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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

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14/10/2016

Charlotte Riddell, The Old House in Vauxhall Walk

collectif_virago book of ghost stories.jpgFaute de temps, je me contente d'une nouvelle victorienne pour cette journée consacrée aux fantômes britanniques. J'ai ainsi enfin découvert Charlotte Riddell, auteur prolifique notamment connue pour ses "ghost stories" - des écrits quelque peu tombés dans l'oubli, Mrs Riddell étant peu lue du grand public aujourd'hui... et force est de constater qu'il est difficile de se procurer ses recueils et romans.

"The Old House in Vauxhall Walk" met en scène Master Graham, désespéré après une terrible dispute avec son père et prêt à passer sa première nuit à la rue. Par hasard, il rencontre une personne de sa connaissance à Vauxhall Walk. Cet homme est en train de déménager mais offre l'asile à Graham pour la nuit. Le jeune homme fait alors un rêve étrange dans lequel une vieille femme répugnante joue avec des pièces d'or et éconduit des malheureux. On apprend que la soeur du propriétaire a été assassinée dans cette maison pour avoir caché un joli magot resté introuvable... Entre d'étranges rêves et l'intervention d'un spectre, Graham va trouver l'argent tant convoité...

charlotte riddell.JPGUn classique du genre, dont on n'attend pas de vraies frayeurs mais une ambiance, qui est en effet bien posée. Outre le choix de l'apparition (une sorte de Scrooge féminin sans scrupule ni remord), l'originalité tient au croisement entre le surnaturel et la réalité, qui permettent in fine la résolution d'un mystère bien terre-à-terre (l'emplacement du trésor). Une première rencontre avec Mrs Riddell plutôt concluante dans l'ensemble... reste à trouver une édition de ses romans ou nouvelles pour en découvrir davantage !

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Charlotte Riddell, The Old House in Vauxhall Walk, 1882

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27/06/2016

V. H. Leslie, Bodies of Water

leslie_bodies of water.jpgAu mois de mai, j'ai découvert tout à fait par hasard Bodies of Water - roman tout récent d'une jeune femme actuellement en train de travailler à sa thèse. Attirée par la couverture, j'ai vu que les chapitres alternaient les histoires de deux personnages : Kirsten, à notre époque, et Evelyn, à la fin du XIXe. Ajoutons à cela la thématique de l'eau (fascination pour l'eau et hydrothérapie à la mode au XIXe) et je me suis emparée dudit roman sans chercher beaucoup plus loin. Bien m'en a pris !

1871. Evelyn est envoyée par son père à Wakewater house pour y suivre un traitement basé sur le principe d'hydrothérapie alors en vogue. La jeune femme s'est beaucoup engagée pour aider des prostituées des bas-fonds de Londres à changer de vie et s'est particulièrement attachée à l'une d'entre elles, dont on comprend rapidement qu'elle s'est noyée. Comme beaucoup de filles sans espoir, elle a sauté dans la Tamise pour mettre fin à ses tourments. Il est donc ironique qu'Evelyn se retrouve dans un établissement prônant les effets curatifs de l'eau et ayant une vue plongeante sur la Tamise. Autour d'Evelyn, les "invitées" comme aime à les appeler le médecin sont là pour des raisons diverses et variées. L'eau semble soigner tout ce que les Victoriens associent aux troubles féminins, qui englobent un spectre large de maladies, physiques ou psychologiques. Il ne faisait pas bon être une femme à l'époque.

Aujourd'hui. Après une rupture, Kirsten a choisi de s'éloigner de Londres pour se rapprocher du fleuve, qui la fascine. Elle s'installe dans un appartement neuf à Wakewater House, acheté alors que l'ancien établissement commençait à être rénové. A son arrivée, elle découvre avec surprise que les travaux se sont arrêtés et que seule une autre femme s'est installée à l'étage du dessus, le reste du grand bâtiment restant vide, et en partie laissé à l'abandon. L'ambiance est étrange, voire inquiétante. Des fuites commencent à apparaître rapidement sans raison. Elle aperçoit une silhouette de femme dehors qui l'intrigue. Puis visite une ancienne partie de l'hôpital et découvre des pièces dédiées à l'hydrothérapie, autrefois splendides, désormais délabrées et d'une beauté mystérieuse mais dérangeante.

Je m'attendais au début à un roman traitant plutôt de la folie et des méthodes pour la traiter par le passé, sujet qui m'intrigue et que j'ai déjà croisé dans deux romans : The Painted Bridge de Wendy Wallace (à l'époque victorienne, une femme est enfermée sur un motif douteux par un mari soucieux de se débarrasser d'elle ; il la place dans un asile privé au directeur peu scrupuleux) et La Chambre des âmes de F. R. Tallis (dans les années 1950, un jeune docteur prend la direction d'un asile isolé du Suffolk, où plusieurs patientes sont soumises à une cure de sommeil ; des phénomènes étranges commencent à se produire).

C'est le cas, mais l'ambiance va rapidement prendre une autre dimension à travers l'apparition du surnaturel. Celui-ci intervient d'abord par petites touches avant de dominer le récit.

Bodies of Water est un roman d'inspiration gothique envoûtant, original et plutôt subtil, à l'atmosphère sombre mais poétique. L'eau est omniprésente, on la voit, on l'entend, on la pressent à chaque instant. On sent qu'il y a eu un vrai travail de documentation sans que cela ne pèse sur la narration. Si le sujet vous intéresse je le recommande sans hésiter. Espérons que ce premier roman sera suivi d'autres tout aussi réussis.

Quelques liens : Une interview de V. H. Leslie ainsi que son blog.

Lu dans le cadre du Mois anglais et des challenge British Mysteries et Femmes de Lettres.

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130 p

V. H. Leslie, Bodies of Water, 2016

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15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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01/06/2016

Mary Hooper, Velvet

hooper_velvet.jpgC'est avec un bon petit roman néo-victorien que je vais inaugurer mes chroniques de ce Mois anglais, cuvée 2016 ! J'avais prévu d'en parler plus tôt et de présenter un autre roman à la place mais finalement, quoi de mieux qu'un de mes genres favoris pour débuter notre traditionnel périple du mois de juin?

Londres, début du XXe (une association d'emblée prometteuse). Velvet a perdu sa mère et laissé son père détesté se noyer un soir où il la pourchassait. Elle travaille dans une blanchisserie, un métier très éprouvant physiquement, jusqu'au jour où une cliente lui propose une place chez elle. Elle va ainsi s'installer au domicile de Madame Savoya, medium très réputée intervenant dans des démonstrations publiques et recevant chez elle des personnes fortunées, en groupe ou lors de séances privées.

Velvet va ainsi découvrir le monde du spiritisme en devant la dame de compagnie de la jeune et belle Madame Savoya et, petit à petit, elle va intervenir auprès de la clientèle. La jeune fille est conquise par son nouvel environnement : par le charme de Madame Savoya, ses tenues raffinées et le sérieux avec lequel elle traite son don de spirite ; mais aussi en raison de l'autre assistant, le séduisant George, qu'elle ne semble pas non plus laisser indifférente.

Néanmoins, avec le temps qui passe, Velvet va commencer à remettre en question le sérieux des grands spirites de l'époque... jusqu'à douter de Madame Savoya elle-même.

Porté par des héros aux personnalités affirmées, ce roman jeunesse est un vrai régal pour qui s'intéresse à la thématique du spiritisme en Angleterre à l'époque où celui-ci était particulièrement en vogue. [Spoilers à la suite] Mary Hooper est partie de sa propre expérience des cercles spirites et, n'ayant jamais été convaincue du résultat, elle a choisi ici de mettre particulièrement en avant les anarques des mediums, les trucages employés et les moyens utilisés pour soutirer de grosses sommes à des clients en deuil. Mary Hooper s'est ainsi beaucoup documentée et conclut : l'information capitale fut sans doute que tous les médiums de l'époque ont été accusés d'escroquerie, à l'exception d'un seul (p317-318) [Fin des spoilers].

Si le spiritisme est le principal sujet, une autre thématique est abordée à travers le sort des enfants de filles mères, confiés à des nourrices coupables de négligences, voire de maltraitance ou de meurtres. Dans les notes à la fin de l'ouvrage, on signale une loi de 1864 stipulant que la responsabilité des enfants illégitimes incombait à la mère seule. Les réformes ont été lentes car les législateurs ne souhaitaient pas violer cette idéal victorien que représentait la sanctification de la famille (p 320).

Velvet est un roman passionnant que j'ai dévoré - impossible de me coucher avant d'avoir tourné la dernière page. Outre les personnages bien campés, les rebondissements de l'histoire de Velvet et l'ambiance générale très réussie, ce livre présente un vif intérêt sur le plan historique en retraduisant habilement l'époque. Mary Hooper s'est appuyée sur des recherches solides - dont elle nous fait part à la fin - et est parvenue à distiller avec à-propos tout au long du roman les informations obtenues. Un grand plaisir de lecture !

Merci encore Titine pour ce beau cadeau ! 

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienneLu dans le cadre de la Lecture commune du Mois anglais et du Blogoclub de Lecture ayant pour thème " Londres". Et c'est également une nouvelle participation au challenge British Mysteries.

325 p

Mary Hooper, Velvet, 2011

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victoriennemary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienne

03/10/2015

Penny Dreadful (série)

serie_penny dreadful 02.pngAujourd'hui, le challenge Halloween proposait de nous retrouver autour d'une série. J'ai choisi de vous parler de Penny Dreadful, qui compte deux saisons à l'heure actuelle (la prochaine étant prévue en 2016) ; j'ai vu pour ma part la première et commencé à regarder la seconde.

Amateurs de monstres victoriens, cette série est pour vous ! Ne serait-ce que le titre devrait vous mettre la puce à l'oreille puisqu'il fait référence aux journaux à sensation de l'époque, qui avaient l'habitude de se répandre sur les crimes contemporains avec moult détails et illustrations racoleuses à souhait.

Penny Dreadful mélange joyeusement les grands classiques de l'épouvante dans un cadre londonien, mais aussi victorien. On y croise donc une medium; le Diable, qui essaie de prendre possession de l'âme d'une des protagonistes, assisté en la matière par de cruelles sorcières ; des vampires, avec des références à Dracula, et des chasseurs de vampires, dont Van Helsing, qui malheureusement pour lui ne fait pas long feu dans la série car il est assassiné brutalement par la créature de Frankenstein. Le célèbre monstre rejeté dès la "naissance" vit dans l'ombre et cherche une partenaire, poussant son créateur à lui faire une âme soeur, sous la contrainte. Un tel univers serait incomplet sans la présence d'un chasseur de vampires lui-même loup-garou, d'une prostituée des bas fonds (Billie Piper), d'un ancien explorateur (Timothy Dalton) tourmenté par le rapt de sa fille par un vampire et surtout, de Dorian Gray, à l'âme si corrompue. Dorian Gray qui cherche à se divertir dans la luxure et le vice sans succès, jusqu'au jour où il croise le chemin de la principale héroïne, Vanessa Ives (Eva Green). On attend le Dr Jekyll qui devrait rejoindre ses camarades lors de la saison 3.serie_penny dreadful 05.jpg

La reconstitution des décors, les scènes extérieures et les costumes sont un vrai atout et confèrent à la série un cadre très fidèle à l'image que l'on a de Londres au XIXe, avec de nombreuses scènes nocturnes sombres et inquiétantes à souhait. Les références littéraires séduiront bien évidemment les habitués du genre, même si le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux ; j'ai eu pour ma part l'impression que toutes ces influences se mêlaient sans une grande cohérence à certains moments. Autour du fil conducteur, quelques pistes sont lancées mais ne sont pas exploitées à fond ; on suppose que les saisons suivantes se feront plaisir d'exploiter les vides laissés jusque-là. C'est une série qui s'adresse à un public averti, en raison de quelques scènes violentes ou d'une certaine noirceur (par exemple la lutte de Vanessa contre le Diable qui veut la posséder), mais aussi de scènes en tenue légère qui interviennent très régulièrement (et n'apportent souvent pas grand-chose en termes de narration, mais ça, c'est un autre débat). 

Dans la mesure où la première quête des héros est en partie terminée, beaucoup de possibilités s'offrent aux scénaristes et ceux qui ont goûté aux premiers épisodes auront bien du mal à ne pas se laisser tenter par la suite !

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Série Penny Dreadful, 2014

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08/06/2015

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?

wooding_qui-veut-tuer-alaizabel-cray---1993642.jpgVoilà un roman qui se destine aussi bien à un public adolescent qu'à un lectorat plus adulte, une très bonne surprise pour moi qui n'avais jamais entendu parler de ce titre avant de tomber dessus par hasard dans les allées de la médiathèque.

D'inspiration steampunk, ce récit mêle une atmosphère victorienne (chevaux, charrettes, cochers, lampes à gaz, femmes s'habillant de robes...) à des inventions plus modernes (métro ayant fait appel à l'électricité, dirigeables), sur fond d'apocalypse.

Vingt ans plus tôt, la Prusse a bombardé Londres, qui ne s'est jamais remise de ce triste épisode. Des quartiers entiers sont restés détruits, des stations de métro ont dû être abandonnées, des loups rôdent, le Sud de Londres est un sombre repère de truands le jour et se vide la nuit car y prolifèrent des créatures monstrueuses, apparues après les bombardements. Ajoutons à cela la présence d'un tueur, le Recousu, qui a depuis longtemps détrôné Jack l'Eventreur dans les annales de la police et se cache sous un masque de toile de jute recousue et une perruque de femme.

Il se trouvait devant un ancien cinéma haut de trois étages, bâtiment triangulaire à la façade lisse niché au creux du V de deux rues convergentes. Sombre et revêche, il se dressait au-dessus de lui telle la proue d'un navire. Les étages inférieurs étaient complètement murés et la plupart des fenêtres du dernier étage étaient brisées. Autrefois, ce lieu avait abrité une merveille technologique de son temps qui permettait de projeter des films, et des gens de toute l'Europe avaient afflué pour voir cela. Aujourd'hui, il n'était qu'une victime parmi tant d'autres tombées dans la bataille perdue d'avance que les habitants de Londres menaient pour conserver leur ville (p 15).

Dans cette ville inquiétante où la mort est omniprésente et survient souvent par des voies surnaturelles, le jeune Thaniel Fox est chasseur d'Y-majes. Payé par le gouvernement, il traque les créatures qui chaque nuit franchissent la Tamise pour voler des bébés et attaquer ceux qui n'ont d'autre choix que de sortir tardivement. Lors d'une de ses sorties, Thaniel rencontre une jeune fille, Alaizabel. Très jolie, elle a néanmoins un comportement étrange : rapidement, on découvre qu'elle est possédée par l'âme d'une puissante sorcière et se trouve au coeur d'une conspiration sectaire.

Ce roman m'a d'abord vraiment beaucoup plu même si, l'histoire avançant, je n'ai pas tardé à lui trouver davantage de défauts. Parmi ses atouts : l'ambiance neo-victorienne, le mélange d'Histoire, de technologies et de superstition, les errances dans les ruelles sordides et les sous-sols lugubres des Allées biscornues (que je vous laisse le plaisir de découvrir). En revanche, les héros de l'histoire manquent un peu de profondeur tandis que certains personnages secondaires sont beaucoup plus intéressants et auraient pu être davantage exploités (le Recousu ou encore Petit-Diable, conseiller pour le moins mystérieux du Roi des Mendiants). Par ailleurs, l'histoire s'achève de façon assez conventionnelle, avec beaucoup d'action, ce qui n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Qui veut tuer Alaizabel Cray ? devrait vous ravir si vous êtes comme moi friands de récits d'inspiration victorienne mais il plaira aussi aux amateurs de littérature fantastique et de steampunk. A découvrir !

A noter le titre anglais que je trouve plus approprié (The Haunting of Alaizabel Cray).

Lecture commune du Mois anglais : "Journée littérature enfantine / jeunesse anglaise".

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390 p

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?, 2001

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06/06/2015

Wendy Wallace, The Painted Bridge

wallade_painted bridge.jpegAmateurs de romans historiques victoriens, ce livre s'adresse à vous !

Dans The Painted Bridge, nous faisons connaissance d'Anna. Fille de marin, récemment mariée à un pasteur hypocrite et arrogant, Anna a été abandonnée dans un asile privée des environs de Londres. A cette époque, les asiles privés sont très critiqués et soumis à des contrôles, ce qui obsède le directeur de l'établissement où est accueillie la jeune femme, Lake House.

Il s'agit d'une belle demeure, dont les propriétaires ont été contraints pour des raisons financières de transformer une partie des pièces en centre de repos pour femmes aux nerfs fragiles. Le propriétaire a pris la succession de son père dans ce triste métier et, comme cela arrive assez fréquemment à l'époque, il fait montre de peu de scrupules lorsqu'il s'agit d'interner des parentes gênantes sur la base d'un certificat pour le moins douteux – les médecins prêts à se montrer arrangeants ne manquant pas à l'époque.

A son arrivée, Anna fait preuve de naïveté, elle s'entête à vouloir prouver le fait qu'elle n'a rien à faire à Lake House. Elle tarde à comprendre que parmi ses compagnes d'infortune, nombreuses sont celles à y faire un séjour sans être plus malades qu'elle. C'est notamment le cas d'une jeune femme internée pour être tombée amoureuse d'un homme jugé infréquentable par sa famille. Le roman va être celui de l'apprentissage d'Anna, qui restera toujours convaincue qu'elle pourra sortir libre un jour de Lake House, même si sa tactique et ses opinions évoluent au fur et à mesure.

wallace_SarineCollodion2.jpegJ'avais déjà croisé de sordides asiles victoriens mais jamais de maison de campagne cossue de ce genre, où les apparences sont trompeuses : sous la vieille vaisselle, les travaux de tricot et les politesses, petites et grandes souffrances quotidiennes ne manquent pas, du simple fait de porter chaque jour une robe malpropre dont on ne connait pas la provenance jusqu'aux traitements barbares (« douche » glacée et surtout, la chaise tournante, dont je n'avais encore jamais entendu parler – et dont je ne suis pas sûre d'avoir bien compris le fonctionnement... si cela vous dit quelque chose, je veux bien quelques éclaircissements). Sans parler de la gouvernante, ancienne patiente reconvertie en gardienne mesquine, parfois cruelle.

Traitant à la fois des asiles et des débuts de la photographie, The Painted Bridge est intéressant sur le plan historique tout en proposant au lecteur une histoire qui tient la route. J'ai beaucoup apprécié l'essentiel du récit, entre Lake House et Londres, même si j'ai porté un peu moins d'intérêt aux rêves éveillés d'Anna, qui lui font repenser à des événements de son enfance – même s'ils s'avèrent avoir une importance cruciale pour le récit. [Spoilers ci-après] J'aurais peut-être aimé une issue un peu plus douce en voyant s'épanouir la relation entre Anna et St Clair, un docteur venant parfois à Lake House. Néanmoins, objectivement. Wendy Wallace a sans doute eu raison de privilégier une autre issue pour Anna en faisant d'elle une femme indépendante et maîtresse de son destin.

Lecture commune du Mois anglais : Roman historique se déroulant en Angleterre 

Source image : http://britishphotohistory.ning.com/profiles/blogs/the-painted-bridge

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386 p 

Wendy Wallace, The Painted Bridge, 2012

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21/06/2014

Wilkie Collins, The Ghost's Touch

collins_i say no.jpgPlus je lis Wilkie Collins, plus je réalise qu'il fait partie de mes auteurs favoris. Je raffole de son humour, de ses personnages extravagants, bien souvent ridicules et je trouve son oeuvre très variée. Pour l'instant, les quelques textes que j'ai lus couvrent divers genres et se ressemblent peu pour la plupart.

Récemment j'ai ouvert un livre ancien de Wilkie offert par ma belle-famille et Mr Lou. J'adore parcourir cet ouvrage et m'imaginer son histoire à travers plus d'un siècle. J'ai commencé par lire "The Ghost's Touch", également connu sous le titre de "Mrs Zant and the Ghost".

Dans un parc, une petite fille prend peur d'une femme à l'attitude étrange, qui semble ne pas voir ce qui l'entoure. Le père de l'enfant s'intéresse à la femme (que je prenais au départ pour un fantôme). Il finit par se lier d'amitié avec elle et apprend qu'elle pense sentir la présence de son époux récemment décédé. Assez isolée, Mrs Zant a malgré tout gardé contact avec le frère de son mari, qui semble décidé à prendre soin d'elle... mais n'inspire aucune confiance au nouvel ami de Mrs Zant.

Cette nouvelle n'est pas aussi percutante que Neuf Heures !, lue dans l'intéressant recueil Les Fantômes des Victoriens que je vous recommande. Néanmoins, j'ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de Wilkie. J'ai apprécié le fait que le fantôme soit abordé de façon assez détournée : on le croise peu même s'il a un rôle essentiel dans le récit. On retrouve également un thème de Pauvre Miss Finch : la rivalité entre deux frères pour une même femme, bien que l'issue soit tout à fait différente. La première scène dans le parc m'a fait penser à James Matthew Barrie et les jardins de Kensington tels qu'il les décrit.

On a fine morning, early in the month of April, a gentleman of middle age (named Rayburn) took his little daughter Lucy out for a walk in the woodland pleasure-ground of Western London, called Kensington Gardens.

The few friends whom he possessed reported of Mr. Rayburn (not unkindly) that he was a reserved and solitary man. He might have been more accurately described as a widower devoted to his only surviving child. Although he was not more than forty years of age, the one pleasure which made life enjoyable to Lucy's father was offered by Lucy herself.

Playing with her ball, the child ran on to the southern limit of the Gardens, at that part of it which still remains nearest to the old Palace of Kensington. Observing close at hand one of those spacious covered seats, called in England "alcoves," Mr. Rayburn was reminded that he had the morning's newspaper in his pocket, and that he might do well to rest and read. At that early hour the place was a solitude.

Je m'apprête à lire le recueil de nouvelles de Wilkie Collins récemment publié chez Phébus Libretto. Je compte bien me régaler !

De Wilkie Collins sur ce blog :

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29 p

Wilkie Collins, The Ghost's Touch, extrait de "I say no" and other stories, 1893

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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29/04/2014

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères

waddell_Depuis-le-temps-de-vos-peres_3570.jpegAprès le très prometteur Code 1879 de Dan Waddell, j'avais hâte de poursuivre la lecture des Enquêtes du généalogiste. Celles-ci conjuguent polar contemporain et recherches généalogiques, les crimes d'aujourd'hui trouvant leur origine dans ceux d'hier.

Depuis le Temps de nos Pères suit un schéma proche du premier opus de la série. Katie Drake, actrice sur le déclin portée sur la boisson est retrouvée morte dans son jardin, tandis que sa fille Naomi a disparu. Tout juste de retour à son poste après une longue convalescence, l'inspecteur Foster fait partie des policiers chargés de l'enquête, aux côtés d'Heather notamment, autre personnage du tome 1. Lorsqu'une trace d'ADN de l'agresseur révèle que celui-ci appartiendrait peut-être à la même famille que Katie Drake, Foster et Heather font de nouveau appel à Nigel Barnes, généalogiste ayant été consulté dans le tome précédent. En cherchant à déterminer le degré de parenté de la victime et de son meurtrier ainsi qu'à dresser les membres de la famille de Drake toujours vivants, le trio découvre que l'actrice et sa fille ne sont pas les seules à avoir subi un sort tragique. Une autre adolescente a disparu, sa mère est morte d'overdose... quelqu'un s'en prendrait-il à toute la lignée?

Certes, le lecteur ne trouvera plus ici l'attrait de la nouveauté qui faisait de Code 1879 un polar qui sort vraiment de l'ordinaire. Malgré tout on se régale. Le suspense est au rendez-vous, l'aspect historique toujours très présent et tout aussi passionnant, tandis que les recherches de Barnes font appel à d'autres outils, tels que l'introduction de la génétique ou une incursion dans les bases de données et archives de l'Eglise mormone. Moi qui aime tant arpenter les rues anglaises dans mes lectures, j'ai beaucoup apprécié la partie américaine de ce roman qui nous conduit au fin fond de l'Amérique profonde, dans un village quelque peu inquiétant regroupant les membres d'une secte dissidente de l'Eglise. Notons aussi dans les aspects positifs la relation sentimentale entre Barnes et Heather qui reste discrète et ne vient pas polluer une trame de roman efficace. Je déplore en revanche les coquilles qui ne manquent pas !

 Une lecture partagée avec Soie et Titine. L'avis de Shelbylee. Marie-Malyss a lu Code 1879.

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392 p

Dan Waddell, Depuis le Temps de vos Pères (The Blood Atonement), 2009

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09/04/2014

Elinor Jones, Tomes 1 à 3

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyJ'avais repéré la série Elinor Jones sur les blogs avant de l'oublier pendant un moment. Il s'agit de trois albums en couleur aux dessins évoquant l'univers des mangas (je ne suis pas une spécialiste du genre mais il me semble qu'on ne parle pas de manga pour une BD de facture classique). Dans le premier tome, l'excellente couturière Elinor Jones rejoint la maison Tiffany. A sa tête, Madame Tiffany, secondée par son fils Abel et sa fille Bianca, une jeune adolescente dont les créations sont très réputées. A chaque saison, la famille organise chez elle un bal auquel participe tout le gratin de la société anglaise et quelques respectables dignitaires étrangers. Les invités revêtent alors les tenues Tiffany, chaque collection suivant un thème toujours plus audacieux.

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyLes apparences sont pourtant trompeuses : Abel est-il aussi impitoyable qu'il le laisse paraître ? L'enfant gâtée Bianca est-elle la charmante adolescente que l'on croit ? Quant à Elinor, pourquoi refuse-t-elle de se nourrir et néglige-t-elle autant sa santé ? Enfin, pourquoi le marjodome semble-t-il avoir une certaine emprise sur la maîtresse de maison ?

challenge xixe siecle,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,epoque victorienne,elinor jones,le bal d'hiver,le bal de printeps,le bal d'été,algésiras & aurore,bianca tiffany,abel tiffanyJ'ai d'abord craint une série trop girly, avec des aspects du manga que je n'aime pas : les expressions du visage exagérées, les réactions trop vives, les points d'interrogation et d'exclamation pour accompagner certaines attitudes. Néanmoins, on n'abuse finalement pas trop de ces petits artifices et peu à peu, on se laisse prendre au jeu, les trois tomes s'enchaînant facilement. L'intrigue reste assez basique néanmoins, et la fin manque franchement de crédibilité selon moi. J'ai aussi trouvé que le personnage d'Elinor Jones manquait cruellement d'intérêt. Cela n'empêche pas de lire ces albums avec curiosité, ne serait-ce que pour admirer les superbes robes imaginées pour l'occasion - elles valent à elles seules le détour. Ce n'est pas un coup de coeur mais cela reste une découverte très sympathique. C'est parfait pour se changer les idées !

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48 p par tome

Algésiras & Aurore, Elinor Jones, T1, Le Bal d'Hiver, 2010 / Elinor Jones, T2, Le Bal de Printemps, 2011 / Elinor Jones T3, Le Bal d'Eté, 2012

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04/04/2014

Elizabeth Jenkins, Harriet

jenkins_harriet.jpg1875. Harriet est une fille de bonne famille, vivant avec sa mère et son beau-père alors qu'elle a déjà atteint la trentaine. La jeune femme (plus toute fraîche si l'on adopte un point de vue victorien) est simple d'esprit. Si elle sait soigner sa personne et accorde une attention particulière à sa garde-robe, Harriet trahit son état par un rictus curieux, des paupières tombantes et des réactions parfois déroutantes. Afin de se soulager un peu, sa mère l'envoie régulièrement chez des proches à qui elle verse une pension pour l'accueillir. C'est lors d'une de ces "escapades" qu'Harriet fait la connaissance d'un certain Lewis. Venu courtiser Alice, la jeune fille de la maison, Lewis apprend qu'Harriet dispose de 3000 livres auxquelles s'ajouteront 2000 livres à la mort de sa tante. Dès lors, Lewis décide de la séduire pour mettre la main sur cette coquette somme. Il décide de faire l'impasse sur l'âge assez "avancé" de sa promise et sur ses défauts d'élocution et de compréhension, persuadé de pouvoir s'en accommoder d'une façon ou d'une autre. Pour parvenir à ses fins il écarte la mère d'Harriet (qui bien entendu juge leur histoire avec lucidicité et s'inquiète pour sa fille). La jeune femme devient entièrement dépendante de Lewis et de son entourage. Une fois le mariage passé, Harriet est progressivement isolée. Lewis reprend son aventure avec Alice là où il l'avait laissée. Aidé de son frère Patrick et de sa belle-soeur Elizabeth, il entreprend d'écarter la pauvre Harriet.

Un roman sur un fait divers victorien ! Mais quelle sinistre affaire ! Elizabeth Jenkins s'est intéressée à un procès retentissant de la deuxième moitié du XIXe siècle. Celui-ci a fait couler beaucoup d'encre, d'une part en raison des faits reprochés aux quatre coupables, mais aussi parce que le jugement initial (leur condamnation à mort) fut remis en cause car jugé un peu expéditif (un juge partial, une argumentation de la défense rapidement écartée). Cette affaire aurait donc eu un impact important sur l'évolution de la justice anglaise et la possibilité de faire appel. Les faits n'en restent pas moins épouvantables.

En s'appuyant sur le compte-rendu du procès, Elizabeth Jenkins s'est employée à imaginer comment les faits avaient pu s'enchaîner. Là où le fait divers sert de matière à la trame de l'histoire, le roman comble le vide et imagine les réactions et les motivations des différents protagonistes, ainsi que la façon dont, de fil en aiguille, la vie d'Harriet a basculé.

[Spoilers dans ce paragraphe] Femme riche et un brin suffisante, Harriet n'a pas les capacités intellectuelles qui lui permettraient de voir clair dans le jeu de Lewis. Elle s'en remet ainsi entièrement à lui et lui confie toute sa fortune, perdant de même tout son attrait. Petit à petit, les marques d'attention font place à l'agacement. On l'écarte, on l'isole, on ne lui adresse plus la parole.  On la prive de ses vêtements et bijoux pour les offrir à la maîtresse du mari. On ne la nourrit plus correctement. Et, inexorablement, l'équilibre se rompt. Les "proches" d'Harriet deviennent ses gardiens et la négligence prend une nouvelle dimension. S'il y a débat sur les causes de la mort, il n'y en a pas sur l'état d'Harriet : apparemment maltraitée, la jeune femme était exsangue, recouverte d'une telle couche de crasse que l'infirmière ne parvenait pas à la laver, ses pieds recouverts d'une corne épaisse, sa tête grouillant de poux.

Ce texte est très subtil. L'évolution de la relation entre Harriet et ses tortionnaires est habilement décrite. L'histoire est présentée du point de vue des coupables, pour qui la jeune femme n'est qu'une quelconque nuisance négligeable, à la marge de leur existence. Ce n'est donc qu'indirectement que l'on devine le sort qui lui est réservé. La vérité éclate à la fin, avec beaucoup plus de force en raison des nombreux non-dits. Par ailleurs Jenkins sait ménager son effet. Alors qu'on imagine que le mariage n'est pas consommé, on apprend au détour d'une phrase qu'il y a eu un enfant. Une autre fois, Harriet dérange par son attitude ; Patrick s'approche et l'on devine la scène aux mots de sa femme, qui craint qu'il ne tue leur prisonnière. Ou encore, quand Harriet doit signer un acte pour que son mari dispose des 2000 euros de sa tante, on lui met une voilette car elle a un bleu au visage.

Un roman cruel mais très maîtrisé et d'une grande force.

Une lecture commune avec Fanny. D'autres avis chez Titine ainsi que Clara, dont le billet m'avait initialement donné envie de lire ce roman.

Un article de Rachel Cooke (également auteur de la postface) sur ce qu'on a appelé The Penge Mystery. L'article de Wikipedia.

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288 p

Elizabeth Jenkins, Harriet, 1934

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12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

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379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

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10/02/2014

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight

challenge british mysteries,challenge i love london,challenge myself,christopher edge,penelope tredwell,montgomery flinch,époque victorienne,londres,londres xixe,angleterre,angleterre victorienne,roman jeunesse,bedlam,penny dreadfulLorsque je lis des mots tels qu'Angleterre, victorien, Londres, Bedlam ou encore mystère, un déclic doit se produire inconsciemment dans mon petit monde de lectrice et j'éprouve de suite une envie irrépressible de me procurer sur-le-champ le livre incriminé. Alors lorsque plusieurs lectrices ont présenté Twelve Minutes to Midnight (Douze minutes avant Minuit en VF) de Christopher Edge, je n'ai pas su résister !

Roman jeunesse néo-victorien, Twelve Minutes to Midnight met en scène la jeune Penelope Tredwell. Orpheline, elle a pris la succession de son père à la tête d'un magazine, The Penny Dreadful. Depuis qu'elle en est devenue l'éditrice et rédige sous le nom de plume de Montgomery Flinch des histoires à sensations, le magazine connaît un succès sans précédent. Lorsque débute le récit, Penelope a engagé un acteur pour incarner Flinch et assurer la promotion de chaque nouvelle histoire publiée dans le Penny Dreadful. Ensemble, ils vont être amenés à se rendre à Bedlam : une lettre a été adressée à Flinch afin de résoudre une curieuse affaire. En effet, chaque nuit, à minuit moins douze, les patients de l'asile se lèvent brutalement et se mettent à écrire frénétiquement (sur du papier ou à défaut, tout ce qui est à portée de main), laissant d'étranges messages a priori sans aucun sens.

Twelve to Midnight est un agréable roman jeunesse qui se laisse lire tout seul (bon il m'a fallu un peu de temps mais c'est dû à l'exigeante Baby Lou, moi je n'y suis pour rien). Il faut tout de même accepter de grosses ficelles et un postulat peu crédible à la base. Une adolescente victorienne de treize ans éditrice d'un magazine ? auteur de best-sellers ? qui sait quoi faire quels que soient la situation ou les dangers (capable par exemple d'extraire du venin d'une araignée comme si elle faisait ça tous les jours) ? D'accord, on n'y croit pas un seul instant. Mais il faut bien avouer que lorsqu'on lit un roman traitant des patients "ensorcelés" du célèbre asile londonien, on peut bien accepter quelques petites invraisemblances ! Alors je me suis plongée une fois de plus dans une Londres victorienne pleine de mystères pour côtoyer les patients de Bedlam mais aussi une troublante femme-araignée vivant dans les beaux quartiers. Voilà un roman plein de rebondissements, de facture assez classique certes, mais cela ne nous empêche pas de passer un très bon moment ! J'ai hâte de lire le second tome !

Elles m'ont donné envie de le lire : BiancaCoccinelle, GeorgeSharon et je viens de tomber sur l'avis d'un blog anglo-saxon, The overflowing Library.

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / Myself de Romanza - lire en VO / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

254 p

Christopher Edge, Twelve Minutes to Midnight, 2012

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