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15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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14/06/2016

Mois anglais 2016 : Résultats du Concours nº1

Nous avons le plaisir de vous annoncer le nom des trois gagnantes du premier concours de ce mois anglais: Pativore, Larie Lys (qui participe au mois anglais sur le groupe facebook) et Mrs Figg remportent un exemplaire des Jonquilles de Green Park. Bravo à vous trois !

Merci de nous envoyer vos adresses postales par mail à cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

les jonquilles de green park

 

Et pour le plaisir, voici le poème bucolique de Mrs Figg, qui invite aux pensées vagabondes :

"Rêveries de printemps.

 

Quand le hérisson pointe son nez hors du terrier,

Que les lys et les narcisses de William Morris s'incarnent,

Dans l'herbe tendre, se dressent les cerisiers sauvages.

Quand le soleil, à travers les timides treuillages

des lierres et des jacinthes, envahit les bords de Marne,

je rêve de manoirs cossus, de cimetières moussus et d'aller

à Londres, admirer les jonquilles de Green Park … "

******

Nous en profitons pour vous rappeler que vous pouvez encore participer au jeu concours pour remporter Le Célibataire de Stella Gibbons (deux exemplaires en jeu). Pour participer, c'est très simple : vous trouverez toutes les indications ici et . Dépêchez-vous, le concours est bientôt terminé ! Bonne chance à toutes et à tous !

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13/06/2016

Eric Hill, Collection de livres "Spot"

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Après mes grands-parents, mes parents et moi, la tradition se poursuit dans la famille puisque nous avons à la maison une lectrice en herbe qui accepte d'aller aux toilettes presque uniquement pour bouquiner, peut rester de longs moments seule dans sa chambre à sortir et feuilleter ses livres et qui, depuis quelques mois, refuse de dormir avoir d'avoir lu deux ou trois histoires avec ses parents. Parmi tous ses livres, sans surprise avec la maman qu'elle a, les titres anglais occupent une place de choix.

Chaque moment de la journée a ses lectures dédiées et je ne pouvais pas passer à côté de la collection de livres d'Eric Hill consacrée à un chien bien mignon nommé Spot. Nous avons commencé par "Where's Spot ?", qui m'a tout de suite semblé très familier : je suis presque certaine de l'avoir également lu petite. Puis nous avons complété avec plusieurs titres, toujours au petit format carré cartonné, sur des occasions plutôt générales  de façon à pouvoir en profiter toute l'année (même s'il existe plusieurs tomes sur des occasions particulières : Noël, anniversaire...).

Tous ces livres (hormis le livre plastique pour le bain) fonctionnent avec un système de rabats

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L'enfant comprend très rapidement le principe et la lecture est très ludique. Ces livres très réclamés par notre petite lectrice font aussi partie de ceux que nous avons le plus de plaisir à ouvrir en tant que parents car ils permettent une grande interaction. Pour les fidèles de la série, un autre atout réside dans les personnages secondaires récurrents, qui permettent de se replonger dans un univers familier même si la thématique est différente.

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Les titres lus et relus des dizaines de fois à la maison :

- Where's Spot ? : Sally, la maman, cherche Spot dans toute la maison. A chaque page, on se demande s'il est caché dans/sous tel ou tel meuble. A chaque fois le même rituel : "nooooon", puis l'enfant nomme l'animal qui se cache à chaque endroit (et qui n'a rien à faire là...). C'est le premier que nous avons commencé à lire, Baby Lou avait 18 mois et s'est tout de suite prise au jeu. Près d'un an plus tard, elle continue à s'y intéresser même si c'est celui qui présente l'histoire la plus simple.

- Spot says goodnight : notre incontournable du soir. Ici une histoire très simple autour du rituel du coucher. Spot rentre chez lui, doit prendre son bain puis dit bonne nuit à toute la maisonnée avant de s'endormir. Un livre plein de tendresse. Notre fille ne se lasse pas de dire bonne nuit à tout le monde avec Spot puis lorsque Spot lui-même est endormi, elle referme tout doucement le livre pour ne pas le réveiller.

- Spot goes on holiday : Sally et Sam, les parents, font découvrir à Spot les joies de la plage. Achat de nombreux jouets, jeux sur la plage, château de sable, plongeon dans l'eau... autant de petits plaisirs découverts par Spot.

- Spot goes to the park : notre avant-dernière acquisition. Nous l'avons depuis peu mais l'avons déjà lu de nombreuses fois. Sally emmène Spot et son amie Helen au parc, où ils retrouvent leur copain Tom. Malheureusement, ils laissent s'échapper le ballon qui atterrit dans la mare aux canards. Grand succès du canard qui fait "quack quack "!

- Enfin, le livre pour le bain Splish, Splash Spot ! : un imagier classique, à présenter aux enfants les plus jeunes. Je n'avais pas pu le voir avant de l'offrir à ma fille car il était sous plastique. Elle le feuillette régulièrement mais très rapidement, car à 2 ans et demi elle est un peu grande pour ce livre. Si ce n'était pas Spot je pense qu'il la laisserait indifférente.

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eric hill,chien spot,where's spot ?,spot says goodnight,spot goes on holiday,spot goes to the park,splish,splash spot !,albums jeunesse,albums jeunesse anglaisJ'avais préparé ce billet avec un peu d'avance. Depuis nous avons offert Spot goes to school à notre fille, pour la préparer doucement à sa première rentrée. On assiste à la première journée de Spot, qui s'amuse bien et fait beaucoup d'activités différentes. La journée passe donc trop vite ! Encore un album qui a du succès à la maison même si nous ne le lisons que depuis quelques jours.

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En tout cas, je recommande sans aucune réserve cette collection pour les lecteurs en herbe. Bien sûr les rabats sont un peu fragiles comme toujours, mais nous n'avons jusqu'ici pas eu besoin d'en re-scotcher (Baby Lou est peut-être particulièrement soigneuse avec les livres, j'ai du mal à m'en rendre compte).

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Eric Hill, Les livres de Spot, série débutée en 1980 avec Where's Spot ?

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12/06/2016

Les Gourmandises du dimanche : Scones

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Ambiance anglaise pour le tea time aujourd'hui - Photos Myloubook

Syl nous propose de nous retrouver chaque dimanche autour de gourmandises, anglaises en ce mois de juin. Je présente rarement mes essais culinaires sur ce blog mais ai essayé de me prêter au jeu aujourd'hui en m'inspirant de Bea qui nous a proposé une recette de scones la semaine dernière. Elle-même suit la recette de Scally.

Voilà la recette telle que présentée par Bea (je vous invite à aller lire son billet) :

"Il faut, pour réaliser 8 scones : 225 g de farine, 1 sachet de levure chimique, 25g de sucre, une pincée de sel, 75 g de beurre mou (Scally utilise du demi-sel, si vous préférez le doux, mettez un peu plus qu'une pincée de sel),  5cl de lait, 1oeuf battu. (pour la dorure : un jaune d'oeuf additionné d'une cuillère à soupe de lait)

Vous mélangez la farine, la levure, le sucre, vous cassez l'oeuf que vous battez légèrement dans un petit bol, vous ajoutez le beurre, vous mélangez la préparation du bout des doigts comme pour un crumble puis vous ajoutez l'oeuf. Vous continuez à pétrir rapidement (pas trop, ça doit rester friable) vous versez la moitié du lait (il faut y aller prudemment avec le lait, en fonction de la texture de la pâte, vous ajustez) et vous façonnez vite fait un gros carré que vous coupez en huit.

Vous badigeonnez vos carrés de jaune d'oeuf deux fois, puis vous les déposez sur une plaque, au four, à 180°C (préchauffage préalable) pendant 7-8 minutes. Dégustez les scones rapidement, tiède de préférence, après les avoir coupés en deux et fourrés de confiture."

J'ai suivi ces indications avec quelques adaptations : j'ai principalement utilisé de la farine de seigle (près de 200g) et non de blé. J'ai oublié le sel mais finalement ça ne m'a pas dérangée à la dégustation. Pour la dorure, n'ayant relu que la fin du post de Bea je me suis contentée d'oeuf sans y ajouter la cuillère de lait, d'où mes scones bien jaunes au final (hum). Il me restait trop d'oeuf pour dorer huit scones. Enfin, si je reteste la recette, je ferai huit petites boules au lieu des 8 carrés car tels que je les ai faits les scones étaient pour certains un peu plats malgré la levure, pas facile donc de les couper en deux comme le veut la tradition.

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Mis à part quelques ajustements à faire suite à mon premier essai, j'ai été plutôt contente du résultat. Des scones un brin friables mais goûteux - très différents de ceux de Mr Lou qui sont excellents (recette de Christophe Michalak, "Le mega scone qui tue sa mère", plus calorique aussi), mais en même temps c'est lui le cuisinier de la maison ! La farine de seigle a apporté un goût un peu typé très appréciable.

Bonnes dégustations à l'anglaise en ce dimanche !

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11/06/2016

Henry James, La Bête dans la Jungle / Lamb House (Rye)

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Aujourd'hui, pour la lecture commune du Mois anglais autour d'un écrivain anglais d'origine étrangère, j'ai choisi de consacrer un article à Henry James, qui demanda à être naturalisé à la fin de sa vie. L'écrivain vivant à Rye et très tourné vers l'Europe avait en effet été choqué par la neutralité des Etats-Unis au début de la 1ère guerre mondiale.

Mon choix s'est porté sur une longue nouvelle rédigée à l'origine pour compléter un recueil, La Bête dans la Jungle. Outre le fait que j'avais croisé ce titre à de nombreuses reprises et lu qu'il faisait partie des oeuvres majeures de James, je l'ai choisi car il avait été écrit à Lamb House à Rye - ou plutôt, dicté en trois fois en 1902.

Henry James n'est pas un auteur facile. Si certains textes sont très abordables, d'autres exigent beaucoup d'attention de la part de leurs lecteurs. C'est sans aucun doute le cas de celui-ci.

En visitant la demeure de Weatherend avec un groupe d'amis, John Marcher retrouve May Bartram, rencontrée en Italie une dizaine d'années plus tôt. Si Marcher se souvient l'avoir déjà vue, il a presque tout oublié des circonstances de leur rencontre alors que la jeune femme en garde un souvenir très exact. Plus particulièrement, elle se souvient d'une confession que lui a faite Marcher, qui lui a dit se savoir promis à un grand évènement, menacé par cette "Bête dans la jungle" dont il ne sait rien, si ce n'est qu'elle bondira un jour. Marcher est surpris de s'être livré à la jeune femme et de l'avoir oublié alors qu'il pensait ne jamais s'être ouvert à quelqu'un de son obsession. Il lui demande alors si elle est prête à veiller avec lui jusqu'à l'accomplissement de son destin. A partir de cet instant, les deux jeunes gens vont devenir amis, se fréquenter régulièrement à Londres et vieillir, non pas ensemble mais côte à côte. Finalement, May comprend ce qu'était cet évènement et sait qu'il s'est déjà produit mais John reste toujours perplexe. Ce n'est qu'après la mort de son amie que lui viendra la brutale révélation.

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Mélancolique, ce texte aux accents philosophiques pourrait être l'histoire d'un amour manqué, d'une vie stérile, mais il ne se "limite pas" à cela. Il s'inspire des mythes classiques et de leur ironie (en cherchant à fuir un destin on le rencontre). Il se focalise avant tout sur un personnage totalement tourné vers lui-même et ainsi, se concentre principalement sur sa psychologie, ses tourments, ses doutes, ses limites - John Marcher est au final assez pathétique. Cette nouvelle trouve notamment son origine dans l'amitié qui liait James à Constance Woolson, qui aurait attendu davantage de leur relation et dont le suicide supposé - elle "tomba" dans le Grand Canal à Venise depuis sa fenêtre - marqua profondément l'écrivain. 

Un texte riche, que je ne recommanderais pas pour découvrir James cependant car il est assez ardu de prime abord. J'ai d'ailleurs pris davantage conscience des différentes implications du récit grâce aux commentaires pointus de l'édition de la Pléiade.

D'autres avis chez MissyCornish et George.

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126 p (pour l'édition du Livre de poche)

Henry James, La Bête dans la Jungle, 1903

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Je voulais profiter de ce billet pour vous présenter quelques photos prises à Rye en avril dernier. Les hommages à Henry James seront nombreux cette année, comme celui ci-dessous :

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J'avais surtout envie de partager avec vous quelques photos de Lamb House, la maison de Henry James à Rye.

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Photos Copyright MyLouBook

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09/06/2016

Nancy Mitford, Wigs on the Green

mitford_wigs on the green.jpgFin mars / Début avril, je suis allée me ressourcer dans la campagne anglaise équipée de Wigs on the Green de Nancy Mitford, qui se déroule entre un village et les terres d'une grande propriété. Ce roman m'a donc semblé tout indiqué pour ma participation à la LC du Mois anglais autour de la Campagne Anglaise.

Cela fait bien longtemps que je n'avais pas lu cet auteur dont j'avais beaucoup apprécié deux titres, découverts alors que ce blog en était encore à ses balbutiements (La poursuite de l'amour et L'amour dans un climat froid). Wigs on the Green m'a été offert par Alice de Books are my Wonderland dans le cadre du Swap British qu'elle organisait l'an dernier. J'avais été très gâtée comme vous pouvez le constater.

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Dans Wigs on the Green, quatre personnages viennent de s'installer pour quelque temps dans le village de Chalford et vont lier connaissance. Ayant reçu un petit héritage qui fait de lui un parti un peu plus intéressant, Noel est venu dans le but de séduire l'héritière locale Eugenia Malmains, sur les conseils de son ami Jasper, très opportuniste, également du voyage pour profiter au mieux des nouvelles ressources financières de Noel. Marjorie fuit un mariage prestigieux avec un homme qu'elle n'aime pas. Elle est accompagnée de son amie Poppy, qui a une vision beaucoup plus pragmatique du mariage et s'apprête à flirter avec Jasper pendant que son propre époux a une nouvelle passade avec une jeune fille. Ajoutons à cela Mrs Lace, un peu plus âgée mais toujours séduisante, qui va s'intéresser à Noel à partir du moment où on lui aura fait croire qu'il s'agit d'un mystérieux prince là incognito (ce qui donnera lieu à quelques passages cocasses). Le groupe va rejoindre la branche fasciste locale pour plaire à Eugenia. La jeune fille est enthousiaste et obsédée par la cause en question. Si elle est assez ridicule, ses nouvelles connaissances le sont tout autant en se ralliant au mouvement pour des raisons qui n'ont rien à voir avec leurs convictions politiques. Un grand rassemblement festif en faveur du fascisme va les mobiliser et rythmer leurs rencontres tout au long du roman.

Bien évidemment, l'humour est le maître mot pour Nancy Mitford, qui tourne tout le monde en dérision et ne résiste pas aux boutades. Par exemple, voici une réaction qui m'a amusée suite à un discours particulièrement enflammé d'Eugenia en faveur de la cause fasciste : The yokels stood first on one foot and then on the other. Finally, one of them removed a straw from his mouth and remarked that they had all enjoyed Miss Eugenia's speech very much, he was sure, and how was His Lordship's hay-fever? (p10) - His Lordship étant le grand-père d'Eugenia, dont le rhume des foins parle davantage à la population locale que les grands discours de la jeune fille.

J'ai passé un bon moment en lisant Wigs on the Green. Néanmoins, c'est un roman plutôt dérangeant, même si l'on considère qu'il a été écrit dans les années 1930, avant que l'Europe ne prenne pleinement conscience de toutes les implications de la montée du fascisme. Nancy Mitford nous livre ainsi une nouvelle comédie inspirée de ses soeurs Diana et Unity, l'une maîtresse puis épouse du fondateur de la British Union of Fascists, Sir Oswald Mosley, l'autre admiratrice inconditionnelle de Hitler qui ira jusqu'à tenter de se suicider lors de l'entrée en guerre du Royaume-Uni contre l'Allemagne. La publication de ce livre entraîna une brouille entre les soeurs Mitford et Nancy s'opposa à sa réédition en 1951, jugeant notamment qu'il était désormais du plus mauvais goût de faire des plaisanteries à propos du nazisme. Cependant - et c'est ce qui m'a vraiment gênée à la lecture - Nancy disait quelques années plus tôt à ses soeurs que le livre était pour l'essentiel en faveur du fascisme, malgré quelques plaisanteries. Le fait est que non seulement les fascistes du roman ne sont pas plus ridicules que les autres personnages mais qu'in fine, le roman se traduit par un happy end où la jeune héritière Eugenia Malmains réalise son rêve en rencontrant le leader du parti grâce à l'efficacité de son action sur le plan local, le lecteur assistant ensuite à un mariage très joyeux entre les fascistes de Chalford. Je connaissais les attirances obscures de certaines Mitford pour le nazisme ou le fascisme anglais mais n'avais pas réalisé que Nancy était elle aussi plutôt sensible à ce discours et en tout cas suffisamment détachée du sujet pour ne nous livrer ici aucune critique de fond - ni en faire l'apologie d'ailleurs, si tel était son choix. Même en lisant ce roman avec un oeil contemporain, même en connaissant l'ambiguïté de la position de Nancy Mitford sur le sujet, difficile de ne pas être gêné par l'insouciance de l'écrivain qui ne s'implique pas sur le plan politique.

L'avis en anglais de All The Pretty Books.

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170 p hors introduction

Nancy Mitford, Wigs on the Green, 1935

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08/06/2016

Mois anglais : Concours n°2

On vous gâte pendant le Mois anglais !

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous donner la possibilité de gagner Le Célibataire de Stella Gibbons, grâce aux Editions Héloïse d'Ormesson que nous remercions pour leur gentillesse. Deux exemplaires sont en jeu.

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Après vous avoir invité à faire appel à votre âme de poète, nous vous proposons cette fois-ci de décrire pour nous ce célibataire tel que vous l'imaginez, dans un petit texte où la seule contrainte est de croquer son portrait avec un brin d'humour à l'anglaise.

Vos textes sont à nous envoyer par mail au plus tard le 15 juin prochain sur nos deux adresses : cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

Les auteurs des deux textes qui nous amuseront le plus recevront chacun un exemplaire de ce roman.

A vos claviers et surtout, have fun ! Nous avons hâte de vous lire !

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07/06/2016

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice retold

austen_stadtlander_pride and prejudice.jpgJe n'étais pas du tout partie pour présenter ce petit livre lors du rendez-vous du Mois anglais consacré à Jane Austen mais, faute d'organisation, j'ai finalement choisi de le relire et de vous en parler enfin - car je l'avais découvert à sa sortie sans faire de billet.

Classics Unfolded est une petite collection assez étonnante à destination de la jeunesse. Le but est de présenter une oeuvre classique en quelques pages illustrées.

Le format est déjà original en lui-même : un étui à l'intérieur duquel se trouve un fascicule cartonné replié en éventail.

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Photo Copyright MyLouBook

Le fascicule comprend quant à lui 16 pages. La première introduit les personnages principaux. La dernière comprend un résumé de l'histoire et de ses thématiques à lire en 30 secondes environ. Enfin, les autres pages reprennent les temps forts du roman à travers des scènes illustrées. Chaque scène est accompagnée d'un extrait du roman et d'une petite phrase résumant très succinctement l'évènement clef concerné.

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Photo Copyright MyLouBook

Voilà une bien jolie collection. Ce Pride and Prejudice retold séduira forcément les janéites car c'est un bel objet. J'ai trouvé le principe inventif et l'idée bien exécutée, même si évidemment, pour résumer Pride and Prejudice en quelques dessins, on oublie beaucoup de personnages et moult scènes qui font la richesse du roman. L'ouvrage a le mérite d'introduire l'oeuvre et, il faut l'espérer, doit normalement donner envie de découvrir le texte d'origine. Ma petite lectrice en herbe a été très intriguée par le format en me voyant déplier cette feuille cartonnée. Il a fallu que nous regardions ensemble toutes les images et elle me demandait qui étaient les personnages... malgré son très jeune âge qui ne lui permet pas de retenir grand-chose de ce type de récit (même si elle a adoré s'essayer à prononcer quelques mots anglais et a apparemment retenu le nom "Bennet") je trouve cela plutôt encourageant.

A l'origine, j'avais découvert cette collection alors que je cherchais des adaptations d'Alice in Wonderland, mais finalement j'ai opté pour ce titre-ci. J'étais tentée également par The Secret Garden que j'avais adoré petite mais que j'ai complètement oublié. Je me demande tout de même quelle impression on peut avoir d'une oeuvre en la découvrant de cette façon. Est-ce suffisant pour inciter à la lire ? Ou est-ce plutôt un objet à collectionner qui séduira surtout les lecteurs déjà convaincus ? Pour un jeune public, il me semble que ce livre peut plutôt servir de support lors d'une lecture avec un proche qui pourra enrichir cette base avec ses souvenirs de l'oeuvre présentée.

Une jolie découverte en tout cas !

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austen

 

 

16 p

Jane Austen, Pride and Prejudice Retold in pictures by Becca Standtlander, 2015 

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05/06/2016

Deborah Crombie, Meurtres en copropriété

crombie_meurtres en copropriete.jpegJe ne sais plus trop comment j'ai découvert Meurtres en copropriété de Deborah Crombie, ni comment j'avais pu passer à côté de ce livre il y a quelques années alors que des blogs que je suivais depuis longtemps en avaient parlé. Toujours est-il qu'avec un train de retard, je viens de lire le premier tome de cette série consacrée à deux enquêteurs, le superintendant (récemment promu) Duncan Kincaid et sa co-équipière, le sergent Gemma James.

Deborah Crombie est américaine (quand je la croyais britannique), mais ce roman est on ne peut plus anglais de par son cadre - le Yorkshire - et l'atmosphère - qui fait inévitablement penser à Agatha Christie malgré les années d'écart.

Duncan Kincaid prend enfin une semaine de vacances bien méritée à l'automne et se rend dans la résidence en copropriété d'un parent, qui n'a pas pu y aller comme prévu. Naturellement, Duncan compte bien profiter des lieux pleins de charme et de la région elle-même. C'est sans compter sur le hasard ou le destin : le lendemain de son arrivée, deux enfants retrouvent le corps du sous-directeur de l'établissement dans le jacuzzi. Duncan pense dans un premier temps rester en retrait de l'enquête, qui ne concerne pas sa juridiction. Mais face à l'incompétence crasse du responsable local de l'enquête, le superintendant va s'en mêler... d'autant plus qu'il a commencé à tisser quelques liens avec certains résidents. Comme dans bien des whodunits à huis clos, le premier meurtre sera suivi d'un autre et les soupçons vont commencer à peser sur tous les vacanciers.

J'ai passé un très bon moment avec ce roman, non pour l'excellence de l'enquête (bouclée brutalement et un peu facilement à la toute fin) mais pour l'ambiance réussie (un polar "cosy"). Duncan Kincaid est un héros attachant d'emblée et il est agréable de le suivre dans sa découverte du concept de résidence en copropriété, dans ses premières sorties et ses échanges avec les autres résidents, aux profils variés. Gemma James intervient assez peu et son personnage m'a paru assez lisse pour l'instant, sans que cela ne soit vraiment gênant compte tenu de son rôle très secondaire dans cette enquête. J'ai apprécié les quelques virées dans le Yorkshire, qui m'ont rappelé de jolis souvenirs de séjour et donné envie de découvrir d'autres lieux. Bref, vous l'aurez compris, c'est pour le voyage, le fringant superintendant et l'approche quelque peu surannée que j'ai trouvé mon bonheur avec ce livre, lu en deux jours. Il paraît que les enquêtes sont plus réussies par la suite. Je me laisserai peut-être tenter.

Lu dans le cadre de la LC "Meurtre à l'anglaise" du Mois anglais. Une lecture rentrant aussi dans le cadre du challenge British Mysteries.

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318 p

Deborah Crombie, Meurtres en copropriété, 1993 

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04/06/2016

Memories of England : Royal Tunbridge Wells

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Photos Copyright MyLouBook

J'ai réalisé qu'au fil des dernières années, j'ai lu beaucoup d'auteurs anglais (et fait le désespoir de Mr Lou avec une bibliothèque anglaise en croissance exponentielle), accumulé les goodies British - jolis ou kitsch, co-organisé cinq Mois anglais ainsi que d'autres swaps ou challenges tournés vers l'Angleterre et la Grande-Bretagne et fait de nombreux séjours Outre-Manche... sans beaucoup partager ici photos ou récits de voyage.

Alors je me suis dit que cette 5e édition du Mois anglais était l'occasion idéale de ponctuer mon blog de souvenirs made in England.

Pour commencer, ces quelques photos de Royal Tunbridge Wells (Kent), où nous avons déambulé en fin de journée au début du printemps. Je me suis amusée à ajouter un petit effet craquelé aux photos. Malheureusement, beaucoup trop de voitures à mon goût dans des rues historiques qui seraient sans cela très jolies, mais quelques coins ont préservé tout leur charme, telle cette dernière ruelle ou la promenade des Pantiles plus haut. 

On se retrouve demain pour notre rendez-vous du jour, "Meurtre à l'Anglaise" (dont les billets comptent également pour le challenge British Mysteries of course !).

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03/06/2016

Stella Gibbons, Westwood

gibbons_westwood_points.jpgJ'ai plusieurs Stella Gibbons en attente chez moi et je m'en réjouis après cette première lecture. Si Westwood n'est pas tout à fait un coup de coeur, c'est un roman tout en nuances qui ravira les amateurs de littérature anglaise et notamment, de classiques "Vintage".

Jeune enseignante, Margaret vient de s'installer à Londres pendant la guerre avec ses parents, qui lui donnent l'image d'un mariage peu épanouissant. Dotée d'un physique quelconque, la jeune femme est très, voire trop sérieuse, malgré une grande sensibilité pour l'Art sous ses différentes formes. A l'inverse, son amie d'enfance Hilda récemment devenue sa voisine est très jolie, assez frivole, ne s'intéresse qu'aux films faciles et semble supporter la guerre avec une légèreté qui fait défaut à Margaret.

gibbons_westwood.jpgPar hasard, Margaret fait la rencontre du peintre Alexander Niland et de son beau-père dramaturge Gerard Challis, qui s'avère être un proche voisin vivant à Westwood, une superbe maison. Grâce à Zita, réfugiée juive travaillant chez les Challis, Margaret va obtenir son droit d'entrée à Westwood et côtoyer ainsi cette famille qui la fascine, en particulier le dramaturge qu'elle juge tout à fait admirable. Peu lui importe de devoir supporter les railleries de sa fille superficielle ou d'être régulièrement sollicitée pour s'occuper des petits-enfants que les femmes de la maison semblent incapables de gérer seules (sans penser même aux hommes, artistes au-delà de toutes ces considérations bassement matérielles -  à une époque où, de toute façon, l'homme ne joue pas ce rôle dans le foyer). Bien qu'on ne puisse se retenir de grincer des dents face aux mauvaises manières et à l'arrogance des Challis et des Niland, qui profitent allègrement de Margaret, difficile de ne pas être sous le charme de cette maisonnée. Nous suivons ainsi Margaret pendant plusieurs mois, entre son travail qu'elle prend moins au sérieux au fil du temps, ses visites à Westwood, ses sorties au concert et l'intimité qu'elle noue avec un ami de son père... autant de changements dans son quotidien qui la feront évoluer.

En parallèle, et bien que sûr de son pouvoir de séduction, le cinquantenaire Gerard Challis fait une cour laborieuse à Hilda, rencontrée dans le métro. Le charme et la beauté de la jeune femme l'empêchent d'admettre ses lacunes intellectuelles et son indifférence royale à tous ses discours pompeux. Bien évidemment, Hilda et Margaret sont loin de se douter du fait que toutes deux côtoient le même homme dans des circonstances bien différentes.

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On savoure ce roman délicat qui fait vivre sous nos yeux Hampstead et Highgate sous le Blitz, nous donnant à voir une capitale très vivante et gaie malgré les bombes allemandes. Le portrait qui nous est fait de Londres nous offre de très beaux passages, tel que celui-ci par exemple : Tant que dura l'été, la beauté l'emporta sur la tristesse, car le soleil bénissait toute chose - les ruines, les visages fatigués, les fleurs sauvages aux longues tiges et les étendues obscures d'eau stagnante - et, durant ces mois de calme, Londres dévasté fut aussi beau qu'une ville de rêve (p 8).

Stella Gibbons ne fait pas de cadeau à ses personnages : chacun a son lot de défauts, et même si aucun n'est fondamentalement antipathique, il est difficile de les apprécier ou, a fortiori, de les admirer. Notre héroïne n'échappe pas à la règle en raison de la passivité dont elle fait preuve alors que tout le monde semble trouver normal de profiter de sa générosité.

Preuve du plaisir que j'ai pris à le lire, mon exemplaire de Westwood est constellé de post-its, aussi bien pour retrouver de belles descriptions, des considérations sur la psychologie des personnages ou tout simplement, des touches d'humour. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer cet extrait où Margaret farfouille dans une pile de livres d'occasion : Alors qu'elle ouvrait avec circonspection des sermons et des biographies de respectables nullités du dix-neuvième siècle depuis longtemps défuntes, elle aperçut soudain ce gros volume d'âge vénérable, dont la reliure vert foncé avait connu des jours meilleurs et dont la couverture arborait encore une gravure dorée défraîchie de la porte de Highgate (p 344).

Amoureux des lettres anglaises, Stella Gibbons est à découvrir sans plus attendre !

Lu dans le cadre du Mois anglais organisé ici et avec ma comparse Cryssilda, pour la lecture commune autour des (Vieilles) dames indignes ou indignées (thème qui me laisse un peu perplexe mais qui est il est vrai très amusant).

L'avis en anglais de Book Snob, qui émet quelques réserves que je rejoins en partie, même si j'ai trop apprécié ce livre pour souhaiter mettre en avant ses quelques faiblesses.

Merci aux Editions Points pour cette lecture !

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522 p

Stella Gibbons, Westwood, 1946

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02/06/2016

Mois anglais : Concours n°1

On vous l'avait annoncé, nous vous avons concocté un certain nombre de surprises durant ce mois anglais en collaboration avec les éditeurs partenaires de nos blogs.

Pour débuter le mois anglais en douceur et en beauté, nous vous proposons de gagner Les jonquilles de Green Park de Jérôme Attal grâce à la gentillesse des Editions Robert Laffont.

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Trois exemplaires sont mis en jeu !

Pour remporter le vôtre, il vous suffit de vous munir de votre plus belle plume et de nous écrire le plus beau poème printanier. Seule consigne, votre poème devra contenir des jonquilles à Green Park !

Faites preuve d'humour, de fantaisie, de folie ! L'English Month team choisira les trois auteurs les plus talentueux qui recevront chacun un exemplaire du roman !

Vos textes sont à nous envoyer par mail au plus tard le 09 Juin prochain sur nos deux adresses : myloubook@yahoo.com et cryssilda@hotmail.com

Have fun everyone !

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01/06/2016

Mary Hooper, Velvet

hooper_velvet.jpgC'est avec un bon petit roman néo-victorien que je vais inaugurer mes chroniques de ce Mois anglais, cuvée 2016 ! J'avais prévu d'en parler plus tôt et de présenter un autre roman à la place mais finalement, quoi de mieux qu'un de mes genres favoris pour débuter notre traditionnel périple du mois de juin?

Londres, début du XXe (une association d'emblée prometteuse). Velvet a perdu sa mère et laissé son père détesté se noyer un soir où il la pourchassait. Elle travaille dans une blanchisserie, un métier très éprouvant physiquement, jusqu'au jour où une cliente lui propose une place chez elle. Elle va ainsi s'installer au domicile de Madame Savoya, medium très réputée intervenant dans des démonstrations publiques et recevant chez elle des personnes fortunées, en groupe ou lors de séances privées.

Velvet va ainsi découvrir le monde du spiritisme en devant la dame de compagnie de la jeune et belle Madame Savoya et, petit à petit, elle va intervenir auprès de la clientèle. La jeune fille est conquise par son nouvel environnement : par le charme de Madame Savoya, ses tenues raffinées et le sérieux avec lequel elle traite son don de spirite ; mais aussi en raison de l'autre assistant, le séduisant George, qu'elle ne semble pas non plus laisser indifférente.

Néanmoins, avec le temps qui passe, Velvet va commencer à remettre en question le sérieux des grands spirites de l'époque... jusqu'à douter de Madame Savoya elle-même.

Porté par des héros aux personnalités affirmées, ce roman jeunesse est un vrai régal pour qui s'intéresse à la thématique du spiritisme en Angleterre à l'époque où celui-ci était particulièrement en vogue. [Spoilers à la suite] Mary Hooper est partie de sa propre expérience des cercles spirites et, n'ayant jamais été convaincue du résultat, elle a choisi ici de mettre particulièrement en avant les anarques des mediums, les trucages employés et les moyens utilisés pour soutirer de grosses sommes à des clients en deuil. Mary Hooper s'est ainsi beaucoup documentée et conclut : l'information capitale fut sans doute que tous les médiums de l'époque ont été accusés d'escroquerie, à l'exception d'un seul (p317-318) [Fin des spoilers].

Si le spiritisme est le principal sujet, une autre thématique est abordée à travers le sort des enfants de filles mères, confiés à des nourrices coupables de négligences, voire de maltraitance ou de meurtres. Dans les notes à la fin de l'ouvrage, on signale une loi de 1864 stipulant que la responsabilité des enfants illégitimes incombait à la mère seule. Les réformes ont été lentes car les législateurs ne souhaitaient pas violer cette idéal victorien que représentait la sanctification de la famille (p 320).

Velvet est un roman passionnant que j'ai dévoré - impossible de me coucher avant d'avoir tourné la dernière page. Outre les personnages bien campés, les rebondissements de l'histoire de Velvet et l'ambiance générale très réussie, ce livre présente un vif intérêt sur le plan historique en retraduisant habilement l'époque. Mary Hooper s'est appuyée sur des recherches solides - dont elle nous fait part à la fin - et est parvenue à distiller avec à-propos tout au long du roman les informations obtenues. Un grand plaisir de lecture !

Merci encore Titine pour ce beau cadeau ! 

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienneLu dans le cadre de la Lecture commune du Mois anglais et du Blogoclub de Lecture ayant pour thème " Londres". Et c'est également une nouvelle participation au challenge British Mysteries.

325 p

Mary Hooper, Velvet, 2011

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victoriennemary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienne

31/05/2016

Mois anglais 2016 : Le billet recap

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Nous y voici déjà, le mois anglais est de retour dès demain et ce pour un mois de foliiie !

Cryssilda et moi-même somme absolument RAVIES de vous accueillir cette année encore dans le petit salon feutré de notre cottage anglais, au bord d'une falaise, en Cornouailles.

Comme tous les ans, pour nous faciliter la tâche (et elle est énoooorme), nous vous demanderons de nous indiquer les liens vers vos billets soit ici, en commentaire de ce billet, chez Cryssilda (sur son billet recap) ou encore sur notre groupe Facebook !

D'avance merci à tous... and now, let the show begin !

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Les billets de présentation :
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Les billets tout au long du mois
 
1er juin :
Proposition de thématique du jour : Un roman qui se passe à Londres
 
2 juin : 
3 juin :
Proposition de thématique du jour : (Vieilles) dames indignes ou indignées - Willa Marsh, Mary Wesley, Nancy Mitford, Barbara Pym, Agatha Christie, Elizabeth Taylor, Stella Gibbons...
 
4 juin :
 
5 juin :
Proposition de thématique du jour : Meurtre à l'anglaise (ou plus prosaïquement Polars anglais)
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
6 juin :
7 juin :
Proposition de thématique du jour : Autour de Jane Austen (romans, adaptations, biographies, austeneries...)
8 juin :
 
 
9 juin :
Proposition de thématique du jour : Campagne anglaise (lectures ou films se déroulant principalement à la campagne ou dans de petits villages anglais, photos de voyage...)
10 juin :
11 juin :
Proposition de thématique du jour : Auteurs anglais d'origine étrangère
12 juin :
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
15 juin :
Proposition de thématique du jour : Victoriens anglais (Les soeurs Brontë, Wilkie Collins, Dickens, Gaskell, George Eliot, Thackeray, Trollope...)
16 juin :
 
17 juin :
Proposition de thématique du jour : Sherlock Holmes, l'original et les produits dérivés ou Arthur Conan Doyle 
18 juin :
19 juin :
Proposition de thématique du jour : Rois et Reines d'Angleterre
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
 
20 juin :
Proposition de thématique du jour : Un écrivain contemporain au choix
 
21 juin :
Proposition de thématique du jour : Angela Huth
 
22 juin :
Proposition de thématique du jour : BD, mangas, comics et trucs à bulles 
24 juin :
 
25 juin :
Proposition de thématique du jour : Théâtre anglais, tous siècles confondus
 
26 juin :
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre 
 
27 juin :
Proposition de thématique du jour : Anita Brookner
 
28 juin :
Proposition de thématique du jour : Agatha Christie
 
29 juin :
Proposition de thématique du jour : Littérature enfantine ou adulescente ou adaptations sur grand et petit écran (Winnie, Beatrix Potter, Paddington Bear, Gruffalo, Neil Gaiman, Harry Potter, Roald Dahl, Mary Poppins...)
30 juin :
Proposition de thématique du jour : Ecrivains voyageurs (en incluant Anglais séjournant à l’étranger et Anglais ou étrangers voyageant en Angleterre. Tous siècles confondus)
 
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Billets de clôture :
 
 
Les autres logos (vous pouvez cliquer dessus pour les récupérer en grand format) - un grand merci pour toutes vos contributions :

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mois anglais, mois anglais 2016

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HAPPY ENGLISH MONTH EVERYONE !!!

19/05/2016

Le Souci du Détail, Concept store de jolies choses

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Une fois n'est pas coutume, je vais vous présenter ici une boutique en ligne. C'est la blogueuse Alice qui a créé ce joli site qui porte très bien son nom et qui gagne à être connu, d'où ce petit coup de pouce.

Le concept (extrait de l'A Propos) : "Le souci du détail" est né de la passion de sa créatrice, Alice, pour les jolies choses, le plaisir de partir à la recherche de l'objet que l'on ne trouve pas partout et l'envie de partager ces petits bonheurs avec vous.

On y trouve des objets très variés dans un univers délicat, à travers les rubriques suivantes (présentation de chacune d'entre elles extraite du site lui-même) :

  • La catégorie "Ma Jolie Maison» vous permettra d’embellir votre intérieur, d’en faire un nid douillet et de le parer d’originalité. Que se soit en décorant vos murs de jolis stickers, en agrémentant vos canapés de coussins uniques ou en présentant votre repas sur de jolis plateaux en bois, vous pourrez personnaliser votre cocon à votre goût, de couleurs douces ou pétillantes, de la chambre à la cuisine.
  • La catégorie "Mes Jolis Papiers" rassemble stickers, cahiers, bloc-notes, gift tags et autres cartes postales. A l'heure du numérique, des emails et des textos, le papier a décidé de faire de la résistance en beauté et les amoureux des petits mots ou des longues lettres comme les amateurs de listes à tout faire, y trouveront tout ce dont ils ont besoin. Parce qu'après tout, il n'y a pas que les enfants qui ont le droit de faire leurs fournitures.
  • La catégorie "Mes Jolies Fêtes" vous proposera des articles aussi simples que des pailles originales ou des pompons en papier de soie, parfaits pour colorer vos anniversaires ou pour égayer vos repas entre amis. Vous y trouverez également tout ce dont vous avez besoin pour apporter la petite touche supplémentaire indispensable à chaque évènement important de votre vie, de votre Noël en famille, au plus beau jour de votre vie.
  • La catégorie «Mes Jolis Détails » vous est toute destinée parce que nous sommes convaincues qu'avant tout chose, il est très important de se faire plaisir. Pour rendre les autres heureux, il faut commencer par l’être soi-même, c'est notre philosophie. Et on a bien le droit de se chouchouter un peu, non? Vous y trouverez toutes sortes d'accessoires variés, allant de jolis petits bijoux aux produits de beauté bios.
  • La catégorie "Mes Jolis Enfants" vous aidera à gâter vos bambins et ceux de vos amis. Je suis sûre que les mamans l’apprécieront. Vous y découvrirez entre autres des doudous trop choux, de jolis langes ou de quoi embellir leur univers mais aussi des marques responsables qui pensent à nos enfants. Et parfois, vous y trouverez, à n'en pas douter, des cadeaux à vous faire parce qu'on est tous de grands enfants et que chaque produit peut-être réinterprété à sa guise ou se fondre dans votre décoration.

Et, en attendant de vous rendre sur le site, d'y fureter et, je l'espère, d'y trouver votre bonheur, voici quelques photos d'articles sur lesquels j'ai craqué :

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Ma dernière commande : une boîte de souvenirs, des marque-pages Alice au Pays des Merveilles, une carte et un Sonny Angel pour Baby Lou... envoyés par Alice avec un gentil mot et des bonbons !

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Et ici, deux objets achetés lors de précédentes commandes - que vous verrez bien mieux sur le site : L'album de naissance Bonjour le Monde et le carnet Fall in Love with London

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Plus en détail, l'album de naissance à customiser.

 

N'hésitez pas à aller faire un tour sur Le Souci du Détail !

La boutique en ligne et le blog associé.