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13/04/2018

R-A-T du challenge "Un Mois au Japon"

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Hilde et moi espérons vous retrouver ce week-end pour le R-A-T du challenge "Un Mois au Japon".

Grand moment de lecture et de partage, en perspective, préparez-vous!

Comment se déroule ce R-A-T ?

Du vendredi 13 avril, dès le petit matin, au dimanche 15 avril, 23h59, vous lisez autant que vous le souhaitez et partagez vos moments de lecture sur votre blog et ceux des autres participant(e)s. Au moins une de vos lectures doit être en rapport avec le Japon.

Envie d'une pause pendant le R-A-T ? C'est peut-être le moment de savourer un film japonais, un thé sencha ou des biscuits au thé vert.

Le R-A-T est avant tout un week-end de détente et d'échanges entre participants et blogueurs !

*****

Rejoignez-nous vendredi 13 avril ! Les festivités commencent dès ce matin sur nos blogs et sur le groupe facebook du Challenge Un Mois au Japon.

-> Inscrivez-vous quand vous le souhaitez y compris pendant le week-end, vous êtes libres de vous joindre à nous à tout moment, en nous laissant un petit commentaire.

-> N'oubliez pas de partager votre billet suivi du week-end pour partager vos découvertes.

A  ce soir!

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11/04/2018

Fumiyo Kouno, Une longue route

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Photo myloubook

Après Le Pays des Cerisiers et Pour Sanpei, je poursuis ma découverte de l'univers de Fumiyo Kouno, toujours avec grand plaisir.

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Dans Une Longue route (one shot), il est question d'un couple, Sôsuke et Michi. Et pas n'importe quel couple.

Michi débarque un jour avec une lettre du père de Sôsuke. Elle lui lit la lettre à voix haute : celle-ci stipule qu'un ami lui a donné sa fille dans un bar, et que voilà Sôsuke (son vaurien de fils) marié. Michi, qui ne s'étonne de rien et semble un peu dans son monde, a accepté de signer le contrat de mariage et s'installe donc chez Sôsuke. Celui-ci aime les jeunes femmes coquettes et sexy; il trouve Michi sans intérêt, si ce n'est qu'elle gère le ménage et travaille à mi-temps, quand lui passe une bonne partie de son temps à procrastiner.

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Photo myloubook

Malgré les apparences, c'est un couple sympathique. Certes, Sôsuke est égoïste, infidèle, fainéant et il tient régulièrement des propos peu flatteurs à sa femme. Et pourtant, un fragile équilibre se crée peu à peu. Les critiques rebondissent sur Michi sans l'atteindre la plupart du temps. Et Sôsuke a parfois des élans de sollicitude à son égard. Il recherche sa compagnie. Profite de bons moments avec elle au quotidien. Michi, elle, n'est pas amoureuse de son époux mais prend plaisir à mener cette vie où les sentiments ne sont pas engagés. Quoi que...

Les illustrations délicates de Fumiyo Kouno sont toujours un régal pour les yeux et, à travers de nombreuses courtes séquences, ce manga dessine les contours d'une jolie histoire, d'amitié ou d'amour... la chute le laissera entendre, avec une certaine poésie. Ma seule réserve tient à quelques incompréhensions, essentiellement de blagues, qui viennent sans aucun doute d'une méconnaissance de la culture nippone... mais cela concerne très peu de scènes. Il ne reste plus qu'un manga de cet auteur de ma PAL (et à connaissance, j'ai tous ceux publiés en France)... je vais avoir du mal à quitter son univers.

 fumiyo kouno, pour sanpei, manga, challenge un mois au japon, une longue route

 

 

215 p

Fumiyo Kouno, Une longue route, 2005

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09/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa

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Cela fait plusieurs mois que j'ai refermé le dernier tome de la pentalogie d'Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets. Il sera plus difficile pour moi de parler de ses deux derniers romans, mais j'ai tant apprécié ces récits que je trouverais dommage de les laisser dans l'oubli de ma bibliothèque.

Wasurenagusa se lit indépendamment des tomes précédents, une fois de plus, mais vient nourrir cette histoire entremêlée si on a choisi de la lire dans son intégralité. Un personnage en retrait, effacé, est ici mis à l'honneur : Kenji, l'époux d'une femme qui a eu un enfant hors mariage et qui, plus tard, redeviendra la maîtresse de son ancien amant. Dans les premiers tomes, on peut penser que ce mari tranquille est en quelque sorte le dindon de la farce. Il travaille dans le même laboratoire que l'amant de sa femme, apprécie cet homme et devient son voisin sans jamais se douter que c'est le père biologique du garçon qu'il a lui-même adopté.

Ce récit qui lui est consacré donne à Kenji une autre envergure. On y découvre un homme élevé dans une famille noble, où la lignée est essentielle. Un homme qui, après un mariage malheureux et la découverte de son infertilité, choisit d'épouser une jeune mère célibataire au passé douteux. Kenji rompt avec sa famille et s'investit pleinement dans son nouveau rôle de mari et de père, malgré les épreuves et un séjour en Sibérie. Voilà un homme intelligent, intègre, affirmé, qui fait preuve de beaucoup de bonté et de maturité. On comprend que son mariage ait été un mariage heureux, malgré l'infidélité de son épouse à une certaine période. Et son portrait assombrit encore l'image que l'on se fait du voisin, qui se veut puissant, omnipotent et viril et qui, par contraste, est finalement assez minable. Au-delà de sa relation avec Mariko, on redécouvre Kenji à travers divers moments de son existence qui n'ont jusque-là jamais été évoqués dans les romans précédents.

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Un quatrième tome qui apporte sa pierre à l'édifice et contribue à construire une histoire familiale toute en finesse et en nuances. On se délecte à la lecture de chacun de ces textes si courts, mais si précieux.

Présenté dans le cadre de la lecture commune d'une oeuvre d'Aki Shimazaki.

126 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa, 2003

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07/04/2018

Annelore Parot, Kokeshi Volume 1, Yumi

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Un album dont je voulais déjà parler l'an dernier lors de la première édition du mois au Japon. Une année a passé et ce livre connaît toujours un joli succès à la maison. Il est mis de côté quelques mois le temps de l'oublier un peu puis Petite Lou retrouve avec un plaisir renouvelé cette jolie kokeshi, l'univers japonais de l'album et les petits jeux de "cherche et trouve" qui sont proposés.

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A travers une approche ludique et des dessins kawaii, l'enfant découvre l'univers des kokeshis, les kimonos, les plats japonais (s'il ne les savoure pas déjà - eh oui, nous avons une accro aux sushis et salades d'algues à la maison !), les lanternes, la ville et la nature, l'intérieur japonais (entraperçu).

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Il faut ainsi accorder kimono et éventail, retrouver la meilleure amie de Yumi grâce à sa tenue, deviner le déguisement que les kokeshis porteront à une fête ou encore, différencier les plats japonais d'autres objets glissés parmi eux. Une jolie façon de s'ouvrir au Japon. 

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Lu dans le cadre du rendez-vous Album jeunesse du Mois au Japon et du challenge Je lis aussi des Albums.

48 p

Annelore Parot, Kokeshi Volume 1, Yumi, 2009

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05/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T3, Tsubame

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J'ai découvert à l'occasion du premier Mois au Japon l'œuvre d'Aki Shimazaki, que j'avais envie de lire depuis une dizaine d'années (rien que ça!). Suite à deux premiers petits coups de cœur, je poursuis la lecture du Poids des Secrets avec le troisième tome, Tsubame.

Le premier avait pour narratrice Yukiko, qui découvrait un côté obscur de son père et les conséquences que les décisions paternelles avaient désormais sur sa propre vie. C'est aussi l'époque de la bombe atomique lancée sur Nagasaki, qui est également au cœur du récit.

Dans le 2e tome, la parole est donnée à Yukio, voisin amoureux de Yukiko. Enfant solitaire, il a vécu avec sa mère célibataire et les visites sporadiques d'un père attendu comme le messie, honorant parfois le repas qui est préparé pour lui, ne venant parfois tout simplement pas.

Ce 3e tome nous ramène quelques décennies en arrière. La narratrice est cette fois-ci la mère de Yukio, Mariko. Son histoire est aussi liée à un autre évènements tragique du XXe : le tremblement de terre de 1923 et la répression à l'encontre des Coréens.

Un tome encore une fois lu d'une traite (en vacances, sans la suite dans mes bagages, ce que j'ai bien regretté). Un style toujours épuré, également empreint de poésie. Les hirondelles ont la part belle ici, mais encore une fois la flore et notamment, les campanules et les cosmos.

Je me demandais à l'origine ce qui pouvait ressortir d'une série de cinq livres traitant d'une même histoire avec des points de vue différents (car cinq, c'est ambitieux!). En réalité, chaque nouveau tome à sa propre personnalité et apporte non seulement une nouvelle perspective, mais d'autres informations qui viennent enrichir et éclairer l'histoire. Ici, c'est la maîtresse du père de Yukiko qui prend la parole. Personnage plutôt effacé, voire en retrait lors des précédents tomes, elle nous livre maintenant l'histoire de ses origines, mêlée à des évènements majeurs de l'Histoire japonaise. Destin triste pour cette femme attachante mal partie dans la vie, heureusement bien entourée dans la vieillesse.
Beaucoup de pudeur, aucun jugement porté sur les personnages. C'est ce qui contribue à faire de cette pentalogie une œuvre réussie.

Présenté en ce mois au Japon dans le cadre du rendez-vous autour d'une plume féminine

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119 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, Tome 3, Tsubame, 2001

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04/04/2018

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, 2 tomes

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De Fumiyo Kouno, j'avais lu en 2007 Le Pays des Cerisiers, qui m'avait réconciliée avec les mangas que je ne lisais pas à l'époque.

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L'an dernier, en farfouillant sur le net pour trouver des idées de lecture pour le mois au Japon, j'ai découvert plusieurs titres du même auteur (malheureusement, l'un d'entre eux est épuisé depuis mon repérage). J'ai donc commencé par lire Pour Sanpei, acheté en avril dernier et resté à dormir sur une étagère depuis.

Sanpei a perdu son épouse et va s'installer chez son fils, marié et père d'un enfant. La relation entre le père et le fils est pour le moins tendue, tandis que la petite fille n'a rien d'adorable à première vue - elle deviendra attachante par la suite, avant tout à travers son côté "hors normes". Sanpei tombe rapidement sur un livre rédigé par sa femme. Il apprend qu'elle y a consigné toutes sortes de conseils pour l'aider à se débrouiller sans elle : commentaires sur les goûts et traits de caractère de la famille, conseils pour le ménage, recettes de cuisine... ce livre va devenir la bible de Sanpei et l'aider à se sortir de nombreuses situations fâcheuses alors qu'il devient peu à peu l'homme au foyer de la maison.

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Cycle court de deux tomes, Pour Sanpei m'a totalement charmée. J'ai retrouvé la rondeur et la simplicité des illustrations que j'avais tant appréciées lors de ma première rencontre avec cet auteur. Pas d'humour douteux ou de dessins kawaii inattendus - deux particularités du manga qui ne facilitent pas toujours ma lecture. Le traitement des personnages, leurs aspérités, leurs faiblesses les rendent attachants ; on n'a de cesse de les voir évoluer. Et quelque part, ce serait là ma seule critique : alors que de petits grains de sable viennent se glisser dans l'engrenage, que les personnages se questionnent dans leur rapport aux autres, la fin m'a fait l'effet d'un léger retour en arrière. 

Quoi qu'il en soit je vous recommande ce manga qui offre un joli moment de lecture, avec le portrait d'une famille japonaise pas si conventionnelle que ça.

146 p par tome

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, Manga en 2 tomes, 2004

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03/04/2018

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam

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Cela fait longtemps que je n'avais pas lu Amélie Nothomb. Après La Métaphysique des Tubes lu et adoré à l'adolescence, j'avais abandonné Antéchrista (trop éprouvant) et Le Sabotage amoureux (j'étais passée complètement à côté). Et puis, il faut bien l'avouer, la popularité de certains auteurs finit par me les rendre suspects. Ni d'Eve ni d'Adam m'a été prêté récemment par une inconditionnelle de Nothomb et m'a finalement réconciliée avec elle.

Si Stupeur et Tremblements décrivait la vie dans une entreprise japonaise (roman que j'ai désormais hâte de découvrir), l'auteur s'attache ici à décrire sa relation avec Rinri, jeune japonais. Tous deux sont étudiants. Amélie est de retour au Japon où elle a vécu enfant et étudie le japonais tandis que Rinri apprend (mal) le français dans une université "de gare" (de son appellation japonaise). La Belge va donner des cours à Rinri et bientôt, tous deux forment un couple.

Intelligent, amusant, bien écrit, ce roman nous fait suivre les traces d'une Occidentale au Japon à la fin des années 80. C'est un choc des cultures qu'Amélie Nothomb nous donne à voir, grâce à son oeil acéré et sa prose directe et claire. Pendant son long séjour, la jeune femme vit à Tokyo et voyage, nous entraînant à sa suite à Hiroshima, à la montagne ou encore sur l'île de Sado. Il en ressort des anecdotes dignes d'intérêt, parfois même saisissantes sur la culture japonaise.

Sur Hiroshima : "C'était comme si, ici, les êtres vivaient plus fort qu'ailleurs. Habiter une ville dont le nom signifiait, pour la planète entière, la mort avait exalté en eux la fibre vivante ; il en résultait une impression d'optimisme qui recréait l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore en l'avenir. (...) Rien, absolument rien ne suggérait une ville martyre. Il me sembla que, dans n'importe quel autre pays, une monstruosité de cette ampleur eût été exploitée jusqu'à la lie. Le capital de victimisation, trésor national de tant de peuples, n'existait pas à Hiroshima. " (p102-p103)

"Au Japon, les stations de ski sont très rares et aucune population sédentaire n'habite la montagne qui est le royaume de la mort et des sorcières. C'est pourquoi l'Empire demeure d'une sauvagerie dont les témoignages ne rendent pas assez compte." ( p 169)

"Le kotatsu représente un mode de vie davantage qu'un chauffage ; dans les maisons traditionnelles, un trou carré occupe un vaste coin de séjour et, au centre de ce creux, siège le poêle en métal. On s'assied par terre, les jambes pendantes dans la piscine remplie de chaleur, et on protège ce bassin d'air torride d'une immense couverture." (p174) En cherchant ce terme j'ai surtout trouvé des tables recouvertes d'un futon, avec un chauffage en dessous, mais j'ai fini par tomber sur une photo plus proche de ce que l'auteur décrit ici.

Au contact de Rinri, Amélie découvre de nouvelles subtilités de la vie japonaise. La mère de Rinri, si polie, qui lui demande soudain pourquoi elle cherche à s'exprimer de façon sophistiquée quand son visage bien trop expressif ne lui permettra jamais d'être une femme distinguée. Ses jambes blanches sous sa robe courte en été lui valent également l'hilarité de la famille de Rinri : une femme comme il faut mettrait des collants, même sous la canicule. Lorsque Rinri décide de lui présenter ses amis, il s'éclipse aux fourneaux pendant tout le repas et Amelie découvre que les convives attendent d'elle qu'elle ne mange pas et parle, comme les "conversationneurs" (métier inventé pour permettre à la bonne société de manger sans avoir à se préoccuper de la discussion). Amélie déblatère sur les mérites des bières belges pendant tout le repas, voyant défiler les mets plus délicats devant elle à son plus grand désespoir. Arrive ensuite cette demande de mariage acceptée par erreur parce qu'elle a répondu "non" à une formulation à la tournure négative, ce qui équivaut à une réponse positive.

Et puis, comme Amélie savoure les plats japonais, nos papilles frémissent d'envie en lisant certains passages. Je rêve d'okonomiyaki depuis cette lecture, mais voici d'autres mets délicats qui passent devant nos yeux brillants à la lecture de ce roman : 

"Il revint avec un plateau de merveilles qu'il disposa devant nous : beignets de pissentlis, feuilles de chiso farcies aux racines de lotus, fèves confites aux cédrats, crabes nains frits à croquer entiers." (p143) "(Il) les remplaça (...) par des ramequins individuels de chawan mushi, (...) ce flan de fruits de mer et de champignons noirs au fumet de poisson qu'il faut manger brûlant" (p147)

Un récit exquis, enlevé, où une jeune femme à la forte personnalité partage avec nous son amour du Japon. Si ce pays me fascinait depuis longtemps, voilà un roman qui a encore aiguisé mon appétit de voyage et de dépaysement au pays du soleil levant.

Présenté dans le cadre du rendez-vous autour d'Amélie Nothomb et de ses romans se déroulant au Japon. C'est aussi ma première participation au Mois belge !

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245 p

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam, 2007

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02/04/2018

Sayaka Murata, Konbini

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Repéré il y a quelque temps sur les blogs, Konbini est une première bonne surprise dans le cadre de mes lectures pour ce mois au Japon.

Keiko Furukura est employée dans un konbini, supérette japonaise. A 36 ans, sans être mariée comme c'est son cas, cela équivaut à être tout en bas de l'échelle sociale. Pourquoi n'a-t-elle pas de vrai travail ? Pourquoi ce temps partiel (de 5 jours tout de même) alors qu'habituellement ce sont les étudiants, les freeters (jeunes en situation de précarité) et les femmes mariées ayant besoin d'un revenu d'appoint qui font ce genre de travail ? A-t-elle déjà eu un petit ami ? Autant de questions que Keiko tente d'esquiver en prétendant souffrir de soucis de santé.

Si Keiko a choisi de continuer à travailler dans le même konbini après ses études, c'est parce qu'elle a conscience de ne pas avoir le comportement que la société attend d'elle, sans savoir pourquoi. Petite déjà, elle avait suscité l'effroi en proposant de cuisiner un oiseau mort dans le parc - oiseau que toutes les petites filles pleuraient - avant d'assommer avec une pelle un camarade de classe pris dans une bagarre quelques années plus tard, quelqu'un ayant dit qu'il fallait séparer les deux opposants. Ses réactions lui semblent rationnelles et justifiées et l'étonnement et la gêne qu'elle génèrent la laissent perplexe.

Adulte, elle constate que certaines de ses attitudes continuent d'étonner et préfère ainsi la sécurité de la supérette, régie par des codes vestimentaires et de langage; Keiko calque également son style vestimentaire personnel, ses intonations et certaines de ses réactions sur ceux de ses collègues, pour entrer dans le moule et paraître normale. Vivre semble être un travail de tous les jours.

Quelques extraits représentatifs de ce texte :

"Tout ce qui concerne la façon de parler, en particulier, je l'apprends par imitation. Mon langage actuel est un mélange d'Izumi et de Sugehara" (p 26).

" (...) Je m'inspire de son look. Vu de l'extérieur, j'ai tout de l'humain normal, portant un sac à la mode et s'exprimant selon les règles de la politesse et de la bienséance" (p 28).

" Ah, j'ai bien joué mon rôle d' "humain“, me dis-je en observant les réactions de mes deux camarades. Combien de fois ai-je éprouvé ce même soulagement entre les murs de la supérette!" (P 29)

Jusqu'au jour où elle propose à Shiraha, autre trentenaire en marge de la société, un contrat tacite : elle l'hébergera chez elle et le nourrira, à condition de pouvoir prétendre avoir un conjoint et ainsi faire cesser les questions. Comme le dit Shiraha, cynique et opportuniste :

" Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté" (p 67)

Leur relation n'a rien de romantique, ni même d'amical. Il la trouve trop âgée, repoussante, méprise son travail dans un konbini et décide de prétendre être homme au foyer et pour cela, compte bien la forcer à obtenir un emploi stable. Keiko ne le trouve ni beau ni intéressant mais est soulagée de pouvoir prétendre avoir quelqu'un dans sa vie pour justifier son temps partiel et se rapprocher de la norme. Car plus le récit avance, plus on lui fait comprendre qu'elle a râté sa vie. Ainsi, quand Keiko énonce son idée d'une vie partagée, elle déclare prosaïquement à Shiraha:

" Je te fournirai ta pâtée. (...) C'est la première fois que j'héberge un être vivant, j'ai l'impression d'avoir un animal domestique." (P 86)

Un récit court et percutant sur la différence au sein de la société nippone - sujet qui trouve aussi un écho dans nos sociétés occidentales. Le portrait de Keiko est subtil, tandis que l'évolution des réactions de ses proches et collègues ne manque pas de cynisme. Un roman que j'ai dévoré avec beaucoup d'intérêt.

Au passage, j'ai découvert quelques "spécialités" culinaires propres à l'univers des supérettes : fromage à la rogue de colin, onigiri à la bonite séchée, pogo (saucisse sur bâtonnet), cidre chocolat-melon... et le très dépaysant "sandwich thon mayo", produit phare du magasin ! 

Lu pour le rendez-vous du mois consacré à la ville. Le konbini est situé dans un quartier d'affaires, en face d'une gare, dans un environnement très urbain.

124 p

Sayaka Murata, Konbini, 2016 (2018 en VF)

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01/04/2018

Un Mois au Japon, 2e édition : le Billet Recap

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Et c'est parti pour un mois au pays du soleil levant !

Je m'absente pour le week-end de Pâques mais d'ici là, n'hésitez pas à laisser ici vos billets doux :

Les billets d'annonce de participation / lancement :

Bidib MapetitmédiathèqueBlandineKiona Seelie, KobaitchiNaheNathChocoPurple VelvetBulles d'Encre,

1er avril :

Thème du Jour : Délices du Japon avec la talentueuse Syl

2 avril :

Thème du Jour : La ville 

3 avril : 

Thème du Jour : Un Amélie Nothomb se déroulant au Japon

4 avril :

Thème du Jour : RDV Manga

5 avril :

Thème du Jour : Plume féminine nippone au choix 

Hors thème :

6 avril :

Thème du Jour : Séance cinéma / Série TV

[Hors thème]

7 avril :

Thème du Jour : Album jeunesse avec le challengJe lis aussi des albums

[Hors thème]

8 avril :

Thème du Jour : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique

[Hors thème]

9 avril :

Thème du Jour : Aki Shimazaki

[Hors thème]

10 avril :

Thème du Jour : Journée 100% zen 

[Hors thème]

11 avril : 

Thème du Jour : RDV Manga

[Hors thème]

12 avril :

Thème du Jour : Journée du chat nippon

[Hors thème]

13 au 15 avril : Read-a-thon nippon

13 avril :

Thème du Jour : Séance cinéma / Série TV

[Hors thème]

14 avril :

Thème du Jour : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums

[Hors thème]

15 avril :

Thème du Jour : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique

[Hors thème]

16 avril :

Thème du Jour : Le Tombeau des lucioles, le livre ou le film d’animation

[Hors thème]

17 avril :

Thème du Jour : RDV Polar

[Hors thème]

18 avril :

Thème du Jour : RDV Manga

[Hors thème]

19 avril :

Thème du Jour : Plume masculine nippone au choix

[Hors thème]

20 avril :

Thème du Jour : Séance cinéma / Série TV

[Hors thème]

21 avril :

Thème du Jour : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums

[Hors thème]

22 avril :

Thème du Jour : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique

[Hors thème]

23 avril :

Thème du Jour : RDV historique (en roman, reportage, film, essai...) autour de la 2e guerre mondiale ou de la bombe atomique 

[Hors thème]

24 avril :

Thème du Jour : Rencontre avec un Samouraï

[Hors thème]

25 avril :

Thème du Jour : RDV Manga

[Hors thème]

26 avril :

Thème du Jour : Rencontre avec une Geisha

[Hors thème]

27 avril :

Thème du Jour : Séance cinéma / Série TV

[Hors thème]

28 avril :

Thème du Jour : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums

[Hors thème]

29 avril :

Thème du Jour :  Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique

[Hors thème]

30 avril :

Thème du Jour : Rendez-vous Yokaï

[Hors thème]

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08:22 Publié dans Challenges | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |

31/03/2018

Fiona Watt, Rachel Wells, Où est ma licorne ?

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Après Pâques, un dernier album aux couleurs printanières avant de décoller pour le Japon, thématique du mois d'avril sur ce blog. 

Où est ma licorne ? fait partie d'une collection des éditions Usborne où le narrateur cherche quelque chose, en l'occurence ici une licorne. Page après page, nous croisons des animaux magiques qui ont des oreilles trop douces, une corne trop rugueuse... jusqu'à la dernière double-page où nous retrouvons la bonne licorne.

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Un album coloré et amusant qui a d'emblée séduit Mini Lou. Les plus petits apprécieront de toucher les éléments en relief, puis, en grandissant, ils pourront découvrir plusieurs adjectifs grâce aux éléments visuels et tactiles. Très mignon pour les bébés et très jeunes lecteurs !

Merci aux éditions Usborne.

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10 p

Fiona Watt (auteur), Rachel Wells, Où est ma licorne ?, 2017

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30/03/2018

Sam Taplin & Rosalinde Bonnet, La chasse aux oeufs

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Voilà un album dont je voulais vous parler il y a longtemps. Offert par Papy Lou à Petite Lou quand elle était bébé, cet album à rabats a plus souffert que d'autres car il a été lu très tôt par bébé lectrice et quelques éléments sont un peu fragiles... il reste néanmoins  globalement en bon état après de nombreuses lectures... et je compte le lire à Mini Lou ce week-end, pour préparer la chasse aux oeufs. 

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Une nouvelle vie bienvenue pour ce livre adorable !

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Le lapin de Pâques a caché un oeuf sur chaque double-page. Moutons, chiens, chats, tous sont à la recherche de l'oeuf en question, caché sous un rabat.

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Un petit livre idéal pour les très jeunes lecteurs, avec ses dessins tendres et rigolos, ses rabats qui créent la surprise et à la fin, cinq oeufs à compter pour les enfants un peu plus grands. Une valeur sûre !

12 p

Sam Taplin (auteur) & Rosalinde Bonnet (illustrateur), La chasse aux oeufs, 2012

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29/03/2018

Jessica Greenwell & Stacey Lamb, First Sticker Book Easter

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Avant d'entamer le Mois au Japon, fêtons le printemps sur le blog avec, pour commencer, cet album acheté l'an dernier quelques jours avant Pâques dans une charmante librairie de Moreton-in-Marsh, ville bien agréable des Cotswolds que l'on croise régulièrement avec Agatha Raisin.

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Des scènes variées composent cet album de stickers : travaux pratiques, chasse à l'oeuf, décorations de Pâques... il faut dire que les Anglais marquent davantage le coup que les Français. Au-delà du chocolat, on voit des décorations partout, il est facile de trouver des Easter egg hunts auxquelles participer (sponsorisées par une marque de confiseries bien entendu...). L'an dernier nous nous baladions près d'une église ce jour-là : elle était pleine à craquer de fidèles s'étant habillés sur leur trente-et-un pour l'occasion. Et difficile de trouver une table ensuite. Les restaurants étaient tous réservés et au complet le jour du Sunday Roast spécial Pâques !

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Petite Lou a tout de suite jeté son dévolu sur cet album. Les dessins colorés et tendres lui ont de suite plu et pendant tout notre séjour anglais, elle est revenue avec plaisir vers ces stickers, alternant les thématiques avec enthousiasme, et toujours très sûre des pages qui l'intéressaient.

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Pour les petits, encore peu familiers avec cette période de l'année, c'est l'occasion d'expliquer le déroulement de la journée, le principe de la chasse aux oeufs ou les multiples activités envisageables autour de Pâques. Une fête traitée sous un angle ludique.

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Idéal pour la saison, cet album joyeux a toutes les chances de plaire aux petits comme aux plus grands.

24 p

Jessica Greenwell (Author), Stacey Lamb (Illustrator), First Sticker Book Easter, 2012

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27/03/2018

Un Mois au Japon 2018 : le programme

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Petit interlude en cette fin de mois British Mysteries !

Cette année, l'agence de voyage Hilde&Lou vous a concocté un sacré programme et espère que vous vous êtes équipés de chaussures confortables pour participer à l'aventure en toute sérénité.

Rendez-vous hebdomadaires :

  • Mercredi 4, 11, 18 et 25 avril : Manga
  • Vendredi 6, 13, 20 et 27 avril : Séance cinéma / Série TV
  • Samedi 7, 14, 21 et 28 avril : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums
  • Dimanche 1, 8, 15, 22 et 29 : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique (autour du thé, des délices de Tokyo ou autres...)
  • Week-end du 13 au 15 avril (36H) : Read-a-thon nippon

Rendez-vous ponctuels :

  • La ville à l’honneur : lundi 2 avril
  • Un Amélie Nothomb se déroulant au Japon : mardi 3 avril
  • Plume féminine nippone au choix : jeudi 5 avril
  • Aki Shimazaki - Romans des cycles Le Poids des Secrets, Au coeur du Yamato, L’ombre du chardon : lundi 9 avril
  • Journée 100% zen : mardi 10 avril
  • Journée du chat nippon : jeudi 12 avril
  • Le Tombeau des lucioles, le livre ou le film d’animation : lundi 16 avril
  • RDV Polar : mardi 17 avril
  • Plume masculine nippone au choix : jeudi 19 avril
  • RDV historique (en roman, reportage, film, essai...) autour de la 2e guerre mondiale ou de la bombe atomique : lundi 23 avril
  • Rencontre avec un Samouraï : mardi 24 avril
  • Rencontre avec une Geisha, oeuvre au choix : jeudi 26 avril
  • Rendez-vous Yokaï : lundi 30 avril

Et bien sûr, les programmes libres sont tout à fait possibles aussi !

Nous espérons que vous savourerez autant que nous ce mois japonais qui commence dans quelques jours !

Rendez-vous le 1er avril !

challenge un mois au japon

26/03/2018

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter

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Photo Copyright MyLouBook - avec un service à thé miniature Alice de Tenniel.

Lors de mon dernier séjour londonien, je suis tombée sur une sélection "Dead comfortable" (photo ci-dessous) qui m'a bien sûr immédiatement tapé dans l'oeil. Après avoir tourné sans enthousiasme autour de curieux romans avec chats et bibliothèques en couverture, j'ai remarqué cette illustration inspirée de l'univers d'Alice au Pays des Merveilles... difficile à partir de là de résister au roman Death of a Mad Hatter (Mort d'un Chapelier fou) de Jenn McKinlay - Américaine tombée sous le charme de l'Angleterre.

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Scarlett Parker est américaine et vit depuis quelque temps en Angleterre, à Notting Hill, chez sa cousine anglaise Vivian Tremont. Toutes deux tiennent une boutique spécialisée dans les chapeaux de création. Vivian et leur apprentie Fee se chargent de confectionner les chapeaux tandis que Scarlett met à profit son sens de la communication pour tenir la boutique et accueillir les clients aisés cherchant des tenues sur mesure. Parmi les personnages récurrents, comptons aussi leur séduisant homme d'affaires, Harrison ; Scarlett le connaît depuis l'enfance et ne veut pas s'avouer qu'il lui  plaît, d'autant plus qu'elle a fait voeu de chasteté pendant un an après une série de relations désastreuses, la dernière en date avec un homme marié. Enfin, le photographe Andre et son conjoint Nick, amis qui tiennent une galerie à proximité de la boutique.

Ce roman est le deuxième de la série mais ça n'a pas gêné ma lecture. Ici, la richissime famille Grisby prévoit d'organiser un thé caritatif sur le thème d'Alice au pays des Merveilles. Ses différents membres devront porter des chapeaux à l'image des personnages d'Alice. Des tensions se ressentent déjà lorsqu'il est question d'attribuer un personnage à chacun.

La doyenne de la famille a refusé pendant des dizaines d'années d'admettre que son mari était parti avec une autre; curieusement, elle a également décidé de confondre Vivian avec la grand-mère de celle-ci, qui avait créé la boutique. Cette confusion permettra une plus grande proximité avec la famille Grisby, une invitation au thé et, tant qu'à faire, la découverte d'un des membres de la famille assassiné.

Sans que l'enquête ne soit au coeur du roman, qui frôle parfois la chick lit (juste à la limite de l'acceptable pour moi, qui ne suis pas une grande adepte du genre), Scarlett va fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas pour protéger la belle-fille Grisby, qu'elle apprécie.

Un roman cozy où l'on croise jolis chapeaux, photos artistiques, hôtel et villa luxueux, repas à emporter et tea times aux crackers et fromage. Ainsi que le fantôme de la grand-mère, qui semble intervenir de temps en temps en laissant flotter un parfum de muguet. Ambiance sympa, enquête tranquille, pour une chute qui n'est pas inintéressante. On sent tout de même un côté un peu cliché dans l'écriture pleine d'enthousiasme de ce roman qui, à travers la narratrice, reste assez américain. J'hésite encore à lire la suite mais je suppose que si je tombais dessus en librairie pendant un séjour anglais, je me laisserais tenter. Même si, je dois le dire, le message "Dear reader" à la fin du roman m'a refroidie - petite invitation commerciale à aller découvrir les autres séries, avec la subtilité et l'élégance d'un éléphant étalant de la confiture sur des scones. La meilleure publicité pour l'auteur est l'appréciation du roman qui vient d'être lu... une photo de romans des autres séries avec un bref résumé aurait été suffisant.

290 p

Jenn McKinlay, Death of a Mad Hatter, 2014

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21/03/2018

Holly Webb, Rose, Série en 4 tomes

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Grâce à Pedro Pan Rabbit, je me suis régalée avec cette série de 4 romans jeunesse, Rose de Holly Webb. Nous plongeons dans une Londres qu'on imagine au XIXe ou au début du XXe. Le roi tel qu'il était décrit me faisait penser au Prince consort Albert. On retrouve beaucoup d'ingrédients chers aux romans dont l'action se déroule à cette époque : les dures conditions de vie à l'orphelinat, l'espoir de trouver un métier respectable, la vie de domestique, enviable par rapport aux nombreux métiers de la rue mais exténuante au quotidien et faite de rivalités. On peut penser notamment aux romans de Mary Hooper Velvet et Waterloo Necropolis, où de jeunes femmes isolées font leur possible pour continuer à payer une pension, conserver un travail détestable, mais honorable.

Rose et la maison du magicien (286 p) : Rose vit dans un orphelinat où le quotidien est insipide et fait de corvées, mais dont la responsable fait preuve d'humanité et où Rose a une amie. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle sait faire apparaître des images sur des surfaces brillantes. Peu de temps après, une gouvernante vient l'embaucher pour travailler au service de Mr Fountain, éminent magicien de la cour. Un roman dans lequel il est aussi question de disparitions d'enfants et d'une sorcière maléfique qui, cette fois-ci, m'a fait penser aux aventures de Penelope Tredwell (Douze minutes avant minuit).

[Pour la suite, spoilers si vous n'avez pas lu le tome précédent]

Rose et la princesse disparue (279 p) : Mr Fountain sait désormais que Rose est une magicienne. Elle continue à travailler comme femme de chambre mais devient aussi son apprentie, au même titre que Freddy, vexé d'être moins doué que sa nouvelle partenaire. La princesse chérie de la nation est menacée et Rose est amenée au palais pour lui servir de garde du corps dans le plus grand secret. Mais la princesse est enlevée et la mission de Rose devient de plus en plus périlleuse. En même temps, un froid polaire s'abat sur Londres et un magicien distribue des boules de neige enchantées qui font une drôle d'impression à la jeune Rose...

Rose et le masque vénitien (250 p) : un masque précieux a disparu au palais. Celui qui le portera pourra acquérir une puissance absolue et il est clair que les Talisiens ont toujours l'ambition d'envahir l'Angleterre. Rose, Freddy, Mr Fountain et sa jeune fille vont partir ensemble à Venise où ils pensent retrouver l'auteur du vol. Une aventure dangereuse pour chacun d'entre eux, et l'occasion d'une rencontre avec une vieille dame, Miss Fell, qui semble avoir des soupçons sur l'identité de Rose.

Rose et le fantôme du miroir (251 p) : Un dernier tome davantage centré sur Rose, même si la menace d'invasion par les Talisiens est dans tous les esprits à leur retour d'Italie. Egalement instruite par Miss Fell, Rose va en apprendre davantage sur son passé.

[Fin des spoilers]

Quatre jolis romans qui se lisent d'une traite. J'ai préféré le premier, pour la découverte de l'univers et le cadre très londonien, et le dernier pour l'intrigue centrée autour de l'identité de Rose après plusieurs complots déjoués. Cependant, chaque livre a ses moments forts et ses aspérités, et c'est aussi le cas du tome 2 avec un hiver de glace fascinant et du tome 3 avec la mystérieuse Venise, cadre idéal pour une lutte entre magiciens. L'intrigue se met aisément en place et si la fin tombe assez rapidement, le plaisir n'est en rien gâché car ce sont avant tout les protagonistes et l'ambiance qui portent ces récits. Les personnages sont bien croqués, complémentaires les uns des autres - et je me suis réjouie de constater que la présence de deux jeunes garçons autour de Rose ne faisait pas prendre un tour mièvre à l'histoire. Une charmante découverte, faite d'amitié, d'entraide, de magie et de nombreux rebondissements.

L'avis de Des livres, des livres ! et de Pedro Pan Rabbit (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez aussi lu cette série).

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Holly Webb, Rose, 4 tomes, 2009-2011

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