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11/04/2018

Fumiyo Kouno, Une longue route

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Photo myloubook

Après Le Pays des Cerisiers et Pour Sanpei, je poursuis ma découverte de l'univers de Fumiyo Kouno, toujours avec grand plaisir.

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Dans Une Longue route (one shot), il est question d'un couple, Sôsuke et Michi. Et pas n'importe quel couple.

Michi débarque un jour avec une lettre du père de Sôsuke. Elle lui lit la lettre à voix haute : celle-ci stipule qu'un ami lui a donné sa fille dans un bar, et que voilà Sôsuke (son vaurien de fils) marié. Michi, qui ne s'étonne de rien et semble un peu dans son monde, a accepté de signer le contrat de mariage et s'installe donc chez Sôsuke. Celui-ci aime les jeunes femmes coquettes et sexy; il trouve Michi sans intérêt, si ce n'est qu'elle gère le ménage et travaille à mi-temps, quand lui passe une bonne partie de son temps à procrastiner.

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Photo myloubook

Malgré les apparences, c'est un couple sympathique. Certes, Sôsuke est égoïste, infidèle, fainéant et il tient régulièrement des propos peu flatteurs à sa femme. Et pourtant, un fragile équilibre se crée peu à peu. Les critiques rebondissent sur Michi sans l'atteindre la plupart du temps. Et Sôsuke a parfois des élans de sollicitude à son égard. Il recherche sa compagnie. Profite de bons moments avec elle au quotidien. Michi, elle, n'est pas amoureuse de son époux mais prend plaisir à mener cette vie où les sentiments ne sont pas engagés. Quoi que...

Les illustrations délicates de Fumiyo Kouno sont toujours un régal pour les yeux et, à travers de nombreuses courtes séquences, ce manga dessine les contours d'une jolie histoire, d'amitié ou d'amour... la chute le laissera entendre, avec une certaine poésie. Ma seule réserve tient à quelques incompréhensions, essentiellement de blagues, qui viennent sans aucun doute d'une méconnaissance de la culture nippone... mais cela concerne très peu de scènes. Il ne reste plus qu'un manga de cet auteur de ma PAL (et à connaissance, j'ai tous ceux publiés en France)... je vais avoir du mal à quitter son univers.

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215 p

Fumiyo Kouno, Une longue route, 2005

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04/04/2018

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, 2 tomes

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De Fumiyo Kouno, j'avais lu en 2007 Le Pays des Cerisiers, qui m'avait réconciliée avec les mangas que je ne lisais pas à l'époque.

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L'an dernier, en farfouillant sur le net pour trouver des idées de lecture pour le mois au Japon, j'ai découvert plusieurs titres du même auteur (malheureusement, l'un d'entre eux est épuisé depuis mon repérage). J'ai donc commencé par lire Pour Sanpei, acheté en avril dernier et resté à dormir sur une étagère depuis.

Sanpei a perdu son épouse et va s'installer chez son fils, marié et père d'un enfant. La relation entre le père et le fils est pour le moins tendue, tandis que la petite fille n'a rien d'adorable à première vue - elle deviendra attachante par la suite, avant tout à travers son côté "hors normes". Sanpei tombe rapidement sur un livre rédigé par sa femme. Il apprend qu'elle y a consigné toutes sortes de conseils pour l'aider à se débrouiller sans elle : commentaires sur les goûts et traits de caractère de la famille, conseils pour le ménage, recettes de cuisine... ce livre va devenir la bible de Sanpei et l'aider à se sortir de nombreuses situations fâcheuses alors qu'il devient peu à peu l'homme au foyer de la maison.

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Cycle court de deux tomes, Pour Sanpei m'a totalement charmée. J'ai retrouvé la rondeur et la simplicité des illustrations que j'avais tant appréciées lors de ma première rencontre avec cet auteur. Pas d'humour douteux ou de dessins kawaii inattendus - deux particularités du manga qui ne facilitent pas toujours ma lecture. Le traitement des personnages, leurs aspérités, leurs faiblesses les rendent attachants ; on n'a de cesse de les voir évoluer. Et quelque part, ce serait là ma seule critique : alors que de petits grains de sable viennent se glisser dans l'engrenage, que les personnages se questionnent dans leur rapport aux autres, la fin m'a fait l'effet d'un léger retour en arrière. 

Quoi qu'il en soit je vous recommande ce manga qui offre un joli moment de lecture, avec le portrait d'une famille japonaise pas si conventionnelle que ça.

146 p par tome

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, Manga en 2 tomes, 2004

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18/02/2018

Álvaro Ortiz, Murderabilia

ortiz_murderabilia.jpgA l'occasion d'une errance à la médiathèque, je suis tombée sur un petit bijou alliant le macabre à l'humour avec Murderabilia, de l'Espagnol Álvaro Ortiz.

Vous avez vu ces adorables petits chats en couverture ? Sachez qu'après avoir lu les premiers chapitres de l'album, vous ne regarderez plus jamais un chat noir de la même façon.

Malmö Rodríguez a terminé ses études et vit chez ses parents, sans travail ni l'intention d'en chercher. Il veut devenir écrivain mais, à part fumer des clopes dans sa chambre et regarder du porno en cachette, il ne fait pas grand-chose. Un jour, son oncle décède, laissant deux chats derrière lui. Malmö les retrouve dans un refuge et entreprend un petit périple pour les confier à un homme qui les lui a achetés à très bon prix. Pourquoi ? Je ne voudrais pas vous gâcher l'effet de surprise. Dès lors, Malmö va s'installer dans la petite ville de montagne où il est venu vendre les chats. Il est employé au motel du coin, sort avec la patronne et cherche toujours l'inspiration. 

Murderabilia, c'est l'art morbide de collectionner des objets en rapport avec des meurtres. Si, si, ça existe. Attendez-vous à être surpris et secoués par cet album aux dessins de prime abord un tantinet naïfs, chaleureusement illustrés dans des tons sépia et rosés, dont la tendresse contraste fortement avec le propos. C'est à la fois glauque et drôle. D'informations disparates et d'évènements choquants, Álvaro Ortiz a réussi à faire un récit très cohérent, où un quotidien banal est bousculé par la découverte d'une collection pour le moins particulière. Etrange et très original. Un album qui ne laisse pas indifférent !

Ici, un article en espagnol  sur ce projet et ses inspirations.

120 p

Álvaro Ortiz, Murderabilia, 2014

08/11/2017

Mr Tan & Diane Le Feyer, Mortelle Adèle, Tome 2, L'Enfer c'est les autres

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Ouh là là ! Cela fait déjà trois ans que j'ai découvert Mortelle Adèle avec Un talent monstre ! J'ai craqué pour cet autre volume lors d'un passage à la médiathèque et bien m'en a pris. 

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Cette petite série acidulée voire acide, est drôle et rafraîchissante tout en dépassant joyeusement les bornes du "comme il faut", grâce à une héroïne attachante et pourtant franchement dérangée.

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Adèle met en place des pièges ou stratagèmes pour nuire à ses parents ou à son amoureux, voit des Barbies dans ses cauchemars et pleure devant des feuilles mortes. Ce qui est en fait un personnage atypique et très cynique mais finalement adorable malgré ses mauvaises intentions.

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Drôle et vite lu, voilà un album détente parfait pour les jeunes diablotins et les grands sorciers ! Parfait en cette saison.

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94 p

Mr Tan & Diane Le Feyer, Mortelle Adèle, Tome 2, L'Enfer c'est les autres, 2013

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18/10/2017

I. Chabbert & S. Lefèbvre, L'Etrange Boutique de Miss Potimary, T1, La Boîte à secrets

BD_miss potimary_T1_01.jpgPour cette nouvelle rencontre BD du challenge Halloween, j'ai jeté mon dévolu sur le premier tome de L'Etrange boutique de Miss Potimary, acheté sur un coup de coeur dans une librairie que j'apprécie beaucoup.

Pour ses neuf ans, Betty reçoit un appareil photo et une somme d'argent avec laquelle elle décide de s'offrir une boîte à secrets japonaise. Mais lorsqu'elle parvient à l'ouvrir, elle se retrouve aspirée dans un autre monde : projetée à l'époque de ses parents, et passant justement pour sa mère, Betty peut désormais voir les fantômes et fait la rencontre d'un de ses aïeuls. Elle ne tarde pas à tenter de lui venir en aide, malgré les dangers qui l'attendent.

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On ne va pas se mentir, j'ai d'abord craqué pour la superbe couverture. Et si vous l'aimez vous aussi, vous fondrez pour l'univers graphique de ce très joli album. Dégradés de couleurs dans des tons proches du sepia (avec un petit côté suranné très agréable), nombreux détails nous renvoyant à chaque époque... nos yeux se régalent ! L'histoire quant à elle tient la route et se lit avec plaisir. Mon seul regret : la facilité avec laquelle Betty vient à bout d'un fantôme qui terrorise ses semblables (mais c'est vrai qu'avoir à portée de main une tombe déjà creusée pour y pousser le grand méchant, ça aide !).

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Je succomberai certainement au tome suivant.

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Ingrid Chabbert & Séverine Lefèbvre, L'Etrange Boutique de Miss Potimary, T1, La Boîte à secrets, 2017

 

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11/10/2017

Clarke, Mélusine T24, La Ville Fantôme (BD)

BD_melusine_T24_ville fantome.jpgCela fait quelques années que je vois fleurir les billets sur la jeune sorcière Mélusine. J'ai toujours cru que c'était une série pour de jeunes lecteurs et ne m'attendais pas à un vrai scénario mais chaque année, vos nouvelles chroniques enthousiastes me remettaient cette série en mémoire. Je ne pouvais pas passer à côté cette année où les sorcières sont à l'honneur avec le Challenge Halloween.

Pour bien faire, j'ai commencé par l'un des derniers tomes ! Mais j'ai un penchant incontrôlable pour les histoires de fantômes alors comment aurais-je pu résister à une ville fantôme ?

Mélusine et la fée Mélisande sont envoyées par leur école dans le village de Harrebourg : "odeurs pestilentielles, bruits bizarres, apparitions fantomatiques, les habitants sont terrorisés". Les deux élèves doivent faire leurs preuves et venir à bout de ces manifestations. Mais lorsqu'elles arrivent, le bourgmestre semble bien pressé de les voir repartir...

Je n'ai pas été trop attentive aux noms et à quelques détails, ce qui fait que je me suis laissée porter par les conclusions de Mélusine sans vraiment faire l'effort de percer le mystère à mon tour. L'intrigue est néanmoins sympa, on suit avec plaisir les aventures de la sorcière et de la fée - une drôle de paire d'ailleurs ! Il faut dire que les deux anti-héroïnes sont amusantes. J'ai surtout bien aimé la vieille tante sorcière qui confie un "petit lézard" - en réalité un énorme dragon, tout ça pour aller draguer "du mage milliardaire". Une lecture détente à renouveler !

Lu pour le RDV BD du mercredi du Challenge Halloween

46 p

Clarke, Mélusine T24, La Ville Fantôme (BD), 2016

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04/10/2017

Civiello, Humphrey Dumbar Le Croquemitaine

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Humphrey Dumbar est un croquemitaine qui, chaque nuit, quitte son pays peuplé d'êtres fantastiques pour hanter Londres et terroriser les enfants. En particulier ceux de l'orphelinat de Miss Doloby. Jusqu'au jour où un petit garçon décide de se venger et, se cachant dans le chaudron porté par Humphrey, accompagne secrètement ce dernier jusqu'à chez lui. Une aventure pour le moins risquée !

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Une BD jeunesse à l'histoire sympathique, plutôt simple et en ce sens plus adaptée à un public de (pré-)adolescents qu'à des lecteurs plus âgés qui pourraient trouver la trame un peu simpliste. Le schéma narratif rappelle celui de l'univers des contes.

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Cette bande-dessinée est surtout servie par de belles illustrations. Angleterre victorienne, vilain croquemitaine, autres légendes et petites citrouilles sont joliment affreusement croqués. 

Sans être un coup de coeur, c'est un album agréable et adapté à la saison que je vous recommande de découvrir s'il croise votre chemin. A moins que vous n'ayez peur de retrouver Humphrey à la nuit tombée...

Lu pour le Rendez-Vous BD du mercredi du Challenge Halloween 2017

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30 p

Civiello, Humphrey Dumbar Le Croquemitaine, 2008

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06/06/2017

Dobbs & C. Regnault, L'Homme Invisible, T1

album_homme invisible.jpgAdapté du roman de H.G. Wells, cet album a de suite attiré mon oeil en librairie par sa superbe couverture. J'avais déjà repéré d'autres titres inspirés de l'univers de Wells au sein de cette même collection mais je n'avais pas été autant tentée que cette fois-ci. Il faut dire que de l'homme invisible, je n'ai pour l'instant que l'image vague de la vieille série - que je n'ai jamais vue. Cet anti-héros classique fait partie des quelques derniers monstres victoriens qu'il me reste à découvrir et je n'avais qu'une idée des plus vagues sur ce personnage avant d'ouvrir cet album.

Dans le petit village d'Iping, un mystérieux étranger vient s'installer à l'auberge. Il suscite la curiosité par son accoutrement, ses bandelettes et les drôles de lunettes qu'il porte. Dans un premier temps, la propriétaire des lieux suppose qu'il s'agit d'un pauvre bougre mais bientôt, les ragots vont bon train. Pourquoi ces bandelettes ? Pourquoi ne va-t-il jamais à la messe ? Quelles sont ses fioles, quels sont ces nombreux instruments qui encombrent le salon qu'il occupe ? Sa rudesse et le fait qu'il demande à être laissé tranquille n'arrangent rien. 

Une fois le décor plutôt sombre planté, la situation se dégrade. Surnaturel, ragots de village, anti-héros dont on ne sait pas encore si on le déteste ou si on le comprend, voilà de quoi est constitué le tome 1 de L'Homme invisible. Un album servi par des illustrations puissantes qui m'ont fait penser à l'univers de Lovecraft.

Une belle invitation à découvrir le roman de Wells (je me souviens surtout avoir lu La Guerre des Mondes en me forçant un peu, mais il était déjà plus loin de mes sujets de prédilection). Cet album sera complété d'un 2e tome à paraître.

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Dobbs & C. Regnault, L'Homme Invisible (inspiré de H.G. Wells), T1

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24/04/2017

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire

manga_gourmet solitaire.jpgL'attention portée à l'oeuvre de Taniguchi cette année m'a fait repérer quelques titres prometteurs, moi qui ne connaissais cet auteur que de nom. Je pensais lire Quartier Lointain mais le dernier exemplaire venait de partir et j'ai opté pour Le Gourmet solitaire sur les conseils de la libraire. Je ne regrette pas du tout mon choix !

Le Gourmet solitaire, ce sont 18 chapitres et autant de rencontres gustatives et culturelles. Le personnage principal est un commercial célibataire, un loup solitaire qui, au gré de ses déplacements et sorties, nous fait partager le moment de son repas. Cela pourrait paraître ennuyeux à mourir mais, si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu au Japon, vous devriez vous régaler avec cet album qui s'adresse beaucoup à nos papilles, mais pas que.

Côté repas, c'est une cuisine simple que l'on découvre, une cuisine du quotidien, souvent traditionnelle mais aussi parfois inspirée par d'autres pays. Des plats goûteux, avec des éléments récurrents (légumes au sel et surtout riz, un incontournable pour le personnage principal). On voit notamment souvent le repas dans son ensemble avec les commentaires qu'il inspire au protagoniste, fin gourmet. Autant vous dire qu'on a envie de déguster la vraie cuisine japonaise après avoir lu cet album !

Mais la cuisine est aussi un bon moyen de découvrir la vie de tous les jours, entre la recherche d'un lieu où manger, la découverte de restaurants et gargotes en tous genres ainsi que la clientèle, observée par notre héros culinaire. Quelques commentaires laissent voir l'abîme entre nos deux cultures, avec un portrait du Japon qui n'est pas toujours flatteur (statuts hommes-femmes, ouverture vis-à-vis des étrangers...).

On ne sait pas grand-chose du personnage principal qui interagit globalement assez peu avec son entourage mais, paradoxalement, il parvient à être assez touchant.

Cet album est un vrai coup de coeur pour moi. Je craignais de ne pas prendre autant de plaisir à la lecture d'autres titres de Taniguchi mais je viens de réaliser qu'il y a une suite au Gourmet solitaire. C'est donc par là que je poursuivrai ma découverte...

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200 p

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, 1997

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, manga, japon, plats japonais, challenge un mois au japon

05/04/2017

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga)

manga_black butler.jpgCeux qui suivent un peu les chroniques de votre fidèle et dévouée se souviendront peut-être de mes avis très mitigés à la découverte de la série Black Butler. Pourtant, de par son cadre d'inspiration victorienne, elle avait tout pour me plaire et me réconcilier avec les mangas, que je lis très peu. Malheureusement, les énormes aberrations historiques avaient eu raison de moi. De même, je n'avais pas du tout adhéré à l'humour, assez caricatural à mon avis. Pourtant, cette série de manque pas d'admirateurs.

Il aura fallu attendre le troisième tome pour que le déclic opère. Si je ne m'étais pas procuré les trois tomes d'emblée, je n'aurais sans doute pas renouvelé l'expérience, mais je suis désormais tentée de poursuivre l'aventure.

Black Butler, c'est l'histoire de ce majordome lié par un pacte diabolique à son maître Ciel, héritier de la maison Phantomhive. Ciel fait partie des chiens de garde de la reine, il doit ainsi veiller aux intérêts du royaume. Son majordome l'assiste dans cette tâche, résistant à l'épreuve des armes - qui ne font qu'abîmer ses vêtements impeccables. Dans le tome 3, Ciel a résolu l'affaire Jack l'Eventreur.

[Spoilers] Il découvre que sa tante est à l'origine des meurtres, assistée de Grell, un ange de la mort.

Sebastian et Grell vont se livrer un combat graphiquement très esthétique (bien que sanglant) tandis que la tante revient sur ses souvenirs. Cette intervention apporte une autre dimension au récit, lui donnant enfin la profondeur qui lui manquait. Peu de scènes à l'humour raté selon moi (malgré une qui m'a fait chercher mes sels en urgence), c'est un titre plus sombre que voilà.

Si je ne fais pas partie des inconditionnels de la série, me voilà prête à tenter le tome 4 !

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T3 (manga), 2010

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11/11/2016

C. Fraipont & P. Bailly, Petit Poilu, T2, La Maison Brouillard

BD_petit poilu_maison brouillard.jpgLes vacances de la Toussaint ont été pour nous l'occasion d'initier Petite Lou aux joies de la bande dessinée ! Elle a découvert ces dernières semaines plusieurs albums Ana Ana (dont je vous parlerai prochainement) ainsi que le tome 2 de Petit Poilu, La Maison Brouillard. Autant de titres recommandés par une libraire enthousiaste qui m'a convaincue.

Petit Poilu est un jeune personnage qui, chaque matin, après son petit rituel quotidien (réveil, salle-de-bain, petit déjeuner, au revoir à sa maman) part, sans doute pour l'école, mais se trouve détourné de son chemin par d'incroyables aventures... avant de rentrer au bercail sain et sauf.

Ici, Petit Poilu fait route sous un grand soleil lorsque la brume apparaît. Il finit par se retrouver face à une maison pour le moins inquiétante, dans laquelle il décide d'entrer. Il est alors poursuivi par une souris fantôme, avant de rencontrer un vampire. Oui mais voilà, le vampire est tout déglingué: avec ses habits élimés et sa coupe de cheveux improbable, il est à mourir de rire ! Après quelques péripéties et beaucoup de courage, Petit Poilu finit par devenir ami avec le vampire.

Une très chouette surprise que cette BD, à destination des enfants mais sympa pour les parents également. Les dessins sont suffisamment expressifs pour suffire à la narration, alors que les auteurs ont choisi de ne pas insérer de texte. Et ça fonctionne très bien ! Pour les plus jeunes, voilà un excellent moyen de faire découvrir la bande dessinée, de montrer le sens de lecture, de faire prêter attention à des détails d'expression qui pourraient passer inaperçu mais ont beaucoup de sens, ou encore d'expliquer ce qu'impliquent certaines signes et codes du genre (pour signifier le mouvement par exemple). J'ai trouvé assez amusant de réaliser le nombre d'automatismes que l'on acquiert et qui nous semblent plus que des évidences, alors qu'en réalité c'est tout un monde étonnant qui s'ouvre au jeune néophyte.

Les dessins sont tendres et malicieux. Le scénario est assez dense, avec pas mal de rebondissements ; c'est un album qui ne s'adresse pas particulièrement aux très jeunes lecteurs mais il plait déjà beaucoup à Petite Lou qui n'a pas encore 3 ans. Elle en profitera sans doute davantage encore dans quelque temps. Un bon investissement !

Céline Fraipont (scénario) & Pierre Bailly (dessin), Petit Poilu, T2, La Maison Brouillard, bd jeunesse, challenge je lis aussi des albums, challenge halloween, challenge halloween 2016

 

 

32 p

Céline Fraipont (scénario) & Pierre Bailly (dessin), Petit Poilu, T2, La Maison Brouillard, 2011

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25/10/2016

Yana Toboso, Black Butler T2 (manga)

bd manga_black-butler-tome-2.jpgJe poursuis ma lecture de la série Black Butler (j'ai de toute façon les trois premiers tomes à la maison) et dois avouer que je reste dubitative. Dans ce deuxième tome, le jeune noble et chien de garde la reine Ciel Phantomhive se rend à Londres avec son "diable de majordome" pour enquêter sur les meurtres de Jack l'Eventreur. Un pitch de départ classique et plutôt prometteur... on imagine une intrigue haletante, une enquête fouillée, une hypothèse intéressante ou originale quant à l'identité de l'assassin et bien entendu, un plongeon dans les quartiers d'une Londres victorienne. Je n'ai rien trouvé de tout ça en lisant ce deuxième tome (le premier m'ayant laissée un peu sur ma faim également).

Pourquoi ce manga ne m'a pas convaincue (autant arrêter de tourner en rond) ?

  • On pourrait être à Londres, à Paris ou New-York, Yana Toboso a accordé peu de place aux décors. Si ses costumes sont stylisés, elle ne parvient pas à rendre l'atmosphère victorienne. J'ai franchement eu l'impression que ce qui lui plaît, c'est de dessiner ses personnages mais que tout ce qui concerne les rues, les maisons, les vues d'ensemble, voire certains éléments de contexte (attelages, scènes du quotidien dans la rue...), bref, tout ce qui va au-delà d'un habit cintré ou des froufrous d'une robe lui passe un peu au-dessus.
  • ... Ce qui m'amène à mon deuxième point : on sent que le travail de documentation a été très léger ou en tout cas, qu'on ne s'en est pas assez imprégné avant de se lancer dans ce projet. D'où des scènes improbables. Vous me direz que si le personnage principal est diabolique, on ne doit pas trop chercher la vraisemblance : ce ne sont pas les péripéties que je remets en cause mais la toile de fond. A la traduction, on a fait le choix du tutoiement entre gens du même rang ou dès lors qu'il y a une hiérarchie descendante, or, dans un milieu aristocratique, les relations étaient très formelles et le vouvoiement est généralement choisi dans les dialogues traduits (le "you" n'a pas tant d'ambiguïté que ça dans ce cas). Vous me direz que je pinaille, mais lorsque vous saurez que, dans ce monde tellement à cheval sur l'étiquette, la tante de Ciel se permet de donner en public une petite tape sur les fesses du séduisant Sebastian en disant "pardon, ça m'a échappé", vous compatirez. Autre exemple, la tante et son domestique entrent chez Ciel avant que celui-ci ne soit arrivé et se mettent à fouiller partout pour trouver du thé : nous sommes dans la haute société à Londres en 1888, pas dans une colloc de Camden de nos jours !
  • Toujours dans la légèreté de la recherche historique, on ne peut pas dire que le cas de Jack l'Eventreur ait fait l'objet de beaucoup de documentation... ou alors, plus probablement, beaucoup de raccourcis ont été faits pour faciliter l'intrigue. Les informations dont les personnages disposent sur les meurtres sont inexactes et leur hypothèse de base pour trouver le meurtrier écarte d'emblée toute personne n'étant pas versée dans la médecine. Or, les meurtres laissaient penser que l'assassin avait des connaissances anatomiques mais d'autres hypothèses avaient été soulevées que celles d'une personne ayant étudié la médecine.
  • Enfin, les traits d'humour ne volent pas haut. Oui, il y a des blagounettes et non, elles ne m'ont pas fait sourire. J'ai même été un peu agacée par le début de ce volume, qui reprend à l'identique le schéma narratif du premier tome : le majordome qui fait tout, les trois domestiques incompétents dont deux qui font la même erreur que le jour précédent (ruiner le jardin en désherbant ou carboniser la viande prévue pour le repas à venir).

Au final, un avis très mitigé... je l'ai lu par curiosité, c'est une lecture qui fait passer le temps mais superficielle et agaçante dans bien des domaines. Le prochain tome promet la lutte entre deux majordomes. Espérons que l'intrigue s'étoffe un peu. 

Avec quelques jours de retard, dans le cadre de la LC Haunted and scary London.

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192 p

Yana Toboso, Black Butler T2, 2007

halloween 2016.jpg yana toboso, black butler t1, pacte avec le diable, challenge halloween, challenge halloween 2016, série black butler, manga, série black butler, black butler t2

19/10/2016

Yana Toboso, Black Butler T1 (manga)

manga black butler tome 1.jpgCeux qui lisent ce blog depuis un moment se seront peut-être rendu compte du fait que je n'étais pas une grande amatrice de mangas. Soyons clairs, je n'y connais rien, je suis parfois attirée par certaines séries mais ne suis pas forcément convaincue quand je feuillette un tome au hasard.

Jusqu'ici, seuls deux mangas sont vraiment sortis du lot pour moi : Le Pays des Cerisiers et Vampire Knight (dont j'ai lu les premiers tomes). Alors que les mangas d'inspiration victorienne ont a priori tout pour me plaire, je suis passée complètement à côté de Steamboy (film d'animation) ou du tome 1 de la série Emma. Sans être un coup de coeur, le tome 1 de Black Butler s'en tire un peu mieux ! 

Sebastian est majordome, au service de Ciel Phantomhive, héritier d'une prestigieuse lignée. C'est un majordome parfait, qui gère le domaine à la tête d'une équipe de bras cassés sans cervelle. Son travail dépasse de loin celui associé à sa fonction. Il excelle dans les arts martiaux, joue les pâtissiers pour son jeune maître et dirige l'emploi du temps de celui-ci. Ses talents sans limite sont tout de même quelque peu suspects... et il y a effectivement anguille sous roche !

Ce premier tome est articulé en quatre chapitres, passant d'un ton léger à un registre beaucoup plus sombre. On plante d'abord le décor : la grande propriété, l'enfant héritier au tempérament orageux, le majordome indispensable mais aussi omnipotent, les autres domestiques inutiles éblouis par Sebastian, la fiancée hystérique de Ciel (promis à elle à la naissance). Puis on commence à comprendre que les Phantomhive ont un rôle particulier et oeuvrent pour la reine, alors que d'autres grandes familles menacent l'équilibre du royaume. C'est dans ce cadre que l'aide de Sebastian s'avère particulièrement précieuse... et que le personnage en dévoile davantage sur son identité, bien plus complexe qu'il n'y paraît.

Je n'ai pas été particulièrement convaincue par les scènes les plus légères (quelques traits d'humour sympathiques mais les domestiques autant que la fiancée sont caricaturaux et agaçants), ni par la mise en place de l'histoire (j'ai trouvé la démonstration des nombreux talents du majordome un tantinet ennuyeuse dans les premiers chapitres ; par ailleurs on est en Angleterre sans y être, la restitution étant un peu superficielle).

En revanche, le thème du pacte avec le diable et l'ambiguité des relations entre Ciel et Sebastian sont annonciateurs de rebondissements intéressants et pourraient bien donner beaucoup de sel à une série qui, sans cela, resterait un brin fade. Ajoutons aussi dans les points positifs le brouillage historique : un cadre plutôt victorien mais l'utilisation de technologies plus récentes (dont les armes à feu ou l'usage des portables par exemple). Bien exploité, cela pourrait offrir un cadre intéressant pour la suite...

Lu pour la BD halloweenesque du mercredi.

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208 p

Yana Toboso, Black Butler T1, 2009

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07/10/2015

Sorcelleries, Le Bal des Mémés

BD_sorcelleries_t01_le bal des mémés.jpgEt voici le premier mercredi en BD de cette nouvelle édition du challenge Halloween ; une tradition maintenant pour ce challenge, grâce à Mango qui proposait jusqu'à l'an dernier de se retrouver chaque semaine autour d'une BD. Pour ce premier billet BD, je vous parlerai d'un album découvert grâce à vous puisqu'il a connu un certain succès lors de nos précédentes épopées... vous m'aviez diablement donné envie de le lire !

J'ai profité d'un séjour chez la sorcière Hilde pour dévorer quelques albums et BD d'Halloween, dont celui-ci, Le Bal des Mémés, 1er tome de la série Sorcelleries.

Il y est question de trois vieilles sorcières qui vivent isolées, toutes plus vilaines les unes que les autres et toujours prêtes à se chamailler. On n'est pas loin de penser à Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps de Terry Pratchett. Depuis le départ de leur nièce Panacéa, les trois sorcières n'ont pas grand-chose pour égayer leur quotidien. Même leur chat et leur crapaud s'ennuient fermement. Jusqu'au retour de leur nièce adorée, qui, juste avant la grande fête de Walpurgis, leur a fait la surprise de venir avec son mari humain, bête, antipathique, visiblement adepte des salles de musculation mais aussi des produits de consommation jusqu'ici restés inconnus aux vieilles femmes. Le couple est accompagné de leur ado gothique mal dégrossie.

Alors que les trois sorcières se remettent de leurs émotions, des ronflements se font entendre la nuit. Après quelques rebondissements, il s'avère que c'est une petite fée qui est là. Les désaccords commencent : pas question de garder un bébé de leurs ennemis de longue date pour l'une. Pas question d'admettre les origines de l'enfant pour l'autre. Au final, la petite est adoptée... et va ajouter du piquant à la vie de nos sympathiques bien que maléfiques héroïnes.

Tout comme les lectrices qui m'ont fait découvrir cette BD, je me suis régalée. Les dessins sont vifs et pleins d'humour, les péripéties s'enchaînent et nous font passer un excellent moment, tout en légèreté. Chaudement recommandé !

Ici les avis retrouvés : HildeSylSharon.

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48 p

Teresa Valero (scénario), Juanjo Guarnido (dessin et couleur), Sorcelleries, Le Bal des Mémés, 2008

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29/10/2014

Mortelle Adèle, T6, Un Talent monstre !

bd_mortelle adele.jpgLors du challenge Halloween 2013, Hilde et moi avons eu le plaisir d'organiser un jeu concours autour de Mortelle Adèle et de recevoir un exemplaire du tome 6 à cette occasion.

C'est avec ce volume que j'ai découvert Adèle, petite peste rouquine qui m'est très sympathique. L'album se présente sous la forme de courtes scènes qui s'enchaînent, avec pour fil conducteur la création monstrueuse d'Adèle : un zombie ! Et quel zombie ! Petit, mignon tout plein malgré son teint gris et son obsession pour les repas humains.

bd_mortelle adele.jpegAdèle a visiblement été traumatisée par la traditionnelle tape de bienvenue lors de sa naissance. En tout cas, quelle qu'en soit la raison, elle multiple les bêtises (comme voler les rouleaux de papier toilette dans un train pour les vendre aux passagers dans le besoin) et les projets plus violents (qui souvent impliquent son chat qui pourtant l'adore, le pauvre !).

Un talent monstre ! est un album pétillant et plein d'humour que l'on dévore le sourire aux lèvres, non sans vérifier qu'aucun bras suspect en pièce détachée ne traîne autour de nous (mieux vaut rester prudent en cette période d'Halloween) !

Chaudement recommandé !

Merci beaucoup aux éditions Globulle pour cette très agréable lecture !

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95 p

Mr Tan & Miss Prickly, Mortelle Adèle, T6, Un talent monstre !, 2013

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