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19/06/2018

Agatha Christie, La Dernière Enigme

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Ce n'est pas une ghost story à proprement parler mais j'ai failli y croire au début... Avec La Dernière Enigme, Agatha Christie nous amène en bord de mer, à Dillmouth, où la jeune Gwenda Halliday-Reed achète une maison en attendant l'arrivée de son époux. Tous deux viennent de Nouvelle-Zélande mais cherchent à s'installer en Angleterre. Gwenda jette son dévolu sur Hillside, une vieille maison située non loin du bord de mer. Néanmoins, lors de la visite, elle est saisie d'un moment d'effroi et demande à la propriétaire si la maison est hantée. Elle décide tout de même d'acheter la demeure et s'y sent très bien dès son arrivée. Elle semble en effet se retrouver chez elle. Malgré tout, des évènements bizarres se succèdent. De drôles d'impression. Cette envie systématique de passer entre deux pièces par une porte qui n'existe pas. Cette idée de décoration dans une chambre, avec un papier très particulier... qu'elle retrouve avec frayeur lorsqu'un placard condamné est enfin forcé par des ouvriers. Puis Gwenda se rend à Londres et lors d'une pièce, dans un accès de terreur, elle est persuadée d'avoir eu la vision d'une femme étranglée au pied de l'escalier de sa nouvelle maison.

Lorsqu'elle rentre chez elle et que son mari la rejoint, Gwenda va réaliser qu'il y a matière à mener l'enquête. Qui est la femme assassinée dans la maison ? Qui l'a tuée ? Une enquête menée avec l'aide de Miss Marple, qui résout là sa dernière énigme.

J'avais commencé ce roman au mois de mars, puis (le croirez-vous ?) j'ai égaré mon exemplaire, à force d'empiler livres et dessins de Petite Lou aux endroits les plus improbables. Après une fouille archéologique un soir, j'ai retrouvé mon roman et lu les 120 dernières pages d'une traite le lendemain.

Je ne suis pas une grand lectrice de cette chère Agatha, du moins comparée à d'autres amateurs. J'ai eu ma période quand j'étais adolescente et depuis, je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas été très constante dans mes lectures... Et pourtant, depuis que je tiens ce blog, je me suis  notamment régalée avec Mon Petit Doigt m'a dit et, dans une moindre mesure, avec L'Hôtel Bertram ou La Maison biscornue. Ce nouveau titre me montre encore le plaisir que j'ai à retrouver l'univers cozy d'Agatha Christie. Assaisonnée ici d'une pointe de surnaturel avec ces débuts aux allures d'histoire de fantôme, La Dernière Enigme avait vraiment tout pour me plaire. Ajoutons aux points positifs le cadre, en bord de mer, avec quelques escapades dans le Northumberland ou Londres. Je n'ai maintenant qu'une envie : sortir un autre de ses titres de ma PAL !

253 p

Agatha Christie, La Dernière Enigme, 1976

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12/06/2018

Agatha Frost, Peridale Cafe T2, Lemonade and Lies

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Pour notre rendez-vous spécial Agatha (Agatha Christie, Raisin ou Frost), j'ai jeté mon dévolu sur le 2e tome de Peridale Café Cozy Mystery, Lemonade and Lies. J'aime toujours autant le titre et la couverture judicieusement associée !

Après sa première enquête, Julia South voit sa vie prendre un nouveau tour. Elle a recueilli Jessie, jeune SDF, en lui proposant de travailler pour elle et de louer sa chambre d'amis pour un prix symbolique. Elle prévoit un premier rendez-vous avec le séduisant inspecteur, Barker. Bref, tout s'annonce bien pour elle... si ce n'est qu'elle reçoit une invitation horriblement parfumée de Katie Wellington-South, la nouvelle femme de son père. Après le décès de sa première épouse, Brian South a confié ses deux filles à la garde de leur grand-mère avant de vivre sa vie, pour finalement épouser une jeune héritière superficielle de l'âge de Julia. Comble de l'horreur, Katie annonce dans l'invitation avoir une annonce à faire. Un bébé serait-il en vue ?

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Forcée de se rendre dans le manoir de celle qu'elle ne veut pas appeler sa belle-mère, Julia retrouve tout le village, réuni pour profiter de la nourriture gratuite et en attente de ragots. L'ambiance retombe quand il s'avère que Katie souhaite seulement leur parler de l'ouverture d'un spa. Puis Charles, le frère de Katie, est défenestré. Voilà de quoi alimenter les discussions à Peridale pour quelques semaines !

Julia ne peut pas s'empêcher de relever quelques indices et de tenter de démontrer de nouveau à Barker qu'elle est plus perspicace que lui. Elle va donc mener l'enquête en parallèle mais, compte tenu de leur relation naissante, elle va finir par collaborer davantage avec la police. Julia est une bonne observatrice mais il faut aussi dire qu'elle bénéficie d'une part de chance dans ses enquêtes, surprenant par hasard des conversations intéressantes, ou tombant sur des preuves en ouvrant la poubelle du meurtrier, parce qu'elle a cassé un mug chez lui et veut jeter les morceaux ! Cette fois-ci sa témérité la mettra davantage en danger.

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Premier ressenti confirmé avec ce 2e opus. C'est léger, l'enquête est assez simple mais on savoure surtout l'ambiance cozy et pleine de fraîcheur. Après quelques jours loin de Peridale, j'ai lu hier soir le premier chapitre du tome suivant avant de m'endormir. On peut dire que c'est une série facilement addictive !

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224 p

Agatha Frost, Peridale Cafe T2, Lemonade and Lies, 2017

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04/06/2018

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death

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Au mois de février, j'ai craqué pour cette belle couverture lors d'un voyage à Londres et je suis revenue avec les deux premiers tomes de la série The Dales Detective series. J'ai choisi le premier tome pour m'accompagner au mois de mai lors d'une dizaine de jours dans le Yorkshire. Nous ne logions pas dans les Dales mais y avons fait une randonnée par une superbe journée.

Voilà pour l'anecdote. Pour ce qui est de cette série qui est également sortie récemment en français, vous y trouverez tous les ingrédients indispensables aux cosy mysteries, les petites vieilles bavardes incluses, la dentelle en moins. Ici nous sommes dans un village au fin fond du Yorkshire, les habitants sont nettement plus bruts de décoffrage. Entre la femme de ménage qui recadre les clients peu soigneux ou le patron de pub maussade, le tout avec un fond de vent et de pluie et une ruralité au quotidien parfois difficile, et vous aurez un environnement nettement plus rude que ceux auxquels nous ont habitué d'autres auteurs. 

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Dans ce contexte, l'ancien rebelle Samson revient dans son village natal après avoir été mis à pied de la police de Londres. Personne n'est au courant des conditions de son retour, même si Samson est de toute façon persona non grata depuis son départ brutal et son absence lors du décès de son meilleur ami. Lorsque le jeune homme ouvre une agence de détective, tout le monde lui rit au nez. Qui pourrait bien avoir besoin de lui dans un bled où il ne se passe jamais rien ? Mais justement, le jour-même, la mère d'un universitaire vient faire appel à ses services. Elle ne croit pas à la thèse du suicide, son fils s'étant en théorie jeté sous un train au petit matin. Bientôt, d'autres morts accidentelles se produisent. Hasard ou plan machiavélique ? Samson va mener l'enquête, mais aussi sa logeuse Delilah, soeur de son meilleur ami et surtout, propriétaire de l'agence de rencontres du village. Dont les clients disparaissent dans de fâcheuses circonstances...

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Une série très prometteuse, que j'ai adoré savourer dans un cottage anglais. Les personnalités sont originales et bien creusées. Le cadre sauvage et superbe des Dales est bien restitué et on retrouve bien l'ambiance un peu abrupte mais sympathique qui caractérise la région. Les petits détails ne manquent pas pour donner vie à ce village où tout le monde se connaît et où la femme d'un universitaire s'est vue simplement mariée "au fils du boucher" en revenant s'installer dans la région. Il y a beaucoup de vérité et d'humour dans la façon dont l'auteur croque ses personnages, et notamment les personnages secondaires qui donnent plus d'aspérité au récit.

J'ai ri en tombant sur ce Travel Guide recommandant une lecture accompagnée d'un Yorkshire Tea et d'un Fat Rascal de chez Betty's Tea Room... exactement ce que j'ai fait ! Le Fat Rascal est un délice et j'ai encore beaucoup de sachets de Yorkshire Tea en prévision des prochains tomes. Ah oui, last but not least, la romance que l'on pressent n'est en aucun cas omniprésente. Pas de mièvrerie dans ce roman et ça, on aime bien ! A bientôt avec les tomes suivants...

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373 p

Julia Chapman, The Dales Detective series, T1, Date with Death, 2017

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01/06/2018

Agatha Frost, Peridale Café T1, Pancakes and corpses

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En ce début de Mois anglais j'ai des envies de légèreté. Pour l'instant j'ai lu deux romans jeunesse et deux cozy mysteries (un 3e est en cours). Commençons donc par présenter Agatha Frost, découverte récemment sur une recommandation de Goodreads

Julia South est revenue à Peridale dans les Cotswolds après avoir été quittée par son mari, avec qui elle vivait depuis des années. A 37 ans, elle possède désormais un petit cottage, roule en Ford Anglia bleue (acqua blue), porte des robes vintage et tient son propre café. L'affaire marche bien et Julia est réputée pour ses talents de pâtissière. Lorsque s'ouvre le premier roman, un nouveau voisin vient d'emménager dans un cottage bradé aux enchères. Mais sa belle allure et son statut d'inspecteur qu'on découvrira très vite rendent les villageois indulgents. Il faut aussi savoir que Peridale étant un petit village où vivent certaines familles depuis longtemps, tout se sait, tout se commente. D'ailleurs, Julia est très bien placée pour entendre les ragots de par son métier.

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Il est plus particulièrement question dans ce roman de Gertrude Smith, organiste de la paroisse et vieille bique malfaisante. Après en avoir brossé un portrait peu flatteur, l'auteur décide de l'assassiner. Roxy, la meilleure amie de Julia, semble être la coupable idéale. Julia se met donc à enquêter et compte bien damer le pion au séduisant inspecteur un peu trop méprisant à son goût.

La couverture fraîche et amusante est à l'image de ce roman léger qui se lit d'une traite. On est loin d'Agatha Raisin dans cette série où, pour l'instant, j'ai simplement fait le tour du village au lieu de me balader dans la région, en compagnie d'une jeune femme douce et non d'une cinquantenaire un brin revêche. Difficile pourtant de ne pas faire de comparaison entre les deux séries. Si les personnages des Peridale Café cozy mysteries sont un peu plus lisses, j'ai savouré Pancake and corpses un thé à la main en ressentant une sympathie immédiate pour cette Julia South qui a les pieds sur terre et pourtant, vit aussi un peu hors du temps. L'intrigue est simple et Julia a parfois de la chance dans les révélations qu'elle surprend, tandis que l'inspecteur est transparent en ce qui concerne l'enquête... on espère que son rôle sera amené à évoluer dans les prochains romans pour que les deux enquêteurs constituent davantage un tandem ! Malgré cette réserve je recommande cette série à tous ceux qui cherchent une lecture délassante et so British. Je suis d'ailleurs en train de lire la suite, dont je devrais vous parler d'ici peu !

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Agatha Frost a l'air de publier ses romans à un rythme étourdissant, il semblerait que la première publication ait eu lieu début 2017, or la série est déjà bien avancée.

212 p

Agatha Frost, Peridale Café Cozy Mystery T1, Pancakes and corpses, 2017

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13/05/2018

Dominique Sylvain, Kabukicho

sylvain_kabukicho.jpgJe n'ai pas eu le temps de partager avec vous cette chronique lors du mois d'avril, et pourtant voilà un roman policier qui sort des sentiers battus. Nous plongeons dans Kabukicho, quartier des plaisirs de Tokyo, où l'Anglaise Kate Sanders est hôtesse. Le récit s'ouvre avec sa disparition, bientôt assortie d'une photo et d'un sms énigmatique envoyé à son père : "Elle dort ici". Une phrase qui rappellera rapidement à l'inspecteur Yamada  la signature d'un tueur en série déjà exécuté.

Mettant tour à tour en avant divers personnages, et notamment l'hôte le plus recherché du quartier, ami de Kate, ainsi que la colocataire et collègue de celle-ci, ce roman tient davantage du thriller que du whodunnit. Ce n'est pas tant la solution de l'énigme qui nous intéresse (on devine ce qu'il en est à la moitié du récit) que la découverte du quartier dont le visage baroque et extravagant masque les côtés plus sombres, entre clubs répugnants et méthodes sommaires de la pègre locale.

Personnages travaillés, complexes et souvent tourmentés, récit mené à un rythme haletant, portrait vibrant d'un quartier déroutant, une chute qui crée la surprise : voilà qui fait de Kabukicho un roman original et très réussi. Un titre qui n'est pas sans rappeler Le Talentueux Mr Ripley, version nippone.  En bémol, sans doute un peu trop de cadavres sur la fin pour rester totalement crédible, mais peu importe, la sauce avait suffisamment pris avant... on avale les dernières pages d'une traite.

Merci aux éditions points pour cette lecture saisissante !

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283 p

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Dominique Sylvain, Kabukicho, 2016

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Et quelques photos de ce quartier :

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26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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18/03/2018

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham

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Nouvelle enquête pour Agatha Raisin, et un peu d'inédit puisque dans ce tome, James Lacey n'apparaît qu'à la dernière page ou presque. Parti en voyage on ne sait où, James va laisser toute sa place à Agatha qui, cette fois-ci, sera accompagnée de Sir Charles Fraith, cet aristocrate que l'on croise régulièrement depuis leur rencontre dans Randonnée mortelle.

Sans James, Agatha se morfond dans son cottage et, comble du désespoir, se découvre de premiers cheveux gris. Elle tente d'y remédier elle-même mais se retrouve avec des cheveux violets... heureusement, la femme du pasteur, Mrs Bloxby, lui recommande un certain Mr John, dont on dit beaucoup de bien. Agatha se rend donc à Evesham, dans un salon bondé où le très séduisant Mr John oeuvre avec art pour un résultat capillaire au-delà de ses espérances. Dans ce salon, on surprend les conversations les plus étonnantes : toutes les femmes d'âge mûr qui s'y rendent adorent se confier à leur coiffeur, qui est aux petits soins avec elles. Et depuis les toilettes, Agatha surprend une dispute entre un homme et une femme, qui se termine par une menace de mort. Très vite, Agatha soupçonne Mr John d'être un maître-chanteur. Elle décide de mener l'enquête, encouragée par Sir Charles qui a du temps à tuer et se réjouit de ce divertissement. 

Une cuvée sympathique, où une Agatha en forme va de nouveau prendre des risques inconsidérés et fourrer son nez dans le passé plus ou moins sordide des clientes de Mr John. Malgré l'expérience, Agatha reste un coeur d'artichaut qui ne se méfie pas suffisamment du beau coiffeur... si elle pense qu'il méprise les vieilles rombières qu'il fait peut-être chanter, elle finit par le croire sincèrement intéressé par sa personne. Le fait d'avoir été séduite par l'assassin dans une aventure précédente n'a visiblement pas suffi à la rendre plus prudente.

Quelques questions restent sans réponse à la fin et j'avais deviné de suite l'identité de la femme de Mr John, que l'on cherche pendant un moment. Néanmoins l'enquête était agréable à suivre et j'ai surtout savouré les personnages secondaires. Roy, égal à lui-même, qui passe en coup de vent mais embrasse Agatha dans l'air, en faisant des sons "mwaa, mwaa" pour imiter le bruit des fausses bises. Mrs Bloxby qui tient tête au pasteur, beaucoup moins charitable qu'elle. Mrs Darry dont le petit chien reçoit un annuaire sur la tête dans une piètre tentative d'Agatha pour gagner du temps avec la police. Et surtout Sir Charles, toujours aussi pingre, opportuniste et égocentrique. Charles prend tout ce qui est bon à prendre, suit le sens du vent et, quand on pourrait commencer à entrevoir une étincelle d'humanité, un soupçon d'affection, il prend ses jambes à son coup ou fait preuve d'une grossièreté sans nom. Un Sir Charles au sommet de sa forme dans cet opus, jusqu'au dernier instant où, grâce à lui, un James Lacey de fort méchante humeur claque la porte de son cottage dès son retour de vacances.

Toujours léger et savoureux, comme un thé dans les Costwolds...

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

250 p

M. C. Beaton, T8, Agatha Raisin & the Wizard of Evesham, 1999

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14/03/2018

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan

springer_enola holmes_t4_pink fan.jpegCela fait presque 4 ans que ce roman de Nancy Springer attendait dans ma PAL. Je l'avais commandé à une période très heureuse où je profitais notamment d'un printemps radieux pour faire de belles lectures au parc. C'était aussi une période où je lisais beaucoup de "mystery novels" et de polars historiques anglais. Voyant fleurir les billet élogieux autour de cette série sur la petite soeur de Sherlock et Mycroft Holmes, j'avais choisi un de ses titres d'après la couverture, pour finalement faire passer d'autres lectures en priorité. Ayant décidé cette année d'exhumer des titres qui sont dans ma PAL depuis trop longtemps, j'ai commencé par jeter mon dévolu sur ce titre-ci. 

Force est de constater que j'aurais sans doute mieux fait de commencer par le commencement et de lire les premières aventures d'Enola Holmes, a minima en BD. Les premières pages ont été un peu abruptes, hors contexte. Qu'est-ce que c'est que cette héroïne qui cherche à fuir ses deux frères et mène une vie extravagante pour son jeune âge et sa condition de femme ? Cela dans une société où la femme est juste bonne à marier pour produire un héritier, quand elle ne travaille pas d'arrache-pied pour payer les pintes de monsieur, selon le milieu social. J'ai eu donc une certaine difficulté à accepter de me laisser happer par l'intrigue, ne croyant pas une seule seconde au postulat de base. Une Enola qui vivrait dans l'East End chez une logeuse s'occupant bien d'elle, dans un confort relatif qui ne cadre pas beaucoup avec les représentations habituelles de ce quartier. Une Enola qui a réussi à monter une agence de détective en se faisant passer pour la secrétaire d'un homme qui n'est jamais présent, qui se déguise à longueur de journée et porte les objets les plus incongrus sur elle au cas où. Bien sûr, cela fait du bien de voir une héroïne audacieuse et peu conventionnelle, mais c'est un peu tiré par les cheveux.

Dans ce tome, Enola aide Lady Cecily Alistair (qu'elle connaît déjà) à échapper à un mariage forcé. Grâce à un message codé inscrit sur un éventail rose que laisse tomber Lady Cecily près d'elle lors d'une rencontre fortuite, Enola comprend que la jeune femme est séquestrée et mène l'enquête pour la délivrer. A l'occasion de ses investigations - souvent nocturnes, on croisera notamment des aristocrates sans scrupule, un Sherlock Holmes charismatique mais moins brillant que ce à quoi on est habitué, un Mycroft toujours pontifiant, un orphelinat, une péniche et un molosse, tout en explorant divers quartiers de la ville.

Une lecture appréciée mais sans plus, je me suis un peu forcée pour en venir à bout rapidement, après quelques jours passés sans lire grand-chose. J'ai les deux premiers tomes des BD à la maison et suis curieuse de les lire pour enfin planter le décor et mieux comprendre les relations que la jeune détective entretient avec ses frères aînés.

183 p

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan, 2008

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02/03/2018

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death

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Dans le village voisin de Carsely, Ancombe, une fontaine emblématique des lieux va être exploitée par un groupe industriel. Les habitants sont divisés, entre ceux qui pensent aux opportunités commerciales et ceux qui s'inquiètent pour l'intégrité du village. Le conseil municipal est lui aussi partagé. Un seul homme réserve son opinion et fera tout basculer. Il est bientôt retrouvé mort à la fontaine, dans laquelle son sang s'écoule.

Après avoir lu les six premiers tomes d'Agatha Raisin en français, j'enchaîne en anglais après avoir trouvé l'ensemble des 20 premiers tomes neufs pour moins de 20 pounds. J'ai donc de quoi voir venir... la lecture d'Agatha Raisin en anglais est très plaisante et lui donne une petite touche locale supplémentaire. J'ai pris un immense plaisir à retrouver cette quinquagénaire de choc dans sa langue d'origine. Et puis, comme l'action se déroule dans les années 90, je sais maintenant dire "épaulettes" en anglais !

C'est le premier tome dont la lecture a été un peu polluée par le visionnage de la série. Si l'adaptation n'a pas grand-chose à voir avec les livres de M.C. Beaton, elle s'amusait à intervertir et emberlificoter les intrigues des premiers romans, ce qui fait que je savais déjà qui était le tueur en ouvrant the Wellspring of Death. Peu importe, on lit plus ces romans pour l'ambiance anglaise et cosy que pour l'intrigue. Je ne trouve pas qu'Agatha soit une très bonne enquêtrice. Elle met son nez partout pour avoir des informations mais elle prend des risques inconsidérés en se rendant seule chez de potentiels suspects et au final, c'est souvent un peu par hasard qu'elle découvre le meurtrier. On peut comprendre que les gens qu'elle interroge soient agacés par sa démarche.

Côté sentiments, la relation entre Agatha et James ressemble davantage à ce qu'elle était au début, malgré un intérêt désormais partagé pour l'autre. On se rembarre, on prétend avoir autre chose à faire mais on s'espionne discrètement... et voir James monter les escaliers à toute vitesse pour voir par la fenêtre qui Agatha reçoit m'a fait gentiment sourire.

Au final, un plaisir de lecture renouvelé, et l'envie de retrouver les Cotswolds. Il n'y a pas à dire, la série perdait un peu de son charme en partant à Chypre. Mon exemplaire est bourré de post-its de répliques amusantes ou de lieux que j'aimerais voir ou revoir. Alors avant de sillonner de nouveau cette belle région, je l'arpenterai par l'imagination en accompagnant Agatha dans ses prochaines aventures !

Une participation au rendez-vous Meurtre à la campagne du British Mysteries Month !

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

293 p

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death, 1998

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15/02/2018

Jennifer Hillier, Wonderland

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Vanessa Castro vient d'être nommée chef-adjointe de la police de Seaside, une petite ville à quelques heures de Seattle où la jeune femme a laissé de vieux démons. Vanessa est accompagnée de ses deux enfants, dont une adolescente furieuse de perdre ses amis et sa maison, quelques mois après le décès de son père. Vanessa s'attendait à un poste calme et sans surprise en arrivant dans cette ville connue pour son parc d'attractions Wonderland. C'était sans compter sur le cadavre retrouvé au pied de la grande roue et le jeune Wonderboy disparu le même jour. Derrière le cadre festif et familial du parc, le lecteur va pénétrer dans ses coulisses plus sombres.

Wonderland a ses défauts et, objectivement, on a un peu de mal avec le recul à trouver l'issue du roman très crédible : la petite station balnéaire cache un nombre de maniaques au mètre carré pour le moins impressionnant. J'ai également lu une critique regrettant le fait qu'il n'y ait pas plus de situations angoissantes propres à un thriller, mais en ce qui me concerne, la montée d'adrénaline sur la dernière centaine de pages était suffisante. J'ai dû m'arracher à ma lecture un peu avant la fin, en pleine angoisse à cause du sort réservé à une adolescente, ce qui n'a pas été loin de gâcher ma journée. Autant dire que j'ai englouti les derniers chapitres avec avidité. De fait, ce livre est un vrai page turner. Jennifer Hillier crée un univers particulier, celui d'une petite communauté corrompue respirant au rythme du parc, un endroit qui, derrière les hotdogs et la grande roue, vous fait froid dans le dos. Sans parler de légendes urbaines au sujet d'un tunnel et d'un cachot sous le musée du Clown...

Certains diront peut-être que l'auteur tire des ficelles convenues et s'inspire de classiques du genre... peu m'importe, moi qui ne suis pas une grande lectrice de thrillers, j'ai trouvé là un cadre original qui a su éveiller ma curiosité.

Alors, êtes-vous prêts à pousser les portes de Wonderland ?

Lu en partenariat avec les éditions Points que je remercie.

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425 p

Jennifer Hillier, Wonderland, 2015

27/01/2018

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes

collectif_Les-Avatars-de-Sherlock-Holmes.jpgDifficile de résister aux belles couvertures de la collection consacrée à Sherlock Holmes par les éditions Rivage / Noir. J'ai encore beaucoup à apprendre sur Holmes mais, comme toute amatrice de l'Angleterre qui se respecte, j'ai toujours été attirée par ce personnage que l'on connaît souvent davantage à travers les adaptations que par les romans et nouvelles d'origine - Le Chien des Baskerville mis à part.

Les Avatars de Sherlock Holmes réunit une série de pastiches de la fin du XIXe / 1ère moitié du XXe, comptant parmi leurs auteurs James M. Barrie, A. A. Milne ou encore P.G. Wodehouse. C'est donc la curiosité qui m'a poussée à découvrir ces courtes nouvelles assez inégales.

James M. Barrie, "Une soirée avec Sherlock Holmes" : texte relativement amusant où le narrateur dit avoir demandé à rencontrer le grand Sherlock lors d'une soirée, pour le battre à plate couture sur son domaine d'excellence, soit sa capacité à deviner "d'un seul coup d'oeil le menu de votre dîner du jeudi précédent".

P.G. Wodehouse, "Extraits du carnet d'un détective" : dans un club de gentlemen, un homme explique comment il a démasqué Holmes, qui serait en réalité un criminel. Il déroule son raisonnement totalement tiré par les cheveux. C'est là que réside l'humour mais venant de cet auteur on aurait pu s'attendre à plus drôle. Where is Jeeves ?! Le seul trait d'humour qui m'ait arraché un sourire figure à la première page.

E.F. Benson et Eustace H. Miles, "Le Retour de Sherlock Holmes" : voilà qui me rappelle les récits Mapp & Lucia repérés pour la première fois en visitant la maison de Henry James à Rye, j'aurais sans doute mieux fait de commencer par là ! Un texte où l'on découvre que Sherlock n'a pas disparu dans les chutes à cause de Moriarty, mais qu'il a fui Watson car il ne le supportait plus. Heureusement, il revient pour le meilleur et pour le pire, en disant "il y a en vous quelque chose qui l'emporte sur tout cela, je l'ai compris (il vient de dresser la liste de ses défauts). C'est votre incomparable médiocrité d'esprit et de style, qui se trouve être le médium le plus adapté pour narrer mes aventures, car il laisse l'esprit du lecteur entièrement libre pour suivre ce que je fais."

A. A. Milne, "L'enlèvement de Sherlock" : quelques pages qui, à vrai dire, ne méritent pas que l'on parle d'elles. La finesse du texte se résume à sa touche finale, "[Moriarty] n'existe pas, dit-il. C'est juste une marque de porridge". No comment.

John Kendrick Bangs, "Une énigme pragmatique" : Les capacités de déduction du grand détective sont tournées en ridicule à travers un Holmes très pompeux qui explique à Watson tout ce qu'il sait de ses faits et gestes récents... en s'appuyant sur des observations sans queue ni tête puisqu'ils ont passé tout ce temps ensemble et que sa capacité de déduction n'a rien à voir là-dedans. Agaçant. A noter au passage quelques moqueries concernant les étudiants américains ("des joueurs de football s'engageant pour un parcours de quatre ans dans une institution savante") et Henry James, que personne ne comprend.

Stephen Leacock, "Tiré par les cheveux" : une bonne ouverture : "A présent, le mystère avait atteint son apogée. Premièrement, l'homme avait, sans nul doute possible, été assassiné. Deuxièmement, personne n'aurait pu le faire, c'était absolument certain." Une histoire courte à l'humour un peu sommaire, mais l'absurde fait davantage sourire ici que dans la plupart des textes précédents. Holmes compte identifier un coupable en recherchant le propriétaire d'un cheveu retrouvé sur le lieu du crime. Après avoir passé les rues au peigne fin, il jette son dévolu sur un homme à casquette qui s'avère être chauve et Holmes, plutôt que de reconnaître son erreur, déclare que l'homme n'en était pas à son premier forfait.

Robert Barr, "Le Mystère de Pegram" : Holmes accepte de résoudre un mystère qui passionne tout Londres, celui d'un homme retrouvé mort dans le compartiment d'un train dans des circonstances inexpliquées. A partir de déductions et de calculs, Holmes conclut à un suicide et retrouve l'arme (que le suicidé a jeté par la fenêtre...). Grâce à lui, la police retrouve les propriétaires de l'arme et, officiellement, les vrais coupables... Un texte un plus abouti, sans être renversant.

Robert Barr, "L'affaire du second butin" : Où l'on découvre le triste sort réservé à Holmes. Un Holmes bête comme ses pieds, il faut bien l'avouer. Ce texte, comme le précédent, est un peu au-dessus du lot.

Vous l'aurez compris, ce recueil présentera probablement davantage d'intérêt aux collectionneurs, qu'ils soient holmesiens ou férus de littérature anglo-saxonne. Une curiosité, sans plus.

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139 p

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes, 2015 (textes : Fin XIXe - 1ères moitié XXe)

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20/01/2018

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques

mc beaton_t6_Vacances-tous-risques.jpgL'été dernier, j'ai accompagné mes vacances d'un livre de circonstance avec Vacances tous risques, le 6e tome de la série Agatha Raisin. Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais, venant d'achever la lecture du tome 7, je me suis sentie un peu obligée de rédiger quelques lignes sur le précédent opus.

Dans cette nouvelle aventure de notre quinquagénaire forte en gueule et détective amatrice, tout commence par un bilan bien triste de la vie sentimentale d'Agatha. Ceux qui ont déjà lu la série savent qu'elle devait épouser son voisin James Lacey (une relation qui s'était nouée tellement rapidement qu'on avait un peu de mal à y croire...), mais que celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle depuis qu'il avait découvert qu'elle n'était pas veuve comme elle le prétendait. "Heureusement", le tome 5 était là pour arranger les choses puisque le mari disparu se faisait assassiner après avoir refait brièvement surface. Bref, après cet épisode, James met les voiles.

C'est à Chypre qu'Agatha va le retrouver. Elle se retrouve rapidement mêlée à un groupe de touristes mal assortis, entre un couple de snobs et des parvenus très vulgaires dont elle ne comprend pas la proximité. Evidemment, comme le veut la tradition raisinesque, un meurtre a lieu. Agatha va profiter de sa proximité au sein de ce groupe pour enquêter tout en croisant le chemin de James... mais aussi celui de l'aristocrate Sir Charles Fraith, avec qui elle aura une petite aventure. 

Je suis devenue une inconditionnelle des aventures d'Agatha Raisin, pour l'ambiance doucement surannée, l'héroïne atypique et les errances à travers les Cotswolds, qui me permettent d'y retourner par procuration. Ce dernier aspect m'a manqué, même si je trouvais intéressant de découvrir Chypre dans les années 1990. Mon souvenir s'est un peu estompé. Pas un coup de coeur, mais il vaut mieux passer par là pour continuer le reste de la série.

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286 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques, 1997

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30/12/2017

Anne Perry, Un Noël en Sicile

perry_noel sicile.jpgLe roman de Noël d'Anne Perry est devenu une tradition pour moi, et cette année plus encore puisque j'ai lu trois titres différents. Avant que l'année ne s'achève je voulais vous présenter l'un d'entre eux. J'ai choisi Un Noël en Sicile, sorti en France pour ce Noël.

Anne Perry semble avoir déserté les salons anglais depuis quelques années, nous faisant  parfois voyager loin de la "perfide" Albion... mais il faut bien se renouveler. Dans ce nouvel opus, James Latterly se rend sur l'île de Stromboli - d'ailleurs, je m'interroge sur le titre français car il me semble que cette île fait partie des îles éoliennes. Je m'attendais à un récit se déroulant vraiment en Sicile.

Bref, James Latterly est un veuf encore jeune. Il a réussi financièrement mais n'est pas satisfait de son parcours et regrette notamment des choix de jeunesse et un manque de caractère, alors qu'il a grandi dans l'ombre d'un frère mort en héros et d'une soeur infirmière volontaire pendant la guerre de Crimée.

Latterly rencontre à son arrivée la jeune Candace, une adolescente orpheline en vacances avec son grand-oncle. Candace et Latterly se lient immédiatement d'amitié malgré leur différence d'âge. Dans la pension du chaleureux Stefano, au pied du volcan, Latterly va également faire la connaissance de personnages peu agréables : Bailey, toujours prêt à critiquer et provoquer ses compagnons de vacances, ainsi que Quinn, terne auteur d'un roman moderne et audacieux. Ce petit groupe est complété par Mrs Bailey, belle femme un peu fade ainsi que le colonel  Bretherton, qui l'admire vivement.

Anne Perry cherche à signer ici un roman d'ambiance, sur l'idée de rédemption, avec un Noël quasi-absent, si ce n'est à la fin, après une terrible épreuve, lorsque les cloches sonnent pour annoncer Noël.

Point de crime de départ : celui-ci n'intervient que dans le dernier tiers, même si on se doute depuis longtemps de l'identité de la future victime. La résolution est bâclée, sans surprise. La situation est même abracadabrante, ou du moins partiellement inexpliquée : par hasard, trois personnes liées par un journal intime se trouveraient en vacances en même temps. Pour le maître chanteur, on peut supposer qu'il ait découvert le journal sur place, mais pour les autres, rien ne nous dit qu'ils avaient une raison de se retrouver dans la même pension familiale de cette île. 

Mais l'intrigue n'est pas la principale préoccupation d'Anne Perry, qui se concentre davantage sur le volcan, personnage à part entière. On découvre un lieu sauvage et un volcan indomptable, imprévisible, qui règne sur l'île et la nature en maître absolu. Ayant effectué quelques séjours dans des îles volcaniques, ces passages évocateurs ont assez bien cerné mon ressenti... on ne découvre pas ce genre de paysage dans l'indifférence. En revanche, j'avoue que je m'attendais à une ambiance un peu différente, plus italienne. L'Italie se résume essentiellement à Stefano et à ses bons plats généreux. Des petits villages, de l'architecture, de l'ambiance, nous ne retrouverons pas grand-chose puisque nous nous attachons uniquement à un petit groupe d'Anglais qui ne se mêlent pas à la vie de l'île.

Pas indispensable, mais agréable et de saison.

Anne (Des Mots et des Notes) a été plus convaincue, je vous invite à lire son joli billet.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

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148 p

Anne Perry, Un Noël en Sicile, 2016


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15/12/2017

Arni Thorarinsson, Le Crime

thorarinsson_crime.jpgEn quête de nouvelles idées de lectures scandinaves, j'ai été intriguée par la couverture d'un court roman d'Arni Thorarinsson, Le Crime. Point de meurtre ou d'enquête ici, en dépit du titre ou de la collection. Il s'agit d'un drame familial et d'un secret qui a détruit la vie d'une famille. Le jour de sa majorité, Frida doit apprendre la raison pour laquelle, quand elle était petite, ses parents se sont brutalement séparés et l'ont confiée à sa grand-mère paternelle. Un choc dont la jeune fille ne s'est jamais remise.

La perspective change à chaque chapitre : 

Le père est un psychologue reconnu, qui a mené une belle carrière, entretient des relations avec des étudiantes. Mais, sous cette façade, il fait des cauchemars effroyables et angoisse à l'idée d'appeler sa fille toute juste majeure pour son anniversaire. 

La mère est complètement détruite. Elle survit grâce à la prostitution mais doit énormément d'argent à des dealers. Les quelques années qui ont passé depuis la séparation l'ont ravagée psychologiquement et physiquement. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et vit dans la précarité.

Frida, la fille, a quitté sa famille pour vivre avec une amie et travaille dans la boutique de celle-ci. Elle nourrit des sentiments très contrastés à l'égard de ses parents, oscillant entre manque, amour et haine. Pour son anniversaire, ses amis ont décidé de forcer son père à lui dire la vérité promise des années plus tôt.

Un roman habilement construit, dont les chapitres s'enchaînent logiquement, les scènes se faisant écho. J'ai trouvé le sujet intéressant et lu ce texte en quelques jours. Je n'hésiterais pas à le recommander même si, à la réflexion, certains points m'ont moins convaincue. Les personnages ont une vie misérable mais j'ai trouvé difficile de s'attacher à eux. La faute sans doute au propos extrême et aux comportements excessifs. Quand le secret tombe (on le devinait déjà avant), on se dit que la démonstration qui est faite de son pouvoir dévastateur est peu nuancée. La chute n'en demeure pas moins touchante et très symbolique.

168 p

Arni Thorarinsson, Le Crime, 2013

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05/12/2017

Ragnar Jónasson, Snjór

jonasson_snjor.jpgMoi qui n'aime pas le froid. Moi qui n'étais pas plus attirée que ça par la littérature scandinave. Moi qui avais tendance à me tromper lorsqu'il s'agissait de situer géographiquement certains pays nordiques (et pourtant, j'ai joué pas mal il y a un certain temps aux Aventuriers du Rail édition pour 3 joueurs en Scandinavie). Moi qui aime beaucoup les polars historiques mais ne lis pas tant de polars contemporains que ça.

Le challenge Décembre Nordique 2016 m'a ouvert de nouvelles perspectives. Une lecture en amenant une autre, j'ai découvert des auteurs passionnants, profité avec enthousiasme d'un long week-end à Copenhague et ouvert de nouveaux polars. D'abord Indridasson et maintenant Snjór, ce merveilleux roman de Ragnar Jónasson que j'ai savouré du début à la fin. Et pourtant, j'ai été servie côté neige, congères, températures indécentes, avalanches et routes bloquées. Je frémis encore d'horreur à ce que à quoi j'ai survécu.

Dans ce roman, le policier en herbe Ari Thór décide de quitter Reykjavik pour Siglufjördur, une petite ville du nord de l'Islande. Même si sa petite amie Kristin vient d'emménager avec lui et qu'il doit se décider immédiatement, il est heureux de décrocher là-bas son premier poste, d'autant plus au regard de la conjoncture économique alarmante. Il part sans le soutien de Kristin et mène dès lors une vie solitaire, gâchée par l'angoisse et le sentiment de claustrophobie que lui cause l'isolement de la ville.

Son métier est assez différent de ce à quoi il s'attendait. Dans une ville où personne ne ferme sa porte à clef, il est davantage sollicité pour aider les habitants que pour distribuer des amendes et donner des leçons. D'autant plus que tout le monde se connaissant, il n'est jamais que l'étranger, bientôt surnommé Révérend car il a eu le malheur de débuter des études de théologie. L'intégration ne s'annonce pas facile. Heureusement pour lui, il se rapproche d'une jeune femme, Ugla, qui ajoute à la situation une dose de confusion quant à ses sentiments amoureux.

Mais bientôt, un écrivain de renom fait une chute brutale à la veille de la première de la troupe locale. Puis une femme est retrouvée à demi-nue et ensanglantée dans son jardin enneigé. Pour une petite ville aussi tranquille, cela fait beaucoup.

Je me suis régalée en découvrant cette communauté soudée, où les étrangers venant de la ville la plus proche et présents depuis des années sont toujours observés avec circonspection, où tout le monde sait tout sur tout le monde, où la police connaît si bien la population qu'elle ne semble pas encline à mener l'enquête. De premiers passages en italique mettant en scène une femme attaquée dans sa maison donnent le ton, mais il faudra presque tout le roman pour découvrir ce qui lui arrive et le lien avec la trame générale. Quant à Ari Thór, c'est un personnage sympathique et ma foi, une nouvelle recrue bien perspicace. Le rythme est lent, l'intrigue se met doucement en place, mais on la savoure d'autant plus.

J'ai hâte que le tome suivant paraisse aux éditions Points ! J'ai consulté le site de l'auteur et apparemment, le tome 1 n'a pas été traduit - le jeune détective est alors étudiant et cherche son père. Dommage ! 

Et bizarrement, ce roman commence à me donner envie d'aller en Islande, malgré la neige et le froid omniprésents pendant cette lecture...

Merci aux éditions Points.

352 p

Ragnar Jónasson, Snjór, 2010

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