25/01/2012

Virginia Woolf en images

BD_virginia woolf.jpgGrâce à ma chère Titine qui m'a fait remarquer ce titre, je viens de passer un moment en compagnie de Virginia Woolf, à travers un album publié récemment dans la collection Grands Destins de femmes. Un album ambitieux puisqu'il propose, en quelques 90 pages, de retracer le destin de cette immense romancière dont l'histoire continue de fasciner aujourd'hui.

Il m'a fallu un petit temps d'adaptation pour apprécier le dessin qui, finalement, me semble bien se prêter au sujet et sert le récit par sa précision et ses très belles couleurs, empreintes d'une certaine mélancolie. Pourtant, malgré les souffrances de la jeune Virginia puis ses dépressions, l'album se veut objectif et vise aussi à retranscrire “un élan vital, une force que démentaient volontiers son trop inquiet mari et son neveu, Quentin Bell” (cf avant-propos). L'album retrace ainsi le parcours de Virginia : sa grande famille recomposée, le clan Stephen composé de Vanessa, Adrian, Thoby et Virginia, puis le décès des parents et de Thoby, mais aussi George, le demi-frère ayant abusé d'elle et de sa soeur Vanessa (ce que je ne savais pas, connaissant encore mal la biographie de Virginia Woolf). Puis vient le mariage de sa soeur Vanessa et, suite à la pression familiale, le mariage de Virginia avec Leonard Woolf, qui sera davantage un ami et un complice littéraire (l'écrivain ayant d'abord éconduit son ami Lytton Strachey, auteur des Eminent Victorians et d'une biographie de la reine Victoria qui mérite le détour).

BD_virginia woolf2.jpgOutre les principaux événements de la vie de Woolf, cet album choisit d'attirer notre attention sur des faits plus mineurs et pourtant révélateurs de la personnalité de Virginia et de son cadre de vie. Ainsi, on apprend que pour visiter “le vaisseau le plus moderne et le plus secret d'Angleterre”, Virginia et ses proches s'étaient déguisés de façon à se faire passer pour l'empereur d'Abyssinie et sa suite... ruse qui opéra ! Si j'ai trouvé cet épisode particulièrement délicieux, d'autres éléments m'ont paru eux aussi très intéressants, telle l'évocation du féminisme engagé de Virginia (qui outre ses discours et textes bien connus, débute lorsqu'adolescente elle regrette de ne pas pouvoir se rendre à l'école comme ses frères), la publication de ses romans (qui finalement n'est pas au coeur du récit), ses relations avec l'exquise Vita Sackville-West... L'illustration sert à point nommé le récit, parfois par de jolis clins d'oeil, telle cette toile peinte par Vanessa (p 25).

Un très joli album pour tous ceux qui souhaitent découvrir le célèbre auteur et, pour ceux qui l'apprécient déjà, un beau cadeau à lire et relire avec plaisir. Un album qui m'a par ailleurs donné envie de lire les biographies de Woolf en attente dans ma bibliothèque !

Et j'en profite pour poursuivre mon challenge Virginia Woolf, tranquillement mais sûrement !

 L'avis de Carnet de Sel, Cécile, Titine...

Lu dans le cadre de la BD du mercredi proposée par Mango et du challenge Virginia Woolf

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90 p 

Michèle Gazier et Bernard Ciccolini, Virginia Woolf, 2011 (album)

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09/11/2011

Cherche zombie à adopter

dipucchio_zombie-in-love.jpgJ'ai reçu une jolie surprise dans ma boîte à lettres, de la part de Hilde, mon acolyte lors du challenge Halloweenien.

Un petit zombie se baladait, prêt à offrir son coeur à la première venue. Manque de bol, malgré son inscription à un site de rencontres, notre nouvel ami souffre de plus d'un handicap : il traîne avec lui des verres de terre, offre une bague mais oublie d'enlever le doigt qui l'accompagne, fait de la gym mais perd un bras en essayant de soulever une haltère... et quand il se rend au bal dans un nouveau costume (mais 1/ acheté dans une boutique de croque-morts ; 2/ déjà déchiré), son sourire charmant...

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... (enfin presque) a plutôt tendance à faire fuir les demoiselles. Bref, la non-vie de zombie n'a rien de facile et n'est pas Romeo qui le veut. Zombie in love, c'est une véritable quête, un travail de tous les jours, des efforts constants !

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Ce court album m'a beaucoup plu, j'ai bien ri et l'ai ensuite fait lire à Mr Lou tant j'avais envie de partager ce petit coup de coeur. L'histoire est simple, l'album très court mais on passe un très bon moment grâce aux petites touches d'humour et surtout, aux illustrations vraiment très réussies de Scott Campbell. Beaucoup de détails dans ces pages, où le rire vient peut-être davantage du dessin que du texte. Si vous pouvez vous le procurer n'hésitez pas un instant, vous ne le regretterez sûrement pas !

D'autres illustrations tirées de ce livre sur The Good Life.

Merci beaucoup Hilde pour le prêt, je me suis régalée !

Et ci-dessous une petite photo de ce que contenait aussi l'enveloppe magique !

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28 p

Kelly DiPucchio & Scott Campbell, Zombie in love, 2011

Logo Halloween4.jpg & La BD du mercredi de Mango

30/10/2011

L'infernal parc d'attraction !

challenge halloween,zombilleniumComme Hilde, c'est lors du challenge Halloween 2010 que j'ai découvert Zombillénium, vu en librairie à l'époque... les nombreux avis positifs publiés à ce moment m'avaient donné envie de lire à mon tour cet album au graphisme assez éloigné de ce que j'apprécie d'habitude.

Suite à des déboires amoureux, Aurélien Zahner traverse sans faire attention la rue et se fait renverser par une voiture : pas de chance, il s'agit de celle du directeur du parc d'attraction Zombillénum, où zombies, goules, vampires et autres farfadets travaillent 7 jours sur 7 grâce à des contrats de nature vraiment douteuse. Aurélien est ainsi embauché plus ou moins contre son gré. Il devient un démon, dont le succès ne tarde pas à venir : ses crises de colère le transforment en un monstre dangereux (et l'amant de sa chère et tendre aura de quoi s'en souvenir). Ce premier tome nous ouvre donc les portes d'un parc d'attraction pas comme les autres, avec beaucoup d'humour et un dessin agréable. De nombreux personnages nous sont présentés, dont Gretchen, petite sorcière stagiaire qui semble cacher les véritables raisons de sa présence...

Un premier tome très plaisant, reposant sur une idée originale : une introduction à la série alléchante !

Autres avis : Eidole, Livrons-nous, Pink Canary et The Bursar

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Zombillénium, Tome 1, Gretchen, 2011

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challenge halloween,zombilleniumJ'étais donc impatiente de lire le deuxième tome tout juste publié, ce que j'ai fait dès mon retour de vacances.

On assiste à l'arrivée d'une famille au parc Zombillenium et, tandis que leur journée commence, l'un des employés du parc se fait agresser par une bande de locaux hargneux, hostiles aux morts-vivants.

Si le concept est toujours sympathique, je reste un peu sceptique : le thème, très original, suffit-il à porter toute une série ? D'une part, j'ai trouvé que le tome 1, charmante introduction, était finalement assez détaché du tome 2, qui pourrait presque se lire de façon indépendante (or le tome 1 est pour moi un prélude, non une histoire à part entière). Dans ce nouvel opus, Gretchen et Aurélien occupent une place mineure, leur relation n'évolue pas et n'est même plus évoquée, tandis que les origines de Gretchen ne jouent aucun rôle : autant de pistes écartées pour l'instant.

D'autre part j'ai trouvé le scénario léger et un peu confus, les diverses scènes manquant en général de piquant et d'humour. Une lecture en deçà de mes attentes, sans être désagréable ; espérons que le tome 3 sera plus convaincant. A noter également que l'album est vendu avec un petit journal fictif retraçant les événements évoqués : l'idée est excellente mais je m'attendais à beaucoup d'humour dans ce complément, que j'ai trouvé un peu décevant lui aussi.

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Zombillénium, Tome 2, Ressources Humaines, 2011

A noter le site Zombillénum.com, amusant à parcourir.

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21/09/2011

L'homme qui n'aimait pas les armes à feu

bd du mercredi,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,far west,western,bande dessinée,xixeVous n'aimez pas les Western ? Peu importe, vous vous laisserez emporter par l'album L'homme qui n'aimait pas les armes à feu et son premier volet "Chili Con Carnage", dont le titre annonce déjà la couleur : une bande-dessinée qui allie l'action et un cadre tout droit sorti du Far West à une bonne dose d'humour. 

bd du mercredi,l'homme qui n'aimait pas les armes à feu,far west,western,bande dessinée,xixeTout commence avec deux excentriques gentlemen trimballant dans leur carriole un otage qui, rapidement mort, sera tout aussi vite expédié dans un canyon. Deux hommes qui semblent motivés par la vengeance et sont sur les traces de la belle Margot, jeune femme de la haute sur le point d'être détroussée lorsque des bandits mexicains s'attaquent à son train. Mais ce serait mal connaître la belle, qui a plus d'une corde à son arc et parvient à convaincre le chef de s'associer à elle pour détrousser les (mal)honnêtes gens  de leurs titres d'actions et autres papiers précieux. Ajoutons à cela un employé de la gare, tombé sous son charme et bien décidé à la sauver, et vous aurez devant vous les ingrédients de ce melting-pot réjouissant, dont on attend la suite avec impatience !

Un premier opus prometteur, qui séduira les amoureux de l'époque mais aussi ceux qui, comme moi,  bâillent à la simple annonce du nom de Clint Eastwood et n'aiment les Westerns que lorsqu'ils sont bien dépoussiérés...

Le site consacré à l'album.

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47 p

L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, 2011

Lu dans le cadre de la BD du mercredi de Mango.

29/06/2011

Une île écossaise hantée

herge-tintin ile noire.jpgComme plusieurs participantes au challenge kiltissime, j'ai eu envie de relire L'Île Noire, une des aventures de Tintin que je préférais quand j'étais petite, et que j'ai dû lire un grand nombre de fois. Toutes ont trouvé l'album assez ridicule et c'est certain, il a beaucoup vieilli. Cela dit, j'ai relu avec beaucoup de plaisir cette aventure, sans doute parce qu'elle m'a rappelé la petite fille que j'étais autrefois et les séances de lecture de Tintin avec mon père.

ile noire.jpegPuisque c'est la séquence émotions, sachez que mon père avait lu la série des aventures de Tintin avant ma naissance (tous les albums ou pas, je n'en ai aucune idée !). Lorsque j'ai été en primaire, il a pris l'habitude de m'offrir des livres, souvent le samedi après mon cours de piano. Nous faisions une petite pause à la maison de la presse (quand j'habitais dans ma ville d'origine il n'y avait pas encore de vraie librairie) et en dehors des nombreux romans acquis à cette occasion, nous avons pris l'habitude de revenir régulièrement à la maison avec une BD dans notre sac... et c'est avec Tintin que nous avons commencé. Nous avons lu l'intégralité de ses aventures ensemble, puis j'en relisais à l'occasion (Le Secret de la Licorne, Les Bijoux de la Castafiore, Les 7 Boules de Cristal...). Nous avons bien lu ensuite quelques Alix et Asterix, mais c'est Tintin qui a le plus marqué mon enfance !

tintin_illu.jpgAujourd'hui c'est avec un certain amusement que je relis cette aventure que j'adorais. En effet, l'histoire manque de crédibilité et ce n'est que grâce à une chance incroyable que Tintin parvient à se tirer d'affaire. Les pompiers perdent la clef de la caserne, Tintin reste à surveiller le lieu d'un crime sans se douter que ses ennemis risquent d'y revenir, les frères Dupont et Dupond sont certes stupides, mais ils ne sont finalement peut-être pas les seuls. J'avais oublié ce détail mais dans ce tome n'interviennent pas le professeur Tournesol ni le célèbre capitaine Haddock.

Cet album reste empreint d'un charme nostalgique et plaira toujours à ceux qui connaissaient déjà Tintin, mais la comparaison avec la production actuelle est tout de même assez rude : au niveau des dialogues (effectivement, comme le dit Cryssilda, chez Tintin les phrases du type "mince, mon revolver n'est pas chargé" ne manquent pas), mais aussi au niveau du graphisme, qui peut décevoir. A noter également le fait que Tintin peine à vraiment nous faire voyager (ce n'était pas le cas dans mes souvenirs), et seules les vingt dernières pages nous font vraiment sentir que nous sommes en Ecosse. Heureusement le kilt et le whisky sont là pour nous le rappeler...

ile noire ecosse.jpgLa photographie ci-contre représente l'île qui aurait inspiré Hergé. C'est une photographie prise par Labastiane : je vous invite à aller sur son blog où vous trouverez d'autres photos de cette même île.

Une fois encore merci à Mélodie qui nous a donné le lien pour lire la BD en ligne : ICI

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62 p

Hergé, L'Île Noire, 1937

tintin kilt.jpeg.psd.jpgLu dans le cadre du challenge kiltissime et  de la BD du mercredi de Mango.

22/06/2011

A Scottish 'Treasury of Victorian murder'

geary-case-madeleine-smith.jpgJe profite une fois encore du mois kiltissime pour faire sortir de ma bibliothèque un livre qui y traînait depuis quelques mois. En l'occurence, il s'agit cette fois-ci d'une bande dessinée en noir et blanc issue de la série A Treasure of Victorian Murder de Rick Geary : The Case of Madeleine Smith.

Qui est donc cette charmante jeune femme servant un délicieux chocolat sur la couverture du livre (tandis que je savoure un thé Paul & Virgine) ?

Madeleine Smith est, vous vous en doutez déjà, accusée d'avoir empoisonné quelqu'un. Mais qui donc ?

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madeleine2.jpgNée en 1836, la jeune femme est issue des classes supérieures de Glasgow. Après avoir parfait son éducation à Londres dans une maison pour jeunes filles respectables, dans le but évident de faire un beau mariage et une bonne maîtresse de maison (selon la mode en vigueur à l'époque), Madeleine revient à Glasgow. Nous sommes en 1855. Au cours d'une promenade, elle rencontre Emile L'Anglier, né à Jersey, avec qui le coup de foudre semble immédiat. Les deux jeunes gens finissent par être présentés : L'Anglier accompagne Madeleine et sa soeur lors de promenades et, petit à petit, s'engage entre Madeleine et lui une correspondance d'environ 200 lettres de Madeleine (aucune information quant à celles de L'Anglier) qui atteste de leur relation. Tous deux se déclarent mari et femme sans pour autant mettre leurs plans à exécution. Le père ayant vent de l'histoire par la petite soeur de Madeleine, la jeune fille se voit interdire tout contact avec L'Anglier. Bien entendu, la correspondance et les rencontres secrètes se poursuivent. Smith et L'Anglier consomment leur relation à une occasion, ce qui est source de culpabilité chez L'Anglier, bien décidé à se racheter.

langlier.jpgPeu à peu, Madeleine se détache d'Emile et cherche à rompre avec lui. Elle a en effet été présentée à un parti avantageux et tout laisse à penser que les fiançailles sont imminentes. L'Anglier ne l'entend pas de cette façon et considère toujours Madeleine comme sa promise. A noter que le jeune homme avait apparemment des tendances suicidaires avant de la rencontrer, et qu'il avait vécu une longue suite de romances finalement déçues (ce qui ne semble pas étonnant compte tenu des informations qui suivent).

Au bout d'un certain temps, Emile est pris de violentes crises : maux d'estomac, fièvre... ces attaques violentes le laissent très affaibli. Il semble se rétablir quelque peu lorsque les circonstances l'éloignent de Madeleine, mais une nouvelle rencontre est suivie d'une rechute. Il ouvre un journal (dont l'authenticité n'a pas été prouvée lors du jugement) et évoque la relation entre ses rencontres avec Madeleine et ses crises. Selon son amie Mme Perry, qui témoignera au tribunal, L'Anglier aurait jugé plausible un empoisonnement par Madeleine, qui lui sert de temps en temps du chocolat dans la rue depuis sa fenêtre, lorsqu'il vient lui rendre visite.

Emile décède et, une fois sa correspondance retrouvée, Madeleine est arrêtée et conduite à Edimbourg où a lieu le procès. Les lettres d'Emile n'ont pas été retrouvées et Madeleine demandait à son prétendant de détruire les lettres qu'elle-même lui adressait. Dans les derniers temps, elle lui demandait instamment de ne pas ruiner son honneur en dévoilant à son père leur histoire.

Le procès fait grand bruit, et beaucoup sont prêts à payer une guinée pour voir Madeleine qui, dans l'ensemble, recueille la sympathie du public. Finalement, suite à la plaidoirie de son avocat (qui met en avant l'absence de preuves et le fait que Madeleine voulait que ses lettres ne soient pas retrouvées, ce qui était incompatible avec le meurtre de L'Anglier qui les rendrait forcément publiques), Madeleine est acquittée, jugée non coupable de tentative de meurtre et, quant au meurtre lui-même, il n'est pas prouvé aux yeux du juré (qui rend la décision "not proven"). Pourtant, Madeleine avait acheté par trois fois de l'arsenic avant le décès de L'Anglier, pour se débarrasser de vermine et de rats selon elle (mais quelle fille aînée de bonne famille serait chargée de s'occuper des invasions d'animaux nuisibles dans la demeure familiale ? J'ai personnellement bien du mal à le croire).

DSC05049.JPGMadeleine quitte l'Ecosse pour Londres avec un frère dont elle est proche. Elle finit par se remarier et vit à Bloomsbury, dans un cercle actif où l'élite intellectuelle de l'époque se rencontre régulièrement pour débattre. Elle connaissait les préraphaélites et aurait servi de modèle à Rossetti. George Bernard Shaw dit d'elle n'avait rien de sinistre et qu'il acceptait son café sans ressentir d'effets secondaires !

Son mari la quitte. Elle se retire à Leek, où elle passe pour une excentrique, avant de rejoindre son fils à New York. Elle a 80 ans mais ne fait pas son âge et épouse un homme d'une soixantaine d'années qui décèdera avant elle. Curieusement, lorsqu'elle décède à l'âge de 92 ans, son certificat de décès indique seulement l'âge de 64 ans. Elle est enterrée dans l'état de New York.

madeleine.jpgEn 1950, l'histoire de Madeleine Smith a été portée à l'écran par David Lean. Voici un lien vers un avis sur ce film que j'aimerais voir si je parviens à le trouver.

Voici également un article intéressant concernant cette affaire renvoyant également vers d'autres liens (l'auteur de l'article est aussi celui du livre ci-dessous). Pour les challengers du mois kiltissime, à noter que ce site s'intitule Books from Scotland.

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Ici un extrait d'un article de  Marion Arnott sur le livre de Douglas Mac Gowan - article détaillé que je vous invite à lire : "L’Anglier was a demanding and bullying lover – he decided what clothes she should wear, whom she could speak to, where she should go (she had to plead with him to allow her to walk with her own brother in Sauchiehall Street). He constantly criticised her behaviour; her supposed lack of feminine accomplishments is compared unfavourably to those of his other female acquaintances. Madeleine’s letters refer to these admonishments constantly. She seeks approval constantly." (Visiblement dangereux et névrosé, Emile aurait-il pu écrire son journal tout en s'empoisonnant volontairement pour faire payer à Madeleine son éloignement ?)

Alors, à votre avis : guilty ? Not guilty ?

Voilà pour le cas Smith. Quant à la bande-dessinée, elle est à mon sens très intéressante : je m'attendais à un récit quelque peu "brodé" autour du cas, avec des effets de suspense, or il n'en est rien. C'est un récit très factuel, une bande-dessinée descriptive qui offre une vue d'ensemble au profane : principaux événements et protagonistes, historique des faits, déroulement du procès, conclusion. A noter toutefois que Geary fait à peine allusion au comportement pressant de L'Anglier relaté plus haut : hormis quelques allusions je n'avais pas forcément l'impression que L'Anglier était un personnage aussi malsain et obsédé par son histoire avec Madeleine, mais plutôt un amoureux effectivement très présent jouant à tort le rôle du patriarche qu'il n'était pas. Enfin, le graphisme est soigné et m'a plu, hormis L'Anglier dont le portrait est peu flatteur et peu ressemblant. En tout cas, cela m'a donné envie de poursuivre ma lecture de la série A Treasury of Victorian Murder.

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80 p

Rick Geary, The Case of Madeleine Smith, 2006

écosse, challenge kiltissime, glasgow, the case of madeleine smith, madeleine smith, rick geary, a treasury of victorian murderUne lecture kiltissime qui est aussi ma première participation à la BD du mercredi de Mango.

02/02/2010

Sous la Terreur

BD_ciel_louvre.jpg1793. La Révolution française a déjà fait nombre de victimes et, pour l'heure, l'homme de pouvoir est Robespierre. Au sein du Louvre transformé en musée, le politique souhaite mettre en avant les oeuvres révolutionnaires. Il commande à David un tableau symbolique, qui ne verra finalement jamais le jour.

Retraçant cette quête d'idéal et revenant sur une période sombre de la Révolution, Le Ciel au-dessus du Louvre tient  presque davantage de l'album illustré que de la bande dessinée. Ceux qui apprécient la série Sambre auront peut-être déjà fait le rapprochement avec la couverture aux tons rouges ; l'empreinte de son auteur se retrouve aussi dans les traits des protagonistes, qui ne sont pas sans rappeler la célèbre bande dessinée.

Concentrée autour de quelques événements, l'histoire est relativement simple mais permet de mettre habilement en scène Robespierre et David dans un contexte bouillonnant et sordide au demeurant très bien rendu. Le graphisme est sobre et très élégant. L'ensemble se lit avec grand plaisir et mérite une place une place de choix dans ma bibliothèque ! Avis aux amateurs de peinture : c'est bien le sujet principal de cet album.

A venir par ici : Miel et Vin, qui se passe aussi pendant la Révolution (je fais ce que je peux avec les chroniques en retard, tâche d'autant plus ardue que Bones passe ce soir à la télévision).

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17/09/2009

La fin d'une utopie

bd_phalanstère.jpgImaginez que vos parents, soucieux de votre éducation, vous abandonnent aux portes d'un établissement censé vous former pour les prochaines années. Imaginez maintenant que le pensionnat en question est un mélange d'opherlinat dickensien, de Mervyn Peake, de Tim Burton et de galère grecque. Que 364 jours par an, les eaux recouvrent le seul chemin menant à l'établissement, rendant toute visite ou tentative de fuite impossibles. Que le directeur est un vampire et que les élèves sont habillés dans des pyjamas rayés évoquant davantage le bagne que le système éducatif. Vous aurez une petite idée de ce phalanstère où j'ai traîné mes guêtres le temps d'une lecture.

Voilà un tableau morbide et, je vous l'accorde, l'histoire est dans le fond tout à fait épouvantable. Et pourtant, les monstrueux dessins ajoutent un aspect décalé, grotesque et même parfois comique à ce récit, qui devient une aventure fantastique enthousiasmante. Il s'agit d'un conte judicieusement sombre qui devrait plaire aux amateurs des diverses références citées plus haut. L'intrigue est solide et l'idée originale, tandis que les dessins en noir et blanc servent parfaitement le récit, avec des plans extrêmement bien choisis et quelques contrejours à l'effet intéressant. J'ai savouré cette promenade dans un monde halluciné... d'autres seraient-ils prêts à me suivre dans les couloirs du phalanstère ?

(PS : ce livre n'est pas un livre de vampires à proprement parler mais vu la place qu'occupe finalement cette créature dans le déroulement, j'irai classer cette BD dans mes Chroniques de vampires, toujours accessibles dans la colonne de gauche)

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116 p

Corbeyran et Bouillez, Le Phalanstère du bout du monde, 2001

06/09/2009

L'objet pratique du jour

BD_enfants capitaine grant.jpgAmis lecteurs, amis blogueurs, chers vous, chère Maryse,

Aujourd'hui, votre fidèle et dévouée a choisi de vous présenter un objet pratique, peu encombrant, ultra résistant, le tout  pour seulement quelques euros de rien du tout, n'est-ce pas beau chère Maryse ? Oui je sais c'est beau, presque trop beau même, absolument magnifique, et vous qui nous lisez, je suis persuadée que vous frétillez d'impatience à l'idée de découvrir l'objet pratique du jour.

Il s'agit de ce superbe, que blablaté-je ?, de cette unique pièce de collection qui ornera à la perfection votre salon, bref, vous l'avez deviné, il s'agit de cet album intitulé Delcourt Ex Libris, euh, non, pardon, c'est le fabricant, ah ah ah chère Maryse je suis toute troublée, je disais donc de cet album intitulé Les enfants du Capitaine Grant, une adaptation de l'œuvre de l'immense, du plus grand, du génie de la littérature, et c'est bien sûr, c'est bien sûr Maryse ? Mais oui, Jules Verne, bien sûr !

Pourquoi donc investir dans cet objet qui, je le rappelle, sera à vous pour la modique somme de je ne sais plus combien ? Eh bien Maryse, présentons donc à nos amis lecteurs la fiche technique de ce fabuleux objet du jour :

En l'espace de quelques pages, vous découvrirez un grand roman sans effort, tout en douceur, ce qui est ma foi diablement judicieux en ces temps de crise où il est bon d'être rentable (ce dont on se moque éperdument en la matière, et on a bien raison).

Vous qui aimez l'art, sans sortir de chez vous, en restant vautré sur un banc ou dans votre bon vieux fauteuil, vous aurez devant vous de supeeerbes illustrations qui vous raviront les mirettes (et Miss Lou de renchérir: vrai de vrai, foi de Miss Lou, le dessinateur est un orfèvre hors pair et mérite le déplacement ou la lecture à lui seul !).

BD_enfants capitaine grant 03.jpgVous n'aurez plus besoin de vous décarcasser pour vivre dangereusement, le trépidant Capitaine Grant participant pour deux à de folles aventures. Fini le temps des bâillements et des minutes passées à tourner en rond ou à zapper pour tomber sur des émissions débilitantes dont vous trouverez de toute manière les perles en couverture de tous les magazines de France et de Navarre d'ici la fin de l'été. A vous les traversées de l'Atlantique, la rencontre avec les Indiens d'Amérique et bien sûr, à l'horizon, un départ pour l'Australie !

Enfin, chers amis, Les Enfants du Capitaine Grant constitue un objet particulièrement esthétique qui ornera aussi bien votre table basse que votre bibliothèque ou, de manière moins conventionnelle, si vous meBD_enfants capitaine grant 04.jpg permettez chers amis, vos lieux consacrés au rafraîchissement.

En somme, amis lecteurs, chère Maryse et chers vous tous, voilà un objet du jour exceptionnel, à ne laisser passer sous aucun prétexte !

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46 p

Alexis Nesme, Les enfants du Capitaine Grant, 2009


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somoza_clef_abime_ptt.jpgJuste un petit mot pour vous signaler dans le cadre de la "rentrée" l'interview de Somoza, sur laquelle j'ai planché un peu cet été. Ce qui m'a d'ailleurs donné envie de lire cet auteur, enfin !

30/08/2009

Abracadabra !

BD_malle sanderson.jpgJe profite d'un coup de tête et d'un abonnement soudain à la médiathèque (accès gratuit aux livres, comment une livrovore de mon acabit pourrait y résister ?) pour découvrir des BD dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Parmi les 4 albums récemment choisis au hasard, La Malle Sanderson m'a permis de découvrir Jean-Claude Götting, que je ne crois pas avoir déjà croisé en sautant de bulle en bulle (hormis les couvertures françaises de Harry Potter que je trouve particulièrement moches, eh oui).

BD_malle_sanderson_01.jpgParis, dans les années trente. L'illusionniste Sanderson triomphe avec ses évasions et ses numéros de divination (« mind reading »). Recherché par la haute société qui s'est entichée de ses tours et serait ravie de l'exhiber dans des dîners privés, Sanderson rencontre Marie, l'épouse blasée d'un négociant de pierres précieuses qu'elle n'aime pas. Alors que notre héros s'apprête à réaliser à New-York une évasion spectaculaire, Marie se déclare prête à tout quitter pour lui. Ce qui ne serait pas souhaitable pour la carrière de son amant, à qui tout réussit pour l'instant.

BD_malle_sanderson_02.jpgSans être un coup de coeur, cet album m'a finalement beaucoup plu en raison de la chute ironique et cruelle qui apporte un élément de surprise à une histoire fluide et agréable, un peu trop peut-être. L'originalité tient surtout au portrait de l'illusionniste, dont les tours de magie sont pleinement offerts à la vue du spectateur qui découvre aussi bien le tour apparemment mystérieux que la solution rationnelle à l'inexplicable. Loin de prétendre avoir des dons surnaturels, Sanderson déclare publiquement que les magiciens qui se prêtent des pouvoirs ne sont que des charlatans. C'est un esprit cartésien, qui prend plaisir à concevoir les plans de ses « outils » d'évasion avec minutie, développant des mécanismes astucieux qui lui permettent d'innover par rapport à ses concurrents.

Sur le plan esthétique, les dessins en noir et blanc sont sobres et soignés. L'ensemble est agréable à l'oeil mais je dois avouer que ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus séduite. En somme, un album sympathique et un thème intéressant à découvrir même si pour ma part je reste un peu sur ma faim.

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109 p

Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson, 2004

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