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19/02/2011

Un séjour en Moravie

legatova_zelary.jpgEn 2008, grâce à ma cousine qui avait été marquée par cette lecture, j'ai découvert le très beau roman La Belle de Joza de Kveta Legatova. J'ai enfin terminé il y a quelques jours le deuxième livre du même auteur publié en France, Ceux de Zelary. Très joli ensemble de textes courts qui s'entremêlent, avec des personnages que l'on croise à plusieurs reprises et des sauts dans le temps qui permettent de mieux comprendre quelques secrets évoqués lors des premiers récits.

Il y est question d'un petit village de Moravie, de ses habitants et de leur vie de tous les jours. Leurs travaux, leurs histoires familiales au passé parfois lourd, leurs aspirations, leurs conflits, voilà ce qui anime ce texte portant sur un mode de vie aujourd'hui pratiquement oublié.

C'est une vie dure que dépeint Kveta Legatova : les enfants sont souvent de vraies pestes qui ne se font jamais de cadeaux, les femmes battues ne manquent pas, les hommes vont noyer leurs soirées à la taverne, au risque de sombrer un peu plus dans la misère. Il y a quelques personnages hauts en couleur : Lucka, la guérisseuse crainte et respectée qui fait souvent concurrence au docteur et s'est liée d'amitié avec le curé ; Lipka, orphelin maltraité par son oncle, garnement attachant à la peau dure ; Helenka, son amie fidèle, petite futée qui se bat contre de plus forts sans crainte des conséquences (une petite Don Quichotte au coeur courageux et à la langue acérée) ; Zena, qui transforme le moindre fil de fer tordu en or grâce à ses doigts de fée ; l'ingénieur Selda, amoureux malheureux.. voilà en tout cas ceux qui m'ont le plus marquée.

aste.jpgSans avoir été pour moi un coup de coeur, comme La Belle de Joza, ce livre a su me séduire à travers les personnalités taillées dans un matériau brut qui se livrent à nous à travers ces neuf récits. A ceux qui ne la connaissent pas je conseille vivement de découvrir Kveta Legatova, en espérant que ses écrits leur plairont autant qu'à moi.

Merci beaucoup à Denis et aux éditions Noir sur Blanc pour ce voyage en Moravie.

Un billet dédié à mes grands-mères Anne et Catherine dont le monde était sans doute plus proche de celui de Kveta Legatova que de celui qui m'a vu grandir, et a disparu un peu plus avec leur départ, très récent pour l'une d'elles (d'où mon silence ces dernières semaines).

(L'église est celle d'Asté, petit village sans doute assez semblable à Zelary)

377 p

Kveta Legatova, Ceux de Zelary, 2001

(Version française : 2010, Editions Noir sur Blanc)

08/09/2010

A Varsovie

werbowski_hotel polski.jpgEntre le Canada et l'Europe, Hôtel Polski est l'histoire d'Anna et Joachim, elle juive et lui soldat nazi pendant la guerre. C'est aussi celle d'Eva et de Heinrich, leurs enfants, qui revivent à cinquante ans d'écart la rencontre de leurs parents désormais décédés.

J'avais déjà lu un texte de Werbowski et une fois de plus, je suis charmée par le contraste entre l'impression de sérénité et de calme qui se dégage du texte, et la succession de faits importants qui mènent très rapidement le lecteur vers la chute (attendue). Beaucoup de délicatesse en somme chez cet auteur chez qui j'aime me ressourcer. Je n'ai simplement pas adhéré au léger conflit entre les enfants, qui se traduit par l'agressivité d'Eva envers Heinrich pour la simple raison qu'il est allemand. Reprocher à quelqu'un sa nationalité en raison de faits antérieurs à sa naissance ne me semble pas invraisemblable pour deux personnes de la génération des personnages, mais j'ai trouvé le sujet mal amené – un peu trop brusquement et sans être ensuite réellement exploité. Mais il ne s'agit que de quelques paragraphes et hormis cela, je me suis régalée, tout en regrettant que ce roman ne soit pas un peu plus long afin de suivre les personnages après leur écart (là où justement les choses se compliquent réellement).

L'hôtel a vraiment existé.

Et l'avis de Sylvie Germain sur Tecia Werbowski : « Les récits de Tecia Werbowski sont très brefs, très condensés, mais aussi empreints d'une certaine légèreté, d'une sorte de grâce ».

Ici vous pouvez aussi trouver une chronique de lecture sur L'Oblomova.

76 p

Tecia Werbowski, Hôtel Polski, 2008 (réédition)

14/01/2009

Oblomovons !

werbowski.jpgInspiré de l’Oblomov de Gontcharov (qu’il va me falloir enfin lire), L’Oblomova est un curieux récit dont la narratrice cherche à tout prix la tranquillité. Orpheline polonaise devenue traductrice, elle est désormais veuve d’Andrzej, un homme d’affaires fortuné nettement plus âgé qu’elle. Celui-ci lui ayant laissé sa fortune à condition qu’elle travaille, l’héroïne provoque un accident de voiture pour justifier l’utilisation d’un fauteuil roulant et simuler une maladie plus ou moins fictive.

Assez contemplatif (cela m’a d’ailleurs fait penser à une autre histoire de chat), ce livre a pour thème principal la paresse, qui se traduit par l’indolence, les petites manies, le quête de repos, la fuite des ennuis ou de toute activité non souhaitée par la narratrice. Un exemple amusant pourrait être celui-ci : « Le soir, j’ai commencé à lire le récit de Roald Dahl The Landlady. Ça m’a fait penser que je pourrais au fond, louer une chambre avec salle de bains : la maison est si grande et parfois, la nuit, je ne me sens pas à mon aise. » (p 32) L’indifférence apparente de la narratrice touche jusqu’à la trame du récit qu’elle est en train de lire, puisque l’histoire d’une tueuse en série empaillant ses locataires lui suggère un simple rapprochement avec sa condition actuelle de personne isolée ayant une chambre à louer. Le fait que cette lecture lui fasse penser à la location comme un pas vers la tranquillité est délicieusement ironique !

Ce personnage excentrique est obsédé par certains sujets, à commencer par les animaux, avec les chats Minou et Professeur Blum, que l’héroïne enchaîne dans son jardin pour les empêcher de s’aventurer sur la route… sans parler de ses dons à la SPA ou de ses impulsions protectrices. Les hommes font aussi partie des fixations de l’Oblomova : sensible au charme des hommes d’action canadiens, elle a un faible pour les pompiers ou les policiers, devant lesquels elle adopterait presque un comportement possessif. C’est peut-être la raison qui la pousse à enfermer dans la cave la grossière employée qui a remplacé le charmant jeune homme de la compagnie des eaux, qu’elle se faisait une joie d’accueillir pour la vérification du compteur. Cette scène un brin sadique illustre bien son rapport difficile aux personnes qui l’importunent – les femmes relevant visiblement toujours de cette deuxième catégorie.

La narratrice a une vision finalement assez cynique du Canada, qu’elle oppose à plusieurs reprises à l’Europe qui, outre quelques souvenirs de l’orphelinat, est aussi décrite comme une terre plus personnelle, comme lorsqu’elle évoque brièvement les cimetières entretenus par les proches dans un cas, par une entreprise dans l’autre.

« L’automne canadien, c’est une explosion de toutes les couleurs impressionnistes possibles. Le jaune, on dirait l’œuf d’or du conte russe. Le bronze discret et le rouge agressif se fondent en une couleur de vin séculaire, bordeaux ou sang de taureau, un extraordinaire arc-en-ciel fixé dans ce feuillage. Un miracle de la nature. » (p41)

Les saisons passent, et la narratrice est fascinée par l’hiver, qui lui permet de garder ses chats auprès d’elle et de rester au lit à paresser. Toujours avec la crainte d’être dérangée dans son havre de paix. « Une chose doit arriver, quelqu’un viendra. Et puis, ce soulagement : personne ne viendra, rien ne se passera. » (p13)

La mélancolie finit par aboutir à une autre obsession : celle du suicide, en particulier en faisant référence à des personnalités mortes de cette façon comme Romain Gary. Cet acte que la narratrice envisage de commettre pour enfin goûter au grand sommeil est abordé avec détachement, indifférence, passivité. Enfin, le destin frappe à sa porte, ponctuant joliment ce récit où le temps échappe à celle qui cherche à contrôler toute sa vie… bien que le temps n’ait pas d’importance pour elle.

Emaillé de références littéraires et musicales, ce livre m’a vraiment plu. C’est un texte court mais, s’il évoque le laisser-aller et le temps qui semble filer entre nos doigts, il est plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. Les thèmes qu’il aborde sont nombreux et son Oblomova est moins satisfaite de son sort qu’elle ne le semble a priori. Ecrit simplement mais avec élégance, ce récit où il ne se passe apparemment rien est en fait si séduisant qu’on peine à s’en arracher avant la fin. Un texte très fin qui m’a fait un peu méditer mais qui surtout a été un moment exquis où, paresseuse, allongée sur mon lit, j’ai savouré ces quelques pages en éprouvant moi aussi un sentiment de volupté à ne « presque » rien faire…

Malice en parle aussi, ainsi que de deux autres textes publiés chez Actes Sud puis réédités par Les Allusifs récemment – j’en parlerai aussi prochainement car ils figurent dans ma PAL.

werbowski_hotel polski.jpgwerbowski_mur entre nous.jpg

47 p

Tecia Werbowski, L’Oblomova, 1997 pour la première parution en France

24/07/2008

La Belle et la Bête ?

legatova_belle_joza.jpg(Ce billet et les quelques suivants ont été rédigés à Royan où je n’avais pas accès à Internet et seront publiés – encore ! alors que je serai en Saxe autour de Leipzig, entre forêts et lacs… les vacances continuent, mais encore une fois je tarderai un peu à lire vos commentaires)

Les pieds dans l’eau pendant son petit séjour hautement océanique, Miss Lou a également pensé à charger son sac de plage avec tout un tas de bouquins pouvant à terme déboucher sur quelques conseils de lecture pour vous, petits curieux !

Par le plus grand des hasards et surtout grâce à ma cousine qui m’a prêté ce livre, je m’apprête donc à vous parler d’un roman tchèque (toute revigorée que je suis par mes batifolages aquatiques de l’après-midi). Je connais peu (ou pas) la littérature slave et je ne suis pas sure d’avoir déjà lu un roman tchèque avant celui-ci. Erreur à laquelle je devrais remédier au plus vite si la littérature tchèque produit souvent des textes aussi réussis que celui que je viens de lire.

L’histoire est celle, très touchante, d’une jeune médecin jouant les messagers clandestins pendant la deuxième guerre mondiale. Ses missions lui semblent d’une facilité déconcertante et elle ne flaire pas le danger jusqu’au jour où son groupe de résistants est découvert. Grâce aux précautions prises par un ami, l’héroïne est sauvée à temps : elle devra donc quitter sa ville et changer d’identité. Pour ce faire, elle devra épouser Joza, un patient défiguré, formidable conteur qu’elle considérait avec bienveillance avant de découvrir leur union prochaine. La médecin, athée, femme moderne, indépendante, ambitieuse, est contrainte de s’installer dans un petit village montagnard peuplé de rustres et d’ivrognes pour lesquels la femme doit nécessairement accepter d’être dominée. Choc des cultures auquel il faut ajouter les épousailles avec un homme qui la répugne, l’installation dans une masure d’une autre époque, la présence envahissante de femmes qui viennent s’immiscer dans sa vie. Parmi elle, Zena, qui a mis son grain de sel dans le choix des meubles avant son arrivée, ou encore Lucka, guérisseuse aux pratiques déconcertantes.

Voilà un roman très fin dans lequel se développent de nombreux thèmes autour d’une histoire assez simple, moins marquée par les péripéties que par les subtils changements qui s’opèrent en Eliska et dans les relations qu’elle entretient avec ses nouveaux compagnons. Face à cette héroïne écorchée vive, audacieuse, presque insolente, beaucoup de chemins s’ouvrent : le séjour en montagne sera-t-il une brève interlude avant de reprendre une vie abandonnée précipitamment ? Eliska sera-t-elle enchaînée à son nouvel environnement plus longtemps ? Sera-t-elle désormais épargnée par la guerre, dont la menace pèse toujours ? Et qu’attendre de ses relations avec le nouvel époux : convention tacite entre la combattante en fuite et le protecteur ? rapports de couple imposés ? haine ? amour ? respect ? abandon ? dégoût ?

Le don de soi opposé à la domination : voilà encore deux pistes de lecture invitant à la réflexion. Dès le début, devant celui qui est présenté comme le futur maître, la peur de la narratrice est palpable et laisse espérer le pire d’une relation dont elle n’attend rien, hormis la violence. Celle-ci, envisagée immédiatement avec une lucidité déconcertante, semble rattachée au passé trouble d’Eliska, dont on ne sait rien hormis les impressions fugaces laissées par quelques commentaires.

Enfin, la fragilité psychologique de la narratrice donne à son récit une dimension supplémentaire : apeurée dans la première partie du roman, elle va devoir affronter ses appréhensions ; l’issue de cette confrontation avec un nouvel environnement et un nouveau compagnon n’en est que plus incertaine.

A la construction parfaite, à l’histoire magnifique aux personnages complexes se greffe un style pur, souvent très poétique. Un très beau roman et une entrée remarquée dans le monde littéraire pour cet écrivain publiant pour la première fois à l’âge de 82 ans. Un 2e livre intitulé Zelary (à paraître prochainement en France) a été extrêmement bien accueilli dans son pays.

Un conseil : ne lisez pas le quatrième de couverture qui en dévoile déjà trop sur les liens qui vont se tisser entre les personnages, laissant entrevoir trop clairement la trame de l’histoire.

Extraits :

« Les cieux liquides se déversant sur mes épaules »

« Je n’aurais jamais cru qu’un paysage pût être terrifiant. A présent je le sais d’expérience. La forêt était percée de rochers livides autour desquels s’entremêlaient de tortueux sentiers. Ils étaient reliés entre eux avec une absurdité à vous faire perdre la tête, se croisant de telle manière qu’il était possible d’y tourner en rond à l’infini. Dans la vallée, une rivière rugissait. Elle était si vive qu’on ne pouvait la traverser que lors des étés torrides, quand le niveau de l’eau baissait et laissait émerger les pierres. Le sifflement ininterrompu du vent venait de tous les points cardinaux. Je n’étais entourée de silence que sur de ridicules petits plateaux, ici sablonneux, là herbeux, ailleurs moussus et imbibés d’une eau jaillissant de sources cachées un peu partout. Mais, au bout d’un moment, ce silence me paraissait abominable. »

«  Dès le premier jour, on m’avait bien fait comprendre mon état de femme.

Je me sentais abandonnée, vouée aux grâces et disgrâces que voudrait bien m’accorder ce village inexistant. Mes vieilles certitudes étaient détruites par les grondements de la rivière, dispersées par l’air saturé d’odeurs inconnues, noyées dans des trombes de couleurs allant du léger roux de la terre jusqu’au ciel changeant, en passant par les teintes de vert les plus nuancées.

Dans les moments où je revenais à moi-même, je spéculais avec sang-froid sur l’instant où j’allais devenir folle ici. »

Une certaine fatalité et des vies simples : « Il avait reçu de ses mains le livret d’épargne que sa mère n’avait jamais entamé et dont elle voulait que son fils prît soin. Il l’avait perdu en déménageant pour Zélary. »

Perdue :

« Aux premières gouttes, je fis demi-tour avec mon panier presque plein et me frayai un chemin dans les broussailles pour rentrer. Je m’arrêtai net dans une clairière : ce n’était pas celle qui surplombait notre chaumière. Mon cœur se mit à cogner. Devant moi, un escarpement inconnu plongeait dans des profondeurs d’un vert ténébreux. Je me glissai bien vite vers les fourrés pour chercher le petit chemin par lequel j’étais venue. Mais les buissons, entre-temps, s’étaient refermés derrière moi.

Dans le réseau des sentiers que j’avais empruntés très vite, je me démenais comme la mouche dans une toile d’araignée.

Réfléchis, m’ordonnai-je, réfléchis !

Les roncières sont vastes mais pas infinies. Tu peux les contourner. C’est ce que je tentai. Un banc de brume vint me couper la route et, lorsque le vent le dispersa, il n’y avait derrière lui rien d’autre que le ciel. A deux pas devant moi, le ciel grand ouvert. Je fermai les yeux une seconde. La panique. Je dois la surmonter. En vain. Elle me tient depuis longtemps déjà.

Je m’assis ou, plus précisément, je m’affalai par terre.

Des fourmis se mirent à me mordre et je m’aperçus que le monticule sur lequel je me reposais était une gigantesque fourmilière. Là, je me trouvai vraiment à la limite de l’hystérie. (…) Je m’allongeai par terre, collai mon corps aux feuilles en décomposition et respirai profondément leur amère senteur. (…) Centimètre par centimètre, comme un ver piétiné, je me frayai un passage en rampant vers le ciel béant, gris et menaçant. Devant mes yeux, la gorge était pleine d’ombres tremblantes. Je m’accrochai désespérément à la terre, seule réalité.
C’était vraiment une falaise.

(…) La forêt s’étendait en contrebas. (…) Non loin, elle était coupée par un rideau de pluie.

(… Je perçus le son d’un ruissellement. Un filet d’eau tombait d’une saillie et se changeait un peu plus bas en un petit ruisseau.

(…) Bientôt mes mains faiblirent, je me mis à déraper sur la paroi d’argile. J’arrivai en bas moitié en tombant, moitié en trébuchant. J’atterris sur la berge du ruisseau.

En regardant vers le haut, je ne pus croire que j’avais descendu tout ça. Une de mes chaussures avait été engloutie quelque part, je jetai donc la deuxième. L’eau froide du torrent ne me causait aucune douleur, mais marcher sur les petits cailloux roulants et glissants était au-dessus de mes forces. Le courant m’emporta. Je remontai sur la berge en rampant et tentai de me traîner dans les orties (…).

Alors je fus pétrifiée.

Le ruisseau ne se déversait pas dans une rivière mais dans un marécage. La pluie cessa un moment, les nuages se déchirèrent, le soleil couchant cingla effroyablement la surface mouvante de l’eau. Elle était envahie par des plantes aquatiques dont les langues sanglantes ondulaient devant moi. Et, pour que l’effroi fût à son comble, une épine saillait de cet œil gélatineux… le moignon de quelque bâtiment. (…)

Le ciel se fermait lentement au-dessus de ma tête. »

Oct 2008 : Et je découvre avec beaucoup de retard (mais aussi beaucoup d'intérêt) le billet très intéressant d'Eurydice.

143 p

Kveta Legatova, La Belle de Joza, 2002

(Version française : 2008, Editions Noir sur Blanc)