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22/06/2016

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées Séchées

jones_livre des fees sechees.jpgTous ceux qui s'intéressent un peu à l'Angleterre victorienne et édouardienne ou à l'engouement pour le surnaturel à cette époque et un peu après ont forcément croisé un célèbre canular, l'affaire des Fées de Cottingley. Deux cousines vivant dans la région du Yorkshire, Elsie Wright et Frances Griffiths, se mettent en scène entourées de fées dans une petite série de photos. L'affaire est notamment célèbre en raison de l'intérêt que lui portait Arthur Conan Doyle, convaincu de l'authenticité des clichés.

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Photo extraite de l'article Arthur Conan Doyle, Spiritualism and Fairies

Le Livre des Fées Séchées s'inspire de cette histoire en nous donnant à voir le prétendu herbier à fées de Lady Cottington. Cet album contient ainsi son journal, de l'enfance à l'âge adulte, ainsi que des illustrations représentant les fées attrapées par la jeune femme.

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Photo Copyright Myloubook

Au début, l'écriture est particulièrement hésitante et bourrée de fautes car c'est une enfant qui ouvre ce journal. L'écriture, l'orthographe et le style s'améliorent au fil des années. On commence également à connaître un peu mieux l'auteur du journal, à travers sa quête des fées, ses préoccupations puis ses premiers succès amoureux (bien involontaires).

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Photo Copyright Myloubook

Sur le fond, le texte est au départ logiquement très simple. La jeune fille qui dit aimer les fées ne semble d'ailleurs pas franchement perturbée par le fait de les écrabouiller dans son livre.

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Photo Copyright Myloubook

Petit à petit, les fées semblent venir davantage à elle... mais pas nécessairement avec les meilleures des intentions (pas étonnant !). Elles finissent par intervenir fort mal à propos en la déconcentrant ou la chatouillant ; Lady Cottington donne alors l'impression à un prétendant qui ne l'intéresse pas d'être très réceptive à ses avances. Âmes sensibles s'abstenir, notre chaste Lady ne le restera pas longtemps.

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Photo Copyright Myloubook

Il s'agit sans conteste d'un très beau livre - de ceux que l'on aime offrir ensuite. La couverture à la fois épaisse et rembourrée recrée l'illusion d'un véritable carnet à l'ancienne (on penserait presque à un grimoire). Les illustrations sont splendides, même si j'ai trouvé une certaine ressemblance entre certaines fées ou quelques gnomes et aurais peut-être aimé encore un peu plus de variété dans les images présentées. Parfois, Lady Cottington manque en partie sa prise et nous voilà avec une fée imparfaitement restituée, petite touche d'humour bien appréciable. Pour aller jusqu'au bout de l'exercice, le journal est scellé par une bande de papier à la fin, car les dernières créatures attrapées par Lady Cottington ne sont plus que de petites dévergondées, dont la vue choquerait un public non averti... J'ai été surtout séduite par la forme, plus que par le fond même s'il reste original.

Terry Jones est né au pays de Galles mais ayant "émigré" en Angleterre à l'âge de 4 ans et faisant partie de la "troupe" des célèbres Monty Python, il me semble qu'on peut considérer qu'il a sa place dans ce Mois anglais... Pas d'ambiguïté concernant Brian Froud, l'illustrateur, né à Winchester.

60 p

Terry Jones & Brian Froud, Le Livre des Fées séchées, 1994

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15/06/2016

Julia Margaret Cameron : photographe victorienne

julia margaret cameron_55 phaidon.jpgCela fait une éternité que je veux consacrer ici un article à Julia Margaret Cameron (1815-1879), sous une forme ou une autre. La preuve en est ce billet enregistré sous forme de brouillon presque vide en mai 2011 ! Ce sera donc mon sujet pour cette journée du Mois anglais consacrée aux Victoriens.

Julia Margaret Cameron est née en Inde en 1815, puis a grandi en Europe et notamment en France, auprès d'une grand-mère française. Elle repart ensuite en Inde puis rencontre son époux lors d'un voyage en Afrique du Sud en 1836. Charles Hay Cameron a vingt ans de plus qu'elle et, lorsqu'il prend sa retraite, la famille (déjà nombreuse) rentre en Angleterre. Julia Margaret Cameron retournera en Asie à la fin de sa vie.

Lorsque le couple s'installe en Europe, Julia Margaret Cameron fréquente un cerce d'artistes, notamment le poète Tennyson ou encore le peintre George Frederic Watts. Elle est de fait connue pour ses portraits de Victoriens célèbres (dont Darwin, Edward Burne-Jones, Ellen Terry... outre ceux déjà cités et d'autres encore). Dans ses mises en scène, elle s'inspire de poèmes ou de thèmes religieux (Madone, Christ enfant...). Elle réalise également de nombreux portraits féminins.

Julia Margaret Cameron se lance dans la photographie très tardivement, lorsqu'elle est âgée d'environ cinquante ans. Elle a une vision moderne de son art, cherche la beauté davantage que la perfection technique. D'où ses portraits très vivants, qui ne manquent pas d'aspérités. Elle reçoit un accueil chaleureux d'artistes de l'époque, notamment pré-raphaélites, mais nettement plus réservé des photographes professionnels qui lui reprochent son manque de technique. Cameron ne tient compte que de l'avis des premiers et ne semble pas manquer d'assurance... mais comment en serait-il autrement lorsqu'on considère l'oeuvre qu'elle laisse derrière elle ?

Voici quelques photos qui me plaisent particulièrement. Vous remarquerez que j'ai volontairement omis les portraits masculins, mais je suis plus sensible à la grâce de ces Victoriennes qu'à l'effroyable pilosité de leurs contemporains (à ce sujet, pour les plus curieux, j'avais consacré un petit article aux barbes victoriennes lors d'un précédent Mois anglais).

 

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Annie, My first success, 1864 * (un portrait que je trouve particulièrement moderne, qui aurait pu être pris dans les années 1950...)

Sadness, 1864 (Actress Ellen Terry)

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Béatrice, 1865 *

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The Kiss of Peace, 1869 * 

Julia Jackson, 1867 * (nièce de Julia Margaret Cameron et mère de Virginia Woolf - la ressemblance entre la mère et la fille m'avait semblé frappante en découvrant l'exposition "Ballade d'amour et de mort"; si Julia Jackson incarnait un idéal féminin tel que le concevait les Victoriens, je trouve à Virginia Woolf une beauté étrange et tout aussi fascinante que celle de sa mère)

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Archie, my grandson, 1865 *

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Maud, There has fallen a splendid tear from the passion flower at The Gate (1875) *

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Julia Cameron a inspiré la jeune artiste Katie Kukulka, dont j'ai découvert le blog par hasard. La photo ci-dessous est un exemple de ses travaux (elle me plaît beaucoup et j'ai voulu vous la faire découvrir). Malheureusement je n'arrive pas à retrouver le post où elle avait été publiée à l'origine - photo découverte et ajoutée à ce billet il y a longtemps.

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Pour continuer à retrouver Cameron : Un article intéressant sur Atget Photography avec de nombreuses photos.

Et pour en revenir au livre qui a inspiré cet article :

Le livre Julia Margaret Cameron (55) publié aux éditions Phaidon (en haut à gauche) m'a permis de me replonger dans l'oeuvre de cette photographe en quelques heures. Cet ouvrage synthétique présente l'artiste, son parcours ainsi que l'accueil reçu par ses oeuvres en introduction et s'achève par une biographie succincte. Entre les deux, place aux oeuvres : chacune est présentée sur une page (reproductions de belle qualité), avec, en regard un petit commentaire. Les photographies présentées sont marquées d'une astérisque à la suite. Ce livre de petit format constitue une bonne introduction à l'univers de Cameron, même si j'ai regretté le fait de ne pas retrouver certains portraits de femmes : en couvrant un panorama large, difficile de tout présenter mais dans la mesure où c'est là le coeur de l'oeuvre de Cameron et ce qui m'intéresse le plus, j'ai eu un petit regret. Je me note donc le titre Julia Margaret Cameron's Women, malheureusement épuisé. Autre petit bémol : je n'ai sans doute pas eu de chance mais la couverture m'est restée entre les mains après avoir lu un petit tiers du livre. Pourtant, je suis très soigneuse en la matière. Heureusement, il sera a priori facile de la recoller!

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128 p

Joanne Lukitsh, Julia Margaret Cameron (55), 2001

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24/12/2014

Daniel Picouly, Vivement Noël !

picouly_vivement noel.jpegSans la médiathèque de ma ville je n'aurais sans doute jamais lu ce livre illustré mais, même si je ne ressens pas le besoin de me l'offrir, j'ai trouvé sa lecture intéressante.

Le narrateur revient sur son enfance, Noël en général et un Noël en particulier. A travers l'histoire familiale, le lecteur découvre un passé encore assez proche et pourtant très dépaysant. On suit ainsi la famille dans son pélerinage aux Grands Magasins parisiens pour voir les vitrines de Noël, on découvre les jouets vantés à l'époque, les contraintes financières, les moyens de locomotion, la tradition de la Messe de Minuit, suivie par les parents. Le texte est agréable à lire et accompagne une série de photos sur ce thème, celles de Willy Ronis, Sabine Weiss, Robert Doisneau et Janine Niepce.

noel1954.jpgJ'ai trouvé les photos un peu inégales (j'ai presque été un peu déçue car je m'attendais à mieux encore de la part de ces photographes, dont j'apprécie beaucoup d'autres clichés). Certaines valent néanmoins le détour. L'ambiance (et l'effervescence) de Noël est bien restituée.

Si vous pouvez vous procurer ce livre, ne boudez pas votre plaisir et feuilletez-le, ne serait-ce que pour le plaisir de découvrir les Galeries Lafayette quelques décennies plus tôt, différentes et pourtant assez ressemblantes à ce vous pouvez connaître aujourd'hui.

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90 p

Daniel Picouly, Vivement Noël !, 1997

Challenges : Il était deux fois Noël (Chicky Poo, Petit_spéculoos et Samarian) et Christmas Time (Mya Rosa).

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18/12/2014

Le Vieil Homme et la Perle

album_le vieil homme et la perle.jpgLe Vieil Homme et la Perle est un très bel album davantage destiné aux adultes qu'aux enfants. Ce conte aux accents poétiques s'inspirerait d'une histoire vraie.

Il y est question de Lucien, ancien chanteur d'opéra ayant perdu sa voix, désormais homme âgé vivement chichement dans le Quartier Latin. Avec la gloire, Lucien a perdu sa femme, son argent et vit depuis dans la solitude. Il aime particulièrement s'asseoir sur un banc, place de la Contrescarpe, pour regarder les passants. C'est ainsi qu'il tombe amoureux de Madeleine, qui passe souvent par là.

Un soir, alors qu'il s'apprête à passer le Réveillon tout seul, Lucien cède à un coup de tête et entre dans un restaurant manger des huîtres (trois, c'est tout ce qu'il peut s'offrir). Sa vie en sera changée.

Je suis tombée sous le charme de cet album. L'histoire emprunte de nostalgie est touchante. Elle est aussi portée par le cadre, le quartier Mouffetard, quelques décennies plus tôt. A travers les illustrations superbes, d'une grande finesse, l'atmosphère de l'époque est très bien restituée. On s'imagine sur le banc à côté de Lucien, on entend les bruits de pas, on voit la vie lui tourner tout autour, le frôler pour finalement le laisser tout à sa solitude. Puis on ressent avec lui le froid et l'excitation du réveillon.

J'aimais me promener dans ce quartier avec Pierre Gripari quand j'étais enfant et j'adore m'y rendre aujourd'hui. Ce livre était fait pour moi.

A noter qu'il est accompagné d'un CD dans lequel l'histoire est racontée. Je ne me suis toujours pas mise aux livres audio et je n'ai pas vraiment trouvé beaucoup d'intérêt à ce CD. J'aurais aimé deux narrateurs pour commencer (une voix féminine pour Madeleine a minima). J'ai trouvé que la narration était trop rapide et ne laissait pas au lecteur le temps de s'imprégner du texte et de l'atmosphère. Enfin, la musique est trop peu utilisée alors qu'elle aurait pu faire toute la différence. Mais peu importe, l'album est en soi un petit bijou.

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32 p

Florence Noiville et Philippe Dumas, Le vieil homme et la perle, 2013

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05/08/2013

Les Macchiaioli, Des impressionnistes en Toscane

Récemment s'est tenue une exposition consacrée aux Macchiaioli au Musée de l'Orangerie à Paris. Si je n'y suis finalement pas allée, j'ai eu le plaisir de consulter le livre édité par le musée et Gallimard grâce à l'opération Masse Critique de Babelio.

A partir des années 1850, Florence est marquée par de nombreuses rencontres et débats entre jeunes artistes, qui se tiennent dans des cafés ou salons littéraires tel que le Caffè Michelangiolo. La ville prend également son essor en devenant la capitale du royaume d'Italie.

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Adriano Cecioni, Au Caffè Michelangiolo, vers 1867

Les peintres choisissent de se démarquer de leurs illustres prédécesseurs en renouvelant leur approche. Le groupe « Les Macchiaioli », « les tachistes », est désigné ainsi par un critique en raison de leur technique, qui consiste à juxtaposer sur des panneaux de bois « des tâches de couleurs violemment contrastées ». 

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Telemaco Signorini, Santa Maria dei Bardi à Florence, 1870

Les Macchiaioli privilégient les paysages ensoleillés et le plein air qui leur permettent d'accentuer les contrastes. 

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Giovanni Fattori, Silvestro Lega peignant sur les rochers, 1866

Au-delà des paysages, le mouvement dépeint la vie rurale qui caractérise la Toscane dans les années 1850, de manière poétique. Le réalisme social apparaît dans les années 1870 seulement mais déjà, un tableau comme celui ci-dessous pose un regard plus critique sur les conditions de vie des paysans (le bourgeois étant indifférent à la scène qui se tient derrière lui).

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Telemaco Signorini, Scène de halage, 1864

Les Macchiaioli portent également leur regard au sein du foyer et notamment, sur l'intimité de la bourgeoisie.

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Silvestro Lega, Le Chant d'un stornello, 1867

Enfin, la politique est au coeur de ce mouvement. Les peintres sont engagés, à la fois en vue de l'indépendance italienne et de l'unité du pays. Ainsi Fattori va se consacrer à la peinture de bataille, tandis que d'autres mettent en avant l'engagement de la bourgeoisie en faveur de l'unité italienne : les femmes cousent les chemises rouges des partisans de Garibaldi ou le drapeau italien.

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Odoardo Borrani, Les Couseuses de chemises rouges, 1863

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Odoardo Borrani, Le 26 avril 1859, 1861

Je me suis intéressée l'an dernier aux peintres impressionnistes américains à Florence, lors d'un séjour sur place, et ce petit « guide » m'a permis de mieux connaître le mouvement toscan, dont l'approche est tout à fait différente. Ce livre permet de façon synthétique d'aborder les différents thèmes de prédilection du mouvement et de mettre à l'honneur quelques toiles emblématiques. Le format est agréable, à travers ses pages se dépliant pour mettre en avant en plus grand format certaines des oeuvres. Malgré tout, c'est un ouvrage très succinct, qui constitue une introduction générale pour qui ne connaîtrait pas le mouvement mais qui, pour des lecteurs un peu plus avertis, ou plus curieux, n'approfondit pas le sujet et reste assez superficiel.

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard qui m'ont permis de découvrir les Macchiaioli. 

Dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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Béatrice Avanzi et Marie-Paule Vial, Les Macchiaioli, Des impressionnistes en Toscane, 2013

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01/05/2013

Café littéraire : Shakespeare au XIXe

Le 24 février, j'ai assisté au musée d'Orsay avec Titine et Un Coin de Blog à une conférence sur l'influence de Shakespeare au XIXe. Voici un extrait de mes notes pour partager avec vous ce café littéraire très sympathique.

Shakespeare commence à être connu en France au XIXe à travers les traductions et les nombreuses adaptations. Il devient le porte-parole du Mouvement Romantique, une génération fascinée par le Barde. Ainsi Berlioz dit de lui : "Shakespeare me foudroya". Freud (qui était très présent lors de ce café...) s'est quant à lui rendu deux fois en Angleterre, à 17 ans puis en 1908. Il est fasciné par le portrait de Shakespeare à la National Portrait Gallery et se questionne sur son identité, lui trouvant un air peu anglais.

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Parmi les sujets de prédilection des peintres français au XIXe : Ophélie, dont on connaît davantage les représentations britanniques. Ci-dessous quelques exemples, mais je vous invite à lire l'article merveilleusement illustré Le personnage d'Ophélie à travers les arts.

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Jules Joseph Lefebvre, Ophélie (1890)

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Ernest Hebert, Ophélie (1876)

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Alexandre Cabanel, Ophelia (1883)

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Pascal Dagnan-Bouveret, Ophelia (1900)

Gustave Doré avait quant à lui prévu de dessiner tout Shakespeare, mais il est décédé avant de pouvoir mener son projet à bien.

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Gustave Doré, Les Fées (1873)

Manet choisir quant à lui de peindre Hamlet. Il choisit d'abord pour modèle Philibert Rouvière, mais son tableau est refusé au Salon. Il peint alors Jean-Baptiste Faure en Hamlet. Cette fois-ci la toile est acceptée mais l'objet de vives critiques, on parle ainsi de "pantin désossé" à la "tête de tétard". L'artiste ne trouve pas non plus la toile de Manet à son goût.

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Edouard Manet, L'acteur tragique Rouvière dans le rôle d'Hamlet, (1866)

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Edouard Manet, Jean-Baptiste Faure dans le rôle de Hamlet (1877)

Comme je le disais plus haut, Freud a été très largement cité lors de cette conférence. Il voyait en Shakespeare un maître et s'émerveille de certains traits de son oeuvre. Par exemple, lorsque Shakespeare joue volontairement sur l'utilisation de lapsus, cela prouve pour Freud que le poète savait que l'on s'interdit certaines choses. De même, Macbeth et son épouse représentent les deux faces d'un même personnage, une "double personnalité".  Freud ne comprend pas Lady Macbeth, qui meurt quand elle a tout ; il parle ainsi de "ceux qui échouent quand ils réussissent". C'est la fameuse pièce écossaise qui porte malheur et dont on ne prononce le nom qu'à ses risques et périls.

La mort de Lady Macbeth a cependant peu inspiré les peintres : elle meurt off stage, on apprend sa mort par un discours rapporté. En revanche ses crises de somnambulisme fascinent. Le tableau de Delacroix marque Théophile Gautier, qui le juge "effroyable de vérité". Je n'ai pas pu m'empêcher de le comparer ici à la version de Sargent, un de mes peintres favoris. Gustave Moreau tire de ce sujet deux versions inachevées, dans lesquelles Lady Macbeth est noyée dans des traces rouges évoquant le sang. Redon choisit le pastel, avec un personnage totalement rouge, aux grands yeux étonnants.

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Eugène Delacroix, Lady Macbeth somnambule (1850)

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John Singer Sargent, Ellen Terry as Lady MacBeth (1889)

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Gustave Moreau, Lady MacBeth

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Odilon Redon, Lady Macbeth (1898)

La peinture dite "shakesperienne" au XIXe ne se limite pas à la représentation des oeuvres de Shakespeare, il s'agit d'un véritable credo. Ainsi "Le Radeau de la Méduse" peut être considéré comme une oeuvre shakesperienne.

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Jean Louis Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse (1819)

Ce café littéraire était dans l'ensemble instructif, bien qu'un peu inégal. Parmi les intervenants, nous avons toutes trouvé la jeune Delphine Gervais de Lafond tout à fait enthousiaste et pertinente. Elle est l'auteur d'une thèse sur "Shakespeare et les peintres du XIXe" et sa prestation nous a donné envie de lire sa thèse : de nombreuses références, un regard intéressant sur les oeuvres décrites... une intervention très enrichissante. Notre grande frustration concernait la littérature, absente à l'exception de Freud et de la psychanalyse - alors que nous espérions une approche bien différente. A noter enfin la présence de la comédienne Dominique Reymond, qui a lu des extraits de diverses pièces : une excellente idée de la part des organisateurs.

Une participation au challenge Shakespeare de Maggie et ClaudiaLucia.

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20/08/2009

Monster & co

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Amis lecteurs, amis mélomanes,

Vous aimez les dépaysements passagers ? Vous n'avez pas froid aux yeux ? Alors peut-être aimerez-vous partir en voyage autour du Lac aux Vélies, dont l'atmosphère chargée de mystère est faite pour dérouter les aventuriers qui se risquent à la découvrir.

Conte musical mis en images, Le Lac aux Vélies est déjà en soi un objet tout indiqué pour les amateurs de beaux livres ; il est composé d'un bel album de format horizontal (papier épais, couverture cartonnée épaisse elle aussi) et d'un CD inclus dans un livret très soigné et agrémenté de quelques dessins.

Il est question dans ce conte de Günel, personnage monstrueux et fantastique issu du « croisement des souffles d'un dieu fou et d'un mourant venu pleurer au pied du grand arbre Sladinji ». Attiré par des pleurs alors qu'il vit accroché aux parois d'un arbre depuis toujours, Günel décide de quitter son inconfortable matrice pour rejoindre un monde que l'on pressent désolé. A sa sortie, Günel découvre une femme, Milenaz et, voulant l'embrasser, ne fait que lui briser le nez et les dents. La faisant fuir par la même occasion.

Chantée en « klokobetz », langue inventée par Nosfell, et écrite en version bilingue (klokobetz-français), l'histoire est empreinte de mélancolie.nosfell_lac_velies2.jpg Le personnage effrayant détruit tout, sa quête de l'amour se traduisant par des morts brutales et des gestes maladroits aux conséquences fatales. Morbide et infiniment triste, tel est le sort de Günel. Morbide, c'est aussi l'adjectif qui convient le mieux aux corps dessinés, tourmentés, difformes, anormaux et passablement inquiétants qui peuplent l'album. L'imaginaire prend tout son sens avec ce conte qui n'est pas sans rappeler les contes classiques souvent cruels, tout en inventant un univers bien à part.

Le Lac aux Vélies ne s'adresse pas aux enfants (s'il fallait encore le rappeler étant donné le cadre glauque). C'est un récit qui offre de nombreuses pistes de lecture, allant de la simple curiosité littéraire au texte symbolique traitant d'amour, d'égoïsme, d'altruisme, de sexualité, du rapport complexe aux autres, pour ne citer que quelques aspects.

Une ambiance un peu trop sombre et oppressante à mon goût, mais j'ai savouré les textes finement ciselés et le design très travaillé, parfaitement accompagnés par la musique (évidemment, pas très gaie elle non plus).

On en parle très bien ici (un article qui dit sensiblement la même chose, mais de façon bien plus détaillée).

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Editions Futuropolis

Nosfell & Ludovic Debeurme, Le Lac aux Vélies, 2009

22/08/2008

Match Point

Lax_entretiens_woody_allen.jpgDans le cadre de l’opération masse critique, j’ai reçu les Entretiens avec Woody Allen d’Eric Lax. Suite à quelques problèmes avec l’envoi/ la réception du colis (les vacances étant arrivées là-dessus), ma critique est donc un peu plus tardive que prévu. Toutes mes excuses à Guillaume Teisseire et à l’éditeur pour ce délai !

Si comme moi vous imaginiez que Woody Allen avait voulu d’un seul coup discuter de son œuvre après une trentaine d’années de carrière, vous étiez loin du compte ! Il s’agit en réalité d’entretiens réalisés tout au long de la carrière du cinéaste et regroupés ici sous plusieurs thématiques : l’idée / l’écriture / le casting, les acteurs, le jeu / le tournage, les décors, les extérieurs / la mise en scène / le montage / la musique / la carrière. A travers ces entretiens et l’introduction intéressante de l’auteur (qui explique comment il a rencontré Woody Allen et pourquoi il a été amené à l’interviewer régulièrement au cours de sa carrière), se dessine également le portrait d’un cinéaste finalement beaucoup moins fantasque et névrosé qu’il ne le laisse paraître. « Woody Allen est le contraire du personnage qu’il joue à l’écran, souvent agité et en crise. » Et Allen de préciser : « Je ne suis pas si stupide que l’image que je donne pour faire rire. Ma vie n’est pas une série de catastrophes amusantes. »

Ces Entretiens peuvent apporter un éclairage pour l’amateur peu averti, regorgeant de pistes de lecture sur les films du réalisateur. Ce livre est encore plus indiqué pour celui qui connaît déjà bien l’œuvre de Woody Allen et qui trouvera là un guide très fourni pour mieux comprendre son univers. Seul le néophyte sera un peu déçu car ce livre dépasse largement l’introduction et fourmille de détails qui ne seront pas d’une grande utilité à celui qui ne connaît que quelques films de Woody Allen. Débordant d’anecdotes et d’analyses, portant sur les thématiques chères à Woody Allen, évoquant sa relation avec les acteurs, ses attentes à leur égard, incluant plusieurs séries de photos, ce livre est indispensable pour tous ceux qui s’intéressent de près au cinéma et à Allen en particulier. Pour les curieux, ce livre sera moins abordable a priori mais il reste une véritable mine d’informations que l’on peut feuilleter et lire de-ci de-là en étant certain de toujours trouver une réplique intéressante.

Extrait :

« Quand j’ai tourné Maris et Femmes, Doug McGrath m’a demandé pourquoi je filmais de cette façon. Il était plus jeune que moi, et essayait de profiter de mon expérience, essayait de partager la sagesse que j’étais censé avoir acquise après des années de réalisation. Et je crois que je l’ai déçu – en tout cas je l’ai étonné – en lui répondant : « Je suis flemmard » »

Merci à Masse Critique et aux Editions Plon de m’avoir fait découvrir ce livre !

430 p

Eric Lax, Entretiens avec Woody Allen, 2008

29/06/2008

Soooo glam !

Pink_attitude.jpgAmis lecteurs,

Ce billet ainsi que ceux à venir la semaine prochaine ont été rédigés à l’avance car en ce moment, votre chroniqueuse dévouée est sans doute en train de siroter una caña et de grignoter cien montaditos (enfin presque) ou des croquetas de bacalao (dans le café réputé exclusivement pour ces fameuses boulettes)… ou peut-être encore en train de savourer d’exquis churros con chocolate en terrasse… miam ! Je salive d’avance en repensant à mes endroits favoris et assidûment fréquentés il y a quelques années. (Autre option – beaucoup moins glamour : en ce moment même, miss Lou est en train de cramer et de transpirer à grosses gouttes en allant au Retiro chercher un peu d’ombre… c’est que j’ai perdu l’habitude des 40°, moi !) Tout ça pour expliquer mon absence momentanée et vos commentaires restant sans réponse pendant quelques jours.

 

Pink_attitude 02.jpgRevenons donc à nos moutons ! En l’occurrence, il s’agit aujourd’hui de Pink Attitude, le tout premier d’une série consacrée aux couleurs, aux Editions Liz.

Le principe : prenant le rose pour thème, ce livre regroupe une multitude de photos sélectionnées parmi la foultitude anonyme des blogs. Uniquement des photos « amateur » donc, pour un recueil aux sujets et styles plutôt variés.

Le format : couverture souple, papier glacé, Pink Attitude est d’abord un livre très agréable à feuilleter. Côté contenu, les photos sont de tailles variées, chaque page comprenant entre 1 et 6 photos. Contrastant avec les couleurs vives des photos, le fond choisi est le noir, tout à fait approprié.

Pink_attitude 03.jpgEt le résultat ? Sur fond de melting-pot stylistique, culturel et thématique, le rose sert de prétexte à un rassemblement des photos les plus diverses – parfois, le rose ne joue qu’un rôle marginal. On constate une volonté de regroupement par thème, (plus ou) moins respectée : ici les voitures, là les coiffures et le maquillage (visuels qui prédominent) ou plus loin encore la fête foraine. L’effet général reste cependant assez « fouillis », les thématiques ne faisant pas nécessairement des blocs solides et incontournables, l’ensemble des photos formant un joyeux bazar. Pourtant, cette cacophonie de couleurs, cette explosion de vie anarchique ne dessert en rien l’album.

Pink_attitude 04.jpgLa société de consommation est largement mise en avant ; le collage a priori assez aléatoire des différents visuelsPink_attitude 06.jpg confère à ce livre un certain pouvoir représentatif et donne à celui qui le parcourt plus de liberté d’appréciation. On pourrait peut-être reprocher la qualité inégale des photos et l’aspect répétitif de certains clichés. En ce qui me concerne, j’ai justement apprécié la richesse de ce livre qui a le mérite de poser un regard global sur les modes, tendances et phénomènes de société. L’approche est aussi très originale : outre l’authentique panorama ouvert sur des moments de vie, on peut saluer le fait d’adresser la perception du rose en puisant au cœur des blogs, autre phénomène ultra contemporain.

Pink_attitude 05.jpgAu-delà de ce qui peut s’apparenter à un livre d’art moderne (très urbain), Pink Attitude met en scène de façon originale la société, choisissant le petit bout de la lorgnette pour aborder très globalement le monde qui nous entoure. En ce qui me concerne, j’adore !

Merci à l'éditeur pour cet envoi.

160 p

Colors # 01, Pink Attitude, 2008

31/03/2007

Amor de mis amores

medium_Sorolla_01.jpgDans la vie, il y a des artistes qui vous plaisent, vous agacent, vous bouleversent ou vous amusent. Dans ma vie, il y a mille auteurs, mais aussi les Beatles, les Pink Floyd, Led Zeppelin, Beethoven et bien d’autres ; sans parler d’Egon Schiele, Klimt, Van Gogh ou Chagall. Et puis il y a un peintre associé à mille et un souvenirs madrilènes, un peintre dont je n’avais pas vu les toiles depuis trois ans et dont les pastels me manquaient cruellement.

L’exposition Peintres de la Lumière a été l’occasion de retrouver la douceur de Sorolla et de découvrir certaines œuvres de John Singer Sargent que je ne connaissais pas encore. Le rapprochement entre les deux peintres n’était pas surprenant. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert l’exposition, avec un magnifique record d’immobilisme devant mes toiles favorites, pourtant maintes fois admirées auparavant !

medium_sorolla_03.jpgAprès avoir bravé les commentaires insipides de beaucoup de visiteurs cherchant à tout prix à dire quelque chose sur chacune des toiles histoire d’avoir l’air compétent (j’ai été ravie d’entendre qu’une petite fille peinte par Sorolla était effectivement un enfant, comme le prouvaient ses jolies petites fesses bien rondes ; j’ai trouvé encore plus amusant d’entendre une personne particulièrement suffisante parler de « jardin à la française » devant le patio de Sorolla, malgré son bordel organisé, ses azulejos et ses fontaines andalouses), je suis sortie de l’exposition des couleurs plein les yeux et une foule d’impressions en tête.

Puisque je connais moins bien Sargent, c’est surtout ce peintre qui m’a intriguée – bien que ma préférence, hautement subjective, revienne à Sorolla. Notamment :

La capacité de Sargent à faire abstraction des commandes qu’il reçoit et à peindre des portraits à la fois osés et très révélateurs de leur commanditaire. Le peintre n’épargne pas le jeune pédant qui a un magistral coup de soleil sur le front ; il donne vie à ses tableaux en montrant par exemple l’ennui profond de l’enfant qu’il est en train de peindre.

medium_Sorolla_Joaquin_Antes_Del_Bano.3.jpgLe réalisme et la précision de ses portraits : l’attention portée au regard et aux marques d’expression donnent un volume et un réalisme inattendus aux personnes représentées. A mes yeux, Sargent est capable de supprimer les barrières qui s’érigent généralement entre l’observateur et l’observé ; ses personnages ont une telle consistance qu’on imagine sans peine les modèles qui les ont inspirés. Chaque portrait a cette petite étincelle de vie qui vous laisse cloué sur place !

L’audace et l’originalité de Sargent tiennent notamment au déséquilibre de ses toiles : visage ultra-réaliste puis imprécisions croissantes dans le décor, tant et si bien que les contours du tableau sont totalement impressionnistes ; attention accordée à une partie de la scène, le reste étant peint grossièrement avec de rapides coups de pinceau de même couleur, le tout laissant une impression d’inachevé.medium_sargent.jpg

Pour ceux qui peuvent voir cette exposition, je vous la recommande chaudement en raison de la qualité des toiles exposées et de l’excellent travail de documentation qui permet de découvrir en douceur les principales caractéristiques demedium_smLady_Agnew_of_Lochnaw_Sargent.jpg certaines toiles et le contexte dans lequel elles ont été peintes.

Et comme ici, je vous parle de livres, le prétexte à cette petite note est le petit livret édité par le Petit Palais. J’ai longuement hésité avec l’énorme catalogue de l’exposition, mais j’ai finalement décidé de me contenter du livret synthétique, dont les reproductions sont parfois meilleures. Reprenant le parcours de l’exposition, Peintres de la lumière revient sur les portraits, les peintures sociales, les projets de grande envergure ou bien encore les superbes aquarelles (Sargent) exposées.

Et si vous ne pouvez pas aller à l’exposition, ma petite note aura sûrement permis à certains d’entre vous de découvrir Sorolla, qu’on ne connaît pas très bien en France. J’aurai donc accompli ma mission ! :o)

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Exposition Peintres de la Lumière

Petit Palais, Paris

Métro Champs-Elysées Clémenceau

21/01/2007

Funny Valentine

medium_Dautremer_lamoureux.jpgEn bonne lectrice, il n'est pas d'anniversaire sans que je ne reçoive quelques livres pour alimenter ma PAL et me donner envie de découvrir de nouveaux auteurs.

 Bien sûr, les chroniques viendront un peu plus tard, quand j'aurai parcouru avec avidité les quelques 2000 pages qui composent mes nouveaux romans.

 Je ne résiste cependant pas au plaisir de présenter ce soir L'amoureux, le charmant livre de Rebecca Dautremer. Cet album grand format s'adresse en théorie aux plus jeunes, ce qui explique les textes simplissimes qui ponctuent chacune de ses pages.

Une petite fille essaie de comprendre ce qu'est un amoureux... d'où les commentaires et conseils plus ou moins judicieux de ses amis. 

L'amoureux est avant tout un album rempli d'illustrations superbes qui courent souvent sur deux pages. Les tons pastels et les couleurs chaudes sont de mise, amour oblige ! Un magnifique livre qui risque de plaire davantage aux grands qu'aux petits... amoureux, consommez sans modération !

11/01/2007

Once upon a time…

medium_walt_disney01.2.JPGDepuis septembre 2006, bon nombre de chanceux ont découvert l’exposition « Il était une fois Walt Disney, Aux Sources de l’Art des Studios Walt Disney ». Venant tout juste de réaliser que l’exposition prenait fin dans quelques jours, je me suis emparée de mon manteau, saisie d’un livre en prévision du trajet de métro… et me voilà déjà de retour !

J’en profite pour ajouter ici une petite note sur le superbe livre qui accompagnait cette exposition. De splendides illustrations jouxtent des textes fouillés sur les influences de Walt Disney : cinéma expressionniste allemand, gravures de Gustave Doré, livres et illustrations pour enfants (Beatrix Potter, Tenniel…). Voilà ainsi une façon de découvrir comment le scénario aussi bien que le graphisme des courts et longs métrages de Disney ont puisé dans les contes européens traditionnels et le cinéma (fin XIXe – Années 30).

Le livre s’attache à montrer comment Disney a su s’inspirer de ces diverses influences pour modeler ses héros et réaliser ses décors, rendant par la même occasion un hommage aux plus grands illustrateurs, écrivains et cinéastes. Amoureux de la littérature enfantine victorienne et de l’expressionnisme, vous serez évidemment comblés. Et bien sûr, ce livre est avant tout une bible indispensable pour les amoureux, inconditionnels et nostalgiques de Walt Disney !

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