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25/02/2017

Eric de Kermel, La Libraire de la Place aux Herbes

kermel_librairie de la palce aux herbes.jpgProposez-moi un livre parlant de libraire ou de bibliothécaire et j'aurai du mal à vous dire non. Comme toute lectrice vorace qui se respecte, j'aime l'esprit si particulier qui règne dans les bibliothèques et plus encore selon moi, dans les librairies. Alors dès qu'un roman me donne l'occasion de retrouver cet univers douillet au coin d'une page, je ne boude pas mon plaisir. C'est un peu comme tout ce qui parle de salons de thé anglais, je ne sais pas passer à côté en feignant le snobisme et l'indifférence la plus totale.

Malheureusement, je ressors souvent un peu déçue de ces lectures, jamais tout à fait à la hauteur de mes espérances même si je passe en général un bon moment malgré tout. Ami lecteur qui passez par là, si vous avez des titres à me conseiller, je suis tout ouïe ! 

La Libraire de la place aux herbes ne fait pas exception à la règle. Il y est question d'une ancienne enseignante qui plaque tout pour venir s'installer à Uzès et racheter une librairie - qui m'a paru très grande, un peu trop pour que j'arrive tout à fait à y croire, mais en même temps il est agréable d'imaginer qu'un rachat de librairie puisse être un aussi beau succès (belle librairie, une clientèle solide, des rencontres avec des écrivains qui font venir plus de 100 personnes...). Ça donne envie d'ouvrir sa propre librairie !

On sait de la libraire qu'elle entretient des relations tendues avec sa fille et qu'elle s'entend mieux avec son fils. Son conjoint architecte fait des allers-retours sur Paris. Elle a aussi un fort attachement à l'Afrique du Nord (j'ai d'ailleurs trouvé qu'on sentait tout au long du livre cet intérêt particulier de l'auteur pour cette région - par contre, hormis l'Irlande évoquée à quelques reprises, peu d'autres références géographiques).

A chaque nouveau chapitre, un nouveau nom. Ce sera celui d'un client, dont l'histoire sera liée à ses passages dans la librairie le temps de quelques pages. Le principe est sympathique et on se laisse facilement porter par ces récits qui se succèdent et nous font découvrir une galerie de personnages assez divers. Nathalie s'intéresse à eux, leur propose des titres pouvant leur correspondre et cherche à les aider.

Globalement, voilà un roman agréable, aux allures de feel-good novel. J'ai sincèrement apprécié les premiers chapitres, avant d'être gagnée par la lassitude. Tout d'abord les héros de chaque chapitre ont pour la plupart des profils atypiques (le soldat blessé, la religieuse, le pèlerin, le facteur qui devrait être en train de faire ses études pour devenir comédien). Peu de personnages ordinaires auxquels j'aurais pu plus facilement m'attacher, comme la jeune Chloé... et encore, elle est habillée comme une énorme caricature de la famille catho de base, et n'a encore jamais choisi une seule de ses lectures car sa mère le fait pour elle. Qu'elle ait une mère tyrannique, je veux bien, mais qu'adolescente elle ait besoin de l'intervention de Nathalie pour se rendre compte qu'elle pourrait essayer de lire un peu par elle-même, je n'y crois pas trop. Ensuite, la libraire elle-même a fini par m'agacer un peu à force de se mêler de tout ce qui ne la regarde pas et de donner des leçons de vie à certains clients. Enfin, le roman suit une philosophie humaniste, avec un regard tourné vers l'autre et en arrière-plan une conscience écologiste : on ne peut qu'adhérer, même s'il en ressort de nombreuses réflexions pleines de bons sentiments (non qu'elles soient stupides). Encore une fois ce n'est pas une critique englobant tout le livre, mais plutôt le fait qu'au bout d'une centaine de pages, j'ai eu l'impression que ce roman resterait plaisant mais n'avait plus de surprise à me réserver. Dernier bémol : les dialogues pas naturels pour un sou. J'ai eu l'impression que ça s'améliorait un peu vers la deuxième moitié, mais je m'étais peut-être aussi habituée.

Je ne ressors pas de ce roman avec de très nombreuses envies de lecture hormis Voyages avec l'Absente d'Anne Brunswic, qui promet cependant une belle découverte.

Si vous aimez les livres, tentez votre chance et laissez vous embarquer dans cette lecture détente qui, malgré les défauts que je lui trouve, reste pleine de bonnes idées et de passages intéressants.

D'autres avis dans l'ensemble très positifs : La Tête dans les Livres, Vol de Livre.

En librairie le 23 février.

Merci aux Editions Eyrolles pour cette découverte. Et après avoir lu les épreuves non corrigées, j'ai eu le plaisir de recevoir la copie finale et un très joli tote bag. Merci pour cette délicate attention !

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222 p

Eric de Kermel, La Libraire de la Place aux Herbes, 2017

18/02/2017

M. Zürcher & R. Badel, Il était trop de fois

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Encore une découverte faite par hasard à la médiathèque, où il était présenté parmi les coups de coeur. On ne remercie jamais assez les bibliothécaires pour les petites perles qu'ils savent dénicher ! 

Il était trop de fois est un album qui ne peut pas manquer d'attirer l'attention : petit format à l'horizontale et couverture rose flashy... difficile de passer inaperçu !

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Sur le fond, il s'agit ici de détourner les contes classiques. On commence par un loup et un petit chaperon rouge, mais une petite voix intervient et décide que ça ne va pas du tout. Alors on change de protagoniste : le loup devient un caniche gentil et mignon qui veut manger toutes les bestioles qui passent à sa portée, comme un pigeon, mais non, ce n'est pas possible de faire une chose pareille, un pigeon ce n'est pas hygiénique. Et ainsi de suite... Au final, l'histoire originale est complètement détournée et change toujours de cours, puisque le narrateur doit sans cesse s'adapter en fonction des doléances qui lui sont faites. Le résultat est très drôle, et porté par des dessins originaux, où la seule couleur est ce rose vif. Cet album s'adresse à un public large et plaira beaucoup aux adultes.

Vraiment très sympathique, voilà un album qui sort de l'ordinaire, parfait si vous cherchez à (vous) faire un petit cadeau décalé

L'avis de Mamans mais pas que et la librairie Soupe de l'espace (qui partage de nombreuses trouvailles en littérature et albums jeunesse).

Le site de l'éditeur.

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32 p

M. Zürcher & R. Badel, Il était trop de fois, 2016

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13/02/2017

Résultat du concours Agatha Raisin, Randonnée mortelle

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J'ai le plaisir de vous annoncer que Hilde et Chicky Poo ont remporté un exemplaire de Randonnée mortelle ! Bravo à elles et merci aux participants !

Mesdames, je vous laisse m'envoyer votre adresse mail !

Et qui sait, à bientôt pour une LC ?

10/02/2017

Isabelle Collombat, Emma et la Japanische Mangaka

collombat_emma japanische mangaka.jpgRepéré par hasard à la médiathèque, Emma et la Japanische Mangaka fait partie de la collection Tip Tongue des éditions Syros, qui propose une nouvelle façon d'appréhender les langues étrangères. Le principe est pour le moins étonnant, voire un peu déconcertant. Il s'agit de romans principalement rédigés en français au début, avant l'introduction progressive de phrases dans une autre langue.

Le sujet de ce roman : la jeune Emma prend le train pour Leipzig avec son père, qui lui a obtenu des places pour assister à une rencontre avec une mangaka qu'elle adore. Mais, une fois arrivés, Emma oublie le sac contenant ses livres dans le train et, en voulant les récupérer, son père se retrouve coincé et part à Dresde. Emma doit donc se débrouiller toute seule pendant quelques heures.

Le titre mis en avant à la médiathèque proclamait "Lire l'allemand devient naturel!" et, comme je projette de lire en allemand depuis des années mais n'ai jamais terminé une seule lecture, j'y ai vu l'occasion de relever pour une fois mon défi. Et, qui sait, de me motiver pour d'autres lectures allemandes. Il existe aussi des titres en anglais et en espagnol, pour deux niveaux ("je découvre" et "j'ai commencé" la langue en question).

J'ai bien aimé l'idée a priori un peu farfelue de cette collection, même si j'étais un peu dubitative à l'origine. Cette lecture a eu le mérite de me rassurer sur ma capacité à lire des histoires assez basiques en allemand. J'ai sans difficulté compris tout le texte en m'appuyant sur le contexte pour deviner les quelques mots inconnus. Au début, Emma passe son temps à décortiquer les phrases. Le procédé est un peu lassant mais permet de mettre le lecteur en confiance ; ça me parait plutôt bien vu pour des personnes qui ont surtout eu une approche scolaire de la langue jusque-là. A vrai dire, cela fait un moment que j'applique la même technique donc ça ne m'a pas apporté grand-chose (j'ai un allemand "de débrouille", ayant surtout appris sur le tas, sans les bases grammaticales classiques qui me font défaut). Au final j'ai retenu quelques mots, je vais d'ailleurs relire plusieurs passages avant de rendre mon livre afin de bien me mettre en tête le vocabulaire nouvellement acquis !

Sur le fond, l'histoire se laisse lire même si elle est davantage destinée à un public adolescent. Ce qui a suscité mon intérêt, c'est le cadre choisi, puisque Leipzig, je connais bien ! J'ai pris plaisir à visualiser la jolie gare, à imaginer l'ICE repartir vers Dresde, pénétrer dans le très beau café (qui n'est pas une librairie, sauf si j'ai loupé un changement majeur), parcourir les rues du coeur historique et finalement, aller à ce salon du livre (Buchmesse) dont j'entends parler depuis longtemps et que je me promets de voir le jour où je serai capable de lire des romans en allemand. Ce livre est un premier pas, petit, certes, mais c'est un début !

Une piste intéressante pour les enseignants qui voudraient conseiller des titres à leurs élèves, et une lecture à recommander à tous ceux qui veulent progresser en s'amusant.

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103 p

Isabelle Collombat, Emma et la Japanische Mangaka, 2016

28/01/2017

Bilan de lectures 2016

2016 est passée et voilà l'heure pour moi de faire un bilan sur cette année riche en émotions et bons moments, mais aussi en lectures!

Heureusement pour moi, j'ai renseigné mes lectures au fil du temps sur Goodreads. Je ne crois pas avoir oublié de titre (les nombreux albums jeunesse lus n'y figurent pas en revanche). Grâce à ce site, voici un bilan de mon année en images :

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Un aperçu des livres lus :

Pour retrouver mes avis, vous pouvez faire une recherche par titre sur Google, en utilisant le moteur de recherche présent sur la colonne gauche du blog. Cette année j'ai privilégié les lectures aux chroniques, il manque donc encore un certain nombre de billets que j'espère rédiger courant 2017.

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Je n'ai pas pu afficher certaines couvertures sur Goodreads. A ce bilan s'ajoutent donc quelques livres :

The Eyes of the Dead de Daniel Corkery

Germania de Joël Schmidt (chronique en attente)

Chambre Noire d'Anne-Marie Garat (chronique en attente)

L'Heure anglaise de Julie Wolkenstein (chronique en attente)

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Une année 2016 toujours marquée par la littérature anglaise (et l'Angleterre tout court), mais aussi par une re-découverte des auteurs scandinaves.  A noter également trois rencontres réussies avec l'inénarrable Agatha Raisin.

Beaucoup de belles lectures, mais si je devais mettre en avant quelques titres que j'aimerais vraiment partager avec vous, il s'agirait de :

- Wake d'Anna Hope (chronique en attente malgré un coup de coeur !) : magnifique roman sur l'après-guerre en Angleterre.

- Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd pour le dépaysement et le personnage principal, femme occidentale renonçant aux convenances et faisant des choix courageux, parfois difficiles à comprendre, entre Chine et Japon.

- L'Heure anglaise de Julie Wolkenstein (chronique en attente également malgré une deuxième lecture !) : pour avoir eu l'impression de lire un classic vintage anglais. Ce livre est un vrai régal.

The Mysterious Affair at Castaway House de Stephanie Lam : une belle maison, peut-être quelques fantômes et une station balnéaire anglaise pour changer un peu de cadre !

- Et je rajouterais bien Bodies of Water de V.H. Leslie :  roman gothique à l'atmosphère lente, inquiétante et aqueuse... mais aussi poétique. Non loin de Londres, en bordure de fleuve, dans un ancien sanatorium transformé en résidence.

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Cette année a de nouveau été marquée par une escapade anglaise au printemps. J'ai ainsi pu me balader dans les domaines de Kipling et Vita Sackville-West, découvrir le village du créateur de Winnie et la maison de Henry James à Rye. Encore des moments privilégiés et savourés dans ces lieux chargés d'histoire !

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bilan de lecture

En 2016 mon blog a aussi soufflé dix bougies, même si j'ai complètement oublié de marquer cet anniversaire ! Pourtant dix ans, ce n'est pas rien (et je n'aurais jamais cru en 2006 poursuivre aussi longtemps ce projet).

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Et en 2017 ?

Je me suis de nouveau ainsi inscrite au Reading Challenge de Goodreads, toujours pour 50 titres (loin des 80 titres et quelques que je lisais encore étudiante). Je commence mon année avec une immersion japonaise (romans, albums, mangas, une première série !) mais les projets de lecture sont nombreux. J'espère une nouvelle fois faire de belles promenades littéraires en Angleterre, continuer à découvrir les Scandinaves, retrouver les auteurs italiens. 

Et vous, quels ont été vos coups de coeur en 2016 ? Quelles sont vos envies pour 2017 ?

25/01/2017

Nellie Bly, 10 jours dans un asile

bly_10 jours dans un asile.jpgJe lis rarement (pour ne pas dire jamais) des reportages, mais les 10 jours dans un asile ont piqué ma curiosité. Ce recueil contient trois textes : "10 jours dans un asile", "Dans la peau d'une domestique" (sur le manque de sérieux des agences de placement, qui n'honoraient pas leurs obligations envers les domestiques ni envers les employeurs faisant appel à eux) et "Nellie Bly, une esclave moderne" (sur le travail en usine). Tous ces textes rendent compte de l'expérience vécue par Nellie Bly, qui fait partie des premiers journalistes infiltrés.

"10 jours dans un asile" est le principal reportage de ce recueil. Il y est question de l'asile de Blackwell's Island, face à New York. Nellie Bly s'y fait volontairement interner. Son constat est accablant et conduira les autorités à allouer des sommes supplémentaires à l'asile.

Nellie Bly y met en avant les conditions arbitraires d'internement : incompétence des médecins qui vont la juger folle, exemple d'une femme volage enfermée par son mari ou d'une autre, entrée en raison de sa pauvreté. S'il est facile d'entrer à Blackwell, il est presque impossible d'en ressortir. Une sorte de vie parallèle se met en place sur l'île, alors que les patientes ont vue sur New York, si proche et pourtant inaccessible, symbole de leur liberté perdue. On s'aperçoit que de nombreuses "folles" sont en réalité totalement saines d'esprit et parfaitement conscientes de leur situation.

Une fois les patientes admises, l'enfer commence. Nourriture infecte et avariée, froid, manque d'hygiène. La même eau est réutilisée pour plusieurs patientes, sans même tenir compte des éventuels plaies et problèmes de peau. Pire encore, non contentes d'être d'une incompétence crasse, les infirmières font preuve de brutalité et de cruauté, voire de sadisme. Celui-ci s'exprime aussi bien physiquement (jusqu'à l'étranglement ou des coups aboutissant à des côtes cassées) que moralement (moqueries, humiliations). Tout cela dans l'indifférence la plus totale, les médecins ne s'intéressant pas au sort des patientes et n'ayant visiblement pas les compétences nécessaires pour soigner celles qui auraient besoin de l'être et reconnaître celles qui pourraient sortir.

Bien que ce compte-rendu date de plus d'un siècle, il ne manque pas d'impact pour le lecteur d'aujourd'hui, en raison du contenu choquant relaté dans un style direct, avec précision.

Personnage remarquable, audacieuse, Nellie Bly est une féministe pour le moins courageuse à une époque où la place de la femme de bonne famille est essentiellement dans un salon à parler mondanités en servant des petits fours ! Une lecture étonnante mais passionnante. 

Sur le traitement de la folie et les pratiques douteuses des siècles précédents, voici également deux récits qui m'ont beaucoup plu : The Painted Bridge de Wendy Wallace ; La Chambre des Âmes de Frank Tallis. Enfin, le sympathique roman jeunesse Twelve minutes to Midnight de Christopher Edge se déroule en partie à Bedlam. Bedlam est une pièce de théâtre qui est également consacrée à cet endroit. Dans un autre registre, Personne ne me verra pleurer et Grand Paradis, deux romans nous plongeant également au coeur d'un asile.

Merci aux éditions

nellie bly,10 jours dans un asile,blackwell,new york,etats-unis xixe,editions points

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157 p

Nellie Bly, 10 jours dans un asile, 1887

18/01/2017

Malika Doray, Y' a plus de place !

album_y a plus de place.jpgCoup de coeur pour cet album découvert ce mois-ci dans le cadre de l'abonnement Bébémax de l'Ecole des Loisirs (jusqu'à 3 ans). Nous avons pris également l'abonnement Titoumax (2-4 ans) et pour l'instant, c'est l'abonnement réservé aux plus petits qui nous enthousiasme davantage. 

Y'a plus de place ! est entré chez nous il y a une semaine et nous l'avons lu des dizaines de fois ! Court, ludique, efficace, avec de petits personnages rigolos et un texte qui l'est aussi... une petite pépite ! Nous avons mis au point un rituel dans la façon de le lire, en prenant un certain ton et en scandant en même temps "Y' a plus de place !", qui ponctue la plupart des pages. C'est un livre propice aux moments de complicité. Que demander de plus ?

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24 p

Malika Doray, Y' a plus de place !, 2014

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15/01/2017

Michel Van Zeveren, Pauvre Petit Chat

album_pauvre petit chat.jpgAlbum repéré dans la liste de l'abonnement Minimax de l'Ecole des Loisirs (album du mois de janvier). 

Un petit chat est tout seul dans la rue. Il faut sombre. Il ne retrouve plus sa maison, il a froid, il a peur... tandis que la lune observe ses malheurs et lui parle. Finalement arrive une femme qui le cherchait. Elle le ramène chez elle pour le bichonner après cette soirée passée dehors.

Joli album dont je me lasse un peu mais qui plaît beaucoup à Petite Lou - elle connaît par coeur une bonne partie du texte. La couverture rend bien le traité graphique et les dessins se ressemblent les uns les autres, volontairement. Le chat erre sur le trottoir autour d'un bloc d'immeuble, croisant un sac plastique, une poubelle, une porte, un lampadaire dans un cadre sobre. Seule une vue de l'appartement de sa maîtresse rompt avec la logique des précédents dessins. Si la répétition (volontaire) ne vous gêne pas, vous serez probablement séduits par cet univers épuré et par la petite bouille craquante du chat égaré.

Le billet de Liyah.

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40 p

Michel Van Zeveren, Pauvre Petit Chat, 2013

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11/01/2017

Ruth Brown, Mon jardin en hiver

album_ruth brown jardin en hiver.jpgUn joli album à lire avec votre enfant cet hiver. Ruth Brown fait la part belle aux illustrations en double-page, très travaillées et réalistes, mais également empreintes de poésie. Chaque scène montrant des animaux dans la neige se succède avec des liens de cause à effet - le texte étant plutôt simple et succinct. Les animaux s'épient, se chassent et se fuient, laissant au pied d'un arbre dépouillé de ses feuilles de nombreuses traces entrecroisées. Le jeune narrateur découvre ces marques dans la neige au matin, après que les animaux soient partis, mais il sait ainsi qu'ils sont venus.

La trame est classique mais fonctionne bien. On sent que Ruth Brown a plaisir à croquer les animaux dans leurs moindres mouvements. Le résultat en vaut la peine et se déguste au chaud, avec une bonne tasse de chocolat chaud à portée de main.

A partir de 3 ans environ mais peut être lu bien après.

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20 p

Ruth Brown, Mon jardin en hiver, 2004

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08/01/2017

Swap nordique et bilan du Challenge Décembre nordique

Avant de faire un bilan sur mes lectures de 2016, quelques mots sur le challenge Décembre nordique. Je lis assez peu d'auteurs scandinaves mais au gré de mes quelques lectures, j'avais repéré pas mal d'auteurs et accumulé quelques titres. Je me suis dit qu'un Décembre nordique me permettrait de piocher dans ma PAL. Ça a aussi été une petite révélation, car j'ai pris beaucoup de plaisir à mes lectures et suis bien décidée à poursuivre mon exploration de ce territoire finalement assez nouveau pour moi.

Voici les lectures chroniquées :

(Il me reste à chroniquer Le Rouge Vif de la Rhubarbe - islandais, et je lis actuellement Nous sommes restées à fixer l'horizon - norvégien)

Cliquer pour accéder aux billets

            

 

Pour fêter Noël et Décembre nordique, Cryssilda m'a aussi proposé de faire un swap entre nous sur ce thème. 

J'ai été très gâtée :

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Grâce à Cryssilda, l'hiver 2017 sera hygge...

... jusqu'au bout des ongles !

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De mon côté, voici le swap que j'ai pris plaisir à lui concocter :

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Et la saison de Noël étant celle des cadeaux, j'ai été aussi très gâtée par ma complice de longue date Hilde qui m'a donné un paquet surprise quand nous avons enfin réussi à faire coïncider nos agendas pendant des vacances dans notre région d'origine.

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Les deux albums de Noël sont excellents... je me garde les chroniques en réserve pour fin novembre.

 Une immense merci à vous deux !

Et rendez-vous dans un peu moins d'un an pour remettre les Scandinaves et Noël à l'honneur !

09:18 Publié dans Challenges | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |

04/01/2017

Kitty Crowther, Poka et Mine

Difficile de choisir quels albums présenter parmi tous ceux que je lis avec Petite Lou, entre ceux que nous avons à la maison, ceux que nous empruntons à la médiathèque et ceux lus sur place à chaque visite. Je n'ai pas été particulièrement séduite par les insectes Poka et Mine au début, mais l'enthousiasme de ma fille et la découverte d'autres albums m'ont fait changer d'avis. Un petit mot sur les quatre que nous avons lus :

*****

album_poka et mine_reveil.jpgLe Réveil : Mine est réveillée tôt et est impatiente de sortir. Mais Poka, son papa, a bien du mal à quitter son lit. Mine fait de son mieux pour le faire enfin bouger, jusqu'à lui porter un bon petit déjeuner au lit. Lorsqu'elle revient enfin habillée, son papa farceur lui fait croire qu'il s'est endormi, avant de l'emmener en promenade. Et là, c'est la petite Mine qui s'endort. L'histoire m'a rappelé "Moki ne veut pas dormir" dans le recueil Histoires pour faire dodo aux éditions Fleurus (un petit Indien qui empêche tous ses amis animaux de faire la sieste mais qui bâille quand ils sont enfin tous réveillés). Les illustrations de cet album sont assez épurées - dessins simples représentant Poka et Mine ; le cadre (la maison...) n'est pas représenté.

album_poka et mine_nouvelles ailes.jpgLes Nouvelles Ailes : Mine s'est cassée une aile en montant sur des chaises en équilibre précaire. En attendant que le docteur la répare, on lui achète de nouvelles ailes. Elle choisit les plus grandes, les plus belles : des ailes de papillon. Malheureusement, celles-ci ne sont pas pratiques du tout et Mine est bien contente de retrouver ses ailes naturelles, aussi simples soient-elles.

 

 

kitty crowther,poka et mine,editions pastel,challenge je lis aussi des albumsAu Fond du jardin : Mine découvre que quelqu'un vit au fond du jardin. C'est un insecte enrhumé que Mine va amener chez elle et soigner. Elle lui apprendra également à tricoter; une initiation qui tourne à la révélation pour ce nouveau voisin ! L'histoire reste simple mais contrairement aux deux premiers albums, Kitty Crowther s'attache davantage à peindre quelques scènes plus en détail.

 

kitty crowther,poka et mine,editions pastel,challenge je lis aussi des albumsA La Pêche : ce quatrième album est différent des précédents. Sur le fond, il s'agit moins ici d'une courte histoire avec une petite morale à la clef. Le récit est plus développé et prend une dimension fantastique : Mine voyage sous l'eau, découvre une femme étrange dans une grotte aménagée, mange du cake à la mousse. Sur la forme aussi, puisque cette fois-ci les dessins sont bien moins épurés et le contexte est très travaillé. Un très joli album, où l'univers onirique dans lequel plongent Poka et Mine invite au voyage et au songe.

Les trois premiers albums sont très abordables pour des jeunes enfants commençant à apprécier d'écouter des histoires (textes assez courts et simples). Le quatrième nécessite peut-être un peu plus de commentaires des parents à la lecture, mais les dessins (et le cake à la mousse) ont beaucoup intrigué ma fille - et c'est de loin mon préféré.

Kitty Crowther, Poka et Mine, 2005-2010

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02/01/2017

Challenge Un mois au Japon

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Logo réalisé à partir d'une photo de Mr Lou

Amis lecteurs, si vous suivez un peu ce qui se passe par ici, vous aurez forcément noté mon goût pour l'Angleterre et l'époque victorienne, mais peut-être pas remarqué mon penchant pour la littérature japonaise. Cela fait un moment que je n'ai pas consacré de billet au Japon malgré une PAL qui s'est agrandie. Le récent voyage de Mr Lou dans ce pays m'a donné envie de me plonger dans cette culture passionnante et, après quelques hésitations et un échange avec mon amie Hilde, elle aussi très attirée par ce pays, j'ai eu envie de vous proposer de vous joindre à nous pour partager ensemble nos découvertes. Suite au mois nordique, puis au mois kiltissime à venir, et toujours dans l'esprit du mois anglais qui bien sûr sera de retour en juin, nous lançons avec grand plaisir et un brin d'excitation le challenge "Un mois au Japon".

Au programme, selon vos envies : billets sur vos lectures, des films, des mangas, mais aussi photos de voyage, beaux livres, essais culinaires, art de vivre japonais... 

Quand ? : au mois d'avril 2017... et qui sait ? nous poursuivrons peut-être l'aventure l'année suivante.

Pour participer ? : Il vous suffit de vous inscrire à la suite de ce billet ou de celui de Hilde, puis de rédiger en avril un billet ou plus si affinités en insérant le logo du challenge.

Si vous le souhaitez, vous pouvez bien entendu relayer ce challenge sur votre blog ou les réseaux sociaux.

Et comme toujours, le plaisir de lire et de faire des découvertes reste le maître mot !

N'hésitez pas à nous rejoindre sur le groupe facebook du challenge.

Nous espérons que ce voyage nippon vous tentera et attendons avec impatience d'échanger avec vous au printemps!

A très bientôt !

31/12/2016

Herbjørg Wassmo, Mon péché n'appartient qu'à moi

wassmo_Karna1_peche.jpgVoilà un autre roman scandinave qui a longtemps attendu dans ma PAL avant d'être lu. Ce qui n'est peut-être pas une victoire pour cette montagne de livres à lire, car Mon péché n'appartient qu'à moi est le premier tome d'une trilogie consacrée à Karna, la petite-fille... après la grand-mère Dina (trois romans) et le père, Benjamin (deux romans). En résumé, il me reste sept romans à découvrir maintenant, puisque j'ai apprécié cette rencontre avec Herbjørg Wassmo.

Ce dernier cycle consacré à Karna s'ouvre par une entrée en matière assez spectaculaire. La petite fille se rend dans le grenier et trouve une robe dans une malle. L'endroit est étrange, voire inquiétant. Soudain, la robe se redresse seule : c'est la grand-mère qui vit dans le grenier, parmi les malles et les habits des membres de la famille disparus depuis longtemps. Apparition fantomatique effrayante a priori, mais pas pour Karna qui fait de cette grand-mère imaginaire son alliée.

Karna est une petite fille isolée, qui vit avec quelques adultes dans la grande propriété familiale. N'ayant pas connu sa mère, elle est extrêmement attachée à son père. Bébé, elle manque de mourir lorsque son père la ramène auprès des siens. Elle hurle, s'époumone et crie à perdre haleine : S'il la posait sur la couchette, essayant de l'ignorer, cela ne faisait qu'empirer. Il ne pouvait pas la quitter une seconde (p 36). A son arrivée, Benjamin retrouve son amie d'enfance Hanna. Fille d'une domestique de la maison, elle est amoureuse de lui et garde l'espoir de l'épouser. Mais quelques années plus tard, le docteur accueille chez lui Anna, un amour de jeunesse - issue quant à elle de la bourgeoisie. Dès lors, il hésite sans cesse entre les deux femmes.

La première partie et la fin du récit se recentrent sur le point de vue de Karna, petite fille atypique et attachante souffrant de crises d'épilepsie. Un mal méconnu qui effraie encore à la fin du XIXe, époque du récit. Toute la vie de l'enfant tourne autour de la figure sacrée du père, dont les absences restent mystérieuses. Puis il semble ensorcelé par Anna, cette autre Hanna qui pourrait lui ravir la vedette. A bord d'une barque, devant un Benjamin tourmenté qui lui dit qu'un jour, peut-être, il partira, l'enfant veut sauter par dessus bord.

Puis la partie centrale du récit tourne autour de Benjamin et de son attirance pour Anna et Hanna : il ne souhaite renoncer à aucune d'entre elles mais la situation ne peut perdurer. Avec Hanna, qui l'a toujours aimé, il se comporte comme s'il pouvait disposer d'elle. Quant à Anna, quand elle le contrarie, elle lui paraît moins belle, avec "une vilaine ride au front". Un roman qui ne fait pas vraiment honneur à Benjamin, malgré son dévouement auprès des malades.

L'histoire s'inscrit dans un cadre impressionnant et sauvage de grand nord. Elle est également ponctuée de détails historiques, tels que la présence d'un cercueil en réserve au grenier, ou ces sorcières que l'on guette à la Pentecôte.

Sans être un coup de coeur, ce roman m'a beaucoup plu. Il a le mérite de livrer des personnages complexes, attachants malgré leurs faiblesses.

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215 p

Herbjørg Wassmo, L'Héritage de Karna, T1, Mon péché n'appartient qu'à moi, 1997

24/12/2016

Claire Masurel & Marie Henry, Demain c'est Noël

album_demain-c-est-noel_opt.jpgJ'ai passé un certain temps à parcourir des albums jeunesse et lire des avis en ligne avant de jeter mon dévolu sur deux albums pour préparer Noël cette année. Je cherchais une histoire de Noël permettant de familiariser davantage ma fille avec cette période de l'année si particulière. Jusque-là, elle était encore un peu petite pour pleinement en profiter.

Nous avons commencé par lire Demain c'est Noël. C'est un texte court, j'ai lu qu'il s'adressait aux lecteurs de CP car il était très abordable. Il est tout aussi accessible pour de plus jeunes enfants dans le cadre d'une lecture à voix haute : le texte est extrêmement simple et présente quelques caractéristiques principales des fêtes de Noël, avec une petite péripétie autour de la nuit de Noël. On suit donc Juliette lorsqu'elle achète un sapin puis l'installe, mais aussi lorsqu'elle décore la maison et fait des gâteaux. Puis nous assistons à la nuit de Noël, tandis que les Doudous espionnent le Père Noël et se demandent de qui il peut bien s'agir. Le lendemain, une montagne de cadeaux attend Juliette mais les Doudous n'ont pas été oubliés puisqu'un chariot va permettre à Juliette de les promener.

C'est un récit idéal pour introduire Noël auprès des jeunes enfants. Les dessins sont délicats et très travaillés et les détails nombreux. Au début, en voyant une boutique traditionnelle ou l'achat de sapins, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une histoire ancienne, dans un cadre de type XIXe. Mais ensuite, les cadeaux de Juliette sont très datés années 80-90 (notamment l'espèce de radio cassette). Personnellement j'ai apprécié ce petit côté suranné. Quant à Petite Lou, depuis qu'elle a reçu ce livre, il faut le lui lire presque tous les jours, parfois trois fois à la suite. Je prends ça pour un signe d'enthousiasme, pas vous ?

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30 p

Claire Masurel (auteur) & Marie Henry (illustratrice), Demain c'est Noël, 1994

Logo_il etait quatre fois noel_Chicky Poo_2016.jpgClaire Masurel & Marie Henry, Demain c'est Noël, challenge il était quatre fois noël, challenge je lis aussi des albums

22/12/2016

Knut Hamsun, Victoria

hamsun_victoria_hd.jpgCela fait plusieurs années que ce roman attendait dans ma PAL. J'avais été séduite par le titre et la couverture et avais eu envie de découvrir un classique norvégien, moi qui ne connaissais pas bien la littérature nordique de façon générale. Et voilà que ce Décembre nordique m'a enfin incitée à le sortir de ma bibliothèque - cela faisait longtemps que je tournais autour mais, amis (blogo)lecteurs, vous savez ce que c'est que d'avoir une PAL galopante !

Victoria est la fille du châtelain. Depuis son enfance, elle connaît Johannes, fils du meunier. Ils partagent certains jeux mais un monde les sépare : les fréquentations des enfants du château ne voient en lui qu'un pouilleux bon à leur rendre quelques services, certainement pas à partager leurs activités. Le ton est donné lorsque Johannes, très fier, a ramassé beaucoup plus d'oeufs que les enfants de la ville. Alors qu'il veut les donner à Virginia, le jeune Otto met en doute la propreté de la casquette dans laquelle les oeufs ont été stockés. Et triste, humilié, Johannes part remettre les oeufs là où il les avait trouvés. Première scène hautement symbolique, bouleversante grâce à une plume d'une efficacité redoutable : il y a économie des moyens ; Hamsun s'en tient à des faits marquants, quelques paroles et gestes très évocateurs permettant de suite de saisir les relations entre les personnages ainsi que l'intensité des émotions qui les habitent.

Victoria et Johannes grandissent et ne se voient pas pendant plusieurs années mais, à la manière des grandes histoires d'amour classiques de la littérature, leur passion faite de non-dits traverse le temps. Malheureusement, Victoria s'est fiancée à Otto, devenu officier - mais toujours aussi antipathique. Et, à la manière des grandes tragédies, les évènements s'enchaînent avec ironie, semblant tout faire pour empêcher les deux jeunes gens de se retrouver. Outre l'histoire aux allures de fable et la plume élégante de Knut Hamsun, ce roman marque par le regard acéré porté sur les inégalités sociales de l'époque. Johannes devient un écrivain réputé. Cela fait de lui un homme intéressant et courtisé mais au château, sa naissance humble prévaut sur sa renommée durement acquise. Le fils du meunier ne saurait être digne des enfants du châtelain.

Une très jolie découverte qui me donne envie de lire d'autres textes de Hamsun - qui a eu le Nobel de Littérature en 1920.

124 p

Knut Hamsun, Victoria, 1898

  

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Mais le 22 décembre...

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c'est surtout une journée spéciale, puisque Baby Lou devenue Petite Lou fête déjà ses trois ans.

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