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06/11/2017

Sibéal Pounder, T2, Malicia Peps et la Sorcière Suprême

pounder_maliciap peps tome 2.jpgAprès Concours à Canal Sorcière, dans lequel la jeune Malicia découvre qu'elle est une sorcière et rejoint leur pays, Goutteterre, voilà une deuxième aventure tout à fait dans l'esprit de la première.

A l'issue du premier tome, la nouvelle amie de Malicia, Peggy, est devenue sorcière suprême de Goutterre, au détriment de Félicité Noctule, sordide enfant qui n'accepte pas sa défaite et compte bien gouverner ses congénères. Alors que Malicia passe des vacances avec sa toute nouvelle famille adoptive, elle apprend que Peggy a disparu. Tout ce deuxième roman portera sur la recherche de Peggy et la lutte contre Félicité Noctule, qui n'a pas dit son dernier mot.

Un roman toujours aussi rafraîchissant qui se laisse dévorer en un rien de temps, même s'il ne bénéficie plus de l'effet de surprise du premier tome. L'univers créé par Sibéal Pounder est très original et fabuleusement illustré par Laura Ellen Anderson. Néanmoins, avec un peu d'objectivité, ce roman est en quelque sorte un "bis" du premier puisque Malicia et ses compagnons de route sillonnent le monde de Goutteterre à la recherche de Peggy, tout comme elles l'ont fait pour gagner la guerre des sorcières. Cela n'empêche pas cette lecture de rester très plaisante, d'autant plus que certains endroits imaginés par Sibéal Pounder méritent bien plusieurs visites. Et puis, tout de même, on apprend qui est la mère de Malicia. On pressent vite que le troisième tome tournera du moins en partie autour d'elle. 

J'aurais adoré découvrir ce roman vers 9 ou 10 ans. J'étais déjà une grande lectrice (peut-être plus encore) et je raffolais de ce type de roman. J'ai beau avoir emprunté cette série à la médiathèque, j'ai en tête de l'offrir dans quelques années à Petite Lou, qui, pour l'instant, semble partager mon amour des livres - une contagion familiale qui sévit génération après génération.

Voyons si je parviens à lire le 3e tome avant la fin du challenge Halloween !

253 p

Sibéal Pounder, T2, Malicia Peps et la Sorcière Suprême, 2015

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31/10/2017

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween

bradbury_arbre-d-halloween.jpgCela fait plusieurs années que je vois fleurir des billets sur L'Arbre d'Halloween de Ray Bradbury lors du challenge Halloween. Je me suis enfin décidée à le lire mais en ressors avec un avis pour le moins mitigé.

Tout commence le soir d'Halloween. Une bande de gamins se retrouve pour partir en quête de bonbons. Déguisés en momie, sorcière, squelette, mendiant, faucheuse et autres personnages classiques, les enfants remarquent rapidement l'absence de Pipkin, le leader adoré du groupe. Lorsqu'ils passent chez lui, nulle trace de décoration de circonstance et l'enfant, l'air maladif, promet de les rejoindre plus tard. Pour finir la soirée en beauté, le groupe file sonner à la porte d'une maison hantée. Mais la demeure est vraiment inquiétante et le maître des lieux plus encore. Après leur avoir joué un vilain tour et fait apparaître un arbre d'Halloween tout de citrouilles vêtu, Montsuaire – car c'est son nom – entraîne les enfants en d'autres temps, pour découvrir les origines de la célébration d'Halloween. Nous irons en Egypte, à Paris ou encore au Mexique. A chaque arrêt, on comprend pourquoi le déguisement de chaque enfant a un sens particulier. Et on retrouve le pauvre Pipkin, de plus en plus mal en point à chaque fois.

Ce roman n'est pas inintéressant sur le plan historique mais il est terriblement décousu. Fait de courts chapitres, il s'appuie sur un schéma répétitif qui m'a fait penser à une promenade dans un parc d'attractions où l'on passerait d'un manège à l'autre sans grande cohérence. Hop ! Allons voir les momies égyptiennes, paf ! Nous voici sur Notre Dame à faire accourir les gargouilles. Il manque un lien entre chaque moment historique mais aussi des personnages plus étoffés pour un vrai plaisir de lecture. Personnellement, je me suis souvent ennuyée malgré un début prometteur (je pense notamment à la maison « vivante »).

J'ai néanmoins découvert à cette occasion les Momies de Guanajuato au Mexique : le cimetière étant devenu trop exigu, on décida d'exhumer certains corps à partir des années 1860. Les propriétés du sol les avaient conservés naturellement. Ces momies (plus d'une centaine) sont désormais exposées dans un musée.

[Billet rédigé en septembre 2016 mais gardé de côté pour un challenge Halloween !]

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159 p

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween, 1972

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12/10/2017

Antonio Moresco, La Petite Lumière

antonio moresco_petite lumiere.jpgVoilà quelque temps déjà que mon père me parlait d'Antonio Moresco après avoir lu deux de ses romans et eu un coup de coeur pour La Petite lumière. Coup de coeur que je partage !

Le narrateur s'est installé dans une zone montagneuse, dans un village abandonné. Il vit dans la plus profonde solitude, fait de longues marches, explore les maisons abandonnées et, de temps en à temps, il se rend dans un petit village encore habité pour faire quelques courses. Des raisons de son isolement, le lecteur ne sait que peu de choses. Une expiation, mais nous n'en saurons pas plus. Pas plus que nous ne saurons pourquoi le village est abandonné. A nous de nous faire notre propre idée.

[Spoilers à venir]

Chaque soir, alors que l'homme s'installe dans le jardin pour contempler l'obscurité, une petite lumière s'allume au loin. Là où, semble-t-il, il n'y a que la forêt. Il finit par trouver un chemin y menant, envahi par la végétation et bloqué par un arbre tombé lors d'une tempête. Il y découvre un enfant solitaire, très autonome, vêtu de culottes courtes démodées et qui accomplit en silence tâches domestiques et devoirs scolaires. Mais à force de l'interroger et de soulever quelques contradictions, le narrateur apprend que l'enfant vit de cette façon depuis qu'il s'est tué.

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Le cadre est en soi un enchantement pour qui aime les vieilles pierres, les ruines et voit en chaque lieu abandonné un terrain d'exploration propice aux errances de l'imagination. Les deux personnages principaux sont, eux aussi, inattendus. On ne sait pas bien d'où ils viennent, qui ils sont, pourquoi chacun d'eux vit un éternel recommencement dans un tel isolement. Le narrateur semble pragmatique, raisonné (même si le doute est sans doute permis). Et pourtant, il ne manifeste aucune surprise quand un habitant d'un village voisin lui soumet une théorie sur les aliens fréquentant la région. Il ne prend pas non plus ses distances lorsqu'il comprend que l'enfant est mort. Ce comportement si rationnel dans un contexte surnaturel nous interpelle et fait de cette lecture un moment unique.

Un roman étrange, déconcertant, envoûtant.

Lu en français (dans une traduction très élégante des éditions Verdier) mais la couverture italienne est superbe.

Lu dans le cadre du challenge Halloween et du challenge Il Viaggio de Martine.

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124 p

Antonio Moresco, La Petite Lumière, 2009

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09/10/2017

H.P. Lovecraft, La Maison maudite / Celui qui hante la nuit

lovecraft_maison maudite.jpgJ'entretiens un rapport un peu compliqué avec Lovecraft : fascination, répulsion, vif intérêt avant de sombrer parfois dans l'ennui... Cela dépend bien entendu des textes car j'ai déjà fait un certain nombre de tentatives et même choisi Lovecraft comme thématique pour un essai de fin de semestre dans le cadre d'un cours sur la littérature américaine. Mais finalement, plus le temps passe et plus j'apprécie cet auteur dont il me reste finalement tout ou presque à découvrir, tant son répertoire est vaste !

Ce recueil de deux longues nouvelles correspond bien à l'univers lovecraftien que je préfère. Celui de la vieille ville de Providence, avec ses maisons et ses ruelles fascinantes datant d'un à deux siècles. Biscornues, décrépites, mystérieuses, nous invitant à laisser libre cours à notre imagination. 

Premier texte du recueil, La Maison maudite était une relecture pour moi. Intrigué par l'histoire d'une maison à l'abandon dont les occupants sont morts les uns après les autres de façon mystérieuse, le narrateur décide de trouver l'origine de cette malédiction pour y mettre un terme. A ses risques et périls. Un récit qui trouve ses clefs dans le passé, mêlant une approche rationnelle au folklore et à la sorcellerie

J'ai surtout apprécié le côté historique et la description de cette maison horrifiante, un peu moins les scènes finales avec les formes monstrueuses qu'affectionne Lovecraft. Je suis plus fantômes, vampires et sorcières classiques que monstres gigantesques. Question de goût !

Deuxième texte, cette fois-ci une découverte. Dans Celui qui hante la nuit, Lovecraft met en scène un artiste à l'univers très obscur, qui se retraduit notamment dans ses peintures de corps monstrueux. Cet homme observe une colline au loin, toujours dans la ville de Providence. Il est fasciné par un dédale de petites ruelles et surtout, par une masse sombre, une église que même les oiseaux semblent fuir. Il finit par se rendre là-bas. La communauté italienne qui vit à proximité refuse de lui indiquer le bâtiment et rapidement, le narrateur découvre les nombreuses superstitions qui courent autour de cet endroit. Une secte s'y serait établie au XIXe, pratiquant la magie noire et à l'origine de disparitions. L'endroit serait aujourd'hui hanté par un être monstrueux très sensible à la lumière. Et de fait, lorsqu'une panne d'électricité prive la colline d'éclairage, la panique s'empare un soir des habitants et les pousse à s'organiser avec flambeaux, lampes et torches pour tenir éloignée la créature qui vit peut-être dans l'église abandonnée.

Un récit très intéressant et original, qui allie les codes classiques du fantastique à des éléments beaucoup plus modernes. L'ancrage à l'époque de Lovecraft est très marqué, à travers la présence de cette communauté d'immigrés ou encore l'intrusion de la technologie et ces pannes d'électricité du plus bel effet. Et en même temps, force est de constater que le mystère qui entoure la créature ne manque pas de nous inquiéter. Lors de ses explorations, le narrateur nous donne un aperçu de ce qui a pu se passer mais l'information reste imprécise. A la fin, le journal intime incompréhensible soulève encore des questions et invite le lecteur à imaginer une partie de la scène.

Il faut s'habituer à la prose de Lovecraft, volontairement lourde, tortueuse, vieillotte.  Une fois le cap passé, c'est un univers fascinant qui s'offre à nous. A découvrir absolument !

Merci aux éditions Points pour cette lecture.

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D'autres chroniques sur d'autres récits de Lovecraft :

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117 p

H.P. Lovecraft, La Maison maudite (1928), suivi de Celui qui hante la Nuit (1936)

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07/06/2017

Susan Hill, Dolly

hill susan_dolly.jpgPour cette journée du Mois anglais consacrée à Susan Hill, j'ai choisi Dolly parmi les quelques titres en attente dans ma PAL (il doit en rester encore trois!). De cet auteur j'ai lu plusieurs histoires de fantômes (The Woman in Black et The Man in the Mirror) et des extraits de l'essai autobiographique consacré à ses lectures (Howards End is on the landing). Tentée par une petite histoire de fantômes, j'ai eu envie de découvrir une poupée sans doute effrayante à souhait. Susan Hill est douée pour recréer des atmosphères angoissantes, dans des récits gothiques de facture classique (aux influences victoriennes notamment). Tout à fait ce qu'il me fallait.

Le récit s'ouvre avec le retour du narrateur dans la vieille maison de sa tante décédée. Enfant, orphelin, il y avait passé un été en compagnie d'une cousine qu'il ne connaissait pas. Le lecteur découvre les évènements qui se sont produits à l'occasion de ces vacances, évènements qui influencent la destinée des personnages des années plus tard. Sans vouloir trop en dire, imaginez des bruits suspects, le crissement du papier en bruit de fond, des pleurs de poupée. Le tout dans une bicoque lugubre à proximité d'un cimetière.

Si j'ai pris plaisir à lire ce texte, avec le recul, je trouve qu'il manque un peu de consistance.

Dolly est un court roman qui frise avec la nouvelle et, à vrai dire, j'ai eu l'impression que Susan Hill avait un peu de mal à trouver le bon format pour ce récit. Un peu trop de développements pour être une nouvelle avec la chute que l'on pourrait attendre, mais un texte qui reste assez aride et un peu décousu, avec assez peu de matière.

Par ailleurs, Susan Hill utilise des ressorts classiques du récit gothique, mais on a l'impression qu'elle ponctue son histoire de micro évènements sans être capable de tout à fait les relier entre eux. Par exemple, quand le jeune narrateur ouvre pour la première fois l'armoire de sa chambre, il sent quelque chose lui souffler au visage sans la moindre explication. Par la suite, c'est une poupée qui hantera l'armoire mais elle n'est pas encore arrivée lorsque se produit ce premier incident. Sa cousine Leonora est horrifiée par son reflet dans l'eau et dans un plat en argent à l'église, sans qu'on sache ce qu'elle a vraiment vu. Leonora est rousse, elle a un caractère épouvantable et la gouvernante la suspecte d'apporter le Mal avec elle, mais ce point n'est pas vraiment confirmé ni clarifié à la fin. Et finalement, ce sont deux poupées - et non une - qui semblent porteuses ou victimes d'une étrange malédiction (chacun se fera son opinion), sans que le lien entre elles soit clairement établi. Je vous épargnerai mes multiples hypothèses mais, au final, aucune ne me semble tout à fait convaincante.

In fine, un roman d'atmosphère, sympathique mais soutenu par une structure légère. A réserver aux inconditionnels d'histoires de fantômes, aux amateurs de poupées inquiétantes et aux lecteurs de Susan Hill.

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153 p

Susan Hill, Dolly, 2012

Susan Hill, Dolly, fantomes, fantomes anglais, angleterre, the woman in black, le mois anglais, le mois anglais 2017, challenge british mysteriesSusan Hill, Dolly, fantomes, fantomes anglais, angleterre, the woman in black, le mois anglais, le mois anglais 2017, challenge british mysteries

02/06/2017

Adèle Geras, Out of the Dark

geras_out of the dark.jpgJ'ai découvert cette année dans une librairie de Moreton-in-Marsh le principe des Quick Reads. Faisant partie d'une initiative plus globale, les Quick Reads sont des livres d'une centaine de pages vendus à 1£ afin d'encourager les Britanniques à lire davantage. Ce qui vaut au livre d'Adèle Geras de servir au passage d'écran publicitaire au chocolat Galaxy, partenaire de l'opération !

Londres. De retour du front, Rob Stone fait partie des gueules cassées. Autrefois un beau jeune homme, il doit désormais porter un masque pour cacher son visage ravagé. Sa petite amie l'a quitté, il n'a plus de travail et passe ses journées au cinéma, se cachant au fond des salles obscures. Il n'est pas revenu seul, car le fantôme de son ancien capitaine lui apparaît régulièrement, d'abord à l'hôpital, puis chez lui. Rob sait qu'il ne sera pas en paix tant qu'il n'aura pas réussi à retrouver la famille de cet homme pour remettre ses derniers effets personnels et expliquer dans quel contexte il s'est fait tuer.

Davantage novella que roman, ce récit m'a beaucoup plu, tant par sa thématique que par le contexte historique, plutôt bien restitué en dépit d'un texte court. Rob est un héros touchant, confronté au quotidien aux regards, aux murmures, à la gêne, voire à l'effroi devant son apparence. La fin plutôt optimiste est portée par un nouveau personnage féminin énergique qui n'a pas froid aux yeux, tandis que le fantôme atteint son but, qui n'est pas tout à fait celui auquel on pourrait s'attendre.

Malheureusement, les autres titres du même auteur ne me tentent pas plus que ça, car j'aurais bien poursuivi cette rencontre...

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78 p

Adèle Geras, Out of the Dark, 2015
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22/06/2016

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées Séchées

jones_livre des fees sechees.jpgTous ceux qui s'intéressent un peu à l'Angleterre victorienne et édouardienne ou à l'engouement pour le surnaturel à cette époque et un peu après ont forcément croisé un célèbre canular, l'affaire des Fées de Cottingley. Deux cousines vivant dans la région du Yorkshire, Elsie Wright et Frances Griffiths, se mettent en scène entourées de fées dans une petite série de photos. L'affaire est notamment célèbre en raison de l'intérêt que lui portait Arthur Conan Doyle, convaincu de l'authenticité des clichés.

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Photo extraite de l'article Arthur Conan Doyle, Spiritualism and Fairies

Le Livre des Fées Séchées s'inspire de cette histoire en nous donnant à voir le prétendu herbier à fées de Lady Cottington. Cet album contient ainsi son journal, de l'enfance à l'âge adulte, ainsi que des illustrations représentant les fées attrapées par la jeune femme.

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Photo Copyright Myloubook

Au début, l'écriture est particulièrement hésitante et bourrée de fautes car c'est une enfant qui ouvre ce journal. L'écriture, l'orthographe et le style s'améliorent au fil des années. On commence également à connaître un peu mieux l'auteur du journal, à travers sa quête des fées, ses préoccupations puis ses premiers succès amoureux (bien involontaires).

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Photo Copyright Myloubook

Sur le fond, le texte est au départ logiquement très simple. La jeune fille qui dit aimer les fées ne semble d'ailleurs pas franchement perturbée par le fait de les écrabouiller dans son livre.

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Photo Copyright Myloubook

Petit à petit, les fées semblent venir davantage à elle... mais pas nécessairement avec les meilleures des intentions (pas étonnant !). Elles finissent par intervenir fort mal à propos en la déconcentrant ou la chatouillant ; Lady Cottington donne alors l'impression à un prétendant qui ne l'intéresse pas d'être très réceptive à ses avances. Âmes sensibles s'abstenir, notre chaste Lady ne le restera pas longtemps.

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Photo Copyright Myloubook

Il s'agit sans conteste d'un très beau livre - de ceux que l'on aime offrir ensuite. La couverture à la fois épaisse et rembourrée recrée l'illusion d'un véritable carnet à l'ancienne (on penserait presque à un grimoire). Les illustrations sont splendides, même si j'ai trouvé une certaine ressemblance entre certaines fées ou quelques gnomes et aurais peut-être aimé encore un peu plus de variété dans les images présentées. Parfois, Lady Cottington manque en partie sa prise et nous voilà avec une fée imparfaitement restituée, petite touche d'humour bien appréciable. Pour aller jusqu'au bout de l'exercice, le journal est scellé par une bande de papier à la fin, car les dernières créatures attrapées par Lady Cottington ne sont plus que de petites dévergondées, dont la vue choquerait un public non averti... J'ai été surtout séduite par la forme, plus que par le fond même s'il reste original.

Terry Jones est né au pays de Galles mais ayant "émigré" en Angleterre à l'âge de 4 ans et faisant partie de la "troupe" des célèbres Monty Python, il me semble qu'on peut considérer qu'il a sa place dans ce Mois anglais... Pas d'ambiguïté concernant Brian Froud, l'illustrateur, né à Winchester.

60 p

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées séchées, 1994

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02/11/2015

Grady Hendrix, Horrorstör

hendrix_horrorstor.jpgJ'ai manqué la date pour la LC autour de Horrorstör, n'ayant pas trouvé le temps de faire mon billet la semaine dernière.

Horrorstör est un livre qui ne passe pas inaperçu  : son format attire l'oeil et intrigue, puisqu'on dirait à première vue un catalogue d'Ikea, même s'il s'agit ici de la chaîne fictive Orsk. On trouve même des prix en couverture et chaque début de chapitre présente un meuble de type Ikea (armoires adaptables, solutions de rangement & co). Ceci dit, les offres proposées s'éloignent de l'univers commercialement convivial et harmonieux plus l'histoire avance. A la fin, il s'agit davantage d'instruments de torture ! On baigne en plein dans le capitalisme, l'ère du "tout est pensé pour vous", des super-magasins promettant d'accompagner le consommateur à chaque instant, de le dorloter, de le combler et de façonner ses repères au quotidien. La critique de cet aspect de notre époque se poursuit tout au long du roman, en dépit de l'intervention du surnaturel en cours de récit.

Mais le magasin Orsk qui nous intéresse est très particulier. Le matin, à leur arrivée, les employés trouvent des objets vandalisés ou déplacés, alors que les caméras ne voient rien la nuit. Persuadé qu'une personne s'introduit sur les lieux la nuit, Basil, le responsable du magasin, demande à deux employées de rester avec lui une nuit pour mettre un terme à ces agissements. Il a fait appel à Ruth Ann, qui n'a pas de famille hormis la grande maison Orsk et qui compte parmi ses employés les plus dévoués, ainsi qu'à Amy, l'héroïne, un brin rebelle, très critique et cynique. Au cours de la nuit, deux autres employés seront présents, venus jouer les chasseurs de fantômes car ils sont persuadés que les déplacements d'objets sont liés à une activité paranormale - ou du moins, ils s'imaginent pouvoir faire une vidéo suffisamment convaincante pour devenir des stars de la télé en créant une émission paranormale. Mais rien ne se passe comme prévu. Des inscriptions mystérieuses couvrent les murs des toilettes. Puis une séance de spiritisme tourne court. C'est alors que les employés se retrouvent face aux anciens habitants d'une prison disparue depuis longtemps, ainsi qu'à leur gardien fanatique, adepte du panoptique et de méthodes de redressement moral avilissantes et dangereuses.

Horrorstör est un roman original qui tient plutôt bien ses promesses. J'ai eu quelques inquiétudes qu début car j'ai rapidement senti qu'hormis peut-être Basil, aucun personnage n'allait vraiment m'intéresser. De fait, l'auteur a un peu trop usé de stéréotypes, entre la rebelle incomprise, la bimbo surexcitée et irritante (on aiderait bien les fantômes à la retrouver), la femme vieillissante adorable dont le seul compagnon est sa peluche Snoopy... Néanmoins, l'ambiance est réussie et on s'imagine sans peine le magasin aux côtés Disneyland devenu d'un seul coup étrange et inquiétant à la nuit tombée. L'histoire suit plutôt la logique d'un thriller, on agit beaucoup, la psychologie est un peu moins fouillée. Au final, c'est pour moi un divertissement à recommander à ceux qui aiment se faire un peu peur de temps en temps ! A noter que la fin ouverte laisse à penser qu'il pourrait y avoir une suite. Pour ma part je trouve plutôt bien de laisser le lecteur se faire sa propre idée !

L'avis de Clarabel et de Hilde.

Lu en partenariat avec les éditions Milan et Demi.

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240 p

Grady Hendrix, Horrorstör, 2014

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27/10/2015

Stephen King, Le Singe

king_le-singe-suivi-de-le-chenal-stephen-king-9782290313978.gifJ'avais ce livre dans ma PAL depuis la fin des années 1990, c'est dire s'il m'a fallu du temps avant de le découvrir enfin !

 Il est composé de deux nouvelles.

Dans Le Singe, il est question d'un vieux jouet, un singe qui tient des cymbales. A chaque fois que celles-ci s'entrechoquent se produit une catastrophe, avec le décès brutal d'un proche la plupart du temps. Alors que le narrateur avait tenté de s'en défaire des années auparavant, il découvre avec horreur un de ses enfants tout fier d'avoir déniché cette vieillerie. Diabolique, avec une fin plutôt sombre (s'il s'agit vraiment d'une fin).

Le Chenal : une femme très âgée commence à voir des personnes décédées depuis des années. Elle explique n'avoir jamais quitté la toute petite île sur laquelle elle vit, à proximité d'une grande ville visible depuis le rivage. Se décidera-t-elle à traverser le Chenal avant de partir à son tour ? Un texte plus abstrait, non dénué d'un certain charme désuet et bien loin de l'univers quelque peu malsain de la première nouvelle.

Si vous aimez les nouvelles, je vous recommande chaudement ce recueil, y compris pour découvrir Stephen King !

Une LC autour de Stephen King partagée dans le cadre du Challenge Halloween avec :

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96 p

Stephen King, Le Singe suivi de Le Chenal, 1985

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15/10/2015

Simone St James, The Haunting of Maddy Clare

st james_haunting of maddie clare.jpgUne chronique rédigée il y a un an et finalisée hier soir pour la 3e étape de la randonnée d'Halloween. On pousse la grille du cimetière !

Je viens de tourner la dernière page de The Haunting of Maddy Clare de Simone St James et me voilà bien ennuyée avec ce billet. Il y a beaucoup, beaucoup de bon mais aussi malheureusement quelques loupés dans ce roman que j'avais une folle envie de lire.

Début des années 1920. Sarah Piper a perdu ses parents et mène à Londres une existence assez terne. Inscrite à un bureau de placement, elle joint les deux bouts et loue son meublé grâce à des missions temporaires en tant que secrétaire. Lorsque nous la rencontrons, lasse de contempler sa fenêtre et de rester à ne rien faire, elle sort dans les rues de Londres et se promène sans but avant d'être poussée à rentrer chez elle par la pluie. Son prochain emploi s'avèrera pour le moins spécial : Sarah va accompagner dans sa prochaine chasse au fantôme Alistair Gellis, expert en paranormal, en l'absence de l'assistant habituel de celui-ci, Matthew.

Nous voilà donc en route pour un petit village où une grange serait hantée par Maddy Clare, jeune domestique au destin tragique. Arrivée blessée et couverte de boue quelques années auparavant, incapable de s'exprimer normalement, terrifiée par les hommes, Maddy a été recueillie par la famille Clare et a travaillé dans leur maison jusqu'à son suicide par pendaison à l'âge de dix-neuf ans. Le fantôme de Maddy importune de plus en plus Mrs Clare qui a décidé de donner accès à la grange à condition qu'on la débarrasse de cette « manifestation » importune.

J'ai trouvé la première partie nettement supérieure à la seconde. Une atmosphère de l'après-guerre bien rendue à travers la vie assez moderne et libérée de Sarah et l'importance accordée aux gueules cassées. Moi qui ai toujours eu un petit faible pour les histoires de fantômes, j'ai trouvé les premières scènes avec Maddy Clare très réussies (le fait d'avoir lu ce roman la nuit à côté d'un grenier plein de craquements a sans doute contribué à l'impression produite par les frôlements, bruits de pas venant de derrière et autres petits artifices). Et soudain, le récit bascule dans la romance, l'eau de rose et l'héroïne émoustillée (je vous ferai grâce de la description détaillée du torse de Matthew, de retour sur le devant de la scène, de ses cicatrices sexy et de ses quelques nuits torrides avec Sarah). En parallèle, le surnaturel est remplacé par une enquête ayant pour but de déterminer ce qui est arrivé à Maddy de son vivant. Malheureusement, il y a peu de surprise concernant les coupables, l'enquête tourne un peu en rond. Bref, ce qui s'annonçait être une très bonne histoire de fantômes à l'anglo-saxonne finit par s'égarer et perdre le lecteur en route. Quel dommage ! Mais l'ambiance de la première partie valait bien cette lecture et je tenterai sans doute à nouveau ma chance avec St James qui a l'air de se spécialiser dans l'après-guerre et les ectoplasmes. Espérons qu'elle ne se laisse pas toujours détourner de son but par ses séduisants héros !

Un grand grand merci à Soie pour cette lecture terrifique !

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318 p

Simone St James, The Haunting of Maddy Clare, 2012

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05/10/2015

Hélène Montardre, La Nuit de la Sorcière

montardre_nuit sorciere.jpegJ'adore me promener dans les rayons de la médiathèque, écouter les voix de quelques livres obscurs oubliés dans un coin et me laisser convaincre par leurs murmures insistants. Parmi les heureux élus exhumés de leurs caveaux « livresques », La Nuit de la Sorcière ! Ce court roman pour jeunes lecteurs m'a rappelé La Sorcière de midi (adoré enfant, relu avec plaisir il y a quelques années), avec une couverture sombre sur laquelle une affreuse vieille sorcière surgit d'un chaudron. J'imaginais déjà la nuit glaciale et humide dans laquelle elle oeuvrait et je l'entendais marmonner des malédictions au point d'en frissonner (avec joie) d'avance !

Mais l'histoire était-elle en phase avec mes attentes ? Le héros est le jeune Basile, citadin blasé en vacances chez sa tante à la campagne. Basile s'ennuie à mourir. Les champs, les bois, la rivière et le jardin ne présentent aucun intérêt à ses yeux. Les vacances s'annoncent moroses. Et puis, alors qu'il se perd dans la forêt après avoir découvert un étrange chaudron près du village, Basile tombe sur une vieille femme au regard mauvais, occupée à ramasser des herbes dans une clairière, une chèvre à ses côtés. Dès lors, une menace plane et semble se rapprocher à chaque nuit, alors que la lune disparaît peu à peu.

La Nuit de la Sorcière est un divertissement sympathique qui ne tient pas toutes ses promesses. L'horrible sorcière n'occupe qu'une place mineure et la tension qui se crée à son approche n'est jamais pleinement exploitée. Peu voire point de frissons même si les ingrédients sont là. Par ailleurs, même si je reconnais volontiers que c'est certainement une affaire de goût, je n'ai éprouvé que peu d'intérêt pour Basile et aucun pour Marie-Lou, l'adolescente du coin. Bref, si j'ai tourné les pages avec curiosité, je suis un peu restée sur ma faim. C'était néanmoins indiqué pour me détendre en fin de journée ! (Mais est-ce ce que l'on attend d'une lecture d'Halloween ?)

Sophie de Littérature Jeunesse a aussi un avis partagé.

Etape 1 de la Randonnée d'Halloween : La Forêt ou La Lande.

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84 p

Hélène, La Nuit de la Sorcière, 1999

helene montardre, la nuit de la sorciere, Editions Mylan Poche, sorciere, chaudron, lande et sorciere, challenge halloween, challenge halloween 2015, littérature jeunesse

20/06/2015

F. R. Tallis, La Chambre des âmes

tallis_chambre des ames.jpgFin des années 1950. Le jeune psychiatre Richardson se voit offrir un poste par le très renommé Hugh Maitland, une véritable opportunité dans sa carrière. Le poste se situe dans une institution isolée du Suffolk, que Richardson va devoir gérer à titre de bras droit de Maitland, qui lui, se trouve plus souvent à Londres que dans cet endroit reculé.

Outre l'aile des hommes et celle des femmes, l'asile compte une chambre dans laquelle des femmes sont soumises à un traitement par le sommeil prolongé. Elles ne sont réveillées que brièvement pour leur toilette ou leurs repas.

Au début, Richardson est ravi de son poste, malgré la solitude. Il s'intéresse à une charmante infirmière et espère beaucoup apprendre de son prestigieux mentor. Son poste lui permet par ailleurs de lier connaissance avec les patients, dont un homme tourmenté par ce qu'il semble avoir fait à une jeune fille de par le passé. Cet homme déclare par ailleurs que son lit se déplace tout seul et qu'il ne peut pas dormir. Peu à peu son état s'aggrave. En parallèle, très rapidement, le jeune psychiatre est confronté à des phénomènes bizarres, de l'ordre du paranormal. Quelques objets changent de place, d'autres tombent brusquement.

Avec le temps, la situation va se dégrader et se faire de plus en plus oppressante, en raison des manifestations surnaturelles qui se multiplient et deviennent moins anodines. Une jeune apprentie a une peur bleue de la chambre du sommeil ; elle se sent épiée, malmenée. Richardson se réveille en sursaut et voit une forme au pied de son lit. Puis plusieurs drames surviennent, le tout allant crescendo jusqu'à la fin du récit. Ce roman fait partie de la collection Grands détectives mais, même si le héros tente de comprendre ce qui explique ces phénomènes inquiétants, le récit tient plus du fantastique que du roman policier. L'influence gothique est très marquée et l'atmosphère sombre, inquiétante particulièrement bien rendue.

Une très bonne surprise pour moi qui n'avais pas encore découvert l'univers de F. R. Tallis. Même si le tome 2 se déroule à Paris et n'aura pas le charme de la campagne anglaise, il est sur ma liste d'envies pour l'été. Ou pour le challenge Halloween, peut-être. En tout cas, je vous recommande de pousser les portes de cet établissement si particulier... if you dare !

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329 p

F.R. Tallis, La Chambre des âmes, 2013

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08/06/2015

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?

wooding_qui-veut-tuer-alaizabel-cray---1993642.jpgVoilà un roman qui se destine aussi bien à un public adolescent qu'à un lectorat plus adulte, une très bonne surprise pour moi qui n'avais jamais entendu parler de ce titre avant de tomber dessus par hasard dans les allées de la médiathèque.

D'inspiration steampunk, ce récit mêle une atmosphère victorienne (chevaux, charrettes, cochers, lampes à gaz, femmes s'habillant de robes...) à des inventions plus modernes (métro ayant fait appel à l'électricité, dirigeables), sur fond d'apocalypse.

Vingt ans plus tôt, la Prusse a bombardé Londres, qui ne s'est jamais remise de ce triste épisode. Des quartiers entiers sont restés détruits, des stations de métro ont dû être abandonnées, des loups rôdent, le Sud de Londres est un sombre repère de truands le jour et se vide la nuit car y prolifèrent des créatures monstrueuses, apparues après les bombardements. Ajoutons à cela la présence d'un tueur, le Recousu, qui a depuis longtemps détrôné Jack l'Eventreur dans les annales de la police et se cache sous un masque de toile de jute recousue et une perruque de femme.

Il se trouvait devant un ancien cinéma haut de trois étages, bâtiment triangulaire à la façade lisse niché au creux du V de deux rues convergentes. Sombre et revêche, il se dressait au-dessus de lui telle la proue d'un navire. Les étages inférieurs étaient complètement murés et la plupart des fenêtres du dernier étage étaient brisées. Autrefois, ce lieu avait abrité une merveille technologique de son temps qui permettait de projeter des films, et des gens de toute l'Europe avaient afflué pour voir cela. Aujourd'hui, il n'était qu'une victime parmi tant d'autres tombées dans la bataille perdue d'avance que les habitants de Londres menaient pour conserver leur ville (p 15).

Dans cette ville inquiétante où la mort est omniprésente et survient souvent par des voies surnaturelles, le jeune Thaniel Fox est chasseur d'Y-majes. Payé par le gouvernement, il traque les créatures qui chaque nuit franchissent la Tamise pour voler des bébés et attaquer ceux qui n'ont d'autre choix que de sortir tardivement. Lors d'une de ses sorties, Thaniel rencontre une jeune fille, Alaizabel. Très jolie, elle a néanmoins un comportement étrange : rapidement, on découvre qu'elle est possédée par l'âme d'une puissante sorcière et se trouve au coeur d'une conspiration sectaire.

Ce roman m'a d'abord vraiment beaucoup plu même si, l'histoire avançant, je n'ai pas tardé à lui trouver davantage de défauts. Parmi ses atouts : l'ambiance neo-victorienne, le mélange d'Histoire, de technologies et de superstition, les errances dans les ruelles sordides et les sous-sols lugubres des Allées biscornues (que je vous laisse le plaisir de découvrir). En revanche, les héros de l'histoire manquent un peu de profondeur tandis que certains personnages secondaires sont beaucoup plus intéressants et auraient pu être davantage exploités (le Recousu ou encore Petit-Diable, conseiller pour le moins mystérieux du Roi des Mendiants). Par ailleurs, l'histoire s'achève de façon assez conventionnelle, avec beaucoup d'action, ce qui n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Qui veut tuer Alaizabel Cray ? devrait vous ravir si vous êtes comme moi friands de récits d'inspiration victorienne mais il plaira aussi aux amateurs de littérature fantastique et de steampunk. A découvrir !

A noter le titre anglais que je trouve plus approprié (The Haunting of Alaizabel Cray).

Lecture commune du Mois anglais : "Journée littérature enfantine / jeunesse anglaise".

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390 p

Chris Wooding, Qui veut tuer Alaizabel Cray ?, 2001

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13/10/2014

Anne Fine, The Devil Walks

fine_The-Devil-Walks.jpgIl y a quelques mois ce titre d'Anne Fine a attiré mon oeil en librairie. Comme il se prête bien au challenge Halloween, je l'ai récemment sorti de ma PAL pour satisfaire enfin ma curiosité.

Enfant, le narrateur Thomas a été élevé par sa mère qui lui a toujours dit qu'il était malade et l'a toujours traité comme tel. Thomas a donc été isolé du reste du monde et privé de toute activité, l'enfant trouvant ses consolations dans des livres et dans une magnifique maison de poupée à l'image de la maison d'enfance de sa mère. Un jour, suite aux bruits qui circulent en ville, un médecin vient s'assurer de l'existence de Thomas. Il le recueille alors que sa mère est internée. Mais le lecteur se doute bien qu'il y a une raison à cet enfermement d'un enfant choyé et la suite lui donnera raison. Car quelque part, le Diable est en marche...

The Devil Walks correspond assez peu à ce que j'avais imaginé. Compte tenu de la couverture d'inspiration gothique et des critiques qui disaient ne pas avoir fermé l'oeil (je ne leur recommande pas Stephen King) j'imaginais une histoire particulièrement sombre, peut-être effrayante, entre maison hantée et incarnation du Diable. En réalité, j'ai trouvé que ce roman se lisait comme on suivrait le cours d'un long fleuve tranquille : rythme lent, peu de rebondissements, aucune surprise. Le fantastique intervient à la marge, à travers une maison de poupée légèrement inquiétante et la présence d'un pantin maléfique, ensorcelé selon des pratiques vaudoues. Les amateurs apprécieront comme moi le cadre historique anglais et nombre d'entre eux seront fascinés par la somptueuse maison de poupée. Si vous choisissez de découvrir ce livre, je vous conseille vivement de le faire d'une traite, en profitant d'une soirée d'automne triste et pluvieuse pour vous y consacrer. Ma lecture malheureusement hachée n'a pas dû améliorer mon plaisir de lecture et j'ai tardé à finir ce livre, malgré ses premiers chapitres prometteurs. Au final je ressors un peu mitigée de cette rencontre avec le Diable.

!ère Etape du voyage titanesque : Londres et l'Angleterre

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277 p

Anne Fine, The Devil Walks, 2011

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10/11/2012

Kim Newman, Anno Dracula

newman_anno dracula1.jpegIl y a quelques années, grâce à un de ces petits miracles qui se produisent parfois sur la blogosphère et vous font faire de géniales découvertes, j'ai remarqué la série de Kim Newman débutant par Anno Dracula. Datant du début des années 1990, cette série mettait les vampires à l'honneur bien avant la déferlante de best-sellers sur le sujet mais, en dépit de la qualité de cette oeuvre, les trois romans de Kim Newman étaient épuisés quand je m'y suis intéressée. Aujourd'hui le premier opus, Anno Dracula, est réédité par les éditions Bragelonne, et je ne peux que vous recommander de vous ruer chez un bon libraire pour vous le procurer sans plus attendre. Pas la peine de lire ma modeste chronique, dévorez ce roman !

J'ai un attachement particulier pour la littérature vampirique (j'en ai déjà parlé un peu par ici). Petite puis jeune adolescente j'ai été marquée par quelques textes, comme Je m'appelle Dracula (merci M. Cohen) et à l'adolescence, l'envoûtant Entretien avec un Vampire lu et relu – quel dommage qu'Anne Rice ait bien changé ! Il y a maintenant quelques années, j'ai eu la chance de tomber sur un excellent professeur ayant eu l'idée géniale de proposer un cours en anglais sur les vampires dans la littérature et au cinéma. J'ai découvert avec bonheur de nombreux classiques, rédigé avec un enthousiasme juvénile touchant des essais dont un portant sur les femmes dans la littérature vampirique du XIXe (comme quoi, les Victoriens et moi, c'est une longue histoire). Hormis les lectures obligatoires, j'ai fait quelques découvertes très sympathiques et échangé avec mon professeur devenu un ami ; depuis j'associe toujours mes lectures vampiriques à cette période exaltante et aux discussions passionnantes sur le sujet. J'en garde aussi de la nostalgie pour une certaine approche du mythe du vampire. J'ai toujours eu un faible pour la version romantique du dandy vampire (sans doute une trace de mes lectures d'Anne Rice, qui connaissait ses classiques et savait s'en inspirer) mais je suis surtout fascinée par le fait que ce sujet soit abordé de multiples façons, avec certaines constantes (le pieu, la lumière, l'aïl qui reviennent souvent) mais des variations intéressantes ; beaucoup d'oeuvres ou de navets utilisent le vampire de façon très symbolique (à commencer par la sexualité inhérente au personnage). Quoi qu'il en soit, le mythe du vampire est d'une richesse toute particulière à mes yeux et je regrette de ne pas trouver facilement de textes avec un réel niveau d'exigence depuis la multiplication des romans apparus avec l'arrivée de Twilight. Et lorsque dans la jungle des récits peu ambitieux un livre tel qu'Anno Dracula est réédité, le mérite de la maison d'édition mérite vraiment d'être souligné.

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Anno Dracula avait d'ailleurs tout pour me plaire puisque l'action se situe en 1888 sous le règne de Victoria. Pour les amateurs de l'époque, l'année sera forcément familière puisqu'il s'agit de l'époque des meurtres de Jack l'Eventreur. Kim Newman utilise ainsi les faits divers sordides de l'époque pour reconstruire à sa manière le « mythe » Jack the Ripper tout en offrant à Bram Stoker une suite d'un genre très particulier à son roman Dracula.

kim newman,anno dracula,vampires,angleterre,angleterre victorienne,challenge halloween,londres,londres xixe,londres victorienne,bram stoker,dracula,époque victorienneQuelques mots sur le contexte : la reine s'est remise de la mort du prince Albert et a eu la bien mauvaise idée d'épouser le comte Dracula, que Van Helsing n'est pas parvenu à tuer (avec une lucidité certaine Newman a décidé que Van Helsing ne pouvait pas lutter contre le terrible Karpathe, ainsi sa tête est fichée dans un pieu devant le palais depuis la montée en puissance de Dracula). Même s'il n'est que le prince consort, Dracula a désormais les rennes du pouvoir et fait appliquer sa loi dans les rues de Londres qui deviennent de plus en plus sordides en raison de l'application de decrets moyenâgeux (par exemple ceux consistant à lutter contre l'homosexualité en tirant les « invertis » d'un bordel pour les empaler en plein cœur de la ville au beau milieu de la nuit). La terrifiante garde Karpathe patrouille et terrorise les habitants, les assassinats sont tolérés, la justice expéditive.

Les vampires pouvant vivre désormais librement, sans se cacher, beaucoup de sang-chauds recherchent le baiser des ténèbres en espérant vivre éternellement, et les vampires prolifèrent. La vie après la première mort n'est pas si évidente ; peu expérimentés, beaucoup de ressucités prennent des risques inutiles ; dans les quartiers sordides de l'East End les alcooliques deviennent des vampires en bien mauvaise santé et certains meurent (définitivement) rapidement. Enfin quelques sang-chauds tentent de s'opposer au système et comprennent qu'il y a quelque chose de peu naturel à changer ainsi la société (où les vivants deviennent progressivement du bétail).

Dans cette machine de mieux en mieux huilée, les meurtres de Whitechapel touchant des prostituées vampires viennent mettre quelques grains de sable bien fâcheux. Le pouvoir y voit une offense envers les vampires qui mérite de sévères représailles et la pègre locale est gênée dans ses activités par les trop nombreuses descentes de police. Ainsi beaucoup de personnes sont amenées à enquêter. Parmi elles se trouvent Beauregard, sang-chaud oeuvrant pour une société secrète, et Geneviève, une Ancienne, vampire avant Dracula lui-même (Dracula dont la lignée est dégénérée).

newman_anno dracula.jpeg A partir de là, Anno Dracula est un fabuleux roman mêlant une intrigue habile et pleine de rebondissements à une intertextualité jouissive et délicieusement maîtrisée. L'on croise ainsi le docteur Moreau, le docteur Jekyll, les personnages de Dracula, Joseph Merrick, la police de l'époque... mais aussi des personnages moins connus telle que cette bonne vieille Lady Ducaine. Que dire d'autre, si ce n'est que nous avons là un texte intelligent, riche, passionnant ? Un impératif pour les amoureux de l'époque victorienne ainsi que les amateurs de vampires et un texte fortement recommandé pour les autres. D'ailleurs j'avais tellement envie de vous parler de cet excellent moment de lecture que je ne m'étais pas autant amusée à rédiger un billet depuis longtemps !

C'était ma dernière contribution au Challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie Hilde.

Lu également dans le cadre d'une rencontre des Victorian Frogs, pour le challenge Victorien d'Arieste ainsi que le challenge de Londres de mes amies Maggie et Titine.

Rendez-vous dans quelques jours pour publier le billet récapitulatif du Challenge Halloween 2012, et à l'année prochaine pour la 4e édition du challenge, car si nous avons survécu au périple de l'extrême organisé cette année pour l'occasion, nous survivrons bien à la fin du monde à Noël !

Merci aux éditions Bragelonne et bravo pour cette nouvelle édition !

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381 p

Kim Newman, Anno Dracula, 1992