05/12/2010

Une touche de magie

nicoletta_cover.jpgHier en commençant mes achats de Noël, j'ai passé un certain temps à feuilleter quelques albums et beaux livres, ce qui m'a fait penser de nouveau à Beautiful Nightmares dont je voulais vous parler.

Très bel album où les petites filles jouent à des jeux inquiétants, où les princesses ont un l'air mélancolique, où la féérie n'exclue pas une touche de morbidité. Un univers magnifique et étrange, dont on perçoit d'abord la beauté avant de fixer son attention sur quelque détail insolite, parfois dérangeant. Un monde à la Alice au Pays des Merveilles, où merveilleux et monstruosité vont souvent de pair.

Ce livre regroupe la plupart des travaux de Nicoletta Ceccoli, sous plusieurs chapitres :

"Babes of Toyland" (mon préféré), petit bonbon acidulé aux tons pastels, grâce auquel on peut pourfendre un attaquant imaginaire puis se promener dans une forêt de sucettes ou de bonbons.

 

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"Beautiful Nightmares" nettement plus sombre et mélancolique, où les contes et légéndes de notre enfance sont détournés, telle cette princesse qui ci-dessous se retourne contre son prince charmant.

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"Water girls", un curieux rêve éveillé où il n'est point besoin d'eau pour voir danser les poissons.

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"Forbidden Fruit", qui conjugue peut⁻etre davantage que les autres chapitres tentation, érotisme et insolite.

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"Weird and Wonderful" où les personnages ont une morphologie des plus curieuses, les petites filles se faisant araignée, octopus, souris ou oiseau (parfois en cage).

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Un grand merci aux éditions Venusdea qui m'ont fait découvrir cet album de Nicoletta Ceccoli, alors que je ne connaissais que quelques-uns de ses dessins.

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Nicoletta Ceccoli, Beautiful Nightmares, 2010

20/08/2009

Monster & co

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Amis lecteurs, amis mélomanes,

Vous aimez les dépaysements passagers ? Vous n'avez pas froid aux yeux ? Alors peut-être aimerez-vous partir en voyage autour du Lac aux Vélies, dont l'atmosphère chargée de mystère est faite pour dérouter les aventuriers qui se risquent à la découvrir.

Conte musical mis en images, Le Lac aux Vélies est déjà en soi un objet tout indiqué pour les amateurs de beaux livres ; il est composé d'un bel album de format horizontal (papier épais, couverture cartonnée épaisse elle aussi) et d'un CD inclus dans un livret très soigné et agrémenté de quelques dessins.

Il est question dans ce conte de Günel, personnage monstrueux et fantastique issu du « croisement des souffles d'un dieu fou et d'un mourant venu pleurer au pied du grand arbre Sladinji ». Attiré par des pleurs alors qu'il vit accroché aux parois d'un arbre depuis toujours, Günel décide de quitter son inconfortable matrice pour rejoindre un monde que l'on pressent désolé. A sa sortie, Günel découvre une femme, Milenaz et, voulant l'embrasser, ne fait que lui briser le nez et les dents. La faisant fuir par la même occasion.

Chantée en « klokobetz », langue inventée par Nosfell, et écrite en version bilingue (klokobetz-français), l'histoire est empreinte de mélancolie.nosfell_lac_velies2.jpg Le personnage effrayant détruit tout, sa quête de l'amour se traduisant par des morts brutales et des gestes maladroits aux conséquences fatales. Morbide et infiniment triste, tel est le sort de Günel. Morbide, c'est aussi l'adjectif qui convient le mieux aux corps dessinés, tourmentés, difformes, anormaux et passablement inquiétants qui peuplent l'album. L'imaginaire prend tout son sens avec ce conte qui n'est pas sans rappeler les contes classiques souvent cruels, tout en inventant un univers bien à part.

Le Lac aux Vélies ne s'adresse pas aux enfants (s'il fallait encore le rappeler étant donné le cadre glauque). C'est un récit qui offre de nombreuses pistes de lecture, allant de la simple curiosité littéraire au texte symbolique traitant d'amour, d'égoïsme, d'altruisme, de sexualité, du rapport complexe aux autres, pour ne citer que quelques aspects.

Une ambiance un peu trop sombre et oppressante à mon goût, mais j'ai savouré les textes finement ciselés et le design très travaillé, parfaitement accompagnés par la musique (évidemment, pas très gaie elle non plus).

On en parle très bien ici (un article qui dit sensiblement la même chose, mais de façon bien plus détaillée).

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Editions Futuropolis

Nosfell & Ludovic Debeurme, Le Lac aux Vélies, 2009

13/03/2009

Premier amour suivi de guerre (et paix ?)

bd dimitri bogrov.jpgAmis lecteurs,

Plongée en ce moment dans un roman (tout en lorgnant sur North and South), je suis d'une lenteur infernale. A qui la faute ? Eh bien je dirais peut-être à Fashion, Stéphanie et Lilly qui semblent avoir déclenché chez moi une sorte de frénésie depuis le swap Saint Valentin. Plus probablement, je suis la seule responsable de ces soirées passées à voir des comédies romantiques et des adaptations d'Austen, Gaskell et Forster – j'avoue (hier soir Mr Lou et moi avons vu le dernier DVD en attente ; il était soulagé jusqu'à ce que je lui annonce qu'on allait nous envoyer mon adaptation de la BBC de Pride and Prejudice dans quelques jours – oui oui je suis impitoyable, d'autant plus que mon cher et tendre commence à faire une allergie au symptôme Colin Firth). Bref, n'étant d'habitude pas très fleur bleue je tente de compenser un peu (j'avais même accepté de mettre le match FC Barcelone – O. Lyon mercredi, mais la télé espagnole ne le retransmettant pas, nous nous sommes rabattus sur Love Actually). Par le plus pur des hasards, la bande dessinée dont je vais vous dire quelques mots est aussi une histoire d'amour mais cette fois-ci, beloved readers, je vous assure qu'il s'agit d'un pur hasard.

Avec Dimitri Bogrov, nous plongeons en 1911 dans une Russie au climat politique agité. Les opposants au Tsar restent nombreux, des attentats sont prévus et les réunions clandestines sont étroitement surveillées par la police.

Jeune avocat issu d'une famille de juristes très aisée, Dimitri Bogrov fait la connaissance de la jeune Loulia : déconcertante, la demoiselle a la répartie facile et des manières originales qui séduisent immédiatement notre héros. Lorsqu'il cherche à la revoir, Dimitri découvre qu'elle est la cousine d'un opposant au pouvoir très actif et bien connu des services de police. Et visiblement, le petit groupe prépare un attentat.

C'est un album très personnel puisqu'il a été inspiré à Marion Festraëts par ses origines et son histoire familiale.

J'ai apprécié cet album avec lequel on passe un bon moment, malgré le contexte assez sombre et un premier épisode dramatique qui nous suit pendant toute la lecture – mais que je ne vous révèlerai pas ! Le scénario m'a semblé un peu léger et certaines répliques assez plates. L'histoire est tout de même intéressante, tout comme l'épilogue revenant sur cette période de l'histoire que je ne connaissais pas du tout (enfin, ce n'était qu'un vieux souvenir de cours). La force de cet album tient au dessin, que j'ai réellement adoré. Très différentes du type de graphisme assez net qu'on attend souvent en ouvrant une bande-dessinée, les illustrations m'ont séduite par le travail des couleurs, les contrastes, les traits de crayon apparents. Les planches sont tour à tour dans des tons rouges, bleu froid ou pastels, faisant toujours allusion à un univers : la révolution qui gronde, les nuits froides de Russie, le cocon familial.

Tamara a également apprécié cet album (et parle aussi de ces couleurs si particulières).

128 p

Dimitri Bogrov, 2009

 

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Et maintenant parlons de choses sérieuses (ça arrive). Dans un élan fougueux, j'ai décidé d'organiser un tirage au sort pour vous permettre de gagner une bande dessinée au choix parmi ces deux titres : Dimitri Bogrov ou Le Réveil du Zelphire (lu la semaine dernière et pour faire court mes amis, c'est très chouette).

NB le 14/03/2009, pour les petits étourdis : vous pouvez recevoir AU CHOIX une de ces DEUX BDs (et non uniquement Dimitri Bogrov).

Pour participer, il vous suffit de :

- Répondre à la question stupide que je suis sur le point de poser avant le 16 mars à 23h59.

- M'envoyer un mail avec votre réponse (qui sera publiée sur mon blog lors de l'annonce du nom du petit chanceux qui repartira avec une bande dessinée). L'email : myloubook[at]yahoo.com

- M'indiquer dans ce mail quel album vous souhaitez recevoir.

- C'est tout !

Ayant envie de joindre l'agréable à l'agréable (oui oui), je vais vous demander tout simplement d'imaginer une réponse farfelue, drôle, pragmatique, etc à la question métaphysique suivante :

Dans Bridget Jones, un acteur méconnu - et il faut le dire, tout à fait transparent - porte un pull immonde au motif improbable. Pourquoi arborer un renne en particulier et avoir un pull aussi laid ou encore pourquoi lui a-t-on offert cette chose ridicule ?

(n'hésitez pas à vous éloigner du film pour répondre)

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