Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/03/2014

Ann Granger, Un intérêt particulier pour les morts

granger_interet particulier pour les morts.jpgAprès avoir découvert en librairie la série Ben et Lizzie Ross d'Ann Granger avec son tome 4 (sans savoir que c'était une série), j'ai enfin retrouvé le commencement du commencement, avec Un Intérêt particulier pour les morts. Outre la sublime couverture qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, j'avais hâte d'assister à la rencontre entre l'inspecteur Ross et sa femme Lizzie - mon petit côté fleur bleue sans doute mais, à ma décharge, je me suis bien attachée aux personnages à travers le tome 4.

Bref, revenons à nous moutons, ou plutôt, à nos trépassés victoriens.

Dans Un Intérêt particulier pour les Morts, Lizzie Martin arrive à Londres après le décès de son père, médecin dans une région minière. Elle est accueillie par Mrs Parry, la veuve de son parrain, qui lui demande de l'appeler "Tante" du fait de leurs liens particuliers mais lui offre en même temps de remplacer sa dame de compagnie récemment disparue. Lizzie Martin occupe ainsi une position délicate dans la maison : le neveu de Mrs Parry la traite avec familiarité, son employeuse l'assure de son statut particulier tout en se montrant très directive avec elle, elle occupe une chambre extrêmement sobre en comparaison du luxe des autres pièces... quant aux domestiques, ils ne manquent pas de lui faire sentir sa place en ne lui servant que des restes les jours où Madame est indisposée.

Toujours est-il que lorsque Lizzie arrive à Londres, elle passe devant le chantier de la gare St Pancras, où des taudis sont en cours de démolition. Devant elle est transporté un corps retrouvé sur place. Une drôle d'arrivée pour cette jeune femme au tempérament affirmé ! Une fois chez Mrs Parry, elle apprend que la gouvernante précédente a disparu et se serait enfuie avec un homme. Malheureusement on découvre rapidement qu'elle a été retrouvée morte sur le chantier. "Pour moi, c'étaient ses lectures qui étaient à blâmer. Toutes parlaient de ce genre d'aventures. Elle était assez jolie, ou, du moins, elle l'aurait été si son visage avait été un peu plus animé, mais comme je l'ai dit, si elle avait un cerveau, on n'avait pas l'impression qu'elle s'en servait beaucoup (p 80)." Dès lors Lizzie est poussée par la curiosité et essaie d'aider la police à démasquer le coupable, d'autant plus que l'inspecteur Ross chargé de l'affaire est une connaissance, puisqu'il travaillait à la mine lorsqu'ils étaient enfants.

Les romans de la série alternent les voix de Lizzie et Ben ; leurs investigations se complètent et la double narration rend l'histoire plus dynamique qu'un whodunnit classique. J'avais trouvé le coupable relativement tôt, ce qui me laisse penser que l'intrigue policière est assez simple, néanmoins l'ensemble reste très sympathique et le livre se laisse dévorer. Je me suis régalée avec la Londres victorienne dans laquelle nous invite Ann Granger. Dans le tome 4 j'avais découvert un cimetière et sa ligne de chemin de fer privée ; cette fois-ci j'assiste à la construction de St Pancras, que la Midland Railway Company fait bâtir pour avoir son propre terminus. Enfin, et ce n'est pas le moindre des détails, les personnages sont bien croqués et notamment Lizzie, qui me fait penser à Charlotte Pitt mais me plaît davantage. Avec un caractère bien trempé, un intérêt pour la lecture (y compris les écrits de Mr Darwin), un petit côté téméraire et la conviction que les femmes peuvent se rendre tout à fait utiles à la société, Lizzie apporte beaucoup de fraîcheur à cette série avec laquelle je passe d'excellents moments. Les tomes 2 et 3 m'attendent déjà !

[Lu dans le cadre des challenges British Mysteries / I Love London de Titine et Maggie / XIXe siècle de Fanny / BBC 2014 de Feeling Fictional]

Une lecture commune partagée avec Hilde.

3,5coeurs.jpg

 

 

379 p

Ann Granger, Un Intérêt particulier pour les morts (A Rare Interest in Corpses), 2006

ann granger,a rare interest in corpses,un interet particulier pour les morts,challenge british mysteries,challenge i love london,challenge xixe,bbc 2014,londres,londres xixe,londres victorienne,epoque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,angleterre xixe,polar historique,polar victorien,ben & lizzie ross,éditions 10-18Et ici vous trouverez également un article sur le tome 4 de la série, A Particular Eye for Villainy !

ann granger,a rare interest in corpses,un interet particulier pour les morts,challenge british mysteries,challenge i love london,challenge xixe,bbc 2014,londres,londres xixe,londres victorienne,epoque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,angleterre xixe,polar historique,polar victorien,ben & lizzie ross,éditions 10-18ann granger,a rare interest in corpses,un interet particulier pour les morts,challenge british mysteries,challenge i love london,challenge xixe,bbc 2014,londres,londres xixe,londres victorienne,epoque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,angleterre xixe,polar historique,polar victorien,ben & lizzie ross,éditions 10-18ann granger,a rare interest in corpses,un interet particulier pour les morts,challenge british mysteries,challenge i love london,challenge xixe,bbc 2014,londres,londres xixe,londres victorienne,epoque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,angleterre xixe,polar historique,polar victorien,ben & lizzie ross,éditions 10-18ann granger,a rare interest in corpses,un interet particulier pour les morts,challenge british mysteries,challenge i love london,challenge xixe,bbc 2014,londres,londres xixe,londres victorienne,epoque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,angleterre xixe,polar historique,polar victorien,ben & lizzie ross,éditions 10-18

 

31/01/2014

Dan Waddell, Code 1879

waddell-code-1879.gifVoilà un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps et que je me suis décidée à lire en décembre, alors que je cherchais un bon page-turner pour m'aider à patienter en attendant l'arrivée de Baby Lou.

Code 1879 est le 1er tome de la série Les Enquêtes du Généalogiste de Dan Waddell. A Londres, un clochard est retrouvé pendu à une balançoire ; le corps sans vie d'un autre homme est découvert dans un cimetière, les mains coupées. Rien ne semble relier les deux affaires jusqu'à ce que l'inspecteur Grant Foster remarque un code gravé sur les deux victimes. Grâce à sa jeune collègue Heather, il apprend que ces codes feraient référence à un acte de naissance, de mariage ou de décès. La police contacte donc Nigel Barnes, généalogiste. Celui-ci va finalement suivre le déroulement de l'enquête dans son ensemble et aider à établir un lien entre une sordide histoire victorienne et les meurtres récents qui ont eu lieu dans les quartiers de South Kensington et Notting Hill.

Difficile de davantage révéler l'histoire sans en dire trop, aussi je vous laisserai découvrir la suite par vous-mêmes. Mais est-ce réussi ? Est-ce qu'une série de crimes pourrait trouver son mobile dans une histoire vieille d'une centaine d'années et rester crédible? J'étais dubitative mais il faut avouer que l'intrigue et son développement sont parvenus à me convaincre.

Pourquoi lire ce roman alors ?

Pour la promenade dans les rues de Londres aujourd'hui et en 1879. On suit les pas des enquêteurs et de Nigel Barnes dans des rues disparues, un vieux plan de la ville à la main. On parcourt les lieux au XIXe pour les retrouver ensuite métamorphosés. On écume les bars branchés des quartiers "bobos"... mais on découvre aussi des lieux emplis d'histoire (par exemple, archives des journaux nationaux et locaux...).

Pour l'intrigue bien ficelée, qui me réconcilie avec les polars modernes. Autant je me régale avec les polars historiques (en particulier anglo-saxons évidemment pour ceux qui me connaissent), autant je ne lis pratiquement plus de polars ou thrillers contemporains, qui ne m'attirent plus autant qu'avant. Ce roman a le mérite de jongler entre passé et présent ; l'enquête contemporaine se nourrit d'un fait divers ancien qui nous vaut de parcourir des archives diverses et variées. On suit avec beaucoup d'intérêt les cheminements de Barnes pour qui une découverte va en amener une autre, le lecteur pouvant s'amuser à deviner quelle information il faudra ensuite chercher pour apporter de nouveaux éléments à l'enquête actuelle.

Code 1879 est un roman policier très original, un vrai page-turner très bien documenté. Chaudement recommandé aux lecteurs de thrillers et aux amateurs de littérature neo-victorienne.

J'ai bien failli ne pas rendre ma copie à temps pour cette LC alors que j'avais achevé ma lecture depuis plusieurs semaines ! Nous sommes plusieurs à avoir fait la connaissance du généalogiste : Miss Leo, SoieTitine, Val ... et Shelbylee a lu le deuxième tome, Depuis le temps de vos pères.

challenge british mysteries,challenge i love london,code 1879,dan waddell,les enquetes du genealogiste,londres,londres xixe,époque victorienne,angleterre,angleterre victorienne

 

 

362 p

Dan Waddell, Code 1879, 2008

british mysteries.jpgXIXe siecle 01.jpgLogo Lou.jpg challenge british mysteries,challenge i love london,code 1879,dan waddell,les enquetes du genealogiste,londres,londres xixe,époque victorienne,angleterre,angleterre victorienne

29/12/2013

Anne Perry, L'Odyssée de Noël

perry_odyssee noel.jpegChaque année je me procure sans trop me poser de questions le récit de Noël d'Anne Perry... c'est devenu une tradition, et même si je sais que ses histoires de Noël sont assez succinctes, que l'enquête n'est pas souvent trépidante et que ce sera gentillet, j'aime me délasser quelques heures en décembre en compagnie de ces Petits Crimes de Noël. L'an dernier je n'avais pas pris le temps de lire L'Odyssée de Noël qui traînait donc dans ma PAL. J'ai profité d'une après-midi au calme pour me blottir au coin du canapé, à côté du sapin de Noël... et ouvrir ce roman étonnamment glauque pour la période !

Où nous entraîne donc Mrs Perry cette fois-ci ? Nous restons à Londres, en compagnie de personnages issus de la série Monk (que je ne connais pas encore).

James Wentworth est désespéré. Son fils a disparu. Depuis un an environ, il a sombré dans la débauche, découvert de sordides lieux de plaisir à Londres au point non pas de s'encanailler comme on pourrait s'y attendre de la part de tout jeune homme de la haute société anglaise, mais d'avoir abandonné sa vie passée et d'avoir de terribles ennuis en raison de la vie dissolue qu'il mène. Ainsi, James fait appel à son vieil ami de toujours Henry Rathbone, lui dit avoir perdu la trace de son fils après avoir enquêté auprès de quelques clubs. Il lui demande de l'aider à le retrouver soit, en réalité, d'enquêter pour lui. J'ai été un peu troublée par ce postulat de départ : autant j'aurais compris que Wentworth cherche un compagnon pour l'aider dans sa quête, autant le fait de le voir dès lors complètement disparaître en laissant Henry s'enfoncer toujours plus loin dans les cloaques londoniens m'a paru dénué de sens. Mais passons.

Rathbone décide de se tourner vers Hester Monk pour lui demander de l'aide. Il tombe sur son secrétaire / comptable Squeaky, ancien souteneur, et tombe d'accord avec lui pour enquêter ensemble sans troubler Hester de leurs préoccupations. Soit. S'ajoute à l'aventure Crow, médecin non diplômé et ami de Squeaky, puis Bessie, jeune fille rencontrée au début de leur enquête.

Le roman s'articule autour de la traque de Lucien, puis d'un certain homme de l'ombre (je ne vous en dis pas plus car l'intrigue est simpliste une fois dépouillée des multiples allées et venues dans une Londres sordide). Ainsi nos personnages vont aller de club en club, de bordel en bordel, découvrir des lieux où l'on consomme l'opium puis des endroits secrets, accessibles depuis de petites arrières-cours du West End, derrière des portes cachées, des escaliers dérobés, d'étroits passages, de longs tunnels reliant toute la ville en un véritable labyrinthe. Ce qui nous donne l'occasion de plonger au plus profond d'une société victorienne pourrie qu'Anne Perry se complait à décrire. Finis les bordels gentillets et les petits fumoirs, on tombe sur des lieux de débauche sado-masochistes, on entend des gémissements et des cris indéfinis, on propose à Rathbone une petit jeu de strangulation, ailleurs on croise un hermaphrodite à moitié débraillé, deux voire trois hommes ensemble. Bref, on cherche visiblement à nous choquer et à nous rappeler combien la société victorienne était hypocrite (ce qui ne nous change pas du propos habituel et convenu d'Anne Perry, mais ici le voyeurisme est le maître mot et les courtes scènes s'enchaînent - peut-être qu'une ou deux scènes seules mais mieux exploitées auraient davantage servi le propos d'Anne Perry). Par contre nos protagonistes, et surtout Squeaky, l'ancien souteneur, dégoulinent de sentiments et d'émotions qu'ils parviennent difficilement à exprimer... (!)

L'enquête en elle-même m'a parfois un peu perdue (l'apparition d'une certaine Rosa d'un seul coup, certaines déductions), tandis que les dialogues s'enlisaient. A la limite, on se fiche un peu d'avoir la clef de l'énigme si énigme il y a, et on regrette que le terrible Shadwell ne soit pas davantage mis en scène (on l'attend pendant à peu près la moitié du récit mais il est bien fade au final). Enfin, je ne résiste pas au plaisir de vous citer ce petit passage sur ce sinistre individu qui m'a bien amusée  : Dans la lueur rougeoyante des flammes, Henry vit pour la première fois ses yeux, deux trous de serrure ouvrant sur l'enfer (p181). A noter que les personnages pleins de moralité choisissent un procédé curieusement brutal à la fin. La structure du roman est par ailleurs très répétitive... on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'un formidable polar, mais curieusement il se lit bien et vous occupera parfaitement l'esprit pour un trajet en train ou une soirée tranquille. J'ai été curieuse de suivre les héros dans les sous-sols londoniens, je regrette que cette promenade se soit davantage résumée à une simple énumération car le cadre aurait pu offrir un point de départ intéressant.

Quant à Noël on y fait bien sûr allusion parfois mais on ne peut pas parler d'ambiance de Noël hormis ces quelques passages. L'hiver est bien présent en revanche, avec des stalactites qui pendent des toits et des gouttières à plusieurs reprises (la répétition m'a frappée car l'image des stalactites n'est pas banale!). Pour le plaisir : Les bûches s'écroulèrent dans l'âtre en projetant une gerbe d'étincelles. Dans treize jours, on célébrerait Noël. La nuit était glaciale et le vent rugissait dans les combles de l'élégante demeure de Primrose Hill. Par-delà s'étendait l'immense ville de Londres qui se préparait à festoyer ; bientôt résonneraient les cantiques et les cloches des églises tandis que l'on se réunirait dans de somptueuses soirées. Il n'y avait plus très longtemps à attendre (p9).

Les avis de : Alice de Books are My Wonderland, Davalian (qui écrit cette phrase très juste : "Le tout est bien entendu imbibé d’un discours moraliste dégoulinant de voyeurisme consenti"),  Petit Speculoos, Samarian, Syl

 

Du même auteur sur ce blog :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

2,5coeurs.jpg

 

 

187 p

Anne Perry, L'Odyssée de Noël, 2010 (2012 pour l'édition française)

british mysteries_petit.jpgil etait une fois noel1.jpg

 

 

 

 

 

christmastime.jpganne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry,l'odyssee de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne

17/12/2013

Anne Perry, Le Spectacle de Noël

perry_spectacle noel.JPGCeux qui suivent mon blog depuis quelques années connaissent mon goût pour l'époque victorienne en général et les polars victoriens en particulier ; ainsi les petits crimes de Noël d'Anne Perry sont devenus pour moi une tradition, il est rare que je passe une année désormais sans lire un de ces récits.

Cette fois-ci, Anne Perry nous fait grimper à bord d'une carriole un soir de grand froid pour nous conduire dans le Yorkshire, tout près de Whitby, le village où Dracula aurait débarqué selon les dires de Bram Stoker. Nous accompagnons Caroline, la mère de Charlotte Pitt, ainsi que son second époux, l'acteur Joshua Fielding. Ils viennent quelques jours avant Noël travailler une pièce tirée du roman Dracula et écrite par la fille de Charles Netheridge, leur mécène. La représentation aura lieu le lendemain de Noël devant les amis et voisins de la famille et, si tout se passe bien, Netheridge devrait assurer la troupe de son soutien financier l'année suivante... autant dire que ce petit spectacle d'amateurs ne saurait être traité à la légère, d'autant plus que la première version de la pièce rédigée par la jeune Alice est loin d'être convaincante.

Nous assistons donc à l'arrivée du reste de la troupe, à la lecture de passages de la pièce puis aux jours de travail, de réécriture, de débats sur la façon d'interpréter tel ou tel personnage. La troupe est aidée d'un intervenant inattendu, un certain Mr Ballin venu réclamer asile après un accident sur la route enneigée. Cet inconnu semble s'intéresser de près à leur projet, émet des remarques pour le moins pertinentes et n'hésite pas à jouer certains passages pour partager ses idées, avec un talent certain. Grâce à lui, le pauvre Renfield qui gobe des mouches ou l'apparition du comte Dracula deviennent véritablement glaçants. Jusqu'à ce qu'on retrouve l'un des personnages mort, un pieu de fortune enfoncé dans le coeur... Débute alors un whodunnit à huis clos, la neige rendant toujours les routes impraticables et ne permettant pas d'alerter la police.

Le Spectacle de Noël fait partie des bons crus d'Anne Perry en matière de petits crimes hivernaux. Certes, les fêtes sont gâchées par le meurtre et interviennent peu dans le roman, mais l'ambiance et la neige omniprésente font de ce roman un allié parfait pour une soirée au coin du feu (pour celles et ceux qui ont la chance de pouvoir goûter de ce luxe en hiver). Ce récit séduira surtout les amateurs de littérature vampirique et je ne suis pas sûre qu'on puisse vraiment s'y intéresser sans avoir lu Dracula de Bram Stoker ou du moins vu une adaptation assez fidèle. Pendant plus de 100 pages en effet, point de meurtre : il s'agit de discuter de la meilleure façon de transposer le roman au théâtre. J'ai failli trouver ces discussions un peu fastidieuses à la longue (il s'agit parfois de petites querelles d'égo entre acteurs) mais, malgré tout, la curiosité l'a emporté. Les suggestions de Ballin sont par exemple très intéressantes. La deuxième partie est consacrée à l'enquête (sur environ 70 pages). On devine le type de solution mais le pourquoi du comment ne sera révélé qu'à la fin. L'enquête est plaisante, on passe un moment agréable.

Evidemment, il y a toujours des invraisemblances : Caroline semble être "l'homme de la situation" parce que son gendre est inspecteur de police ; à noter qu'elle n'a vraiment pas de chance de se retrouver toujours mêlée à des meurtres, mais que voulez-vous, c'est ainsi... quant aux préoccupations des personnages, un jeune homme arriviste et conservateur serait-il prêt à renoncer à une héritière pour une actrice sans le sou sous prétexte que celle-ci a un joli minois et préfèrerait un foyer stable à une vie de saltimbanque ? Encore une fois, quelques bons sentiments viennent se mêler au récit, mais cela reste un court roman parfait pour un moment de détente.

Une lecture commune aux challenges Il était une fois Noël de Petit SpeculoosChicky Poo et Samarian et British Mysteries, organisé avec Hilde. Egalement lu dans le cadre du challenge Christmas Time de MyaRosa.

Les billets du jour : Hilde, Lou et Soie ont lu Le Spectacle de Noël d'Anne Perry ; Petit Speculoos a lu Les Nouveaux Contes de Noël d'Anne Perry ; Soie a également lu Christmas Pudding d'Agatha Christie ; Samarian a lu L'Odyssée de Noël et Un Noël Plein d'espoir d'Anne Perry ; Syl a lu L'Odyssée de Noël d'Anne Perry.

 

Du même auteur sur ce blog :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

anne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry le spectacle de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne

 

 

188 p

Anne Perry, Le Spectacle de Noël, 2011 (2013 pour l'édition française)

anne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry le spectacle de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienneanne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry le spectacle de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne

 

 

 

 

 

 

anne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry le spectacle de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienneanne perry,petits crimes de noel,le spectacle de noel,anne perry le spectacle de noel,challenge british mysteries,noel,polar victorien,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne

19/09/2013

Ann Granger, A Particular Eye for Villainy

granger_a-particular-eye-for-villainy.jpgI've never liked clowns, though the word is inadequate to describe the real horror they inspire in me. I panic at the sight. My heart pounds and terror tightens my throat so I can barely swallow. I can hardly breathe. You'll think me foolish but nothing so real can be dismissed as nonsense. (p7)

Beaucoup de blogs mettent à l'honneur Ann Granger en ce moment, avec la parution en France du premier roman de la série Ben et Elizabeth Ross. Or, quelques mois plus tôt, je me trouvais dans ce lieu de perdition qu'est W.H. Smith lorsque mon oeil s'est arrêté sur A Particular Eye for Villainy du même auteur. Je n'avais jamais entendu parler d'Ann Granger mais le « Victorian gentleman » associé à un « mystery » m'a fait de suite penser que ce roman pouvait tout à fait me plaire, d'autant plus que je cherchais de nouvelles idées de lectures pour le challenge British Mysteries. 

C'est au mois de juillet que je me suis décidée à le lire. Les tomes sont dissociés les uns des autres et le fait de commencer par le quatrième de la série ne m'a gênée en rien (évidemment je me suis depuis procurée le tome 1 que j'ai hâte de découvrir également). 

Le sujet ? Thomas Tapley, qui loge chez la respectable voisine de l'Inspecteur Ross et de son épouse Elizabeth, est retrouvé assassiné dans son salon, violemment frappé à la tête par son meurtrier. Ross va être chargé de résoudre l'affaire mais, de par la proximité des deux maisons et parce qu'elle a eu l'impression qu'un clown suivait Mr Tapley le jour précédent sa mort, Lizzie est également bien décidée à mener sa propre enquête. Les chapitres alternent ainsi deux voix, celles de Ben et de son épouse, chacun avançant pas à pas dans son enquête, l'intervention de Lizzie servant les intérêts de l'inspecteur.

Mr Tapley est un vrai mystère. Sa logeuse ne sait presque rien de lui, on peine à découvrir à quoi il occupait ses journées, d'où provenaient ses revenus, pourquoi il a suffisamment inspiré confiance à sa logeuse pour qu'elle lui confie une clef d'entrée. Apparaît alors un cousin de Tapley, juriste et célèbre pour ses plaidoyers au tribunal, habitant un quartier huppé. Il semble peu ému du décès mais cherche à étouffer l'affaire, craignant qu'elle ne nuise aux projets de mariage de la fille de Tapley, qui lui a été confiée depuis l'enfance.

En matière de Victorian mystery, voilà un roman qui m'a beaucoup plu ! Rien à dire sur le plan de l'intrigue, bien menée, très sympathique. On soupçonne peut-être le ou la coupable rapidement mais Ann Granger s'amuse à explorer de nouvelles pistes et ajouter un brin d'extravagance à son enquête.

Mais si j'ai vraiment apprécié cette lecture, c'est avant tout pour deux raisons. D'abord, le cadre bien retraduit, avec la mise en avant de quelques particularités du Londres et du folklore de l'époque, telles les figures populaires et inquiétantes de Will o' the Wisp et Springheeled Jack, ou encore, les souvenirs d'une période barbare où les pirates étaient exécutés et abandonnés sur les rives de la Tamise. There are still people who remember when pirates where hanged at Wapping. Whether their twitching limbs and swollen faces, or their tarred remains left hanging in iron cages as a warning, did anything other than provide the residents with a good spectacle is doubtful. Occasionally, even now, a yellowed bony hand pokes out of the stinking mud when the tide goes out (p 309).

necropolis-wimbledon.jpg

On découvre aussi la gare réservée aux convois funéraires de Brookwood Necropolis, qui n'a pas manqué d'éveiller ma curiosité. « After the service we shall all go, with the coffin, to the Brookwood Necropolis railway station and travel by train out of London to Surrey as a funeral party. My father will be buried there, in the Necropolis burial ground »  ( p 269).

Our destination was the modest railway station, situated near to its bigger brother at Waterloo, which was the starting point of the private line running to the huge burial area, known as the Brookwood Necropolis, some twenty-five miles out of London (p 287).

brookwood necropolis.jpg

arsenic-poison-bottle_shutterstock_89147137.jpgEt pour les lecteurs et bibliophiles, cette anecdote : We had to take out every single book and open each at every page, but we found the former landlady's letter tucked neatly into a volume of Cowper's poetry. The volume was bound in green cloth and I made a mental note to wash my hands carefullly before I ate. Arsenic is less used now to produce the colour green, since the danger of absorbing the poison through the skin is known. But it is still to be found in older books (p 73).

L'autre aspect qui ne m'a pas laissée indifférente tient au caractère bien trempé de deux personnages féminins, la fille de Thomas Tapley, indépendante d'esprit bien qu'emprisonnée dans sa belle demeure, et Elizabeth Ross, qui ne manque pas d'aplomb. De Lizzie, l'un des protagonistes dit ceci, non sans humour : « Though married to a plain-clothed jack out of the Yard, eh ? » He shook his head sorrowfully. «  Not that I'm surprised to learn it, mind you. You always had a funny interest in corpses. Ladies do have hobbies, I know that. Only generally it's painting flowers or bothering the poor with their good works. But your pa was a sawbones, I recollect you telling me. So I suppose it runs in the fam'ly. You certainly have a particular eye for a murder. » (p 86) Mrs Ross est persuadée qu'un jour les femmes entreront à Scotland Yard et seront d'une grande utilité à la police, elle poursuit ses investigations découragée ou non par son époux. Elle ne manque pas de jugeote ni de sang-froid, c'est un personnage délicieux. Bien évidemment le couple fait penser à Thomas et Charlotte Pitt mais je trouve que le roman ne tombe pas dans les travers des livres d'Anne Perry, parfois pavés de bonnes intentions et de morale réchauffée à chaque tome.

A noter malheureusement une belle coquille : « I'm Elizabeth Ross, the husband of Inspector Ross who is investigating your father's death. » (p 189)

Un mystère victorien rafraîchissant et addictif, j'ai hâte de retrouver le couple Ross !

Les billets de la LC British Mysteries du jour : Oscar Wilde et le Meurtre aux Chandelles de Gyles Brandreth chez ClaudiaLuciaPurple Velvet et Titine ; Oscar Wilde et les Crimes du Vatican de Gyles Brandreth chez EmmaLes Etranges talents de Flavia Luce d'Alan Bradley chez Hilde ; A Particular Eye for Villainy de Ann Granger par ici.

3,5coeurs.jpg



362 p

Ann Granger, A Particular Eye for Villainy (Ben & Elizabeth Ross Mystery, T4), 2012 

British Mysteries01.jpg

Logo Lou.jpgvictorien.jpgcommonwealth.jpgsérie benn et elizabeth ross,ann granger,a particular eye for villainy,londres,londres xixe,angleterre,angleterre xixe,époque victorienne,victorian mystery,challenge british mysteries,polar historique,mystère victorien,polar victorien

02/02/2013

Lee Jackson, il était une fois un crime

jackson_il etait une fois un crime.jpgLe fait d'avoir lancé le challenge British Mysteries m'a permis de faire un point sur ma PAL, qui regorge de livres autour de ce thème... j'ai d'ailleurs mis dans la colonne de droite de ce blog quelques-uns des livres qui attendent sagement sur mes étagères, afin de vous donner une petite idée des billets à venir ici (n'hésitez pas à me dire si vous les connaissez, les appréciez, avez envie de les lire !). 

J'ai ainsi réalisé qu'il y avait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de Lee Jackson, un de mes auteurs contemporains favoris. Lee Jackson est un spécialiste de l'époque victorienne et tient un site web passionnant sur le sujet (traitant des moeurs et de la société surtout) – j'en ai déjà parlé . J'ai découvert cet auteur en 2007, ce blog avait alors à peine plus de six mois. Je me suis vraiment régalée avec le début de sa série Decimus Webb, dont j'ai continué à parler par ici. Entretemps j'ai échangé quelques mails avec Lee Jackson, qui m'a même laissé quelques commentaires ici (j'ai mis du temps à m'en remettre!) et que j'ai rencontré lors d'un pot de 10-18 au cours duquel il m'a présenté Gyles Brandreth. Et depuis le début, ses livres occupent une place de choix chez moi dans ma section polars historiques (mes bibliothèques étant classées par thèmes d'une logique implacable selon mes critères tout personnels, sans doute moins évidente pour le néophyte !).

Cette fois-ci j'ai lu Il était une fois un crime, un roman sombre dont la construction m'a beaucoup plu. Lorsque le récit débute, deux policiers pénètrent par effraction chez Mr & Mrs Jones, dont la disparition a été signalée. Ils découvrent Dora Jones morte à l'étage, le crâne fracassé contre la cheminée, tandis que dans un salon se trouve un journal, laissé bien en vue. Il s'agirait des confessions de Mr Jones, sur qui les soupçons se tournent immédiatement. Le roman va dès lors alterner les longs extraits du journal de Mr Jones, qui couvre une période de six mois environ, et de brefs chapitres dans lesquels l'inspecteur poursuit son enquête et interroge quelques témoins afin de démêler cette triste affaire. Très rapidement, il suspecte une affaire de coeur : Dora aurait soupçonné son mari d'entretenir une liaison avec une jeune femme issue des classes populaires, Ellen Hungerford. 

Lorsque débute le récit et que le lecteur découvre les premiers passages du journal de Mr Jones, il se demande ce qui a pu conduire celui-ci à tromper son épouse, qui plus est avec Ellen, très jeune et étonnamment innocente pour une orpheline des bas-fonds londoniens. Les premiers mois sont ceux de l'idylle, le couple semble heureux et s'apprête à déménager dans le quartier plus prestigieux d'Islington. Une ombre apparaît bientôt au tableau : alors que son épouse est la fille d'un riche marchand et vient de Chelsea, Mr Jones n'est qu'un simple clerc et fait tout son possible pour se hisser dans la société. Or la réapparition de son père alcoolique plane comme une menace, alors même que son épouse ne sait rien de ses origines. Lorsque son père lui présente la jeune Ellen Hungerford, Jones commence à nourrir un intérêt particulier pour elle et veut faire son possible pour la sortir du quartier dans lequel elle évolue avant qu'elle ne soit corrompue. A partir de là, les rebondissements se multiplient, jusqu'à l'issue tragique, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus ! 

Mr Jones est un personnage assez fascinant. Sous des dehors respectables, alors qu'il semble sincèrement épris de sa femme et pourrait tout avoir du jeune ambitieux sympathique de bien des romans du XIXe, Jones laisse régulièrement entrevoir des aspects moins séduisants de sa personnalité. Ainsi par exemple, il rejette tout du milieu dont il vient et méprise les pauvres, tenant à leur sujet des propos abjects (se réjouissant ainsi de s'être élevé au dessus «  de telles immondices »). Puis il fait une fixation sur la pureté d'Ellen Hungerford et s'imagine ce que son père ou d'autres pourraient lui faire, la sexualité étant une thématique sous-jacente très présente dans son journal (à travers beaucoup de non-dits notamment), souvent liée à une morale puritaine, l'Eglise intervenant aussi fréquemment dans le récit. Quant à sa femme, malgré ses propos affectueux (« ma chère petite femme »), elle est très appréciée pour son aspect décoratif il me semble. C'est elle qui lui a permis de faire un beau mariage, il apprécie son physique, son humeur légère mais dès qu'elle se fait plus sombre, on sent poindre la fragilité de leur relation.

Comme toujours, Lee Jackson parvient avec succès à faire revivre Londres à l'époque victorienne (je m'en rends d'autant plus compte que ma lecture actuelle, The Pleasures of Men, ne me convainc pas autant pour l'instant). On se régale de l'ambiance et des quelques descriptions mais on se délecte aussi des personnages aux portraits habilement brossés, si bien que je les voyais sans peine s'animer et m'accompagner lors de tous mes déplacements. Car les romans de Lee Jackson sont de véritables page-turners : difficile de se laisser distraire et de prêter attention à son environnement immédiat une fois que l'on a laissé l'histoire nous happer ! Je ressors enthousiaste de cette lecture et du coup bien décidée à lire la série Sarah Tanner, jamais évoquée ici.

De Lee Jackson sur ce blog (laissez-vous tenter !) :

jackson_cadavre_metropolitain.jpgjackson_les-bienfaits-de-la-mort.jpgjackson_le-jardin-des-derniers-plaisirs.jpgjackson_secrets de londres.jpg

Deuxième lecture dans le cadre du challenge British Mysteries, organisé avec Hilde et ici-même, mais aussi un billet pour le challenge I Love London de mes chères Titine et Maggie et du challenge victorien. C'est aussi ma lecture pour le mois de mars avec les Victorian Frogs ans Ladies.

lee jackson,il etait une fois un crime,challenge british mysteries,époque victorienne,londres,londres victorienne,londres xixe,roman policier anglais



346 p

Lee Jackson, Il était une fois un crime, 2011

british mysteries5.jpgLogo Lou.jpg

victorian frogs.jpglogo-challenge-victorien.png

13/07/2012

P.D. James, La Mort s'invite à Pemberley

pd james,la mort s'invite à pemberley,austen,jane austen,angleterre,angleterre xixe,roman anglais,polar anglais,polar historique,darcy,elizabeth bennet,orgueil et préjugés,pride and prejudice,pemberleyCes derniers temps, je suis régulièrement invitée chez les Darcy et, cela ne vous étonnera pas, j'en suis absolument ravie. Si mes errances livresques me conduisent en ce moment à Londres où je fais la connaissance des filles de Mr Darcy, j'ai d'abord mis un point d'honneur à m'arrêter à Pemberley pour résoudre un crime infâme. Ma chère Titine était du voyage et nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer les Miss Marple pour rétablir la vérité.

Mais de quel crime suis-je donc en train de parler ? Amis lecteurs, si vous découvrez en ce moment Pride and Prejudice de Jane Austen, sachez que le capitaine Denny n'est plus. Eh oui, lors d'une promenade ma foi fort agréable sous la pluie et le vent en compagnie du colonel Fitzwilliam, nous avons découvert le fringant militaire à terre, le visage ensanglanté. Denny avait rendu l'âme (ceux qui espéraient le voir déclarer sa flamme à Mary Bennet en seront donc pour leur compte).

Comme Darcy n'a jamais eu de chance à ce sujet, il fallait que le coupable tout désigné fut Wickam, ce beau-frère également persona non grata à Pemberley. Et parce que Darcy est un chic type (un homme grand et très anglais – dixit sa fille dans Les Filles de Mr Darcy, vous l'aurez donc compris c'est quelqu'un de bien), le voilà obligé de contribuer financièrement au bien-être de Wickam en prison, tandis que, fort heureusement pour lui et sa chère Elizabeth, Lydia Wickam est invitée à séjourner chez les Bingley (déjà un problème en moins). C'est aussi une menace qui pèse sur la respectabilité de la famille et, querelles ou pas, il n'est jamais très agréable de savoir son beau-frère en mauvaise posture dans un procès pour meurtre (surtout en Angleterre au début du XIXe).

Heureusement, grâce à nos capacités de déductions hors du commun, Titine et moi avons deviné bien vite que Wickam n'était pour rien dans ce vil assassinat. Que le comportement de Fitzwilliam, soudain pris d'une envie d'aller faire un tour dehors un soir de tempête, n'avait rien de normal. Qu'il se passait quelque chose de fort suspect dans la maison du bois. Et que le fantôme aperçu par deux domestiques dans la forêt cachait lui aussi quelque chose de louche.

Je ne vous dirai point comment nous avons résolu cette palpitante affaire, sachez seulement que, si l'envie vous prenait d'ouvrir La Mort s'invite à Pemberley, vous passeriez un charmant moment en compagnie de gentlemen fort respectables, dont la culpabilité serait écartée de suite par le magistrat en charge de l'affaire. Entre quelques tasses de thé et conversations viriles au coin du feu, vous auriez certes peu l'impression de découvrir un polar classique et plein d'hypothèses, mais le charme de Pemberley et de l'Angleterre de ce début de XIXe risquerait fort de vous séduire une fois de plus. Bien sûr on ne retrouve ni l'humour ni l'ironie de Jane Austen, et l'intrigue policière n'est sans doute pas ce qui intéressait P.D. James mais, sans être éblouissant, ce livre se classe parmi les suites honnêtes de Pride and Prejudice : pour ma part j'ai passé un très agréable moment, une tasse de thé à la main (du moins lorsque je le pouvais). Une lecture qui correspondait tout à fait à mon état d'esprit du moment !

Une balade austenienne pour laquelle je remercie les éditions Fayard... et puisque je ne parvenais plus à quitter les Darcy, j'ai commencé à lire Les Filles de Mr Darcy, dont je vous parlerai donc bientôt.

PS : Et si Mr Darcy avait quelque chose à se reprocher ?

Et sur ce blog, de Jane Austen :

Autour d'Orgueil et Préjugés :

Marsha Altman,The Darcys and the Bingleys (2009) - une autre suite au roman !

Lu dans le cadre du challenge austenien d'Alice

pd james,la mort s'invite à pemberley,austen,jane austen,angleterre,angleterre xixe,roman anglais,polar anglais,polar historique,darcy,elizabeth bennet,orgueil et préjugés,pride and prejudice,pemberley

 

 

393 p

P.D. James, La Mort s'invite à Pemberley, 2011

pd james,la mort s'invite à pemberley,austen,jane austen,angleterre,angleterre xixe,roman anglais,polar anglais,polar historique,darcy,elizabeth bennet,orgueil et préjugés,pride and prejudice,pemberley

27/12/2011

Merry Victorian Christmas !

perry_revelation noel.jpgBonnes fêtes de fin d'année à tous !

Et quoi de plus sympathique en cette période qu'un bon petit polar au coin du feu ? C'est ce qu'a bien compris l'agent d'Anne Perry qui l'incite sans doute très fortement à pondre tous les ans un nouvel opus de Noël histoire de faire un peu de chiffre en fin d'année. Quoi qu'il en soit, ces petites bluettes de saison conviennent en général parfaitement aux trajets précédent mon réveillon. Et mes neurones apprécient le ronron bien huilé des enquêtes victoriennes des proches de Thomas et Charlotte Pitt.

Les enquêtes de Noël sont particulièrement légères : plus courtes, elles accordent souvent plus d'importance au contexte et aux personnages qu'à l'intrigue elle-même, qui en général ne casse pas trois pattes à un canard.

La Révélation de Noël n'échappe pas à la règle et ne risque pas de bouleverser le monde de la littérature policière, mais il m'a fait passer un bon moment.

Puisqu´enquête il y a, il fallait bien un meurtre (vieux de sept ans) et donc, un assassin. Le mobile est plutôt tiré par les cheveux (et surtout la façon assez improbable dont la victime avait découvert un secret concernant le meurtrier). Bien entendu, on suspecte à peu près tout le monde en imaginant des mobiles tout à fait plausibles ; c'est bien sûr l'un des personnages les moins concernés qui s'avère avoir un “squelette” dans son placard...

C'est cette fois-ci Emily qui joue les détectives amateurs... Emily, la soeur de Charlotte Pitt, cette jolie femme assez superficielle qui doit quitter Londres en période de fêtes pour se rendre dans un village perdu en Irlande, auprès d'une tante agonisante dont elle n'a que faire. Elle y découvre des Irlandais plutôt accueillants (malgré leur inimitié envers les Anglais) mais visiblement troublés plus que de raison à l'approche d'une tempête. Et lorsqu'un navire fait naufrage, le malaise s'accentue. Je vous laisserai apporter seuls une réponse (ou pas) à ce suspense quasi insoutenable.

Outre l'histoire sympathique parfaite pour se délasser, j'ai apprécié le cadre différent et j'ai été agréablement surprise par les jolies descriptions de la mer et des paysages sauvages de l'Irlande. Une lecture reposante qui m'a fait voyager (et m'a donné envie de faire mes valises). Voilà en somme une agréable surprise !

Si vous n'avez jamais lu Anne Perry ne commencez pas par ses histoires de Noël mais pour les amateurs du genre, [cet avant-]dernier cru devrait vous plaire.

(Lu et chroniqué l'an dernier, mais je n'avais pas publié mon billet !)

Dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine.

 3coeurs.jpg

 

184 p

Anne Perry, La Révélation de Noël, 2008

logo mois anglais2.jpgvictorian frogs and ladies.jpgChallenge-god save the livre.jpg

25/12/2011

Un thé au petit goût d'amande

christie_petit doigt.jpgGrâce à mon amie la terrible Titine, véritable tornade pour ma PAL, j'ai retrouvé cette chère Agatha Christie, que j'avais presque oubliée ! Curieusement, j'ai beau adorer l'Angleterre, me délecter de lectures anglaises, je n'éprouve - ou devrais-je dire n'éprouvais plus - de fascination pour cette sympathique dame. Quand j'avais douze ans, sur les conseils d'une copine, j'ai découvert Mort sur le Nil. J'étais dans ma période égyptienne, j'enchaînais les romans et livres plus sérieux sur l'Egypte ancienne, sur laquelle j'avais même écrit de petits textes. Bref, c'était l'Angleterre de mon adolescence (comme quoi j'ai finalement préféré les climats pluvieux). Mort sur le Nil a été un coup de coeur et j'ai rapidement lu quatre ou cinq Christie qui m'ont tous plu, puis j'ai oublié cet auteur aussi vite que j'y étais venue. J'ai bien fait une petite tentative avec La Maison biscornue mais malgré un bon moment, je n'ai pas non plus eu de révélation. C'était avant Mon petit doigt m'a dit, qui vient de me faire replonger. Si bien que ma PAL s'est alourdie de trois nouveaux Christie (elle en avait besoin, vous vous en doutez !).

Mr & Mrs Beresford, anciens détectives privés, rendent visite à la vieille tante Ada, ce vieux dragon qui prend toujours Tuppence pour une traînée et ne daigne parler qu'à son neveu. A l'occasion de ce court passage en maison de retraite, Tuppence Beresford rencontre une pensionnaire qui lui demande "s'il s'agissait aussi de l'un de ses pauvres enfants" et semble penser qu'il y a un cadavre dans la cheminée. Suffisamment éprouvés par quelques heures passées entre une vieille femme aigrie et une autre folle, les Beresford rentrent chez eux. Peu de temps après, Tante Ada meurt et le médecin de la maison appelle Thomas afin de lui faire part d'un petit souci : il semblerait qu'on meure souvent empoisonné au "Coteau ensoleillé. Mais il n'en fallait pas autant pour que Tuppence reprenne les bons vieux réflexes du métier : ayant hérité d'un tableau représentant une maison qu'elle est certaine d'avoir déjà vu, elle a cherché à se remettre en contact avec la femme ayant fait don de l'oeuvre à tante Ada (et qui n'est autre que la dame dérangée voyant des enfants coincés dans des cheminées)). Or cette pensionnaire a disparu. Son enquête la fera errer dans la campagne et les petits villages anglais (on en redemande !), où potins et histoires troubles ne manquent pas, s'il fallait encore épaissir le mystère.

Un excellent Agatha Christie, je me suis régalée d'un bout à l'autre ! L'histoire est bien ficelée et ne manque pas de ramifications, le ton est délicieusement anglais, le couple Thomas-Tuppence drôle et très attachant. Un petit moment de bonheur, savouré une tasse de thé à l'amande à la main !

4coeurs.jpg



252 p

Agatha Christie, Mon Petit doigt m'a dit, 1968


*****

mon petit doigt m'a dit.jpgEn revanche le film m'a beaucoup moins plu. J'avais vu ce film ou une autre adaptation de Christie dans la même veine et je n'avais déjà pas trop accroché : beaucoup trop français à mon goût. Ayant lu le roman il y a juste quelques semaines, j'ai malgré tout eu envie de voir l'adaptation diffusée à la télévision depuis. Je reste sur mon sentiment mitigé, même si j'ai regardé le fim avec plus d'intérêt alors que j'avais abandonné en cours de route à chaque tentative précédente. J'aime beaucoup Catherine Frot et la trouve délicieuse et très drôle comme d'habitude, de même qu'André Dussolier. En revanche j'ai trouvé que plusieurs rôles secondaires ou plus mineure sont mal servis par des acteurs au débit mécanique. La transposition du cadre en Suisse n'est pas un problème en soi, si ce n'est que ce qui m'a tant plu dans le roman, c'est cette ambiance si British, que je n'ai bien sûr pas retrouvée. Le scénario prend des libertés avec le récit et extrapole. C'est parfois amusant mais on ne s'étouffe pas non plus de rire... tandis que  l'histoire est un peu difficile à suivre si on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, les révélations se succédant brutalement à la fin alors que certains personnages ou passages n'ont été qu'ébauchés précédemment. Bref, un film sympathique mais pour ma part, une petite déception.

2,5coeurs.jpg



Mon petit doigt m'a dit, un film de Pascal Thomas, 2004

Une chronique rédigée dans le cadre du mois anglais, organisé par CryssildaTitine et moi et du challenge God save the livre d'Antoni.

logo mois anglais.jpg


Challenge-god save the livre.jpg

 

 

 

********

Je suis partie quelques jours mais je profite de ce billet pour vous souhaiter un joyeux Noël et de joyeuses fêtes, avec un petit clin d'oeil à mon sapin de cette année !

xmas tree1.jpg

24/12/2011

Périr d'ennui à Noël

perry_noel plein d'espoir.gifSi vous ne trouvez rien de mieux à faire cette année à Noël, vous pourrez toujours chercher Charlie, l'âne disparu de Minnie Maude. Ce sera l'occasion de vous promener près de Whitechapel dans la capitale britannique au XIXe siècle ce qui, à défaut d'être une balade passionante, aura le mérite de vous dépayser.

Vous risquez toutefois de vous poser de multiples questions, comme les jeunes héroïnes de ce Noël plein d'Espoir d'Anne Perry qui, deux paragraphes sur trois, répètent inlassablement les mêmes interrogations : mais pourquoi Charlie a-t-il disparu après la mort d'oncle Alf ? Pourquoi oncle Alf, chiffonnier de son état, n'a pas fait sa tournée habituelle ? Et s'il n'a pas fait sa tournée habituelle, pourquoi Charlie aurait disparu ? Mais si Charlie a disparu, pourquoi oncle Alf est mort ? Et si oncle Alf est mort, est-ce que Charlie a disparu ? Mais si Charlie a disparu, est-il toujours vivant ? Et s'il n'est pas vivant, est-il mort ?

Tout comme les petites Minnie Maude et Gracie Phipps qui, en recherchant un âne, se mêlent d'un meurtre déguisé en accident, j'ai pataugé dans les rues de Londres, transie de froid et morte d'ennui, attendant le prochain vendeur de marrons pour me remonter le moral. C'est bien le Noël le plus sordide que j'ai passé en compagnie d'Anne Perry, dans un roman englué dans la boue des bas-fonds de la capitale, avec une enquête qui n'avance pas, des scènes répétitives, une solution sortie  de nulle part (le méchant aristo soupçonné depuis le début est bien le tueur, tandis qu'est confirmée la supposition faite au départ - une histoire de drogue tiré du chapeau comme un lapin de Pâques). Je me suis follement ennuyée et autant je m'étais régalée l'an dernier (billet de circonstance prévu pour le 27 décembre), autant je ne peux que vous recommander de passer votre chemin cette fois-ci, au risque de vous effondrer dans votre bouillon du soir à force de lassitude.

anne perry,un noel plein d'espoir,époque victorienne,roman anglais,roman anglais xixe,londres,londres xixe,challenge mois anglais

Sur ce blog, d'Anne Perry également :

Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici et avec mes amies Cryssilda (qui publie aussi aujourd'hui un billet sur Anne Perry) et Titine, et du challenge God save the livre d'Antoni.

1coeur.jpg

 

 

153 p

Anne Perry, Un Noël plein d'Espoir, 2011

anne perry,un noel plein d'espoir,époque victorienne,roman anglais,roman anglais xixe,londres,londres xixe,challenge mois anglaisanne perry,un noel plein d'espoir,époque victorienne,roman anglais,roman anglais xixe,londres,londres xixe,challenge mois anglais

26/06/2011

La Terreur des Highlands

Imogene.jpgEtape 1

Suis bien arrivée. STOP. Plans top secrets en sécurité dans corsage. STOP. Amoureux secret en vue. STOP.

Etape 2

Mince, ce n'était pas la bonne enveloppe. Pars à la recherche des documents en question.

Etape 3

Compagnon de voyage démasqué et expédié dans l'au-delà (lui ai fracassé le crâne, ne pouvant pas faire usage du pistolet hors d'âge de Daddy).

Shame on me ! Avant de lancer avec Cryssilda le mois Kiltissime, je ne connaissais pas Exbrayat et n'avais pas remarqué que le film Imogène McCarthery était librement inspiré du premier roman de la série.

Imogène McCarthery travaille à Londres, à l'amirauté. Cette fille aux cheveux rouges qui frise la cinquantaine est écossaise et fière de l'être ; elle traite ainsi les Gallois de demi-civilisés, car elle a été à bonne école :

Son père décida de parachever lui-même son éducation. Pour ce, il lui enseigna qu'Adam devait être écossais, car les Ecossais constituaient le peuple le plus intelligent de la terre et le plus aimé de Dieu. Une fois ce principe bien ancré dans l'esprit de la petite, le capitaine lui affirma que, parmi les Ecossais, les habitants des Highlands formaient une classe privilégiée à laquelle ils avaient tous deux la chance d'appartenir. Leurs compatriotes vivant dans les Lowlands et les Borders étaient, certes, de bons et dignes compagnons, mais enfin il leur manquait et leur manquerait toujours cette touche de génie que le plus humble Ecossais des Hautes-Terres apporte en naissant. Quant aux Anglais, ils composaient un agrégat d'individus peu intéressants et qui ne devaient qu'à leur nombre d'avoir pris la tête du Royaume-Uni. Henry-James-Herbert tenait les Gallois pour une peuplade n'ayant pas encore atteint complètement le stade de civilisation où étaient parvenus - non sans effort - les Anglais, tandis que les Irlandais se cantonnaient au plus bas de l'échelle des valeurs britanniques. Au-delà, il y avait la mer et, derrière la mer, le monde des sauvages, quelle que soit la couleur de leur peau. Pour la fillette, ces sauvages se divisaient en tribus dont Paris, Madrid, Bruxelles, Rome se révélaient les centres principaux. (p 6)

ImogneMcCarthery1.jpg

Lorsque, à sa grande surprise, son supérieur hiérarchique lui confie une mission d'agent secret, Imogène se croit de suite investie d'une mission glorieuse et se rêve héroïne au même titre que Rob Roy. Mais elle est également incapable de garder un secret : de suite, elle parle à mots couverts de ce qui lui arrive, avant de partir pour l'Ecosse où elle devra remettre de précieux documents.

Ce roman qui tient tout autant du livre d'espionnage que du livre d'aventures met en scène les rocambolesques péripéties qui, au final, n'empêcheront pas la flamboyante Ecossaise de mener à bien sa mission.

Une excellente surprise que ce petit livre plein d'humour très agréablement écrit ! On s'attache follement à Imogène avec sa mauvaise foi, son chauvinisme excessif, ses fanfaronnades mais aussi son courage et son tempérament impétueux qui lui seront bien utiles.

Quelques faiblesses toutefois (soulignées par Manu dont je partage le ressenti) : Imogène est fleur bleue et passe son temps à penser que les hommes tombent amoureux d'elle, sans jamais remettre en question son jugement, au risque de s'exposer à de grands dangers en faisant confiance à ses ennemis... parfois, Imogène est si sotte qu'on aimerait faire un saut dans le roman et la secouer une bonne fois pour toutes !

On peut également reprocher au livre le caractère répétitif de certaines situations qui reviennent en boucle, les légères variations tenant essentiellement à la façon dont Imogène parviendra à occire le vilain.

Mais ceci n'est rien par rapport à cela et ces quelques reproches que je fais à ce roman n'ont en rien gâché ma lecture, tout à fait délicieuse ! Ce n'est qu'une première pour moi car j'entends bien retrouver Imogène, la terreur des Highlands !

Les avis de The Bursar, Sophy, Soukee, Manu

3,5coeurs.jpg

 

 

191 p

Exbrayat, Ne vous fâchez pas, Imogène !, 1962

logo kiltissime 09.jpg

16/03/2011

Beware : highly addictive

jackson-jardin-derniers-plaisirs.jpgJe ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment exhumé des livres jusque-là cachés chez moi, mais j'ai subitement éprouvé une folle envie de lire un polar historique... et tant qu'à faire, un polar victorien (sans surprise pour ceux qui commencent à me connaître).

Mon choix s'est porté sur l'un des deux romans de Lee Jackson qui attendaient sagement leur tour sur mon étagère. Pour ceux qui n'étaient pas passés par ici à l'époque, j'avais été complètement transportée par cette série qui avaient su me faire passer d'excellents moments à Londres, au XIXe of course.

JACKSON-CHELSEA 01.jpgTroisième volet des enquêtes de Decimus Webb, Le Jardin des Derniers Plaisirs commence avec un banal fait divers : un homme s'amuse à couper les mèches de femmes dans les jardins de Cremorne, dont la réputation légère n'est pas pour plaire au quartier plutôt huppé de Chelsea. Tandis que Rose, fille de bonne famille, prépare son entrée dans le monde, que son père se rend à la City, que sa mère reçoit ses voisines au thé et que le révérend Featherstone milite pour l'éradication du vice, de nombreux fêtards londoniens se rendent chaque soir aux jardins afin de danser et d'assister aux diverses attractions. Mais bientôt a lieu un premier meurtre, lorsqu'une servante est retrouvée morte, brûlée vive dans la cuisine du révérend. George Nelson, tout juste sorti de prison, est bien évidemment soupçonné... si ce n'est que ses alibis semblent tenir la route.

JACKSON-CHELSEA 03.jpgJe ne sais pas si cette impression est due au fait que je n'ai pas lu de roman de Lee Jackson depuis deux ou trois ans, mais je me suis particulièrement régalée avec ce récit très bien mené : les différentes histoires s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir, les personnages ont tous quelque chose à se reprocher et le cadre est passionnant pour quelqu'un qui comme moi s'intéresse de près à l'époque victorienne. Certes, les enquêteurs ne sont pas particulièrement attachants, ni mis en avant, mais c'est un parti pris qui me sied tout à fait. Bref, je me régale avec Lee Jackson, et maintenant que j'ai lu celui-ci, je n'ai qu'une envie : boire une tasse de thé (et surveiller mes arrières) en ouvrant un autre livre de son cru !

Encore bravo aux éditions 10/18 pour les couvertures très réussies de cette série (je ne m'en lasse pas).

D'autres idées de lecture ? Régalez-vous avec : Les Secrets de Londres, et les deux premiers tomes de la série de l'inspecteur Decimus Webb, Le Cadavre du Métropolitain et Les Bienfaits de la Mort.

4coeurs.jpg

 

 

314 p

Lee Jackson, Le Jardin des Derniers Plaisirs, 2006

lee jackson,le jardin des derniers plaisirs,10-18,polar 10-18,roman policier,xixe,policier xixe,londres,londres xixe,époque victorienne,angleterre victorienne,cremorne,chelsealee jackson,le jardin des derniers plaisirs,10-18,polar 10-18,roman policier,xixe,policier xixe,londres,londres xixe,époque victorienne,angleterre victorienne,cremorne,chelseaCatégorie Prince Charles : 2 books out of 5 !

21/05/2010

Bienvenue dans mon humble demeure

christie_biscornue.jpgCette semaine, j’ai risqué ma peau. Tout ça pour vous, amis lecteurs, tout ça pour vous présenter La Maison biscornue de la bonne vieille tante Agatha. Pourquoi tante Agatha ? Parce que je ne regarderai plus jamais les livres d’Agatha Christie du même œil depuis que Mr Lou et moi nous sommes amusés à nous entretuer avec conviction pour un jeu appelé « l’héritage de tante Agathe », dont le but est de trucider les autres héritiers afin d’augmenter sa part du gâteau.

 

Revenons donc à notre braves petites vieilles prêtes à nous servir une tasse de thé au goût d’amande, même si, en l’occurrence, la jeunesse n’était cette fois-ci pas en reste si l’on considère l’originalité des mobiles éventuels, voire de la mise en pratique.

 

Exit Hercule Poirot, goodbye Miss Marple, l’inspecteur de ce roman est un certain Taverner, secondé par Charles, le narrateur fiancé à l’un des suspects, Sophia Leonides. Le grand-père de celle-ci vient d’être empoisonné dans la « maison biscornue » qu’il occupait avec toute sa famille : enfants, petits-enfants, deuxième femme bien plus jeune et belle-sœur, sans compter quelques domestiques dont un précepteur que l’on soupçonne d’avoir une liaison avec la nouvelle Madame Léonides.

 

Pour vous donc, je me suis infiltrée dans cette maison où, bien sûr, tout le monde semble avoir quelque chose à cacher. Pour vous j’ai failli boire un chocolat empoisonné et me faire assommer par un lion en pierre, et ce uniquement pour démasquer le coupable et vous laisser le champ libre et une lecture sereine (si ce n’est pas une belle preuve de solidarité entre livrophiles ça !).

 

Je n’avais pas remis les pieds dans l’univers vieillot d’Agatha Christie depuis le début du collège, époque où je m’étais prise de passion pour ses enquêtes pendant un été, le temps de lire quatre ou cinq de ses romans. C’est moins enthousiaste que je ressors de ce nouveau voyage, même si j’ai passé un moment agréable et qu’Agatha Christie me semble l’auteur parfait pour combler le vide des soirées d’hiver ou m’accompagner avec ma serviette de plage en été.

 

Je soupçonnais principalement le coupable dont j’ai commencé à me méfier assez rapidement, ce qui est assez nouveau pour moi qui me trompe systématiquement, malgré tous mes efforts (j’ai tendance à songer au plus innocent et aux plus désagréables, mais je me laisse souvent berner par les personnalités intermédiaires qui sont pourtant le plus souvent coupables). J’avais oublié que ces romans s’en tiennent uniquement à l’enquête et ne s’attardent pas au cadre ou aux personnages en dehors des moments où ils croisent le détective, ce qui m’a un peu manqué. Malgré tout, c’est un Cluedo sympathique : on passe un bon moment et je ressortirai plus vite que prévu de ma bibliothèque l’autre Christie qui m’attend depuis un ou deux ans.

 

3coeurs.jpg

 

 

 

188 p


Agatha Christie, La Maison Biscornue, 1949

portrait lady.jpg

j'aime-les-classiques.jpgEnglishClassics.jpg

17/04/2010

London, Scotland : back to the roots !

bourland-le-diable-du-crystal-palace-cover.jpgAvis aux amateurs de la série des détectives de l'étrange de Fabrice Bourland : nouvelle enquête à l'horizon !

Cette fois-ci, nos deux vaillants enquêteurs Andrew Singleton et James Trelawney volent au secours d'Alice Grey, fiancée éplorée recherchant désespérément sa moitié. Ceux qui ont déjà découvert les aventures des deux héros s'attendront peut-être à quelques fantômes, médiums ou autres phénomènes du même genre. C'est pourtant une piste très différente qui sera suivie cette fois, puisque nous croiserons au détour des rues londoniennes divers exemples de mammifères disparus depuis la préhistoire.

Je suis en général plus sensible aux histoires d'esprits et de châteaux hantés qu'aux thèmes abordés ici, mais c'est avec plaisir que j'ai découvert ce roman, qui est peut-être finalement mon préféré parmi les quatre de la série.

Comme toujours, les péripéties s'enchaînent rapidement. Les deux personnages holmesiens gardent un côté un peu suranné plein de charme. La machination tout à fait diabolique (ne mâchons pas nos mots !) dont est victime le fiancé d'Alice Grey est absurde et pourtant, assez crédible si on prend en compte le contexte. Bref, vous le voyez, une escapade pour le moins palpitante qui présente trois atouts de taille : une bonne dose d'humour, marque de fabrique de la série, ainsi que des révélations inédites sur Nessie et les profondeurs du Loch Ness ET sur l'incendie du Crystal Palace. Alors, prêts à vous laisser embarquer ?

Lus et également chroniqués par ici : Le Fantôme de Baker Street, Les Portes du Sommeil, La Dernière Enquête du Chevalier Dupin.

4coeurs.jpg

 

 

274 p

Fabrice Bourland, Le diable du Crystal Palace, 2010

nessie.jpg

 

14/03/2010

La vieille philosophie de l'âme double

bourland_enquete_dupin.jpgIl peut vous arriver des choses terribles dans la vie, comme le fait d'être à Barcelone pendant le salon du livre 2009. Parfois, une personne soucieuse de votre équilibre mental  telle qu'Isil accepte de vous aider à surmonter ce moment difficile en se rendant pour vous au stand 10-18 afin de rencontrer Fabrice Bourland à l'occasion de la sortie de son dernier roman.

C'est ainsi qu'avec quelques mois de retard (j'ai déjà fait bien pire), j'ai lu le mois dernier La dernière Enquête du Chevalier Dupin.

Pour ceux qui connaissent la série, rappelez-vous Les Portes du Sommeil, avec ses morts suspectes survenant pendant les cauchemars d'individus fascinés par les mystères du sommeil. L'écrivain en profitait pour intriguer ses lecteurs en évoquant le suicide de Nerval, avant de les abandonner lâchement aux affres de l'angoisse : qu'en était-il de cette enquête laissée en suspens ?!

Court roman visant à apporter une réponse à cette question, La dernière enquête du chevalier Dupin s'inscrit en marge de la série des détectives de l'étrange (ne vous avisez d'ailleurs pas d'y chercher le tandem holmesien qui anime les deux premiers romans).

Difficile de ne pas en dire trop sur ce récit; je ne ferai donc que jouer les viles tentatrices en faisant miroiter les éléments suivants : vous croiserez au détour d'une rue ou d'un cimetière Edgar Allan Poe, Alexandre Dumas et Gérard de Nerval ; une fois de plus, vous serez confrontés à des énigmes invraisemblables (et à des solutions plus saugrenues encore);  enfin, vous pourrez vous promener dans un Paris oublié, fait de ruelles tortueuses et d'endroits parfois sordides sacrifiés par le baron Haussmann.

Une fois de plus, je suis sous le charme de cette série décalée qui sied davantage aux rêveurs qu'aux détectives amateurs. Voilà un roman ingénieux et plein de fraîcheur qui m'a offert une pause très divertissante. Le tout agrémenté d'une plume agréable... autant le dire de suite, je continuerai à lire les aventures pseudo policières de Fabrice Bourland.

Au passage, merci à l'auteur pour la dédicace par procuration très sympa !

Et par ici, les deux précédents romans : Le Fantôme de Baker Street et Les Portes du Sommeil.

Et l'avis de Maggie!

3,5coeurs.jpg

 

 

116 p

Fabrice Bourland, La dernière Enquête du Chevalier Dupin, 2009