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26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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18/03/2018

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham

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Nouvelle enquête pour Agatha Raisin, et un peu d'inédit puisque dans ce tome, James Lacey n'apparaît qu'à la dernière page ou presque. Parti en voyage on ne sait où, James va laisser toute sa place à Agatha qui, cette fois-ci, sera accompagnée de Sir Charles Fraith, cet aristocrate que l'on croise régulièrement depuis leur rencontre dans Randonnée mortelle.

Sans James, Agatha se morfond dans son cottage et, comble du désespoir, se découvre de premiers cheveux gris. Elle tente d'y remédier elle-même mais se retrouve avec des cheveux violets... heureusement, la femme du pasteur, Mrs Bloxby, lui recommande un certain Mr John, dont on dit beaucoup de bien. Agatha se rend donc à Evesham, dans un salon bondé où le très séduisant Mr John oeuvre avec art pour un résultat capillaire au-delà de ses espérances. Dans ce salon, on surprend les conversations les plus étonnantes : toutes les femmes d'âge mûr qui s'y rendent adorent se confier à leur coiffeur, qui est aux petits soins avec elles. Et depuis les toilettes, Agatha surprend une dispute entre un homme et une femme, qui se termine par une menace de mort. Très vite, Agatha soupçonne Mr John d'être un maître-chanteur. Elle décide de mener l'enquête, encouragée par Sir Charles qui a du temps à tuer et se réjouit de ce divertissement. 

Une cuvée sympathique, où une Agatha en forme va de nouveau prendre des risques inconsidérés et fourrer son nez dans le passé plus ou moins sordide des clientes de Mr John. Malgré l'expérience, Agatha reste un coeur d'artichaut qui ne se méfie pas suffisamment du beau coiffeur... si elle pense qu'il méprise les vieilles rombières qu'il fait peut-être chanter, elle finit par le croire sincèrement intéressé par sa personne. Le fait d'avoir été séduite par l'assassin dans une aventure précédente n'a visiblement pas suffi à la rendre plus prudente.

Quelques questions restent sans réponse à la fin et j'avais deviné de suite l'identité de la femme de Mr John, que l'on cherche pendant un moment. Néanmoins l'enquête était agréable à suivre et j'ai surtout savouré les personnages secondaires. Roy, égal à lui-même, qui passe en coup de vent mais embrasse Agatha dans l'air, en faisant des sons "mwaa, mwaa" pour imiter le bruit des fausses bises. Mrs Bloxby qui tient tête au pasteur, beaucoup moins charitable qu'elle. Mrs Darry dont le petit chien reçoit un annuaire sur la tête dans une piètre tentative d'Agatha pour gagner du temps avec la police. Et surtout Sir Charles, toujours aussi pingre, opportuniste et égocentrique. Charles prend tout ce qui est bon à prendre, suit le sens du vent et, quand on pourrait commencer à entrevoir une étincelle d'humanité, un soupçon d'affection, il prend ses jambes à son coup ou fait preuve d'une grossièreté sans nom. Un Sir Charles au sommet de sa forme dans cet opus, jusqu'au dernier instant où, grâce à lui, un James Lacey de fort méchante humeur claque la porte de son cottage dès son retour de vacances.

Toujours léger et savoureux, comme un thé dans les Costwolds...

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

250 p

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham, 1999

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14/03/2018

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan

springer_enola holmes_t4_pink fan.jpegCela fait presque 4 ans que ce roman de Nancy Springer attendait dans ma PAL. Je l'avais commandé à une période très heureuse où je profitais notamment d'un printemps radieux pour faire de belles lectures au parc. C'était aussi une période où je lisais beaucoup de "mystery novels" et de polars historiques anglais. Voyant fleurir les billet élogieux autour de cette série sur la petite soeur de Sherlock et Mycroft Holmes, j'avais choisi un de ses titres d'après la couverture, pour finalement faire passer d'autres lectures en priorité. Ayant décidé cette année d'exhumer des titres qui sont dans ma PAL depuis trop longtemps, j'ai commencé par jeter mon dévolu sur ce titre-ci. 

Force est de constater que j'aurais sans doute mieux fait de commencer par le commencement et de lire les premières aventures d'Enola Holmes, a minima en BD. Les premières pages ont été un peu abruptes, hors contexte. Qu'est-ce que c'est que cette héroïne qui cherche à fuir ses deux frères et mène une vie extravagante pour son jeune âge et sa condition de femme ? Cela dans une société où la femme est juste bonne à marier pour produire un héritier, quand elle ne travaille pas d'arrache-pied pour payer les pintes de monsieur, selon le milieu social. J'ai eu donc une certaine difficulté à accepter de me laisser happer par l'intrigue, ne croyant pas une seule seconde au postulat de base. Une Enola qui vivrait dans l'East End chez une logeuse s'occupant bien d'elle, dans un confort relatif qui ne cadre pas beaucoup avec les représentations habituelles de ce quartier. Une Enola qui a réussi à monter une agence de détective en se faisant passer pour la secrétaire d'un homme qui n'est jamais présent, qui se déguise à longueur de journée et porte les objets les plus incongrus sur elle au cas où. Bien sûr, cela fait du bien de voir une héroïne audacieuse et peu conventionnelle, mais c'est un peu tiré par les cheveux.

Dans ce tome, Enola aide Lady Cecily Alistair (qu'elle connaît déjà) à échapper à un mariage forcé. Grâce à un message codé inscrit sur un éventail rose que laisse tomber Lady Cecily près d'elle lors d'une rencontre fortuite, Enola comprend que la jeune femme est séquestrée et mène l'enquête pour la délivrer. A l'occasion de ses investigations - souvent nocturnes, on croisera notamment des aristocrates sans scrupule, un Sherlock Holmes charismatique mais moins brillant que ce à quoi on est habitué, un Mycroft toujours pontifiant, un orphelinat, une péniche et un molosse, tout en explorant divers quartiers de la ville.

Une lecture appréciée mais sans plus, je me suis un peu forcée pour en venir à bout rapidement, après quelques jours passés sans lire grand-chose. J'ai les deux premiers tomes des BD à la maison et suis curieuse de les lire pour enfin planter le décor et mieux comprendre les relations que la jeune détective entretient avec ses frères aînés.

183 p

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan, 2008

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02/03/2018

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death

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Dans le village voisin de Carsely, Ancombe, une fontaine emblématique des lieux va être exploitée par un groupe industriel. Les habitants sont divisés, entre ceux qui pensent aux opportunités commerciales et ceux qui s'inquiètent pour l'intégrité du village. Le conseil municipal est lui aussi partagé. Un seul homme réserve son opinion et fera tout basculer. Il est bientôt retrouvé mort à la fontaine, dans laquelle son sang s'écoule.

Après avoir lu les six premiers tomes d'Agatha Raisin en français, j'enchaîne en anglais après avoir trouvé l'ensemble des 20 premiers tomes neufs pour moins de 20 pounds. J'ai donc de quoi voir venir... la lecture d'Agatha Raisin en anglais est très plaisante et lui donne une petite touche locale supplémentaire. J'ai pris un immense plaisir à retrouver cette quinquagénaire de choc dans sa langue d'origine. Et puis, comme l'action se déroule dans les années 90, je sais maintenant dire "épaulettes" en anglais !

C'est le premier tome dont la lecture a été un peu polluée par le visionnage de la série. Si l'adaptation n'a pas grand-chose à voir avec les livres de M.C. Beaton, elle s'amusait à intervertir et emberlificoter les intrigues des premiers romans, ce qui fait que je savais déjà qui était le tueur en ouvrant the Wellspring of Death. Peu importe, on lit plus ces romans pour l'ambiance anglaise et cosy que pour l'intrigue. Je ne trouve pas qu'Agatha soit une très bonne enquêtrice. Elle met son nez partout pour avoir des informations mais elle prend des risques inconsidérés en se rendant seule chez de potentiels suspects et au final, c'est souvent un peu par hasard qu'elle découvre le meurtrier. On peut comprendre que les gens qu'elle interroge soient agacés par sa démarche.

Côté sentiments, la relation entre Agatha et James ressemble davantage à ce qu'elle était au début, malgré un intérêt désormais partagé pour l'autre. On se rembarre, on prétend avoir autre chose à faire mais on s'espionne discrètement... et voir James monter les escaliers à toute vitesse pour voir par la fenêtre qui Agatha reçoit m'a fait gentiment sourire.

Au final, un plaisir de lecture renouvelé, et l'envie de retrouver les Cotswolds. Il n'y a pas à dire, la série perdait un peu de son charme en partant à Chypre. Mon exemplaire est bourré de post-its de répliques amusantes ou de lieux que j'aimerais voir ou revoir. Alors avant de sillonner de nouveau cette belle région, je l'arpenterai par l'imagination en accompagnant Agatha dans ses prochaines aventures !

Une participation au rendez-vous Meurtre à la campagne du British Mysteries Month !

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

293 p

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death, 1998

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15/02/2018

Jennifer Hillier, Wonderland

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Vanessa Castro vient d'être nommée chef-adjointe de la police de Seaside, une petite ville à quelques heures de Seattle où la jeune femme a laissé de vieux démons. Vanessa est accompagnée de ses deux enfants, dont une adolescente furieuse de perdre ses amis et sa maison, quelques mois après le décès de son père. Vanessa s'attendait à un poste calme et sans surprise en arrivant dans cette ville connue pour son parc d'attractions Wonderland. C'était sans compter sur le cadavre retrouvé au pied de la grande roue et le jeune Wonderboy disparu le même jour. Derrière le cadre festif et familial du parc, le lecteur va pénétrer dans ses coulisses plus sombres.

Wonderland a ses défauts et, objectivement, on a un peu de mal avec le recul à trouver l'issue du roman très crédible : la petite station balnéaire cache un nombre de maniaques au mètre carré pour le moins impressionnant. J'ai également lu une critique regrettant le fait qu'il n'y ait pas plus de situations angoissantes propres à un thriller, mais en ce qui me concerne, la montée d'adrénaline sur la dernière centaine de pages était suffisante. J'ai dû m'arracher à ma lecture un peu avant la fin, en pleine angoisse à cause du sort réservé à une adolescente, ce qui n'a pas été loin de gâcher ma journée. Autant dire que j'ai englouti les derniers chapitres avec avidité. De fait, ce livre est un vrai page turner. Jennifer Hillier crée un univers particulier, celui d'une petite communauté corrompue respirant au rythme du parc, un endroit qui, derrière les hotdogs et la grande roue, vous fait froid dans le dos. Sans parler de légendes urbaines au sujet d'un tunnel et d'un cachot sous le musée du Clown...

Certains diront peut-être que l'auteur tire des ficelles convenues et s'inspire de classiques du genre... peu m'importe, moi qui ne suis pas une grande lectrice de thrillers, j'ai trouvé là un cadre original qui a su éveiller ma curiosité.

Alors, êtes-vous prêts à pousser les portes de Wonderland ?

Lu en partenariat avec les éditions Points que je remercie.

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425 p

Jennifer Hillier, Wonderland, 2015

27/01/2018

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes

collectif_Les-Avatars-de-Sherlock-Holmes.jpgDifficile de résister aux belles couvertures de la collection consacrée à Sherlock Holmes par les éditions Rivage / Noir. J'ai encore beaucoup à apprendre sur Holmes mais, comme toute amatrice de l'Angleterre qui se respecte, j'ai toujours été attirée par ce personnage que l'on connaît souvent davantage à travers les adaptations que par les romans et nouvelles d'origine - Le Chien des Baskerville mis à part.

Les Avatars de Sherlock Holmes réunit une série de pastiches de la fin du XIXe / 1ère moitié du XXe, comptant parmi leurs auteurs James M. Barrie, A. A. Milne ou encore P.G. Wodehouse. C'est donc la curiosité qui m'a poussée à découvrir ces courtes nouvelles assez inégales.

James M. Barrie, "Une soirée avec Sherlock Holmes" : texte relativement amusant où le narrateur dit avoir demandé à rencontrer le grand Sherlock lors d'une soirée, pour le battre à plate couture sur son domaine d'excellence, soit sa capacité à deviner "d'un seul coup d'oeil le menu de votre dîner du jeudi précédent".

P.G. Wodehouse, "Extraits du carnet d'un détective" : dans un club de gentlemen, un homme explique comment il a démasqué Holmes, qui serait en réalité un criminel. Il déroule son raisonnement totalement tiré par les cheveux. C'est là que réside l'humour mais venant de cet auteur on aurait pu s'attendre à plus drôle. Where is Jeeves ?! Le seul trait d'humour qui m'ait arraché un sourire figure à la première page.

E.F. Benson et Eustace H. Miles, "Le Retour de Sherlock Holmes" : voilà qui me rappelle les récits Mapp & Lucia repérés pour la première fois en visitant la maison de Henry James à Rye, j'aurais sans doute mieux fait de commencer par là ! Un texte où l'on découvre que Sherlock n'a pas disparu dans les chutes à cause de Moriarty, mais qu'il a fui Watson car il ne le supportait plus. Heureusement, il revient pour le meilleur et pour le pire, en disant "il y a en vous quelque chose qui l'emporte sur tout cela, je l'ai compris (il vient de dresser la liste de ses défauts). C'est votre incomparable médiocrité d'esprit et de style, qui se trouve être le médium le plus adapté pour narrer mes aventures, car il laisse l'esprit du lecteur entièrement libre pour suivre ce que je fais."

A. A. Milne, "L'enlèvement de Sherlock" : quelques pages qui, à vrai dire, ne méritent pas que l'on parle d'elles. La finesse du texte se résume à sa touche finale, "[Moriarty] n'existe pas, dit-il. C'est juste une marque de porridge". No comment.

John Kendrick Bangs, "Une énigme pragmatique" : Les capacités de déduction du grand détective sont tournées en ridicule à travers un Holmes très pompeux qui explique à Watson tout ce qu'il sait de ses faits et gestes récents... en s'appuyant sur des observations sans queue ni tête puisqu'ils ont passé tout ce temps ensemble et que sa capacité de déduction n'a rien à voir là-dedans. Agaçant. A noter au passage quelques moqueries concernant les étudiants américains ("des joueurs de football s'engageant pour un parcours de quatre ans dans une institution savante") et Henry James, que personne ne comprend.

Stephen Leacock, "Tiré par les cheveux" : une bonne ouverture : "A présent, le mystère avait atteint son apogée. Premièrement, l'homme avait, sans nul doute possible, été assassiné. Deuxièmement, personne n'aurait pu le faire, c'était absolument certain." Une histoire courte à l'humour un peu sommaire, mais l'absurde fait davantage sourire ici que dans la plupart des textes précédents. Holmes compte identifier un coupable en recherchant le propriétaire d'un cheveu retrouvé sur le lieu du crime. Après avoir passé les rues au peigne fin, il jette son dévolu sur un homme à casquette qui s'avère être chauve et Holmes, plutôt que de reconnaître son erreur, déclare que l'homme n'en était pas à son premier forfait.

Robert Barr, "Le Mystère de Pegram" : Holmes accepte de résoudre un mystère qui passionne tout Londres, celui d'un homme retrouvé mort dans le compartiment d'un train dans des circonstances inexpliquées. A partir de déductions et de calculs, Holmes conclut à un suicide et retrouve l'arme (que le suicidé a jeté par la fenêtre...). Grâce à lui, la police retrouve les propriétaires de l'arme et, officiellement, les vrais coupables... Un texte un plus abouti, sans être renversant.

Robert Barr, "L'affaire du second butin" : Où l'on découvre le triste sort réservé à Holmes. Un Holmes bête comme ses pieds, il faut bien l'avouer. Ce texte, comme le précédent, est un peu au-dessus du lot.

Vous l'aurez compris, ce recueil présentera probablement davantage d'intérêt aux collectionneurs, qu'ils soient holmesiens ou férus de littérature anglo-saxonne. Une curiosité, sans plus.

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139 p

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes, 2015 (textes : Fin XIXe - 1ères moitié XXe)

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20/01/2018

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques

mc beaton_t6_Vacances-tous-risques.jpgL'été dernier, j'ai accompagné mes vacances d'un livre de circonstance avec Vacances tous risques, le 6e tome de la série Agatha Raisin. Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais, venant d'achever la lecture du tome 7, je me suis sentie un peu obligée de rédiger quelques lignes sur le précédent opus.

Dans cette nouvelle aventure de notre quinquagénaire forte en gueule et détective amatrice, tout commence par un bilan bien triste de la vie sentimentale d'Agatha. Ceux qui ont déjà lu la série savent qu'elle devait épouser son voisin James Lacey (une relation qui s'était nouée tellement rapidement qu'on avait un peu de mal à y croire...), mais que celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle depuis qu'il avait découvert qu'elle n'était pas veuve comme elle le prétendait. "Heureusement", le tome 5 était là pour arranger les choses puisque le mari disparu se faisait assassiner après avoir refait brièvement surface. Bref, après cet épisode, James met les voiles.

C'est à Chypre qu'Agatha va le retrouver. Elle se retrouve rapidement mêlée à un groupe de touristes mal assortis, entre un couple de snobs et des parvenus très vulgaires dont elle ne comprend pas la proximité. Evidemment, comme le veut la tradition raisinesque, un meurtre a lieu. Agatha va profiter de sa proximité au sein de ce groupe pour enquêter tout en croisant le chemin de James... mais aussi celui de l'aristocrate Sir Charles Fraith, avec qui elle aura une petite aventure. 

Je suis devenue une inconditionnelle des aventures d'Agatha Raisin, pour l'ambiance doucement surannée, l'héroïne atypique et les errances à travers les Cotswolds, qui me permettent d'y retourner par procuration. Ce dernier aspect m'a manqué, même si je trouvais intéressant de découvrir Chypre dans les années 1990. Mon souvenir s'est un peu estompé. Pas un coup de coeur, mais il vaut mieux passer par là pour continuer le reste de la série.

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286 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques, 1997

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30/12/2017

Anne Perry, Un Noël en Sicile

perry_noel sicile.jpgLe roman de Noël d'Anne Perry est devenu une tradition pour moi, et cette année plus encore puisque j'ai lu trois titres différents. Avant que l'année ne s'achève je voulais vous présenter l'un d'entre eux. J'ai choisi Un Noël en Sicile, sorti en France pour ce Noël.

Anne Perry semble avoir déserté les salons anglais depuis quelques années, nous faisant  parfois voyager loin de la "perfide" Albion... mais il faut bien se renouveler. Dans ce nouvel opus, James Latterly se rend sur l'île de Stromboli - d'ailleurs, je m'interroge sur le titre français car il me semble que cette île fait partie des îles éoliennes. Je m'attendais à un récit se déroulant vraiment en Sicile.

Bref, James Latterly est un veuf encore jeune. Il a réussi financièrement mais n'est pas satisfait de son parcours et regrette notamment des choix de jeunesse et un manque de caractère, alors qu'il a grandi dans l'ombre d'un frère mort en héros et d'une soeur infirmière volontaire pendant la guerre de Crimée.

Latterly rencontre à son arrivée la jeune Candace, une adolescente orpheline en vacances avec son grand-oncle. Candace et Latterly se lient immédiatement d'amitié malgré leur différence d'âge. Dans la pension du chaleureux Stefano, au pied du volcan, Latterly va également faire la connaissance de personnages peu agréables : Bailey, toujours prêt à critiquer et provoquer ses compagnons de vacances, ainsi que Quinn, terne auteur d'un roman moderne et audacieux. Ce petit groupe est complété par Mrs Bailey, belle femme un peu fade ainsi que le colonel  Bretherton, qui l'admire vivement.

Anne Perry cherche à signer ici un roman d'ambiance, sur l'idée de rédemption, avec un Noël quasi-absent, si ce n'est à la fin, après une terrible épreuve, lorsque les cloches sonnent pour annoncer Noël.

Point de crime de départ : celui-ci n'intervient que dans le dernier tiers, même si on se doute depuis longtemps de l'identité de la future victime. La résolution est bâclée, sans surprise. La situation est même abracadabrante, ou du moins partiellement inexpliquée : par hasard, trois personnes liées par un journal intime se trouveraient en vacances en même temps. Pour le maître chanteur, on peut supposer qu'il ait découvert le journal sur place, mais pour les autres, rien ne nous dit qu'ils avaient une raison de se retrouver dans la même pension familiale de cette île. 

Mais l'intrigue n'est pas la principale préoccupation d'Anne Perry, qui se concentre davantage sur le volcan, personnage à part entière. On découvre un lieu sauvage et un volcan indomptable, imprévisible, qui règne sur l'île et la nature en maître absolu. Ayant effectué quelques séjours dans des îles volcaniques, ces passages évocateurs ont assez bien cerné mon ressenti... on ne découvre pas ce genre de paysage dans l'indifférence. En revanche, j'avoue que je m'attendais à une ambiance un peu différente, plus italienne. L'Italie se résume essentiellement à Stefano et à ses bons plats généreux. Des petits villages, de l'architecture, de l'ambiance, nous ne retrouverons pas grand-chose puisque nous nous attachons uniquement à un petit groupe d'Anglais qui ne se mêlent pas à la vie de l'île.

Pas indispensable, mais agréable et de saison.

Anne (Des Mots et des Notes) a été plus convaincue, je vous invite à lire son joli billet.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

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148 p

Anne Perry, Un Noël en Sicile, 2016


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15/12/2017

Arni Thorarinsson, Le Crime

thorarinsson_crime.jpgEn quête de nouvelles idées de lectures scandinaves, j'ai été intriguée par la couverture d'un court roman d'Arni Thorarinsson, Le Crime. Point de meurtre ou d'enquête ici, en dépit du titre ou de la collection. Il s'agit d'un drame familial et d'un secret qui a détruit la vie d'une famille. Le jour de sa majorité, Frida doit apprendre la raison pour laquelle, quand elle était petite, ses parents se sont brutalement séparés et l'ont confiée à sa grand-mère paternelle. Un choc dont la jeune fille ne s'est jamais remise.

La perspective change à chaque chapitre : 

Le père est un psychologue reconnu, qui a mené une belle carrière, entretient des relations avec des étudiantes. Mais, sous cette façade, il fait des cauchemars effroyables et angoisse à l'idée d'appeler sa fille toute juste majeure pour son anniversaire. 

La mère est complètement détruite. Elle survit grâce à la prostitution mais doit énormément d'argent à des dealers. Les quelques années qui ont passé depuis la séparation l'ont ravagée psychologiquement et physiquement. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et vit dans la précarité.

Frida, la fille, a quitté sa famille pour vivre avec une amie et travaille dans la boutique de celle-ci. Elle nourrit des sentiments très contrastés à l'égard de ses parents, oscillant entre manque, amour et haine. Pour son anniversaire, ses amis ont décidé de forcer son père à lui dire la vérité promise des années plus tôt.

Un roman habilement construit, dont les chapitres s'enchaînent logiquement, les scènes se faisant écho. J'ai trouvé le sujet intéressant et lu ce texte en quelques jours. Je n'hésiterais pas à le recommander même si, à la réflexion, certains points m'ont moins convaincue. Les personnages ont une vie misérable mais j'ai trouvé difficile de s'attacher à eux. La faute sans doute au propos extrême et aux comportements excessifs. Quand le secret tombe (on le devinait déjà avant), on se dit que la démonstration qui est faite de son pouvoir dévastateur est peu nuancée. La chute n'en demeure pas moins touchante et très symbolique.

168 p

Arni Thorarinsson, Le Crime, 2013

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05/12/2017

Ragnar Jónasson, Snjór

jonasson_snjor.jpgMoi qui n'aime pas le froid. Moi qui n'étais pas plus attirée que ça par la littérature scandinave. Moi qui avais tendance à me tromper lorsqu'il s'agissait de situer géographiquement certains pays nordiques (et pourtant, j'ai joué pas mal il y a un certain temps aux Aventuriers du Rail édition pour 3 joueurs en Scandinavie). Moi qui aime beaucoup les polars historiques mais ne lis pas tant de polars contemporains que ça.

Le challenge Décembre Nordique 2016 m'a ouvert de nouvelles perspectives. Une lecture en amenant une autre, j'ai découvert des auteurs passionnants, profité avec enthousiasme d'un long week-end à Copenhague et ouvert de nouveaux polars. D'abord Indridasson et maintenant Snjór, ce merveilleux roman de Ragnar Jónasson que j'ai savouré du début à la fin. Et pourtant, j'ai été servie côté neige, congères, températures indécentes, avalanches et routes bloquées. Je frémis encore d'horreur à ce que à quoi j'ai survécu.

Dans ce roman, le policier en herbe Ari Thór décide de quitter Reykjavik pour Siglufjördur, une petite ville du nord de l'Islande. Même si sa petite amie Kristin vient d'emménager avec lui et qu'il doit se décider immédiatement, il est heureux de décrocher là-bas son premier poste, d'autant plus au regard de la conjoncture économique alarmante. Il part sans le soutien de Kristin et mène dès lors une vie solitaire, gâchée par l'angoisse et le sentiment de claustrophobie que lui cause l'isolement de la ville.

Son métier est assez différent de ce à quoi il s'attendait. Dans une ville où personne ne ferme sa porte à clef, il est davantage sollicité pour aider les habitants que pour distribuer des amendes et donner des leçons. D'autant plus que tout le monde se connaissant, il n'est jamais que l'étranger, bientôt surnommé Révérend car il a eu le malheur de débuter des études de théologie. L'intégration ne s'annonce pas facile. Heureusement pour lui, il se rapproche d'une jeune femme, Ugla, qui ajoute à la situation une dose de confusion quant à ses sentiments amoureux.

Mais bientôt, un écrivain de renom fait une chute brutale à la veille de la première de la troupe locale. Puis une femme est retrouvée à demi-nue et ensanglantée dans son jardin enneigé. Pour une petite ville aussi tranquille, cela fait beaucoup.

Je me suis régalée en découvrant cette communauté soudée, où les étrangers venant de la ville la plus proche et présents depuis des années sont toujours observés avec circonspection, où tout le monde sait tout sur tout le monde, où la police connaît si bien la population qu'elle ne semble pas encline à mener l'enquête. De premiers passages en italique mettant en scène une femme attaquée dans sa maison donnent le ton, mais il faudra presque tout le roman pour découvrir ce qui lui arrive et le lien avec la trame générale. Quant à Ari Thór, c'est un personnage sympathique et ma foi, une nouvelle recrue bien perspicace. Le rythme est lent, l'intrigue se met doucement en place, mais on la savoure d'autant plus.

J'ai hâte que le tome suivant paraisse aux éditions Points ! J'ai consulté le site de l'auteur et apparemment, le tome 1 n'a pas été traduit - le jeune détective est alors étudiant et cherche son père. Dommage ! 

Et bizarrement, ce roman commence à me donner envie d'aller en Islande, malgré la neige et le froid omniprésents pendant cette lecture...

Merci aux éditions Points.

352 p

Ragnar Jónasson, Snjór, 2010

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24/11/2017

Anne Perry, La Disparue de Noël

perry_disparue de noel.jpgAllez, c'est parti ! Ce matin j'ai acheté quelques décorations à personnaliser, je suis en train de me faire un thé chai maison avec tout plein d'épices, je suis enrhubée... autant de signes annonciateurs de Noël ! Pour fêter son arrivée, quoi de mieux qu'un petit crime de Noël comme on les aime ? Voilà donc un chronique très tardive sur une lecture faite il y a des mois de cela pour le mois kiltissime. Un billet qui s'annonce donc pour le moins expérimental.

Si vous avez déjà fait une pause dans mon petit salon littéraire à cette période de l'année, vous avez probablement remarqué que je succombe régulièrement au Anne Perry de Noël, malgré des cuvées inégales.

A la période des fêtes, lors d'une réception mondaine en petit comité à la campagne, Isobel Alvie insulte Gwendolen Kilmuir en lui adressant des sous-entendus à peine voilés quant à son comportement. La jeune veuve entretiendrait-elle des relations inconvenantes avec un domestique ? La remarque blessante est faite en présence d'un parti intéressant semblant prêt à demander Gwendolen Kilmuir en mariage. Le lendemain, la jeune femme est retrouvée morte. Les convives semblent décidés à en faire porter la responsabilité à Isobel. Pour faire pénitence, elle devra annoncer la triste nouvelle et expliquer les circonstances du drame à la famille de Gwendolen.

C'est le début d'un long périple. Accompagnée de Lady Vespasia (personnage récurrent de la série Charlotte et Thomas Pitt), Isobel va entreprendre un voyage périlleux vers une région d'Ecosse encore indomptée par l'homme. Malgré les paysages sauvages et grandioses, le trajet ne s'annonce pas une partie de plaisir. 

Ma lecture date mais j'en garde un très agréable souvenir. Ce n'est pas tant la résolution du mystère qui importe ici que la description minutieuse de la société victorienne et de quelques femmes au caractère bien trempé forcées de faire preuve de courage - malgré tous les défauts d'Isobel. Il est question de rédemption et le récit s'achève sur une note positive. Une lecture cosy qui a le mérite de nous faire voyager et qui donne envie de sillonner l'Ecosse.

Ce titre fait partie de mes récits de Noël d'Anne Perry favoris.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

Ma première participation au Christmas challenge 2017 de Mya Rosa.

126 p

Anne Perry, La Disparue de Noël, 2003

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29/06/2017

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford

granger_brouillard deptford.jpgJ’attendais avec impatience la sortie du tome 6 de la série Ben Ross et Elizabeth Martin d’Ann Granger, que je continue finalement à poursuivre en français  - ma sensibilité aux belles couvertures n’y est pas pour rien, et pour une fois, les couvertures françaises sont plus réussies. Force est de constater que je suis passée à côté de ce roman.

On retrouve l'inspecteur Ross et son épouse Lizzie, dont les points de vue s'entrecroisent et permettent d'enrichir le récit des aventures de chacun. Si j'apprécie beaucoup ce procédé, j'ai trouvé qu'il fonctionnait nettement moins cette fois-ci. Quelle histoire artificielle !

Une femme est retrouvée morte sur un terrain vague, avec une profonde blessure à la tête. On découvre rapidement qu'il s'agit d'une prêteuse sur gage, ce qui ne lui fait logiquement pas beaucoup d'amis. En parallèle, Lizzie apprend que le futur beau-frère de son cousin Frank Carterton est criblé de dettes contractées auprès d'une prêteuse sur gage. Quelle surprise ! Il s'agit de la femme assassinée. Les soupçons vont donc immédiatement se porter sur le jeune homme, mêlant ainsi indirectement Lizzie à l'enquête puisque sa famille sollicite son aide.

Moi qui adore cette série, je me suis un peu ennuyée cette fois-ci. Trop de coïncidences, à commencer par Lizzie, le jeune homme endetté et sa soeur qui tentent d'entrer chez la prêteuse alors que Ben y est déjà en raison de son assassinat. Une enquête qui tourne en rond et avance poussivement selon le fruit du hasard. On n'explore même pas sérieusement la piste des personnes endettées qui auraient pu chercher à se débarrasser de celle qui menaçait de les faire tomber : il suffit de dire que les reconnaissances de dettes ont disparu pour écarter toute cette piste. Quant aux coupables, je les soupçonnais depuis longtemps, avec une surprise finale qui n'en est pas vraiment une si on a lu quelques mystery novels (je savais bien que le mort n'était pas mort...). On croise moins Lizzie cette fois-ci, le rapport entre son récit et celui de Ben est moins équilibré et c'est bien dommage.

Au passage, dans les notes de bas de page on parle des cinq femmes d'Henri VIII, un peu surprenant à moins de considérer qu'Anne de Clèves est à exclure puisque le mariage fut remis en question une fois la promise découverte (et nettement moins séduisante que ne le laissait présager son portrait)? J'ai toujours entendu parler des six femmes d'Henri VIII...

Dans les points positifs : l'accent mis sur la condition injuste de la bonne de la meurtrière, dont la vie s'annonce sombre en raison d'une arthrite sévère ; un passage touchant où un pauvre bougre illettré est en admiration devant le policier venu noter sa déposition ; une remarque du superintendant qui regrette qu'on ne puisse pas engager Mrs Ross car c'est une femme, avant de dire que cela vaut peut-être mieux car on n'aurait alors plus besoin des services de ces messieurs.

Franchement pas le meilleur opus, tout juste passable même si on retrouve avec plaisir les personnages. J'espère que le prochain tome me séduira davantage !

Je ne suis pas dans une bonne période là, car je lutte aussi avec ma lecture en cours (un vrai ramassis d'idioties malgré un bon départ).

Mes précédentes lectures d'Ann Granger, en VF ou VO selon les tomes :

Lu dans le cadre de la Lecture commune autour d'Ann Granger.

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360 p

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford, 2016

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24/06/2017

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire

beaton mc_t5_Pour-le-meilleur-et-pour-le-pire.jpgJe poursuis ma découverte de la série Agatha Raisin avec Pour le Meilleur et pour le Pire, toujours avec le même plaisir. Si je n'ai pas eu la chance de savourer ce tome-ci dans une maison des Cotswolds, cela ne m'a pas empêché de le dévorer au cours d'un week-end prolongé.

[Attention, spoilers dans ce paragraphe pour ceux qui veulent lire la série mais n'ont pas encore lu le tome 4] Agatha Raisin s'apprête enfin à épouser son cher James, à l'issue d'une demande en mariage pour le moins subite. Le jour J, les éléments semblent se liguer contre elle : une crème anti-rides  lui déclenche une irruption de boutons qu'elle doit cacher en se tartinant de couches de fond de teint ; le vent envoie son chapeau dans une flaque boueuse ; et pour finir, le mari qu'elle espérait mort depuis longtemps refait surface pendant la cérémonie. A la crise de couple qui s'ensuit s'ajoute une nouvelle catastrophe : l'ancien époux d'Agatha est assassiné. Agatha et James se mettent à enquêter pour détourner les soupçons qui pèsent sur eux.

Un cinquième tome dans l'esprit des premiers. Agatha et James ne brillent pas vraiment sur cette affaire mais qu'à cela ne tienne, il est toujours aussi agréable de les suivre pendant leurs interventions d'amateurs inconscients du danger. Malgré les meurtres qui s'accumulent, ils continuent à se rendre chez des témoins et meurtriers potentiels et ne pensent que rarement à leur sécurité personnelle. Cette fois-ci, peut-être encore plus que d'habitude, Agatha a beaucoup de chance de s'en sortir !

On retrouve toujours ce petit côté Barnaby revisité avec une héroïne quinquagénaire un peu moins brute de décoffrage qu'avant, mais toujours aussi amusante. Son côté vulnérable ressort davantage et notamment son inquiétude face aux effets du temps qui passe. Notre Agatha est aussi une grande sentimentale finalement. A savourer avec une bonne tasse de thé à portée de main. Une fois encore, j'ai hâte de lire la suite !

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284 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire, 1996

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13/06/2017

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T4, Randonnée Mortelle

mcbeaton_randonnee mortelle.jpgJ'ai profité de mon premier séjour dans les Cotswolds pour découvrir le tome 4 de la série Agatha Raisin. Difficile de faire mieux comme cadre de lecture qu'une petite maison de Moreton-in-Marsh !

Une petite citation de rigueur  : Moreton-in-Marsh est un bourg prospère des Cotswolds dont la rue principale bordée de grands arbres suit une ancienne voie romaine, la Fosse Way. Depuis la décision de l'abbé de Westminster, propriétaire des terres, d'utiliser cet ancien tracé et de fonder un nouveau Moreton en 1222, la ville a toujours été une étape favorite des voyageurs, les marchands de laine des temps médiévaux étant remplacés aujourd'hui par les touristes (p 158).

Agatha Raisin, c'est une quinquagénaire londonienne revêche et brute de décoffrage, qui vient s'installer dans les Cotswolds pour une retraite anticipée après avoir roulé sa bosse avec succès dans le domaine des relations presse. Son arrivée est suivie d'un meurtre et depuis, cette région autrefois pénible est frappée d'assassinats variés aussi bien dans les méthodes que pour leurs motifs, parfois un peu ahurissants. Agatha tombe sous le charme de son voisin célibataire James Lacey, qu'elle tente de séduire maladroitement. Au fil du temps ils se lient d'amitié et enquêtent ensemble sur chaque nouveau cas. Agatha Raisin, c'est un mélange détonnant : c'est un peu Glenn Close quittant Le Diable s'habille en Prada pour jouer les inspecteurs Barnaby. Un mélange cocasse qui fonctionne bien : c'est léger, amusant, les héros sont attachants. Bref, on en redemande !

Le quatrième tome ne fait pas exception à la règle. Agatha a dû accepter une mission de six mois à Londres chez le concurrent qui a racheté sa société lors de son départ anticipé en retraite. Mais notre grande sentimentale se sent bien seule à Londres et a hâte de retrouve son cottage, ses nouveaux amis et son cher James. A son retour, une randonneuse ayant une dent contre les propriétaires terriens et le non respect des droits de passage se fait assassiner. Ni une, ni deux, Agatha et James se font engagés par le principal suspect, prennent un appartement ensemble et rejoignent le groupe de randonneurs en se faisant passer pour un couple marié.

L'enquête est égale aux précédentes intrigues, simple, un bon petit polar cosy à savourer au coin du feu ou au détour d'un chemin de campagne (avec une pelle sous la main, on ne sait jamais). Les échanges entre les protagonistes sont toujours amusants. Je regrette seulement revirement sentimental pour le moins brutal à la fin (et pour ne rien arranger, sans le vouloir j'ai découvert un énorme spoiler en feuilletant au hasard un autre livre de la série lors de mon passage à la librairie de Broadway - autre village des Cotswolds.

Toujours est-il que je ne suis toujours pas lassée des aventures d'Agatha Raisin, loin de là !

Un quatrième tome à savourer une fois de plus !

Lu dans le cadre de la L.C. Agatha Raisin.

Merci aux éditions

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243 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T4, Randonnée Mortelle, 19

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11/04/2017

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

higashino-la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-623808-264-432.jpgVoilà ma première expérience de polar japonais, avec ce roman encensé par la critique et récompensé par le Prix du Polar international de Cognac en 2010.

Sayaka sollicite son ex-petit ami (narrateur de cette histoire) afin de l'aider dans une quête personnelle. La jeune femme ne conserve aucun souvenir de ses années précédant l'entrée au primaire. Suite au décès de son père, elle a retrouvé une clef et un plan. Se souvenant que son père disparaissait parfois pendant plusieurs jours d'affilée autrefois, elle décide de retrouver la maison et espère que cela lui permettra de recouvrer la mémoire par la même occasion. 

Près d'un lac, ils découvrent ainsi une construction de style occidental, cachée entre les arbres. Le temps semble s'y être arrêté. Tous les réveils, horloges et montres indiquent la même heure. La poussière s'est déposée en couches épaisses. Une chambre d'écolier semble figée depuis des années. Le journal du petit garçon qui l'occupait s'est arrêté brutalement. La porte d'entrée est condamnée, il faut ainsi passer par une cave obscure pour accéder à la maison.

Qu'est-il arrivé aux occupants, qui semblent avoir disparu brutalement ? Quel lien avec Sayaka ou son père ?

Un roman policier qui sort des sentiers battus. On se prend même à frissonner à moment donné lorsque le soir tombe - a-t-on vraiment envie de passer la nuit là avec les protagonistes ? Difficile d'en dire davantage sans dévoiler l'intrigue mais voilà avant tout un roman à l'ambiance glaçante très réussie.

Lu dans le cadre de la LC : Un roman policier / thriller.

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256 p

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois, 2010 (pour la publication française)

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