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01/01/2009

Meurtre en rase campagne

anne perry,noel anne perry,noel,angleterre,polar historique,charlotte et thomas pitt,époque victorienneL'an dernier, j'avais découvert pour la première fois une cuvée Noël d'Anne Perry avec La Détective de Noël, court roman sans surprise, pas crédible pour un sou mais parfaitement approprié aux heures de repos imposées par la digestion de la traditionnelle dinde aux marrons.

J'ai récidivé cette année avec Le Secret de Noël : tout en s'abstenant de solliciter de manière excessive mes neurones, ce Christmas pudding un peu sombre (mais pas trop) est fort agréable. Anne Perry semble, quant à elle, presque au top de sa forme.

On retrouve Dominic Corde, l'ancien mari de Sarah, la soeur de Charlotte Pitt assassinée dans le premier tome d'une longue série... N'ayant pas lu l'ensemble des quelques vingt tomes en question, j'ai découvert que notre charmant Dominic était devenu pasteur – j'adore les revirements de situation chez Anne Perry, chez qui les pires grands-mères peuvent se transformer en mamies adorables et les séduisants maris volages en hommes d'église repentis. Bref, Dominic, remarié, s'installe pour quelques semaines dans un village pour remplacer le pasteur parti en vacances. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : l'ancien financier rentre du bois pour les vieilles gens, tient la main aux uns, réconforte les autres et angoisse à l'idée du sermon de Noël qu'il doit préparer. De son côté, sa tendre épouse issue d'une famille aisée coud, repasse, frotte, polit, cuisine... jusqu'au jour où, le charbon manquant, elle descend à la cave armée d'un sceau et découvre le cadavre du pasteur que son mari remplace. Mort accidentelle ? Meurtre ? Les Corde sont les seuls à défendre la deuxième théorie. Les voilà donc prêts à s'improviser détectives amateurs, au sein d'un village où bien évidemment, chacun a ses secrets.

Ce récit est servi par des personnages assez sympathiques, une histoire à peu près crédible et un tableau champêtre qui ravira les amateurs du genre et amusera les lecteurs prêts à se laisser prendre au jeu, malgré la tranquillité désarmante des polars à la Anne Perry. De la neige en ce paysage hivernal, du changement dans les personnages, un brin d'Angleterre et quelques repas britanniques... cela suffisait pour me faire passer un bon moment, en ce 25 décembre 2008 trop frais pour mettre un chat dehors !

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Ce billet, qui remplace La Dame en Blanc (en cours de lecture), correspond au thème du roman policier choisi par les organisatrices émérites du blogoclub de lecture. Le prochain thème (1er mars 2009) portera sur le Nobel de Littérature (en particulier Le Clézio).

 

Bilan de lecture à venir la semaine prochaine. Et en attendant, je vous souhaite à tous du fond du coeur une EXCELLENTE ANNEE 2009 !!

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187 p

Anne Perry, Le Secret de Noël, 2008

06/11/2008

Plouf ! Dans la Tamise…

jackson_secrets de londres.jpgDans la guerre qui se livre entre lecteurs victoriens acharnés, il y a les pro « Lee Jackson » et les pro « Anne Perry ». Sans être une anti du camp adverse, ma préférence va nettement à Lee Jackson.

Avant de poursuivre (je me sens en effet d’humeur à faire des digressions – sans doute l’influence du narrateur de The Moonstone de Wilkie Collins, que j’ai commencé à lire), Lee Jackson tient un blog et un site que je vous recommande vivement, maintenant que j’ai découvert avec joie et enthousiasme l’existence d’une organisation souterraine de Victoriens convaincus prêts à se lancer dans les défis les plus fous pour Noël.

Victorian London est un excellent site repéré il y a longtemps et classé parmi mes favoris. Depuis j’ai lu Lee Jackson, découvert son blog, échangé avec lui avant de le rencontrer, et ce n’est qu’après lecture que j’ai fait le rapprochement avec le site, une mine précieuse d’informations sur l’époque victorienne. Dès la page d’accueil, vous trouverez un lexique vous renvoyant à des thématiques très variées (l’enfance, la mort, le crime, la maladie, la mode, l’hygiène, les loisirs, le sexe, etc.). Highly recommended for Victorian lovers !

The Cat’s Meat Shop, son blog, plus personnel et essentiellement lié à son travail d’écrivain. Voilà également un contenu très intéressant sur la période, qui permet de mettre en avant des auteurs victoriens ou des spécialistes de l’époque inconnus en France (hors milieu universitaire j’imagine).

Revenons à nos moutons ou, en l’occurrence, à nos ruelles lugubres peuplées de criminels. Pour commencer, Les Secrets de Londres (London Dust) ne fait pas partie de la série de l’inspecteur Decimus Webb, dont trois tomes sont déjà parus chez 10/18. Ici, pas d’inspecteur transparent suivant l’investigation sans profondément marquer son lecteur. L’enquête se mène de plusieurs fronts et alterne les 1ère et 3e personnes, croisant la narratrice Nathalie, suspectée du meurtre d’une amie actrice, et toute une série d’individus plus ou moins respectables.

Allons maintenant droit au but, amis victoriens. Pourquoi lire ce livre – hormis bien sûr le fait que l’histoire se déroule à Londres au XIXe, ce qui est en soi une raison suffisante bien entendu ?

-Parce qu’il a réussi à me mener en bateau pendant assez longtemps même si, depuis le temps que je lis des polars historiques, je devrais savoir que chaque détail compte et n’est jamais glissé innocemment. On voit venir la suite, on se pose des questions, on n’est pas loin de la vérité, la fin semble d’une logique implacable et on s’en veut de ne pas l’avoir formulée à voix haute avant… mais on s’amuse à se perdre dans les tours et détours de l’enquête, et c’est ça qui est important.

-Parce que la galerie de personnages est très variée, aussi bien sur le plan social qu’au niveau des traits de caractère des uns et des autres. Les contours sont peut-être un peu trop nets, comme dans beaucoup de polars, mais cette variété alimente fabuleusement le récit. Celui-ci alterne rapidement les personnages au point de perdre un peu le lecteur au début (« mmh… Zébulon… qui était-ce ? Ah oui, sans doute le barman… Ah non, c’est vrai, c’était le livreur de pizzas… Euh… ah non, ça c’était un autre livre »). Mais rassurez-vous, point n’est besoin de trop s’égarer, et Lee Jackson s’en doute bien.

-Parce que vous adorerez le petit côté sulfureux, entre la chanteuse aux revenus suspects et le libraire proposant subrepticement quelques images coquines à de jeunes âmes innocentes.

-Parce que vous lisez ce roman au coin du radiateur ou dans le métro bondé et que l’histoire est là pour vous rafraîchir avec sa brume et sa Tamise glacée. Ou peut-être parce que les pubs sentant la graille vous font déguster avec un plaisir renouvelé votre exquis muffin tout juste sorti du four (bien entendu en prévision de la fournée de Noël).

Alors, encore des hésitations ?

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283 p

Lee Jackson, Les Secrets de Londres, 2003

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06/06/2008

Petits meurtres entre amis

perry_meurtres à cardington crescent.jpgChère Madame Perry,

My Goodness !

Mais que vous arrive-t-il ? Voilà bien longtemps que vous n’aviez pas été aussi inspirée ! Me voilà tout émoustillée !

Après un récit de Noël gentillet et quelques récits s’essoufflant rapidement (celui-ci et puis encore celui-là), j’avais fini par me dire que depuis quelque temps, décidément, vous n’étiez pas en forme ! Pour les coups durs, je gardais malgré tout en réserve quelques-uns de vos livres n’exigeant pas de moi une activité neuronale trop intense. Je croyais avoir épuisé mon capital Anne Perry, hormis un livre perdu chez mes parents, lorsque je suis tombée par le plus grand des hasards sur ce roman qui m’a redonné goût à votre production policière en grand péril :

Huitième tome de la série "Charlotte et Thomas Pitt", Meurtres à Cardington Crescent réserve une très bonne surprise aux lecteurs qui, comme moi, commençaient à trouver aux enquêtes d'Anne Perry un petit goût de réchauffé.

L'histoire est on ne peut plus palpitante pour les amateurs de la série, car voilà la famille de Charlotte touchée de plein fouet par un nouveau meurtre. Suspectée et promise à la pendaison, Emily ne peut s'en remettre qu'à son beau-frère détective et à sa soeur, venue la soutenir dans cette épreuve et enquêter afin de l'innocenter.

Si les meurtres se font plus rares dans ce roman plus posé, l'action, elle, ne souffre d'aucun temps mort. Les talents de Charlotte prennent une nouvelle dimension, dans ce roman où elle paraît plus intrépide et décidée que jamais. L'intrigue est bien menée, les pistes nombreuses et, comme souvent avec Anne Perry, il est difficile de découvrir par soi-même le mobile du meurtre, même si l'on pressent généralement qui est l'assassin.

La société victorienne est une fois de plus représentée sous un angle peu flatteur ; cependant, si je reproche habituellement à Anne Perry quelques phrases redondantes et larmoyantes, les descriptions sont ici plus nuancées et saisissantes.

On passe un excellent moment et il est difficile de refermer ce livre en cours de route. En somme, un bon polar historique !

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382 p

Anne Perry, Meurtres à Cardington Crescent, 1987

14/05/2008

I have had a dream

385387900.jpgDear livrophiles, bonjour à tous !

Si j’ai un peu tardé à finir le deuxième roman de Fabrice Bourland, Les Portes du Sommeil, c’est parce que bizarrement, je décide systématiquement de lire cette série quand je quitte enfin Paris. C’est donc en Allemagne, en Suisse et en Alsace que son deuxième roman m’a accompagnée ce week-end mais, trop fatiguée pour lire plus de deux lignes par jour, je n’ai finalement réussi qu’à (encore !) abîmer un peu trop à mon goût la couverture, moi qui suis d’habitude maniaque dès qu’il s’agit de ma bibliothèque. C’est donc à mon retour que j’ai dévoré la deuxième moitié du roman en un temps record, ravie de me plonger dans les descriptions du Danube et de l’Autriche qui me permettaient de planer encore quelques heures dans une ambiance hautement germanique. Mais rentrons enfin dans le vif du sujet !

C’est avec un immense plaisir que l’on retrouve James et Andrew, cette fois-ci prêts à résoudre une énigme en France suite à la mort mystérieuse du marquis de Brindillac, qui serait décédé au cours d’un cauchemar particulièrement violent. Bizarre, bizarre, d’autant plus qu’un journaliste, Jacques Lacroix, fait bientôt le rapprochement entre ce fait divers et la disparition de l’écrivain Pierre Ducros, puis d’autres personnalités. Puisque le mal semble frapper des personnes intéressées par les mystères du sommeil, peut-on penser qu’elles auraient toutes fait des découvertes dangereuses ? Lorsque l’on découvre qu’un sinistre individu est venu rendre visite à chacune des victimes peu avant sa mort, l’inquiétude est à son comble : car si cet étranger à l’accent allemand est coupable, comment pourrait-il tuer des personnes a priori mortes naturellement ?

Cette fois-ci, plus de Londres et de fantômes victoriens pour notre tandem à la Sherlock Holmes : les voilà dans un Paris des années 30, où il fait toujours bon vivre en se prélassant aux terrasses des cafés malgré les inquiétudes suscitées par les récentes réformes antisémites de l’Allemagne nazie. Des surréalistes à Nerval, de la tour Saint-Jacques au Boulevard de Clichy en passant par la place Blanche et son Moulin Rouge, les deux détectives nous entraînent dans une capitale toujours vibrante, foyer bouillonnant de tous les courants artistiques. Sous les auspices de l’Orient-Express et des bateaux à aubes du Danube, le roman plonge finalement ses lecteurs dans une atmosphère plus pesante, la grandeur et la majesté des lieux pliant sous le poids des sombres menaces qui pèsent sur l’Europe et son cœur germanique.

Plus de fantômes donc, mais toujours du surnaturel dans ce roman : revenant sur d’anciens mythes selon lesquels les hommes pouvaient entrer en contact et s’accoupler avec des êtres venus de leurs songes, Fabrice Bourland met en avant les rêves hallucinatoires, les immenses possibilités liées au sommeil ainsi que le fil parfois ténu entre la vie quotidienne et le monde onirique.

Le polar n’est pas le maître mot une fois encore et la résolution de l’énigme cède largement la place au plaisir de retrouver une époque et une ambiance particulières en suivant les pas de deux détectives attachants toujours prêts à se lancer dans d’extraordinaires aventures. Encore un agréable voyage dans une Europe oubliée, un roman auquel je ne ferais qu’un reproche : à quand la suite ?

Une dernière petite question en suspens : retrouverons-nous un jour nos deux amis pour résoudre le cas Nerval ?

N'oubliez pas le Fantôme de Baker Street, et sur les portes du Sommeil, l'avis de Nicolas et de Clarabel (si j'en oublie, bien sûr, n'hésitez pas à mettre un lien dans les commentaires).

251 p

Fabrice Bourland, Les Portes du Sommeil, 2008

17/04/2008

Petite annonce : Esprits tordus s'abstenir

973017894.jpgEn ce moment, allez savoir pourquoi, je multiplie les trajets entre Paris et Cergy… sans aucun doute, la perspective alléchante de me retrouver assise sur un siège du RER A à la propreté douteuse et à l’odeur printanière y est pour quelque chose. Toujours est-il que mon récent engouement pour les transports en commun « longue distance » a un avantage incomparable : deux heures pour bouquiner à mon aise. C’est dans ce cadre séduisant que Fred et moi avons fait connaissance récemment. Munie de l’Homme aux Cercles bleus, j’ai découvert à l’occasion le commissaire Adamsberg et ses collaborateurs.

 

Régulièrement, de nuit, un homme trace des cercles à la craie bleue autour d’objets insolites apparemment trouvés dans la rue et choisis au hasard. Jusqu’au jour où un cadavre est retrouvé dans ces cercles. Bientôt suivi de deux autres. Adamsberg cherche donc logiquement l’auteur de ces meurtres, entre un spécialiste de l’histoire byzantine délaissé par son épouse, une vieille femme en quête d’un fiancé habituée des petites annonces et une océanographe ayant pour fâcheuse habitude de suivre des inconnus dans la rue.

 

De Vargas, je ne connaissais que le film Pars vite et reviens tard que j’avais trouvé affreusement ennuyeux (sans parler des dialogues nullissimes et des personnages sans relief). Adamsberg en particulier était à mon avis caricatural dans son rôle de flic français du type ours mal léché. Mais Vargas est sans doute l’auteur de polars français le plus connu aujourd’hui et à force d’entendre dire du bien de ses romans, je tenais vraiment à découvrir un jour ou l’autre son univers. Je dois cette découverte à Wictoria que je remercie encore pour ce cadeau et cette très bonne idée.

 

A vrai dire, cette lecture ne m’a finalement pas totalement convaincue. Ni les personnages, ni le style, ni le déroulement du récit ne m’ont vraiment séduite. J’ai trouvé qu’une fois mis en place, le scénario peinait à avancer. Certaines situations et répliques sont redondantes. Au final, une petite déception malgré une histoire qui s’annonçait prometteuse. Vargas a le don de monter des mises en scène étonnantes et les mystérieux cercles bleus étaient à mon avis une excellente idée. Un avis en demi-teinte, donc, mais je ferai un deuxième essai. N’oublions pas que ce roman est celui de la première apparition d’Adamsberg. C’était donc parfait pour débuter. Maintenant, voyons si Vargas saura se montrer plus convaincante à l’avenir.

 

268 p

 

Fred Vargas, L'Homme aux Cercles bleus, 1996 

25/02/2008

Des fantômes à Londres

5d45f3497d433c2ff46ff12bfba73390.jpgPromise depuis longtemps, voici enfin la présentation d’un des petits derniers de la collection 10/18, Le Fantôme de Baker Street de Fabrice Bourland. Ce pauvre livre a non seulement été honteusement négligé sur ce blog, mais il a en plus franchement souffert de ses deux-trois jours de lecture : transporté partout, dans le fond du sac à main, puis du sac à dos, enseveli sous des cours puis sous des produits cosmétiques (eh oui ces derniers temps il m’arrivait de me balader avec des shampoings dans mon sac, ne me demandez pas pourquoi), vaguement éraflé après une longue bataille avec un agenda qui voulait avoir le dessus, le premier roman de Fabrice Bourland garde aussi la trace de mon dernier voyage, un billet pour Milan daté du 29 janvier.

Autant le dire tout de suite : si ce livre a été autant maltraité, c’est parce que lui et moi avons été inséparables depuis l’instant où j’ai parcouru ses premières lignes. Car Fabrice Bourland a vraiment mis tous les atouts de son côté en écrivant ce premier roman très agréable.

Imaginez d’abord un tandem improbable, deux jeunes enquêteurs aussi différents que possible, l’intellectuel s’alliant au sportif, les souvenirs de lecture au goût de l’action. Le titre évoquant Baker Street pourrait leur donner des airs de Sherlock Holmes et de Docteur Watson. Mais là où Arthur Conan Doyle avait franchement limité le périmètre d’action du docteur, le binôme est ici équilibré.

Prenez ensuite le cadre et le sujet de l’enquête : Londres, 1932. Bref, de là à fermer les yeux pour s’imaginer à l’époque victorienne : il n’y a qu’un pas à franchir.

Alors vous imaginez bien que lorsque la veuve d’Arthur Conan Doyle vient informer les deux enquêteurs de l’existence d’un fantôme au 221 Baker Street, adresse fictive de Sherlock Holmes, votre chroniqueuse est déjà partante pour le voyage !

Contrairement aux 10/18 Grands Détectives que j’ai déjà lus, ce roman est un peu à part : l’histoire se déroulant à l’époque où les séances de spiritisme sont en vogue, ce policier n’a de policier que le nom. Il s’agit plutôt d’un sympathique roman d’aventure où le fantastique et les fantômes sont on ne peut plus réels.

D’abord septiques, les enquêteurs participent à une séance photo où Sherlock Holmes apparaît à leurs côtés, puis à des séances de spiritisme au cours desquelles le célèbre enquêteur semble vivement préoccupé lorsqu’il apprend que des assassinats ont lieu dans tout Londres. A Whitechapel, où sévissait autrefois Jack l’Eventreur. Mais aussi dans les quartiers ouest huppés où des personnes sont retrouvées vidées de leur sang.

Rapidement, les enquêteurs cherchent à appréhender le tueur de Whitechapel. Contrairement à leurs attentes, c’est un monstre au visage nébuleux qui sévit, sa silhouette s’apparentant étrangement à celle que l’on prête d’ordinaire à l’Eventreur. Les monstres victoriens seraient-ils de sortie ? Entre Dracula, l’Eventreur, Hyde, Dorian Gray et d’autres individus tout aussi inquiétants, l’amateur de littérature et d’histoires victoriennes aura le temps de retrouver de vieilles connaissances.

On peut peut-être regretter le peu de temps passé auprès des légendes victoriennes, dont le rôle est un peu superficiel. L’histoire est assez simple, peut-être un peu trop. Mais le résultat est si sympathique que l’on retient surtout les personnages plutôt attachants, le spiritisme et les rondes de nuit dans des quartiers mythiques, de l’East End au cimetière de Highgate en passant par Picadilly.

Enfin pour les curieux, je vous invite à faire un tour sur les sites de l’International Survival Society (qui publie des clichés pris lors de séance de spiritisme) et de l’American Photography Museum (pour un cliché de Doyle… après sa mort). Après avoir lu ce roman j’étais assez curieuse et souhaitais en savoir plus sur ces associations qui plus de cinquante ans plus tôt ont pensé communiquer avec les esprits.

Et voici également un lien sur Fabrice Bourland !

Et pour le Fantôme de Baker Street, j’ajouterai simplement : A recommander aux adeptes de l’époque victorienne et aux amoureux d’histoires de fantômes.

... 04/03/2008 : depuis, Nicolas aussi en a parlé ! 

248 p

Fabrice Bourland, Le Fantôme de Baket Street, 2008

15/02/2008

ça fait du bien !

bafbdc8e37875c893e9a68dd4ae76ec9.jpgA mes z’amis lecteurs, notamment à tous ceux qui continuent à venir régulièrement sur ce blog que j’ai remarquablement négligé ces derniers temps, je dédie cette note bien évidemment accompagnée d’un énorme bouquet de fleurs et d’une boîte de chocolats (St Valentin oblige !).

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Si je me suis enfoncée dans un profond mutisme, c’est aussi parce que j’ai eu d’autres préoccupations. D’abord j’ai rencontré une fille super qui s’appelle Stéphanie Plum. Ok, elle est un peu agaçante : au boulot, sa nullité est compensée par de remarquables concours de circonstances et de grands coups de bol ; sa famille est un désastre mais elle a un succès fou auprès des hommes – ce qui paraît presque incompréhensible pour cette demoiselle qui a tout d’une anti-héroïne.

En parlant d’hommes justement, je vous avoue que, dans un élan de solidarité envers Stéphanie, mon cœur battait aussi pour Joe Morelli, le petit ami justicier italien (qui dit italien dit séducteur et, ici, très séduisant) et Ranger, le dur à cuire sexy aux amis un peu louches. (Après ça plus personne ne me croira quand je prétendrai que je n’ai rien d’une midinette)

Bref, armée d’un couteau de cuisine et, à tout hasard, de mon masque de plongée, je me suis embarquée récemment dans une aventure palpitante qui de Paris à Cergy Préfecture m’a fait vibrer chaque matin de l’enthousiasme de l’aventurière et du sentiment du devoir accompli. Eh oui, tout ça sans quitter le siège dégoûtant de mon RER. Il faut dire que depuis que Stéphanie et moi sommes copines je multiplie les exploits.

Mission numéro 1 : être en mesure de répondre à la moindre alerte à toute menace terroriste (interne ou externe) pesant sur la famille Plum : étape 1 : sauvetage de Madame Plum dans la baignoire ; étape 2 : séance de psy quotidienne pour la sœur Plum ; étape 3 : surveillance de Grandma Mazur, dont la libido un peu débridée menace à tout moment d’engendrer un cataclysme de grande ampleur.

Mission numéro 2 : veiller sur notre camarade Lula et la protéger des animaux qui courent après son sac à main ; option numéro 2 : vider le sac à main au préalable ; option numéro 3 : prévoir des arrêts réguliers au fast food.

Mission numéro 3 : retrouver le psychopathe qui assaillit Stéphanie et lui envoie des photos mettant en scène des morts violentes (Ouh ça fait peur). Est-ce ? a) le livreur de pizza ? b) Morelli ? c) son patron ? d) le méchant de l’histoire (Bart) ? e) le bouffon de l’histoire (Clyde)?

Je ne vous en dirai pas plus maintenant que j’ai courageusement suivi Stéphanie le temps de résoudre une enquête. Inutile de vous en dire trop (et puis, à vous décrire ma présence héroïque sur tous les fronts, je pourrais trahir ma véritable identité…).

Mais si je ne devais vous donner qu’un petit indice pour vous lancer sur la piste que nous avons suivie (en dehors du fait que ni Stéphanie, ni Lula, ni Connie ne sont jamais de bon conseil) : jetez-vous sans plus attendre dans l’aventure !

De son côté, mademoiselle Lou, à moitié endormie sur son strapontin, ne redemande qu’une seule chose : retrouver au plus vite Stéphanie et toute sa tribu !

Au passage, merci à Fashion, la première à vivre des aventures exaltantes avec miss Plum, ainsi qu’à Gaëlle, qui a eu l’excellente idée de me faire découvrir Janet Evanovich en VO !

A ne manquer sous aucun prétexte : c’est drôle, sexy et souvent complètement décalé. On en redemande !

Emeraude parle aussi de Janet ! 

320 p

Janet Evanovich, To The Nines, 2003

20/01/2008

Noir c'est noir...

6eb5568feda35bc0c58ab3013c5cbb48.jpgChers z’amis lecteurs, chers tous,

Il faut croire que le froid mordant (?) de janvier a quelque peu engourdi mes neurones, car voilà, aujourd’hui 20 janvier, votre fidèle chroniqueuse a une sacrée panne d’inspiration. Peut-être est-ce sinon une flémingite aigue, toujours est-il que ma note sur le premier tome de la trilogie de Stieg Larsson a bien mal commencé ! Mais avouez que vous ne me facilitez pas beaucoup la tâche : vous avez déjà presque tous lu (et chroniqué) ce roman… je proteste ! Nah. Non mais franchement, que vais-je bien pouvoir dire de nouveau ?!

D’un autre côté, sans vos critiques enthousiastes, je n’aurais sans doute pas encore découvert l’univers de Stieg Larsson… bon. Mouais. Vous êtes pardonnés (enfin, presque, petits sacripants !).

Je vais donc tant bien que mal parler de Millenium à mon tour en croisant les doigts très fort pour que ma note soit aussi lue par l’une des rares personnes à n’avoir pas encore succombé au charme de Michael Blomkvist. Inspirée par les bruits sympathiques en provenance de l’appartement voisin (est-ce un rameur ou un aspirateur ayant une dent contre les meubles ?), je vais donc m’atteler à cette tâche avec application.

Vous avez sans doute déjà entendu mille fois la petite histoire qui est en passe de se transformer en légende : journaliste au parcours semblable à celui du héros Michael Blomkvist, Larsson est brutalement décédé après avoir remis à son éditeur les copies de la trilogie Millenium et n’a donc jamais été témoin de son succès phénoménal.

Il faut dire que Larsson n’hésite pas à mettre les petits plats dans les grands. Prenez Michael par exemple : comme je l’ai dit, il est journaliste dans la presse économique, tout comme son papa. Bizarrement, Michael est : brillant, beau, grand, fort, courageux. Il vit des aventures trépidantes et fait succomber les femmes. Avec tout ça, Michael pourrait être un séducteur infâme et prétentieux. Que nenni ! Vous pouvez ajouter à l’interminable liste de ses qualités un côté naturel et sympa. Tant et si bien qu’il arrive de suite à déstabiliser le 2e personnage clef du roman, Lisbeth Salander. Et pourtant, pour tout autre que lui ce serait hautement improbable : Lisbeth a des qualités sociales sans doute assez proches de celles d’une mante religieuse ou d’un lion (apparemment l’animal peut faire preuve de cannibalisme – « uniquement » à l’égard de ses enfants). Squelettique, bardée de tatouages et de piercings, Lisbeth est une enquêteuse hors du commun semblant tout droit sortie d’un groupe de death metal. Honnêtement, on sait bien que Michael et Lisbeth « frôlent » la caricature. Et pourtant, on leur pardonne volontiers leur petit côté surfait. Il n’y a vraiment pas à dire : tous deux sont diablement attachants !

Et maintenant l’intrigue : après 40 pages un peu longuettes sur le milieu financier et ses scandales, nous voilà sur les traces de Harriet Vanger, mystérieusement disparue dans les années 60. En cherchant son assassin, Michael et Lisbeth découvrent une série de meurtres particulièrement atroces qui semblent être liés à l’affaire. Harriet fait-elle partie des victimes du serial killer ? L’aurait-elle démasqué ? Je n’en dirai pas plus, ce serait vous priver de tout le plaisir que l’on a à lire cette histoire forte en rebondissements !

Au final, les histoires qui s’emboîtent sont une petite réussite, même si la solution à la disparition de Harriet me semblait assez évidente. Bizarrement, l’idée qui m’était venue au début n’était jamais vraiment prise au sérieux par les enquêteurs et j’ai été un peu déçue en voyant que je ne m’étais pas trompée (autant vous dire que je ne suis en général pas particulièrement douée pour résoudre les enquêtes de mes policiers préférés). Mais ouf ! Je n’avais pas deviné le pourquoi du comment (même si au fur et à mesure certaines conclusions s’imposaient avant que Michael et Lisbeth ne se réveillent). Tout ça pour dire que d’autres auteurs sont peut-être plus aptes à inventer des intrigues difficiles à démêler. Cela dit, j’ai aimé avoir toutes les cartes en main pour pouvoir suivre l’enquête à mon rythme (je déteste les solutions qui tombent comme un cheveu sur la soupe avec la révélation au dernier moment d’un nouvel élément seulement connu de l’enquêteur).

J’ai aimé, j’ai adoré, j’ai dévoré… Larsson m’a même tenue en éveil pendant mes trajets de RER le matin (une prouesse à souligner !). Malgré quelques petites imperfections : j’en redemande !

Et pour ceux qui l’ont lu : êtes-vous par hasard comme moi un peu plus agacés par Erika maintenant que Lisbeth…… ? Les dernières pages m’ont fait enrager (comment cela va-t-il finir ?) ! Le 2e tome est donc à lire de toute urgence !

Ils en parlent aussi : Pascal, Florinette, Gachucha... n'hésitez pas à ajouter en commentaire d'autres liens.

574 p

Stieg Larsson, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, 2006

05/01/2008

Une détective hors pair

perry_detective de noel.jpgJ’avais récemment  promis de récidiver et de vous parler bientôt du dernier Anne Perry, après avoir écrit une note qui aurait pu faire pâlir notre chère Choupynette, meneuse de file du groupe de Défense de Thomas et Charlotte Pitt… c’était sans compter sur la clémence de la demoiselle qui a su pardonner mes moqueries de mauvaise langue.

J’avais donc prévu de lire La Détective de Noël dans le TGV Paris-Tarbes du 23 décembre et, sans une rage de dents fort incommodante, les 6h30 de trajet m’auraient très certainement permis d’arriver à mes fins. Quoi qu’il en soit, ce roman est une lecture rapide et plutôt sympathique pour un petit après-midi de Décembre passé au coin du feu (bien évidemment une tasse de Thé de Noël à portée de main, élémentaire mon cher Thomas !).

D’après ce que j’ai pu comprendre, les romans de Noël d’Anne Perry mettent en scène des personnages importants mais souvent un peu en retrait des séries habituelles. C’est le cas cette fois-ci où (je n’en croyais pas mes yeux !) notre fameux détective du dimanche n’était autre que Mariah, la grand-mère acariâtre de la famille Ellison.

Imaginez l’horreur de la situation : Mariah vit depuis le remariage de sa belle-fille chez Emily, sa petite-fille fraîchement remariée (l’heureux élu étant Jack si je me souviens bien). Noël arrive et Mariah est priée de passer les fêtes chez son ancienne belle-fille Caroline, remariée à un acteur bien plus jeune qu’elle. Outrée de se voir congédiée de la sorte,  Mariah arrive de bien méchante humeur sur son nouveau lieu de vacances. Furieuse d’avoir passé la journée à voyager, dégoûtée par les marais et l’air marin qui l’accueillent, Mariah, on s’en doutera bien, fait tout son possible pour être absolument insupportable envers ses hôtes. C’est à cela que l’on reconnaît les grands personnages d’Anne Perry… immuables, ils répètent les mêmes gestes et les mêmes commentaires à l’infini.

Oui mais voilà. Un mélange de Lady Vespasia et de Charlotte Pitt fait son entrée dans la maisonnée en la personne de Maude, parente éloignée du nouvel époux de Caroline, apparemment trop encombrante pour sa famille proche. De retour d’Afrique et du Moyen-Orient, Maude a le caractère bien trempé des gens qui ont vécu et la peau basanée de ceux qui ont longuement baroudé dans des régions éloignées de la douce Angleterre. C’en est trop pour Mariah qui fait de son mieux pour exprimer sa désapprobation et parvient à se persuader que les questions qui pleuvent sur la nouvelle arrivée ne sont que la marque de la pitié que l’on peut ressentir pour quelqu’un qui a été banni par sa famille. Sans s’avouer une seule fois que personne non plus ne souhaitait sa présence à Noël.

Tout oppose les deux femmes, donc, et Mariah voit son séjour s’annoncer sous de bien mauvais auspices. Mais le deuxième jour, Maude est retrouvée morte dans son lit. Comment ? Une femme en si bonne santé et si dynamique ? C’en est trop pour Mariah qui décide de suite de mener l’enquête. Elle s’en va donc porter la mauvaise nouvelle à la famille de Maude, qu’elle soupçonne de l’avoir empoisonnée. En quelques jours, elle découvre des petits secrets de famille et se prend d’affection pour la disparue, changeant radicalement de caractère par la même occasion. Et voilà Mariah transformée en intrépide Lady Vespasia, pleine de compréhension et de gentillesse. Hautement improbable, bien sûr, mais que voulez-vous ? On peut supposer que la magie de Noël a une fois de plus opéré. (Je ne peux m’empêcher de me demander si Mariah sera donc plus sympathique dans les prochains épisodes de la série Thomas et Charlotte Pitt, passant d’une abominable Tatie Danielle à la Mamie parfaite !)

Pardonnons à Anne Perry l’histoire qui rame et tourne en rond, les personnages manichéens et les aberrations. C’est agréable, gentillet et le texte est suffisamment court pour que les longueurs ne gênent pas la berceuse.

Et n’oubliez pas l’avis de Clarabel:)

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167 p 

Anne Perry, La Détective de Noël, 2007

10/11/2007

Une tasse de thé ?

perry_egorgeur westminster bridge.jpgActe 1 – Moteur !

Drumond – (Il se tient debout devant le feu, les mains croisées dans le dos. Bientôt il s’écarte pour laisser son employé se réchauffer) Alors, du neuf ?

Pitt – Malheureusement pas grand-chose de plus, monsieur.

Drumond – (Avec une lueur d’espoir dans les yeux) Avez-vous interrogé les députés ayant vu Lockwood juste avant son assassinat ? (témoins principaux dans l’horrible affaire qui nous occupe – il va sans dire que Pitt aurait pu omettre ce précieux élément)

Pitt – Oui, monsieur. Nous avons aussi interrogé les boutiquiers, les prostituées qui vendaient leurs services sur et sous le pont (pas dans la Tamise il fait froid en ce moment). Et aussi la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui traînait sur le pont au moment du meurtre. Aucun n’a vu quoi que ce soit de suspect.

Drumond – (Les sourcils froncés) Bon. Bon. Eh bien, comme vous le savez, la presse est après nous. Il faut impérativement résoudre cette affaire. (Mais pas les autres)

Pitt – Oui monsieur, je mets tous mes hommes dessus. (Enfin comme apparemment c’est sa seule affaire…)

Pitt s’éloigne en gouttant sur le plancher.

Pitt - Drumond a raison. On ne peut pas laisser cet égorgeur en liberté plus longtemps, ou bientôt ce sera l’émeute !

Coupé !

Acte 2 – Moteur !

Charlotte Pitt – Tante Vespasia, vous m’avez fait venir de toute urgence.

Vespasia – Oui Charlotte. Ma vieille amie Zenobia Gunne s’inquiète pour sa nièce. On semble vouloir l’accuser de meurtre ! Elle abrite une femme à qui on a enlevé la garde de sa fille et qui aurait commis ces horribles meurtres sur Westminster Bridge (Bizarrement, c’est ce que Charlotte a entendu le soir précédent en dînant avec Pitt, l’inspecteur chargé de l’affaire ! Quel ha-sard- euh !!)

Charlotte – Oh c’est affreux !

Vespasia – Sa nièce s’appelle Africa Dowell.

Charlotte – Oh ? (et de rosir joliment. Mon Dieu ! il s’agit « donc » du meurtre sur lequel Pitt était en train de travailler ?!!)

Vespasia – Qu’allons-nous faire ? Je connais l’épouse de Lockwood, Lady Hamilton. C’est une femme très gentille.

Charlotte – Dans ce cas je propose que nous allions voir Amethyst Hamilton (vous remarquerez que Charlotte est si intelligente qu’elle a deviné elle-même le prénom d’Hamilton, que personne n’avait avant cela mentionné devant elle).

Vespasia – (souriant à son amie Zenobia également présente) Je vous avais bien dit que Charlotte saurait nous conseiller !

Coupé !

Acte 3 – Moteur !

(Après le 3e meurtre)

Drumond – Ah, c’est vous Pitt !

Pitt – Bonjour Monsieur. Nous piétinons. Nous avons interrogé une 5e fois les députés, les boutiquiers, les prostituées, la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui était toujours là.

Drumond – (une nouvelle lueur d’espoir dans les yeux) ça a donné quelque chose ?

Pitt – Hélas non monsieur, nous n’avons pas du tout avancé (Avouez que c’est étrange, puisque depuis 5 mois on interroge toujours les mêmes personnes sans rien leur demander de nouveau)

Coupé !

Bilan

J’ai donc lu L’Egorgeur de Westminster Bridge d’Anne Perry. C’était détendant, un peu trop longuet, très répétitif et vieille dame à souhait. On piétine pendant 300 pages. Aucune crédibilité, Charlotte et Thomas au pire de leur forme (qui n’est d’ailleurs pas souvent olympique). La fin tombe comme un cheveu sur la soupe. Oh ! Comme c’est étrange ! Le seul à avoir un comportement bizarre est directement lié à l’affaire (mais on ne s’y intéresse pas avant les 50 dernières pages). Oh ! Déception, tous les députés ont été tués par erreur. Remarquez c’est plus facile de donner l’explication finale quand il n’y en a pas. Ah oui, n’oublions pas les clichés (et nos rires à étouffer en gloussant derrière nos mouchoirs en dentelle). Bref, du grand Anne Perry ! Mais c’est (presque) pour ça qu’on l’aime !

Extraits

Zenobia (partie affronter le Nil et l’Afrique seule au XIXe) passa devant elle, la tête haute, traversa le vestibule et sortit dans la rue. Une fois dehors, elle se mit à jurer entre ses dents dans un dialecte que lui avait appris son piroguier congolais. 

L’élégante et raffinée Tante Vespasia – Bon ! Cherchons (de ce côté). Nom d’une pipe, Somerset, on l’a assassiné, tout de même ! 

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380 p

Anne Perry, L'Egorgeur de Westminster Bridge, 1990

20/05/2007

Commerces funèbres

jackson_les-bienfaits-de-la-mort-lee-jackson.jpgL’histoire : les enquêtes se multiplient pour Decimus Webb. Deux prostituées sauvagement assassinées dans un bordel, vraisemblablement par un fanatique laissant derrière lui des extraits du livre de Job. Un cadavre déterré, celui d’un homme impliqué dans un scandale, accusé d’avoir entassé à moindres frais les corps de personnes lui ayant été confiées pour un enterrement décent. Les pas de Webb le conduisent chez Mr. Woodrow, commerçant spécialisé dans les accessoires et vêtements de deuil. Tous les soupçons semblent à un moment converger vers lui. Mais beaucoup de questions restent pourtant sans réponse… Ajoutez à cela une jeune somnambule, une Américaine à Londres et un croque-mort et vous aurez le dernier livre de Lee Jackson !

Verdict : nouveau coup de cœur pour la série Decimus Webb ! Après une lecture boulimique du premier tome de cette série 10/18,  j’ai sans surprise dévoré Les Bienfaits de la Mort (malgré le titre assez bancal, je vous l’accorde). Une fois de plus, Lee Jackson signe un polar passionnant, dans un cadre victorien très crédible. Les personnages bien campés sont presque tous aussi importants les uns que les autres, ce qui permet à Jackson de donner un rythme plus soutenu à l’action. Pas de caricature, pas d’attitudes empesées ni de redondances excessives par rapport au premier tome – ce que je reproche souvent à Anne Perry qui se croit obligée de résumer avec monotonie la rencontre des Pitt et de brosser un portrait social de leurs familles à chaque tome. Si la bonne société tout comme les bas fonds londoniens sont représentés, l’histoire paraît relativement crédible et les transitions entre les différents milieux ne se font pas brutalement, au moyen de portraits brossés à la va-vite par une plume un peu niaise.

Bref, on comprendra que si j’aime à l’occasion retrouver Anne Perry, je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison entre ses livres et ceux de Lee Jackson et qu’à mes yeux, les romans de Jackson sont plus réussis. Là aussi, l’intrigue est bien menée et l’énigme intelligemment résolue. Une différence avec Anne Perry toutefois : il est souvent difficile de démasquer l’assassin chez cet auteur qui cache souvent des informations à son lecteur. Jackson fait un pari plus risqué en lui laissant plus d’indices et, à vrai dire, si je n’avais pas imaginé le scénario final, j’étais moins loin de la réalité que je ne le suis quand je lis Anne Perry. Deux techniques narratives différentes, donc, toutes deux très légitimes. La Palme d’Or catégorie Polar revenant toutefois à Jackson pour son style sentant moins la vieille demoiselle.

A quand le prochain tome ? J’en redemande !

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347 p

Lee Jackson, Les Bienfaits de la Mort, 2005

Lee Jackson's blog

13/04/2007

Mystères Londoniens

jackson_cadavre du metropolitain.jpgQuelle belle surprise que cette nouvelle série policière chez 10/18 – qui, pour le bonheur des lecteurs les plus gourmands, débute avec la publication simultanée de deux tomes ! Je me suis bien sûr jetée avec avidité sur ces romans, convaincue par trois arguments de choix : 1) c’est un 10/18, pas forcément toujours bien traduit, mais j’aime beaucoup leurs sélections et leurs formats (sans parler des couvertures !) ; 2) c’est un polar, et depuis mes dernières lectures un peu décevantes, j’avais envie de me délecter de meurtres plus habilement maquillés ; 3) et surtout (petit soupir), il s’agit d’un polar victorien ! L’affaire était donc faite, je ne pouvais décemment plus reculer et c’est donc d’un pas décidé que je me suis dirigée vers le rayon policier de mon libraire (admirez le courage de votre fidèle chroniqueuse qui, magnanime bien qu’à peine remise d’une brutale déception, donne une nouvelle chance au genre policier !).

Avec Le Cadavre du Métropolitain, Lee Jackson signe un roman assez éloigné des aventures de Charlotte et Thomas Pitt de la très victorienne Anne Perry. Moins de discussions mondaines, un inspecteur qui n’a pas le rôle principal, bref, quelques différences qui ne manqueront pas de séduire les amateurs de polars victoriens en leur apportant un peu de nouveauté.

L’histoire : 1864. Une jeune femme, visiblement une prostituée, est retrouvée morte dans le métro, sur la première ligne mise en service à Londres. Son compagnon de voyage s’enfuit lorsque le cadavre est découvert par un employé du métro près de Baker Street. Et voilà la police de Londres et l’inspecteur Decimus Webb sur les traces du meurtrier. Leurs pas les conduiront dans un foyer pour femmes repenties et dans différents quartiers, d’une maison aisée aux ruelles tortueuses et insalubres des quartiers pauvres.

C’est avec délectation que j’ai parcouru à une vitesse surprenante les quelques chapitres de ce roman, lu d’une traite et terminé en pleine nuit. L’histoire est captivante et le récit habilement mené. L’écriture est agréable et rend le texte fluide. Difficile de faire la différence entre personnages principaux et secondaires, car chaque protagoniste joue un rôle clef dans l’histoire et est doté d’une personnalité propre qui contribue pour beaucoup à l’intérêt du roman. Les quelques descriptions du Londres victorien sont précises et pleines de vie, sans sentimentalisme ou ton moralisateur.

Déjà trois autres romans ont été publiés en Angleterre, autant dire que les lecteurs de 10/18 n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite des aventures de Decimus Webb. Je prévois de mon côté de me plonger dans le deuxième tome très rapidement !
 
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286 p 

Lee Jackson, Le Cadavre du Metropolitain, 2004

07/03/2007

Une fin sanglante

medium_patterson_noires_violettes.JPGCher James,

Dans la vie, certaines rencontres sont à éviter. C’était peut-être le cas cette fois-ci et, dans la liste des ruptures cinglantes et tonitruantes, je crois, mon cher James, que tu devras toi aussi rejoindre les auteurs éconduits.

Remarque, je dois être honnête envers toi : je n’attendais pas grand-chose de ton style, et sur ce point au moins tu n’as pas déçu mes attentes. Quoi que. Bien sûr, tes violettes noires promettaient de m’assurer une lecture facile et je ne t’avais pas choisi en espérant découvrir le nouveau Faulkner. Mais si au royaume du thriller il existe des plutôt bons, des moyens et des médiocres, je suis navrée de te dire que tu oscilles dangereusement entre les deux dernières catégories.

Pourquoi ces débordements excessifs, me dis-tu ? Les raisons ne manquent pas. Je n’en listerai que quelques-unes :

Premiers signes annonciateurs de la crise : Un personnage principal sympathique. Une histoire de pseudo vampires. Un paysage de rêve. Notre histoire avait plutôt bien commencé et, sans aller jusqu’aux débordements enthousiastes, j’ai lu avec curiosité les 100 premières pages de Noires sont les Violettes en un temps record. Oui mais voilà. L’orage n’était pas bien loin et notre relation s’est vite gâtée : une fois l’histoire lancée, quelle lenteur ! Péniblement, j’ai parcouru les chapitres suivants en étouffant un bâillement, l’enquête piétinant et le manque de profondeur des personnages ne rattrapant en rien la vacuité de l’ensemble.

Récrimination numéro 2 : Je suis plus habituée à lire des polars écrits par des femmes et j’ai l’impression qu’en bonne lectrICE que je suis, j’apprécie plus les personnages de Mary Higgins Clarke ou de Patricia MacDonald. Malgré toute ma bonne volonté, j’ai trouvé tes personnages féminins d’une masculinité désarmante. Les commentaires faits sur chaque protagoniste étaient quant à eux d’une banalité affligeante.

Faille numéro 3 : J’ai remarqué que tu avais une liste de phrases fétiche ridicules figurant probablement parmi les 10 règles d’or trônant au-dessus de ton bureau. Comme : « j’avais vraiment très envie de lui mettre mon poing dans la figure ».

Lectrice au bord de la crise de nerfs : pas trop de surprise lors de la découverte des principaux instigateurs des crimes commis. Pas de réponse ni de théorie expliquant leurs actes. En somme, tu sais semer les pièces d’un puzzle mais de là à apporter quelques réponses au lecteur… la dispute orageuse qui s’est ensuivie m’a confortée dans mon opinion : Mary, Patricia, Agatha ou même Anne comprennent mieux mon petit esprit curieux de lectrice et n’osent pas m’abandonner en cours de route. Avec toi, je me suis dit que lire 400 p ou 200 p… quelle différence ?

La rupture : comment oses-tu massacrer avec autant d’aplomb le mystère qui planait autour du Cerveau, ce vilain psychopathe qui persécute notre enquêteur préféré ? Là, je me dois de m’insurger au nom de tous les lecteurs pleins de bonne volonté qui viennent de faire la connaissance d’Alex Cross : comment oser faire de X l’ennemi public numéro 1 ? Je n’ai jamais vu un dernier pseudo rebondissement aussi pathétique : en temps normal, je ne devine jamais (ou presque) l’identité du grand méchant, quels que soient mes efforts pour ce faire. Et là, un seul personnage me semblait fait pour être le Cerveau : suffisamment antipathique, avec un rôle assez central pour donner un petit air mélodramatique à l’ensemble… mais bien sûr, je me disais que ce serait quelqu’un envers qui j’avais une confiance aveugle, car il en a toujours été ainsi. Eh bien, non ! Une plaisanterie ?

Bref, tu étais bien parti, l’histoire était prometteuse, le personnage principal plutôt sympathique. Tu restes une (toute) petite lecture de détente, mais rassure-toi, la prochaine fois que je chercherai à me changer les idées, je ne penserai certainement pas à toi. Et si j’ai le choix entre Patterson et une série télé à suspense, je crois que je pencherai pour la série, aussi suspecte soit-elle.

Ta lectrice offusquée

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400 p

James Patterson, Noires sont les violettes, 2004

21/11/2006

Le dilemme du lecteur compulsif

perry_cadavre bluegate fields.gifQue faire lorsque vos obligations personnelles et professionnelles vous accordent un temps de lecture relatif, voire, limité, voire, inexistant ? Bien entendu, il serait déplacé de remettre à plus tard votre rendez-vous avec le Président de la Planète Bulle, les pourparlers avec les souris qui hantent et dévastent votre grenier, sans parler de vos batailles incessantes contre le massacre des marshmallows dans la plaine Sud-Ouest du Trucmuchistan. Force est de constater que vous devrez bien vous contenter du temps libre qui vous reste.

Malgré vos envies effrénées de lire Dostoïevski, Proust, Dickens ou l’intégralité des Rougon-Macquart, vous savez bien qu’il faudra attendre un peu, à moins d’accepter d’abandonner David Copperfield à ses aventures sordides toutes les cinq pages. Même une nouvelle un tant soit peu sérieuse est à éviter, compte tenu de votre humeur sombre et distraite du moment. Consciente de l’ampleur du problème, votre chroniqueuse vous propose quelques solutions :

1°) La collection complète des Harlequin : lecture d’un volume en 20 minutes compte tenu des pages sautées ; chaque livre est une victime toute trouvée lorsque vous rentrez le soir après avoir appris le meurtre perpétré sur cinquante marshmallows par une bande de scouts au Trucmuchistan ; le papier des Harlequin est également un excellent combustible qui alimentera avec joie votre feu de cheminée à Noël.

2°) Les romans à suspense / « d’auteur » en vogue : Danny Brouane avec au choix son célèbre Minchi Mode ou La Forteresse animale ; Marcus Levinus et son dernier succès Pourquoi moi ? (on se le demande bien d’ailleurs) ; Cristina Tango et le best-seller incontesté Hier, je suis allée aux toilettes. Là encore, vous avez le choix entre d’excellents combustibles, à un prix cependant légèrement supérieur à la collection citée précédemment (publicité oblige).

3°) Les romans historiques, aux degrés de crédibilité différents.

4°) Ou tout simplement un bon vieux policier, coincé au fond de votre bibliothèque et qui attend sagement de vous livrer ses morbides secrets.

Confrontée cette semaine à un problème de la même ampleur, votre chroniqueuse a opté pour la dernière solution. Son choix s’est porté sur une référence sure, classique, en principe sans surprise : Anne Perry.

Le cadavre de Bluegate Fields est le sixième roman de la série « Charlotte et Thomas Pitt ». A Londres, dans les années 1880-1890, l’inspecteur Thomas Pitt enquête sur les meurtres les plus sordides, aussi bien dans les quartiers pauvres que dans la haute société. Il est secondé par son épouse, Charlotte, issue de la haute bourgeoisie et mariée « en dessous de sa condition ». D’autres personnages apparaissent régulièrement, en particulier Lady Ashworth, la sœur de Charlotte, ainsi que Tante Vespasia, une vieille aristocrate au caractère bien trempé. La série compte une vingtaine de volumes, mais je dois avouer que je les trouve bien inégaux !

L’histoire : lorsqu’un jeune homme est retrouvé nu dans les égouts, Thomas Pitt trouve immédiatement cette noyade suspecte. Après une rapide enquête, on découvre que le corps est celui d’un garçon de 16 ans issu de la haute bourgeoisie. Noyé dans un bain, violé et souffrant de syphilis, Arthur Waybourne semble la victime toute trouvée de son précepteur, Maurice Jérome, un érudit consciencieux et fort antipathique. Jérome est donc arrêté malgré les hurlements indignés du lecteur qui s’insurge de voir l’inspecteur Pitt commettre ce que l’on sait immédiatement être une erreur.

De là découle une petite nouveauté chez Anne Perry : Thomas Pitt ne traque pas simplement un criminel, il va devoir s’interroger sur le bien fondé de l’arrestation et de la condamnation à mort qui s’ensuit ; puis, enfin (!) convaincu de l’innocence de Jérome, Pitt cherchera à établir la vérité afin de sauver le précepteur de la potence.

En résumé, Le cadavre de Bluegate Fields constitue une petite lecture sympathique et rapide, comme tout Anne Perry qui se respecte. Cependant, malgré la condamnation qui devrait permettre au livre de gagner en intensité, il faut bien avouer que cette lecture est un long fleuve tranquille, sans surprise, sans heurt et sans frissons. Peu de suspects, un coupable relativement prévisible… et la traduction en français n’arrange rien.

Petit conseil : ne lisez pas le tome 1, il suffit de savoir que la sœur aînée de Charlotte est assassinée et que Charlotte tombe amoureuse de l’inspecteur qui vient enquêter chez elle. Essayez plutôt le Mystère de Callander Square, mon premier Anne Perry et, à l’époque, un petit coup de cœur. De nombreux suspects, une histoire très noire, une intrigue assez bien ficelée. En somme, un bon moment de détente !

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381 p

Anne Perry, Le Cadavre de Bluegate Fields, 1984