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31/12/2016

Herbjørg Wassmo, Mon péché n'appartient qu'à moi

wassmo_Karna1_peche.jpgVoilà un autre roman scandinave qui a longtemps attendu dans ma PAL avant d'être lu. Ce qui n'est peut-être pas une victoire pour cette montagne de livres à lire, car Mon péché n'appartient qu'à moi est le premier tome d'une trilogie consacrée à Karna, la petite-fille... après la grand-mère Dina (trois romans) et le père, Benjamin (deux romans). En résumé, il me reste sept romans à découvrir maintenant, puisque j'ai apprécié cette rencontre avec Herbjørg Wassmo.

Ce dernier cycle consacré à Karna s'ouvre par une entrée en matière assez spectaculaire. La petite fille se rend dans le grenier et trouve une robe dans une malle. L'endroit est étrange, voire inquiétant. Soudain, la robe se redresse seule : c'est la grand-mère qui vit dans le grenier, parmi les malles et les habits des membres de la famille disparus depuis longtemps. Apparition fantomatique effrayante a priori, mais pas pour Karna qui fait de cette grand-mère imaginaire son alliée.

Karna est une petite fille isolée, qui vit avec quelques adultes dans la grande propriété familiale. N'ayant pas connu sa mère, elle est extrêmement attachée à son père. Bébé, elle manque de mourir lorsque son père la ramène auprès des siens. Elle hurle, s'époumone et crie à perdre haleine : S'il la posait sur la couchette, essayant de l'ignorer, cela ne faisait qu'empirer. Il ne pouvait pas la quitter une seconde (p 36). A son arrivée, Benjamin retrouve son amie d'enfance Hanna. Fille d'une domestique de la maison, elle est amoureuse de lui et garde l'espoir de l'épouser. Mais quelques années plus tard, le docteur accueille chez lui Anna, un amour de jeunesse - issue quant à elle de la bourgeoisie. Dès lors, il hésite sans cesse entre les deux femmes.

La première partie et la fin du récit se recentrent sur le point de vue de Karna, petite fille atypique et attachante souffrant de crises d'épilepsie. Un mal méconnu qui effraie encore à la fin du XIXe, époque du récit. Toute la vie de l'enfant tourne autour de la figure sacrée du père, dont les absences restent mystérieuses. Puis il semble ensorcelé par Anna, cette autre Hanna qui pourrait lui ravir la vedette. A bord d'une barque, devant un Benjamin tourmenté qui lui dit qu'un jour, peut-être, il partira, l'enfant veut sauter par dessus bord.

Puis la partie centrale du récit tourne autour de Benjamin et de son attirance pour Anna et Hanna : il ne souhaite renoncer à aucune d'entre elles mais la situation ne peut perdurer. Avec Hanna, qui l'a toujours aimé, il se comporte comme s'il pouvait disposer d'elle. Quant à Anna, quand elle le contrarie, elle lui paraît moins belle, avec "une vilaine ride au front". Un roman qui ne fait pas vraiment honneur à Benjamin, malgré son dévouement auprès des malades.

L'histoire s'inscrit dans un cadre impressionnant et sauvage de grand nord. Elle est également ponctuée de détails historiques, tels que la présence d'un cercueil en réserve au grenier, ou ces sorcières que l'on guette à la Pentecôte.

Sans être un coup de coeur, ce roman m'a beaucoup plu. Il a le mérite de livrer des personnages complexes, attachants malgré leurs faiblesses.

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215 p

Herbjørg Wassmo, L'Héritage de Karna, T1, Mon péché n'appartient qu'à moi, 1997

22/12/2016

Knut Hamsun, Victoria

hamsun_victoria_hd.jpgCela fait plusieurs années que ce roman attendait dans ma PAL. J'avais été séduite par le titre et la couverture et avais eu envie de découvrir un classique norvégien, moi qui ne connaissais pas bien la littérature nordique de façon générale. Et voilà que ce Décembre nordique m'a enfin incitée à le sortir de ma bibliothèque - cela faisait longtemps que je tournais autour mais, amis (blogo)lecteurs, vous savez ce que c'est que d'avoir une PAL galopante !

Victoria est la fille du châtelain. Depuis son enfance, elle connaît Johannes, fils du meunier. Ils partagent certains jeux mais un monde les sépare : les fréquentations des enfants du château ne voient en lui qu'un pouilleux bon à leur rendre quelques services, certainement pas à partager leurs activités. Le ton est donné lorsque Johannes, très fier, a ramassé beaucoup plus d'oeufs que les enfants de la ville. Alors qu'il veut les donner à Virginia, le jeune Otto met en doute la propreté de la casquette dans laquelle les oeufs ont été stockés. Et triste, humilié, Johannes part remettre les oeufs là où il les avait trouvés. Première scène hautement symbolique, bouleversante grâce à une plume d'une efficacité redoutable : il y a économie des moyens ; Hamsun s'en tient à des faits marquants, quelques paroles et gestes très évocateurs permettant de suite de saisir les relations entre les personnages ainsi que l'intensité des émotions qui les habitent.

Victoria et Johannes grandissent et ne se voient pas pendant plusieurs années mais, à la manière des grandes histoires d'amour classiques de la littérature, leur passion faite de non-dits traverse le temps. Malheureusement, Victoria s'est fiancée à Otto, devenu officier - mais toujours aussi antipathique. Et, à la manière des grandes tragédies, les évènements s'enchaînent avec ironie, semblant tout faire pour empêcher les deux jeunes gens de se retrouver. Outre l'histoire aux allures de fable et la plume élégante de Knut Hamsun, ce roman marque par le regard acéré porté sur les inégalités sociales de l'époque. Johannes devient un écrivain réputé. Cela fait de lui un homme intéressant et courtisé mais au château, sa naissance humble prévaut sur sa renommée durement acquise. Le fils du meunier ne saurait être digne des enfants du châtelain.

Une très jolie découverte qui me donne envie de lire d'autres textes de Hamsun - qui a eu le Nobel de Littérature en 1920.

124 p

Knut Hamsun, Victoria, 1898

  

*****

Mais le 22 décembre...

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c'est surtout une journée spéciale, puisque Baby Lou devenue Petite Lou fête déjà ses trois ans.

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05/12/2016

Katarina Bivald, La Bibliothèque des Coeurs cabossés

bivald_La-bibliothèque-des-coeurs-cabossés.jpgJ'ai beaucoup hésité avant de lire ce roman de Katarina Bivald, D'un côté, le rapport aux livres et aux amoureux des livres m'attirait. De l'autre, je craignais un roman très léger, voire une bluette sentimentale, ce qui n'est pas ma tasse de thé en général.

Comme vous pouvez le constater j'ai finalement tenté ma chance et ne regrette pas le voyage.

Le récit commence par une situation assez improbable : jeune libraire suédoise au chômage depuis peu, Sara entretient une correspondance avec Amy, vieille dame vivant à Broken Wheel, bled paumé - voire mourant - de l'Iowa. Toutes deux ont en commun l'amour des livres. Sur l'invitation d'Amy, Sara débarque à Broken Wheel pour des vacances... mais elle arrive juste après le décès de son amie épistolaire. Qu'à cela ne tienne, les habitants de cette bourgade unie considèrent de leur devoir d'accueillir Sara comme leur invitée. Elle loge ainsi chez Amy, se voit attribuer un chauffeur personnel, ne peut jamais payer ses consommations ni ses achats. Se sentant redevable, Sara décide d'ouvrir une librairie avec les livres d'Amy, pour partager avec les habitants de la ville le bonheur de lire. Ce qui n'est pas gagné d'avance. En parallèle de tout cela, parmi le groupe d'habitants qui régentent la vie de leurs voisins ou se trouvent embarqués contre leur gré dans des plans divers et variés (souvent incongrus), se détache Tom, le bel Américain avec qui Sara est destinée à vivre une grande histoire - ce n'est pas vraiment un spoiler, c'est évident dès la première rencontre. En ce sens, le livre reprend des schémas bien classiques.

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Photos Copyright MyLouBook : un livre à lire au coin du feu ou dans son bain !

Voilà un "feel-good novel" qui se lit rapidement, facilement et avec plaisir. Mon exemplaire est constellé de post-its, qui concernent essentiellement les passages sur les livres, la lecture ou les lecteurs. Pourtant ce livre n'est pas parfait et tombe selon moi dans quelques travers des romans guimauve dont je ne raffole pas.

J'ai beaucoup apprécié la clique un peu ridicule qui entoure Sara à son arrivée à Broken Wheel, en dépit des clichés : la femme célibataire ultra impliquée à l'église et dans la ville, le couple gay, la matrone qui tient un snack... les scènes qui les concernent ne manquent pas d'humour et leurs projets fous, parfois grotesques pour la ville m'ont bien fait rire. En revanche, il faut bien l'avouer, je n'avais pas grand-chose à cirer de l'histoire d'amour naissante compliquée-mais-qui-doit bien-finir de Tom et Sara. 

En ce qui concerne les livres et la librairie, j'ai savouré l'atmosphère créée, l'hommage à la lecture, qui peut changer la façon de penser des lecteurs lorsqu'ils ont eu un déclic. Il était douillet d'entrer dans la librairie, d'imaginer ses rayonnages et de s'inviter sur le vieux fauteuil à proximité des piles de bouquins. L'éclectisme des lectures de Sara et Amy m'a également plu, même si quelques rares commentaires m'ont fait grincer des dents (Austen considérée comme de la bonne chick lit et un commentaire sur les classiques que je n'arrive plus à retrouver). De façon générale, c'est un livre fait pour dorloter les amoureux des livres et leur donner le moral. Cryssilda parlait de lecture "humaine et divertissante", ce qui résume très justement la chose.

Au final, j'ai passé un chouette moment avec ce roman mais ne sais pas encore si je me laisserai tenter par le deuxième livre du même auteur, qui m'a l'air de pencher dangereusement du côté chick lit et livre doudou un peu cliché... je ne suis pas sûre qu'il soit fait pour moi !

Lu dans le cadre de la LC Katarina Bivald du challenge Décembre Nordique et Challenge Feel Good de Soukee.

512 p

Katarina Bivald, La Bibliothèque des Coeurs cabossés, 2013

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01/12/2016

Challenges de Décembre

Cette année, mon mois de décembre sera essentiellement rythmé par deux challenges :

challenge nordique.jpg

Décembre Nordique de Cryssilda. Pour l'instant j'ai lu trois romans et un album jeunesse, mais j'espère bien continuer mes lectures dans les semaines à venir ! Et pour continuer dans l'esprit nordique, un mini swap est en cours !

Logo_il etait quatre fois noel_Chicky Poo_2016.jpgchallenge decembre nordique,challenge il était quatre fois noël

Et de nouveau, le challenge Il était quatre fois Noël de Chicky Poo et Samarian...

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... ainsi que le challenge Christmas time de Mya Rosa.

Cette année, je profiterai surtout de ma participation à ces deux challenges pour présenter des lectures partagées en famille.

Bons challenges aux participants...

... et bon mois de décembre !