspecteur Hawkins, brillant mais redoutable avec ses collaborateurs. D'abord réticent à l'idée d'engager une femme malgré ses bonnes références, Hawkins lui confie des tâches ingrates telles que le nettoyage du bureau ou la préparation du thé. Mais un jour, n'ayant personne pour l'accompagner lors d'une explosion dans une morgue, Hawkins demande à Emily de se joindre à lui. Tout en restant brusque, il va être amené à réaliser que sa nouvelle assistante est bien plus dégourdie et futée qu'il ne l'aurait pensé, Emily réussissant à débloquer l'enquête et à lui sauver la vie.

bd_clues_t1_2.jpgDans ce premier tome, l'héroïne s'affirme grâce à un caractère bien trempé, de l'audace et beaucoup d'abnégation. Elle gagne en légitimité et pourra recevoir une formation d'officier. Son personnage ainsi que celui de l'inspecteur Hawkins sont complémentaires et ne versent pas dans la caricature malgré des tempéraments forts. L'intrigue m'a de suite plu, même si je trouve qu'elle verse dans la facilité au départ : la toute première affaire sur laquelle Emily intervient est liée au gang auquel appartenait sa mère. J'imaginais plutôt qu'elle allait se livrer à sa propre enquête en parallèle de son travail. Quoi qu'il en soit c'est un premier tome très dynamique et servi par des illustrations modernes d'inspiration victorienne, qui prennent toutefois certaines libertés : une Londres assez éloignée des représentations habituelles et qui m'évoquait plus des quartiers d'habitation en périphérie de la ville par exemple, avec des maisons individuelles larges, moins tassées, un pub de Whitechapel dans une grande bâtisse qui ressemble vaguement à un manoir ; quelques coiffures décalées, sans parler de la tenue de nuit d'Emily, plutôt légère et sexy pour l'époque !

Si la suite est aussi réussie, je m'offrirais volontiers l'intégrale si la série venait à être publiée sous cette forme.

(A noter une grosse coquille en p 29 "je n'en croit pas mes oreilles")

Une interview de Mara ici.

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55 p

Clues, T1, Sur les Traces du Passé, Mara, 2008

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29/04/2014

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères

waddell_Depuis-le-temps-de-vos-peres_3570.jpegAprès le très prometteur Code 1879 de Dan Waddell, j'avais hâte de poursuivre la lecture des Enquêtes du généalogiste. Celles-ci conjuguent polar contemporain et recherches généalogiques, les crimes d'aujourd'hui trouvant leur origine dans ceux d'hier.

Depuis le Temps de nos Pères suit un schéma proche du premier opus de la série. Katie Drake, actrice sur le déclin portée sur la boisson est retrouvée morte dans son jardin, tandis que sa fille Naomi a disparu. Tout juste de retour à son poste après une longue convalescence, l'inspecteur Foster fait partie des policiers chargés de l'enquête, aux côtés d'Heather notamment, autre personnage du tome 1. Lorsqu'une trace d'ADN de l'agresseur révèle que celui-ci appartiendrait peut-être à la même famille que Katie Drake, Foster et Heather font de nouveau appel à Nigel Barnes, généalogiste ayant été consulté dans le tome précédent. En cherchant à déterminer le degré de parenté de la victime et de son meurtrier ainsi qu'à dresser les membres de la famille de Drake toujours vivants, le trio découvre que l'actrice et sa fille ne sont pas les seules à avoir subi un sort tragique. Une autre adolescente a disparu, sa mère est morte d'overdose... quelqu'un s'en prendrait-il à toute la lignée?

Certes, le lecteur ne trouvera plus ici l'attrait de la nouveauté qui faisait de Code 1879 un polar qui sort vraiment de l'ordinaire. Malgré tout on se régale. Le suspense est au rendez-vous, l'aspect historique toujours très présent et tout aussi passionnant, tandis que les recherches de Barnes font appel à d'autres outils, tels que l'introduction de la génétique ou une incursion dans les bases de données et archives de l'Eglise mormone. Moi qui aime tant arpenter les rues anglaises dans mes lectures, j'ai beaucoup apprécié la partie américaine de ce roman qui nous conduit au fin fond de l'Amérique profonde, dans un village quelque peu inquiétant regroupant les membres d'une secte dissidente de l'Eglise. Notons aussi dans les aspects positifs la relation sentimentale entre Barnes et Heather qui reste discrète et ne vient pas polluer une trame de roman efficace. Je déplore en revanche les coquilles qui ne manquent pas !

 Une lecture partagée avec Soie et Titine. L'avis de Shelbylee. Marie-Malyss a lu Code 1879.

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392 p

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères (The Blood Atonement), 2009

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17/04/2014

Alan Bennett, La Dame à la Camionnette

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Je connaissais d'Alan Bennett quelques courts récits et nouvelles humoristiques très British, le meilleur restant pour moi La Reine des Lectrices - avant tout pour les pistes de lecture qu'il offrait. Si Alan Bennett n'est pas mon auteur anglais préféré, il reste une valeur sûre lorsque je cherche une lecture un peu légère. Je l'ai découvert dans un autre registre avec La Dame à la Camionnette, où il relate ses échanges avec une vieille femme excentrique de Camden Town. Ce récit est basé sur le journal d'Alan Bennett qui y a consigné au fil des années les faits marquants de sa cohabitation avec Miss Sheperd.

A travers ce livre, l'auteur nous invite à découvrir Londres dans les années 1970-80, et un quartier, Camden Town, progressivement envahi par une classe moyenne intello progressiste, qui cherche à concilier aisance financière et préoccupations d'ordre social. Alan Bennett fait la connaissance de Miss Sheperd alors qu'elle cherche quelqu'un pour pousser sa camionnette vers un nouvel emplacement. Car Miss Sheperd vit dans sa camionnette jaune, remplie d'affaires sales, de cochoneries accumulées au fil des ans mais aussi d'objets on ne peut plus "classe moyenne" (articles de cuisine notamment), assez incongrus dans cet environnement. Le temps passant, Miss Sheperd se fait agresser à plusieurs reprises et Alan Bennett lui propose de stationner dans son jardin. La situation s'éternisera. Loin de remercier l'auteur, la vieille dame ne le ménagera pas et conservera jusqu'au bout toute son autorité... et ses manières originales.

Je n'ai pas trouvé ce texte très humoristique contrairement à l'idée que je m'en faisais. En revanche, j'ai apprécié cette plongée dans un quartier de Londres qui s'embourgeoise, avec sa classe montante et ses laissés-pour-compte, dont Miss Sheperd constitue un exemple haut en couleur. Beaucoup d'anecdotes sont savoureuses mais le fond reste grave malgré tout.

Nous contournons Hampstead Heath à une allure assez peu mortuaire, descendons Bishop's Avenue et remontons ensuite jusqu'au cimetière de St Pancras, ensoleillé et verdoyant par cette belle journée. Nous traversons les allées abritées par des arbres clairsemés et rejoignons l'extrêmité du cimetière, où s'étendent de longues rangées de tombes nouvellement creusées, recouvertes pour la plupart d'une dalle de granit noir. Par un heureux concours de circonstances - si l'on considère l'amour qu'elle aura voué aux voitures sa vie durant - Miss S. est enterrée à un jet de pierre de la rocade nord, qui passe juste derrière le mur d'enceinte et dont le brouhaha couvre le discours du prêtre chargé de confier son corps à la terre (p 90).

Les avis de Cathulu et Mrs Pepys que j'ai toujours plaisir à retrouver mais aussi d'autres blogueurs que je découvre, Littéraventures, Suspends ton vol, Quel Bookan, La XXVe Heure et Des flâneries et des mots.

Mes autres billets sur Alan Bennett :

Merci aux éditions Buchet-Chastel !

114 p

Alan Bennett, La Dame à la Camionnette (The Lady in the Van), 1989

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04/04/2014

Elizabeth Jenkins, Harriet

jenkins_harriet.jpg1875. Harriet est une fille de bonne famille, vivant avec sa mère et son beau-père alors qu'elle a déjà atteint la trentaine. La jeune femme (plus toute fraîche si l'on adopte un point de vue victorien) est simple d'esprit. Si elle sait soigner sa personne et accorde une attention particulière à sa garde-robe, Harriet trahit son état par un rictus curieux, des paupières tombantes et des réactions parfois déroutantes. Afin de se soulager un peu, sa mère l'envoie régulièrement chez des proches à qui elle verse une pension pour l'accueillir. C'est lors d'une de ces "escapades" qu'Harriet fait la connaissance d'un certain Lewis. Venu courtiser Alice, la jeune fille de la maison, Lewis apprend qu'Harriet dispose de 3000 livres auxquelles s'ajouteront 2000 livres à la mort de sa tante. Dès lors, Lewis décide de la séduire pour mettre la main sur cette coquette somme. Il décide de faire l'impasse sur l'âge assez "avancé" de sa promise et sur ses défauts d'élocution et de compréhension, persuadé de pouvoir s'en accommoder d'une façon ou d'une autre. Pour parvenir à ses fins il écarte la mère d'Harriet (qui bien entendu juge leur histoire avec lucidicité et s'inquiète pour sa fille). La jeune femme devient entièrement dépendante de Lewis et de son entourage. Une fois le mariage passé, Harriet est progressivement isolée. Lewis reprend son aventure avec Alice là où il l'avait laissée. Aidé de son frère Patrick et de sa belle-soeur Elizabeth, il entreprend d'écarter la pauvre Harriet.

Un roman sur un fait divers victorien ! Mais quelle sinistre affaire ! Elizabeth Jenkins s'est intéressée à un procès retentissant de la deuxième moitié du XIXe siècle. Celui-ci a fait couler beaucoup d'encre, d'une part en raison des faits reprochés aux quatre coupables, mais aussi parce que le jugement initial (leur condamnation à mort) fut remis en cause car jugé un peu expéditif (un juge partial, une argumentation de la défense rapidement écartée). Cette affaire aurait donc eu un impact important sur l'évolution de la justice anglaise et la possibilité de faire appel. Les faits n'en restent pas moins épouvantables.

En s'appuyant sur le compte-rendu du procès, Elizabeth Jenkins s'est employée à imaginer comment les faits avaient pu s'enchaîner. Là où le fait divers sert de matière à la trame de l'histoire, le roman comble le vide et imagine les réactions et les motivations des différents protagonistes, ainsi que la façon dont, de fil en aiguille, la vie d'Harriet a basculé.

[Spoilers dans ce paragraphe] Femme riche et un brin suffisante, Harriet n'a pas les capacités intellectuelles qui lui permettraient de voir clair dans le jeu de Lewis. Elle s'en remet ainsi entièrement à lui et lui confie toute sa fortune, perdant de même tout son attrait. Petit à petit, les marques d'attention font place à l'agacement. On l'écarte, on l'isole, on ne lui adresse plus la parole.  On la prive de ses vêtements et bijoux pour les offrir à la maîtresse du mari. On ne la nourrit plus correctement. Et, inexorablement, l'équilibre se rompt. Les "proches" d'Harriet deviennent ses gardiens et la négligence prend une nouvelle dimension. S'il y a débat sur les causes de la mort, il n'y en a pas sur l'état d'Harriet : apparemment maltraitée, la jeune femme était exsangue, recouverte d'une telle couche de crasse que l'infirmière ne parvenait pas à la laver, ses pieds recouverts d'une corne épaisse, sa tête grouillant de poux.

Ce texte est très subtil. L'évolution de la relation entre Harriet et ses tortionnaires est habilement décrite. L'histoire est présentée du point de vue des coupables, pour qui la jeune femme n'est qu'une quelconque nuisance négligeable, à la marge de leur existence. Ce n'est donc qu'indirectement que l'on devine le sort qui lui est réservé. La vérité éclate à la fin, avec beaucoup plus de force en raison des nombreux non-dits. Par ailleurs Jenkins sait ménager son effet. Alors qu'on imagine que le mariage n'est pas consommé, on apprend au détour d'une phrase qu'il y a eu un enfant. Une autre fois, Harriet dérange par son attitude ; Patrick s'approche et l'on devine la scène aux mots de sa femme, qui craint qu'il ne tue leur prisonnière. Ou encore, quand Harriet doit signer un acte pour que son mari dispose des 2000 euros de sa tante, on lui met une voilette car elle a un bleu au visage.

Un roman cruel mais très maîtrisé et d'une grande force.

Une lecture commune avec Fanny. D'autres avis chez Titine ainsi que Clara, dont le billet m'avait initialement donné envie de lire ce roman.

Un article de Rachel Cooke (également auteur de la postface) sur ce qu'on a appelé The Penge Mystery. L'article de Wikipedia.

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288 p

Elizabeth Jenkins, Harriet, 1934

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19/03/2014

Miss Endicott, T2

bd_Miss-Endicott-Tome-2.jpg Londres, époque victorienne. Miss Endicott est récemment arrivée pour remplacer sa mère décédée au poste officieux de conciliatrice. Gouvernante, elle mène une double vie et doit satisfaire les réclamations des uns et des autres dans les querelles de voisinage.

[Spoilers dans ce paragraphe] Dans ce deuxième tome, la mère de Miss Endicott refait surface : son enterrement n'était qu'une mise en scène destinée à lui permettre de prendre sa retraite et à s'assurer secrètement que sa fille était à la hauteur... or elle se juge pour le moment irremplaçable. Les péripéties ne manquent pas : Kevin, l'enfant dont Miss Endicott a la garde, a disparu ; un mystérieux personnage fait son apparition et semble nourrir de sombres projets pour la capitale ; et la menace d'un événement extraordinaire plane toujours puisqu'une étonnante machine doit se mettre en marche le lendemain à minuit. L'enquête se poursuit!

On retrouve dans ce deuxième tome de superbes illustrations et une ville à la fois très victorienne et délicieusement fantastique. Si les deux tomes s'enchaînent parfaitement et constituent ensemble une série très réussie, j'ai personnellement trouvé ce deuxième opus un peu moins convaincant que le premier. Ce deuxième album n'est plus porté par l'attrait de l'originalité, celle de la représentation d'un monde un brin grotesque mais fascinant. A mon sens le rythme soutenu et les scènes d'action ne suffisent pas à former un ensemble satisfaisant et cohérent. L'issue est presque sans surprise. Je ne peux que vous conseiller de lire les deux tomes à la suite : vous serez conquis par l'univers dépeint et les maladresses que je trouve à ce scénario n'auront sans doute plus une grande importance.

Une lecture commune dans le cadre du challenge British Mysteries. Virgule a lu les tomes 1 et 2 de Miss Endicott, Soie a lu l'intégrale de Green Manor, Fanny a lu Le Tome 1 des Quatre de Baker Street, Syl a lu la série London (tomes 1 et 2).

Mon billet sur le tome 1 qui a été un véritable coup de coeur.

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80 p

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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07/03/2014

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre

fitzpatrick_neuvieme pierre.jpgAprès avoir lu Code 1879 de Dan Waddell, mon premier roman policier aux accents victoriens de la collection Babel Noir, c'est avec beaucoup d'attentes que j'ai abordé La Neuvième Pierre de Kylie Fitzpatrick.

Issue d'une famille pauvre, orpheline, la jeune Irlandaise Sarah O' Reilly travaille pour Le London Mercury. Vêtue en garçon pour accéder à un travail qui lui serait normalement refusé, elle espère se voir confier un jour des travaux plus intéressants. Elle rencontre par le biais du journal la jeune veuve Lily Korechnya, auteur d'articles sur des femmes illustres. Toutes deux vont devenir amies et Lily va ainsi tenter d'aider Sarah et sa petite soeur Ellen, qui toutes deux vivent dans une cave à Devil's Acre. Le destin de Lily croise celui d'une collectionneuse de diamants, Lady Cynthia Herbert. Dès lors, nous suivrons la réalisation d'un talisman en diamants, superbe commande refusée par tous les bijoutiers consultés en Inde en raison du danger inhérent au bijou. Et, en effet, ceux qui croisent les diamants indiens trouvent la mort dans des circonstances étranges...

Dans l'ensemble, La Neuvième Pierre est un roman néo-victorien intéressant mais un peu inégal. Première surprise, il ne s'agit pas vraiment d'un roman policier mais plutôt du parcours de la jeune Sarah O' Reilly. Certes, son destin finit par se mêler plus ou moins à une histoire de meurtres et de talisman en diamants volé, mais ce n'est finalement qu'une toile de fond. L'affaire est résolue rapidement à la toute fin du roman ; la solution à l'énigme est sans surprise et, au fond, on finit par s'en moquer un peu.

La première partie du roman est de loin la plus réussie pour moi. Nous avons là une toile de fond réussie à travers une Londres victorienne bouillonnante de vie et très diverse. Outre la jeune Sarah O' Reilly, deux figures féminines indépendantes d'esprit se démarquent, Lady Cynthia et Lily Korechnya. Malheureusement, j'ai été nettement moins séduite par la suite, qui se déroule principalement en Inde. Après avoir découvert le palais du Maharadjah et rêvassé quelques instants à ses splendeurs, à la lumière particulière précédent la mousson et aux senteurs délicates, je me suis vite ennuyée de la vie monotone qu'on mène dans ce lieu splendide, de ce prince bien fade et de ses concubines assommées par l'opium. J'avais espéré mieux explorer Bénarès sous l'empire britannique mais l'aspect colonial est très peu exploité, si bien qu'on a l'impression de retrouver l'ambiance des Mille et une Nuits, sans aucune petite touche d'originalité. Enfin, je me demande pourquoi Kylie Fitzpatrick a choisi d'assassiner aussi rapidement plusieurs personnages hauts en couleur, car malheureusement l'histoire s'en ressent et perd de son intérêt. Dans l'ensemble ce roman est agréable à lire mais je regrette que le récit n'ait pas été un peu plus dynamique et que l'Inde britannique n'ait pas été mieux dépeinte.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Titine et Soie.

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500 p

Kylie Fitzpatrick, La Neuvième Pierre (The Ninth Stone), 2007

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10/02/2014

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight

challenge british mysteries,challenge i love london,challenge myself,christopher edge,penelope tredwell,montgomery flinch,époque victorienne,londres,londres xixe,angleterre,angleterre victorienne,roman jeunesse,bedlam,penny dreadfulLorsque je lis des mots tels qu'Angleterre, victorien, Londres, Bedlam ou encore mystère, un déclic doit se produire inconsciemment dans mon petit monde de lectrice et j'éprouve de suite une envie irrépressible de me procurer sur-le-champ le livre incriminé. Alors lorsque plusieurs lectrices ont présenté Twelve Minutes to Midnight (Douze minutes avant Minuit en VF) de Christopher Edge, je n'ai pas su résister !

Roman jeunesse néo-victorien, Twelve Minutes to Midnight met en scène la jeune Penelope Tredwell. Orpheline, elle a pris la succession de son père à la tête d'un magazine, The Penny Dreadful. Depuis qu'elle en est devenue l'éditrice et rédige sous le nom de plume de Montgomery Flinch des histoires à sensations, le magazine connaît un succès sans précédent. Lorsque débute le récit, Penelope a engagé un acteur pour incarner Flinch et assurer la promotion de chaque nouvelle histoire publiée dans le Penny Dreadful. Ensemble, ils vont être amenés à se rendre à Bedlam : une lettre a été adressée à Flinch afin de résoudre une curieuse affaire. En effet, chaque nuit, à minuit moins douze, les patients de l'asile se lèvent brutalement et se mettent à écrire frénétiquement (sur du papier ou à défaut, tout ce qui est à portée de main), laissant d'étranges messages a priori sans aucun sens.

Twelve to Midnight est un agréable roman jeunesse qui se laisse lire tout seul (bon il m'a fallu un peu de temps mais c'est dû à l'exigeante Baby Lou, moi je n'y suis pour rien). Il faut tout de même accepter de grosses ficelles et un postulat peu crédible à la base. Une adolescente victorienne de treize ans éditrice d'un magazine ? auteur de best-sellers ? qui sait quoi faire quels que soient la situation ou les dangers (capable par exemple d'extraire du venin d'une araignée comme si elle faisait ça tous les jours) ? D'accord, on n'y croit pas un seul instant. Mais il faut bien avouer que lorsqu'on lit un roman traitant des patients "ensorcelés" du célèbre asile londonien, on peut bien accepter quelques petites invraisemblances ! Alors je me suis plongée une fois de plus dans une Londres victorienne pleine de mystères pour côtoyer les patients de Bedlam mais aussi une troublante femme-araignée vivant dans les beaux quartiers. Voilà un roman plein de rebondissements, de facture assez classique certes, mais cela ne nous empêche pas de passer un très bon moment ! J'ai hâte de lire le second tome !

Elles m'ont donné envie de le lire : BiancaCoccinelle, GeorgeSharon et je viens de tomber sur l'avis d'un blog anglo-saxon, The overflowing Library.

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / Myself de Romanza - lire en VO / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

254 p

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight, 2012

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31/01/2014

Dan Waddell, Code 1879

waddell-code-1879.gifVoilà un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps et que je me suis décidée à lire en décembre, alors que je cherchais un bon page-turner pour m'aider à patienter en attendant l'arrivée de Baby Lou.

Code 1879 est le 1er tome de la série Les Enquêtes du Généalogiste de Dan Waddell. A Londres, un clochard est retrouvé pendu à une balançoire ; le corps sans vie d'un autre homme est découvert dans un cimetière, les mains coupées. Rien ne semble relier les deux affaires jusqu'à ce que l'inspecteur Grant Foster remarque un code gravé sur les deux victimes. Grâce à sa jeune collègue Heather, il apprend que ces codes feraient référence à un acte de naissance, de mariage ou de décès. La police contacte donc Nigel Barnes, généalogiste. Celui-ci va finalement suivre le déroulement de l'enquête dans son ensemble et aider à établir un lien entre une sordide histoire victorienne et les meurtres récents qui ont eu lieu dans les quartiers de South Kensington et Notting Hill.

Difficile de davantage révéler l'histoire sans en dire trop, aussi je vous laisserai découvrir la suite par vous-mêmes. Mais est-ce réussi ? Est-ce qu'une série de crimes pourrait trouver son mobile dans une histoire vieille d'une centaine d'années et rester crédible? J'étais dubitative mais il faut avouer que l'intrigue et son développement sont parvenus à me convaincre.

Pourquoi lire ce roman alors ?

Pour la promenade dans les rues de Londres aujourd'hui et en 1879. On suit les pas des enquêteurs et de Nigel Barnes dans des rues disparues, un vieux plan de la ville à la main. On parcourt les lieux au XIXe pour les retrouver ensuite métamorphosés. On écume les bars branchés des quartiers "bobos"... mais on découvre aussi des lieux emplis d'histoire (par exemple, archives des journaux nationaux et locaux...).

Pour l'intrigue bien ficelée, qui me réconcilie avec les polars modernes. Autant je me régale avec les polars historiques (en particulier anglo-saxons évidemment pour ceux qui me connaissent), autant je ne lis pratiquement plus de polars ou thrillers contemporains, qui ne m'attirent plus autant qu'avant. Ce roman a le mérite de jongler entre passé et présent ; l'enquête contemporaine se nourrit d'un fait divers ancien qui nous vaut de parcourir des archives diverses et variées. On suit avec beaucoup d'intérêt les cheminements de Barnes pour qui une découverte va en amener une autre, le lecteur pouvant s'amuser à deviner quelle information il faudra ensuite chercher pour apporter de nouveaux éléments à l'enquête actuelle.

Code 1879 est un roman policier très original, un vrai page-turner très bien documenté. Chaudement recommandé aux lecteurs de thrillers et aux amateurs de littérature neo-victorienne.

J'ai bien failli ne pas rendre ma copie à temps pour cette LC alors que j'avais achevé ma lecture depuis plusieurs semaines ! Nous sommes plusieurs à avoir fait la connaissance du généalogiste : Miss Leo, SoieTitine, Val ... et Shelbylee a lu le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères.

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362 p

Dan Waddell, Code 1879, 2008

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