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19/12/2017

Auður Ava Olafsdottir, Ör

audur-ava-olafsdottir-or.jpgDeuxième lecture d'un roman d'Auður Ava Olafsdottir, deuxième expérience réussie bien qu'un peu étrange.

Jónas Ebeneser est au bout du rouleau. Cela fait 8 ans et 5 ans mois qu'il n'a pas touché de corps féminin nu. Ebeneser connait la date au jour près. Son épouse l'a quitté en lui annonçant brusquement que leur fille n'est finalement pas de lui. Ebeneser aime bricoler, réparer. Il ne sait faire que ça, c'est devenu un réflexe, voire, un moyen de communiquer. Il rend régulièrement visite à sa mère en maison de retraite, échange avec un voisin un peu envahissant et entretient de bonnes relations avec cette fille dont on vient de lui retirer la paternité.

Menant en apparence une vie tranquille, Ebeneser est malheureux et pense sans cesse au suicide. Il se documente en ligne, réfléchit à la meilleure façon de mettre fin à ses jours. Emprunte le fusil de son voisin, qui comprend mais n'ose pas refuser, avant de lui rendre visite à l'improviste en fin de soirée - alors qu'Ebeneser explorait la piste d'une pendaison à la maison.

Finalement, notre anti-héros décide de faire les choses proprement, avec le moins de contraintes et de traumatisme possible pour ses proches. Il vend sa société et fait verser l'argent sur le compte de sa fille, fait le vide chez lui (mais retrouve des carnets personnels qu'il conservera finalement) puis cherche un pays tout récemment ravagé par la guerre pour partir se supprimer en présence d'inconnus. 

Mais à son arrivée dans ce pays truffé de mines, où des massacres ont été commis quelques semaines plus tôt, le cours des choses va doucement s'inverser. Même si Ebeneser ne tient pas compte des conseils des gérants de son hôtel et prend des risques inconsidérés lors de ses sorties, il va retarder le moment de son suicide. En aidant à réparer l'hôtel (il est parti avec sa caisse à outils). En rachetant des chemises (ayant prévu de mourir peu de temps après son arrivée, il n'avait emporté aucun vêtement de rechange). Finalement, sa résolution initiale est questionnée lors de la confrontation avec un monde ravagé. Et les rencontres faites sur place vont contribuer à ébranler la résolution d'Ebeneser.

Un roman déconcertant mais passionnant, extrêmement original, porté par un héros a priori un peu lisse mais au final surprenant et très attachant. C'est le genre de roman que je pourrais volontiers relire après quelques années.

Une participation à la LC autour d'Auður Ava Olafsdottir.

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240 p

Auður Ava Olafsdottir, Ör, 2016

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15/12/2017

Arni Thorarinsson, Le Crime

thorarinsson_crime.jpgEn quête de nouvelles idées de lectures scandinaves, j'ai été intriguée par la couverture d'un court roman d'Arni Thorarinsson, Le Crime. Point de meurtre ou d'enquête ici, en dépit du titre ou de la collection. Il s'agit d'un drame familial et d'un secret qui a détruit la vie d'une famille. Le jour de sa majorité, Frida doit apprendre la raison pour laquelle, quand elle était petite, ses parents se sont brutalement séparés et l'ont confiée à sa grand-mère paternelle. Un choc dont la jeune fille ne s'est jamais remise.

La perspective change à chaque chapitre : 

Le père est un psychologue reconnu, qui a mené une belle carrière, entretient des relations avec des étudiantes. Mais, sous cette façade, il fait des cauchemars effroyables et angoisse à l'idée d'appeler sa fille toute juste majeure pour son anniversaire. 

La mère est complètement détruite. Elle survit grâce à la prostitution mais doit énormément d'argent à des dealers. Les quelques années qui ont passé depuis la séparation l'ont ravagée psychologiquement et physiquement. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et vit dans la précarité.

Frida, la fille, a quitté sa famille pour vivre avec une amie et travaille dans la boutique de celle-ci. Elle nourrit des sentiments très contrastés à l'égard de ses parents, oscillant entre manque, amour et haine. Pour son anniversaire, ses amis ont décidé de forcer son père à lui dire la vérité promise des années plus tôt.

Un roman habilement construit, dont les chapitres s'enchaînent logiquement, les scènes se faisant écho. J'ai trouvé le sujet intéressant et lu ce texte en quelques jours. Je n'hésiterais pas à le recommander même si, à la réflexion, certains points m'ont moins convaincue. Les personnages ont une vie misérable mais j'ai trouvé difficile de s'attacher à eux. La faute sans doute au propos extrême et aux comportements excessifs. Quand le secret tombe (on le devinait déjà avant), on se dit que la démonstration qui est faite de son pouvoir dévastateur est peu nuancée. La chute n'en demeure pas moins touchante et très symbolique.

168 p

Arni Thorarinsson, Le Crime, 2013

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10/12/2017

Balade à Copenhague : In the neighbourhood

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Photo : Copyright MyLouBook

Au fil du mois de décembre, j'ai prévu quelques carnets de voyage consacrés à Copenhague. On commence par le quartier où j'avais mon home sweet home danois.

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

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Photo : Copyright MyLouBook

C'était à la fois joli comme tout et empreint de sérénité. Tout était ouvert, les vélos et les poussettes étaient dans la rue ou dans les jardins sans portillon (ou au portillon ouvert), on sentait que les gens se sentaient en sécurité et bien dans leur quartier. Et surtout il y a ces tables de pique-nique partout et des aires de jeux miniatures dans un coin de rue, ainsi que des tables extérieures sur lesquelles les gens font du télétravail. Loin des villes dortoirs, c'est un coin plein de vie toute la journée. Un véritable art de vivre et une jolie philosophie !

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05/12/2017

Ragnar Jónasson, Snjór

jonasson_snjor.jpgMoi qui n'aime pas le froid. Moi qui n'étais pas plus attirée que ça par la littérature scandinave. Moi qui avais tendance à me tromper lorsqu'il s'agissait de situer géographiquement certains pays nordiques (et pourtant, j'ai joué pas mal il y a un certain temps aux Aventuriers du Rail édition pour 3 joueurs en Scandinavie). Moi qui aime beaucoup les polars historiques mais ne lis pas tant de polars contemporains que ça.

Le challenge Décembre Nordique 2016 m'a ouvert de nouvelles perspectives. Une lecture en amenant une autre, j'ai découvert des auteurs passionnants, profité avec enthousiasme d'un long week-end à Copenhague et ouvert de nouveaux polars. D'abord Indridasson et maintenant Snjór, ce merveilleux roman de Ragnar Jónasson que j'ai savouré du début à la fin. Et pourtant, j'ai été servie côté neige, congères, températures indécentes, avalanches et routes bloquées. Je frémis encore d'horreur à ce que à quoi j'ai survécu.

Dans ce roman, le policier en herbe Ari Thór décide de quitter Reykjavik pour Siglufjördur, une petite ville du nord de l'Islande. Même si sa petite amie Kristin vient d'emménager avec lui et qu'il doit se décider immédiatement, il est heureux de décrocher là-bas son premier poste, d'autant plus au regard de la conjoncture économique alarmante. Il part sans le soutien de Kristin et mène dès lors une vie solitaire, gâchée par l'angoisse et le sentiment de claustrophobie que lui cause l'isolement de la ville.

Son métier est assez différent de ce à quoi il s'attendait. Dans une ville où personne ne ferme sa porte à clef, il est davantage sollicité pour aider les habitants que pour distribuer des amendes et donner des leçons. D'autant plus que tout le monde se connaissant, il n'est jamais que l'étranger, bientôt surnommé Révérend car il a eu le malheur de débuter des études de théologie. L'intégration ne s'annonce pas facile. Heureusement pour lui, il se rapproche d'une jeune femme, Ugla, qui ajoute à la situation une dose de confusion quant à ses sentiments amoureux.

Mais bientôt, un écrivain de renom fait une chute brutale à la veille de la première de la troupe locale. Puis une femme est retrouvée à demi-nue et ensanglantée dans son jardin enneigé. Pour une petite ville aussi tranquille, cela fait beaucoup.

Je me suis régalée en découvrant cette communauté soudée, où les étrangers venant de la ville la plus proche et présents depuis des années sont toujours observés avec circonspection, où tout le monde sait tout sur tout le monde, où la police connaît si bien la population qu'elle ne semble pas encline à mener l'enquête. De premiers passages en italique mettant en scène une femme attaquée dans sa maison donnent le ton, mais il faudra presque tout le roman pour découvrir ce qui lui arrive et le lien avec la trame générale. Quant à Ari Thór, c'est un personnage sympathique et ma foi, une nouvelle recrue bien perspicace. Le rythme est lent, l'intrigue se met doucement en place, mais on la savoure d'autant plus.

J'ai hâte que le tome suivant paraisse aux éditions Points ! J'ai consulté le site de l'auteur et apparemment, le tome 1 n'a pas été traduit - le jeune détective est alors étudiant et cherche son père. Dommage ! 

Et bizarrement, ce roman commence à me donner envie d'aller en Islande, malgré la neige et le froid omniprésents pendant cette lecture...

Merci aux éditions Points.

352 p

Ragnar Jónasson, Snjór, 2010

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03/12/2017

Philip Teir, La Guerre d'Hiver

teir_guerre hiver.jpegPour cette première participation au Challenge Décembre nordique, j'ai sorti de ma PAL ce roman déniché en début d'année - repéré en librairie, je n'en avais jamais entendu parler. Le printemps et l'été sont arrivés et j'ai décidé de me le réserver pour une période  plus propice. Nuages bas, froid, grogs : le contexte était tout indiqué pour découvrir ce roman fin novembre.

Max Paul est un sociologue renommé, un peu has-been tout de même et catalogué par certains en raison d'une étude sur les pratiques sexuelles des Finlandais, publiée il y a des années de cela. Notre protagoniste va bientôt fêter ses 60 ans. Visiblement aisé, il vit dans un grand appartement à Helsinki avec sa femme Katriina. Leurs filles ont quitté le foyer : Helen est enseignante, mariée, deux enfants. C'est l'enfant fidèle, toujours là dans les situations de crise. Eva, 25 ou 29 ans (a priori plutôt 29 ans car c'est précisé deux fois dans le récit contre 25 ans, une fois seulement), bref Eva part à Londres au début du récit pour suivre des cours d'art. Sa mère l'agace profondément. Quant à elle, si elle devient plus humaine au fil du temps, on a bien envie de la secouer un bon coup au tout début, quand on sait qu'elle passe son été à traîner sur le balcon du domicile parental en prenant sa mère de haut.

Avec le départ des enfants, Max et Katriina trouvent un nouvel équilibre... bien précaire. Max ne pense qu'à donner son avis sur des forums en ligne et à jouer au tennis tandis que son épouse désespère de refaire leur cuisine, le traîne péniblement à des réceptions mondaines et a tendance à boire un verre de trop. Quand Max rencontre Laura, une ancienne élève de l'âge de ses filles, et qu'il la trouve bien séduisante, on voit de suite où le narrateur veut nour amener.

Ce sont quelques mois de la vie de cette famille que nous suivons. Lentement mais sûrement, nous assistons à une guerre au sein du couple, dont on pressent la fin. En écho, quelques dissensions également dans le couple formé par leur fille Helen et son époux Christian.

Je m'attendais à un roman plus cocasse et je regrette que les personnages n'aient pas été plus attachants. Une distance nous sépare d'eux et on peut simplement les observer à travers une vitre - un peu comme eux observent les évolutions de leurs hamsters sans s'apercevoir que l'un d'entre eux a été remplacé discrètement suite à un écrabouillage malencontreux. Max Paul est en particulier un héros particulièrement minable, autocentré, fadasse et assez ridicule - sans pour autant avoir su me réjouir par un portrait aussi féroce que ceux auxquels m'ont habituée les auteurs anglais.

Néanmoins je ne regrette pas ma lecture. J'ai aimé découvrir Helsinki, avoir un premier aperçu de la Finlande (et me rendre compte du fait que je ne connais ni son histoire ni ses spécificités en matière de langue, de culture...). J'ai aimé le milieu décrit, celui de la bourgeoisie intellectuelle passée par le feu des années 70. Une expérience dans l'ensemble réussie.

Lu pour le Rendez-vous du jour autour de la Finlande.

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382 p

Philip Teir, La Guerre d'Hiver, 2013

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20/11/2017

Décembre nordique 2017 : I'm in !

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Pour la deuxième année consécutive, Cryssilda nous amène dans les pays du nord pour fêter la fin de l'année comme il se doit. Grâce à ce challenge j'ai eu une révélation l'année dernière, qui se confirme avec mes lectures en vue de la deuxième édition : moi qui n'aime pas le froid et ne lisais ces auteurs que très ponctuellement, j'ai multiplié les coups de coeur et j'ai maintenant envie de prendre l'avion pour poursuivre l'aventure ! C'est déjà chose faite avec le Danemark, lors d'un premier voyage au printemps.

Idéalement, j'aimerais chroniquer les livres suivants déjà lus (dont deux il y a presque un an) - listés par ordre de lecture :

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  • Auður Ava Olafsdottir, Le Rouge vif de la Rhubarbe
  • Mona Høvring, Nous sommes restées à fixer l'horizon
  • Karin Brunk Holmqvist, Aphrodite et vieilles dentelles 
  • Katarina Mazetti, Petites histoires pour futurs et ex-divorcés
  • Auður Ava Olafsdottir, Ör
  • Ragnar Jónasson, Snjór
  • Arni Thorarinsson, Le Crime

Bon, pour l'instant j'ai juste programmé le billet de Snjór, mais il faut un début à tout.

Voici le programme des billets communs proposés, suivi (en couleur) de mes possibles participations :

  • Le 03/12 : JOURNEE de la FINLANDE - La Guerre d'Hiver de Philip Teir
  • Le 05/12 : LC Ragnar Jonasson - Snjór
  • Le 07/12 : LC Arto Paasilinna - Le Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison
  • Le 09/12 : JOURNEE du DANEMARK - L'été infini de Madame Nielsen ou partage de photos de Copenhague
  • Le 11/12 : LC Pasi Illmari Jääskeläinen - Lumikko
  • Le 15/12 : JOURNEE de l'ISLANDE - un Auður Ava Olafsdottir ou un Arni Thorarinsson
  • Le 17/12 : LC Ibsen
  • Le 19/12 : LC Audur Ava Olafsdottir Le Rouge vif de la Rhubarbe ou Ör, à moins que je ne lise le dernier dans ma PAL.
  • Le 22/12 : JOURNEE de la NORVEGE Nous sommes restées à fixer l'horizon de Mona Høvring
  • Le 25/12 : Noël nordique (histoire ou conte de Noël) - La Véritable Histoire de Noël de Marko Leino
  • Le 29/12 : JOURNEE de la SUEDE - Probablement Katarina Mazetti ou Aphrodite et vieilles dentelles de Karin Brunk Holmqvist

En décembre, on fête aussi Noël... mon billet de participation est en cours de rédaction !

Et vous, participez-vous aussi ?

Rendez-vous en décembre ! 

31/12/2016

Herbjørg Wassmo, Mon péché n'appartient qu'à moi

wassmo_Karna1_peche.jpgVoilà un autre roman scandinave qui a longtemps attendu dans ma PAL avant d'être lu. Ce qui n'est peut-être pas une victoire pour cette montagne de livres à lire, car Mon péché n'appartient qu'à moi est le premier tome d'une trilogie consacrée à Karna, la petite-fille... après la grand-mère Dina (trois romans) et le père, Benjamin (deux romans). En résumé, il me reste sept romans à découvrir maintenant, puisque j'ai apprécié cette rencontre avec Herbjørg Wassmo.

Ce dernier cycle consacré à Karna s'ouvre par une entrée en matière assez spectaculaire. La petite fille se rend dans le grenier et trouve une robe dans une malle. L'endroit est étrange, voire inquiétant. Soudain, la robe se redresse seule : c'est la grand-mère qui vit dans le grenier, parmi les malles et les habits des membres de la famille disparus depuis longtemps. Apparition fantomatique effrayante a priori, mais pas pour Karna qui fait de cette grand-mère imaginaire son alliée.

Karna est une petite fille isolée, qui vit avec quelques adultes dans la grande propriété familiale. N'ayant pas connu sa mère, elle est extrêmement attachée à son père. Bébé, elle manque de mourir lorsque son père la ramène auprès des siens. Elle hurle, s'époumone et crie à perdre haleine : S'il la posait sur la couchette, essayant de l'ignorer, cela ne faisait qu'empirer. Il ne pouvait pas la quitter une seconde (p 36). A son arrivée, Benjamin retrouve son amie d'enfance Hanna. Fille d'une domestique de la maison, elle est amoureuse de lui et garde l'espoir de l'épouser. Mais quelques années plus tard, le docteur accueille chez lui Anna, un amour de jeunesse - issue quant à elle de la bourgeoisie. Dès lors, il hésite sans cesse entre les deux femmes.

La première partie et la fin du récit se recentrent sur le point de vue de Karna, petite fille atypique et attachante souffrant de crises d'épilepsie. Un mal méconnu qui effraie encore à la fin du XIXe, époque du récit. Toute la vie de l'enfant tourne autour de la figure sacrée du père, dont les absences restent mystérieuses. Puis il semble ensorcelé par Anna, cette autre Hanna qui pourrait lui ravir la vedette. A bord d'une barque, devant un Benjamin tourmenté qui lui dit qu'un jour, peut-être, il partira, l'enfant veut sauter par dessus bord.

Puis la partie centrale du récit tourne autour de Benjamin et de son attirance pour Anna et Hanna : il ne souhaite renoncer à aucune d'entre elles mais la situation ne peut perdurer. Avec Hanna, qui l'a toujours aimé, il se comporte comme s'il pouvait disposer d'elle. Quant à Anna, quand elle le contrarie, elle lui paraît moins belle, avec "une vilaine ride au front". Un roman qui ne fait pas vraiment honneur à Benjamin, malgré son dévouement auprès des malades.

L'histoire s'inscrit dans un cadre impressionnant et sauvage de grand nord. Elle est également ponctuée de détails historiques, tels que la présence d'un cercueil en réserve au grenier, ou ces sorcières que l'on guette à la Pentecôte.

Sans être un coup de coeur, ce roman m'a beaucoup plu. Il a le mérite de livrer des personnages complexes, attachants malgré leurs faiblesses.

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215 p

Herbjørg Wassmo, L'Héritage de Karna, T1, Mon péché n'appartient qu'à moi, 1997

22/12/2016

Knut Hamsun, Victoria

hamsun_victoria_hd.jpgCela fait plusieurs années que ce roman attendait dans ma PAL. J'avais été séduite par le titre et la couverture et avais eu envie de découvrir un classique norvégien, moi qui ne connaissais pas bien la littérature nordique de façon générale. Et voilà que ce Décembre nordique m'a enfin incitée à le sortir de ma bibliothèque - cela faisait longtemps que je tournais autour mais, amis (blogo)lecteurs, vous savez ce que c'est que d'avoir une PAL galopante !

Victoria est la fille du châtelain. Depuis son enfance, elle connaît Johannes, fils du meunier. Ils partagent certains jeux mais un monde les sépare : les fréquentations des enfants du château ne voient en lui qu'un pouilleux bon à leur rendre quelques services, certainement pas à partager leurs activités. Le ton est donné lorsque Johannes, très fier, a ramassé beaucoup plus d'oeufs que les enfants de la ville. Alors qu'il veut les donner à Virginia, le jeune Otto met en doute la propreté de la casquette dans laquelle les oeufs ont été stockés. Et triste, humilié, Johannes part remettre les oeufs là où il les avait trouvés. Première scène hautement symbolique, bouleversante grâce à une plume d'une efficacité redoutable : il y a économie des moyens ; Hamsun s'en tient à des faits marquants, quelques paroles et gestes très évocateurs permettant de suite de saisir les relations entre les personnages ainsi que l'intensité des émotions qui les habitent.

Victoria et Johannes grandissent et ne se voient pas pendant plusieurs années mais, à la manière des grandes histoires d'amour classiques de la littérature, leur passion faite de non-dits traverse le temps. Malheureusement, Victoria s'est fiancée à Otto, devenu officier - mais toujours aussi antipathique. Et, à la manière des grandes tragédies, les évènements s'enchaînent avec ironie, semblant tout faire pour empêcher les deux jeunes gens de se retrouver. Outre l'histoire aux allures de fable et la plume élégante de Knut Hamsun, ce roman marque par le regard acéré porté sur les inégalités sociales de l'époque. Johannes devient un écrivain réputé. Cela fait de lui un homme intéressant et courtisé mais au château, sa naissance humble prévaut sur sa renommée durement acquise. Le fils du meunier ne saurait être digne des enfants du châtelain.

Une très jolie découverte qui me donne envie de lire d'autres textes de Hamsun - qui a eu le Nobel de Littérature en 1920.

124 p

Knut Hamsun, Victoria, 1898

  

*****

Mais le 22 décembre...

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c'est surtout une journée spéciale, puisque Baby Lou devenue Petite Lou fête déjà ses trois ans.

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05/12/2016

Katarina Bivald, La Bibliothèque des Coeurs cabossés

bivald_La-bibliothèque-des-coeurs-cabossés.jpgJ'ai beaucoup hésité avant de lire ce roman de Katarina Bivald, D'un côté, le rapport aux livres et aux amoureux des livres m'attirait. De l'autre, je craignais un roman très léger, voire une bluette sentimentale, ce qui n'est pas ma tasse de thé en général.

Comme vous pouvez le constater j'ai finalement tenté ma chance et ne regrette pas le voyage.

Le récit commence par une situation assez improbable : jeune libraire suédoise au chômage depuis peu, Sara entretient une correspondance avec Amy, vieille dame vivant à Broken Wheel, bled paumé - voire mourant - de l'Iowa. Toutes deux ont en commun l'amour des livres. Sur l'invitation d'Amy, Sara débarque à Broken Wheel pour des vacances... mais elle arrive juste après le décès de son amie épistolaire. Qu'à cela ne tienne, les habitants de cette bourgade unie considèrent de leur devoir d'accueillir Sara comme leur invitée. Elle loge ainsi chez Amy, se voit attribuer un chauffeur personnel, ne peut jamais payer ses consommations ni ses achats. Se sentant redevable, Sara décide d'ouvrir une librairie avec les livres d'Amy, pour partager avec les habitants de la ville le bonheur de lire. Ce qui n'est pas gagné d'avance. En parallèle de tout cela, parmi le groupe d'habitants qui régentent la vie de leurs voisins ou se trouvent embarqués contre leur gré dans des plans divers et variés (souvent incongrus), se détache Tom, le bel Américain avec qui Sara est destinée à vivre une grande histoire - ce n'est pas vraiment un spoiler, c'est évident dès la première rencontre. En ce sens, le livre reprend des schémas bien classiques.

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Photos Copyright MyLouBook : un livre à lire au coin du feu ou dans son bain !

Voilà un "feel-good novel" qui se lit rapidement, facilement et avec plaisir. Mon exemplaire est constellé de post-its, qui concernent essentiellement les passages sur les livres, la lecture ou les lecteurs. Pourtant ce livre n'est pas parfait et tombe selon moi dans quelques travers des romans guimauve dont je ne raffole pas.

J'ai beaucoup apprécié la clique un peu ridicule qui entoure Sara à son arrivée à Broken Wheel, en dépit des clichés : la femme célibataire ultra impliquée à l'église et dans la ville, le couple gay, la matrone qui tient un snack... les scènes qui les concernent ne manquent pas d'humour et leurs projets fous, parfois grotesques pour la ville m'ont bien fait rire. En revanche, il faut bien l'avouer, je n'avais pas grand-chose à cirer de l'histoire d'amour naissante compliquée-mais-qui-doit bien-finir de Tom et Sara. 

En ce qui concerne les livres et la librairie, j'ai savouré l'atmosphère créée, l'hommage à la lecture, qui peut changer la façon de penser des lecteurs lorsqu'ils ont eu un déclic. Il était douillet d'entrer dans la librairie, d'imaginer ses rayonnages et de s'inviter sur le vieux fauteuil à proximité des piles de bouquins. L'éclectisme des lectures de Sara et Amy m'a également plu, même si quelques rares commentaires m'ont fait grincer des dents (Austen considérée comme de la bonne chick lit et un commentaire sur les classiques que je n'arrive plus à retrouver). De façon générale, c'est un livre fait pour dorloter les amoureux des livres et leur donner le moral. Cryssilda parlait de lecture "humaine et divertissante", ce qui résume très justement la chose.

Au final, j'ai passé un chouette moment avec ce roman mais ne sais pas encore si je me laisserai tenter par le deuxième livre du même auteur, qui m'a l'air de pencher dangereusement du côté chick lit et livre doudou un peu cliché... je ne suis pas sûre qu'il soit fait pour moi !

Lu dans le cadre de la LC Katarina Bivald du challenge Décembre Nordique et Challenge Feel Good de Soukee.

512 p

Katarina Bivald, La Bibliothèque des Coeurs cabossés, 2013

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01/12/2016

Challenges de Décembre

Cette année, mon mois de décembre sera essentiellement rythmé par deux challenges :

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Décembre Nordique de Cryssilda. Pour l'instant j'ai lu trois romans et un album jeunesse, mais j'espère bien continuer mes lectures dans les semaines à venir ! Et pour continuer dans l'esprit nordique, un mini swap est en cours !

Logo_il etait quatre fois noel_Chicky Poo_2016.jpgchallenge decembre nordique,challenge il était quatre fois noël

Et de nouveau, le challenge Il était quatre fois Noël de Chicky Poo et Samarian...

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... ainsi que le challenge Christmas time de Mya Rosa.

Cette année, je profiterai surtout de ma participation à ces deux challenges pour présenter des lectures partagées en famille.

Bons challenges aux participants...

... et bon mois de décembre !