26/03/2009
Austen suit la route des Indes !
Je ne connaissais pas son existence il y a quelques jours mais voilà un film qui vaut son pesant de cacahouètes. Bride and Prejudice (ou pour la version française au titre très recherché, Coup de foudre à Bollywood) est l'histoire d'un jeune Indien de retour au pays afin d'être témoin au mariage d'un ami. Il est accompagné de Darcy, issu d'une riche famille américaine propriétaire de nombreux hôtels, et de sa soeur, plus habituée à la société chic de Londres qu'aux danses exubérantes de Bombay. Au cours d'un bal, les deux hommes rencontrent deux femmes charmantes issues d'une famille relativement modeste. La mère est vulgaire, les filles jolies à l'exception de l'une d'entre elles, Darcy et la soeur de son ami s'amusent des traditions populaires du coin tandis que leur compère est déjà sous le charme de la fille aînée... does it ring a bell ?
Outre un scénario proche de l'histoire de Jane Austen, Bride and Prejudice ponctue çà et là le film de quelques phrases tirées du roman. On retrouve la plupart des personnages, entre l'Inde, l'Angleterre et les Etats-Unis. Avec une Lalita (Eliza) pleine d'esprit et un Darcy fier de sa culture américaine, une « Bingley » peau de vache et un Collins à l'intellect proche de celui de « Mrs Bennet », le spectateur se trouve en terrain familier. Côté Bollywood, il paraît que le film n'est pas fidèle au genre, ce qui ne m'étonne pas particulièrement car je l'ai trouvé très américain parfois (musiques, valeurs, remarques...). Je n'avais jamais vu de film bollywoodien jusqu'ici et pour ma part, m'attendant à une avalanche de kitch, de couleurs et de chansons, j'ai beaucoup ri – évidemment, c'est un film à prendre au second degré (sous peine de le trouver trop guimauvesque). Autant les scènes trop « romantiques » du Pride & Prejudice de Joe Wright m'ont fait rendre l'âme à force de pousser des soupirs endormis, autant les aspects ridicules de Bride & Prejudice m'ont plu pour leur côté complètement décalé. Et puis, si les chansons font très « musique de resto indien » et que les paroles sont bêtes à se rouler par terre, les danses dégagent une bonne humeur incroyable. Alors oui, on rigole quand Lalita chante « we will be friends for ever » en balançant les hanches et la tête en rythme, suivie par ses copines, mais avouez que vous aussi vous aimeriez parfois chanter et danser dans la rue avec les passants, les chiens et votre boulanger, façon Mamma Mia (et si vous me dites non je ne vous croirai pas, sauf peut-être Isil – je te vois venir) !
A recommander en cas de déprime, d'hiver persistant ou simplement autour d'un apéro entre copines, pour passer un bon moment sous le soleil artificiel des studios de Bollywood.


Mr Collins, dans les rêves les plus fous de Lalita...

Et si vous ne voulez pas voir le film, voici deux petites vidéos pleines de musique. Ne ratez pas la première, avec la chorégraphie époustouflante de notre nouveau Mr Bingley et la performance embarrassante de « Mrs Bennet ».
Bride and Prejudice, Gurinder Chadha, 2004
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Je voulais signaler à tous les lecteurs d'Austen une curiosité, The Darcys and the Bingleys, au titre au passage bigrement anodin.
L'auteur :« Marsha Altman is a historian and expert on Jane Austen sequels, having read nearly every single one that's been written. » Ah, une historienne et une experte ! Chouette ! Voici une étude académique ou une suite sérieuse ou... :
« Three days before their double wedding, Charles Bingley is desperate to have a word with his dear friend Fitzwilliam Darcy, seeking advice of a most delicate nature. Bingley is shocked when Darcy gives him a copy of the Kama Sutra, (petit sacripant!) but it does tell him everything he needs to know... Eventually, of course, Jane finds this remarkable volume, and in the utmost secrecy shows it to her dear sister Elizabeth, who goes searching for a copy in the Pemberley library... By turns hilarious and sweet, this book also presents an intriguing view of Miss Caroline Bingley, who has such good reasons for being the way she is that the reader can t help but hold her in charity (saperlipopette, j'en perds mon latin). Georgiana Darcy makes a most eligible match, and in spite of his abhorrence of being asked for advice, Darcy s friendship with Bingley is solid and full of fun. »

18:59 Publié dans Film, Jane Austen | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : jane austen, orgueil et préjugés, bride & prejudice, bollywood, aishwarya rai, martin henderson






































