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28/05/2018

Challenge Un Mois au Japon Saison 2 : billet de clôture

Pour clore la deuxième saison du Mois au Japon, voici un bilan de mes participations. Une deuxième saison du challenge pendant laquelle je me suis régalée grâce à vous. Il reste encore à finaliser le billet recap et traquer quelques billets récalcitrants, ce qui me donne l'occasion de faire encore des découvertes !

Mes billets 2018 :

Le billet recap

Le billet du Read-a-thon japonais 2018

9 Romans ou novellas :

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         aki shimazaki,le poids des secrets t4,wasurenagusa,japon,challenge un mois au japon,editions actes sud

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- Sayaka Murata, Konbini

- Amélie Nothomb, Ni d'Ève ni d'Adam

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, Tome 3, Tsubame

- Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa

- Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru

- Keigo Higashino, Les doigts rouges

- Haruki Murakami, L'Etrange Bibliothèque

- Dominique Sylvain, Kabukicho

- Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami

2 Mangas :

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- Fumiyo Kouno, Pour Sanpei (2 tomes)

Fumiyo Kouno, Une longue route

4 Albums jeunesse :

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elmodie, un singe dans la neige, challenge un mois au japon, albums enfants japon

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Annelore Parot, Kokeshi Volume 1, Yumi

- Elmodie, Un Singe dans la Neige

- Chiaki Okada & Kazuhito Kazeki, Une nuit à la bibliothèque

- Tatsuhide Matsuoka, Roule

2 Expositions :

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Junya Ishigami : "Freeing Architecture"

Foujita : "Peindre dans les années folles"

*****

Au total 18 billets sans compter le billet recap et le billet de suivi du Read-a-thon... une belle cuvée 2018 ! Je n'en ai pas fini pour autant avec mes envies de lectures et découvertes nippones et vous donne rendez-vous avec plaisir l'année prochaine !

Merci encore à tous et notamment à ma complice Hilde !

Le billet de clôture de 2017 (au bilan plus modeste)

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26/05/2018

Foujita : Peindre dans les années folles

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Ce sera ma troisième exposition nippone en l'espace d'un mois, ainsi que le dernier billet avant mon bilan du challenge Un Mois au Japon, que j'ai adoré partager avec vous et Hilde. D'ailleurs le challenge n'est pas encore tout à fait terminé pour moi puisque je continue à découvrir certains de vos billets (et à alourdir ma liste d'envies pour l'année prochaine).

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Voici la présentation de l'artiste sur le site du musée Maillol, où se tient une rétrospective jusqu'au 15 juillet 2018 :

L’exposition retrace l’histoire d’un destin unique, celui d’un artiste évoluant entre deux cultures. De ses prémices au Japon, en passant par son ascension et la révélation de son oeuvre, son parcours le mènera jusqu’à la création de ce personnage si singulier dans le contexte parisien des années folles. Ses thèmes récurrents – femmes, chats, natures mortes, enfants et autoportraits – sont spécifiques du foisonnement de sa production artistique. Foujita traverse les grands courants modernistes sans dévier de son schéma de recherche, respectueux de ses racines japonaises et du classicisme des grands maîtres occidentaux.
Ses oeuvres en appellent d’autres, celles de ses voisins d’atelier, ses amis, admirateurs et inspirateurs, pour un dialogue enrichissant permettant de mesurer l’originalité et la complémentarité des artistes regroupés sous l’appellation « École de Paris ».

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L’exposition démontre le talent de l’artiste fou de dessin qui, après son illustre prédécesseur Hokusai, maniait le pinceau avec brio. Le trait de Foujita se révèle d’une sureté infaillible et ses lignes d’une finesse calligraphique exemplaire avec l’utilisation du sumi (encre nore japonaise) autant sur le papier que pour ses huiles. Il laisse à la couleur un rôle secondaire mais si décisif qu’elle en sublime le trait. La délicatesse de la gouache et de l’aquarelle emplit les formes par aplat, pour des transparences subtiles lorsqu’il s’agit de peinture à l’huile. Ses fonds d’or renforcent quant à eux l’impression de préciosité et de raffinement.

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Une exposition bien pensée, qui intègre la dimension chronologique tout en donnant à voir les facettes multiples d'un artiste qui s'est beaucoup cherché, s'inspirant d'influences variées (culture asiatique, classiques italiens, amis contemporains et notamment Modigliani). Les toiles japonisantes ont parfois l'intérêt de mêler des sujets plutôt occidentaux à un style extrêmement oriental. De nombreux tableaux sont des allusions évidentes à des pièces maîtresses de l'art religieux.

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L'exposition insiste également sur la personnalité de l'artiste, qui a fréquenté les figures emblématiques des années folles, porte cette horrible coiffure et cette ridicule moustache dans sa volonté de jouer les dandys originaux. Un artiste qui se met en scène en photos et à travers ses toiles pour sortir du lot et se créer une identité marquante. Foujita se distingue également par sa facilité à quitter ses compagnes - ou à remplacer l'avant-dernière lorsqu'elle disparait brutalement.

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Je dois avouer que je ne suis pas particulièrement sensible à l'univers de cet artiste, même si j'ai apprécié un certain nombre d'oeuvres. Certaines de ses toiles ressemblent énormément à du Modigliani, mais je les trouve plus fades. Les facettes de Foujita sont si nombreuses qu'on peut avoir un peu de mal à vraiment déceler ce qui est le plus représentatif de l'artiste. Ce qui m'a en tout cas le plus convaincue, ce sont les portraits dans le style ci-dessous: visage sérieux, quasi fantomatique, regard direct, traits nets du visage (qui d'ailleurs rappellent un peu les primitifs italiens).

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Le détournement des sujets religieux, avec des traits épurés, géométriques, et le recours au doré, est très intéressant lui aussi. Foujita s'est d'ailleurs converti au catholicisme sur le tard et a été jusqu'à concevoir une église à la fin de sa vie.

Je note aussi quelques influences préraphaélites dans le modelé de certains visages:

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Je remarque après coup que l'exposition a fait le choix d'éviter le sulfureux et de privilégier des oeuvres plus sages, moins provocatrices. Par exemple, on y trouve beaucoup de portraits d'enfants mais en cherchant des informations sur le net, j'ai découvert plusieurs toiles plus équivoques, comme Petits enfants faisant pipi, dans une mise en scène indéniablement érotique.

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Source Artvalue

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De même, on trouve dans l'exposition la belle toile ci-dessus, ainsi que quelques autres dans ce style. Une version plutôt chaste comparée à celle présente ci-dessous, que je ne pense pas avoir vue au cours de ma visite :

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Source Artvalue

Beaucoup de chats aussi dans cette exposition. Avis aux amateurs!

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22/05/2018

Le Mois anglais saison 7

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Le Mois anglais fait son grand retour, pour une 7e saison qu'on espère de nouveau riche en émotions !

Vous vous languissez devant votre service à thé Elizabeth II ? Vos magnets Kate & William viennent d'accueillir de nouveaux voisins en l'honneur de Harry & Meghan ? Vous compulsez frénétiquement vos Agatha Raisin depuis des mois ? Vous regardez avec nostalgie votre parapluie jaune canari ? Ce sont des signes qui ne trompent pas : vous vous languissez du Mois anglais. Ça tombe bien, le revoilà !

Sortez recettes de scones, mugs Spice Girls, albums de vacances et romans anglais... et venez fêter l'Angleterre au mois de juin ! Pas de gadgets kitsch à la maison ? Ce n'est pas grave, notre tea room vous est ouverte, alors venez prendre un bon petit thé, farfouillez dans nos piles de livres et savourez ce moment cozy avec nous !

Le voyage débutera le 1er juin 2018 et durera tout le mois.

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Cryssilda et moi sommes donc très heureuses de vous retrouver cette année encore, et espérons que vous serez toujours aussi enthousiastes après ces nombreux voyages littéraires et virtuels ensemble en Angleterre.

Billets libres, lectures communes, comme chaque année il y en aura pour tous les goûts. Le seul mot d'ordre: fêter l'Angleterre sur nos blogs. 

Pour vous inscrire, nous vous invitons à laisser un commentaire à la suite de ce billet et sur le billet de lancement de CryssildaN'hésitez pas non plus à nous y laisser les liens vers vos billets de présentation pour que nous puissions les relayer plus facilement.

Vous pouvez également rejoindre notre groupe facebook, où on papote déjà de plus en plus depuis quelques semaines.

Et que diriez-vous de nous proposer de nouveaux logos? Chaque année votre créativité nous impressionne !

le mois anglais, le mois anglais 2017

Les thèmes envisagés (n'hésitez pas à en suggérer d'autres ou à annoncer votre participation si vous le souhaitez déjà) - rien n'est ancré dans le marbre, on peut faire évoluer ces rendez-vous:

- LC Jonathan Coe (idéalement Testament à l'anglaise) : 1er juin

- Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 2 juin

- Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 3 juin

- Roman policier (choix libre) : 4 juin

- RDV SF / fantasy / surnaturel (roman ou BD avec fantômes, vampires, sorcières...), adulte ou jeunesse : 5 juin

- La région anglaise de votre choix à l'honneur: 6 juin

- Lecture en VO : 7 juin

- Recueil de nouvelles au choix : 8 juin

- Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 9 juin

- Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 10 juin

- OU Bord de mer (roman, film, photos... n'importe où sur la côte anglaise) : 10 juin

- Journée victorienne (films, romans, écrits à l'époque ou se déroulant sur la période) : 11 juin

- Let's meet Agatha - soit Agatha Frost (Peridale Café), Agatha Raisin ou Agatha Christie : 12 juin

- Rendez-vous au campus (campus novel, film, photoreportage oxbridgien...) : 13 juin

- Roman jeunesse : 14 juin

- Read-a-thon sur 3 jours : du vendredi 15 juin (00h01) au dimanche 17 juin (23h59)

- Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 16 juin

- OU Un roman de J.P. Delaney (La Fille d'avant...) : 16 juin

- Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 17 juin

- Jane Austen (livre de l'auteur, adaptation TV, biopic, livre sur Jane Austen etc) : 18 juin

- OU Un vintage classic (début xxe aux 70's) - Mitford, Waugh, Sackville West... : 18 juin

- Ghost story (livre/film/série ; Ghost tour si vous y avez participé) : 19 juin

- Anna Hope : 20 juin

- Ironie et humour anglais (roman ou nouvelle au choix) : 21 juin

- Susan Hill : 22 juin

- Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums de Sophie Hérisson : 23 juin

- Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 24 juin

- Roman historique : 25 juin

- Kate Morton : 26 juin

- OU Un classique (XIXe ou avant) : 25 juin

- Hommage aux suffragettes : 27 juin

- Virginia Woolf (livre de l'auteur, adaptation TV, biopic, biographie) OU Cercle littéraire woolfien incluant Vita Sackville-West, E.M Forster, TS Eliot... :  28 juin

- Peter Ackroyd : 29 juin 

Rois, reines, princes et princesses d Angleterre (ça va du livre historique au roman en passant par des reportages sur des châteaux royaux, votre collection d'assiettes royal family et vos avis sur les robes des mariages royaux depuis la superbe meringue so 80's de lady Di) : 30 juin

Ce programme est bien sûr indicatif, vous pouvez participer à un ou plusieurs rendez-vous ou librement suivre vos envies tout au long du mois, à votre convenance. Profiter du mois anglais est le maître mot !

N'hésitez pas non plus à participer vos photos et anecdotes, on a toujours hâte de les savourer !

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Rendez-vous le 1er juin !

22:29 Publié dans Challenges | Lien permanent | Commentaires (69) | Tags : le mois anglais |  Facebook | |

21/05/2018

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger

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Retrouver Tracy Chevalier, c'est avoir l'assurance d'un roman historique dépaysant et minutieusement documenté, fluide et agréable à lire. Je n'en attendais pas moins avant de débuter À l'Orée du Verger, dont la jolie couverture n'était pas pour me déplaire. J'attends avec impatience son prochain roman qui se déroulera à Winchester dans les années 1930. Cela fait plusieurs mois que je l'ai repéré sur son blog, mais il va falloir être patiente car il est toujours en cours d'écriture. Remarquez, ce ne sont pas les titres de cet auteur qui manquent dans ma PAL... et cette dernière lecture a aiguisé mon appétit en la matière.

Les Goodenough ont dû quitter le Connecticut, faute de terres à allouer à l'un des plus jeunes fils, James. Lui et sa femme Sadie ont donc fait route vers l'Ouest avant de s'embourber assez vite dans le Black Swamp, zone marécageuse où James a bien du mal à faire pousser les 50 pommiers règlementaires qui lui permettront de devenir définitivement propriétaire de ses terres. La vie y est pénible. Chaque été, la fièvre s'empare de la plupart des habitants et peu à peu, des dix enfants Goodenough il ne reste plus que deux filles et trois garçons. Parmi les enfants, deux nous sont plus sympathiques : la maladive et douce Martha et Robert, garçon sérieux au regard direct. Les autres enfants semblent avoir hérité des traits moins flatteurs de leurs parents qui, mariés précipitamment puis livrés à eux-mêmes dans cette région épouvantable, en sont venus à se détester. En effet, les deux époux se provoquent continuellement, la situation s'envenimant de plus en plus au fil du récit.

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, at the edge of the orchard, littérature américaine, redwoods, billie lapham, pionniers, johnny appleseed, éditions folio, editions quai voltaire

Voilà pour la première partie de ce récit, que j'ai lue assez lentement : je ne partageais pas la passion de James pour les pommiers, tandis que Sadie m'était extrêmement antipathique. C'est un personnage certes malheureux, mais qui n'a pas grand-chose pour la racheter tant elle est mauvaise avec les siens - notamment ses enfants. Puis le récit est brutalement interrompu par des lettres de Robert à ses frères et soeurs : pourquoi est-il parti? Pourquoi n'écrit-il qu'à ses frères et soeurs? Cette série de lettres sème le doute et relance complètement la narration. Ce ne sera pas le seul changement de mode narratif, plusieurs histoires se dessinant et se rejoignant peu à peu.

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Si j'ai mis un peu de temps à entrer dans ce roman, j'ai dévoré les  130 ou 140 dernières pages hier avec avidité. J'aime les romans historiques mais ne me passionne pas particulièrement pour l'époque de la ruée vers l'or et de la Conquête de l'Ouest. Pourtant, j'ai trouvé beaucoup d'intérêt à ce roman aux personnages très tranchés et aux métiers parfois peu conventionnels pour l'époque. Le cadre est soigneusement travaillé : la découverte des redwoods, ces arbres géants, John Appleseed dont on fait la connaissance, les débuts du tourisme, l'essor des grandes villes...

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, at the edge of the orchard, littérature américaine, redwoods, billie lapham, pionniers, johnny appleseed, éditions folio, editions quai voltaire

Si le roman se passe essentiellement dans la nature, c'est l'histoire plus globale des Etats-Unis que l'on retrouve ici, avec un XIXe fait de migrations incessantes et d'évolutions non négligeables dans la société. Comme San Francisco, ville masculine où les rares femmes à y avoir élu domicile ont la possibilité de vivre comme bon leur semble, au mépris des convenances et du carcan qui leur sont imposés plus à l'Est. Sans parler de la crasse ou des saloons peu fréquentés dans ce roman, qui, en toile de fond, rappellent l'incroyable diversité du paysage américain à l'époque.

Merci aux éditions Folio pour cette découverte.

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390 p

Tracy Chevalier, À l'Orée du Verger, 2016

19/05/2018

Souvenirs de Sienne (2012)

Toujours dans le cadre du mois italien, de nouvelles photos, cette fois-ci de Sienne. Une ville pour laquelle j'ai eu un coup de coeur lors d'un beau mois de mai très ensoleillé.

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Photos copyright MyLouBook

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17/05/2018

Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami

ceci_monsieur origami.jpgJeune homme, Maître Kurogiku a quitté le Japon pour suivre une femme inconnue. Il vit depuis dans les ruines d'une maison en Toscane. S'il a remis les lieux en l'état, il dit toujours qu'il partira lorsque le propriétaire reviendra. Comme le veut la tradition familiale, Maître Kurogiku fabrique du washi (papier) selon des techniques ancestrales. Il classe ensuite les feuilles obtenues. Vend les moins belles. Conserve les meilleures. Car il ne se consacre pas à l'artisanat à des fins commerciales. En réalité, ce qui lui importe, c'est l'art de l'origami.

Un jour, un jeune horloger fraîchement diplômé se présente chez celui que l'on surnomme Monsieur Origami dans les parages. Il espère réussir à construire la montre la plus complexe au monde et va séjourner chez le maître, bousculant progressivement le monde immuable dans lequel vit depuis des années Maître Kurogiku. Les deux hommes vont, à leur façon, influencer l'autre et sa perception du monde. Nous assistons à leur rencontre et à leur séparation.

Conte inspiré de la philosophie orientale, roman contemplatif, Monsieur Origami est un texte épuré, concis, qui se construit progressivement, doucement, pas à pas... avec une habileté certaine. Si ce n'est pas un coup de coeur, j'ai apprécié le rythme lent, les phrases simples et ciselées et cette façon dont, progressivement, on comprend que Jean-Marc Ceci ne laisse rien au hasard et sait très bien où il veut nous emmener, malgré une première impression de simplicité. Un texte qui rend un bel hommage à la culture nippone et à l'art très spirituel de l'origami.

Bravo aux éditions Folio pour le choix de ce beau papier (qu'est-ce que c'est agréable !) et la couverture embossée.

Une participation tardive au mois japonais et un nouveau billet pour le mois italien de Martine.

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158 p

Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami, 2016

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15/05/2018

Souvenirs vénitiens (2013)

Voyage ! Voyage ! Vos plus belles photos souvenirs, anecdotes, lieux à nous faire découvrir de vos voyages en Italie.

Voilà donc ma première participation au mois italien de Martine, avec quelques souvenirs de Venise, découverte au printemps 2013.

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Photos copyright MyLouBook

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13/05/2018

Dominique Sylvain, Kabukicho

sylvain_kabukicho.jpgJe n'ai pas eu le temps de partager avec vous cette chronique lors du mois d'avril, et pourtant voilà un roman policier qui sort des sentiers battus. Nous plongeons dans Kabukicho, quartier des plaisirs de Tokyo, où l'Anglaise Kate Sanders est hôtesse. Le récit s'ouvre avec sa disparition, bientôt assortie d'une photo et d'un sms énigmatique envoyé à son père : "Elle dort ici". Une phrase qui rappellera rapidement à l'inspecteur Yamada  la signature d'un tueur en série déjà exécuté.

Mettant tour à tour en avant divers personnages, et notamment l'hôte le plus recherché du quartier, ami de Kate, ainsi que la colocataire et collègue de celle-ci, ce roman tient davantage du thriller que du whodunnit. Ce n'est pas tant la solution de l'énigme qui nous intéresse (on devine ce qu'il en est à la moitié du récit) que la découverte du quartier dont le visage baroque et extravagant masque les côtés plus sombres, entre clubs répugnants et méthodes sommaires de la pègre locale.

Personnages travaillés, complexes et souvent tourmentés, récit mené à un rythme haletant, portrait vibrant d'un quartier déroutant, une chute qui crée la surprise : voilà qui fait de Kabukicho un roman original et très réussi. Un titre qui n'est pas sans rappeler Le Talentueux Mr Ripley, version nippone.  En bémol, sans doute un peu trop de cadavres sur la fin pour rester totalement crédible, mais peu importe, la sauce avait suffisamment pris avant... on avale les dernières pages d'une traite.

Merci aux éditions points pour cette lecture saisissante !

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283 p

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Dominique Sylvain, Kabukicho, 2016

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Et quelques photos de ce quartier :

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28/04/2018

Tatsuhide Matsuoka, Roule

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Voilà un album qui m'a laissée si perplexe que pour la première fois il me semble sur ce blog, je vais l'introduire à travers la présentation de l'éditeur : "Le jargon pédagogique appelle un simple ballon « référentiel bondissant » ? Résistons par l’humour et un livre presque sans paroles, comme le précédent de Matsuoka, Saute. Qu’est-ce qui roule ? Les ballons, mais aussi les animaux. Avec plus ou moins de succès… Le crocodile s’en mord la queue, la tortue a besoin d’un coup de main pour se remettre sur ses pattes, mais le pingouin en profite pour prendre son élan, et le doudou du bébé, pour voir le monde sous un autre angle…"

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Amené comme ça, on se dit que c'est un super album, mais quand nous l'avons reçu avec l'abonnement de l'école des loisirs, je me suis demandé quel pouvait bien être l'intérêt de ce petit livre. L'humour de la tortue qui ne se relève pas ou le pingouin qui glisse au lieu de rouler ne constituent pas des interventions follement originales.

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Alors pour emporter mes petites lectrices (et ne pas m'endormir), j'ai surjoué chaque page, suivi du doigt le tracé des roulades, poussé des exclamations étonnées quand la roulade avait quoi que ce soit d'un peu inhabituel. Vous le voyez, je me suis follement amusée.

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Force est de constater que ma technique a fonctionné : Petite Lou et Mini Lou ont adopté cet album. Elles le feuillettent maintenant régulièrement, évidemment très rapidement vu le contenu simple, mais elles s'amusent toujours quand je refais mon petit numéro.

Vous l'aurez compris, à mon humble avis, cet album n'a rien de passionnant pour les adultes mais fonctionne finalement bien auprès des enfants, à condition de le mettre en scène. Parce que si on lit d'une voix monocorde "le bébé et son doudou roulent", "les enfants roulent", "la tortue roule"... ça risque de tomber un peu à plat !

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40 p

Tatsuhide Matsuoka, Roule, 2016 pour la traduction française.

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25/04/2018

Exposition Junya Ishigami : "Freeing Architecture"

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Photo Copyright MyLouBook

Jusqu'au 10 juin 2018, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Freeing Architecture, la première grande exposition personnelle de Junya Ishigami. Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une œuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante.  Source

Ayant la tête au Japon en ce mois d'avril, je ne pouvais pas manquer deux expositions qui se déroulent à Paris en ce moment. Voici la première - je réserve mon billet sur les Enfers et Fantômes d'Asie (Musée du Quai Branly) pour le challenge annuel de Purple Velvet cet été.

Freeing architecture permet de découvrir des maquettes alliant nature et structures modernes, dans des formes innovantes, repensant notre cadre de vie. De beaux projets et une précision incroyable dans l'exécution (notamment dans les blocs de béton et plaques de métal travaillés directement). Le tout dans le cadre extrêmement agréable de la fondation : j'ai profité de ma visite pour me prélasser dans le jardin à l'arrière, sous un beau soleil, un carnet de notes à la main.

Mes photos de l'exposition et du bâtiment ci-dessous.

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Photos Copyright MyLouBook

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23/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru

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Après le myosotis, un dernier symbole avec Hotaru, la luciole. Et quelle belle couverture que celle-ci... Si je n'ai pas eu l'impression de totalement "boucler la boucle" avec ce dernier tome, qui, comme dans la vraie vie, ne livre pas tous les secrets et ne résout pas tous les problèmes d'une vie éclatée, j'ai trouvé que ce dernier opus apportait un éclairage intéressant sur Mariko. Fille-mère ayant caché ses origines coréennes, puis femme adultère pendant une période, Mariko est avant tout une femme qui a traversé les moments les plus tragiques de l'histoire japonaise du XXe. Une femme qui, dans l'adversité, sans soutien familial, sans argent, a réussi à garder la tête haute et à assurer un avenir à son fils. Malgré ses faux pas et cette attirance dont elle ne peut se défaire pour son premier amant, Mariko est une femme qui cherche à reste honnête et méritante à l'égard de son époux, qu'elle apprend à aimer lui aussi.

Avec Hotaru, Mariko s'inquiète pour sa petite fille. Pour qu'elle ne commette pas les mêmes erreurs qu'elle, elle entreprend de lui dévoiler son passé et notamment, l'histoire de sa rencontre avec monsieur Horibe. Une relation dont on connaissait les conséquences, mais pas les circonstances.

Un roman refermé à regret, avec cependant l'envie de relire dans quelque temps cette pentalogie. Outre la dimension historique et les personnages attachants (pour la plupart) et bien croqués, Aki Shimazaki nous comble avec un texte fin, épuré, qui traite de sentiments avec simplicité et retenue. Pour me consoler de cette dernière lecture, le coffret de la deuxième série d'Aki Shimazaki m'attend. Je compte bien savourer prochainement ces cinq courts récits les uns après les autres. [Edit du 23 avril : depuis la rédaction de ce billet, programmé à l'avance, j'ai lu deux romans du 2e cycle... l'engouement se confirme !]

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133 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru, 2004

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21/04/2018

Chiaki Okada & Kazuhito Kazeki, Une nuit à la bibliothèque

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En faisant du repérage pour la première édition du Mois au Japon, j'avais noté quelques albums pour plus tard, dont celui-ci. Le titre ainsi que la jolie couverture m'avait attirée.

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Des enfants se rendent à la bibliothèque avec leurs doudous. Ils doivent les y laisser. Les doudous dorment mais dans l'obscurité, alors qu'il n'y a personne, ils se lèvent les uns après les autres et commencent à sortir les livres de leurs étagères et à semer la zizanie. Les bibliothécaires arrivent et s'occupent gentiment d'eux. Le lendemain les enfants vont rechercher leurs doudous.

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De charmants dessins dans des tons pastels, pleins de douceur et de délicatesse. C'est le point fort de cet album qui a plu à Petite Lou mais m'a laissée sur ma faim. Pourquoi les enfants partent sans les doudous et vont les rechercher le lendemain ? Pourquoi les doudous ne vivent pas quelques aventures palpitantes ? Comment se fait-il que les bibliothécaires trouvent tout à fait normal de voir des doudous vivants alors que les enfants eux-mêmes semblent ne se douter de rien ? Une jolie histoire qui reste un peu simpliste à mon goût, même si on savoure l'univers décrit et sa fantaisie. J'en attendais peut-être trop car j'ai suivi les avis positifs en ligne.

Je me demande également si l'album est très solide (le carton de la couverture est apparent, l'illustration ne couvre pas les angles et je pense que les coins peuvent s'abîmer si on ne fait pas attention).

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Les dessins m'ont rappelé ceux de Jour de pluie, magnifique album que je vous recommande vivement.

40 p

Chiaki Okada & Kazuhito Kazeki, Une nuit à la bibliothèque, 2014

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19/04/2018

Haruki Murakami, L'Etrange Bibliothèque

murakami_etrange bibliotheque.jpgUn jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale. Il y rapporte deux livres et annonce à la bibliothécaire qu'il en cherche d'autres. Sans écouter en détail sa requête, la femme l'envoie au sous-sol, dont le garçon ne connaissait pas l'existence. Il emprunte un couloir et se rend dans une pièce où un vieillard est assis. Malgré des hésitations et l'envie de renoncer à sa demande concernant la perception des impôts dans l'empire ottoman, l'adolescent n'ose pas se montrer impoli et accepte de lire sur place trois énormes volumes anciens apportés par le vieil homme. Il s'enfonce alors dans un dédale de couloirs sombres, pour finalement découvrir que la salle de lecture est un cachot. Ajoutez à cela un homme-mouton et une jeune fille sortie de nulle part, et vous aurez une idée de l'univers dans lequel Murakami nous plonge.

On glisse rapidement de la normalité à l'étrange, de la faille et du doute à l'horreur subtile, surréaliste. Cauchemar ou réalité ? Oeuvre de l'imagination ? Autant de questions que le lecteur est en droit de se poser.

Je suis passée complètement à côté de ce court texte de Murakami, sombre, malsain, conte inquiétant dont je ne voyais ni l'objectif ni l'intérêt. Accompagné d'illustrations de Kat Menschik qui ne m'ont pas davantage séduite (malgré l'imaginaire associé et l'interaction intéressante avec le texte), ce livre me confirme que je suis moins sensible aux textes oniriques de Murakami qu'à ceux davantage ancrés dans la réalité et l'univers contemporain japonais.

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Haruki Murakami, L'Etrange Bibliothèque, 2005

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17/04/2018

Keigo Higashino, Les doigts rouges

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Après La Maison où je suis mort autrefois, à l'atmosphère inquiétante, presque surnaturelle, cette deuxième lecture d'un roman de Keigo Higashino a de nouveau produit sur moi une forte impression. Noirceur et habileté sont les deux mots qui me viennent en premier à l'esprit pour qualifier ce récit où l'on sait d'entrée de jeu qui est le tueur. L'intérêt de l'intrigue consiste à suivre en parallèle coupables et police, pour voir comment les premiers comptent s'en sortir et comment les seconds pourront éventuellement résoudre l'affaire.

Maehara Akio est un employé de bureau de la classe moyenne, dont la vie se résume à des journées en entreprise, une éventuelle bière entre collègues, de longs moments passés dans des transports en commun bondés et une vie familiale peu réjouissante. Sa femme Yaeko et lui ne s'entendent pas particulièrement bien, son fils Naomi est un adolescent abruti de jeux vidéos et colérique, et sa vieille mère qui vit avec eux souffre de démence sénile. Lorsque s'ouvre le roman, Yaeko appelle son mari au bureau pour qu'il rentre rapidement : leur fils a étranglé une petite fille, provisoirement cachée sous un sac-poubelle dans le jardin. Au lieu d'appeler la police, la famille décide de couvrir l'adolescent.

Voilà un roman glaçant. Par le sujet bien entendu, mais aussi par la façon dont tout la famille Maehara décide de réagir. La petite est abandonnée dans un endroit sordide. La mère ne cesse de protéger son infâme rejeton ; il ne faudrait pas perturber le pauvre petit chaton, déjà tout tourneboulé par ce qui est arrivé. Tellement perturbé qu'il continue à réclamer des hamburgers, joue à la console et dort paisiblement quand ses parents ne vivent plus. Un adolescent qui d'emblée leur dit ne pas être responsable de par son âge; pour lui, il est tout à fait normal que ses parents gèrent le problème. Et il compte bien ne plus être importuné à ce sujet. Vient ensuite la stratégie mise au point par Akio, tellement sordide et cruelle. Et le retournement de situation final qui nous fait porter sur le déroulement des évènements un tout autre regard. Curieusement, le cynisme de cette famille sera contrebalancé par les réactions de deux cousins policiers, qui par leur approche professionnelle et leurs choix personnels, vont apporter une touche d'humanité, qu'on ne réalisera pleinement que dans les dernières pages. L'auteur décortique des relations familiales complexes avec beaucoup de talent. Un texte dont je n'attendais rien en particulier et que j'ai trouvé original et intelligent.

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237 p

Keigo Higashino, Les doigts rouges, 2009 (2018 pour la version française)

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14/04/2018

Elmodie, Un Singe dans la Neige

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Un superbe album offert par ma complice Hilde à mes espiègles kokeshis.

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Un singe souffre du froid en hiver et décide de partir chercher le printemps. Sa quête le mènera à travers le Japon, au mont Fuji et en mer où il rencontrera un grand dragon. S'il ne trouve pas le printemps, il découvrira à son retour des sources d'eau chaude dans la glace, apparues grâce au dragon. Il n'aura ainsi plus jamais froid en hiver.

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Un album à l'histoire courte et poétique, portée par des pop-ups de toute beauté. Magnifique.

Une participation au rendez-vous Album jeunesse du Mois au Japon, en partenariat avec le challenge Je lis aussi des albums.

16 p

Elmodie, Un Singe dans la Neige, 2015

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