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16/01/2013

Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer

Julie-Otsuka-Certaines-navaient-jamais-vu-la-mer.pngVoilà un roman qui connaît un succès certain en ce moment ! A mon tour de vous parler de Certaines n'avaient jamais vu la mer, beau roman de Julie Otsaka grâce auquel j'ai eu un aperçu d'un pan de l'Histoire qui m'était méconnu.

Au début du XXe, un bateau quitte le Japon pour les Etats-Unis. A son bord, des femmes promises à un mari inconnu et à une vie loin des leurs. Toutes serrent dans leurs mains les portraits et lettres envoyés par leur fiancé. Pleines d'espoir, elles se réjouissent de pouvoir mener une vie meilleure aux côtés d'un homme à qui la réussite tend les bras. A l'arrivée, le constat est tout autre mais il est trop tard pour rebrousser chemin : les photos ont été prises il y a des années, les hommes ont des métiers difficiles, n'ont parfois pas de toit. A la première nuit qui angoissait la plupart (vierges, certaines très jeunes) s'ajoute la perspective d'un métier harassant et d'un avenir plus sombre que celui qui les attendait chez elles. C'est le parcours de ces femmes que nous suivons à travers ce roman, qui fait défiler les années au rythme de quelques chapitres consacrés à une thématique particulière : le voyage, l'arrivée, la maternité puis la menace de la guerre contre le Japon, qui vient bouleverser une fois de plus leur vie, des années après leur arrivée. Dès lors, l'intégration qui n'en était qu'à ses balbutiements n'est plus possible. Bientôt les Japonais ainsi que leurs enfants nés américains sont dans la ligne de mire du gouvernement.


Julie Otsuka a privilégié une construction de roman audacieuse, prêtant sa plume à de nombreuses voix, celles de toutes ces immigrantes au parcours varié, aux espoirs plus ou moins déçus, aux destins parallèles émaillés de points communs. Ainsi, les phrases courtes s'enchaînent ; à chaque nouvelle phrase, une nouvelle narratrice. Le tout s'articulant très bien et formant un ensemble riche, laissant au lecteur de multiples impressions. Quant au sujet, il est en soi passionnant, car il pose les questions de l'intégration et de l'acculturation, de l'appartenance à un pays, souvent complexe. (Je préfère le titre anglais, the Buddha in the Attic, plus évocateur bien que moins poétique – le titre français est extrait du premier chapitre). Sur les camps d'internement japonais voici un article pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus. 

Les billets de Titine, Mrs Figg, Dominique, Malice, Jérôme, Dasola,...

Un grand merci à Bénédicte des Editions Phébus pour cette lecture encore une fois pleine d'intérêt !

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142 p

Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, 2011