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24/01/2013

Dominic Cooper, Nuage de Cendre

cooper_nuage cendre.pngJe vais inaugurer une nouvelle catégorie aujourd'hui : « Ces livres dont j'aurais voulu vous parler » (on verra après pour le logo, le billet dans un premier temps). Mais qu'est-ce cette nouvelle manie bizarroïde ? Amis lecteurs, vous y trouverez tous les livres lus par votre gentille hôtesse il y a des mois, voire des années, aimés ou pas, en tout cas jamais chroniqués. J'espère ainsi attaquer la pile de chroniques en attente et enfin ranger les livres concernés qui y végètent depuis longtemps. Ce sera aussi l'occasion de parler de quelques romans adorés mais lus avant d'ouvrir ce blog (je pense notamment à quelques titres lus juste avant son ouverture, que je regrette maintenant de ne pas avoir chroniqués). Mais évidemment, je ne me souviens plus très bien d'un certain nombre de ces titres, ce qui promet des billets farfelus. 

Attaquons donc en beauté avec ma première lecture dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai eu la bonne idée de lire ce roman environ six mois avant les trois autres romans en lice pour le Prix, autant dire que j'ai oublié beaucoup d'aspects de ce texte dont j'avais à l'origine très envie de parler, coup de coeur oblige !

A l'inverse du roman de Louise Welsh, autre roman sélectionné par Cryssilda pour le Prix, Nuage de Cendre est assez loin de mes sujets de prédilection habituels. L'action se déroule en Islande, dans un milieu rural, or je ne suis pas particulièrement attirée par le grand nord et affectionne particulièrement les romans dans lesquels les villes occupent une place importante ; enfin, malgré la belle couleur de la couverture, ce nuage de cendre me rebutait plus qu'il ne me donnait envie d'ouvrir ce roman. Je suis bien d'accord, ce sont des préjugés sans intérêt, mais je dois avouer également que je n'ai jamais pu venir à bout de Vers l'Aube du même auteur et que c'était sans doute ce détail là qui m'inquiétait particulièrement. Heureusement le résumé de l'éditeur a rapidement éveillé ma curiosité.

Fin du XVIIIe. Des éruptions volcaniques provoquent des ravages et, dans un pays où la vie est déjà dure, les familles vivent dans la misère et sont frappées par la famine. Dans ce contexte, une affaire va faire scandale et nourrir la haine que se vouent deux représentants de l'autorité danoise. Une jolie orpheline, Sunnefa, est accusée d'entretenir des relations incestueuses avec son jeune frère Jon, dont elle est enceinte. Le récit se déroule sur plusieurs années, au cours desquelles le frère et la soeur vont être séparés (chacun sous la responsabilité de l'un des shérifs), en attente d'un jugement, risquant la peine de mort.

Le récit va dès lors croiser les points de vue. A partir d'un fait divers, Dominic Cooper essaie d'imaginer ce qui a pu motiver les protagonistes ainsi que la réaction des habitants. La rivalité entre les deux shérifs est évoquée au début de l'histoire et le déroulement de l'affaire sera l'occasion de comprendre ce qui, petit à petit, a pu nourrir la haine que se vouent les deux hommes et leurs familles.

J'ai pris un immense plaisir à lire ce roman qui, je peux déjà le dire, est celui pour lequel j'ai choisi de voter dans le cadre du Prix Kiltissime. J'ai tout aimé ! D'abord le sujet lui-même, dont Dominic Cooper parvient à retraduire le caractère tragique. J'ai suivi avec angoisse l'évolution de l'affaire à l'approche du jugement. La forme : un récit foisonnant, polyphonique, qui mêle les points de vue mais aussi les supports (lettres, témoignages...) et repose sur des personnages complexes, créant ainsi une véritable dynamique. La nature occupe également une place importante dans ce roman. La beauté glaciale des fjords est ici magnifiquement restituée et le cadre de nombreuses scènes est très bien rendu. L'écriture de Dominic Cooper m'a de même vraiment séduite. J'avais déjà été sensible à sa plume en lisant Vers l'Aube, mais le récit quasi inexistant avait eu raison de ma bonne volonté. Ici l'auteur nous livre un texte passionnant et très bien maîtrisé. Un très beau livre et même, un pur régal !

D'autres avis kiltissimes plus détaillés : Cryssilda, Titine, ...

Un grand merci aux éditions Métailié pour cette très belle découverte !

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236 p

Dominic Cooper, Nuage de Cendre, 1978

*****

Mon classement pour le prix Kiltissime :

1) Dominic Cooper, Nuage de Cendre

2) Peter May, L'Homme de Lewis

3) Louise Welsh, De Vieux Os

4) John Burnside, Scintillations

20/01/2013

Challenge British Mysteries

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C'est l'hiver, il pleut, il neige, demain je souffle mes bougies, bref, toutes les conditions sont réunies pour que me donner envie de passer du temps en compagnie de mes très chers Anglais dans le cadre de séances de thé, scones et rêveries. Après en avoir parlé à ma complice de longue date Hilde, nous vous avons concocté un nouveau challenge very British indeed ! Cette fois-ci, nous ne poursuivrons plus les créatures de la nuit mais partirons dans le passé pour enquêter aux côtés des meilleurs limiers britanniques et irlandais, dans le cadre du Challenge British Mysteries.

Où ? En Angleterre, en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande (du Nord et du Sud). 

Quand ? Des origines de la délicieusement perfide Albion jusqu'à l'entre-deux-guerres.

Quoi ? Toute enquête de type histoire policière (qui sont légion), mais aussi les histoires à suspense autour d'un mystère à résoudre (car comment parler de British mysteries sans penser aux fées de Conan Doyle, à la traque du Monstre du Loch Ness, au spiritisme victorien ?)

Vous pourrez ainsi faire vos billets sur des romans et nouvelles (adultes et jeunesse, d'époque ou contemporains mais traitant de la période), des essais et livres historiques tirés de faits divers ou d'autres histoires mystérieuses, des BD, des films et séries, mais aussi jouer les reporters et nous parler de mystères britanniques et irlandais sans nécessairement les rattacher à une oeuvre. Par exemple raconter votre rencontre avec un fantôme dans un château écossais, faire vos propres montages de fausses fées anglaises, montrer vos photos de Whitechapel ou de cimetières anglais en y ajoutant quelques anecdotes. Les sujets de sa Majesté et les Irlandais débordent d'imagination, c'est l'occasion pour nous de leur faire un clin d'oeil !

Dates du challenge ? Jusqu'au 30 janvier 2014.

Comment ça marche ? Il suffit d'ajouter un des logos du challenge dans chacun de vos billets mystérieux en renvoyant vers le blog d'Hilde et le mien, et de venir déposer sur nos blogs les liens vers vos billets pour nous permettre d'actualiser le recap au fur et à mesure. Un raccourci vers le billet recap sera créé dans les jours qui viennent sur une des colonnes de nos blogs, avec le logo du challenge. 

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Trois niveaux à ce challenge, vous pourrez SOIT tout de suite choisir d'être, SOIT devenir progressivement (ce que nous ferons) :

 

Medium victorien, 1 à 3 billets : Quelques-uns doutent de vous et vous prennent pour un charlatan, mais votre expérience des mystères de l'au-delà a fait de vous une référence parmi les amateurs de tables tournantes. Et vous comptez bien nous faire une petite démonstration pour nous montrer vos talents. 

Résidant de Baker Street, 4 à 6 billets : Employé de bureau le jour, vous rêvez le soir venu d'aider vos voisins Holmes et Watson dans leurs enquêtes. C'est pourquoi vous lisez avec le plus grand sérieux toutes les histoires policières qui vous tombent entre les mains afin d'être en mesure de résoudre un jour les plus grands mystères.

british mysteries5.jpgGardien de Highgate Cemetery, 7 à 10 billets : des histoires sombres, vous en avez vu passer depuis que vous détenez les clefs du célèbre cimetière. Aujourd'hui vous avez décidé de pousser pour nous quelques portes aux secrets bien gardés. 

challenge british mysteries,angleterreSir Wilkie Braddon, 11 billets et plus : Un tantinet scyzophrène, vous avez fait de Wilkie Collins et d'Elizabeth Braddon vos idéaux. Les British Mysteries n'ont plus de secrets pour vous, vous avez tout à nous apprendre. (avec un logo supplémentaire pour cette dernière catégorie)

 

british mysteries.jpgPrêts à embarquer dans notre machine à remonter le temps et à partir sur le terrain ? Avez-vous votre tweed ? Votre loupe ? Votre Watson ? Ou pour les détectives de salon, votre tricot pour passer inaperçus ?

Nous espérons que vous serez nombreux à venir enquêter à nos côtés et avons hâte de prendre le ferry avec vous !

Ci-dessous, quelques idées de titres qui pourront vous accompagner lors du challenge (non exhaustif) :

Romans, nouvelles :

Lindsay Ashford, The Mysterious Death of Jane Austen

Julian Barnes, Arthur & George

Stéphanie Barron, Jane Austen et les fantôme des Netley

Stéphanie Barron, Jane Austen à Scargrave Manor

Stéphanie Barron, Jane Austen et la Sorcière du Derbyshire

Louis Bayaerd, L'Héritage Dickens

Fabrice Bourland, Le Fantôme de Baker Street

Fabrice Bourland, Le Diable du Crystal Palace

Fabrice Bourland, Le Serpent de Feu

Elizabeth Braddon, Le Secret de Lady Audley

Elizabeth Braddon, Henry Dunbar

Gyles Brandreth, Série Oscar Wilde

Gail Carriger, Soulless

Agatha Christie (couvrant la période et dont l'action se déroule en Angleterre)

Wilkie Collins, Pierre de Lune

Wilkie Collins, L'Hôtel hanté

Wilkie Collins, La Dame en Blanc

Wilkie Collins et Charles Dickens, Voie sans Issue

Charles Dickens, Le Mystère d'Edwin Drood

Paul Doherty, La Vengeance du Mysterium

Arthur Conan Doyle, Série Sherlock Holmes

Umberto Eco, Le Nom de la Rose

Ann Featherstone, Que le spectacle commence !

Ann Featherstone, La gigue du pendu

Paul Féval, Les Mystères de Londres

Ken Follet, La Marque de Winfield

Bob Garcia, Duel en Enfer

Roberta Gellis, Série Enquêtes en maison close

Carolyn Grey, Le Cercle du Phénix

John Harwood, La Séance

Lee Jackson, Les Secrets de Londres

Lee Jackson, Série Decimus Webb

Lee Jackson, Série Sarah Tanner

P.D. James, La Mort s'invite à Pemberley

Deryn Lake, L'apothicaire de Londres

Deryn Lake, Meurtre à St James Palace

Linda Newbery, De Pierre et de Cendre

Kim Newman, Anno Dracula

Joseph Sheridan Le Fanu, Les Mystères de Morley Court

Joseph Sheridan Le Fanu, Comment ma cousine a été assassinée

Joseph Sheridan Le Fanu, Désir de Mort

Charles Palliser, Le Quinconce

Anne Perry, Série Charlotte et Thomas Pitt

Anne Perry, Série William Monk

Anne Perry, Contes de Noël

Arthur Phillips, Angelica

Thomas de Quincey, Le Vengeur

Kate Sedley, Les Filles d'Albion

Diane Setterfield, Le Treizième Conte

Dan Simmons, Drood

Nancy Springer, Les Aventures d'Enola Holmes

Andrew Taylor, Le Diable danse à Bleeding Heart Square

Peter Tremayne, La Parole des Morts

Nicola Upson, Série Josephine Tey

Florence Warden, La Maison du Marais

Sarah Waters, Du bout des Doigts

Patricia Wentworth, La Maison du Loch

Paul West, Whitechapel et Jack l'Eventreur

 

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Essais, romans inspirés de faits divers 

Kate Colquhoun, Le Chapeau de Mr Briggs

Patricia Cornwell, Jack l'Eventreur

Robert Desnos, Jack l'Eventreur

Michel Moatti, Retour à Whitechapel

Kate Summerscale, L'Affaire de Road Hill House

Kate Summerscale, Mrs Robinson's Disgrace

 

BD 

Clues (BD)

Elinor Jones (BD)

Fog (série BD)

From Hell (BD)

Green Manor (BD)

Holmes (Série BD)

Jack L'Eventreur (série BD)

Les Quatre de Baker Street (série BD)

London (Série BD)

Scotland Yard

Treasury of Victorian Murder (série BD) 

 

Films et séries

From Hell

Meurtre à Gosford Park

Le Nom de la Rose

Ripper Street

Sherlock Holmes (film de Guy Ritchie)

Sherlock Holmes ITV (série inspiré de la série de Conan Doyle)

The Suspicions of Mr Whicher (ITV)

Whitechapel (série inspirée d'archives historiques)

 

Théâtre

Jack L'Eventreur, mise en scène de Vincent Poirier

 

A très bientôt pour de nouvelles enquêtes !

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16/01/2013

Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer

Julie-Otsuka-Certaines-navaient-jamais-vu-la-mer.pngVoilà un roman qui connaît un succès certain en ce moment ! A mon tour de vous parler de Certaines n'avaient jamais vu la mer, beau roman de Julie Otsaka grâce auquel j'ai eu un aperçu d'un pan de l'Histoire qui m'était méconnu.

Au début du XXe, un bateau quitte le Japon pour les Etats-Unis. A son bord, des femmes promises à un mari inconnu et à une vie loin des leurs. Toutes serrent dans leurs mains les portraits et lettres envoyés par leur fiancé. Pleines d'espoir, elles se réjouissent de pouvoir mener une vie meilleure aux côtés d'un homme à qui la réussite tend les bras. A l'arrivée, le constat est tout autre mais il est trop tard pour rebrousser chemin : les photos ont été prises il y a des années, les hommes ont des métiers difficiles, n'ont parfois pas de toit. A la première nuit qui angoissait la plupart (vierges, certaines très jeunes) s'ajoute la perspective d'un métier harassant et d'un avenir plus sombre que celui qui les attendait chez elles. C'est le parcours de ces femmes que nous suivons à travers ce roman, qui fait défiler les années au rythme de quelques chapitres consacrés à une thématique particulière : le voyage, l'arrivée, la maternité puis la menace de la guerre contre le Japon, qui vient bouleverser une fois de plus leur vie, des années après leur arrivée. Dès lors, l'intégration qui n'en était qu'à ses balbutiements n'est plus possible. Bientôt les Japonais ainsi que leurs enfants nés américains sont dans la ligne de mire du gouvernement.


Julie Otsuka a privilégié une construction de roman audacieuse, prêtant sa plume à de nombreuses voix, celles de toutes ces immigrantes au parcours varié, aux espoirs plus ou moins déçus, aux destins parallèles émaillés de points communs. Ainsi, les phrases courtes s'enchaînent ; à chaque nouvelle phrase, une nouvelle narratrice. Le tout s'articulant très bien et formant un ensemble riche, laissant au lecteur de multiples impressions. Quant au sujet, il est en soi passionnant, car il pose les questions de l'intégration et de l'acculturation, de l'appartenance à un pays, souvent complexe. (Je préfère le titre anglais, the Buddha in the Attic, plus évocateur bien que moins poétique – le titre français est extrait du premier chapitre). Sur les camps d'internement japonais voici un article pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus. 

Les billets de Titine, Mrs Figg, Dominique, Malice, Jérôme, Dasola,...

Un grand merci à Bénédicte des Editions Phébus pour cette lecture encore une fois pleine d'intérêt !

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142 p

Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer, 2011

12/01/2013

Wilkie Collins, Monkton le Fou

collins_monkton le fou.pngCela faisait un petit bout de temps que je n'avais pas lu Wilkie (hormis un roman écrit à quatre auteurs, dont je prévois de vous parler depuis un petit bout de temps), mais voilà encore une longue nouvelle qui me donne envie de retrouver ce cher barbu.

Après L'Hôtel Hanté (que j'adore) dont l'action se déroule en Angleterre et à Venise, c'est à Monkton le Fou de nous entraîner dans un voyage assez similaire, avec un arrêt à Naples cette fois-ci, de nouveau avec un cadre surnaturel.

Le narrateur nous raconte cette époque où, son diplôme en poche, il s'est décidé à voir le monde et à flâner en Europe, jusqu'à Naples. Là-bas il retrouve un voisin, un certain Monkton, héritier de Wincot Abbey. Le comportement de celui-ci est la cible de tous les ragots, car il semble décidé à retrouver coûte que coûte les restes d'un oncle mort en duel afin de l'enterrer décemment dans le caveau familial. Sa recherche tourne à l'obsession et, lorsqu'il en vient à se confier au narrateur et à la persuader de l'aider, les Anglais en villégiature à Naples s'empressent de déconseiller au nouvel arrivant de s'immiscer dans cette sordide affaire, en vain.

En réalité, l'attitude excentrique, voire désagréable de Monkton est bien excusable lorsque l'on sait que partout où il se rend, il est suivi par le spectre de son oncle, tandis qu'une sinistre prophétie annonce la disparition des Monkton et l'associe au jour où l'une des places du caveau restera vide.

J'ai retrouvé dans ce court texte Wilkie dans toute sa splendeur, délicieux, drôle, romanesque, un peu fou, avec ses personnages hauts en couleur et ses péripéties incroyables. La scène en partie italienne et l'apparition d'un vilain fantôme n'ont fait qu'ajouter à mon bonheur. Je vous recommande vivement Monkton le Fou, idéal également pour découvrir l'auteur si vous ne le connaissez pas. C'est un récit offert par les libraires pour l'achat de deux Libretto... n'hésitez pas à vous faire plaisir, je suis sûre que vous ne le regretterez pas !

Encore un très grand merci aux éditions Phébus pour cette délicieuse lecture !

De Wilkie sur ce blog :

Lu dans le cadre du challenge Il Viaggio et du challenge Victorien d'Arieste.

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114 p

Wilkie Collins, Monkton le Fou, 1855

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09/01/2013

Joseph Conrad, One Day More

victorian frogs and ladies,  joseph conrad, one day more, époque victorienne, auteurs victoriens, angleterre, angleterre victorienne, angleterre édouardienneEn novembre, Titine et Isil ont réussi à mettre Conrad au programme des lectures des Victorian Frogs and Ladies, après de longs mois de tentatives acharnées et d'échecs retentissants (tout comme moi pendant des années avec Braddon). Il faut dire que nous étions deux à faire de la résistance, parce que les bateaux, les tempêtes et les aventuriers des mers, ce n'est pas notre tasse de thé. Toujours est-il que lorsqu'il a fallu chercher une idée de lecture, j'ai longuement hésité car les romans de marins de Conrad ne me tentaient pas, j'hésitais à lire The Secret Agent, bref, je cherchais plutôt un texte court, histoire de me familiariser avec Conrad en douceur (voire me réconcilier, car j'avais un peu souffert à la lecture de Typhon lorsque j'étais adolescente, malgré toutes ses qualités). Et j'ai trouvé, avec One Day More, une pièce de théâtre en un acte très divertissante (sans doute pas non plus l'oeuvre du siècle, ne nous emballons pas).

Même si nous sommes sur la terre ferme, il y est question d'un ancien capitaine (qui n'avait pas le pied marin !), Captain Hagberd ; de son fils Harry, disparu ; de Josiah Carvil, ancien constructeur de bateau, désormais aveugle ; de Bessie Carvil, sa fille.

Bessie s'occupe de son père, vieillard infirme (et non "informe" comme je l'avais tout d'abord écrit) et acariâtre qui passe son temps à la houspiller et à lui demander d'être à ses petits soins. Au grand dam de son père, elle a sympathisé avec le capitaine Hagberd, leur voisin, qui passe pour un original, voire un illuminé en ville. Il ne laisse entrer personne chez lui, où il a accumulé de nombreux objets en vue du retour improbable de son fils Harry. Celui-ci s'est enfui de nombreuses années auparavant mais depuis longtemps, le capitaine parle de son retour et est persuadé d'en connaître la date. Les mois, les années ont passé et Harry est censé revenir le lendemain. A noter que le capitaine est également persuadé du fait que Harry et Bessie se marieront. 

[Spoilers à partir de là]

Étonnamment, Harry revient, mais un soir trop tôt. Son père ne le reconnaît pas et s'enferme chez lui en lui demandant de partir, jusqu'à lui jeter une pelle depuis la fenêtre pour le chasser (mes copines victoriennes vous diront que cette scène m'a marquée). Tout en attendant de voir Harry le lendemain. Quant à Bessie, elle fait bien la connaissance de Harry et découvre le pot aux roses. Elle apprend que Harry s'est enfui car son père voulait régenter sa vie et l'empêcher de devenir marin, lui qui rêvait de découvrir le monde, dont il est tombé amoureux. Il finit par embrasser Bessie puis se retirer. La pièce, par moments drôle et cocasse, s'achève tristement, car Harry, venu pour soutirer un peu d'argent à son père, ne reviendra plus, tandis que ce père l'attend toujours et que Bessie prend conscience du fait qu'elle aussi veut quitter sa vie étriquée. Mais alors qu'elle lui demande de l'emmener avec lui, il disparaît.

Une introduction en douceur à l'univers de Conrad, qui m'a donné envie de lire sa pièce de théâtre Laughing Anne.

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28 p

Joseph Conrad, Laughing Anne, 1904

victorian frogs and ladies,  joseph conrad, one day more, époque victorienne, auteurs victoriens, angleterre, angleterre victorienne, angleterre édouardiennevictorian frogs and ladies,  joseph conrad, one day more, époque victorienne, auteurs victoriens, angleterre, angleterre victorienne, angleterre édouardienne

06/01/2013

Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison

gaskell_confessions mr harrison2.jpgAmis victoriens, si vous cherchez une lecture drôle, vive et délicieuse pour vous détendre, voici le roman* qu'il vous faut ! (* il s'agit plutôt d'une longue nouvelle en 31 chapitres)

Je débute donc l'année en compagnie des Confessions de Mr Harrison de la très victorienne Elizabeth Gaskell et si mes lectures de 2013 continuent sur la même lancée, je vais me régaler !

Publié sous forme de feuilleton, ce court roman revient sur les exploits amoureux involontaires du docteur Harrison – Will au chapitre 1, devenu Frank un peu plus tard mais ne nous arrêtons pas à ce genre de détail.

Pour raconter à son frère la façon dont il a rencontré sa charmante épouse, le docteur revient sur son arrivée à Duncombe, paisible petite bourgade. Venu assister puis succéder au médecin actuel, Harrison va (comme le dit si bien la quatrième de couverture) mettre en émoi les dames des environs. Appliquant à la lettre les conseils de son mentor, qui préconise une amabilité extrême qui frise l'obséquiosité, Harrison va sans le vouloir laisser penser à bien des femmes qu'il est tombé sous leurs charmes (inexistants). D'abord naïf, le jeune homme finit par se trouver au coeur d'une vive polémique et de nombreux racontars, pour notre plus grand plaisir. Ce qui risque bien de compliquer ses relations avec le pasteur, dont il souhaiterait épouser la fille aînée.

gaskell_confessions mr harrison.jpgMadame Gaskell dresse un portrait malicieux de ces villageois pour qui une nuit au poste de police (pour avoir frappé un homme qui s'en prenait à un infirme) devient trois mois, puis un an de détention à Newgate pour un horrible crime méconnu. Des villageois qui - une lettre anonyme, une langue de vipère et un cornet acoustique impuissant aidant, vivent au gré des rumeurs et ont tôt fait de marier ou d'enterrer de braves gens qui n'avaient rien demandé.

Un vrai plaisir que cette lecture vivifiante et à mon avis une clef d'entrée très plaisante pour qui voudrait découvrir Gaskell.

Petit extrait, tirade sur le mariage de mademoiselle Caroline, éprise du docteur Harrison : « Pour ma part si j'étais... je l'adorerais, je le vénèrerais. » Je me dis qu'elle avait bien tort d'imaginer des situations aussi improbables (se dit le narrateur, pas tout à fait lucide puisqu'il n'a toujours pas compris qu'il était l'objet des attentions de ladite dame).

Encore merci à Jérôme des Editions Points pour ce moment exquis passé en compagnie du sémillant docteur !

Le billet de Titine

Mon billet sur North and South

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157 p

Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison, 1851

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29/12/2012

Challenge Virginia Woolf

  • virginia woolf.jpgDe retour de vacances, après avoir fêté Noël et fait quelques belles lectures, et très heureuse de vous retrouver en ce week-end tranquille...
  • En 2010 j'ai eu envie de lancer un challenge autour de la brillante Virginia Woolf, dont l'oeuvre vaste, très variée m'attire depuis bien longtemps. Après quelques belles lectures, qui n'ont pas toutes été chroniquées par ici, j'ai aujourd'hui encore plus envie de partager avis, découvertes et coups de coeur (je n'en doute pas) avec vous.  D'autant plus que les éditeurs nous ont beaucoup gâtés récemment avec de belles publications autour de Woolf, qui entre d'ailleurs cette année dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade. C'est pourtant je relance ce challenge en 2013 en espérant que vous aurez envie de vous joindre à moi pour des lectures communes et libres, avec pour seuls mots d'ordre le plaisir et l'échange, et encore le plaisir !
  • Plusieurs niveaux pour ce challenge :
  • Niveau Katherine Hilbery (Nuit et Jour) : un texte de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie (roman, BD, film...)
  • Niveau Orlando : trois textes de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie
  • Niveau Mrs Dalloway : au moins cinq textes de Virginia Woolf, une oeuvre inspirée de sa vie, une biographie
  • Pour celles qui ont déjà participé au challenge en 2010 : vos anciens billets comptent bien sûr aussi pour ce challenge 2013.
  • Pour vous inscrire, c'est par ici ! Who's in for a cup of tea ?

 
Quelques idées de lecture :
  • Romans et nouvelles :
  • Traversées / La Traversée des Apparences
  • Nuit et Jour
  • Lundi ou Mardi
  • La Chambre de Jacob
  • Mrs Dalloway
  • La Promenade au Phare 
  • Orlando
  • Les Vagues
  • Les Années
  • Flush
  • Entre les Actes

Autres nouvelles non publiées du vivant de Virginia Woolf


Essais, lettres, journaux (non exhaustif) :

La Scène Londonienne

Une Chambre à soi

The Common Reader

L'art du roman

Suis-je snob ?

De la Maladie

Elles

L'écrivain et la Vie

Le cinéma et autres essais

Correspondance avec Vita Sackville-West

Correspondance avec Lytton Strachey

Ce que je suis demeure en réalité inconnu (extraits de sa correspondance)

Journal

Le Journal de Hyde Park Gate

Instants de Vie


Biographies, témoignages :

Alexandra Lemasson, Virginia Woolf

Viviane Forrester, Virginia Woolf

Alexandra Harris, Virginia Woolf

Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, La Double Vie de Virginia Woolf

Jane Dunn, Virginia Woolf et Vanessa Bell : Une très intime conspiration

Vanessa Curtis, Les Femmes de Virginia Woolf

Hermione Lee, Virginia Woolf ou l'Aventure intérieure

Nicolas Pierre Boileau, Jacques Aubert, Luc Garcia et Monique Harlin, Virginia Woolf : L'écriture, refuge contre la folie

E.M. Forster, Virginia Woolf

Kennedy Richard, J'avais peur de Virginia Woolf


Autres oeuvres inspirées de la vie de Virginia Woolf ou de ses écrits :


Susan Sellers, Virginia ma Soeur, mon Amour
 
Christine Orban, Virginia et Vita
 
Michael Cunningham, The Hours (+ adaptation)
 
... d'autres idées d'oeuvres insipirées par Woolf et ses créations ?
 
 
Et vous, quelles sont les lectures de Woolf qui vous ont marqué ?
 
*****
Je profite de ce billet pour vous faire part d'un autre challenge organisé par Coralie pour nous porter chance en 2013. N'hésitez pas à aller faire un petit tour chez elle pour conjurer le mauvais sort l'année prochaine !

21/12/2012

Louise Welsh, De Vieux Os

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osVoilà enfin les vacances de Noël, mais avant de partir à la recherche de Santa Claus je m'acquitte de mes devoirs et termine enfin mes lectures dans le cadre du Prix Kiltissime, prix des blogueurs du meilleur roman écossais, organisé par la très gaélique Cryssilda.

 Je vous avais déjà parlé de Scintillations de John Burnside et de L'Homme de Lewis de Peter May. Poursuivons avec De Vieux os de Louise Welsh. Dans quelques jours je publierai mon billet sur Nuage de Cendre de Dominic Cooper et vous dirai enfin qui est mon heureux élu !

J'avais hâte de lire De Vieux os mais j'ai réservé cette lecture pour la fin, car je nourrissais de grands espoirs à son égard et anticipais un plaisir de lecture certain. Et pour cause : le héros, Murray Watson, docteur en lettres à l'Université de Glasgow (je vois déjà des yeux qui scintillent), vient de prendre une année sabbatique afin de se consacrer à des recherches sur un poète des années 70, Archie Lunan. Murray est fasciné par un recueil de Lunan depuis son adolescence et est bien décidé à écrire une biographie qui rendra enfin justice à ce jeune génie mort sur un rafiot en pleine tempête. Suicide ? Inconscience ? Le mystère plane autour de la disparition de cet énigmatique personnage, dont on ne connaît qu'un recueil et que la postérité a oublié.

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osMurray tâtonne d'abord : peu de documents intéressants dans les archives de la bibliothèque; Christie, qui vivait avec Lunan à l'époque de ses débauches puis de son décès, refuse d'être interviewée. Mais petit à petit, et grâce à de nombreux hasards tout de même, Murray parvient à retrouver des gens qui ont connu Lunan ou ses comparses. Plus l'enquête avance, plus la fascination presque malsaine que Murray éprouve pour Lunan grandit. Et, au-delà des recherches sur un jeune homme talentueux noyé dans l'alcool, menant une vie de hippie et s'intéressant aux sciences occultes, Murray s'interroge sur sa propre vie et sur le sens de sa démarche. Sur le plan littéraire, il finit par se demander s'il convient vraiment de connaître l'auteur pour comprendre l'oeuvre et plus son enquête avance, plus il songe à abandonner pour publier une analyse purement critique de Lunan. Sur le plan personnel, l'histoire sordide de Lunan et la solitude des personnes qu'il croise au cours de ses recherches mettent en évidence le vide de sa propre existence. Sa mère a disparu depuis bien longtemps, son père vient de mourir sénile, loin de sa maison et de ses deux fils ; Murray vient de se brouiller avec son frère Jack, sa maîtresse Rachel (la femme du chef du département) le quitte, il s'attend à perdre son emploi, une aventure d'une nuit refuse de donner suite, son appartement et son mode de vie chaotiques reflètent sa solitude... bref, ce récit sera aussi celui-ci de la vie de Murray : son travail aura-t-il un effet positif sur lui ?

C'est là un roman fort plaisant, une sorte de thriller littéraire dont le thème avait tout pour me plaire. J'ai évidemment apprécié les références à d'autres textes, toutes les réflexions sur la littérature, brûlé d'envie d'en savoir plus sur Lunan, espéré en secret un nouveau départ pour Murray. Malgré tout cette lecture a légèrement déçu mes attentes car, en raison du sujet, je m'attendais à un texte plus abouti, à une plume plus alerte. A titre de comparaison les descriptions des îles Hébrides faites par Peter May étaient plus spectaculaires – j'emploie ce mot délibérément car en lisant Peter May je voyais les éléments se déchaîner sur les côtes sauvages écossaises. Et paradoxalement, je n'ai pas été complètement emportée par le récit malgré toutes ses qualités (peut-être parce que tout s'imbrique finalement trop bien et que le hasard fait vraiment bien les choses ?).

Une phrase que je trouve peu élégante mais très drôle : Quelques moutons qui s'abritaient derrière s'effrayèrent à son approche et s'enfuirent avec une hâte irréfléchie, telles de grosses dames dévalent une colline sur des talons hauts. (p218)

Et sur Lunan : Je pensais qu'il était plus épris de l'idée d'être écrivain que du besoin de créer. (p94)

Quelques avis kiltissimes : Cryssilda, Melodie ; Choupynette s'est tellement ennuyée qu'elle n'a pas fait de billet, (membres du jury oubliés n'hésitez pas à me laisser vos liens)

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392 p

Louise Welsh, De Vieux Os, 2010

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07/12/2012

Peter May, L'Homme de Lewis

may_homme lewis_jpeg.jpgC'était LE roman de la sélection Kiltissime qui me faisait un peu peur car je lis très peu de polars depuis des années, hormis quelques romans dont l'action se situe au XIXe (ce qui là change ma perception des choses, bizarrement...).

Je ressors pourtant de L'Homme de Lewis de Peter May vraiment ravie de cette découverte (car il est certain que je n'aurais pas lu ce roman si je n'avais pas participé au prix).

Alors que le coût de l'énergie augmente, de nombreux habitants de l'île de Lewis retrouvent les habitudes de leurs ancêtres et utilisent désormais la tourbe pour se chauffer. Le roman s'ouvre avec la découverte d'un corps momifié dans la tourbe. Rapidement, un lien est établi entre le défunt et le vieux Tormod MacDonald, le père de l'ancienne petite amie de Fin Macleod, ex-détective de retour sur son île natale à la suite d'une tragédie familiale. Avant que n'arrive un inspecteur étranger aux îles, Fin commence à mener l'enquête afin de protéger les MacDonald et d'innocenter Tormod, suspect numéro 1. En parallèle de l'enquête, alors qu'il est atteint de sénilité, Tormod se souvient de son enfance et de son adolescence malheureuse : orphelin, il a été envoyé avec son frère Peter dans les îles Hébrides en tant que « homer », au service d'une famille locale.

peter may,écosse,roman écossais,l'homme de lewis,prix kiltissimeJe ne sais pas encore si je me laisserai tenter par les autres romans de Peter May et notamment, par le premier opus de cette trilogie, car j'ai surtout apprécié la dimension historique avec le destin de ces orphelins devenus des homers et bien plus que l'intrigue policière en elle-même, c'est le récit de la vie de Tormod qui m'a fait dévorer de nombreux passages. A l'inverse, je me suis moins intéressée aux personnages plus jeunes.

En ce qui concerne le Prix Kiltissime j'attends ma dernière lecture et la relecture d'extraits du roman de Dominic Cooper pour me prononcer. Nuage de Cendre avait été un vrai coup de coeur mais ma lecture date un peu ; L'Homme de Lewis me paraît un peu moins abouti mais je me suis régalée à la lecture de nombreux chapitres, dont la fin, et j'ai été sous le charme des descriptions. Peter May sait faire vivre les îles écossaises sous nos yeux, retraduire la force brute des éléments et la beauté sauvage d'un littoral battu par les vents... sur ce point, cette lecture a été un vrai régal !

(En cherchant une image pouvant illustrer les homers je suis tombée sur le joli dessin en bas)

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315 p

Peter May, L'Homme de Lewis, 2011

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04/12/2012

John Burnside, Scintillation

burnside_scintillation.jpgVoilà un roman dont je vais avoir bien du mal à parler. Il y a plusieurs mois j'avais accepté avec joie de participer au Prix Kiltissime visant à récompenser un roman écossais, prix des lecteurs/blogueurs organisé par ma copine Cryssilda. Après avoir lu Nuage de Cendre sur lequel je dois encore rédiger un billet (ce qui ne sera pas chose facile après plusieurs mois) j'ai tardé à poursuivre mes lectures, mais me rattrape enfin ! Commençons donc avec Scintillation de John Burnside. Et quel drôle de texte !

Le début est assez déstabilisant car il s'agit du passage dans l'au-delà de l'un des personnages, passage qui je dois l'avouer m'a franchement épouvantée car rien de tel qu'une introduction très mystique pour me faire grincer des dents ! Heureusement pour moi j'ai trouvé beaucoup de qualités à ce roman par la suite.

Le récit se déroule dans l'Intraville, lieu imaginaire aux allures de banlieue populaire en crise après la désaffection d'une usine chimique. La ville est marquée par la disparition de jeunes garçons dont personne ne sait ce qu'il est advenu ; personne, à l'exception du représentant des forces de l'ordre local qui a trouvé le premier corps, les bras disposés en croix dans un simulacre de rite religieux. Dans cette ville marquée par les maladies et la folie, les gens choisissent de croire à la version officielle et renoncent à rechercher les garçons disparus. Tous sauf le jeune Leonard, qui est persuadé qu'il est arrivé quelque chose à son meilleur ami, le dernier sur la liste.

On pourrait penser au début qu'il s'agit d'une histoire policière mais rapidement on devine que l'étranger dont Leonard s'est rapproché n'est autre que le tueur et que la fin n'aura rien de réjouissant. L'intérêt du roman repose sur le cadre étonnant, sur ce site industriel en ruine d'où s'échappent des rejets toxiques, responsables de l'abrutissement et de la déchéance physique des habitants de la ville. Burnside crée de toutes pièces une ambiance pesante et sait tenir son lecteur en haleine, car j'ai lu d'une traite de nombreux chapitres. Et pourtant, je ne peux pas vraiment dire que ce roman m'ait plu et j'étais contente d'arriver au bout, sans doute parce que l'univers ne me plaisait pas spécialement et que je ne me suis attachée à aucun personnage. Une lecture intéressante mais douloureuse !

Au final, Scintillation est indéniablement un roman intelligemment construit mais je l'écarte pour ma part sans hésiter de ma sélection de favoris pour le Prix Kiltissime, parce que nous n'étions pas faits pour nous aimer... mais d'autres ont adoré ce roman et je vous invite à lire leur billet, à commencer par celui de Cryssilda qui l'a sélectionné pour le Prix Kiltissime.

Un grand merci à Jérôme et aux éditions Points pour cet envoi !

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308 p

John Burnside, Scintillation, 2008

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29/11/2012

Ian Mc Ewan, Sur la plage de Chesil : concours

McEwan_Sur la Plage de Chesil.jpgIan McEwan faisait partie de ces (nombreux) auteurs dont je convoitais les romans alléchants depuis un moment sans jamais me décider à les lire. J'ai finalement profité d'un séjour londonien pour découvrir son univers avec Sur la Plage de Chesil.

Edward et Florence viennent de se marier et s'apprêtent à traverser ensemble leur nuit de noces. Dans un petit hôtel en bord de mer, le dîner traîne en longueur tandis que les mariés anticipent chacun à sa façon la nuit à venir. D'un côté Edward brûle d'impatience et ne rêve que du bonheur qui l'attend auprès de sa jeune épouse. A l'inverse, Florence est tétanisée : elle n'a jamais voulu en arriver là et elle rêverait d'un amour platonique car la perspective de ce qui l'attend la dégoûte profondément. Tous deux sont complètement inexpérimentés et le mariage est venu brutalement bousculer le statut quo qui existait entre eux, car il est évident pour tous les deux que le serment fait dans la journée a changé officiellement leur relation et ce qu'ils sont en droit d'en attendre.

Une très belle entrée en matière pour ma première rencontre avec Ian McEwan. Dans ce roman qui pour l'essentiel tient en une seule soirée, McEwan nous livre le portrait de deux personnages que tout oppose, deux âmes à la recherche l'une de l'autre mais profondément entravées par le poids de la tradition et des convenances. Toute leur relation se heurte à ce mariage dans lequel tous deux se sont réfugiés pour de mauvaises raisons et qui leur donne de nouveaux droits ou leur octroie de nouveaux devoirs, selon que l'on songe à Edward ou Florence. Ce changement de statut sonnera le glas de la relation romantique et romanesque qu'ils entretenaient avant.

Un roman tout en finesse, des personnages qui prennent vie sous nos yeux, une écriture très agréable... pour ma part un coup de coeur et une lecture qui me marquera !

Un extrait : « Elle vénérait les vieux mélomanes qui mettaient des heures à émerger de leur taxi, ces derniers Victoriens qui rejoignaient leur place en boitant et en s'appuyant sur leur canne, pour écouter un récital dans un silence religieux, leur sens critique en éveil, les genoux recouverts d'un plaid qu'ils avaient apporté avec eux. » (p30).

D'autres avis : InColdBlog, Levraoueg, Thom, Emjy, Lilly, Sybilline...

Une lecture qui entre dans le cadre du Challenge du Prix Campus, co-organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même en partenariat avec les éditions Folio.

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman,

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178 p

Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil, 2007

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Je profite de cette chronique britannique pour faire un clin d'oeil à deux autres romans qui figurent sur la liste du Prix Campus:

coe_bienvenue au club.jpgBienvenue au club de Jonathan Coe : Un extrait de mon billet datant de 2010 "Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années: (...) En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité.  (...)  Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 ! " N'hésitez pas à aller voir mon billet sur ce roman et mes autres billets sur Jonathan Coe pour vous laisser tenter par cet auteur fabuleux !

alan-bennett-la-reine-des-lectrices.jpeg.jpgLa Reine des Lectrices d'Alan Bennett : Je m'étais ruée sur ce livre à sa sortie, un petit plaisir de lecture comme on les aime ! Ce que j'en ai dit en 2009 : "Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête : lire !. (...) Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA !" Et pour lire mon billet sur ce récit, suivez le guide !

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Prix Campus.jpgEt comme Noël approche, j'ai le plaisir de vous proposer de gagner deux romans britanniques dans le cadre du Prix Campus. Voici donc un nouveau concours pour tenter de gagner un exemplaire de Bienvenue au Club de Jonathan Coe OU de Sur la Plage de Chesil Beach de Ian McEwan. Pour participer, c'est très simple, il suffit de répondre dans les commentaires à cette question : "Quel a été votre roman anglais préféré lu cette année ?" (il peut avoir été publié en 2012 ou bien avant). Pensez aussi à me dire si vous souhaitez participer pour remporter le roman de Jonathan Coe ou celui de Ian McEwan, ou l'un des deux sans préférence. Vous avez jusqu'au 8 décembre pour participer. Good luck !

26/11/2012

L'importance d'être Wilde (Théâtre)

theatre_importance d'etre wilde.jpgAuteur: Philippe Honoré d’après l’œuvre et la vie d’Oscar Wilde
Mise en scène: Philippe Person
Avec: Anne Priol, Emmanuel Barrouyer, Pascal Thoreau

J'avais raté l'an dernier cette pièce sur Wilde qui me tentait évidemment (dès qu'il s'agit de ce cher Oscar...). Alors vous imaginez bien quel a été mon enthousiasme lorsque j'ai récemment vu qu'il y avait des prolongations !

Dans une petite salle fort confortable et pleine de charme du théâtre du Lucernaire, où les acteurs sussurrent des aphorismes à l'oreille des spectateurs lorsque ceux-ci s'installent, nous avons assisté à une pièce un brin provocante, pleine d'humour et d'émotion.

A travers des aphorismes, des extraits de pièces, du Portrait of Dorian Gray et de lettres, la pièce fait revivre un Wilde flamboyant, brillant, provocant, qui finit par devenir l'ombre de lui-même, entre le procès qui l'envoya en prison, la pauvreté, la perte d'inspiration et une fin de vie triste et sordide à Paris.

Une pièce intelligente servie par d'excellents interprètes (à noter notamment la prestation d'Anne Priol jouant un extrait de Salomé). Philippe Honoré et Philippe Person ont pris le parti de proposer une oeuvre décalée, moderne, qui utilise habilement les écrits de Wilde sans ancrer la pièce dans le XIXe victorien – l'exemple le plus frappant étant les choix musicaux, dont Tom Jones ou un des titres de David Bowie que j'adore). Et le tout se marie parfaitement.

Oscarblue2.jpgLa fin de la pièce m'a particulièrement touchée (mort d'Oscar Wilde) et c'est ce qui en fait un coup de coeur pour moi, car c'est la première fois que je suis aussi émue en voyant une pièce de théâtre. Le fait d'utiliser l'enregistrement d'une des (rares) personnes ayant assisté à l'enterrement de Wilde n'y est pas pour rien. A noter que son « ami » Gide était aux abonnés absents.

Une pièce qui m'a donné envie de reprendre mes lectures de Wilde et de poursuivre à mon rythme le Challenge Oscar Wilde que j'avais lancé il y a un petit moment mais mis de côté. N'hésitez pas à vous joindre à moi si vous souhaitez participer et échanger sur l'oeuvre de cet esthète à la personnalité pour le moins remarquable.

importance-detre-wilde-615_jean-claude-grouard.jpgUne pièce savourée avec ma chère Titine, dont le billet vous attend également aujourd'hui.

Un article intéressant du Nouvel Observateur sur Wilde, une analyse d'un texte consacré aux funérailles de Wilde, un article sur la relation Wilde-Proust (à noter que je n'ai pas voulu faire de lien vers un site relatant la mort d'Oscar Wilde avec moult détails glauques et renvoyant à une photo post-mortem).

Sur ce blog, de Wilde...

Le Crime de Lord Arthur Savile

Teleny

The Importance of being earnest

The Picture of Dorian Gray

...  et autour de Wilde (adaptations) : 

An Ideal Husband (1999)

The importance of being earnest (2002)

 

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L'Importance d'Etre Wilde, 2012

 

wilde.jpgChallenge Oscar Wilde :

Ecrits de Wilde :

An Ideal Husband : Theoma

Lady Windermere's Fan : Titine

The Picture of Dorian Gray Lou

Teleny : LouSybilleThe Bursar,

Les adaptations sur petit et grand écran :

An Ideal Husband (1999) : Lou

Lady Windermere's Fan (1925) : Titine


 

10/11/2012

Kim Newman, Anno Dracula

newman_anno dracula1.jpegIl y a quelques années, grâce à un de ces petits miracles qui se produisent parfois sur la blogosphère et vous font faire de géniales découvertes, j'ai remarqué la série de Kim Newman débutant par Anno Dracula. Datant du début des années 1990, cette série mettait les vampires à l'honneur bien avant la déferlante de best-sellers sur le sujet mais, en dépit de la qualité de cette oeuvre, les trois romans de Kim Newman étaient épuisés quand je m'y suis intéressée. Aujourd'hui le premier opus, Anno Dracula, est réédité par les éditions Bragelonne, et je ne peux que vous recommander de vous ruer chez un bon libraire pour vous le procurer sans plus attendre. Pas la peine de lire ma modeste chronique, dévorez ce roman !

J'ai un attachement particulier pour la littérature vampirique (j'en ai déjà parlé un peu par ici). Petite puis jeune adolescente j'ai été marquée par quelques textes, comme Je m'appelle Dracula (merci M. Cohen) et à l'adolescence, l'envoûtant Entretien avec un Vampire lu et relu – quel dommage qu'Anne Rice ait bien changé ! Il y a maintenant quelques années, j'ai eu la chance de tomber sur un excellent professeur ayant eu l'idée géniale de proposer un cours en anglais sur les vampires dans la littérature et au cinéma. J'ai découvert avec bonheur de nombreux classiques, rédigé avec un enthousiasme juvénile touchant des essais dont un portant sur les femmes dans la littérature vampirique du XIXe (comme quoi, les Victoriens et moi, c'est une longue histoire). Hormis les lectures obligatoires, j'ai fait quelques découvertes très sympathiques et échangé avec mon professeur devenu un ami ; depuis j'associe toujours mes lectures vampiriques à cette période exaltante et aux discussions passionnantes sur le sujet. J'en garde aussi de la nostalgie pour une certaine approche du mythe du vampire. J'ai toujours eu un faible pour la version romantique du dandy vampire (sans doute une trace de mes lectures d'Anne Rice, qui connaissait ses classiques et savait s'en inspirer) mais je suis surtout fascinée par le fait que ce sujet soit abordé de multiples façons, avec certaines constantes (le pieu, la lumière, l'aïl qui reviennent souvent) mais des variations intéressantes ; beaucoup d'oeuvres ou de navets utilisent le vampire de façon très symbolique (à commencer par la sexualité inhérente au personnage). Quoi qu'il en soit, le mythe du vampire est d'une richesse toute particulière à mes yeux et je regrette de ne pas trouver facilement de textes avec un réel niveau d'exigence depuis la multiplication des romans apparus avec l'arrivée de Twilight. Et lorsque dans la jungle des récits peu ambitieux un livre tel qu'Anno Dracula est réédité, le mérite de la maison d'édition mérite vraiment d'être souligné.

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Anno Dracula avait d'ailleurs tout pour me plaire puisque l'action se situe en 1888 sous le règne de Victoria. Pour les amateurs de l'époque, l'année sera forcément familière puisqu'il s'agit de l'époque des meurtres de Jack l'Eventreur. Kim Newman utilise ainsi les faits divers sordides de l'époque pour reconstruire à sa manière le « mythe » Jack the Ripper tout en offrant à Bram Stoker une suite d'un genre très particulier à son roman Dracula.

kim newman,anno dracula,vampires,angleterre,angleterre victorienne,challenge halloween,londres,londres xixe,londres victorienne,bram stoker,dracula,époque victorienneQuelques mots sur le contexte : la reine s'est remise de la mort du prince Albert et a eu la bien mauvaise idée d'épouser le comte Dracula, que Van Helsing n'est pas parvenu à tuer (avec une lucidité certaine Newman a décidé que Van Helsing ne pouvait pas lutter contre le terrible Karpathe, ainsi sa tête est fichée dans un pieu devant le palais depuis la montée en puissance de Dracula). Même s'il n'est que le prince consort, Dracula a désormais les rennes du pouvoir et fait appliquer sa loi dans les rues de Londres qui deviennent de plus en plus sordides en raison de l'application de decrets moyenâgeux (par exemple ceux consistant à lutter contre l'homosexualité en tirant les « invertis » d'un bordel pour les empaler en plein cœur de la ville au beau milieu de la nuit). La terrifiante garde Karpathe patrouille et terrorise les habitants, les assassinats sont tolérés, la justice expéditive.

Les vampires pouvant vivre désormais librement, sans se cacher, beaucoup de sang-chauds recherchent le baiser des ténèbres en espérant vivre éternellement, et les vampires prolifèrent. La vie après la première mort n'est pas si évidente ; peu expérimentés, beaucoup de ressucités prennent des risques inutiles ; dans les quartiers sordides de l'East End les alcooliques deviennent des vampires en bien mauvaise santé et certains meurent (définitivement) rapidement. Enfin quelques sang-chauds tentent de s'opposer au système et comprennent qu'il y a quelque chose de peu naturel à changer ainsi la société (où les vivants deviennent progressivement du bétail).

Dans cette machine de mieux en mieux huilée, les meurtres de Whitechapel touchant des prostituées vampires viennent mettre quelques grains de sable bien fâcheux. Le pouvoir y voit une offense envers les vampires qui mérite de sévères représailles et la pègre locale est gênée dans ses activités par les trop nombreuses descentes de police. Ainsi beaucoup de personnes sont amenées à enquêter. Parmi elles se trouvent Beauregard, sang-chaud oeuvrant pour une société secrète, et Geneviève, une Ancienne, vampire avant Dracula lui-même (Dracula dont la lignée est dégénérée).

newman_anno dracula.jpeg A partir de là, Anno Dracula est un fabuleux roman mêlant une intrigue habile et pleine de rebondissements à une intertextualité jouissive et délicieusement maîtrisée. L'on croise ainsi le docteur Moreau, le docteur Jekyll, les personnages de Dracula, Joseph Merrick, la police de l'époque... mais aussi des personnages moins connus telle que cette bonne vieille Lady Ducaine. Que dire d'autre, si ce n'est que nous avons là un texte intelligent, riche, passionnant ? Un impératif pour les amoureux de l'époque victorienne ainsi que les amateurs de vampires et un texte fortement recommandé pour les autres. D'ailleurs j'avais tellement envie de vous parler de cet excellent moment de lecture que je ne m'étais pas autant amusée à rédiger un billet depuis longtemps !

C'était ma dernière contribution au Challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie Hilde.

Lu également dans le cadre d'une rencontre des Victorian Frogs, pour le challenge Victorien d'Arieste ainsi que le challenge de Londres de mes amies Maggie et Titine.

Rendez-vous dans quelques jours pour publier le billet récapitulatif du Challenge Halloween 2012, et à l'année prochaine pour la 4e édition du challenge, car si nous avons survécu au périple de l'extrême organisé cette année pour l'occasion, nous survivrons bien à la fin du monde à Noël !

Merci aux éditions Bragelonne et bravo pour cette nouvelle édition !

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381 p

Kim Newman, Anno Dracula, 1992

25/10/2012

R.L. Stine, La Nuit des Pantins

stine_nuit pantins.jpgComme beaucoup d'entre vous sans doute, je me suis régalée jeune ado de la série Chair de Poule de R.L. Stine, qui m'a procuré bien des frissons (surtout Les Epouvantails de Minuit, lu et relu et qui me rappelait un téléfilm qui m'avait terrorisée petite – j'imaginais des bonhommes de paille vivants cachés dans mes placards). La Nuit des Pantins faisait partie des titres que j'aimais bien et je l'ai récemment relu en vue du challenge Halloween.

Caro et sa soeur jumelle Lucy vont fouiner dans la maison voisine en construction. C'est là que Caro découvre un pantin neuf dans une poubelle : elle a vite fait de l'appeler Clac-Clac et de le traîner partout avec elle pour préparer un numéro de ventriloque. Elle sera bientôt invitée pour faire son numéro lors de goûters d'anniversaire. Lucy est évidemment follement jalouse et, au grand dam de Caro, reçoit un autre pantin de son père : ce sera Mr Wood. Cependant il commence à arriver de drôles de choses aux deux soeurs et bientôt Lucy ne parvient plus à contrôler ce qu'elle dit lors de ses propres numéros de ventriloque. Il s'avère bien entendu que Mr Wood est plus vivant qu'il n'y paraît ; et il est bien décidé à faire des deux filles ses esclaves, sous peine de représailles.

Je gardais un bon souvenir de ce texte, sans doute parce que je n'ai jamais fait confiance aux soi-disant inoffensifs pantins de toutes espèces (premières angoisses avec une exposition d'automates lorsque j'étais enfant, fascinée mais morte de trouille). Et j'ai bien fait de me méfier de Clac-Clac et de Mr Wood, car je savais que leurs vilains visages peints cachaient des Chucky en devenir. Alors avant d'acheter une marionnette à vos enfants, je vous conseille cette petite lecture vivifiante qui vous mettra en garde contre les dangers que vous encourez. Et si vous ne changez pas d'avis, alors je ne pourrai plus rien faire pour votre âme qui devra lutter seule contre les puissances démoniaques !

r.l. stine,roman d'épouvante,chair de poule,halloween,challenge halloween,la nuit des pantinsExpérience redoutable et redoutée dans le cadre du challenge Halloween 2012 concocté par la sorcière Hilde et moi-même, pour la nouvelle étape made in the USA.

Lu en même temps cet été mais présenté plus tôt car il n'a vraiment rien d'effrayant : Nuits de Cauchemar, du même auteur.

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142 p

R.L. Stine, La Nuit des Pantins, 1993

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24/10/2012

Susan Hill, The Man in the Picture

hill_man in the picture.jpgIl y a quelques mois, je découvrais The Woman in Black de Susan Hill et frissonnais pendant un trajet en train en imaginant facilement un marais inquiétant dans la campagne anglaise. En plein challenge Halloween j'ai rassemblé mon courage à deux mains et, non sans me munir d'une lampe torche et d'une poëlle pour assommer tout spectre approchant à moins de deux mètres de mon canapé, je me suis replongée en mauvaise compagnie en lisant un autre récit de la même plume, The Man in the Picture.

Magdalene_College_Cambridge_night.JPGOliver se rend à Cambridge où il a étudié et en profite pour passer une soirée en compagnie d'un ancien professeur qu'il tient en haute estime, Theo Parmitter. Habituellement joyeux et prêt à raconter les anecdotes les plus intéressantes, Parmitter semble cette fois-ci plus soucieux et profite de l'occasion pour se confier à Oliver. Il souhaite en effet se défaire d'un fardeau qui lui pèse depuis des années sur les épaules. Il revient ainsi sur l'achat d'une peinture vieille de deux siècles représentant le carnaval de Venise. Cette peinture semble n'apporter que malheur autour d'elle ; dès qu'il l'a eue en sa possession, Theo a ressenti un certain malaise, bien qu'indéfinissable. Ce n'est qu'en deuxième partie du récit qu'on en saura un peu plus sur l'histoire du tableau : une toile qui, curieusement, semble à même d'emprisonner les personnes qui la croisent.

hill.jpgLe récit nous conduit dans une Venise effrayante (une lecture que je déconseillerais ainsi à ceux qui s'apprêtent à s'y rendre, à moins de vouloir vous prévenir contre une certaine femme masquée et vêtue de blanc) : « I was taken aback from how much I disliked it from the moment we arrived. I marvelled at the buildings, the canals, and the lagoon astonished me. And yet I hated it. I feared it. It seemed to be a city of corruption and excess, an artificial place, full of darkness and foul odours. » (p89)

venezia.jpgCe court roman reprend comme The Woman in Black les codes de l'histoire gothique, à travers une trame classique mais efficace. Le style est sobre et assez élégant et, une fois encore, Susan Hill parvient à rendre de façon fidèle une atmosphère oppressante. J'ai été plus courageuse cette fois-ci car point de spectre effrayant à l'horizon (ma tasse de thé mais également mon point faible) mais j'ai refermé ce livre en éprouvant le léger malaise qui nous vient parfois après avoir lu une bonne histoire d'épouvante, lorsqu'on a l'impression d'avoir laissé une part de soi quelque part et de sentir encore flotter l'atmosphère particulière de la scène que l'on vient de quitter. Comme dans The Woman in Black, Susan Hill choisit d'écrire une histoire sans fin : le Mal frappe toujours, et l'on sait en fermant la dernière page que les personnages seront abandonnés à un bien triste sort...

Un voyage angoissant en Angleterre et en Italie que je dois à mes amies victoriennes Cryssilda, Isil, Lamousmé et Titine... merci beaucoup à vous toutes pour ces nouveaux frissons !

Sur ce blog : une autre histoire de fantômes à Venise avec Wilkie Collins et l'Hôtel Hanté ; et de Susan Hill, The Woman in Black et son adaptation au cinéma.

Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2012 co-organisé avec la très mystérieuse Hilde et dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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145 p

Susan Hill, The Man in the Picture, 2007

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