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02/11/2015

Grady Hendrix, Horrorstör

hendrix_horrorstor.jpgJ'ai manqué la date pour la LC autour de Horrorstör, n'ayant pas trouvé le temps de faire mon billet la semaine dernière.

Horrorstör est un livre qui ne passe pas inaperçu  : son format attire l'oeil et intrigue, puisqu'on dirait à première vue un catalogue d'Ikea, même s'il s'agit ici de la chaîne fictive Orsk. On trouve même des prix en couverture et chaque début de chapitre présente un meuble de type Ikea (armoires adaptables, solutions de rangement & co). Ceci dit, les offres proposées s'éloignent de l'univers commercialement convivial et harmonieux plus l'histoire avance. A la fin, il s'agit davantage d'instruments de torture ! On baigne en plein dans le capitalisme, l'ère du "tout est pensé pour vous", des super-magasins promettant d'accompagner le consommateur à chaque instant, de le dorloter, de le combler et de façonner ses repères au quotidien. La critique de cet aspect de notre époque se poursuit tout au long du roman, en dépit de l'intervention du surnaturel en cours de récit.

Mais le magasin Orsk qui nous intéresse est très particulier. Le matin, à leur arrivée, les employés trouvent des objets vandalisés ou déplacés, alors que les caméras ne voient rien la nuit. Persuadé qu'une personne s'introduit sur les lieux la nuit, Basil, le responsable du magasin, demande à deux employées de rester avec lui une nuit pour mettre un terme à ces agissements. Il a fait appel à Ruth Ann, qui n'a pas de famille hormis la grande maison Orsk et qui compte parmi ses employés les plus dévoués, ainsi qu'à Amy, l'héroïne, un brin rebelle, très critique et cynique. Au cours de la nuit, deux autres employés seront présents, venus jouer les chasseurs de fantômes car ils sont persuadés que les déplacements d'objets sont liés à une activité paranormale - ou du moins, ils s'imaginent pouvoir faire une vidéo suffisamment convaincante pour devenir des stars de la télé en créant une émission paranormale. Mais rien ne se passe comme prévu. Des inscriptions mystérieuses couvrent les murs des toilettes. Puis une séance de spiritisme tourne court. C'est alors que les employés se retrouvent face aux anciens habitants d'une prison disparue depuis longtemps, ainsi qu'à leur gardien fanatique, adepte du panoptique et de méthodes de redressement moral avilissantes et dangereuses.

Horrorstör est un roman original qui tient plutôt bien ses promesses. J'ai eu quelques inquiétudes qu début car j'ai rapidement senti qu'hormis peut-être Basil, aucun personnage n'allait vraiment m'intéresser. De fait, l'auteur a un peu trop usé de stéréotypes, entre la rebelle incomprise, la bimbo surexcitée et irritante (on aiderait bien les fantômes à la retrouver), la femme vieillissante adorable dont le seul compagnon est sa peluche Snoopy... Néanmoins, l'ambiance est réussie et on s'imagine sans peine le magasin aux côtés Disneyland devenu d'un seul coup étrange et inquiétant à la nuit tombée. L'histoire suit plutôt la logique d'un thriller, on agit beaucoup, la psychologie est un peu moins fouillée. Au final, c'est pour moi un divertissement à recommander à ceux qui aiment se faire un peu peur de temps en temps ! A noter que la fin ouverte laisse à penser qu'il pourrait y avoir une suite. Pour ma part je trouve plutôt bien de laisser le lecteur se faire sa propre idée !

L'avis de Clarabel et de Hilde.

Lu en partenariat avec les éditions Milan et Demi.

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240 p

Grady Hendrix, Horrorstör, 2014

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10/09/2014

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda

macdonald_double mort de linda.jpgCet été, j'ai profité d'un passage dans mon ancienne chambre d'adolescente pour farfouiller dans ma vieille bibliothèque à la recherche de titres que j'aimerais relire. J'ai jeté mon dévolu sur La Double Mort de Linda de Patricia MacDonald, lu et adoré au collège quand j'étais en plein dans ma période polars. J'enchaînais à l'époque les Mary Higgins Clarke, quelques Agatha Christie et Patricia MacDonald (je ne me souviens pas des quelques autres lectures qui ne m'ont pas trop marquée).

La Double Mort de Linda commence par la découverte d'un corps d'adolescente abandonné depuis longtemps dans une réserve naturelle. On ne trouve pas son identité et le cas est momentanément abandonné. Puis revient en ville Linda, la trentaine. Disparue depuis son adolescence, Linda est venue après avoir appris la mort de son père. Elle semble décidée à régler des comptes et à faire des révélations scandaleuses qui, on le comprend bien, affecteront la petite communauté. Linda vient aussi retrouver la fille qu'elle a fait adopter il y a des années de cela, bouleversant ainsi la vie des parents adoptifs, les Newhall, qui voient débarquer une mère prodigue alors que leur fille est en pleine crise d'adolescence. Mais Linda va se faire assassiner à peine revenue.

Cette relecture est une bonne surprise. Thriller à l'américaine de facture classique, il offre un bon moment de lecture et suffisamment de suspense pour en faire un page turner. De façon générale j'ai trouvé les personnages assez intéressants et globalement crédibles, malgré quelques dialogues un peu moins réussis que d'autres et une Linda qui, tout de même, est allée toute seule se jeter dans la gueule du loup. L'écriture est tout à fait correcte également. Bref, un polar honnête vraiment parfait pour se détendre ou se changer les idées dans les transports (où j'ai pour ma part du mal à me concentrer entre tous les arrêts, les bousculades, les gens qui racontent leur vie à leur portable). A noter un point qui m'a amusée : ce roman est très marqué par des notions de rôles hommes-femmes un peu datées (l'homme protecteur, le chef de famille...). C'est curieux de voir combien la perception du foyer et des rapports entre les genres peut évoluer en vingt ans. Toujours est-il que je suis tentée par l'idée de relire un des Mary Higgins Clarke que j'avais adorés adolescente (ceux des années 80, voire début des années 90).

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320 p

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda, 1994

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28/09/2013

T.J. Middleton, Oh, my dear !

middleton_oh my dear.jpgVoilà un roman qui m'intriguait à sa sortie ; j'ai de suite aimé la couronne mortuaire (dont les fleurs blanches feraient d'ailleurs davantage penser à un mariage - sans doute pas un hasard), le titre et l'idée de départ.

Al Greenwood, la cinquantaine, n'en peut plus de sa femme Audrey. Si bien qu'au lieu de jeter les voiles, d'envisager un divorce bien classique, il décide plus simplement de la supprimer. Avec une technique infaillible : en la poussant du haut d'une falaise, un jour de tempête où personne ne risque de se trouver dehors. Manque de chance, en rentrant chez lui, il trouve sa chère et tendre en train de l'attendre de pied ferme, sous le coup d'un sursaut étrange de sa libido. Dès lors Al ne contrôle plus rien : Miranda, dont il est le père naturel, a disparu le même jour et portait un ciré jaune, comme celui d'Audrey. Serait-ce sa propre fille qu'il a assassiné ?

Oh, my dear ! est un roman différent de ce que j'avais pu imaginer en lisant le résumé de l'éditeur. Je m'attendais à un petit concentré d'humour noir, comme nos amis anglais en sont si friands. Certes, l'humour est là, mais c'est finalement davantage un roman à suspense. Les personnages ont tous un petit côté fêlé et presque tous auraient quelque chose à cacher. Chantage, menaces, mensonges, quelques bagarres, manipulation, voilà de quoi sont faites les relations entre les protagonistes. Et Al est loin d'être le seul à envisager les solutions les plus radicales à ses problèmes.

Un roman qui se lit facilement (même si je l'avais laissé traîner pendant deux semaines, j'ai lu le dernier tiers d'un trait ce matin), à la frontière entre thriller et humour British. Certes, l'intrigue s'essouffle un peu à moment donné et le texte n'est pas non plus hilarant. Malgré tout, les personnages de ce charmant petit coin anglais sont plutôt bien croqués. Les motivations des uns et des autres sont assez sordides et il est amusant de voir à la fin lequel d'entre eux l'emporte par la cruauté. Un agréablement divertissement.

Merci aux Editions Cherche Midi pour ce sympathique moment de lecture.

D'autres avis sur le site web Plume Libre.

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304 p

T.J. Middleton, Oh, my dear !, 2008

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04/06/2009

Le monstre du placard...

husson_peuraveugle.jpgJe ne suis pas une grande spécialiste en matière de thrillers, amis lecteurs : méfiez-vous de mon avis (encore) plus que de coutume (on n'est jamais trop prudent, surtout lorsqu'un détraqué lumineux rode dans les parages).

Mattieu a perdu la vue dans un accident de voiture qui a coûté la vie à sa mère. Sur le point de fêter ses onze ans avec sa grande sœur, son père et la nouvelle compagne de celui-ci, Mattieu commence à ressentir les premiers effets de la greffe de cornée réalisée par sa belle-mère, ophtalmologue. Tâches, ombres, la vue semble lui revenir, accompagnée par la terreur du mystérieux « Monstre lumière ». Bien que les adultes traitent cette nouvelle phobie avec indulgence, Mattieu sait que le danger est bien réel. Et s’il n’est pas fantastique, c’est peut-être parce qu’il a une origine bien plus concrète, à commencer par ce chauffeur de camping-car aux allures de psychopathe que la famille croise plusieurs fois sur la route des vacances.
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On se laisse rapidement emporter par cette lecture, thriller hitchcockien d’après l’éditeur, roman à suspense honnête selon votre fidèle et dévouée, un peu plus réservée. Malgré quelques longueurs, on se prend facilement au jeu : les sensations effrayantes de Mattieu, le vacancier fou furieux, la nuit passée sur une route déserte en raison d’une panne d’essence, voilà quelques éléments qui entretiennent le mystère et donnent envie de savoir ce qui va bien pouvoir arriver à la famille. J’ai pourtant été déçue par la fin, un peu trop bâclée à mon goût. Les quelques passages en italique qui séparent les chapitres n’apportent pas grand-chose au récit mais c’est un détail purement anecdotique. En fait, je reproche à ce roman une tendance au cliché et des ficelles assez grossières, d’où le peu de surprise lors de la chute. Par ailleurs, peut-être que ce livre correspondrait davantage à un public adolescent en raison du ton employé.

A noter que p 100, "Alice (...) entraîna son mari" quelque part, ce qui est fort intéressant (une nouvelle piste ?) car le mari en question ne semble pas au courant de son passage devant monsieur le maire. Vous avez dit bizarre ?

En somme, un livre qui se laisse volontiers lire mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Les avis plutôt positifs souvent assez proches du mien, de : Madame Charlotte ("Une lecture agréable, atmosphérique, prenante, MAIS, trop courte, et qui aurait gagné à plus de développement, en tous cas à mon goût, mais qui mérite la comparaison avec un thriller hitchcockien"), Joëlle ("l'ensemble, avec son rythme enlevé et assez graphique, se lit facilement et rapidement, permettant de passer un bon moment, même si je crains qu'il soit vite oublié de mon côté"), Mr Bellesahi ("Paul-François HUSSON parvient à tenir son lecteur en haleine. Mieux, il lui permet de voir  le monde de Matthieu, et sentir dans l’obscurité cette indicible et prégnante peur"), Delphine ("P.-F. Husson nous mène totalement en bateau, créant des situations imbriquées à l'affectif, au quotidien, jouant sur cette panique liée à la perte de repères"), Stéphanie ("un exercice d’équilibre difficile mais qui remplit parfaitement son rôle").

Offert par l'éditeur.

264 p

Paul-François Husson, Peur Aveugle, 2009