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26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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17/07/2015

Album Alice au Pays des Merveilles par Anne Herbauts

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album_carroll_alice _herbrauts 02.gifLorsqu'Alice a proposé de rendre hommage à Lewis Carroll et aux 150 ans d'Alice au Pays des Merveilles, j'ai dévalisé la médiathèque qui détient pas mal d'albums autour de ce thème. J'étais curieuse de découvrir d'autres illustrations, même si je suis attachée à l'image classique d'Alice que l'on doit à Tenniel, Rackham puis Disney. J'ai du mal à m'en détacher, alors que j'avais déjà un bel album aux illustrations très différentes quand j'étais enfant. 

album_carroll_alice _herbrauts 03.jpgJ'ai été attirée par la couverture de cet album-ci, illustré par Anne Herbauts, mais je n'ai finalement pas été très sensible à son interprétation d'Alice, malgré toutes ses qualités. Si j'ai trouvé certains personnages assez amusants, comme le lapin, ou encore le dodo, voire le chapelier qui disparaît sous son couvre-chef,  d'autres m'ont peu plu. C'est le cas d'Alice elle-même, de la reine ou du chat, aux visages volontairement schématiques, et dessinés à gros coups de crayon (contrastant avec d'autres personnages aux traits délicats). Même si les illustrations jouent avec le texte et l'accompagnent intelligemment, avec espièglerie parfois, le résultat final m'a semblé un peu triste. Peut-être parce que j'ai eu l'impression qu'une distance s'instaurait entre les personnages et moi. Objectivement, j'ai bien perçu la subtilité de nombreuses scènes et ne remets pas en cause la qualité des illustrations, mais c'est un univers qui ne me touche pas particulièrement. En revanche, les dessins sont très nombreux et accompagnent donc le lecteur tout au long du récit : il me semble que chaque double page a son dessin, voire même plusieurs. Un point fort de cet album en comparaison d'autres sur le même thème.

L'album fait à la fin un clin d'oeil à la très belle et tragique Ophelia de Millais.

A noter que cet album est fidèle au texte d'origine - d'autres opèrent des coupes franches dans le récit ou mélangent allègrement Alice au Pays des Merveilles et de L'Autre Côté du Miroir. Il s'adresse (assez logiquement) à des enfants déjà à l'aise avec la lecture ou bien habitués à écouter de longues histoires.

Très attachée à l'univers de Lewis Carroll, Alice des Livres de Malice a publié de nombreux billets autour de son univers et s'est notamment intéressée à cet album. Elle a été beaucoup plus convaincue que moi et a de plus également relu le texte dans cette traduction. Je vous invite donc à aller faire un tour chez elle pour lire son article (qui vous donnera sans doute envie de découvrir ce livre) et trouver votre bonheur autour d'Alice au Pays des Merveilles.

124 p

Lewis Carroll (texte) et Anne Herbrauts (illustrations), Album Alice au Pays des Merveilles, 2002

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04/07/2015

Little Master Carroll, Alice in Wonderland

album_alice in wonderland babylit.jpgAlice de Books are my Wonderland a eu l'excellente idée de nous proposer de célébrer ensemble les 150 ans d'Alice au Pays des Merveilles. Cela tombe bien pour moi qui suis tout à fait dans l'esprit fou, fou, fou du chapelier en ce moment suite à mes deux derniers voyages en Angleterre, où j'ai pu constater à quel point les Anglais étaient prêts à célébrer les 150 printemps de leur célèbre héroïne. Je profiterai donc du mois pour vous présenter quelques clichés pris sur place, ainsi que plusieurs objets inspirés d'Alice in Wonderland qui m'accompagnent au quotidien (magnet, marque-page, cuillère bi-face pour Baby Lou...).

Je commence par un album issu de la série Baby Lit. Je vous ai présenté plusieurs titres l'an dernier : Sense and Sensibility, Wuthering Heights et Jane Eyre. Cette collection se destine aux tout petits. Elle s'inspire de grands classiques de la littérature pour apprendre des fondamentaux aux jeunes enfants. Jennifer Adams a choisi de s'appuyer sur Alice in Wonderland pour présenter les couleurs. Et, de fait, c'est pour l'instant l'album que je trouve le plus beau parmi tous ceux que j'ai vus (car j'ai feuilleté une grande partie de la collection dans une librairie de Cambridge avant de partir avec deux albums et de compléter petit à petit la collection de Baby Lou). Les dessins sont superbes, logiquement très colorés. L'univers est très fidèle à l'image que l'on se fait communément d'Alice grâce à ses représentations les plus connues (Tenniel, Rackham, Disney notamment...). Ma toute petite réserve concerne la chenille, pourtant une de mes planches favorites. Elle est censée être bleue mais je vois surtout du vert et du mauve.

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Lors de mes derniers voyages en Angleterre, je suis tombée sur un coffret qui m'a énormément tentée - j'ai d'ailleurs le coffret équivalent pour Pride and Prejudice. On y trouve l'album accompagné des principaux personnages en carton. J'ai presque envie de le commander pour Baby Lou, qui pourrait commencer à en profiter l'année prochaine je pense. Jouer avec les héros du célèbre récit, voilà un excellent moyen de la familiariser encore plus avec l'univers de Lewis Carroll. Voici une photo du coffret en question :

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Je recommanderais cet album sans hésiter aux amateurs de beaux albums, aux inconditionnels d'Alice et aux parents voulant faire découvrir les couleurs, Alice voire quelques mots en anglais à leur enfant... ou tout cela en même temps !

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22 p

Jennifer Adams, Little Master Carroll, Alice in Wonderland, 2012

Happy Birthday Alice !

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08/05/2010

Aux sombres héros de l'amer

carroll_chasse_snark3.jpgUn petit livre oublié est en train de faire son chemin sur la blogosphère grâce aux éditions Folio, qui une fois encore ont remis au goût du jour un vrai petit bijou ! Ecrit en 1876, onze ans après le première Alice, La Chasse au Snark de Lewis Carroll est un exemple typique de "nonsense", ce que s'emploie à illustrer la présente édition à travers une série de commentaires pertinents et une documentation bien fournie.

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La chasse au Snark va embarquer des individus plus farfelus les uns que les autres à la recherche de cet être sans doute à mi-chemin en un requin et un escargot (snark était le mot-valise de "shark" et de "snail"), une créature que personne n'a par ailleurs jamais vue. Le capitaine donne des ordres contradictoires, le castor fait de la dentelle, arrive un boucher qui ne tue que les castors... voilà qui pourra déjà vous donner une idée de la situation absurde et cocace dans laquelle se trouvent embourbés les personnages ! Le texte est ici en version bilingue et est absolument à découvrir, ne serait-ce que pour l'humour qui s'en dégage, au-delà de la langue, Carroll se jouant des mots avec plaisir !

Ainsi pour réanimer le boulanger :

"The roused him with muffins - they roused him with ice..." (Ils le ranimèrent avec des muffins, ils le ranimèrent avec de la glace)

Ou encore :

"And the Bellman cried "Silence ! Not even a shriek !" / and excitedly tingled his bell" (Et l'homme à la cloche cria silence, pas même un cri ! / excité et faisant sonner sa cloche).

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carroll_Snark_cover.pngA noter l'introduction intéressante qui revient sur le parcours de Lewis Carroll, mathématicien; sa technique est annonciatrice de l'Oulipo, dont fait partie le traducteur de cette édition (les traductions ne manquant pas, et nous devons l'une d'elles à Aragon).

On y apprend que Carroll avait refusé de laisser l'illustrateur représenter le snark, ce qui m'a rappelé Kafka et La Métamorphose :

« J’ai pensé, comme Starke va faire l’illustration, qu’il pouvait peut-être vouloir dessiner l’insecte. Non pas cela, par pitié, pas cela ! L’insecte, il ne faut pas le dessiner. On ne peut même pas l’ébaucher. Si je pouvais me permettre de suggérer une illustration, je choisirais des scènes comme par exemple : les parents et le fondé de pouvoir devant la porte fermée ou encore mieux, les parents et la sœur dans la pièce éclairée tandis que la porte donnant sur la petite chambre obscure reste ouverte. »

carroll_jabberwocky-1.jpgLa Chasse au Snark est suivie par le Jabberwocky (poème découvert par Alice dans Through the Looking Glass), fait de mots inventés par Carroll. Plusieurs traductions sont proposées, assorties des commentaires de Bernard Cerquiglini qui sont finalement ce qui m'a le plus passionnée lors de cette lecture. On y voit ainsi plusieurs versions qui n'ont pas grand-chose en commun, ni le fond ni la forme (en particulier en termes de sonorités, l'effet rendu est radicalement différent d'une traduction à l'autre).

J'ai bien ri en lisant celle d'Henriette Rouillard qui ne s'est pas donné de mal mais a le mérite de rester très fidèle au texte original : C'est brillig et le slithy toves / gyre et gimble dans le wabe / Mimsy sont tous les borogoves / et les mome raths outgrabe (ça me rappelle les traductions automatiques sur internet).

Bref, amusez-vous bien et partez vous aussi à la chasse au snark !

Les avis d'Alice (qui a beaucoup parlé de Lewis Carroll sur son blog où Tenniel est lui aussi très présent), Cryssilda, Lilly, Maggie, Mélisendre, Praline, Tortoise,

Encore merci à Lise !

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132 p

Lewis Carroll, La chasse au Snark, 1876

* Pourquoi ce titre ? Parce qu'il m'a rappelé un grand moment d'absurdité, puisque petite j'étais persuadée que le titre était en réalité "au sombrero de la mer" (titre ma foi fort intrigant) et que cette confession me paraît parfaite dans le cadre de ce petit billet sur le nonsense !

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