07/02/2012
Happy birthday Mr Dickens !
Je ne sais même pas comment commencer ce billet, à vrai dire je sens déjà qu'il sera aussi intéressant que le discours de la crevette quand la marée monte mais si je ne le fais pas maintenant, je ne vous parlerai jamais de la magnifique biographie de Charles Dickens par Jean-Pierre Ohl.
J'ai pris tant de notes, décoré mon exemplaire de tant de post-its à la lecture que je pourrais tout aussi bien écrire un billet sans fin. Coupons la poire en deux : j'évoquerai surtout ici quelques aspects de la personnalité de Dickens qui m'ont paru particulièrement intéressants.
Cette biographie suit de façon assez classique le parcours de Dickens au fil des années, mêlant son histoire personnelle à son travail et indiquant ainsi en quoi tel ou tel événement marquant a eu une influence sur ses écrits. Sur la vie personnelle de l'écrivain, Ohl cherche à se montrer objectif et ne porte pas de jugement ni ne se prononce lorsqu'il s'agit de définir la nature de ses relations avec l'actrice Ellen Ternan ou ses deux belles-soeurs, qui ont finalement sans doute davantage compté pour lui que sa femme. Du moins c'est ainsi que je l'ai perçu, d'autant plus que Dickens est lassé des multiples grossesses de son épouse et sera d'ailleurs un père autoritaire et dur, sans doute pour éviter chez ses enfants l'échec de son père et de ses frères, assistés financièrement.
Le livre s'achève ainsi sur le Mystère d'Edwin Drood et recense les différentes hypothèses émises quant à la nature de la disparition de Drood et à l'éventuel assassin ; j'étais en pleine lecture de ce roman inachevé lorsque j'ai lu ce dernier chapitre qui a apporté un éclairage nouveau sur les personnages, à commencer par Jasper en qui on pouvait peut-être voir un Jasper-Hyde avant l'heure. Un chapitre particulièrement passionnant (j'ai évoqué quelques suppositions dans mon billet sur Edwin Drood), mais ce constat pourrait s'étendre à l'ensemble de cette biographie.
Ohl insiste beaucoup sur les paradoxes qui caractérisent Dickens : son intérêt pour les malheureux oubliés par la société mais son manque d'empathie lorsqu'il est vraiment confronté au peuple tel qu'il est en réalité (Ohl parle de sa « croisade grotesque contre les musiciens de rue qui jouent sous ses fenêtres ») ; la tentation du dandysme lorsqu'il est jeune, sa volonté farouche de réussir sur le plan social et sa critique de la bourgeoisie ; ses espoirs lors de l'avènement de la reine Victoria, ses convictions fortes (ainsi Oliver Twist est un « brulôt » en réponse à la nouvelle Poor Laws) mais son aversion pour toute forme de politique ou d'organisation pouvant justement mener à bien les réformes qui lui tiennent à coeur. Curieusement, alors que Dickens est un gentleman « éclairé », sensible aux progrès sociaux qui doivent impérativement voir le jour sous le règne de la jeune reine Victoria, Dickens est comme beaucoup de ses contemporains fortement conservateur sur certains sujets : ainsi il dresse un portrait bien peu flatteur des Juifs dans ses romans (tel Fagin dans dans Oliver Twist), même s'il prend conscience de son erreur et tente de rétablir un semblant de vérité en dressant bien maladroitement le portrait d'un Juif exemplaire à la fin de sa vie, dans l'Ami commun (à ce sujet, un autre texte en ligne) ; de même il se prononce en faveur de la répression suite à une révolte des Noirs en Jamaïque.
Avec beaucoup de facilité, Ohl nous captive, fait vivre devant nous un Dickens bien réel, parfois antipathique mais fascinant, tout en faisant en sorte de nous donner envie de lire tous ses romans, y compris ceux dont il a relevé les faiblesses. Ce texte est si dense qu'il me faudra sans doute le relire plusieurs fois pour mieux appréhender la genèse de l'oeuvre de Dickens, mais c'est sans aucun doute avec plaisir que je relirai ces passages. Ce livre apportera un éclairage intéressant à ceux qui ont déjà lu les romans de Dickens et constituera sinon pour les autres une clef d'entrée idéale pour les guider dans l'étonnant monde dickensien.
Pour une autre biographie de Dickens adaptée à un jeune public, je vous recommande le livre de Marie-Aude Murail (un régal) ; quant à Jean-Pierre Ohl, son roman Les Maîtres de Glenmarkie est un des romans français que je préfère, si vous ne l'avez pas lu je vous recommande très fortement de le faire (non ce n'est pas une hache que je cache derrière mon dos au cas où vous douteriez encore de l'intérêt de cette lecture, je suis persuadée que nous n'avons pas besoin d'en arriver là).
Aujourd'hui Charles Dickens fêterait ses 200 ans. Elles le fêtent aussi : Cryssilda avec Les Chroniques de Mudfog (j'étais passée à côté de ce texte mais mon édition était aussi plein de coquilles), Karine:) et Titine avec cette biographie de Jean-Pierre Ohl... mais aussi depuis Isil, Kikine, Sabbio, Mélodie, Ellcrys, Allie, DeL ...

286 p
Jean-Pierre Ohl, Charles Dickens, 2011

04/02/2012
Holmes ? Such nonsense !
Je voulais parler ici de meurtres entre soeurs anglaises, lire enfin le roman de Tash Aw, passer des heures à me prélasser sur mon canapé, mon pc sur les genoux et une delicious cup of tea à portée de main, mais le manque de temps me fait privilégier les sorties cinéma de week-end et parler de films hautement intellectuels.
Pour lutter contre le froid, j'ai opté cet après-midi pour une petite escapade en compagnie de Guy Ritchie et de son nouveau Sherlock Holmes, A Game of Shadows. La semaine dernière j'avais déjà passé un moment assez improbable en compagnie de William Shakespeare, mais je vous raconterai ça d'ici quelques jours. Cette fois-ci, comme le titre le journal Marianne (article croisé sur le Net), j'ai vu Sherlock Holmes version grosse baston ou, ajouterais-je, version tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi). J'avais été très bon public lors de la sortie du premier Sherlock, ne connaissant de Ritchie que son video clip publicitaire avec Madonna. J'espérais une suite un peu originale mais j'ai l'impression d'avoir vu une version infiniment plus caricaturale, définitivement moins subtile et positivement grotesque du premier opus (pour ceux qui ont déjà frémi la première fois, je conçois le caractère quelque peu inquiétant de mes propos). Pour résumer, c'est la même chose, sans beaucoup d'inventivité, le tout assaisonné d'un humour bien lourd.
On retrouve les ressorts de tout bon “navet d'action”. Sherlock sauve son ami, évite une guerre mondiale, saute dans des chutes d'eau mais ne meurt pas, suivant un scénario servi par la grâce exquise du réalisateur. Réalisateur qui ne peut s'empêcher de ressortir de son placard les ralentis avant vraie castagne. Mais si je me suis un peu ennuyée pendant ces passages (oui encore une fois je trouve ce type de scène follement soporifique), je n'ai pas été déçue du voyage...
J'ai ainsi découvert : que Sherlock avait un penchant pour les vêtements féminins et le maquillage (la question de la nature de sa relation avec Watson étant évoquée avec beaucoup de finesse) ; que lorsqu'il ne pouvait pas s'habiller en femme il adorait les déguisements ridicules (notamment longue barbiche et grosses barbes – Shakespeare et son faux nez à moustache est en comparaison la discrétion même dans Anonymous) ; qu'il buvait du formol (rien de plus naturel) et mettait des combinaisons de camouflage entre sous-vêtements victoriens et pyjama moulant. Quant à Stephen Fry, vous ne le verrez plus du même oeil après l'avoir découvert (tout nu) en Mycroft Holmes. On ne mentionnera pas la liste complète des aberrations et scènes peu crédibles, il faudrait pour ça copier presque intégralement le scénario ici. Les décors (Paris, Londres, Strasbourg...) et les acteurs sont exquis, mais ce film montre bien l'importance du réalisateur, sans qui les meilleurs ingrédients peuvent se transformer en plat bien fade.

(Voilà qui peut compter pour la prochaine séance des Victorian frogs, au cas où j'aurais besoin d'un plan B)
Sur ce blog : le premier Sherlock Holmes de Ritchie. Une autre version hallucinée de Holmes dans L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Et de Doyle : Le Pacte des Quatre.
Vu dans le cadre du challenge Back to the Past organisé avec Maggie.

Sherlock Holmes A game of Shadows, un film de Guy Ritchie (2011)

21:07 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : sherlock holmes, guy ritchie, robert downey jr, jude law, stephen fry, a game of shadows, xixe, londres, londres xixe, londres victorienne, époque victorienne, angleterre, angleterre victorienne, arthur conan doyle
18/01/2012
Exposition universelle et steampunk
Voilà un film d'animation que je voulais voir depuis un moment et malheureusement, une déconvenue. M'intéressant beaucoup à l'époque victorenne (vraiment ? vous ne l'auriez jamais deviné !), je suis attirée depuis un certain temps déjà par les romans fantastiques inspirés de l'époque et parmi eux, les romans steampunk. Il y a quelques mois, j'ai découvert par hasard l'existence de Steamboy, film d'animation ayant pour cadre l'exposition universelle de Londres.

Ray Steam est fils et petit-fils d'inventeurs brillants, dans un monde où les technologies à vapeur progressent sans cesse et les scientifiques se livrent une compétition rude. Lorsque le film commence, Ray vient de recevoir une boule à vapeur surpuissante que son grand-père lui demande de remettre au professeur Robert Stevenson. L'objet en question est en réalité convoité par plusieurs scientifiques et, du début à la fin, la question sera de savoir à qui confier cette boule et dans quel but. Car Ray déchante rapidement : lui qui est brillant et plein d'illusions se rend rapidement compte des motivations des hommes qu'il croise, à savoir l'ambition, la soif de pouvoir ou d'argent. Stevenson et le père de Ray (défiguré à la suite d'une expérience) se battent pour développer les meilleures technologies militaires et n'hésitent pas à profiter de l'exposition pour montrer les terribles machines qu'ils sont parvenus à développer.

Le sujet pourrait être intéressant mais j'ai trouvé le scénario léger et le film d'une lenteur épouvantable. Les scènes d'action s'enchaînent à n'en plus finir et je dois avouer que je trouve ce genre de film d'un ennui mortel. Les personnages ont la psychologie d'un poisson rouge sous laudanum, entre les vilains méchants voulant asservir le monde mouah ahahah et les rares gentils intelligents et courageux qui se doivent de triompher à la fin. Le seul personnage féminin un peu développé est la petite Scarlet, petite-fille d'industriel odieuse à force d'être gâtée, très drôle et parfois étonnante dans ses réactions (voyant que les machines guerrières détruisent tout sur leur passage sans savoir que l'entreprise avait envisagé de faire une telle démonstration de force, elle ordonne simplement avec autorité à son habituel souffre douleur de ne pas perdre cette guerre... alors qu'on aurait pu imaginer qu'un tel événement la bouleverserait et la ferait évoluer). Mais à part la petite peste Scarlet et quelques beaux paysages londoniens, que de machines, de vapeur et d'explosions ! Quant à l'esthétisme je suis assez partagée, ayant trouvé les personnages assez basiques (on aurait dit les mangas que je regardais il y a près de 20 ans) et le tout un peu sombre.

Bref, j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu ! Mr Lou lui, a un peu plus apprécié, ayant mieux résisté à la surdose de testostérone (mais il n'en attendait pas grand-chose, si ce n'est un nouveau “navet” victorien).


Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo (2004)

22:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : steamboy, manga, film japonais, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, londres, londres victorienne, londres xixe, exposition universelle de londres
02/01/2012
Mystère victorien à Cloisterham
Si Le Mystère d'Edwin Drood ne compte pas parmi les romans de Dickens qui me tentaient le plus, j'ai souvent hésité à le lire afin de pouvoir enfin profiter des “drooderies”, variations diverses et variées sur le thème d'Edwin Drood, à commencer par le premier roman de Jean-Pierre Ohl (dont j'ai savouré avec un bonheur immense Les Maîtres de Glenmarkie à sa sortie), mais aussi L'Affaire D, repéré il y a quelques années et, plus récemment, Drood de Dan Simmons. J'espérais lire une ou plusieurs de ces suites au roman inachevé de Dickens pendant le mois anglais mais j'ai sans doute péché par excès d'optimisme à ce sujet. En revanche, j'ai enfin lu le fameux Mystère d'Edwin Drood qui a tant fait couler d'encre !
L'histoire débute à Cloisterham, petite ville tranquille en Angleterre : Edwin Drood, neveu bien-aimé de Jasper, vient rendre visite à son oncle et à la jolie Rosa Budd, orpheline. Tous deux sont fiancés depuis la naissance en raison des liens d'amitié qui unissaient leurs parents ; leur mariage s'approche et les deux jeunes promis ne cessent de se chamailler... cette union qui leur a toujours été présentée comme une évidence laisse peu de place aux sentiments et c'est le coeur plein de doutes que Rosa et Edwin semblent se résigner. A la même époque, le chanoine Crisparkle accueille chez lui le jeune Neville Landless (dont la soeur deviendra l'amie intime de Rosa au pensionnat). Ce jeune homme venu d'Inde, cet orphelin au tempérament violent s'éprend de Rosa et conçoit immédiatement des sentiments peu charitables envers Edwin, indigne de Rosa selon lui. Et il faut bien avouer qu'Edwin n'est guère attachant. Ce jeune citadin sûr de lui est assez agaçant et c'est avec un certain soulagement que j'ai appris sa disparition. Dès lors, la question est posée : Edwin Drood s'est-il absenté sans prévenir quiconque ? A-t-il été tué ? Et si oui, doit-on accuser le jeune Neville, comme semble le penser Jasper, oncle effondré ? Ou faut-il écouter l'instinct de Rosa qui, la première, commence à soupçonner Jasper, qui est amoureux d'elle et lui a toujours inspiré du dégoût ?
Dickens étant décédé au milieu des livraisons prévues, nul ne saura jamais le fin mot de l'histoire ; pourtant les thèses ne manquent pas. Dans sa très intéressante biographie de Dickens, Jean-Pierre Ohl met notamment en avant une hypothèse intéressante : le coupable serait Jasper mais il serait atteint d'un dédoublement de la personnalité, d'où son comportement étrange, ses tirades inquiétantes et son addiction à l'opium. J'aime cette thèse faisant de Jasper un personnage plus inquiétant mais aussi plus humain, et ce plusieurs années avant la publication Dr Jekyll & Mr Hyde. Les arguments avancés par Ohl pour soutenir cette thèse me semblent intéressants ; il évoque notamment le fait que Dickens se soit vanté d'avoir trouvé une idée nouvelle (on écarterait alors par exemple le retour du héros, vivant finalement), son intérêt grandissant pour les personnages ambigus et doubles. J'ai repensé à divers passages qui m'avaient troublée à la lecture et avec cette thèse, les différents éléments du puzzle semblent se rassembler de manière plutôt satisfaisante. Ce serait en effet une issue originale, inédite à l'époque, alors que Dickens avait déjà largement usé des différents ressors du roman à sensation.
Je ne peux pas vraiment dire que cette lecture m'ait totalement enchantée en soi mais les questions qu'elle soulève et les pistes de lecture qu'elle m'apporte lui donnent un nouvel intérêt. Certains passages sont par ailleurs savoureux, de même que des personnages plus ou moins secondaires tels Durdles, tailleur de pierre qui passe des heures entières dans la crypte de la cathédrale, Mr Sapsea, imbécile se délectant de sa son génie ou encore Mr Grewgious, homme de loi au bon fond mais peu doué pour les relations humaines. On sent que Dickens s'est amusé à les créer et c'est pour le lecteur un vrai délice que de découvrir leurs petits travers décrits par la main du grand écrivain.
A propos de Drood : Le contrat, signé avec Chapman et Hall au cours de l'été, contient une clause particulière pour le cas où Drood resterait inachevé et limite la taille de l'oeuvre à douze livraisons mensuelles au lieu des vingt habituelles : c'est-à-dire si Dickens sent l'urgence de la situation... (p 260 – biographie de Charles Dickens par Jean-Pierre Ohl).
Lecture commune autour de Dickens, partagée avec : Cryssilda, Titine, Karine, Eliza, Perséphone.
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune autour d ). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

Charles Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood, 1870


22:05 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : charles dickens, le mystère d'edwin drood, roman victorien, roman anglais, roman xixe, angleterre xixe, angleterre victorienne, londres, londres xixe, londres victorienne, roman policier, policier historique, edwin drood, mois anglais, challenge anglais
18/12/2011
Théâtres londoniens au XIXe
Il y a deux ans j'ai découvert un auteur victorien que je ne connaissais pas grâce à Alice, Arthur Symons, à travers un recueil incluant le court texte Esther Kahn.
Il s'agit d'une jeune fille élevée dans une famille juive de couturiers modestes, dont les ambitions la portent vers un autre univers : le théâtre. Bâtissant un film long sur une nouvelle très courte, Desplechin dépeint l'ascension d'Esther Kahn. La première partie insiste beaucoup sur les origines sociales de la jeune fille, avec de nombreuses allusions aux relations tendues qu'elle entretient avec sa mère. Celle-ci lui dit ainsi au début indirectement qu'elle ne fait qu'imiter sa famille mais n'a rien d'humain, puis la traite de vicieuse et l'accuse de pervertir ses soeurs, avec lesquelles elle partage sa chambre. Adorant le théâtre, Esther parvient à convaincre ses parents de l'aider quelques mois le temps de réussir et d'être en mesure de les rembourser. Elle joue des rôles mineurs mais cherche à améliorer son jeu, notamment grâce à un acteur juif plus âgé qui lui donne des cours dans un théâtre vide pendant la journée. Malgré tout, tant qu'elle n'aura pas vécu et notamment, souffert pas amour, Esther ne sera pas en mesure de jouer correctement - c'est du moins ce qu'on lui dit. Elle finit par s'éprendre d'un critique, qui l'abandonne pour une jolie potiche. Brisée, Esther se trouve obligée de jouer alors que son amant vient la provoquer en compagnie de sa nouvelle conquête. Elle excellera ce soir-là en souffrant le martyre. Une étoile est définitivement née, mais à quel prix ?

L'adaptation est assez déconcertante lorsqu'on connaît la nouvelle. A partir d'une trame qui lui sert de fil conducteur, Desplechin extrapole pour nous immerger dans la vie d'Esther Kahn et nous permettre de mieux comprendre ce personnage complexe et insaisissable. L'idée est louable, l'exécution plutôt réussie, malgré des bémols me concernant. J'ai surtout apprécié la reconstitution de l'époque, Londres et ses théâtres (un milieu que je ne connais pas - s'il vous intéresse je vous recommande vivement Que le spectacle commence ! d'Ann Feathertone), certains rôles secondaires (je pense notamment à Ian Holm, jouant l'acteur de troisième zone enrôlé pour servir de caricature aux personnages juifs, et qui donne des cours à Esther).

En revanche la façon dont est traité le personnage d'Esther Kahn m'a moins convaincue. Autant la dernière partie est extrêmement bien menée, lorsque l'on voit Esther dans les coulisses et sur scène, souffrant tant qu'elle veut se blesser et partir avant d'enchaîner finalement les répliques sur scène, autant j'ai trouvé qu'Esther paraissait complètement idiote parfois, avec des réactions bizarres, des regards vides, des grimaces lorsqu'elle est petite et des attitudes étranges plus tard, tout cela donnant à penser qu'elle n'a pas toute sa tête. J'ai été un peu dérangée par cet aspect sur lequel le film insiste beaucoup : un aspect qui met mal à l'aise et qui pour moi n'apporte pas grand-chose au sujet, la façon dont se réalise l'actrice. Dernier point : l'amant d'Esther parle avec un accent français très marqué (le film a été tourné en anglais), ce qui lui ôte toute crédibilité et vient nous perturber. Un film à découvrir sans aucun doute, qui présente de nombreuses qualités mais qui m'a moins plu que la nouvelle dont il est tiré.
Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec les délicieuses Cryssilda et Titine, et du challenge Back to the Past, organisé ici aussi avec ma chère Maggie.

Esther Kahn, un film d'Arnaud Desplechin, 2000

23:13 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : esther kahn, desplechin, arthur symons, époque victorienne, angleterre victorienne, londres, londres victorienne, londres xixe, théâtre, théâtre xixe
17/12/2011
Last Christmas I met the Doctor
Petit souvenir de Noël dernier.
Je suis tombée par hasard le 25 décembre sur trois épisodes de Noël de la série Doctor Who, pour le plus grand plaisir de mon cher et tendre désormais converti, bien plus que moi d'ailleurs (et au grand désespoir du reste des téléspectateurs qui nous entouraient et ont été traumatisés par cette incursion dans le monde halluciné du docteur).

La Prophétie de Noël (2 épisodes - 2009)
Visiblement, il me manquait quelques épisodes pour tout comprendre à cette histoire qui de toute façon m'a un peu ennuyée.
Début de soirée. Le Tardis apparaît dans un vitrail. L'estomac bien rempli, l'esprit un peu embrumé Mr Lou et moi nous exclamons en choeur avec un enthousiasme déconcertant pour notre entourage: “un Tardiiiis, regarde !!!”.
Le générique arrive (ou était-ce juste avant ?). Nous voilà déchaînés, prêts à acclamer Docteur Tennant dès son arrivée. En attendant, nous accompagnons avec enthousiasme le générique : “Ouwiiou ouwiiou”!
Arrive le début. Une prison pour femmes, de grands malades, un peu de menace et là un grand méchant psychopathe revient à la vie grâce au sacrifice de ses disciples (les grands malades en question). S'ensuivent quelques scènes qui achèvent de traumatiser notre entourage : homme électrique qui peut s'envoler et dont on voit le squelette sur fond fluorescent lorsqu'il s'énerve. Summum de l'horreur, sa façon bien à lui de se déchiqueter et de dévorer tout ce qu'il avale.
Je vous ferai grâce de la suite. C'est compliqué.
Sachez tout de même que grâce à Doctor Who, l'humanité sera sauvée (on n'en attendait pas moins de lui). Au passage, le psychopathe qui mange comme un cochon mourra après avoir tenté d'asservir l'humanité et disparaîtront également les Seigneurs du Temps qui auront tenté de faire leur come back (avec à leur tête un Timothy Dalton assez névrosé).
Honnêtement, c'est la fin qui m'a intéressée, lorsque le docteur fait ses adieux aux différents compagnons qu'il a eus avant de se régénérer (séquence émotions - bye bye David Tennant !). Pour le reste, hormis la relation entre Wilfried et le docteur, j'aurais aussi bien pu me remettre au tricot ou sortir un Sudoku.

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Cyber Noël (1 épisode - 2008)
J'étais à deux doigts de renoncer lorsque j'ai vu qu'il y avait un troisième épisode que je ne pouvais absolument pas rater puisqu'il se passait en Angleterre en 1851.
Docteur Tennant débarque à bord de son Tardis. Le voilà en période de Noël, heureux, épanoui, lorsqu'il entend quelqu'un l'appeler et se montre encore plus ravi de cet appel au secour. C'est sans compter sur Rosita, qui le remet à sa place et lui apprend qu'elle n'appelle pas un docteur quelconque mais LE docteur. Car un autre Docteur est bien là, sympathique, enthousiaste et victorien jusqu'au bout des ongles. Pourtant ce nouveau venu semble un peu étourdi. Son Tardis est une mongolfière et ses outils ne sont que des objets quelconques, sans pouvoir spécifique.

J'ai trouvé cet épisode excellent. Deux histoires se déroulent en parallèle : celle du docteur inconnu et du tandem qu'il forme avec Rosita, ainsi que celle de cybermen, qui ont décidé d'asservir le monde entier (pour changer), aidés d'une Victorienne manipulatrice et meurtrière comme les adore Mary Elizabeth Braddon. Beaucoup d'action, de l'humour et un cadre historique qui évidemment n'était pas pour me déplaire ! Un de mes épisodes préférés dans l'absolu (pour l'instant du moins).
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Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine.

19:07 Publié dans Fantastique, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : époque victorienne, angleterre xixe, angleterre, angleterre victorienne, doctor who, noel, noel doctor who, challenge anglais, challenge mois anglais, mois anglais, cyber noel, la prophetie de noel, david tennant
15/10/2011
L'inégalable Cimetière et sa Crypte !
Caché au fond de ma bibliothèque, sur une étagère poussiéreuse regorgeant de romans abandonnés aux tranches décolorées par le temps, sommeillait un étonnant livre aux accents victoriens, Century.
Poussée par la curiosité et toujours en quête de manoirs anglais (avec un petit faible pour les demeures abandonnées, plus à la portée de mon modeste pécule), j'ai suivi la jeune Mercy qui, en propriétaire attentive, n'a pas manqué de me vanter les charmes des lieux. Et moi qui ne possède pas moins de trois propriétés anglaises oubliées, à commencer par un cottage esseulé sur les hauteurs de Haworth, je n'ai pas su résister au charme de cette vieille bâtisse, dans laquelle j'ai posé mes valises la semaine dernière.
Si j'ai été séduite par cette demeure, c'est aussi parce qu'elle annonçait de grandes aventures. C'est donc également munie de mon spectomètre, d'un pic à glace et d'une lampe torche que j'ai fait mon entrée dans Century, domaine où les habitants se couchent avant l'aube et se réveillent après le crépuscule. Un éternel hiver entoure ses jardins, les plantes ne poussent plus, le froid est mordant. Trajan, le père de Mercy, vit enfermé dans une pièce inconnue, ce qui ne manque pas dans une demeure où la plupart des pièces ont été condamnées puis oubliées par leurs habitants. J'ai rencontré mes premiers fantômes, à commencer par un effroyable visage soudain apparu sous la glace d'un lac gelé, alors que j'étais bien décidée à me remettre au patinage (puisqu'il n'y avait pas grand-monde pour me voir, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les patinoires publiques). J'ai subi avec Mercy et sa soeur Charity les fastidieuses leçons de l'austère Galatea (qui semblait décidée à rattraper ce que cinq ans de latin au secondaire n'ont jamais réussi à faire pour moi) et, après deux jours qui m'ont paru une éternité, j'ai suivi Mercy derrière une tapisserie poussièreuse (ce qui, étant donné mon allergie aux acariens, n'a pas été de tout repos). D'un passage secret à un autre, j'ai quitté l'année 1890 pour 1789 (en tant que Française j'étais soulagée d'être bien loin de ma terre natale). C'est là que j'ai découvert qu'un enchantement maintenant Century dans un hiver sans fin, à la suite d'événements tragiques ayant eu lieu un siècle auparavant. Parmi eux, une terrible expérimentation rappelant les laboratoires du docteur Frankenstein et autres scientifiques et alchimistes inquiétants oubliés ou trop éblouis par les Lumières !
Je ressors de ce voyage intrépide enchantée, même si j'ai finalement décidé de quitter Century pour louer un appartement à Londres et suivre Alexia Tarabotti dans sa quête tout aussi mouvementée de la célèbre treacle tart. Et si Century permet de s'arrêter au cimetière pour notre train fantôme, c'est parce que l'une des scènes finales a lieu dans un cimetière familial où une femme enterrée un siècle plus tôt s'extrait soudain de sa fosse, toute couverte de terre mais apparemment en pleine forme. Charming, isn't it ?
A woman under the ice. A ghost. Mercy could see ghosts, the echoes of people who had died.
Avis : Hilde (avec qui j'ai découvert ce livre au hasard d'un petit marché aux livres), Mes imaginaires, Read in a single sitting, Clarabel...

220 p
Sarah Singleton, Century, 2005

Challenge God save le livre : 18 livres lus
03/09/2011
Bienvenue, Willkommen, Welcome
Voilà un roman que j'avais repéré avant sa sortie et sur lequel j'ai finalement jeté mon dévolu récemment, ne pouvant résister aux clins d'oeil répétés que me faisait le charmant gentleman en couverture !
East end, XIXe. Dans un cabaret minable où la jeunesse aisée de Londres vient s'encanailler, la jeune Bessie, actrice, voleuse et prostituée se fait assassiner par un client un peu trop pressant aperçu par deux collègues. S'enchaînent des chapitres écrits par deux narrateurs différents : Corney Sage, humoriste témoin de la scène, et l'assassin, dont on ne tarde pas à connaître l'identité.
Ce récit fait figure d'ovni parmi les Grands Détectives de 10-18, car il s'agit moins à mon avis d'un roman policier (d'autant plus que les romans de la collection que je connais sont des "whodunnit") que d'un roman de mystère à la Sarah Waters (tel que Du bout des Doigts). L'intrigue ne repose pas sur la traque du criminel, mais sur les aventures qui font se croiser le meurtrier et les témoins gênants, qu'il conviendra peut-être d'éliminer. Un bref descriptif qui donne une piètre idée d'un roman très dense où les personnages ne sont pas ce qu'ils prétendent être, où la duplicité caractérise tout un chacun, où l'on pénètre dans le monde du spectacle, croise des gens de tous les milieux... sans compter que l'on voyage en compagnie de nos héros et anti-héros, qui se fuient et se traquent de ville en ville.
Un pur régal que ce nouveau roman victorien chez 10-18 ; un récit haletant, tout à fait impossible à lâcher, et que j'ai quitté à grand regret ! J'ai plongé avec enthousiasme dans un monde que je ne connaissais pas, celui du spectacle, des cirques, des cabarets (souvent miteux) qui faisaient le bonheur des quartiers populaires victoriens. Un livre que je vous recommande sans réserve. Je me réjouis de savoir qu'il y aura une suite !
D'autres avis : Cassiopée, Bonheur de Lire, Nini, Blog Librairie Mollat, Présentation sur le site de la Royal Holloway...

380 p
Ann Featherstone, Que le spectacle commence !, 2009

Challenge God save le livre : 14 livres lus
21:20 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : ann featherstone, que le spectacle commence, walking in pimlico, roman victorian, 10-18, roman historique, londres, londres xixe, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, époque victorienne, spectacle victorien, cirque victorien
11/07/2011
Finding Neverland
L'univers de Peter Pan exerce depuis longtemps une certaine fascination sur moi. J'avoue avoir découvert le personnage à travers l'adaptation très libre de Disney et, si j'ai pu depuis mesurer à quel point cette version était simpliciste et hollywoodienne par rapport à l'oeuvre de Barrie (que j'ai à peine commencé à explorer), je garde un souvenir attendri de cette première rencontre, Peter Pan ayant à l'époque peut-être été mon personnage favori. J'ai depuis lu (il y a quelques années) le récit Peter Pan, mais pas encore la pièce. Je suis également en train de lire un ouvrage sur Peter Pan publié aux éditions Autrement, j'ai lu récemment Le Portrait de Margaret Ogilvy par son fils (dans sa traduction chez Actes Sud) et j'ai commencé à parcourir James Matthew Barrie and the Lost Boys d'Andrew Birkin, qui promet d'être une lecture inoubliable.
Finding Neverland est une version très "romancée" de la rencontre entre James Matthew Barrie et la famille Llewelyn Davies, ainsi que de la genèse de Peter Pan.
Auteur célèbre qui vient toutefois d'essuyer un échec avec sa dernière pièce, James Matthew Barrie est un génie qui a gardé l'âme d'un enfant. Contrairement à sa femme, bien plus soucieuse des convenances, Barrie aime s'échapper avec son chien Porthos et travailler dans les jardins de Kensington. C'est là qu'il fait la connaissance des enfants Llewelyn Davies et de leur mère Sylvia, veuve depuis quelque temps. Entre eux naît une amitié qui comptera rapidement de plus en plus dans la vie de l'auteur, qui s'attache aux enfants et tombe amoureux de la mère. Cette relation devient sans surprise la cible des ragots : Madame Barrie, lasse de vivre seule, trompe son époux puis finit par le quitter, tandis que la mère de Sylvia tente d'intervenir pour sauver la réputation menacée de sa fille.

Ce film assez éloigné de la vérité sur de nombreux points est pour moi un très joli coup de coeur. A vrai dire je l'avais déjà vu il y a quelques années et bizarrement, je m'en souvenais assez peu, hormis les grandes lignes. C'est un film à la structure assez classique ("académique" ai-je pu lire), ce qui peut surprendre compte tenu du sujet. C'est aussi un film grand public, qui saura vous faire rire et vous émouvoir (la fin a de quoi faire fondre en larmes les plus tendres, et peut-être les autres aussi).

Malgré tout, outre le jeu de Johnny Depp (très éloigné physiquement de Barrie mais tout à fait crédible dans ce rôle, tel qu'il a été défini par le réalisateur) et de Kate Winslet, j'ai été très sensible au caractère rêveur de Barrie dans ce film. Je m'émerveillais de voir ce personnage transformer une situation réelle souvent banale en une véritable aventure, sous la forme d'hallucinations. Je pense en particulier au passage où il imagine que la grand-mère des enfants Llewelyn Davies est une sorcière, sur le point de les séquestrer. Un film qui brosse le portrait d'un James Matthew Barrie très humain qui, à la fin du film, ne peut que révéler son impuissance face à la mort lorsqu'il est interrogé par le petit Peter ; pour une fois, Barrie ne peut habiller la réalité pour en faire un monde bien plus exaltant que ce qu'il n'est.

Un film esthétique, touchant, invitant à découvrir davantage l'univers de James Matthew Barrie, et dont je vais garder un souvenir empreint de féérie.
Voici sur Chasing the Frog un article assez concis faisant un parallèle entre le film Finding Neverland et les circonstances de la création de la pièce Peter Pan, ainsi qu'un autre plus détaillé sur le site Awesome Stories.
Avis sur le film : Gatomon, Critikat, Film de culte


Finding Neverland, un film de Marc Forster (2004)


13:57 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, londres, londres xixe, james matthew barrie, finding neverland, johnny depp, kate winslet, marc forster, peter pan, sylvia llewelyn davies
10/05/2011
Will you marry him ?
Mon deuxième billet à la fois pour le challenge Back to the Past et le challenge Oscar Wilde sera consacré à l'adaptation de An Ideal Husband de 1999.
Sir Chiltern (Jeremy Northam) est un jeune membre du Parlement à qui la vie sourit : il a une épouse aimante et tout simplement parfaite (Cate Blanchett), il est riche, bien en vue et de plus en plus influent dans la sphère politique. Le couple est aux yeux de tous un modèle d'intégrité et est notamment régulièrement cité en exemple par le Comte de Caversham à son fils bien indolent, Lord Goring (Rupert Everett).

Mais, en dépit de leur respectabilité apparente, les Chiltern doivent leur fortune à un scandale financier : c'est là qu'entre en scène une bien vile créature (Julianne Moore). Détenant une preuve des malversations de Sir Chiltern, elle le fait chanter, menaçant d'informer la presse de la fraude dont il est coupable, à moins qu'il ne recommande devant le Parlement un projet dans lequel elle a investi une forte somme.

Parallèlement à la descente aux enfers du couple, leur ami Goring a d'autres soucis : son père lui demande de cesser sa vie de débauché et de se marier, enfin !

Un joli film au casting impeccable. L'humour de Wilde, des costumes soignés, des décors dans l'ensemble réussis (si l'on oublie quelques arrières plans peints qui semblent dater un peu !)... au final un costume drama rassemblant à peu près tous les éléments que j'apprécie dans ce type de film, même si je n'ai pas eu le même coup de coeur que celui que j'ai éprouvé en voyant The importance of being earnest, un poil plus abouti et surtout un peu plus fou et original. A noter parmi les cinq principaux acteurs la présence de Jeremy Northam, un acteur que j'avais déjà trouvé excellent dans un autre film d'époque, Emma.
Et la pièce a été lue par : Theoma.
Le billet recap pour laisser les liens vers vos chroniques sur les costume dramas : Back to the Past !
Et le groupe Facebook pour partager vos découvertes, commenter l'interprétation des uns et des autres et (accessoirement) parler chemise mouillée !

An Ideal Husband, un film d'Oliver Parker, 1999

Challenge Oscar Wilde :
Ecrits de Wilde :
An Ideal Husband : Theoma
Lady Windermere's Fan : Titine
The Picture of Dorian Gray : Lou
Les adaptations sur petit et grand écran :
An Ideal Husband (1999) : Lou
Lady Windermere's Fan (1925) : Titine
Et je vous propose une lecture commune coquine pour commencer l'été, avec Teleny (1er juillet)!
22:41 Publié dans Film, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : an ideal husband, un mari idéal, oscar wilde, théâtre, époque victorienne, londres, londres xixe, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, jeremy northam, rupert everett, julianne moore, cate blanchett, minnie driver






































